samedi 29 juillet 2017

Au Maroc, les manifestations dans le Rif se déroulent en direct sur les écrans



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Un blog de la rédaction - Le Monde

Les smartphones et les sites Web locaux ont changé la donne en matière de contestation. Mais l’Etat s’adapte, comme l’illustre la répression en cours.

LE MONDE | Par
Des manifestants filment l’intervention de Nasser Zefzafi pendant un rassemblement à Al-Hoceïma, le 18 mai.

La ville d’Al-Hoceïma et ses alentours, dans le Rif marocain, connaissent une vague de manifestations ininterrompue depuis plus de dix mois. Déclenché par la mort, en octobre 2016, de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson broyé dans un camion à ordures après la confiscation de sa marchandise par la police, le Hirak (mouvement) a pris forme pour dénoncer la corruption et la marginalisation économique et sociale de la région du nord-est du pays.

Il s’agit du premier mouvement de protestation de masse au Maroc depuis 2011, et les manifestations pour réclamer plus de démocratie – le mouvement du 20 Février. Dans cette mobilisation, les réseaux sociaux, de nouveaux sites d’information et un certain nombre de nouvelles applications, accompagnant une démocratisation massive des smartphones, jouent un rôle crucial. Certains de ces outils étaient, certes, déjà présents et utilisés il y a six ans. Mais leur usage a évolué.
C’est ce dont témoigne le journaliste indépendant Omar Radi, qui avait participé aux manifestations de 2011 et couvre le Hirak. Il se souvient de l’utilité, à l’époque, d’applications comme WhatsApp et Facebook :
« On s’en est énormément servi pour se réunir, débattre dans des groupes, coordonner des activités puis les diffuser à tout le monde»
Aujourd’hui, au Rif, poursuit-il, « le premier rôle des réseaux n’est plus de s’organiser, car les conversations en ligne sont trop surveillées et le bouche-à-oreille est privilégié. Mais ils permettent de parler du mouvement à un maximum de monde. »

La « révolution » Facebook Live

L’apparition, en 2016, de Facebook Live, application qui permet de filmer et de diffuser des images en direct, a, par exemple, été cruciale. Quasiment chaque jour, les manifestants d’Al-Hoceïma diffusent, en direct sur le réseau social, leurs marches, leurs réunions publiques, mais aussi la répression policière. Récoltant en général des milliers de vues.
Pour Omar Radi, la fonctionnalité est une petite révolution :
« Personne ne rêvait de voir le Hirak à la télé, et maintenant chacun a une mini-télé dans sa poche. »
Les vidéos venues du Rif permettent, en outre, de donner une autre image de la région, généralement vue comme rebelle et conservatrice dans le reste du pays : certaines vidéos montrent les hommes formant des cordons de sécurité pour protéger les forces de l’ordre et les biens publics. Dans d’autres, ils nettoient les dégâts de la veille. La place des femmes est également mise en avant, comme lors de cette marche exclusivement féminine du 8 mars.
Un Marocain résidant à l’étranger, venu soutenir le Hirak, filme une manifestation sur la plage, dimanche 23 juillet.

 Lire l'article

Qu'a-t-on fait de nos femmes ?!!!!

Islam / Hijab... l'arnaque de ces dernières années !

Femmes, unissez-vous pour faire tomber les masques et les voiles.

CHERCHEZ L'ERREUR !
Photo du haut femmes tunisiennes années 60 avec Bourguiba ... et photo du bas femmes en 2017 avec Ghannouchi au pouvoir ... l'horreur quoi .

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Hirak du Rif : Un grand rassemblement contestataire à Al-Arouit


Hirak du Rif : Un grand rassemblement contestataire à Al-Arouit


A l’appel du mouvement contestataire du Rif, section d’Al-Arouit, des centaines de manifestants ont organisé, ce jeudi 27 juillet, un grand sit-in de soutien au Hirak du Rif. 

Le rassemblement a été marqué par la présence des manifestants venus de la province de Nador, Driouch et surtout d'Al-Hoceima, notamment la mère de Nasser Zefzafi et l'activiste féminine Nawal Ben Aissa.

Regardez les vidéos et les photos :




vendredi 28 juillet 2017

Oukacha : Une grève de la faim qui risque de tourner mal : Rabii Lablaq 32ème jour






Les détenus d’El Hoceima à Oukacha, à Casablanca, avaient récemment mis fin à leur grève de la faim, à l'exception d'un seul. Rabii Lablaq refuse toujours les supplications de ses proches. 

A 34 ans, Rabii Lablaq, détenu à Casablanca sur fond de ce qui est communément appelé Hirak du Rif, observe une grève de la faim. Ce n’est pas une simple menace ni une alerte pour responsables, mais bel et bien une situation mêlée d’inquiétudes. En effet, il est à son 32ème jour de grève. Une source proche du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a souligné qu’il va de mal en pis. Ses visiteurs ont affirmé mercredi qu'il ne peut plus bouger. Au nom du droit sacré à la vie, plusieurs potentialités ont tenté de le persuader d'y mettre fin. 
Les sollicitations de sa famille, ses amis et ses connaissances qui lui rendent visite au dispensaire de la prison d’Oukacha à Casablanca ont été vaines. Le détenu est déterminé à aller jusqu’au bout. Il réclame sa libération, pure et simple, mais appelle aussi à déférer un officier de police connu, du reste, à El Hoceima, à la justice, à cause, dit-il, des « sévices et supplices commis par ce dernier à l’encontre de plusieurs activistes avant et après la vague des arrestations ». 
Par ailleurs, les mêmes sources affirment que les détenus n’ont reçu aucune visite de la part des responsables hormis les membres du CNDH qui viennent s’enquérir de leur santé. Et d’ajouter qu’après l’arrêt de la grève de la faim, par voie de communiqué, ils attendent toujours l’issue de leur dossier. 
Des personnes ont pris des initiatives en matière des droits humains en vue de désamorcer la crise et d’apaiser les tensions, en dépit de nombreux obstacles. 

Solidarité avec le Hirak du Rif : Appel à un sit-in au port de Sète, au sud de la France samedi 29/7


A l’appel du comité de Montpellier de soutien au mouvement contestataire du Rif, un rassemblement de solidarité avec le Hirak du Rif est prévu le samedi 29 juillet au port de Sète, au sud de la France.
La manifestation, qui aura lieu à 15h00, sera organisée en marge du départ d’un bateau vers le Maroc via la traversée Sète-Tanger.
Baptisé « Ensemble pour la vie et la liberté », le sit-in, qui, selon les organisateurs, sera marqué par une présence massive des associations locales et européennes, vise à dénoncer «les arrestations des détenus politique du Hirak et réclamer leur liberté », Explique un communiqué parvenu à la rédaction de Rifonline.

Acharnement contre José Bové et Cédric Herrou : L'assistance à personne en danger est-elle maintenant un délit?


par Jacques Perreux, 26/7/2017. Source
Hier matin lundi, avec José Bové et Cédric Herrou, nous accompagnions en train plus de 160 migrants à Nice. Ces 160 personnes ont été accueillies dans la ferme de Cédric. Le plus souvent ces personnes sont fatiguées voire épuisées, elle présentent parfois des plaies et sont souvent atteintes de graves lésions dues à la gale.


De g. à dr. Perreux, Herrou et Bové
Le transport de ces personnes à Nice pour aller déposer leurs demandes d'asile se fait avec l'accord de la gendarmerie et sous son contrôle. À l'arrivée en gare le cortège se dirige tranquillement vers le square Mermoz pour recueillir les formulaires de demande d'asile et se restaurer. Nous profitons de ce temps avec José Bové pour nous rendre à la police de l'air et des frontières. José comme son mandat de député européen lui en donne le droit a souhaité visiter le centre de rétention provisoire. Arrivé à destination il est attendu et reçu mais surprise ! Là où d'habitude des dizaines de migrants sont retenus pas un seul migrant n'est présent. Tout autour pourtant des sacs des vêtements éparpillés et abandonnés, des poubelles elles-aussi remplies comme si un déménagement impromptu avait eu lieu ... José est reçu et va rappeler à ses interlocuteurs les lois et les droits des migrants. Nous nous rendons ensuite à la gare de Menton où nous avons appris que souvent des migrants mineurs sont reconduits en Italie en infraction avec la loi puisqu'ils doivent bénéficier de l'action sociale a l'enfance. Petite gare, gros dispositif policier. Cédric puis José entreprennent de parler avec un jeune migrant qui vient d'être encadré par les CRS. Alors que José décline son identité il est immédiatement ceinturé et molesté comme le montrent les images du journal de fr3.
Nous avons beau protester le CRS ne lâche son emprise que lorsque le jeune migrant est embarqué dans le fourgon. Questionné par le journaliste de la 3 sur les violences dont il a été victime José répond qu'il est là pour que les droits d'asile soient respectés. A notre retour à Nice nous assistons au départ en gare de plusieurs dizaines de migrants pour la destination de Marseille. Cédric les accompagne. Nous apprendrons un peu plus tard que le train est stoppé à Cannes que Cédric est en garde à vue et les migrants expulsés vers l'Italie. Le lendemain matin, José relate ces faits sur la matinale de France inter Quelques heures plus tard, il est informé que dans la cadre d'une commission rogatoire ouverte par le procureur de Grasse il va être auditionné. Lors de celle-ci il fait savoir qu'il ne fait pas appel à son immunité parlementaire et qu'il assume tous ses actes en tant que citoyen. Dans le même temps nous apprenons que la ferme de Cédric Herrou est en cours de perquisition et que tous les migrants présents sont embarqués. Tout cela se passe en France sur la Côte d'Azur a minima par la volonté d'un préfet peu regardant sur le respect du droit. Des forces de polices impressionnantes sont mobilisées pour harceler, traquer des citoyens qui ne font que leur devoir de porter secours à d'autre personnes en situation sanitaire et psychique fragile.
D'autres articles sur le même sujet sont à lire sur ma page Facebook.
Lire aussi Le soutien des migrants, Cédric Herrou, mis en examen

Le Maroc expulse deux journalistes espagnols en reportage dans la région de Tetouan















Le Comité pour la protection des journalistes s’insurge contre la décision du Maroc d’expulser deux journalistes espagnols, José Luis Navazo, directeur du Correo diplomatico et son collaborateur, Fernando Sanz Moreno qui étaient en reportage dans la région de Tetouan. La liberté de la presse est de plus en plus bafouée dans la région du Rif ou de nombreuses manifestations ébranlent le pouvoir.

Trois policiers en civil de la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN) ont arrêté Navazo et Sanz, le directeur du site en langue espagnole El Correo Diplomatico et un de ses journalistes alors qu’ils étaient en reportage dans la ville de Tétouan, au nord du Maroc. Les officiers n’ont pas expliqué aux journalistes pourquoi ils les arrêtaient et ne leur permettaient pas de prendre leurs effets personnels avec eux.
Les journalistes sont restés détenus au siège de la police de Tétouan environ une heure avant d’être escorté au passage Tarajal à Ceuta (Sebta) et les expulser, sans explication, a déclaré Fernando Sanz. Ceuta est une enclave espagnole du côté marocain du détroit de Gibraltar.
Le nord du Maroc est sujet à de nombreuses manifestations depuis octobre 2016 lorsqu’un poissonnier est mort écrasé dans un camion à ordures en essayant de récupérer ses poissons confisqués par la police. Sanz - qui vit à Ceuta, où El Correo Diplomatico est basé - a déclaré au CPJ qu’il était entré au Maroc en mars de faire rapport sur les manifestations.
« Les autorités marocaines tentent d’empêcher des nouvelles de manifestations dans la région nord du Rif d’atteindre un public international » a déclaré le coordonnateur du programme Afrique du Nord du CPJ, Sherif Mansour dit depuis Washington, DC « Nous appelons les autorités marocaines à lever toute restriction sur la capacité » Navazo et Sanz à entrer dans le pays, et de permettre aux journalistes de rendre compte librement, y compris à partir du Rif. »
José Luis Navazo avait réalisé une interview avec Nasser Zefzafi, avant son incarcération. Le ministre de la Communication, Mohamed Laâraj, a indiqué au magazine Telquel.ma que les deux journalistes espagnols « se sont présentés comme touristes et non comme journalistes, et ont voulu tourner des images alors qu’ils ne disposaient pas d’autorisations de tournage ».
Fin mai dernier, Djamel Alilat, journaliste algérien du quotidien El Watan avait aussi été arrêté et expulsé pour les mêmes motifs par la police marocaine alors qu’il suivait une manifestation dans la ville de Nador dans la région du Rif.

jeudi 27 juillet 2017

Hirak : L'AMDH se mobilise pour Rabie Al Ablaq


L’Association marocaine des droits de l'homme (AMDH) vient d’adresser une lettre à Mohamed Aujjar, ministre de la Justice, Mustafa Ramid, ministre d'Etat chargé des droits de l'homme et Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l'homme.
Rapportée par Al Aoual, la lettre exhorte les trois responsables d’intervenir urgemment pour sauver la vie de Rabie Al Ablaq. Activiste du Hirak, détenu à la prison locale Ain Sbâa 1 de Casablanca, il est en grève de la faim depuis 31 jours.
Dans la correspondance, l’AMDH déclare qu’elle suit «avec beaucoup de préoccupation la grève de la faim entamée par le détenu politique Rabie Al Ablaq, l’envoyé spécial du site d’information Badil.info, depuis le 26 juin, en signe de protestation contre son arrestation arbitraire, et appelle à sa libération».
L’ONG présidée par Ahmed El Hayej informe aussi que la grève de la faim, arrivée à son 31e jour, devient dangereuse en raison de complications de santé. Elle cite à cet égard une fatigue intense, une hausse de la pression artérielle, des troubles du rythme cardiaque et une perte de poids. Selon l’AMDH, Rabie Al Ablaq aurait perdu presque 21 kg depuis le début de sa grève de la faim, «mais il est déterminé à poursuivre cette forme de protestation».
«Le bureau central de l'Association marocaine des droits de l'homme, considérant qu’il est de son devoir d'alerter sur l’état de santé du prisonnier politique Rabie Al Ablaq, dont la vie et l'intégrité physique sont menacées, appelle à votre intervention d’urgence pour remédier à cette situation», conclut la lettre de l’AMDH.
La rédaction
Journaliste Yabiladi.com
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Condamnation de Mahdaoui : L’AMDH, HATEM et Mountada Al Karama dénoncent le verdict


Publié Le 25/07/2017


Les activistes des droits humains contactés ce mardi par Yabiladi pour commenter la condamnation, par le tribunal de première instance d’Al Hoceima, du  à trois mois de prison ferme sont unanimes : ils qualifient le verdict d’«inique», d’«arbitraire» et de «dur». Tour d’horizon.
Résultat de recherche d'images pour "Hamid Mahdaoui"
Dès les premières heures ce mardi, le tribunal de première instance d’Al Hoceima a rendu son verdict à l’encontre de Hamid Mahdaoui, journaliste et directeur de publication du site d’information Badil.info, arrêté jeudi 20 juillet à Al Hoceima. Il a été condamné à trois mois de prison ferme assortis d’une amende de 20 000 dirhams.
Selon Badil.info, le juge chargé de cette affaire a disculpé le journaliste de l’accusation d’«organisation d’une manifestation non autorisée», mais a retenu contre lui d’autres chefs d’accusation à l’instar de «l’incitation à commettre un délit à travers des discours et des slogans dans un lieu public».

Des poursuites «adaptées en faisant appel au Code pénal»
Dès la médiatisation de ce jugement, la décision du tribunal d’Al Hoceima a récolté condamnations et indignations émanant des juristes, des journalistes et des militants des droits de l’homme au Maroc.

Lire l'article :

 ça se passe où ?   Maroc

édia Publié Le 25/07/2017 à 16h25

Condamnation de Mahdaoui : L’AMDH, HATEM et Mountada Al Karama dénoncent le verdict

Les activistes des droits humains contactés ce mardi par Yabiladi pour commenter la condamnation, par le tribunal de première instance d’Al Hoceima, du journaliste Hamid Mahdaoui à trois mois de prison ferme sont unanimes : ils qualifient le verdict d’«inique», d’«arbitraire» et de «dur». Tour d’horizon.
Hamid Mahdaoui, directeur de publication de Badil.info. / Ph. DR
Dès les premières heures ce mardi, le tribunal de première instance d’Al Hoceima a rendu son verdict à l’encontre de Hamid Mahdaoui, journaliste et directeur de publication du site d’information Badil.info, arrêté jeudi 20 juillet à Al Hoceima. Il a été condamné à trois mois de prison ferme assortis d’une amende de 20 000 dirhams.
Selon Badil.info, le juge chargé de cette affaire a disculpé le journaliste de l’accusation d’«organisation d’une manifestation non autorisée», mais a retenu contre lui d’autres chefs d’accusation à l’instar de «l’incitation à commettre un délit à travers des discours et des slogans dans un lieu public».
Des poursuites «adaptées en faisant appel au Code pénal»
Dès la médiatisation de ce jugement, la décision du tribunal d’Al Hoceima a récolté condamnations et indignations émanant des juristes, des journalistes et des militants des droits de l’homme au Maroc. Contacté par Yabiladi, Ahmed El Hayej, président de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), condamne le procès à l’encontre du journaliste. «On est choqué même si on s’attendait à une telle condamnation», nous dit-il. «Le fait que Hamid Mahdaoui soit condamné à une peine de prison ferme de trois mois en plus d’une amende de 20 000 dirhams est inique.»
«De plus, les normes d’un jugement équitable n’ont pas été respectées», enchaîne-t-il, soutenant que «les conditions de son arrestation, selon les informations dont on dispose, sont douteuses, et [que] les accusations portées à son encontre ne sont pas basées sur des brèves concrètes ou légales».
«D’un autre côté, je pense que les opinions, quelles qu’elles soient, ne doivent pas faire l’objet de poursuites et d’incrimination entraînant des arrestations et des jugements. On peut aller plus loin et dire que la liberté d’opinion et d’expression dans le cadre de la liberté de la presse doit être préservée et bénéficier d’une protection maximale. Malheureusement, il semble que les poursuites aient été adaptées en faisant appel au Code pénal au lieu du Code de la presse et de l’édition.»
Le président de l’AMDH affirme que l’ONG «considère qu’il (le jugement, ndlr) porte préjudice à Hamid Mahdaoui, d’abord en tant que journaliste puis en tant que citoyen marocain qui a le droit d’exprimer son opinion sur l’ensemble des affaires qui touchent le pays». «Il a le droit de manifester, quel que soit le dossier qu’il considère comme juste», insiste-t-il. «Cela ne constitue qu’un fait marquant. On suit de près la situation générale pour voir où ces arrestations et ces condamnations nous mèneront. Un nombre non négligeable de journalistes et de personnes actives sur les réseaux sociaux ont été arrêtées. Cela démontre qu’on veut particulièrement punir certains Marocains», estime-t-il.
Ahmed El Hayej de conclure : «Cela nécessite des positions plus fermes de notre part en tant qu’activistes des droits de l’homme, mais il y a une mobilisation qui ne manquera pas de donner une impression négative auprès de l’opinion publique nationale et internationale sur la situation de la liberté de la presse au Maroc.»
«Un jugement sur fond de vengeance»
Pour sa part, le président du Forum de la dignité pour les droits de l’homme (Mountada Al Karama), Abdelali Hamieddine estime que cette condamnation est «injuste». «Nous dénonçons cette condamnation et ce jugement. Nous considérons qu’il constitue une atteinte au droit de manifester pacifiquement et à la liberté d’opinion et d’expression», juge-t-il.
«C’est un jugement sur fond de vengeance à cause de ses positions précédentes en soutien au Hirak du Rif.»
Abdelali Hamieddine promet que son ONG réagira dans la journée à cette condamnation.
Même son de cloche auprès de l’Organisation pour les libertés d’information et d’expression (Hatem). Son président, Mohamed El Aouni affirme qu’«il s’agit d’un jugement arbitraire et dur». Une condamnation qui confirme, selon lui, les craintes du Hatem lors du débat sur le Code de la presse et de l’édition.
«Nous avons insisté sur la protection juridique des journalistes et dit qu’il ne suffit pas de présenter un texte sans peines privatives, mais qu’il faut implicitement énoncer que les journalistes doivent être jugés seulement par le Code de la presse et de l’édition. C’était un amendement important pour nous et nous avons persisté pour qu’il soit adopté. L’histoire est donc claire depuis le début pour nous en tant qu’Organisation pour les libertés d’information et d’expression. Maintenant, cela se concrétise.»
Il affirme ensuite que l’ONG condamne les arrestations, les agressions et les restrictions à l’égard des journalistes, des journalistes-citoyens et des personnes actives sur les réseaux sociaux. «Nous avons aussi condamné l’agression des journalistes de la deuxième chaîne 2M, victimes d’un groupe qui prétend être issu du Hirak et faisant partie des manifestants, au moment où ces mêmes manifestants ont protégé les journalistes», conclut-il.
Yabiladi a tenté ce mardi de joindre Abdellah Bekkali, président du Syndicat national de la presse marocaine, en vain.


...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/55863/condamnation-mahdaoui-l-amdh-hatem-mountada.html
édia Publié Le 25/07/2017 à 16h25

Condamnation de Mahdaoui : L’AMDH, HATEM et Mountada Al Karama dénoncent le verdict

Les activistes des droits humains contactés ce mardi par Yabiladi pour commenter la condamnation, par le tribunal de première instance d’Al Hoceima, du journaliste Hamid Mahdaoui à trois mois de prison ferme sont unanimes : ils qualifient le verdict d’«inique», d’«arbitraire» et de «dur». Tour d’horizon.
Hamid Mahdaoui, directeur de publication de Badil.info. / Ph. DR
Dès les premières heures ce mardi, le tribunal de première instance d’Al Hoceima a rendu son verdict à l’encontre de Hamid Mahdaoui, journaliste et directeur de publication du site d’information Badil.info, arrêté jeudi 20 juillet à Al Hoceima. Il a été condamné à trois mois de prison ferme assortis d’une amende de 20 000 dirhams.
Selon Badil.info, le juge chargé de cette affaire a disculpé le journaliste de l’accusation d’«organisation d’une manifestation non autorisée», mais a retenu contre lui d’autres chefs d’accusation à l’instar de «l’incitation à commettre un délit à travers des discours et des slogans dans un lieu public».
Des poursuites «adaptées en faisant appel au Code pénal»
Dès la médiatisation de ce jugement, la décision du tribunal d’Al Hoceima a récolté condamnations et indignations émanant des juristes, des journalistes et des militants des droits de l’homme au Maroc. Contacté par Yabiladi, Ahmed El Hayej, président de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), condamne le procès à l’encontre du journaliste. «On est choqué même si on s’attendait à une telle condamnation», nous dit-il. «Le fait que Hamid Mahdaoui soit condamné à une peine de prison ferme de trois mois en plus d’une amende de 20 000 dirhams est inique.»
«De plus, les normes d’un jugement équitable n’ont pas été respectées», enchaîne-t-il, soutenant que «les conditions de son arrestation, selon les informations dont on dispose, sont douteuses, et [que] les accusations portées à son encontre ne sont pas basées sur des brèves concrètes ou légales».
«D’un autre côté, je pense que les opinions, quelles qu’elles soient, ne doivent pas faire l’objet de poursuites et d’incrimination entraînant des arrestations et des jugements. On peut aller plus loin et dire que la liberté d’opinion et d’expression dans le cadre de la liberté de la presse doit être préservée et bénéficier d’une protection maximale. Malheureusement, il semble que les poursuites aient été adaptées en faisant appel au Code pénal au lieu du Code de la presse et de l’édition.»
Le président de l’AMDH affirme que l’ONG «considère qu’il (le jugement, ndlr) porte préjudice à Hamid Mahdaoui, d’abord en tant que journaliste puis en tant que citoyen marocain qui a le droit d’exprimer son opinion sur l’ensemble des affaires qui touchent le pays». «Il a le droit de manifester, quel que soit le dossier qu’il considère comme juste», insiste-t-il. «Cela ne constitue qu’un fait marquant. On suit de près la situation générale pour voir où ces arrestations et ces condamnations nous mèneront. Un nombre non négligeable de journalistes et de personnes actives sur les réseaux sociaux ont été arrêtées. Cela démontre qu’on veut particulièrement punir certains Marocains», estime-t-il.
Ahmed El Hayej de conclure : «Cela nécessite des positions plus fermes de notre part en tant qu’activistes des droits de l’homme, mais il y a une mobilisation qui ne manquera pas de donner une impression négative auprès de l’opinion publique nationale et internationale sur la situation de la liberté de la presse au Maroc.»
«Un jugement sur fond de vengeance»
Pour sa part, le président du Forum de la dignité pour les droits de l’homme (Mountada Al Karama), Abdelali Hamieddine estime que cette condamnation est «injuste». «Nous dénonçons cette condamnation et ce jugement. Nous considérons qu’il constitue une atteinte au droit de manifester pacifiquement et à la liberté d’opinion et d’expression», juge-t-il.
«C’est un jugement sur fond de vengeance à cause de ses positions précédentes en soutien au Hirak du Rif.»
Abdelali Hamieddine promet que son ONG réagira dans la journée à cette condamnation.
Même son de cloche auprès de l’Organisation pour les libertés d’information et d’expression (Hatem). Son président, Mohamed El Aouni affirme qu’«il s’agit d’un jugement arbitraire et dur». Une condamnation qui confirme, selon lui, les craintes du Hatem lors du débat sur le Code de la presse et de l’édition.
«Nous avons insisté sur la protection juridique des journalistes et dit qu’il ne suffit pas de présenter un texte sans peines privatives, mais qu’il faut implicitement énoncer que les journalistes doivent être jugés seulement par le Code de la presse et de l’édition. C’était un amendement important pour nous et nous avons persisté pour qu’il soit adopté. L’histoire est donc claire depuis le début pour nous en tant qu’Organisation pour les libertés d’information et d’expression. Maintenant, cela se concrétise.»
Il affirme ensuite que l’ONG condamne les arrestations, les agressions et les restrictions à l’égard des journalistes, des journalistes-citoyens et des personnes actives sur les réseaux sociaux. «Nous avons aussi condamné l’agression des journalistes de la deuxième chaîne 2M, victimes d’un groupe qui prétend être issu du Hirak et faisant partie des manifestants, au moment où ces mêmes manifestants ont protégé les journalistes», conclut-il.
Yabiladi a tenté ce mardi de joindre Abdellah Bekkali, président du Syndicat national de la presse marocaine, en vain.


...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/55863/condamnation-mahdaoui-l-amdh-hatem-mountada.html
édia Publié Le 25/07/2017 à 16h25

Condamnation de Mahdaoui : L’AMDH, HATEM et Mountada Al Karama dénoncent le verdict

Les activistes des droits humains contactés ce mardi par Yabiladi pour commenter la condamnation, par le tribunal de première instance d’Al Hoceima, du journaliste Hamid Mahdaoui à trois mois de prison ferme sont unanimes : ils qualifient le verdict d’«inique», d’«arbitraire» et de «dur». Tour d’horizon.
Hamid Mahdaoui, directeur de publication de Badil.info. / Ph. DR
Dès les premières heures ce mardi, le tribunal de première instance d’Al Hoceima a rendu son verdict à l’encontre de Hamid Mahdaoui, journaliste et directeur de publication du site d’information Badil.info, arrêté jeudi 20 juillet à Al Hoceima. Il a été condamné à trois mois de prison ferme assortis d’une amende de 20 000 dirhams.
Selon Badil.info, le juge chargé de cette affaire a disculpé le journaliste de l’accusation d’«organisation d’une manifestation non autorisée», mais a retenu contre lui d’autres chefs d’accusation à l’instar de «l’incitation à commettre un délit à travers des discours et des slogans dans un lieu public».
Des poursuites «adaptées en faisant appel au Code pénal»
Dès la médiatisation de ce jugement, la décision du tribunal d’Al Hoceima a récolté condamnations et indignations émanant des juristes, des journalistes et des militants des droits de l’homme au Maroc. Contacté par Yabiladi, Ahmed El Hayej, président de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), condamne le procès à l’encontre du journaliste. «On est choqué même si on s’attendait à une telle condamnation», nous dit-il. «Le fait que Hamid Mahdaoui soit condamné à une peine de prison ferme de trois mois en plus d’une amende de 20 000 dirhams est inique.»
«De plus, les normes d’un jugement équitable n’ont pas été respectées», enchaîne-t-il, soutenant que «les conditions de son arrestation, selon les informations dont on dispose, sont douteuses, et [que] les accusations portées à son encontre ne sont pas basées sur des brèves concrètes ou légales».
«D’un autre côté, je pense que les opinions, quelles qu’elles soient, ne doivent pas faire l’objet de poursuites et d’incrimination entraînant des arrestations et des jugements. On peut aller plus loin et dire que la liberté d’opinion et d’expression dans le cadre de la liberté de la presse doit être préservée et bénéficier d’une protection maximale. Malheureusement, il semble que les poursuites aient été adaptées en faisant appel au Code pénal au lieu du Code de la presse et de l’édition.»
Le président de l’AMDH affirme que l’ONG «considère qu’il (le jugement, ndlr) porte préjudice à Hamid Mahdaoui, d’abord en tant que journaliste puis en tant que citoyen marocain qui a le droit d’exprimer son opinion sur l’ensemble des affaires qui touchent le pays». «Il a le droit de manifester, quel que soit le dossier qu’il considère comme juste», insiste-t-il. «Cela ne constitue qu’un fait marquant. On suit de près la situation générale pour voir où ces arrestations et ces condamnations nous mèneront. Un nombre non négligeable de journalistes et de personnes actives sur les réseaux sociaux ont été arrêtées. Cela démontre qu’on veut particulièrement punir certains Marocains», estime-t-il.
Ahmed El Hayej de conclure : «Cela nécessite des positions plus fermes de notre part en tant qu’activistes des droits de l’homme, mais il y a une mobilisation qui ne manquera pas de donner une impression négative auprès de l’opinion publique nationale et internationale sur la situation de la liberté de la presse au Maroc.»
«Un jugement sur fond de vengeance»
Pour sa part, le président du Forum de la dignité pour les droits de l’homme (Mountada Al Karama), Abdelali Hamieddine estime que cette condamnation est «injuste». «Nous dénonçons cette condamnation et ce jugement. Nous considérons qu’il constitue une atteinte au droit de manifester pacifiquement et à la liberté d’opinion et d’expression», juge-t-il.
«C’est un jugement sur fond de vengeance à cause de ses positions précédentes en soutien au Hirak du Rif.»
Abdelali Hamieddine promet que son ONG réagira dans la journée à cette condamnation.
Même son de cloche auprès de l’Organisation pour les libertés d’information et d’expression (Hatem). Son président, Mohamed El Aouni affirme qu’«il s’agit d’un jugement arbitraire et dur». Une condamnation qui confirme, selon lui, les craintes du Hatem lors du débat sur le Code de la presse et de l’édition.
«Nous avons insisté sur la protection juridique des journalistes et dit qu’il ne suffit pas de présenter un texte sans peines privatives, mais qu’il faut implicitement énoncer que les journalistes doivent être jugés seulement par le Code de la presse et de l’édition. C’était un amendement important pour nous et nous avons persisté pour qu’il soit adopté. L’histoire est donc claire depuis le début pour nous en tant qu’Organisation pour les libertés d’information et d’expression. Maintenant, cela se concrétise.»
Il affirme ensuite que l’ONG condamne les arrestations, les agressions et les restrictions à l’égard des journalistes, des journalistes-citoyens et des personnes actives sur les réseaux sociaux. «Nous avons aussi condamné l’agression des journalistes de la deuxième chaîne 2M, victimes d’un groupe qui prétend être issu du Hirak et faisant partie des manifestants, au moment où ces mêmes manifestants ont protégé les journalistes», conclut-il.
Yabiladi a tenté ce mardi de joindre Abdellah Bekkali, président du Syndicat national de la presse marocaine, en vain.


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