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mercredi 9 novembre 2016

Génocides dans le Sahara occidental: “La recherche de la mémoire historique est un outil pour visualiser ce qu’on ne peut pas voir”


Madrid, 8 nov 2016 (SPS)  

Le professeur et psychologue espagnol Carlos Beristain a souligné que “la recherche de la mémoire historique et des violations actuelles des droits de l’homme” au Sahara occidental occupé est “un outil pour visualiser ce qu’on ne peut pas voir”.
Le problème central dans le cas du conflit au Sahara occidental est “l’oubli”, a-t-il dit dans une déclaration au journal électronique espagnol “el diario.es”

“La recherche de la mémoire historique et des violations des droits de l’homme est un outil pour visualiser ce qu’on ne peut pas voir ou c’est systématiquement refusé ou utilisé politiquement car il est difficile et dans certains cas dangereux d’atteindre les victimes”, a-t-il expliqué.

 Le travail de documenter les violations des droits de l’homme est un moyen “pour aider à transformer la souffrance des gens vers un espace de reconnaissance et de dénonciation pour la prévention”, a encore expliqué ce chercheur à l’université du pays basque.
Dans le cadre du projet “oasis de la mémoire” basé sur 261 cas de victimes sahraouies des bombardements, de disparitions forcées, de torture et de violence sexuelle subi par la population sahraouie entre 1975 et 2010, donne une idée pour laquelle “une approche des droits humains est la clé pour trouver une solution politique à ce conflit, pas seulement pour documenter avec rigueur” mais de “transformer la recherche en propositions d’action pour aider à voir le conflit d’un autre point de vue”, a expliqué Beristain.

Dans le cas du Sahara occidental, a-t-il souligné, le travail de documenter les cas de violations graves des droits de l’homme et l’écoute des victimes sahraouies a commencé il y a cinq ans avec un projet de recherche soutenu par certaines institutions publiques basques.
Ce travail entamé en 2013 par une équipe de l’institut de recherche pour le développement de l’université du pays basque et coordonné par le médecin légiste Paco Etxeberria avec l’aide de l’association des parents des disparus sahraouis a permis de découvrir deux fosses communes des huit premiers disparus identifiés de l’histoire du conflit du Sahara. Deux d’entre eux étaient des enfants de 14 ans avec des coups typiques d’exécutions extrajudiciaires”, a-t-il précisé.
“A propos de ce travail, nous avons publié un rapport avec tout le processus documenté et les identifications effectuées par un laboratoire. Les fosses communes sont des faits irréfutables alors que l’information donnée par le Maroc sur les disparus était fausse”, a-t-il ajouté avant de préciser que ce sont “des exemples de la façon dont les travaux scientifiques peuvent aider à documenter les cas de violations des droits de l’homme et sur la réalité des conflits en général.”
Dans ce cas, ces enquêtes ont été des éléments déterminants examinés par la Cour nationale de Madrid pour inculper 12 militaires du régime marocain d’être responsables de crimes contre les droits de l’homme et poursuivi par le juge d’audience nationale Pablo Ruz pour génocides dans le Sahara occidental entre 1975 et 1992 en utilisant comme preuves les résultats de ce groupe de recherche.
Le chercheur et militant des droits de l’homme, Carlos Beristain a été interdit récemment d’entrer à la ville d’El Aaiun occupée et expulsé par les autorités marocaines ,avec deux autres activistes espagnole et salvadorienne qui allaient prendre part à un événement  sur la mémoire historique à El Aaiun.(SPS)*

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