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mercredi 5 octobre 2016

Quel avenir pour le Sahara Occidental ?


  

Quel avenir pour le Sahara Occidental ?

 BLOG  MEDIAPART: LE BLOG DE MARIE-JO ; 22/9/2016

M-J F  Solidmar , 4/10/2016

Le 13 septembre 2016, Melchior Wathelet, l’avocat général de la Cour de Justice de l’Union Européenne, a rappelé que “le Sahara occidental ne fait pas partie du territoire du Maroc et dans ces conditions ni l’accord d’association UE Maroc, ni l’accord de libéralisation ne lui sont applicables”.
 Sahraouis, et Marocains pour d’autres raisons, voient dans cette première conclusion les prémices de leur victoire. Mais il faudra attendre l’arrêt final de la Cour pour savoir où se trouvera la victoire.
 Depuis 1963 le Sahara Occidental est inscrit sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU, et relève de la résolution 1514 portant sur le droit à l’autodétermination par les peuples coloniaux. Les institutions européennes n’ont jamais reconnu que le Sahara Occidental faisait partie du territoire du Maroc ni relevait de sa souveraineté.


 Passant outre ces évidences, Hassan II a organisé en 1975 la trompeuse « marche verte », qui n’est que « la façade civile d’une invasion militaire», selon Jacob Mundy, spécialiste des conflits au Maghreb. L’armée marocaine envahit un territoire qui ne lui appartenait pas, saccageant les campements, tuant des nomades et leur bétail, envahissant et pillant  les maisons des Sahraouis en fuite, pour s’y établir et exploiter à son profit toutes ses richesses : phosphates, poissons, agrumes…, décrétant que désormais ce territoire lui appartient.*
Fuyant les bombardements au napalm et au phosphore blanc, une partie de la population sahraouie, s’installe « provisoirement » sur une hamada désertique  où la température monte à 50° et où rien ne pousse,  dans la région de Tindouf en Algérie qui lui ouvre ses frontières.
40 ans plus tard, ces nomades, sédentarisés par force, continuent à y survivre de manière très précaire, dépendant de l’aide internationale. L’autre partie de la population sahraouie, restée sur sa propre  terre pour la défendre, subit mépris et répression du colonisateur marocain et des nombreux colons amenés de force, ou attirés dans cette riche terre et par de belles promesses : logements gratuits, emplois bien payés, subventions sur les produits de base etc., au détriment des autochtones sahraouis. Par cette politique de peuplement forcené contraire à la 4ème convention de Genève, pour gonfler le nombre de potentiels électeurs, les territoires occupés comptent actuellement plus de colons marocains que de Sahraouis .
Il n’est pas surprenant qu’une guerre ait éclaté entre le Maroc et le Front Polisario, représentant du peuple sahraoui. Elle a duré 16 ans. En 1991 le cessez-le-feu a été signé par les deux parties. Le pacifique Sahara Occidental le respecte scrupuleusement, alors que le Maroc viole impunément les droits de l’Homme : répression, crimes, enlèvements, viols, arrestations, très longues incarcérations allant jusqu’à la perpétuité, procès fabriqués basés sur des aveux obtenus sous la torture ...
De 1982 à 1987, aidé par des Israéliens et des Américains, le Maroc construit son « mur de la honte » long de 2700 km, en sable truffé de mines antipersonnel, gardé et équipé militairement, coupant le Sahara Occidental en deux du nord au sud, séparant cruellement les familles. C’est la plus longue construction militaire du monde. Les Sahraouis en exil attendent de pouvoir retourner vivre chez eux,  de l’autre côté de cette barrière infranchissable où sont restés les autres membres de leurs familles. Les plus jeunes sont impatients de découvrir leur pays et commencent à parler de le reconquérir, lassés d’attendre pacifiquement.
L’association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA) a recensé, depuis le début du conflit de la colonisation, plus de 30 000 détenus et plus de 4 500 portés disparus. 400 d’entre eux n’ont laissé ni trace ni la moindre indication susceptible de localiser le lieu et les circonstances de leur disparition. Des Sahraouis ont été jetés dans le vide depuis des hélicoptères.
Des dépouilles de Sahraouis, enfants et adultes, officiellement classés « prisonniers » ou « disparus », sont retrouvées peu à peu, dans des fosses communes qui datent de ces années de la conquête marocaine. Dans certaines fosses la position de dizaines de Sahraouis, adultes et enfants, prouve qu’ils ont été enterrés vivants.  Selon Le Parisien, « Le juge Pablo Ruz de l'Audience nationale, spécialisée dans les affaires complexes, estime qu'il "existe des indices rationnels" permettant de juger onze inculpés marocains pour des faits de "génocide", dans les conclusions d'une enquête ouverte en octobre 2007. »
Le peuple sahraoui est non-violent, mais il est inventif dans ses luttes pacifiques contre l’occupant. Sachant pourtant que chaque manifestation pour réclamer le référendum d’autodétermination se solde par une  violente répression et de nombreux blessés, les Sahraouis n’hésitent pas à sortir dans la rue. En 2010 ils ont été des milliers à de rendre en familles d’El Aaiun au lieu dit Gdeim Izik pour monter un gigantesque camp de protestation. L’occupant ne l’a pas supporté et le démantèlement a été très violent. 23 Sahraouis sont toujours en prison, condamnés à de très lourdes peines à la suite d’un procès basé sur des aveux obtenus sous la torture.
Au mois de mars 2016, le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-Moon, s’est rendu pour la première fois dans les campements de réfugiés sahraouis. Il a visité les « territoires libérés » du Sahara Occidental, situés entre le mur de séparation et la frontière algérienne. Il a rencontré le président de la République Arabe Sahraouie Démocratique (la RASD) et les casques bleus de la MINURSO, mission des Nations Unis pour le référendum d’autodétermination du Sahara Occidental. Dans les camps, son contact avec ce peuple oublié l’a bouleversé. Il ne s’attendait pas à trouver une telle désolation et se dit attristé de voir tant de réfugiés de 40,41 ans nés en exil au début de cette occupation, empêchés de retourner chez eux, sinon en sujets obéissants du roi... Il évoque « l’occupation » et assure que la « décolonisation » de ce territoire, sur lequel le Maroc n’a aucune souveraineté, est urgente, citant à ce propos des paroles et des écrits de l’ONU connus depuis 1963. Mais le roi du Maroc fait mine d’être consterné de cette « trahison », et la panique le pousse à réagir de manière violente et irresponsable. Il ordonne, entre autres, le retrait de plus de 80 membres de la MINURSO, disposant de cet organisme  comme d’une propriété personnelle. Ces mesures de rétorsion visent  à rendre impossible l’organisation du référendum d’autodétermination, l’arrêt du maintien du cessez-le-feu, et constituent un réel risque de conflit  dans la région. Le Makhzen organise à Rabat une énorme manifestation « spontanée » contre Ban Ki-Moon à laquelle participent des membres du gouvernement. Le secrétaire général de l’ONU est hué et injurié…
C’est la crise diplomatique. A la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU en avril qui suit, il est demandé au Maroc de rappeler le personnel de la MINURSO dans les 90 jours. A ce jour 25 membres seulement ont repris leur fonction.

Le mur de séparation marque la frontière entre les territoires occupés par le Maroc et les territoires libérés par le Polisario.  Fin aout 2016 le Maroc a franchi le mur avec du lourd matériel militaire dans la région de Garguerat, sous prétexte de contrôler la contrebande à la frontière…alors qu’il est de notoriété publique que le Maroc est parmi les plus grands exportateurs de haschich au niveau mondial ! Il continue à agir en maître de son Sahara,ne tenant aucun compte de la conclusion de l’avocat général de la CJUE, en vendant du poisson pêché en eaux sahraouies. APSO titre : « Le Key Bay et son chargement, Apso interpelle la douane»**.

La tension continuera à être vive dans ce pays, tant que la situation ne sera pas clarifiée. De plus en plus nombreux sont les pays qui appuient le projet de référendum pour l’autodétermination. Malheureusement la France continue à soutenir son « ami le roi », quoi qu’il fasse. 
*http://diasporasaharaui.blogspot.fr/2015/07/les-troupeaux-des-rois-du-maroc-au.html
** Publié par APSO 
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https://blogs.mediapart.fr/marie-jo/blog/220916/quel-avenir-pour-le-sahara-occidental

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