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lundi 12 septembre 2016

Nouveau revers diplomatique du Maroc à l’ONU



Sa proposition a été rejetée par le Conseil de sécurité : Nouveau revers diplomatique du Maroc à l’ONU
Le Conseil de sécurité rejette une proposition de l’ONU sur un projet marocain de route dans les territoires sahraouis. La majorité des membres du Conseil de sécurité, réunis vendredi à New York, ont rejeté la proposition de l’ONU d’achever un projet de construction d’une route traversant les territoires sahraouis, contesté et bloqué par les unités d’élite de l’Armée populaire de libération sahraouie.

 « La majorité des membres du Conseil de sécurité n’étaient pas prêts à accepter la proposition de l’ONU concernant ce projet. Elle n’a reçu que le soutien de la France et du Sénégal, deux pays alliés du Maroc », a indiqué à l’APS une source onusienne proche du dossier. 

 
« Les membres du Conseil de sécurité ont insisté sur la retenue et le respect de l’Accord de cessez-le-feu (…). La situation est toujours tendue, j’espère qu’il n’y aura pas de dérapage », a-ton ajouté de même source. Sur une proposition française, selon des sources diplomatiques aux Nations unies, le Secrétariat général de l’ONU a proposé vendredi au Conseil de sécurité d’achever le goudronnage d’une route, reliant la zone tampon d’Elguergarat jusqu’à la frontière avec la Mauritanie, un projet que le Maroc veut réaliser en violation des points de l’Accord de cessez-le-feu. L’ONU qui s’est opposée en 2001 et 2002 à la construction de cette route, dont « certaines activités pourraient constituer une violation de l’Accord de cessez-le feu a cédé, aujourd’hui, au chantage du Maroc en acceptant de construire et de financer elle-même ce projet, a dénoncé le Front Polisario.
« Cela signifie que l’ONU va devenir une société chargée de financer les projets du Maroc », alors qu’elle avait dans trois rapports précédents considéré ces travaux comme une violation de l’Accord de cessez-le-feu, a indiqué Ahmed Boukhari, le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies dans une lettre adressée vendredi au président du Conseil de sécurité. Le Front Polisario s’est dit « surpris » par la position de l’ONU qui semble « ignorer ses propres décisions » antérieures sur ce projet. Le Maroc avait entamé, en août dernier, les travaux de goudronnage de ce tronçon d’une longueur de 3,8 km qui devrait traverser les territoires sahraouis sous contrôle du Front Polisario jusqu’à la frontière avec la Mauritanie. 
Le Conseil de sécurité qui s’est réuni vendredi à huis clos pour examiner la situation sécuritaire tendue qui prévaut dans cette zone sensible, s’est abstenu de faire une déclaration à la presse. Gerard Van Boheman, le président du Conseil de sécurité s’est contenté d’indiquer que l’organe onusien a été tenu informé de la situation à ElGuergarat par Christopher Ross l’Émissaire de Ban Ki-moon pour le Sahara occidental et Kim Bolduc, chef de la Minurso. Gérard Van Boheman a précisé que son pays, la Nouvelle Zélande, est préoccupé par cette situation qu’il dit suivre de près. Rejetant la proposition de l’ONU, le représentant du Venezuela, Rafaël Ramirez, a affirmé à la presse que « la Minurso n’a pas été créée pour construire des routes, mais pour préparer le référendum du peuple sahraoui ». Ban ki-moon a, de son côté, refusé de commenter la proposition de l’ONU. La situation sécuritaire dans la zone d’El-Guergarat reste tendue, les deux camps ont maintenu leurs positions à environ 120 mètres les uns des autres. Les Nations unies redoutent en effet « une reprise des hostilités, avec un risque d’implications régionales ». 
Dans une note confidentielle transmise au Conseil de sécurité, le 28 août, le Secrétariat général de l’ONU a affirmé que le Maroc a violé l’Accord militaire numéro 1 en déployant des forces de sécurité dans cette zone sans avertir, au préalable, la Minurso. Pour sa part et dans une déclaration à New York, l’inénarrable ambassadeur du Maroc à l’ONU, qui n’est plus à présenter pour ses bévues et impairs diplomatiques, et complaisamment repris par le bureau de Rabat d’une grande agence française d’information, fait dans l’amalgame pour tenter de masquer le nouveau revers diplomatique de Rabat. Un revers sévère malgré l’appui déclaré de Paris, qui continue contre toute décence de porter diplomatiquement à bout de bras le Maroc, qui persiste à construire une route pour mieux déstabiliser la Mauritanie et faire croire à d’hypothétiques d’investisseurs du Golfe qu’ils ne peuvent investir dans un territoire qu’il occupe illégalement et déserté par les grandes sociétés internationales. 
Pris en flagrant délit de mensonge, le Maroc continue de travestir la réalité et parle, alors qu’il est le premier producteur mondial de kif, de lutter contre ce trafic. Mais l’ambassadeur du Maroc à l’ONU met les pieds dans le plat, et révèle indirectement le but de la nouvelle escalade marocaine. Il a indiqué que le Maroc « avait été saisi d’une demande » de Christopher Ross, l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, pour effectuer une tournée dans la région. « Notre réponse a été claire. Le contexte actuel n’est pas idoine pour une pareille visite », alors que « le Maroc est en pleine campagne électorale pour les législatives (7 octobre) et qu’il y aura, juste après, un nouveau gouvernement », a-t-il souligné.
Mokhtar Bendib


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