samedi 20 mai 2017

Renégociation des accords UE-Maroc: l'eurodéputé Marcellesi a interpellé lundi le chef de la diplomatie espagnole sur la-nécessité de se conformer à l'arrê de la CJUE

BRUXELLES 

Le député européen Florent Marcellesi a interpellé lundi le chef de la diplomatie espagnole, Alfonso Maria Dastis Quecedo, sur la manière dont son pays compte se conformer à l'arrêt de la Cour européenne de justice (CJUE) qui exclut le Sahara occidental du champ d'application des accords d'association et de libéralisation UE-Maroc après que la Commission ait sollicité l'accord des Etats membres de l'Union pour renégocier ces accords.
Selon Florent Marcellesi, la "principale préoccupation" porte sur la nécessité de clarifier la position de la Commission européenne et du gouvernement espagnol afin de savoir s'ils comptent reprendre la notion soulignée dans l'arrêt de la CJUE sur le consentement du peuple du Sahara occidental et non la population du Sahara occidental.
Pour cet eurodéputé, la différence entre peuple du Sahara occidental et population du Sahara occidental, constituée pour une énorme majorité de colons marocains incités à s'installer dans les territoires occupés, "sera l'objet central de cette renégociation des accords d'association et de libéralisation avec le Maroc".

 Lire l'article : http://www.cip.dz/index.php/fr/evenements/monde/20167-renegociation-des-accords-ue-maroc-l-eurodepute-marcellesi-interpelle-l-espagne-sur-la-necessite-de-se-conformer-a-l-arret-de-la-cjue

Le soulèvement du Rif !


Tension dans le Rif : Manifestation et grève générale prévues ce jeudi à Al-Hoceima

17/05/2017

Dans le cadre des manifestations organisées par la mouvance contestataire Rifaine, la ville d’Al-Hoceima s’apprête à observer, ce jeudi 18 mai, une nouvelle mobilisation populaire. Gréve générale et manifestations.

Cette nouvelle sortie intervient pour « dénoncer les dernières déclarations médiatiques des leaders de la majorité gouvernementale » avait déclaré Nasser Zafzafi sur les réseaux sociaux.


Rappelons que les dirigeants de six partis politiques qui forment le gouvernement marocain avaient accusé, lors d’une réunion présidée, dimanche dernier, par le ministre de l’intérieur, les contestataires rifains de « nuire à l’intégrité territoriale du royaume » et d’opérer pour « des agendas séparatistes ».

Face au tollé provoqué par ses propos, ces même dirigeants politiques avaient dû faire marche arrière et rectifier leur texte et adoucir son contenu.

Il convient de noter que cette nouvelle sortie contestataire intervient dans un contexte très spécifique marqué une présence militaire sans précédent.

Reprise du procès de Gdeim Izik vu par les journalistes sahraouis (3)



Rapport sur l'évolution du procès des prisonniers Gdeim Izik dans la ville de Salé, au Maroc, par Equipe Media, 15/5/2017

Poursuite des activités organisées par les Sahraouis devant la Cour d'appel, en appui au groupe Gdeim Izik  de prisonniers politiques.
Des slogans politiques ont été chantés haut et fort, exigeant l'autodétermination et dénonçant le simulacre de procès.
Les caméras d’Equipe Media ont présenté des photos montrant des voyous marocains dénigrant sur des pancartes le travail des organisations internationales. « Les organisations internationales aident les mouvements terroristes » et d'autres expressions contre tout le travail des observateurs internationaux sur la question du Sahara Occidental occupé.
De telles pratiques de moquerie qu’utilisent les Marocains mettent en lumière la crise que le royaume alaouite vit avec l’affaire de Gdiem Izik.
 La même chose se produisit lorsque la Suède a reconnu la RASD, les autorités d'occupation ont organisé des manifestations en recrutant des milliers de ses citoyens pour aller à l'encontre de ce pays, ou contre l'ancien Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, après qu'il ait utilisé le terme « occupation » pour désigner le conflit entre le Maroc et le Sahara occidental.
Ce jour-là a repris le procès des prisonniers politiques de Gdeim Izik et donc la participation d'organisations internationales qui sont observateurs du simulacre de procès. Elles ont produit divers rapports montrant ce théâtre qu'est la parodie de jugement des prisonniers politiques sahraouis.

jeudi 18 mai 2017

Urgent : Situation des Refugiés à Embrun le 18 mai 2017 et lettre au Président de la République


Situation des Refugiés à Embrun 
le 18 mai 2017 
et lettre au Président de la République

Dans les semaines à venir, des personnes exilées actuellement accueillies dans les Hautes-Alpes courent le risque de renvoi vers différents pays dont l’Italie, déjà à saturation à cause des traversées de la Méditerranée.
21 jeunes demandeurs d’asile accueillis au CAO d’Embrun ont entamé une grève de la faim depuis le 10 mai 2017, pour protester contre ces décisions et demander la levée de la procédure. 

En effet, le règlement Dublin III n'est pas obligatoire : certaines préfectures en France ont décidé de ne pas l’appliquer et de permettre aux demandeurs d’asile de déposer leur demande en France. L’Allemagne vient également de suspendre le renvoi vers la Hongrie des réfugiés passés sur son territoire. 
Après avoir tenté lors de plusieurs réunion d'intimider les  migrants, la préfecture décide de les séparer afin de casser leur cohésion.
La préfecture rajoute du stress à leur détresse !

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Lettre ouverte au Président de la République  la vie des migrants est en danger




Inter Collectifs Migrants Alpins
Aux bons soins de S et J-M Flandrin
Quartier Fondation – Chalvet
05200 EMBRUN

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg Saint Honoré
75008 Paris

Monsieur le Président de la République,
L’Inter Collectifs Migrants Alpins, qui regroupe aujourd’hui 15 organisations citoyennes, se doit de vous alerter sur la « fabrique de clandestins » et la mise en danger de la vie des migrants que provoque l’application du « règlement dit Dublin III ». 

Le Sahara occidental, tombeau de la légalité internationale


L'ACAT, 18/5/2017 

« Dernière colonie d’Afrique », le Sahara occidental est occupé par le Maroc depuis 1975. Alors que le droit international humanitaire devrait s’appliquer sur ce territoire situé à l’ouest du Maghreb, la réalité est tout autre. Retour sur l’histoire d’une longue lutte pour l’autodétermination. 
Al 1116 - Mur poste de guet
Le 11 / 05 / 2017
« Les portes du Sahara nous sont juridiquement ouvertes, tout le monde a reconnu que le Sahara nous appartient depuis la nuit des temps. Il nous reste donc à occuper notre territoire. » Cette phrase, prononcée par le roi du Maroc Hassan II en 1975, résume l’attitude colonisatrice du royaume chérifien envers le Sahara occidental. Quelques jours plus tard, il lançait la Marche verte au cours de laquelle 350 000 civils et 20 000 soldats marocains envahissaient ce territoire que le Royaume occupe encore aujourd’hui illégalement. Depuis, les Nations unies rappellent tous les ans le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination mais sur le terrain, l’occupation s’intensifie chaque jour davantage.

Il faut revenir aux années 1960 et à la décolonisation pour comprendre l’écart entre la réalité et ce que prévoit le droit international. Convoité par le Maroc et la Mauritanie, le Sahara occidental est alors sous protectorat espagnol. En 1963, l’Organisation des Nations Unies (ONU) l’inscrit sur la liste des territoires autonomes, dont les populations autochtones ont vocation à déterminer leur statut. Parallèlement, la guérilla contre l’Espagne s’organise : des militants sahraouis créent le Frente Popular para la Liberacion de Sagui et Hamra y Rio (Front Polisario).

Lire l'article : 




mercredi 17 mai 2017

Sahara occidental et Palestine : Deux colonisations, plusieurs similitudes , l'une connue, l'autre ignorée




Le Maroc et Israël sont deux pays colonisateurs, occupant illégalement des territoires qui ne leur appartiennent pas. Défiant et foulant au pied, par la sorte, le Droit international et toutes les résolutions des nations unis.
En effet, et compte tenu de l’intransigeance de l’état hébreux et ses soutiens, le vieux conflit opposant israéliens et palestiniens n’est pas prêt de connaitre son épilogue tant que certaines puissances veulent maintenir le statut quo, malgré les négociations menées ça et là pour arriver à faire la paix dans cette région moyen-orientale et aboutir à la création de deux états, comme stipulé dans les accords d’Oslo. Israël tire sa puissance de la protection des États-Unis, son allié de toujours, et continue à bafouer le Droit international en piétinant le droit des palestiniens et à détruire comme elle l’entend, comme ce fut le cas du bombardement de Ghaza en 2014, le blocus qui lui fut imposé jusqu’à ce jour, en plus des colonies qui sont érigées sur les territoires occupées, sans oublier aussi les violations des Droits de l’homme en ces territoires, avec toutes les exactions commises envers les palestiniens ; emprisonnement arbitraire, tortures systématiques et assassinats des leaders.

"Parents d'accueil" sahraouis à 22 ans


L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantesCe sont des pratiques que les étudiants  dans les camps sahraouis pratiquent parfois pendant les mois d'été. Beaucoup de ces étudiants,  à peine âgés de 22 ans, décident de devenir parents d'accueil et de veiller sur certains des mineurs du Sahara qui arrivent en l'Espagne à travers la campagne de vacances en paix.

ACAT : Maroc - Procès de Gdeim Izik : la défense se retire du procès, deux avocates françaises expulsées du tribunal



ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture)
Communiqué de presse
Pour publication immédiate
Deux avocates françaises de la défense dans le procès de Gdeim Izik, Maître Olfa Ouled et Maître Ingrid Metton, ont été violemment expulsées de la Cour d’appel de Rabat lundi 16 mai dans l’après-midi.
Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « cet épisode choquant n’est que le climat d’un procès que les magistrats n’essaient même plus de faire passer pour équitable. Entre la comparution de faux témoins, la partialité manifeste de la Cour, les interrogatoires sur la base d’aveux signés sous la torture et la réalisation d’expertises médico-légales truquées pour écarter les allégations de torture des accusés, il ne se trouve plus personne d’un tant soit peu honnête pour louer la qualité de la justice dans ce procès »
Le 16 mai, lassés par de longs mois d’un procès marqué par une iniquité manifeste, les accusés et leurs avocats marocains et Sahraouis ont annoncé leur volonté de ne plus participer à ce qu’ils estiment être un simulacre de procès. Les avocates françaises représentant les accusés ont demandé d’adresser un mot à la cour, comme venaient de le faire leurs confrères, avant de donner leur décision sur leur retrait. Le président a refusé, ordonnant aux avocates de répondre uniquement par oui ou par non. Devant le refus des avocates françaises de répondre de cette manière, le président a annoncé qu’il faisait acter d’office leur retrait et a ordonné leur expulsion de la salle d’audience.
Les avocates françaises ont voulu contester cette décision inique ; les policiers ont saisi Me Olfa Ouled par le bras pour la trainer jusqu’à la porte et ont poussé violemment Me Ingrid Metton jusqu’à la sortie de la salle. Me Ouled souffre d’une élongation et d’un hématome au bras.

mardi 16 mai 2017

Les prisonniers de Gdeim Izik mettent en évidence le jugement injuste.




Salé le 16 mai. (EM)-


Excédés par l'irrégularité du jugement, les accusés sahraouis du jugement de Gdeim Izik ont renoncé à leur défense. Cette décision  a été exprimée par le professeur Rgueibi, au nom des défenseurs, en regrettant le tour pris par les évènements. D'autres avocats l'ont ratifié devant le juge.

Les prisonniers politiques sahraouis ont pris la décision de se retirer de la salle comme forme de protester puisqu'un juste processus n'est pas garanti. 

"J'espère que ce dossier, que ce soit en notre présence ou en notre absence, débouche à un juste jugement" a déclaré Maître Msaoudi.


Les prisonniers et leurs avocats se retirent de la salle et à ce moment les forces policières agressent une avocate française qui fait partie de la défense.

Les avocats français ont aussi fini par se retirer de la défense comme les autres avocats. Ils(elles) allaient prononcer un mot d'encouragement  pour les accusés, mais le juge a ordonné aux forces de sécurité de les tirer hors de la salle. Les forces ont agi avec violence sur l'avocate Olfa OULED en la blessant au bras et à la joue.

À ce moment le juge a demandé aux accusés en liberté s'ils voulaient un avocat. Mais comme ils ont sympathisé avec leurs pairs, ils ont renoncé à une défense.

 Après, le juge a nommé quelques avocats qui étaient dans la salle. Et le procès a
 continué, le témoin suivant a été appelé.

Maroc : Le peuple rifain affronte seul son destin


Le gouvernement despotique du roi du Maroc s’apprête à mater les revendications de la population d’Al Hoceima.
Le langage du communiqué des partis de la coalition gouvernementale ne laisse aucun doute sur la suite des événements. Il parle d’atteinte aux « constantes nationales » et de « valeurs sacrées » et de « soutien de parties extérieures ».
Le chef du gouvernement Saadeddine El Othmani qui en 2011 défendait l’autonomie de la région du Rif et louait le courage d’Abdelkrim Khattabi a tourné la veste et traité les manifestants de séparatistes.
Le wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Mohamed El Yaakoubi a assuré à la presse que tout ce qui se passe dans le Rif est de « l’intox ».
Ainsi, le mouvement populaire d’Al Hoceima va être sauvagement réprimé dans le silence des soi-disant démocrates marocains. Comme d’habitude, les rifains seront écrasés au nom des « constantes nationales ».
  Author: Rédaction

Paloma Lopez dénonce les manœuvres marocaines au procès de Gdeim Izik

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/109113


Sahara Occidental, Détenus politiques de Gdeim Izik : suspension de la grève de la faim
PUBLIE LE : 16/5/2017 
Les détenus politiques sahraouis de Gdeim Izik ont décidé de suspendre la grève de la faim d'avertissement prévue initialement les 15 et 16 mai courant, en protestation contre les violations juridiques et les complots flagrants qui entachent leurs procès à Rabat après l'»engagement du vice procureur général et du directeur régional des prisons à satisfaire leurs revendications».
 
La décision des détenus sahraouis intervient peu après la visite effectuée dimanche par le vice procureur général et le directeur régional de l'administration pénitentiaire qui se sont engagés à «satisfaire les revendications légitimes» et ont réitéré leur souci d'»éviter ce qu'il s'est passé vendredi dernier lorsque leurs familles avaient fait l'objet d'humiliation et d'intimidation outre leur privation du droit de visite en raison la mise à nu de la politique de l'Etat marocain et de ses violations patentes des droits de l'Homme à l'intérieur même du tribunal». «Nous, détenus politiques sahraouis de Gdeim Ezik, avons décidé de suspendre la grève de la faim d'avertissement que nous envisagions d'entamer les lundi et mardi,

15 et 16 mai courant, en protestation contre les violations juridiques et les complots flagrants pour permettre au vice procureur général et au directeur régional des prisons de répondre à nos revendications légitimes et légales», ont affirmé les détenus dans un communiqué. Ils ont dénoncé également le «procès mascarade», rejetant plusieurs vice de forme notamment la convocation de la délégation marocaine conduite par l'ancien ministre de l'Intérieur, Tayeb Echarqaoui, l'absence de décision liée à la nomination d'un avocat de l'Etat marocain et les tentatives désespérées d'avancer des motifs non juridiques aux greffiers outre les inégalités dans l’organisation et la gestion. Les détenus sahraouis se sont élevés aussi contre «la partialité claire du président du tribunal et ses déclarations publiques faisant état de ses convictions politiques à l'égard de notre cause nationale et son soutien inconditionnel aux témoins du parquet en sus de la marginalisation de nos maitres ce qui constitue une infraction grave quant à la tenue d'un procès équitable». D'autre part, les détenus sahraouis ont réitéré leur «condamnation ferme de la partialité du président du tribunal et l'absence de l'indépendance de la juridiction», insistant sur l'importance de garantir un «procès propre et intègre». Ils ont dénoncé en outre, les violations dont sont victimes leurs familles, appelant les consciences vives à exercer des pressions sur l'Etat du Maroc pour assurer un procès conforme aux Chartes internationales. L'accent a été mis enfin, sur la poursuite des «démarches militantes légitimes devant les dépassements et tromperies abjects faisant endosser aux autorités marocaines «l’entière responsabilité de la situation». Le tribunal de Salé reprend ce jour le procès des détenus politiques sahraouis de Gdeim Izik.
Paloma Lopez dénonce les manœuvres  marocaines
L’eurodéputée espagnole Paloma Lopez a dénoncé hier les manœuvres marocaines visant à allonger le procès des prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik pour décourager les observateurs internationaux d’assister à ce procès et pouvoir ainsi rendre des sentences indûment sévères et inéquitables. La députée européenne qui s’est rendu la semaine passée à Salé (Maroc) pour suivre le déroulement du procès a affirmé que ce procès court le risque de durer beaucoup plus de temps que prévu, dénonçant «les manœuvres des autorités marocaines visant à allonger le procès d’une manière abusive pour éviter la présence d’observateurs internationaux qui pourraient dénoncer l’espèce de pantomime qu’est devenu le procès». Selon Paloma Lopez, «les audiences tenues jusque là corroborent ce que nous avions déjà dénoncé le mois dernier». Elle soutient que la procédure «est pleine d’irrégularités» et que «le Tribunal fait tout son possible pour que les condamnations illégales prononcées lors du procès tenu devant un tribunal militaire en février 2013 soient maintenues». L’eurodéputée craint que les sentences à l’encontre des prisonniers soient déjà prêtes étant donné le manque de preuves réelles les incriminant. «Ils continuent d’entraver l’entrée des observateurs au procès», a-t-elle déploré, soutenant que le Tribunal fait tout son possible pour que ceux qui sont d’origine sahraouie et même les familles des accusés ne puissent pas entrer. A toutes les irrégularités déjà dénoncées à savoir la falsification de preuves, le non-respect du protocole d’Istanbul et des résolutions du Comité de l’ONU contre la torture, l’extraterritorialité du procès qui devrait se tenir dans le territoire occupé du Sahara occidental conformément aux Conventions de Genève auxquelles le Maroc a adhéré, et l’absence totale de prise en compte de la présomption d’innocence des prisonniers, s’ajoute le fait que désormais «les tortionnaires sont admis comme témoins, alors qu’ils devraient être sur le banc des accusés», s’est insurgée Paloma Lopez.
La députée européenne estime que ces personnes devraient être présentes au procès en qualité d’accusés pour «les tortures qu’elles ont fait subir aux prisonniers sahraouis», regrettant que «le tribunal n’en tient aucun compte». Paloma Lopez a lancé un appel à la solidarité internationale avec le peuple sahraoui pour que des observateurs internationaux soient présents au procès à chaque fois qu’il est renvoyé. «L’important est qu’il y ait beaucoup d’observateurs internationaux disposés à assister au procès pour pouvoir dénoncer publiquement ce qui ce passe», a-t-elle plaidé.
 La députée européenne a dénoncé, en outre, le «traitement inégal» réservé aux personnes appelées à témoigner à la barre. «D’un côté, on voit le traitement préférentiel que le juge accorde aux témoins de l’accusation, tandis que, de l’autre côté, il soumet les témoins de la défense à un interrogatoire quasi policier, faisant pression sur eux avec une violence et des interventions extrêmes», a-t-elle fait savoir. 
Paloma Lopez a relevé, par ailleurs, la «connivence absolue» entre le juge, le procureur et la partie civile, représentant les familles des victimes marocaines mortes lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik , qui pourtant, a-t-elle souligné «continue d’être présente et d’intervenir alors qu’elle n’a pas été autorisée comme partie civile au procès». 
En février 2013, 24 militants et défenseurs de droits de l’homme sahraouis ont été condamnés par un tribunal militaire marocain à de lourdes peines en raison de leur participation au camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en 2010. Les condamnations ont été prononcées sur la base d’aveux obtenus sous la torture, à l’issue d’un procès inique marqué notamment par le refus d’entendre des témoins cités par la défense, ont dénoncé des ONG de défense des droits de l’homme telles qu’Amnesty international, HRW et l’ACAT. Le 27 juillet 2016, la Cour de cassation marocaine avait annulé, sous la pression d'organisations internationales de défense de droits de l'homme et de juristes militants, la condamnation injuste prononcée par un tribunal militaire à l'encontre de ces militants sahraouis. Le procès a repris le 26 décembre 2016. Depuis, le procès a été reporté à quatre reprises.
    R. I. et agences
 
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L’agitation ridicule des politiques et intellectuels marocains contre l’Algérienne Leila Aichi

 
 L’agitation ridicule des politiques et intellectuels marocains contre l’Algérienne Leila AichiDes personnalités marocaines et même des intellectuels proches du Makhzen sont en émoi ces jours-ci contre la direction du mouvement politique "La république en Marche" du nouveau président français Emmanuel Macron. En cause, la décision souveraine de ce parti d’investir la sénatrice de Paris Leila Aichi, à la circonscription des français à l’étranger. Cette désignation passe visiblement très mal au Maroc où elle est tout simplement considérée comme un crime de lèse-majesté. 

lundi 15 mai 2017

Le procès du groupe Gdeim Izik se poursuivra lundi dans un contexte de répression accrue

SPS 14/05/2017 - 21:15
Rabat, 14 mai 2017 (SPS)

 Le procès en appel des prisonniers politiques  sahraouis du groupe Gdeim Izik se poursuivra lundi à Salé (Maroc) dans un  contexte de répression accrue contre les journalistes sahraouis, les défenseurs des droits de l'homme et les familles des détenus, et au moment  où des détenus menacent d'entamer les 15 et 16 mai, une grève de la faim en  guise de protestation contre les conditions "déplorables" dans lesquelles  se déroulait leur procès.
La Chambre criminelle près l'annexe de la Cour d'appel à Salé qui a  repris, lundi 8 mai, le procès de 24 prisonniers politiques sahraouis du  groupe Gdeim Izik, poursuit lundi ses audiences qui ne se démarquent pas  des précédentes, émaillées de répression et d'un  black-out médiatique. 
Lors de ce 4e round, la Cour a eu à examiner les rapports de la commission  médicale chargée de l’expertise médicale pratiquée sur les détenus. Les  rapports médicaux concernent 16 prisonniers, 5 autres ayant refusé de se  soumettre à cette expertise.
Ces derniers, en effet, ont rejeté le fait  d'en charger une commission marocaine, estimant que cela est contraire au  protocole d'Istanbul qui stipule qu'un acte de ce genre (expertise) doit  être impartial.
Après avoir interrogé les détenus lors des audiences précédentes, la Cour  a auditionné également les témoins, auxquels la justice marocaine a eu  recours, dont des officiers ayant rédigé les procès verbaux de l'audition  des détenus ainsi que d'autres personnes ayant assisté à l'opération des services de sécurité marocains ayant visé le démantèlement du camp de Gdeim  Izik en novembre 2010.
Par ailleurs, les détenus politiques sahraouis ont fait part de leur  intention d'entamer une grève de la faim lundi et mardi. Il s'agit d'"une  action d'avertissement" pour dénoncer la décision de la direction  pénitentiaire de leur interdire de recevoir des visites dans la prison.
Une  décision de marchander le droit de visite, a été prise, comme l'expliquent  les familles des détenus dans un communiqué, "en vengeance aux détenus  ayant exprimé clairement leurs positions et convictions politiques devant  des missions diplomatiques étrangères, des observateurs internationaux et  leur rejet pour toute tentative de dénaturer leurs activités politiques".
De ce fait, les détenus politiques, dans leur avis de grève, ont prévenu  qu'ils ne se présenteraient pas lors des audiences du 15 et 16 mai pour des  raisons de santé et les complications que la grève de la faim pourraient  entraîner chez eux.
                          Répression à grande échelle contre les  journalistes sahraouis
Dans un communiqué rendu publique, le réseau "Akhbar Al Sahara", a lancé  un appel aux organisations de protection de la liberté d'expression de  protéger les journalistes sahraouis à Salé (Maroc) où se déroulait le  procès "politique" du groupe Gdeim Izik "dépourvu de toute équité".
En effet, selon des médias sahraouis, les autorités marocaines mobilisent  depuis le début du procès, lundi 8 mai, des dizaines d'individus  (marocains) sans appartenance politique ni penchant idéologique + des  repris de justice pour leur majorité + devant le siège de la Cour pour  juste perturber le bon déroulement des actions de soutien en faveur des  détenus.
 Le 11 mai dernier, Fatou Aaza, envoyée spéciale de la Télévision  sahraouie (RasdTV), a été agressée pendant qu'elle assurait la couverture  du procès, et ce, en présence des autorités marocaines, a-t-on rapporté.
Ces mêmes autorités avaient, quelques jours plus tôt, interdit aux familles des détenus et à des militants des droits de l'homme, de  s'approcher du siège où se tenait le procès, comme elles avaient empêché  d'autres journalistes sahraouis de couvrir les audiences. On citera si  besoin est, le cas de Hamdi Bachr (membre du groupe de journalistes chargés  de couvrir le procès) et celui de Mohamed Hodei (correspondant de RasdTV),  dans un précédent dangereux qui dépasse la répression, mais qui met en  danger l'intégrité physique des personnes,  commente-t-on.
Après 27 mois de détention préventive, les 24 militants sahraouis ont été  condamnés par un tribunal militaire marocain à de lourdes peines  d'emprisonnement allant de 20 ans de prison à la perpétuité.
Détenus depuis, les prisonniers de Gdeim Izik exigent la poursuite et le  jugement "des geôliers et des responsables des enlèvements, des détentions  arbitraires, ainsi que les responsables de toutes les formes de tortures  physiques et psychologiques dans des postes de police et de gendarmerie d'El Aâyoun occupée, dans la prison locale Salé 2 et Salé 1 et dans la  prison locale Aarjat".
Le 27 juillet 2016, la Cour de cassation marocaine avait annulé, sous la  pression d'organisations internationales de défense de droits de l'homme et  de juristes militants, la condamnation injuste prononcée par un tribunal  militaire à l'encontre de ces militants sahraouis. Le procès a repris le 26 décembre 2016, à raison de 30 auditions par jour. (SPS)
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Choses vues dans les camps de réfugiés sahraouis

LE FRONT POLISARIO À LA RECHERCHE

 D’UN SECOND SOUFFLE


Le 18 juillet 2016, vingt-huit États africains ont déposé une motion à l’adresse du président de l’Union africaine Idriss Déby pour réclamer une suspension des activités de la République arabe sahraouie démocratique au sein de l’organisation. Quinze d’entre eux étaient pourtant d’anciens soutiens de la cause sahraouie. Cette manœuvre politique illustre le retour du Maroc sur la scène africaine, et la diplomatie chérifienne ne compte pas en rester là pour enterrer définitivement la voix des indépendantistes. Comment, depuis les camps de réfugiés de Tindouf, le Front Polisario prépare-t-il la riposte ?n2009.
Résultat de recherche d'images pour "camp de tindouf"En débarquant à l’aéroport de Tindouf, le protocole est bien réglé. Des Jeep frappées du logo de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) attendent les quelques volontaires qui souhaitent se rendre dans les camps de réfugiés. Sous escorte policière et militaire algérienne, le convoi traverse cette ville de 47 000 habitants située à 1 400 km au sud-ouest d’Alger. Quelques kilomètres après les dernières habitations, un checkpoint en plein désert fait la transition : nous passons à présent sous l’escorte du Front Polisario qui est officiellement la seule autorité à administrer les camps de réfugiés.
Abeida Cheikh est le wali du camp de Smara, qui regroupe environ 50 000 personnes. Passées les politesses d’usage, la discussion s’engage sur le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) : « Il faut voir cela comme un nouveau défi : nous avons à présent la possibilité de dénoncer la politique marocaine en présence des autorités du royaume. » C’est le discours officiel, qui veut voir le retour du Maroc comme une victoire du Polisario : en s’asseyant aux côtés de Brahim Ghali, président de la RASD, Mohammed VI serait de facto contraint de lui reconnaître une légitimité. La réalité semble plus complexe : depuis 2000, près d’une trentaine d’États autrefois solidaires de la RASD ont préféré rompre leurs relations.
Avec une population majoritairement âgée de moins de trente ans, la place de la jeunesse est au cœur des échanges. Zeïn Sid Ahmed est le secrétaire général de l’Union de la jeunesse de Saguía el-Hamra et Río de Oro (Ujsario), organisation de jeunesse du Polisario. Censée préparer la jeunesse à la guerre de libération depuis le cessez-le-feu de 1991, elle se consacre désormais à former intellectuellement et politiquement les jeunes militants. Pour Sid Ahmed, la situation des jeunes est alarmante, dans une région où transitent les réseaux de drogue et où Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) menace l’intégrité des États, le peuple sahraoui ne peut être à l’abri de ces fléaux : « Notre jeunesse est particulièrement vulnérable, témoigne Sid Ahmed car elle possède trois qualités majeures : elle est diplômée, adaptée au climat désertique et possède une connaissance du terrain ».
Ces propos sonnent comme un avertissement, le seul moyen d’empêcher ces milliers de jeunes de répondre aux appels de ces réseaux ou de satisfaire leurs volontés de reprendre les armes est de régler au plus vite la situation politique. Sid Ahmed explique : « Il n’y a pas trois possibilités, soit nous obtenons la justice avec la tenue du référendum sur le statut du Sahara occidental, soit la criminalité et le terrorisme gagneront. »

UNE POPULATION SOUS PERFUSION

Dans les camps de réfugiés, si les mentalités ont évolué avec l’arrivée d’Internet et des smartphones, les situations économiques et sanitaires restent inquiétantes. La population sahraouie vit sous assistance, étant dans l’impossibilité de constituer une agriculture viable en plein désert. Une fois par mois, la nourriture est distribuée par le Programme alimentaire mondial (PAM) et des camions-citernes remplissent les réservoirs situés devant chaque maison. Depuis un an, des pylônes électriques, fournis par l’Algérie, alimentent la totalité des camps.
Depuis le cessez-le-feu, le principal enjeu pour les familles sahraouies est de disposer d’un capital économique propre. Tous les hommes sont répartis dans des corporations professionnelles en fonction de leurs activités ou de leurs formations. Dans un contexte où les besoins élémentaires sont fournis gratuitement, la plupart des activités ne sont pas ou très peu rémunérées. Cela pousse de nombreux Sahraouis à opter pour les quelques professions permettant de voir de l’argent circuler : commerce et transport notamment. Dans les camps, les Mercedes 300D et 190E règnent en maîtres. Elles sont importées d’Espagne à bas prix. L’autre option économique est d’offrir ses services à l’étranger. Hamoudi Thaleb a quitté les camps il y a plusieurs années pour travailler en Espagne, en Italie et en France. S’il est revenu à Smara, c’est pour aider sa famille. Désormais, chaque jour, il travaille à renforcer les fondations de la maison familiale et empêcher le sable d’y entrer.
L’ambiance dans les camps ne varie pas tellement. Dans des ruelles de sable et de pierre, les Sahraouis nous saluent d’une ola, habitués à voir passer des Espagnols. Les enfants sont plus pragmatiques : « Caramelo ? » Les femmes, habillées de leur melhfa, un tissu ample enveloppant tout le corps, portent également des gants et des chaussettes en laines, pour se protéger du soleil. Dans les épiceries, au milieu de produits pour des teintes capillaires claires et des huiles essentielles, il y a différentes crèmes pour blanchir la peau. Ali M., jeune Sahraoui, essaie d’expliquer ce culte de la peau blanche : « J’aimerais avoir une peau aussi blanche que la tienne. Je préfèrerais prendre des coups de soleil que de voir ma peau s’assombrir. Avec ta peau, je pourrais aller où je veux sans être discriminé, parler avec tout le monde sans que cela ne pose de problème. » Les jeunes Sahraouis disent souffrir de discrimination dans des capitales étrangères du fait de leur mélanine, notamment à Alger où ils forment avec les Algériens du Sahara un groupe distinct des habitants du littoral à la peau plus claire. Pas de doute, l’héritage colonial est encore bien vivace.

FAIRE FACE À LA PROPAGANDE MAROCAINE

Mohamed Alkehal, jeune biologiste, tient à témoigner de sa première source de souffrance : celle de l’image que les médias marocains diffusent d’eux en Europe. « Le Maroc dit que nous restons ici parce que nous sommes séquestrés par le Polisario, c’est faux, nous sommes ici parce que notre terre est occupée. L’exil ? On y est déjà. » Systématiquement, les jeunes Sahraouis témoignent de leur incompréhension face aux mensonges des autorités marocaines relayés en Europe.

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« Il y a beaucoup de Sahraouis qui ont quitté les camps pour vivre ailleurs, explique Alkehal. Notre problème c’est le visa. Déjà que les ambassades européennes sont très réticentes à donner des visas aux Africains, imaginez un individu qui vit dans un camp de réfugiés au Sahara. » Le gouvernement marocain est conscient de la détresse des réfugiés sahraouis et essaie de motiver leur retour : « Nous devons passer par l’ambassade marocaine à Nouakchott, en Mauritanie. Là-bas, nous sommes invités à signer plusieurs documents où nous reconnaissons la légitimité de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et nous faisons allégeance au roi. Ensuite, nous bénéficions d’aides financières pour nous installer et trouver un logement. » Si certains ont accepté le chantage, les anecdotes ne manquent pas autour de « héros de la cause » qui transfèrent l’argent fourni par le Maroc à leur famille sahraouie, voire qui vendent le logement fourni par les autorités puis reviennent dans les camps avec d’importantes sommes d’argent.
Les mariages sont l’occasion de faire de nouvelles rencontres. Chez les Sahraouis, l’événement se déroule autour d’une grande tente installée pour l’occasion. À l’intérieur, les femmes dansent et chantent. À l’extérieur, les hommes discutent et les célibataires guettent du regard d’éventuelles prétendantes sorties furtivement. La simple présence d’un Européen, qui plus est français, est en soi un événement. Rapidement, un petit attroupement se forme, et permet d’engager la discussion. Unanimement, les plus jeunes disent vouloir reprendre les armes. « À quoi sert-on ici ? Nous avons eu beaucoup de martyrs, mais tous les jeunes Sahraouis sont prêts à en offrir encore pour que notre cause soit de nouveau entendue », témoigne l’un d’eux.
Dans les écoles, tout est fait pour que les nouvelles générations soient conscientes et déterminées à reprendre le flambeau de la cause. Les portraits des leaders historiques Mohammed Bassiri et Moustapha Sayed Al-Ouali côtoient ceux de Brahim Ghali et d’Aminatou Haidar, célèbre militante sahraouie vivant en territoire occupé. Mohamed Mouloud, ministre de l’éducation de la RASD, rappelle l’importance de l’éducation dans l’histoire des Sahraouis : « En pleine guerre, nous devions organiser l’éducation de milliers d’enfants au sein de camps de réfugiés, sans matériel ni équipe éducative. Désormais, on compte entre cinq et sept écoles par camp. Nous établissons nos propres programmes scolaires et éditons nos propres manuels scolaires. Récemment, nous avons ouvert un centre de formation pédagogique pour les enseignants, et dans le futur nous souhaiterions développer un centre d’archives. »
Dans une société vivant sous assistance humanitaire, le budget de la RASD dépend entièrement des partenariats extérieurs. Les fonds propres du gouvernement sont infimes, donc chaque ministère établit son budget avec l’aide humanitaire reçue et les partenariats établis. « 7 % des partenariats entre la RASD et des institutions étrangères concernent l’éducation, note le ministre. C’est par ce biais que nous obtenons du matériel scolaire et des moyens pour rénover certaines écoles. » Le reste du budget concerne notamment l’alimentation (50 %), les bâtiments et travaux publics (21 %), la gestion de l’eau (8 %).

GARANTIR LES DROITS HUMAINS DE TOUS LES SAHRAOUIS

Le Polisario affirme être le parti politique représentant la totalité du peuple sahraoui, mais qu’advient-il de celui qui souhaiterait parler d’une autre voix 
 Abba Salek est président de la Commission nationale sahraouie des droits de l’homme (Conasadh) : « Nous défendons la liberté d’expression, chaque Sahraoui est libre de critiquer le président ou les décisions de la RASD, explique-t-il. Cependant, le développement de partis politiques divergents risquerait de nous écarter de l’objectif principal : l’obtention du référendum d’autodétermination et la libération de notre terre. » Sa promesse d’un futur État sahraoui fondé sur une République démocratique et multipartite n’engage que sa parole, et au regard de l’évolution des principaux mouvements politiques de la décolonisation, il semble lucide de rester prudent.
Depuis avril 2016, la Conasadh a le statut d’observateur à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Salek affirme être en pleine préparation de dossiers pour révéler au sein de l’Union africaine (UA) les agissements des autorités marocaines. Reconnue par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, basé à Genève, la Conasadh compte parmi ses partenaires l’Association marocaine des droits de l’homme, grâce à laquelle elle obtient un suivi des dossiers de prisonniers sahraouis — notamment les vingt-quatre inculpés de Gdeim Izik.
L’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (Afapredesa) a été créée en août 1989. L’organisation accompagne les familles de prisonniers politiques et les disparus, ces individus qui ont été arrêtés par les autorités marocaines sans que celles-ci ne le reconnaissent. Depuis sa création, l’association affirme avoir travaillé sur le dossier de plus de quatre mille personnes. À ce jour, selon le président de l’association Omar Lahcen, près de cinq cents Sahraouis sont toujours portés disparus. Il rappelle que cette méthode n’est pas spécifique aux Sahraouis, mais à tous les opposants au roi du Maroc, à l’instar de Mehdi Ben Barka, kidnappé en France puis torturé à mort et dont le corps n’a jamais été retrouvé.
L’association dispose de nombreuses vidéos de violences sur des militants sahraouis par les services de sécurité marocains. Les images sont sans appel : des rassemblements brutalement dispersés, des militants se faisant humilier en pleine rue, des femmes bousculées dont on arrache les voiles, des jeunes passés à tabac puis jetés en bord de route en plein désert.

LES NOUVEAUX VISAGES DE LA CAUSE

Sans renier l’héritage politique de la RASD et du Polisario, une nouvelle génération de militants émerge. L’une des principales figures est sans nul doute l’association Non Violence Action (Nova)-Sahara Occidental, qui regroupe une centaine d’adhérents dans les camps et autant dans le Sahara occidental occupé. Abida Bouzeid en est depuis 2014 la présidente ; charismatique, la jeune militante se montre déterminée : « Nous voulons utiliser la colère des jeunes des camps pour mener des campagnes politiques de grande ampleur et malmener la propagande marocaine ». Bien qu’elle s’affirme indépendante du Polisario, force est de constater qu’elle répond parfaitement à un créneau d’action qui semble échapper au mouvement politique sahraoui. Nova propose des formations aux nouvelles techniques de communication et à la non-violence à des groupes de jeunes volontaires. Plus récemment, les militants de Nova ont été invités par la RASD à former les soldats au droit international humanitaire.
En 2016, Bouzeid a été invitée en France pour porter la voix des Sahraouis. Elle dit avoir été « atterrée » par l’absence de conscience de la part de la classe politique française sur la question sahraouie et des faiblesses des réseaux de solidarité pour la cause de son peuple, en comparaison avec le mouvement de solidarité pour la Palestine. « Nous attirons moins les médias que d’autres causes par manque de sensationnalisme, explique-t-elle. Ici, il n’y a plus de bombardements ni d’affrontements militaires, et on ne peut que s’en réjouir, sauf que cela a conduit à la marginalisation de notre lutte. »
Désormais, Nova veut mobiliser les jeunes Sahraouis sur des batailles pacifiques, mais déterminantes : l’accueil de délégations politiques et syndicales internationales, la diffusion d’une communication militante sur les réseaux sociaux et la sensibilisation d’artistes internationaux. Dans un contexte de volonté guerrière d’une partie de la jeunesse, le choix de la non-violence est à questionner : « Nous n’avons pas le choix, la violence ne peut pas construire une société apaisée, explique la présidente. Nous devons réaffirmer que l’État marocain a toujours été la porte d’entrée des velléités impérialistes et néocoloniales de la France et des États-Unis en Afrique. »
Ce constat, elle a pu en faire l’amère expérience en mars 2015, lorsqu’elle a été invitée à s’exprimer au Conseil de sécurité de l’ONU et que les représentants français ont décidé de boycotter son audition. En décembre 2016, elle a participé à une délégation sahraouie pour le 4e Forum social maghrébin migration qui s’est tenu à Tanger. Son entrée en territoire marocain a été possible grâce à l’intervention de l’ONG Oxfam. Elle a pu y tisser des relations avec des organisations étudiantes marocaines et remettre en cause la rhétorique gouvernementale au sujet de la lutte de son peuple. Surtout, elle y a relayé ces mots qui animent la conscience des Sahraouis : « Nous n’en voulons pas aux Marocains, mais à leur gouvernement. L’Afrique est un immense continent, il y a de la place pour tout le monde. »
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