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jeudi 22 septembre 2016

La RASD a 40 ans

Histoire : LA RÉPUBLIQUE ARABE SAHRAOUIE DÉMOCRATIQUE A 40 ANS

Par le comité suisse de soutien au peuple sahraoui

Nous reproduisons ci-dessous 2 pages du livre «front polisario, l’âme d’un peuple»d’Ahmed Baba Miské, paru en 1978 et relatant la naissance de la RASD il y a 40 ans.

«La République Arabe Sahraouie Démocratique (R.A.S.D.) fut proclamée le 27 février 1976, c’est-à- dire le jour même prévu pour le retrait total et définitif de l’Espagne. Il n’y aurait donc pas de «vide juridique». Les choses avaient considérablement changé depuis novembre 1975, et l’impact extérieur de cet événement n’était plus le même – notamment parce que les milieux étrangers le ressentirent comme la constitution d’un gouvernement en exil. Pour le peuple sahraoui cependant c’était la liesse.
Dans les camps réfugiés, parmi les combattants de l’A.L.P.S., la naissance de la R.A.S.D. fut vécue comme une grande victoire. Et comme une réhabilitation. La composition du gouvernement, rendue publique le 4 mars 1976, avait subi quelques modifications par rapport à novembre 1975. Le président restait cependant Mohamed Lemine Ould Ahmed, l’un des fondateurs et principaux responsables politiques du F. Polisario, jusque là chargé des Relations Extérieures.
 Le F. Polisario n’avait pas attendu la déclaration d’indépendance pour mettre en place les structures étatiques nécessaires à l’organisation de la vie d’un peuple. Amorcée durant les derniers mois de 1975 sous les bombes à l’intérieur du Sahara, l’expérience se poursuivait plus tranquillement dans les camps de réfugiés de Tindouf. En quelques mois, la politique de la terre brûlée pratiquée par les forces royales, l’extermination systématique des hommes et du bétail, le bombardement des centres de regroupement où se rassemblaient les populations fuyant les villes occupées, avaient provoqué un nouvel exode vers l’Algérie.
Le F. Polisario avait d’abord tenté d’endiguer le flot, mais c’était une tâche surhumaine de ravitailler des dizaines de milliers de personnes disséminées sur des milliers de km sans routes, à travers les embuscades et les bombardements; il aurait fallu d’énormes moyens de défense anti-aérienne pour les protéger contre les raids de l’aviation, et l’A.L.P.S. aurait dû consacrer l’essentiel de ses forces à tenir des places qui auraient constitué des objectifs rêvés pour l’artillerie et les chars de l’ennemi, au lieu de les consacrer à la guérilla offensive qu’impliquait l’équilibre des armements et des effectifs, et la stratégie révolutionnaire choisie. En février 1976, l’administration (au sens large) était déjà en train de se roder et se dotait de divers services spécialisés: enseignement, santé. Justice, ravitaillement, transports; l’information et les relations extérieures s’étaient considérablement développés depuis 1975; la « branche militaire » était devenue l’A.L.P.S. Après le 27 février, il suffira de donner rang de ministère à chacun de ces services.

Un peuple qui gouverne
En mai 1976, commence une nouvelle expérience pour le peuple réfugié. Jusque là, il avait fallu parer au plus pressé: accueillir, installer, nourrir, soigner le flot incessant; leur assurer régulièrement un minimum vital. Maintenant, il s’agissait de leur faire prendre en main l’organisation de leur nouvelle vie.
Ce fut le début d’une période de débats politiques ininterrompus durant un mois et d’élections à tous les niveaux à la fin desquels les moukhayamât (1) furent dotés d’organes démocratiques de gestion et de direction. L’organisation administrative prenait sa forme définitive avec les daïras (circonscriptions de base coiffant chaque moukhayam) et les willaya (régions dirigées par un gouverneur).
Seuls les organes de direction à l’échelle nationale (Direction du Front, Conseil National Sahraoui, gouvernement, Etat Major de l’A.L.P.S.) n’avaient pas été renouvelés: ce sera la tâche du Congrès général prévu pour la fin de l’été. Un mois de débats, même intempestifs, on pourrait penser que c’est peu, pour des populations ayant vécu sous un régime colonial particulièrement obscurantiste; l’exercice de la démocratie ne risquait-il pas d’être un peu formel dans ces conditions ? Cela n’a pas échappé aux militants sahraouis. Mais il a été jugé que les aspects positifs l’emportaient : la meilleure manière d’apprendre la démocratie n’est-elle pas de la pratiquer? Discuter de tous les problèmes permet de les connaître mieux, de savoir en débattre ; être obligé de prendre des décisions, de voter, de faire des choix de tous ordres forme, en tous cas donne un début de formation, permet d’avoir confiance en soi, de prendre conscience de la situation où on vit, au lieu de rester passif, pris en charge, dirigé.

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