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lundi 30 mai 2016

Aminatou Haïdar: "Je ne comprends pas que les gouvernements d'Espagne soient toujours du côté opposé au peuple"

par Nacho Sevilla, Publico.es, 25/5/2016.
Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala

Original: Aminatou Haidar: “No entiendo que los gobiernos de España siempre estén en el lado contrario al pueblo"


Selon la militante sahraouie le conflit sur les femmes sahraouies prétendument retenues "doit être résolu entre les familles" des femmes.
La activista Saharaui Aminatou Haidar.

La militante sahraouie Aminatou Haïdar a fait entendre "la voix d'un peuple oublié"
OSLO.- La militante sahraouie Aminatou Haïdar a fait entendre "la voix d'un peuple oublié" et a dénoncé la "violation systématique des droits de l'homme par le Maroc" au Freedom Forum d'Oslo, la conférence qui réunit chaque année dans la capitale norvégienne les combattants des droits de l'homme du monde entier, où elle a été présentée comme la "Gandhi du Sahara". Dans une interview accordée à Público elle se dit meurtrie par les différents gouvernements d'Espagne, mais pas par son peuple, et encouragée par la pression que l'annulation de l'accord commercial UE-Maroc à cause de l'inclusion des ressources du Sahara occidental peut exercer sur Rabat.

Aminatou Haïdar a égrené une longue liste de violations des droits humains par le Maroc, contre le peuple sahraoui en général et contre elle en particulier, au cours de la session "En route vers la justice" du Freedom Forum. La militante a expliqué qu'elle voulait "faire la lumière sur la question du Sahara, qui n'est pas bien connue. Aujourd'hui, beaucoup de gens m'ont dit qu'ils n'avaient aucune information à jour sur ce conflit, et d'autres qu'ils n'en avaient jamais entendu parler. Cela sert à briser le mur du silence, à faire entendre la voix d'un peuple oublié ".

Haïdar estime que le récent renouvellement du mandat de la Mission pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) "ne peut pas être considérée comme une avancée. Le Maroc continue de bloquer le processus de paix au Sahara occidental". Pour la militante, il est clair que "derrière ce verrouillage il y a la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU". Et se référant à l'expulsion du personnel de l'ONU du Sahara occidental, elle affirme que "maintenant le conflit n'est plus entre le Maroc et les Sahraouis, mais entre les Nations Unies et le Royaume du Maroc".
"Le Conseil de sécurité doit prendre la décision de mettre fin aux violations des droits de l'homme que le Maroc commet contre une population civile qui ne fait que revendiquer ses droits légitimes, y compris l'auto-détermination", exige Aminatou Haïdar. "Nous ne pouvons pas nous manifester, nous ne pouvons pas former d'associations, mon organisation, le CODESA, est interdite. les prisons marocaines sont pleines de militants sahraouis dans des conditions déplorables. Et ils commettent des assassinats, comme celui du syndicaliste Brahim Saika, mort en détention par les autorités marocaines dans des circonstances peu claires ".
Le Maroc "ne permet pas l'entrée à des observateurs internationaux. La dernière délégation à avoir été maltraitée a été une délégation de parlementaires galiciens de tous les groupes, expulsés il y a une semaine". Un député des Canaries de Podemos s'est aussi vu refuser l'entrée cette année. "C'est un manque de respect non seulement pour tous les Sahraouis et Espagnols, mais pour toute la communauté internationale".

Le rôle de l'Espagne
Aminatou Haïdar estime que "l'Espagne doit être de notre côté, parce qu'elle sait qu'elle est coupable de la souffrance du peuple sahraoui". Et elle fait une différence entre  l'attitude des gouvernements et celle des citoyens: "Je ne comprends pas pourquoi tous les gouvernements d'Espagne sont toujours d'un côté quand le peuple est toujours de l'autre. Si nous parlons de solidarité, en Espagne, nous avons des frères et sœurs, nos maisons et nos familles, un soutien populaire énorme. Mais cela n'a rien à voir avec la position officielle de la Moncloa*". Quelque chose qui se passe, explique-t-elle, indépendamment de la couleur du gouvernement. "J'ai déjà perdu confiance dans tous les partis, malheureusement. Chaque fois qu'ils arrivent au gouvernement, ils changent immédiatement de position envers le Sahara.

La Sahraouie estime que "l'Espagne doit assumer la responsabilité vis-à-vis d' un peuple qu'elle a abandonné à son sort et laissés entre les mains des Marocains. Et je regrette de dire que l'Espagne bloque une éventuelle avancée dans la protection des droits de l'homme, car elle s'aligne toujours sur la France. Les USA ont proposé que la MINURSO procède à un suivi de la situation des droits de l'homme mais la France et l'Espagne l'ont empêché".

L'espoir de la pression commerciale

La décision de la Cour européenne de justice d'annuler l'accord commercial entre le Maroc et l'UE en raison de l'inclusion des produits du Sahara Occidental, est un élément qui pourrait faire que Maroc modifie quelque peu sa posture, selon la Sahraouie, "au moins servir à faire savoir au peuple marocain que c' est un territoire occupé et que ses ressources appartiennent au peuple sahraoui. C'est un message très clair pour le peuple marocain et les partenaires commerciaux du Maroc, parce que je pense que la plupart des entreprises qui exploitent ces ressources ne savent rien du Sahara, mais s'il y a une décision de l'Union européenne, cela va freiner le pillage illégal. Cela peut même pousser le Maroc à revoir sa politique et à s'asseoir et négocier avec le Front Polisario, parce que le pillage et les accords avec l'UE ont beaucoup aidé au Maroc économiquement". Haïdar affirme qu'il y a "des intérêts stratégiques et économiques de pays européens, principalement la France et l'Espagne, dans la zone. Freiner le pillage aidera beaucoup à trouver une solution définitive au conflit".

La activista Saharaui Aminatou Haidar.

Les femmes prétendument retenues
Quant au conflit qui a sur entre les familles d'adoption espagnoles et les familles biologiques sahraouies de femmes sahraouies prétendument retenues dans les camps de réfugiés [en Algérie, NdT], Haïdar préfèrent le circonscrire la sphère privée. "Selon mes informations le Polisario n' est pas derrière cela. Ce sont des familles qui ont récupéré leurs filles. Du point de vue humain on doit comprendre les sentiments des familles biologiques. En tant que défenseure des droits de l'homme, j'appuie pleinement la liberté de circulation des personnes, mais nous devons également respecter les sentiments des familles biologiques. Je pense que les familles d'accueil sont également responsables de cette situation parce qu'elles n' ont pas laissé les filles se rendre dans les camps pendant tant d'années, et elles ont provoqué une rupture avec leurs familles biologiques. S'il y avait eu une relation continue entre les deux familles, il n'y aurait pas ce problème aujourd'hui, que je regrette beaucoup, mais il doit être résolu entre les deux familles, et calmement.".

NdT

* Moncloa: résidence officielle du président du gouvernement espagnol
 

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