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jeudi 8 septembre 2016

L’enseignement moribond au Maroc

Moi aussi j’aurai aimé écrire « je suis Abdellah….Et je rêve d’une école publique et de qualité pour tout le monde ». Sauf que pour l’enseignement au Maroc, ce n’est pas un souhait ou un rêve qu’il faut, mais un miracle. Un immense miracle, comme dans les films, où les morts ressuscitent et la vie revient à un corps immobile. Car l’école publique au Maroc est morte depuis des années et plus aucune force ne peut la remettre sur pied. 

J’appartiens à ces dernières générations, qui ont fait leur scolarité dans un système public affaibli, mais qui fonctionnait encore. Il y avait des enseignants qui croyaient à leur mission, et les bancs de l’école étaient fréquentés, sans distinction, par des enfants d’ouvriers, de fonctionnaires, de riches commerçants, de vendeurs ambulants…etc. Nous parlions le même langage, faisions les mêmes devoirs et entretenions les mêmes rêves…Les établissements privés étaient réservés aux cancres, chassés de l’école publique à force de redoubler. Nous les regardions avec le mépris des anges observant Satan refoulé du paradis.
Mais en une quinzaine d’années, les choses ont changé. L’école publique est actuellement un cadavre, qu’on fait semblant d’entretenir et réanimer à coup de milliards de dirhams. Elle n’est rien qu’un parking géant pour enfants et adolescents. Pour la réformer et changer, il faut une vision, un projet et une volonté. Or, personne dans ce pays n’en dispose. Sur cette question, il n’y a pas de pilote dans l’avion et nul ne sait où l’on va et comment y aller. Ce n’est pas pour rien que notre système éducatif est classé parmi les pires au monde, et que des pays en situation de guerre comme la Palestine ont une meilleure école que nous, selon les classements internationaux. Aucune réforme n’est possible, car elle sera paralysée par l’incompétence, les querelles politiques et le marchandage des positions et parasitée par des débats absurdes et stériles comme celui de la langue. L’enseignement public est condamné et rien à l’horizon ne prédit un changement.
 
La solution est donc purement individuelle. Les parents, surtout ceux qui appartiennent aux classes moyennes, devront se sacrifier encore et encore pour leurs enfants. Ils n’ont d’autre issue que l’école privée. Ils sont dans une situation « darwinienne », de guerre pour la survie scolaire de leurs enfants, où les plus riches ont les moyens d’accéder à une meilleure éducation. L’écart entre les ruraux et les urbains continuera à se creuser. Le brassage, assuré par l’école, entre différentes classes sociales est derrière nous. Quant aux enfants pauvres, défavorisés, habitants des montagnes et des douars, ils n’ont que Dieu, les miracles et une grande volonté personnelle pour s’en sortir, car aucun homme dans ce pays ne peut les aider.
Par Tourabi Abdellah

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