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mardi 29 mars 2016

Hassan Dah, jeune journaliste sahraoui de 29 ans, condamné à 30 ans de prison au procès de Gdeim Izik




Par Marie-Jo Fressard, solidmar



Depuis que je parraine Hassan, j’ai cherché à connaître son parcours avant cette inhumaine condamnation à 30 ans de détention, basée sur des aveux obtenus au cours de séances de torture, comme c’est le cas des autres prisonniers arrêtés à la suite du démantèlement du camp de Gdeim Izik, en novembre 2010.


 Hassan est sahraoui, et comme tous les enfants sahraouis il a compris très tôt, que dans son pays on ne peut pas faire ce qu’on veut, que les sit-in attirent les forces de l’ordre qui tabassent les manifestants et même ceux qui regardent. 


A partir de 18 ans il va connaitre les arrestations, les séjours de en prison, la torture et il participe à de nombreuses grèves de la faim en guise de protestation.


En octobre 2007, Hassan et ses amis, arrêtés chez eux pendant la nuit,  se trouvent dans un état lamentable, torturés à l’électricité sur les parties sensibles du corps, les yeux bandés, laissés nus sur le sol et aspergés d’eau de temps à autre. La police veut les contraindre, en les menaçant de viol, à signer le procès-verbal sans qu’ils puissent même en connaitre le contenu. 


En mars 2008, un rapport est fait sur leur état de santé,  après 20 jours de privation de nourriture : Hassan souffre de fortes douleurs à l’estomac.


 En  septembre 2009, il se fait arrêter avec son ami Sidi. Les policiers leur bandent les yeux, les emmènent en voiture au bord de la rivière Sakiat Elhamra, les frappent violemment pendant plus d’une demi-heure, puis les emmènent à la wilaya de la sécurité, pour d’autres coups et insultes....


En aout 2010, Hassan est à nouveau arrêté. Extrait de son long témoignage : « Ils m’ont menacé de me forcer à m’asseoir sur une bouteille en verre, ensuite ils ont ligoté mes mains devant mes tibias. Ils ont passé un bâton sous mes genoux pliés et par-dessus mes bras. Ils m’ont suspendu en hauteur. J’avais la tête en bas, les policiers appellent ça « poulet rôti ». Ils m’ont frappé pendant qu’ils répétaient les mêmes questions auxquelles je ne pouvais pas répondre. Ensuite ils ont versé de l’eau sale sur moi. Ça a coulé jusqu’à ma bouche et mon nez, jusqu’à ce que je me sente étouffer. »


Ce ne sont que de petits extraits de témoignages enregistrés par l’ASVDH, qui prouvent la cruauté des forces de l’ordre envers le « cher peuple » sahraoui de Mohammed VI.


Hassan fait partie du petit groupe de journalistes de l’Équipe Médias, qui diffuse des informations sur les évènements de Gdeim Izik. Ils sont dès le début étroitement surveillés. Hassan est arrêté par la police marocaine à El Ayoun, torturé, psychologiquement et physiquement, violé avec un bâton introduit dans le rectum, les yeux bandés, les mains menottées. On verse sur lui de l’eau froide (on est en décembre …) et de l’urine. Il souffre de blessures sur tout le corps. Les agents du service secret marocain l’accusent d’être le correspondant à la radio et à la TV du Front Polisario, et de leur donner des informations sur le campement de Gdeim Izik. » Ce qui est d’ailleurs exact, mais pas criminel pour un journaliste dont c’est le travail ! 
 Cette équipe de journalistes sahraouis basée dans les territoires occupés a pris beaucoup de risques pour recueillir l’information, l’écrire et la diffuser dans des versions plus objectives que celles des médias du colonisateur. C’est grâce à ces jeunes journalistes bénévoles, s’activant dans les territoires occupés, que l’insurrection de Gdeim Izika fait le tour du monde.



Au scandaleux procès de Gdeim Izik du 17 février 2013, Hassan est condamné à 30 ans de détention.


Les conditions de vie dans les geôles marocaines sont connues pour être inhumaines. Mais lorsque les prisonniers sont sahraouis, la garantie de l’impunité provoque souvent sur le personnel pénitentiaire un insoutenable déchainement de haine et de racisme.


C’est pour espérer obtenir au minimum une amélioration de leurs  conditions de détention, mais surtout pour obtenir un nouveau procès, être jugés suivant des normes légales internationales, un procès civil, une vraie justice, au contraire d'un procès mascarade avec des verdicts préparés d'avance, que Hassan et ses compagnons ont entamé une grève de la faim illimitée le 1 mars. 29 jours plus tard leurs exigences légitimes n’ont eu aucun écho.




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