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vendredi 9 septembre 2016

Mahi Binebine : “Au Maroc, les écrivains courent moins de risques que les cinéastes”


    Le Maroc sera l'invité d'honneur de Livre Paris l'an prochain. Peintre et romancier originaire de Marrakech, Mahi Binebine se réjouit de l'émergence de nouveaux auteurs dans le pays.
    Pour sa 37e édition qui se tiendra du 23 au 27 mars 2017, le Salon du livre (rebaptisé Livre Paris l'année dernière) accueillera pour la première fois le Maroc, qui succédera à la Corée comme pays invité. L'objectif : présenter la richesse de la production marocaine en langue française, qu'évoque pour Télérama le peintre et romancier originaire de Marrakech, Mahi Binebine.

    Comment qualifieriez-vous la littérature marocaine contemporaine ?
    Elle est marquée par le dynamisme et l'effervescence, beaucoup de jeunes auteurs arrivent aujourd'hui à trouver leur place au Maroc. Depuis six ans, le prix de la Mamounia (qui n'a malheureusement pas lieu cette année) a par exemple permis de révéler de jeunes talents. Le Prix de la littérature arabe doit aussi être remis dans les prochains jours, et un Marocain, Reda Dalil (dont le premier roman Le Job avait reçu le prix de la Mamounia en 2014) est en compétition avec son deuxième roman Best-seller (éditions Le Fennec, février 2016).


    Quels sont ces nouveaux auteurs qui comptent aujourd'hui ?
    Il y a incontestablement Mohamed Nedali, qui a déjà cinq romans à son actif et s'installe comme une plume incontournable. La jeune Leïla Slimani rencontre également un large succès en France. Quelques universitaires se sont aussi essayé au roman, non sans réussite : Youssef Wahboum [spécialiste de l’histoire de l’art et de l’esthétique comparée, ndlr], Abdellah Baïda [chercheur en littérature], ou encore Rachid Khaless [professeur agrégé de langue française].

    Quels sont les thèmes récurrents de leurs ouvrages ?
    On n'a plus les mêmes préoccupations que les anciens, qui débattaient sur la langue de l'occupant, sur l'identité... Aujourd'hui, un artiste comme Abdellah Taïa parle de son homosexualité, bien que ce soit un problème qu'on n'a pas envie de voir dans ce pays. Les auteurs racontent les soucis actuels des Marocains, avec une approche littéraire très différente de celles d'écrivains comme Driss Chraïbi...

    Peut-on dire qu'ils osent mettre la société marocaine face à certaines de ces contradictions ?
    Bien sûr : regardez la jeune Sonia Terrab, elle a écrit sur le mouvement contestataire du 20 février [dans son deuxième roman La Révolution n'a pas eu lieu, ndlr]. Ils écrivent sur ce qu'ils vivent. A une époque, on pouvait les emprisonner pour ça, aujourd'hui... un peu moins ! Le métier d'écrivain n'est plus risqué. Ça l'a été : sous le règne de Hassan II, nous avons connu non seulement la censure, mais aussi l'autocensure, par peur. Pour évoquer le Palais, je me souviens d'avoir écrit sur un pacha qui régnait sur Marrakech... Il fallait ruser, aujourd'hui ce n'est plus le cas.

    Cela vaut-il pour tous les artistes ?
    Les cinéastes ont plus de problèmes : l'image est accessible à tout le monde, la littérature un peu moins, surtout dans un pays où l'analphabétisme est très élevé.
    De quoi parlera le roman que vous êtes en train de terminer ?C'est l'histoire d'un bouffon qui raconte son roi, et je tarde à la finir. Mais mon père ayant été bouffon du roi Hassan II pendant trente-cinq ans... j'avais du matériel !

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