vendredi 23 juin 2017

Textes et contributions pour la lutte à Haren


Radio AraBel.fm zoom info sur la vie en prison, écouter ici (photo AraBel.fm) jeudi 21 mai Luk Vervaet, ancien enseignant en prison...
lukvervaet.blogspot.com

Front social : « La seule chose que l’on a c’est notre solidarité »


Syndicats, associations et citoyens se sont réunis sur la place de la Concorde pour protester contre « Macron, ses ordonnances et sa loi travail XXL ».

Au lendemain des élections législatives, le Front social lance sa troisième mobilisation en face de l’Assemblée nationale. « Aujourd’hui, c’est un tour de chauffe, sans mauvais jeu de mots », plaisante Éric Beynel de l’union syndicale Solidaires. Sous la chaleur, plusieurs centaines de personnes sont venues protester contre « le plan de destruction sociale massif » que représente le quinquennat d’Emmanuel Macron. Parmi eux, Loïc et Charlotte, étudiants, voient cette mobilisation comme un « coup de semonce ». « C’est pour leur montrer qu’on veille. Comme Macron n’est pas au pouvoir depuis longtemps, on ne revendique pas grand-chose, mais on le prévient qu’on est là », explique le jeune homme en secouant son tract pour brasser un peu d'air.
Comme les précédentes mobilisations, des syndicats (de la CGT, de SUD…) et des associations (Droits devant, Droit au logement…) prennent la parole. Romain Altmann, secrétaire général de la CGT Info'com à l’initiative du mouvement, souhaite « un mouvement similaire à Nuit debout, doté d’une force organisatrice ». Mais, cette fois, il y a une nouveauté : des nombreux rassemblements ont lieu dans diverses grandes villes de France. À Nantes, on dénombre 200 personnes sur la place Bouffay et à Lyon, plus de 300 personnes sont descendues dans les rues. 

  © Politis

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jeudi 22 juin 2017

Tant que l’Occident fabriquera des terroristes, il y aura des attentats








Avant-hier une bombe explosait à Bagdad, hier des tueurs sévissaient à Londres, aujourd’hui une voiture s’attaque à la police à Paris, et demain ? Quinze ans après le déclenchement de la « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis et relayée par la plupart des pays occidentaux dont la France, on compte de plus en plus d’attaques qualifiées de « terroristes ». N’est-il pas temps pour l’Occident de s’interroger sur ses responsabilités, sur l’inefficacité avérée des « solutions » policières et militaires contre le djihadisme et sur sa responsabilité dans la « fabrication des terroristes » ?



En Europe, depuis leur apparition en 2014 au lendemain du début de la campagne aérienne de la coalition dirigée par les États-Unis contre l’organisation de l’État islamique (OEI), les attentats qui lui sont liés ont fait à ce jour 331 victimes, dont 239 en France, 37 au Royaume-Uni, 36 en Belgique, 12 en Allemagne, 5 en Suède, 2 au Danemark.
En Irak, les attentats commis par cette organisation djihadiste font une moyenne de 1 500 victimes chaque année au sein de la population civile, en dehors des combats qui l’opposent à l’armée irakienne et à ses alliés. Dans les autres pays arabo-musulmans touchés par l’OEI et ses filiales locales, même si le bilan est inférieur, il s’agit néanmoins de plusieurs centaines de morts par an, de la Tunisie à l’Afghanistan en passant par le Yémen.
Depuis son lancement à la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis (2 993 morts), la « guerre contre le terrorisme » initiée par Georges W.Bush a fait entre 500 000 et un million de victimes, même si elle a aussi et surtout servi de prétexte aux ambitions idéologiques et économiques des néoconservateurs américains alors au pouvoir. Depuis cette date également, on dénombre 544 décès en Europe par attentats djihadistes et 111 aux États-Unis, soit un total de 655. C’est-à-dire que pour 1 0
00 victimes de cette guerre en Orient, dont quelques-unes seulement sont des djihadistes, il y a une victime en Occident. Discours de propagande de l’OEI ou d’Al-Qaida ? Non, simplement les faits.

Le prix à payer

Le 11 septembre 2001 n’était lui-même qu’un crescendo dans la série d’attentats qu’Al-Qaida avait perpétrés dès 1992 contre les États-Unis en Afrique, en Arabie saoudite, au Yémen, aux Philippines et déjà aux États-Unis même. Ils ont certes été beaucoup plus importants que les précédents, mais ils s’inscrivaient dans leur continuité. Ils n’étaient pas un phénomène nouveau dans leur principe. Tous ces attentats, 11-Septembre compris, étaient en effet une « réponse » au déploiement militaire américain massif en Arabie saoudite après l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990, et plus encore aux 500 000 à 700 000 victimes civiles provoquées par l’embargo sur l’Irak qui s’en était suivi pendant la décennie 1990. Madeleine Allbright, alors secrétaire d’État, avait commenté en 1996 une estimation de la FAO évaluant le nombre des victimes à un demi-million par un « le prix en vaut la peine ». Washington avait déjà réagi à certains de ces attentats, notamment en 1998, par des bombardements en Afghanistan et au Soudan contre des bases d’Al-Qaida.
Depuis plus de quinze ans, l’interventionnisme occidental au Proche-Orient n’est justifié ou déterminé que par cela : « lutter contre le terrorisme ». Mais, faut-il encore le répéter, les moyens employés — intervention militaire et soutien à des régimes répressifs « alliés » à l’Occident — ne font qu’entretenir et renforcer les racines du djihadisme. Rappelons aussi que le terrorisme est un mode d’action, non une entité en soi, ni une idéologie, ni une religion. S’agissant du djihadisme, que ce soit au Proche-Orient ou en Afrique, il demeure un mouvement de réaction à ce qui est ressenti et vécu comme une agression. Dans toute son histoire, il n’a jamais agi ex nihilo, mais toujours en réponse, en employant le terrorisme pour ses branches extrêmes. Et son essence est d’ordre politique et non pas religieuse, que ce soit en Irak, au Yémen ou au Sahel. Le religieux n’est pour lui qu’un vecteur identitaire là où l’islam est une référence sociétale endogène.

Gaza : en route vers un nouveau massacre, pire que les précédents Rassemblement Paris

Un nouveau massacre, pire que les précédents
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Vacances en paix des enfants sahraouis


Comme chaque été, les premiers enfants des camps de réfugiés sahraouis sont arrivés en Espagne. Plusieurs centaines d'enfants éviteront de passer des mois de chaleur dans les camps de réfugiés dans le désert algérien pour aller dans des familles d'accueil ou dans des camps de réfugiés en Europe. Bienvenue !


Pas un jour sans que le Makhzen ne tabasse des manifestants pacifiques, et autres coups de gueule de Salah Elayoubi

Il ne se passe pas un jour sans que le Makhzen ne tabasse des manifestants pacifiques et n'en interpelle certains, avant de les inculper de charges imaginaires. Parmi ces charges, celles de coups et blessures sur un représentant de la loi dans l'exercice de ses fonctions. Quand on sait que les manifestants agissent pacifiquement, les mains vides et quand on voit l'équipement des policiers, casqués, bottés et armés de boucliers, de guêtres, de brodequins, de matraques, de gaz lacrymogènes, on ne peut s'empêcher de penser à des accusations montées de toutes pièces. Qui s'en étonnera, au vu des agissements de ce régime indigne ?!

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J'ai regardé cette vidéo de ce marchand ambulant dont on a jeté et piétiné les quelques cageots de poisson frais ! Personne parmi nos irresponsables au gouvernement ou ailleurs n'oserait donner des instructions afin que soient arraisonnés et détruits les chalutiers de tous ces généraux qui pillent nos réserves halieutiques à longueur d'année pour les transformer en devises déposées dans les paradis fiscaux ?!

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Cette fois le Makhzen a définitivement perdu la tête. Ses sbires ont investi des mosquées à Nador pour en extirper de force d'honnêtes citoyens qui s'y recueillaient ou y méditaient ! Il n'y a que le colonialisme qui avait osé pareille ignominie !

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 La police marocaine procéderait systématiquement à des prélèvements de l'ADN des militants rifains sans préavis du parquet. Connaissant les méthodes mafieuses du régime marocain, on peut imaginer le pire qui pourrait être fait de ces échantillons, comme la fabrication de fausses preuves dans des affaires de terrorisme, de grand banditisme ou de trafic de drogue !
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Le Ministère de l'intérieur a demandé au gouvernement de retirer à l'Association Marocaine des Droits de l'Homme (AMDH) la qualité d'association d'utilité publique. Voilà l'Intérieur rattrapé par ses vieux démons de ministère de souveraineté.
Ceux qui nous bassinaient à propos de démocratisation et de la prétendue volonté du régime d'apaiser la situation, comme Macron en seront pour leurs frais !

mercredi 21 juin 2017

RIF : lettre envoyée par les eurodéputées et eurodéputés de PODEMOS à la chef de la diplomatie européenne


A  Mme. Federica Mogherini,
Haute Représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

Objet : Sur la situation d'urgence de persécution, de harcèlement et de torture envers des demandes légitimes du peuple du Rif, à la suite de la mobilisation populaire massive dans la région du Rif le 18 mai 2017

 Chère Haute Représentante Mogherini:

Depuis la fin 2016, nous nous rappelons la mort de Fikri Mohssine, un vendeur de poissons rifain à qui on a confisqué la marchandise et son unique source de revenus pour sa famille et pour lui. Mais surtout, nous pensions que pour ce poissonnier, sauver son produit qu’il vendait, était la même chose que d’éviter sa mort et celle de ses proches, et il a essayé de tenir à ce qui lui restait dans le camion poubelle, alors que l'ordre d'un agent de police a finalement terminé par les séparer. Mohssine Fikri a été écrasé, à côté de sa marchandise.

Ce fait est un assassinat commis par les autorités du pays. Mais il y avait eu encore plus. Cinq autres jeunes ont été torturés et tués dans les postes de police depuis 2011, et différents témoins racontent comment des fonctionnaires de police ont porté les corps sans vie au siège de la Banque Chaiibi et ils ont provoqué un incendie pour dissimuler ce crime. Les corps calcinés montraient des signes de torture et de nombreuses fractures osseuses. Ces cas sont restés sans résolution  et l'administration n'a jamais montré aucun signe de collaboration avec les demandes des familles en leur facilitant l’accès aux preuves.

Depuis l'assassinat de Mohssine Fikri, le mouvement populaire de protestation ne cesse d’accroître dans la région du Rif au nord du Maroc, et il a donné lieu à une concentration de plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Al-Hoceima le 18 mai. Ce mouvement puise ses racines dans la mobilisation populaire qui a eu lieu dans la région le 20 Février 2011, donnant au Maroc un nouveau souffle de la dynamique des soulèvements dans la région du Maghreb et du Moyen-Orient.

La population du Rif :
1) demande le procès des personnes responsables de ces décès,
2) exige de mettre un terme à la marginalisation de Rabat,
3) exige des investissements sociaux d'urgence dans les hôpitaux, les universités, l'emploi et les infrastructures,
4) exige la levée de la militarisation de la province d’Al Hoceima
5) exige la fin des persécutions et des harcèlements des jeunes et des petits agriculteurs.

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Front social, première manif anti-Macron


Reçu grâce à un concours de circonstances, Macron a désormais tous les pouvoirs et va très vite profiter de l’été pour appliquer son plan de destruction sociale promis au Medef et au CAC 40. Pour donner un petit avant-goût des luttes de la rentrée, le Front social appelait à manifester un peu partout en France, ce lundi.
[VIDÉO : 06’50] Première manif contre le plan de destruction sociale massive, un reportage à voir ici : la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/front-social-premiere-manif-anti-macron

Rif : La panne des élites poussera-t-elle M6 à intervenir ?

Cette monarchie n'a que trop duré...
Le peuple Marocain devrait passer à autre chose, Mohammed VI et sa famille lui coûtent très cher , au sens propre comme figuré...


 Maroc Leaks, 20/6/2017

La répression systématique et féroce qui s’abat sur le Rif est le symptôme d’un complexe de la monarchie. Ce complexe a un nom : le Rif, une région qui a toujours refusé de se soumettre au palais et aux sultans alaouites depuis la fin du 19ème siècle, avant les guerres coloniales. Le Rif souffre aussi d’un traumatisme : La monarchie marocaine. Celle-ci est responsable directement de la mort de dizaines de milliers de Berbères du Rif (et d’ailleurs). Entre la monarchie et le Rif se trouve un fossé, une rivière du sang. Réconcilier les deux parties est une mission impossible. C’est ce qui explique la complexité de la situation.
Les protestataires ne veulent écouter ni politiques, ni ministres, ni parlementaires, ni hauts fonctionnaires, ni intellectuels dépêchés sur place à partir de Rabat. Tous manquent, à leurs yeux, de crédibilité. Ils sont non seulement corrompus, mais inefficaces. Leur parole ne vaut pas un clou. Leurs voix ne portent pas loin et sont discrédités à cause de leur passivité et leur servilité maladive à la monarchie.
Depuis des décennies, la monarchie alaouite a vampirisé les élites politiques, artistiques, intellectuelles et religieuses en les domestiquant grâce à un système efficace de corruption. La monarchie récupère tous ceux qui bougent, peu importe leurs sensibilités politiques tant qu’ils sont serviles et qu’ils acceptent de servir les desseins de la monarchie. Des artistes jusqu’aux terroristes accusés d’implication dans les attaques kamikazes de Casablanca, en passant par les écrivains, les cinéastes, les activistes de la « société civile », la monarchie ratisse très large. Depuis le début des manifestations dans le Rif, nombre de ces « artistes », intellectuels et autres présidents d’associations des droits humains ou d’organisations internationales (mêmes amazighes) entrés en « dissidence contrôlée » se sont exprimés « par devoir » contre « la Fitna » dans le Rif. Ils n’avaient pas besoin de penser. Il leur suffisait de répéter la version officielle et de la promouvoir.
Cette « élite-kleenex » qui vit dans les grandes agglomérations est coupée de son milieu naturel. Elle est prête à tout faire pour plaire au palais et à ses relais, à diffuser la propagande officielle, à dénigrer les opposants et à justifier la répression qu’ils subissent. 

Les détenus d’Al Hoceima « empêchés de parler rifain » ?


19 juin 2017
Incarcérés à plusieurs centaines de kilomètres de leur lieu de résidence, les personnes arrêtées lors des manifestations à Al Hoceima, subiraient des humiliations de la part de l’administration pénitentiaire.   
 
C’est ce qu’affirme un proche d’un détenu dans une déclaration à l’AFP. Ce dernier soutient que les gardiens pénitentiaires empêchent les détenus originaires d’Al Hoceima et d’Imzouren de parler rifain avec leur visiteurs.
Les doléances des détenus et des familles de détenus sont nombreuses comme le montre une lettre qui vient d’être adressée au Conseil national des droits de l’homme (CNDH).
Dans ce cri de détresse, elle se plaignent des conditions de détention de leurs proches et les difficultés qu’elles rencontrent lorsqu’elles leur rendent visite. Parmi les difficultés rencontrées, le temps des visites qui ne dureraient qu’une dizaine de minutes par famille. De plus, elles affirment que plusieurs d’entre eux ont entamé une grève de faim pour protester contre leurs conditions de détention.
Pour atténuer les souffrances, elles demandent au CNDH d’agir auprès de l’administration pénitentiaire afin de prolonger la durée des visites et d’améliorer les conditions de détentions des personnes détenues.

Lire aussi :
Les familles des détenus des manifestants du Hirak détenus à la prison de Oukacha avant leur jugement vivent le calvaire. Elles doivent parcourir près de 800 kilomètres de…
ledesk.ma

1920 : Bombardements chimiques dans le Rif: le massacre oublié



Le lien entre la guerre chimique dans le Rif dans les années 1920 et l’apparition de plusieurs cas de cancers aujourd'hui a été établi par plusieurs chercheurs. Mais à ce jour, aucune étude officielle marocaine ne s’est toutefois penchée sérieusement sur la question. 
Bien que le sujet ne soit plus tabou depuis quelques années au Maroc, il est inutile de chercher des chiffres officiels sur le nombre de cas de cancers parmi les populations du Rif. Car le ministère de la Santé n’est pas près de les livrer.
Mais d’après plusieurs ouvrages, notamment celui de Mimoun Charqi, «Armes chimiques de destruction massive sur le Rif», plus de 70% des adultes et 50% des enfants souffrant d'un cancer et qui étaient suivis en 2015 à l’hôpital d’oncologie de Rabat proviennent de la même zone du Rif, notamment des régions de Nador et d'Al Hoceima.
Aujourd’hui encore, aucune étude officielle marocaine ne s’est penchée sur la question.
Mais plusieurs rapports et ouvrages ont établi des liens de cause à effet entre les armes chimiques utilisées par les colonisateurs espagnols et l’apparition de ces cancers.

Premières utilisations des armes chimiques
Les armes chimiques ont été utilisées pour la première fois durant la Première Guerre mondiale, par tous les principaux belligérants du conflit: Allemands, Français, Anglais ou encore Russes.

Mais c’est l’Allemagne qui détenait l’arme chimique la plus ravageuse: le phosgène et ypérite, appelé également gaz moutarde. C’est à partir de 1915 que ces pays ont commencé à y recourir.
Un rapport publié par l’OMS en 1970 a confirmé la corrélation entre les effets de ces armes et le cancer. 

Lire le texte
  http://www.h24info.ma/debats-idees/questions-daujourdhui/bombardements-chimiques-rif-massacre-oublie/





Face au soutien international des détenus sahraouis : Rabat manœuvre et brandit la carte du terrorisme


Face à l’élan régional et international de soutien aux prisonniers politiques sahraouis, du groupe Gdeim Izik, les autorités coloniales marocaines pensent avoir trouvé l’échappatoire pour sauver le procès qu’elles ont intenté contre ces détenus sahraouis. Voyant que des Ongs internationales, des juristes, des avocats, des professionnels des médias n’ont cessé de révéler, au grand jour, un procès irrégulier, violation des conventions de Genève et d’Istanbul, Rabat n’a pas trouvé mieux que d’alourdir, à travers les plaidoiries de ses commis, les charges «de terrorisme domestique».

L’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD), de soutien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a exprimé, ses inquiétudes de voir les plaidoiries des avocats des parties civiles marocaines prendre une nouvelle tournure dans le procès des détenus sahraouis du groupe de Gdeim Iziek. Pour L’AARASD les autorités coloniales marocaines dans leur propagande mensongère, à travers les plaidoiries de ses avocats visent à inscrire de « nouvelles charges, celles de -terrorisme domestique -» contre les prisonniers sahraouis de Gdeim Izi. Devant l’impossibilité de la justice du Palais Royal «d’apporter les preuves de la culpabilité» de ces détenus politiques sahraouis, emprisonnés depuis plus de six ans, pour avoir usé leurs gorges pour crier à l’application du droit international au Sahara occidental, le Makhzen cherche à aveugler, ses opinions locale, régionale et internationale en brandissant la carte «de terrorisme domestique ». Ceci pour cacher l’incapacité fondamentale de sa justice à tenir un procès régulier, du fait que celle-ci est un des instruments de la politique coloniale marocaine au Sahara occidental.
La responsable de l’association Sogaps Sahara, Maité Isla, a, dans une déclaration collective publiée sur le site de son association, « dénoncé les irrégularités dans les règles de procédures appliquées» lors de ce procès qui, selon la même source « se déroule à Rabat alors que l’incident a eu lieu à El Ayoun,(ville des territoires sahraouis occupés :ndlr) » ce qui pose, affirme-t-on « la question de la compétence territoriale du tribunal» lit-on. Pour cette association, l’AARASD et des militants en charge des questions des Droits de l’Homme, « modifier ainsi les charges en cours de procès est un procédé illégal» affirment-elles, exprimant leurs craintes quant aux objectifs escomptés, par cette manœuvre de Rabat, dont notamment «de voir les juges marocains, avec ces nouvelles charges, prononcer la condamnation à mort» à l’encontre des militants sahraouis pacifiques.
Alors que tout a été fait depuis, plus de six mois, par Rabat pour inscrire son procès sur le registre «de procès criminel classique » estime l’AARASD, alors qu’il s’agit bel et bien d’un procès politique, de 24 militants sahraouis pacifiques militant pacifiquement pour le droit à l’autodétermination de leur peuple et l’indépendance de leur patrie , le Sahara occidental, ce qui est pour le Maroc un «crime» reproduisant ainsi la politique des ex-puissances coloniales, en Afrique et ailleurs. Face à ce risque de dérapage, que l’association qualifie de « terrible » et «très dangereux» , l’AARASD s’étonne du silence qu’observe la mission des Nations unies pour un référendum au Sahara Occidental, (Minurso) et alerte sur les conséquences de l’interdiction aux ONG; telles Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres d’assister au procès des détenus politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik. Les 24 militants sahraouis ont été, pour rappel, arrêtés, torturés et condamnés, par les autorités coloniales marocaines, à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation, en 2010, au camp de toile de protestation pacifique des sahraouis, à Gdeim Izik, dans les territoires occupés du Sahara occidental.
Karima Bennour
Le Courrier d’Algérie

Théo raconte : "Je me voyais mourir sur le sol, attaché au banc"




Théo raconte : "Je me voyais mourir sur le sol, attaché au banc"
Théo L. photographié chez lui à Aulnay-sous-Bois le 16 juin 2017. (Xavier Romeder pour L'Obs)

EXCLUSIF. Après quatre mois de silence, le jeune homme frappé et gravement blessé par l'introduction d'une matraque dans l'anus revient sur les faits.



Pour la première fois depuis près de quatre mois, Théo, 22 ans, a décidé de s’exprimer. Frappé et gravement blessé après l’introduction d’une matraque dans l’anus lors d’une intervention policière à Aulnay-sous-Bois en février, Théo revient sur les faits, sa vie aujourd’hui, et ce qu’il attend désormais de la justice française. Trois des quatre policiers ont été mis en examen pour violence, un autre pour viol. "Je veux aujourd’hui qu'ils soient condamnés pour les actes barbares qu’ils m’ont fait subir", demande Théo.
Viol présumé de Théo par un policier : les deux versions qui s'affrontent

Quatre mois ont passé depuis que vous avez été agressé par les forces de l’ordre à Aulnay-sous-Bois, le 2 février 2017. Comment vous portez-vous aujourd’hui ?
Je ne me plains pas, je pense à d’autres gens qui subissent pire souffrances que les miennes. Je suis très entouré par ma famille. Mais ma vie a changé. Chaque jour, une infirmière vient me faire des soins, vérifier l’évolution de ma cicatrice. J’ai eu une déchirure anale de dix centimètres et une perforation importante du colon, qui m’obligent à porter une poche, peut-être à vie, et qui me fait mal. La dernière fois que j’ai passé une nuit normale, c’était à l’hôpital, le 2 février. Depuis quatre mois, je ne dors plus que par tranche de vingt à trente minutes. Je ne peux plus faire grand-chose. Le foot était la passion de ma vie. J’ai tenté d’en refaire, mais ma blessure me tirait trop et m’a fait souffrir au bout de quelques minutes à peine. J’ai essayé de remonter sur mon vélo, mais j’ai eu trop mal.



Vous n’avez donc pas repris le cours de votre vie d’avant ?
Non, je suis comme dans une bulle, parce que les miens sont là. Ou comme sur un parking, en attente. Je n’ai pas le mental. Je regarde la télé, j’écoute de la musique. Je ne peux formuler aucun projet. Encore moins reprendre mes activités sportives, comme le foot, qui m’avaient conduit en Belgique, où je jouais pour le club Hammoir. Il m’arrive de retourner sur les lieux où les policiers s’en sont pris à moi, des flashs de ce que j’ai vécu me remontent. Quand je croise des représentants des forces de l’ordre, je n’ai pas peur, mais ce n’est plus comme avant, je ressens comme une petite décharge qui me saisit brièvement. Depuis le 2 février, c’est la vie de toute ma famille qui a été bouleversée aussi, harcelée par les journalistes et les inconnus qui venaient frapper chez nous.

Pouvez-vous nous raconter ce qui a déclenché selon vous les violences que vous avez subies le 2 février dernier de la part de quatre policiers?
Il était 16h54 quand je suis sorti de chez moi. Je suis précis parce que je ne voulais pas rater ma série "Monk" qui commençait six minutes plus tard. Mais ça me laissait juste le temps de rendre service à ma sœur, qui voulait que j’apporte à son amie une paire de chaussures achetées pour elle. En chemin, je passe par le "Cap", comme on appelle cette place dans le quartier de la Rose des vents à Aulnay-sous-Bois. Je vois des connaissances, auxquelles je fais un signe pour dire bonjour; finalement, je m’approche pour leur serrer la main. Quand je vais pour repartir, la police arrive. Quatre hommes à pieds, surgis de derrière, sur les côtés. Et un autre devant moi, matraque en main, j’avais mes écouteurs sur les oreilles, je les ai enlevés quand les agents nous ont dits de nous mettre contre le mur derrière nous, pour un contrôle d’identité. A côté de moi, un jeune a été accusé d’avoir dit « pu », pour prévenir que des policiers débarquent. Un agent lui a mis une claque. J’ai tiré le petit vers moi, en disant aux policiers que ça ne sert à rien de le frapper, que ça va envenimer les choses. Là, l’un d’eux s’est approché de moi, en me demandant ce que j’allais faire, moi, sur un ton provocateur et nerveux. Je n’ai pas eu le temps de répondre. Il m’a porté un coup au niveau de l’œil droit. Un de ses collègues s’est alors approché pour gazer tout le monde contre le mur, et les disperser.

Lire l'article : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170616.OBS0865/theo-raconte-je-me-voyais-mourir-sur-le-sol-attache-au-banc.html