samedi 5 août 2017

Les Rifains luttent pour leur dignité d'Hommes libres, pas pour les sacs de semoule !

Les jeunes Rifains toujours vent debout contre le makhzen et ses soutiens.

Les jeunes Rifains toujours vent debout contre le makhzen et ses soutiens.

Pour affaiblir le soulèvement pacifique de la population rifaine, le makhzen use de toutes les ruses et de tous les moyens.
 Une information parue depuis quelques jours permet d'évaluer le degré d'indécence et d'opportunisme du pouvoir islamo-makhzénien : ''L'arrivée de 5 ambulances et 20 tonnes de médicaments pour les centres médicaux de la province d'El Hoceima" (1). Ainsi donc, il a fallu plus d'un an de lutte, des dizaines de manifestations et d'arrestations pour avoir du mercurochrome et des seringues stériles à Ajdir !

Demain, le makhzen enverrait probablement, si ce n'est déjà fait, des camions de semoule et procéder à des distributions gratuites dans les cités et villages rifains.
Après avoir usé ses relais locaux car discrédités et rejetés par la population rifaine, le makhzen avait tenté de puiser dans le personnel politique national pour servir d'intermédiaire (Abderrahmane Youssoufi, l'ex. premier ministre aurait refusé de servir d’intermédiaire, Ben Khirane ?), il avait même fait appel au prestige des diplomates marocains (Jamal Benomar, conseiller spécial du SG de l’ONU, décline une offre pour négocier avec Zefzafi) (2). Aussi, il avait même fait entrer en scène la propre fille de Muhend Abdelkrim El Khattabi, une vieille dame, promettant « de répondre aux revendications des habitants du Rif dans les plus brefs délais » (3).
Devant ces échecs répétés, il est passé au bâton et aux traditionnelles manipulations des politiques de la carotte, avec en parallèle des tentatives de corruption des leaders de la contestation.
Dans son dernier discours, Mohamed VI avait chargé la classe politique marocaine ''incapable de répondre aux besoins des populations'' et relâché quelques prisonniers arrêtés aux différentes manifestations. L'objectif est évident : se positionner en arbitre, au-dessus de la mêlée, et aussi diviser le mouvement de contestation (il y aurait les bons prisonniers qui demandent pardon au roi et les autres, les têtes dures…).
Il y a quelques semaines, il expliquait alors que les manifestations du Rif étaient dues aux retards dans les réalisations d'infrastructures dans cette province d'El Hoceima !
Il semble que le makhzen et le roi en premier sont restés sur les schéma éculés ''des contestations pour le pain''. Les émeutes de Casablanca de 1981, qui avaient fait alors près de 1000 morts, n'étaient-elles pas dénommées ainsi ?

Lire l'article :


"L'Art en Action": Lancement d'une campagne artistique de solidarité avec le Hirak



    Publication:
    HOCEIMA


    SOLIDARITÉ - Ce n’est pas seulement avec des sit-in que le comité de soutien du Hirak à Casablanca compte continuer à défendre sa cause: la libération des détenus politiques. Il lance, samedi 5 août, une campagne dédiée à l’art sous toutes ses formes baptisée "L’Art en Action".
    Pour l’inauguration de cet événement, ouvert au public, les projecteurs se tourneront vers les artistes rifains et rappeurs de tous bords, à partir de 17h au local de la CDT à Derb Omar.
    "En dehors du soutien logistique aux familles des détenus du Hirak, le comité a mis en place un programme d’actions diverses. Au mois de juillet, il a été placé sous le signe de la solidarité féminine, alors que le mois d’août est consacré à la culture", explique au HuffPost Maroc Soraya El Kahlaoui, membre du comité de soutien au Hirak à Casablanca. 

    Hommage à Silya
    L’artiste du Hirak, Silya, graciée samedi 29 juillet, ne sera pas de la partie. "Nous espérions qu’elle soit avec nous, mais elle est très fatiguée. Nous lui rendrons un vibrant hommage à l’occasion, notamment à travers une grande toile de son portrait réalisée par l’artiste marocain Houssine Benzaoual", indique cette militante.

    Lire l'article :

    Décès d’un détenu après une grève de la faim à Béni Mellal: la famille refuse la dépouille


    La Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) vient de communiquer sur le décès d'un détenu à la prison de Beni Mellal, jeudi 3 août, suite à une grève de la faim. La famille n'est pas convaincue et exige l'ouverture d'une enquête, refusant de recevoir sa dépouille
    Démentant des informations relayées par certains sites électroniques, la DGAPR a indiqué que l'administration de la prison locale de Beni Mellal n'a pas "caché" l'état de santé du détenu au cours de sa grève de la faim qui a duré plus de trois mois.
    "La Direction de la prison locale de Beni Mellal a informé toutes les parties concernées de santé du détenu, notamment le parquet compétent et la famille du détenu", indique à cet égard la DGAPR dans un communiqué publié vendredi.
    La même source ajoute qu'elle a, à maintes reprises, transféré du détenu à l'hôpital, durant sa grève de la faim.
    Après le décès du détenu, l'administration a informé sa famille et le parquet afin de procéder à une autopsie et accomplir le reste des procédures juridiques nécessaires, fait savoir le communiqué.
    D'ailleurs, selon le quotidien Al Massae dans son édition de ce week-end (5 et 6 août), la famille épaulée par des associations a refusé de recevoir la dépouille du détenu et appelé à l'ouverture d'une enquête sur les circonstances du décès.  
    La famille du détenu a aussi accusé l'administration de négligence par rapport au sort du gréviste. Mais la direction de la prison a tenu à préciser qu'elle "n'est pas responsable" de l'état de santé des détenus quand ils sont hospitalisés.
    Par ailleurs, selon Al Massae, le détenu observait cette grève pour contester son arrestation suite à un conflit avec un notable de la région d'Azilal. Ce dernier revendiquait, en effet, la propriété d'un passage utilisé par la famille du détenu pour accéder à sa demeure.

    Maroc/Wawizght : Le 1er mort en grève de faim pour la TERRE, un des gros dossiers au Maroc



    Après 90 jours de grève de la faim dans la prison, en guise de protestation contre ce qu’il a qualifié d’injustice et de corruption, Mr Khellada Lghazi, un Amazigh de Wawizeghte à la région d’Azilal au haut Atlas Marocain, vient de donner son âme hier le 2 Aout 2017 en prison.

    « Tuez moi, mais épargnez ma terre. Comme cela ma tombe sera dans ma terre»
    Selon les victimes, l’histoire a commencé, lorsqu’un entrepreneur de l’immobilier a acheté/confisqué des terrains avoisinant la tribu. Après il a procédé à l’annexion de la seule piste qui mène au village. Et c’est à ce moment que les villageois se sont regroupés pour protester. Le défunt a interrompu les travaux d’annexion de la seul piste qui même vers son village.
    Sur sa page Facebook et avant sa mort, il raconte qu’il a été incarcéré dans la prison et après sa grève de faim en prison il est libéré sous condition de renoncer. Mais après sa libération, c’est tout une coordination des victimes de la Mafia de l’immobilier qui est créée, et il est rentré 4 fois en grève de faim dans le sit-in.
    Secouru plusieurs fois à l’hôpital à cause de son état très dégradé. Sur sa page Facebook, il avait écrit : « dans ma grève de faim, j’attendais le service juridique pour réexaminer l’injustice dont nous sommes victimes, alors que je reçois le service médical ! Je refuse ».
    Pendant l’une de ses quatre grèves de faim, les villageois l’ont transporté en cercueil des morts devant le local des autorités.
    Selon d’autres sources, le défunt a été jugé et mis en prison le 25 avril 2017 sur un dossier ancien d’une année lorsque ce dernier avait procédé à la destruction d’un pont construit sur une rivière au village Ait Chkir, construite sur son terrain. L’affaire était close après des interventions de médiations entre les villageois, mais la justice la reprit après une année.
    Avant sa mort, sa mère a fait une vidéo dont laquelle elle raconte son calvaire :  « Mes enfants sont en prison par injustice. Un d’eux a perdu ses reins, ses yeux, il est à l’hôpital. Il risque de mourir. Tout cela à cause de notre résistance contre un monsieur qui a confisqué nos terres et même le seul chemin qui mène vers notre modeste maison…. Si mon enfant meurt, le Makhzen est responsable ».
    Aujourd’hui, le 2 aout 2017, il a donné son âme en grève de faim. Il est le premier martyre de cette façon pour la terre.



    vendredi 4 août 2017

    Communiqué du Secrétariat National de La Voie Démocratique


    La Voie Démocratique appelle à soumettre toutes les institutions, et à leur tête l’institution monarchique, au principe de lier la responsabilité à la reddition des comptes, à continuer à soutenir le hirak du RIF et à constituer un front uni pour diriger la lutte populaire
    Le Secrétariat National de la Voie Démocratique s’est réuni, en session ordinaire, dimanche 30 juillet 2017 et a discuté les plus importantes actualités de notre pays, notamment en ce qui concerne le mouvement populaire (le Hirak) ses perspectives, le sort des détenus et des victimes des campagnes de répression et également le discours royal de 29 juillet de cette année qui trace les orientations officielles à terme comme suit :
    Au niveau politique : une orientation vers plus de despotisme de pouvoir personnel atout en attribuant la responsabilité de la détérioration de la situation actuelle du pays aux partis politiques. 0r c’est le makhzen qui a supervisé la création de plusieurs partis qui lui sont subordonnés (partis administratifs), de syndicats et associations de la société civile domestiqués ainsi que la falsification des élections. Parallèlement quelques forces d’opposition ont été réprimées, corrompues et apprivoisés. Ce qui a conduit à leur perte de crédibilité et leur marginalisation comme en atteste le très faible taux de participation aux élections. C’est ainsi que l’institution monarchique s’est retrouvée seule confrontée aux revendications et protestations du hirak actuellement et précédemment le mouvement du 20 février.
    -l’obstination à mettre en œuvre l’approche sécuritaire contre les protestations des masses populaires, l’instauration d’un Etat qu’on peut qualifier de policier et la légitimation des interventions des forces d’ordre qui ont violemment et abusivement dispersé les protestations pacifiques des citoyens.

    Au niveau économique et social: le renforcement du libéralisme sauvage en prodiguant les louanges du secteur privé et en sous-estimant le rôle et l’importance du secteur public , notamment les fonctionnaires, sans se préoccuper des conséquences fâcheuses de la politique de privatisation . Cette dernière a approfondi la dépendance, les disparités sociales et l’offensive contre les droits de la classe ouvrière reconnus par un code de travail favorable u patronat. Aussi un échec effroyable au niveau de la diminution des disparités sectorielles et interrégionales et des indicateurs de développement humain, sans évoquer la responsabilité principale de l’Etat dans le sabotage du secteur public, principalement des secteurs vitaux tels que l’enseignement et la santé.
    En ce qui concerne les détenus du mouvement populaire( le Hirak) : La décision de la mise en liberté de certains et la détention de la majorité d’entre eux, notamment les leaders , imposée par la lutte ,a été décevante et loin des aspirations des familles des détenus et l’ensemble des masses populaires participantes au hirak ou sympathisantes.

    Par ailleurs l’opinion publique n’a pas été mise au courant des résultats des investigations prévues par le dernier conseil ministériel á propos du ralentissement de la réalisation des projets prévus pour la région d’ Al Hoceima.

    Mais pourquoi tant d' enfants marocains quittent-ils leur pays ?




    Paris: Les mineurs marocains du square Alain-Bashung toujours livrés à eux-mêmes

    PRECARITE Mairie, associations et riverains sont toujours aussi désemparés face à la présence de mineurs marocains isolés dans le 18e arrondissement. Parmi eux se trouvent désormais des jeunes filles…
     
    Julie Bossart, 3/8/2017



    Scène de la vie quotidienne au square Alain-Bashung, dans le 18e arrondissement de Paris. Scène de la vie quotidienne au square Alain-Bashung, dans le 18e arrondissement de Paris. — ML
     
     
    • Depuis quelques semaines, les mineurs marocains isolés du square Alain-Bashung réapparaissent dans le 18e arrondissement, mais aussi dans le 10e et le 19e.
    • Des mesures d'urgence ont été prises pour, notamment, mettre à l'abri les jeunes filles qui se trouvent désormais parmi eux.
    • Le quartier reste tout aussi choqué que les autorités par la situation de ces gamins qui auraient quitté volontairement leur pays.
    « Leur état de santé est inquiétant, leurs actes de violence sont plus nombreux et des jeunes filles sont désormais présentes. » Dans une lettre adressée aux habitants le 27 juillet, la mairie du 18e arrondissement fait savoir que ceux que l’on a appelés les gamins perdus de la Goutte d’Or, ces mineurs marocains isolés, balbutiant le français, accros à la colle et auteurs de menus larcins, ont fait leur réapparition square Alain-Bashung, mais aussi dans le 10e et le 19e.
    Pourtant, depuis que leur situation a été exposée au grand jour il y a quatre mois, les mesures prises pour appréhender au mieux ce « phénomène inédit » à Paris et d’une « gravité exceptionnelle » avaient « porté leurs fruits », avance la mairie.

    Grâce à la mobilisation des autorités compétentes (les associations Hors la Rue et Trajectoires entre autres, la police et la section des mineurs du parquet de Paris, les services sociaux et sanitaires), ces gamins avaient disparu de l’espace public. Les plus jeunes (certains avaient moins de 10 ans) avaient pu être pris en charge dans des structures dédiées. Le sort des plus âgés (15-17 ans tout au plus) était, lui, plus incertain.

    Des départs « volontaires »

    « Après consultation des autorités consulaires marocaines, il s’avère que leur départ est volontaire », atteste-t-on en mairie. « Ce qui veut dire que le Maroc s’en contrefiche et est bien content de voir le problème déménager ailleurs », lit entre les lignes un riverain qui souhaite garder l’anonymat.
    « Ce ne sont pas des orphelins », assure de son côté Driss El Kherchi. Depuis quelques semaines, le président de l’Association des Travailleurs maghrébins de France (ATMF) voit défiler dans son local qui se situe à deux pas du square le même groupe d’une douzaine de jeunes Marocains. Pour manger un bout, se changer, parfois dormir, mais, surtout, pour recharger leur portable et utiliser Internet.
    « Quand ils appellent leur famille, ils leur mentent en disant que tout va bien, qu’ils ont un toit et qu’ils ne font pas de bêtises, confie Driss El Kherchi. Ils sont originaires du nord du Maroc, Tétouan, Tanger, Al Hoceïma, et disent qu’ils sont partis parce qu’ils veulent avoir un travail. » Tous, également, ont transité par l’Espagne, certains cachés dans des camions de marchandise. Leur nombre est difficile à évaluer, concède le président d’association : « On les entend parfois discuter avec des camarades qui sont déjà au Danemark ou avec d’autres qui sont restés au pays et à qui ils disent de venir. » D’aprèsl’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), contactée par Le Monde, ils étaient une centaine il y a quelques mois à Paris. Une estimation impossible à confirmer. Comme il est impossible d’obtenir le nombre de plaintes déposées à leur encontre pour vols à l’arraché ou violences.

    « La colle, ça les rend complètement dingues »

    Dans le quartier, comme il y a quatre mois, les riverains sont tout autant attristés qu’inquiets. De les voir dormir dans des Autolib', de se battre entre eux, de se droguer. Depuis son appartement, au 6e étage d’un immeuble donnant sur le square, Marc* observe des jeunes le visage enfoui dans un sac. « La colle, ça les rend complètement dingues. La nuit, ils crient à la mort, c’est flippant. » Psychiatre à l’hôpital Marmottan (Paris, 17e), Marc Valleur indique que « ceux qui se droguent par inhalation sont à la recherche d’une ivresse rapide et de l’inconscient. Entre les deux s’installe une phase hallucinatoire au cours de laquelle ils peuvent devenir violents. »
    Parce qu’il a déjà été agressé, Marc a demandé à sa femme de changer d’itinéraire. Et il n’hésite plus à appeler la police pour qu’elle vienne les déloger.

    L’ombre de la prostitution

    Les déloger, oui, recueillir leur identité, oui, mais pas les interpeller s’ils n’ont pas commis d’infraction. Il y a peu, Driss El Kherchi a été acteur et témoin d’une situation ubuesque. « On avait réussi à convaincre neuf jeunes d’aller dans un foyer. Six ont été refusés parce que, lorsqu’ils avaient été acceptés une première fois, ils avaient volé d’autres résidents. Les trois autres n’ont pas voulu rester seuls, alors ils sont tous repartis je ne sais où. » Mettre à l’abri des jeunes au détriment d’autres bénéficiaires, un sacré défi pour les autorités compétentes. « La situation est vraiment compliquée, il faut nous aider », glisse en off une conseillère d’arrondissement.
    Dans sa lettre aux habitants, la mairie fait savoir que les maraudes des associations sont désormais quotidiennes, qu’un centre de jour doit ouvrir ses portes, qu’un autre lieu pour la nuit est recherché et qu’un dispositif d’éloignement des jeunes filles récemment repérées a été mis en place, en lien avec le parquet. La crainte : qu’elles tombent dans la prostitution. Comme ce serait le cas pour certains garçons du groupe, explique Driss El Kherchi, auquel ont déjà été rapportées des conversations sur le sujet entre des jeunes. « Quand il y a de la drogue, le sexe n’est jamais loin m’a expliqué un policier », déplore Marc.
    Enfin, la mairie a décidé de ne pas fermer le square. Cela contrarie-t-il Jean-Raphaël Bourge, membre d’Action Barbès, association tournée vers l’amélioration du cadre de vie ? « De toute façon, ce square, plus personne ne veut y aller, et puis, le fermer ne ferait que déplacer le problème. »
    * Le prénom a été changé

    Mohamed VI, ou l’art de se défausser



    Mohamed
VI a consacré son discours annuel du trône aux événements dans le Rif, mais pour fustiger les politiques et les fonctionnaires. ©Reuters
    Mohamed VI a consacré son discours annuel du trône aux événements dans le Rif, mais pour fustiger les politiques et les fonctionnaires. ©Reuters
    Comment le roi allait-il réagir aux événements du Rif ? Au Maroc, toute la population retenait son souffle samedi soir. Mohamed VI allait parler ! Enfin ! Depuis des mois, le nord du pays – le Rif berbère notoirement sous-développé - est en proie à des convulsions socio-économiques avec ascendance politique, et la réponse du pouvoir, dépassé par la vigueur et la ténacité d’une contestation peu ou pas anticipée, s’était surtout manifestée par une répression bête et méchante. On attendait donc l’avis de « M6 », comme on surnomme le roi, celui qui dispose de l’essentiel des pouvoirs en son royaume. Hélas ! pour ceux, nombreux au Maroc, qui voient toujours en lui un homme providentiel, le souverain s’en est lavé les mains.

    Un parfum d’amertume

    Certes, Mohamed VI a consacré la majeure partie de son discours du trône aux événements dans le nord, mais ce fut pour fustiger les politiques et les fonctionnaires qu’il estime irresponsables, incompétents et/ou sans motivations liées à leur mission. Et de réaffirmer la « responsabilité collective (qui) concerne tous les acteurs, chacun selon son domaine de compétence : gouvernement, parlement, partis et institutions ». Sauf que les forces de l’ordre, celles-là mêmes qui ont mis en œuvre la répression dûment orchestrée depuis… son propre palais, ont été lavées de toute accusation : « Elles assurent la sécurité et la stabilité du pays » et seuls « certains nihilistes » ne veulent pas admettre cette « vérité ».
    Bon prince, le roi a gracié, comme chaque année à pareille époque. C’était attendu. Très attendu. Plus de mille personnes. Mais seulement une quarantaine de Rifains incarcérés et poursuivis pour avoir contesté ces derniers mois. Quarante sur environ 180 personnes arrêtées. Et les grâces n’ont pas concerné les fortes têtes, dont, surtout, Nasser Zefzafi, devenu en quelques semaines le héros de toute une population de laissés-pour-compte dans la région septentrionale d’Al-Hoceima. Le parfum d’amertume qui plane sur le Rif n’a pas atteint le palais royal.
    Alors, « certains nihilistes », comme dit M6 sans rire, ont marqué le coup. Pour dire son fait au roi sans détour, ce qui ne manque pas de courage. Fouad Abdelmoumni est de ces rares-là. Ancien prisonnier politique et directeur de la section marocaine de Transparency International, il s’est fendu d’une réaction sur Facebook : « Le seul temps qui reste à cette monarchie est d’annoncer qu’elle admet enfin la démocratie (…). Autrement, nous continuerons de régénérer ce système pétri dans la corruption, la veulerie, le népotisme et l’impunité ».
     www.lesoir.be/107378/article/2017-08-01/mohamed-vi-ou-lart-de-se-defausser

    jeudi 3 août 2017

    Ghazi Khellada, paysan d'Azilal est décédé hier en prison

    Retweeted Omar Radi (@OmarRADI):
    Emprisonné pour avoir résisté à son expropriation, Ghazi Khellada, paysan d'Azilal décède hier, après 3 mois de grève de la faim. #Hogra

    URGENT : Rabii Al Ablaq, 36ème jour de grève de la faim, a été transféré au service d'urgence de l'hôpital Moulay Youssef.

    Siha Moha
    Traduit de l'anglais
    Campagne internationale de solidarité avec hirak rif

    URGENT / Rabii Al Ablaq, l'activiste hirak qui est entré dans son 36ème jour de grève de la faim, a été transféré au service d'urgence de l'hôpital Moulay Youssef.

    Selon l'expérience palestinienne, une personne à son 35ème jour de grève de la faim souffre de "sensations extrêmement désagréables de vertige et de vomissements incoercibles".
    L'hospitalisation de Rabii Al Ablaq n'intervient que deux jours après que le roi du Maroc a prononcé une grâce royale pour environ 50 militants hirak détenus principalement à Al Hoceima - une liste dans laquelle le nom de Rabii n'était pas inclus, même si son état de santé se détériore. Le public doit le savoir . Aidez-nous à sauver la vie de Rabii Al Ablaq en exigeant sa libération immédiate ! Nous sommes à un moment crucial où le désintérêt et l'inaction ne sont pas un choix !
    #كلنا_الريف #Hirak #Rif
    https://www.facebook.com/SolidarityHirak/photos/a.109619552980332.1073741828.109471039661850/131160030826284/?type=3&theater


     ·



    Les intérêts politiques de certaines parties entravent le règlement pacifique de la question du Sahara occidental

    Îles Canaries 31 juillet 2017(SPS) - Le membre du secrétariat national du Front Polisario et coordonnateur sahraoui avec la Minurso, M'hamed Kheddad a affirmé que "les intérêts politiques de certaines parties, à leur tête la France" bloquaient l'action du Conseil de sécurité et entravaient le règlement pacifique du conflit au Sahara occidental, d'autant que la question sahraouie figure depuis plusieurs décennies sur la liste de l'ONU des territoires non autonomes.
    Intervenant lors d'une conférence sur le rôle de la Grande Canarie dans le contrôle des richesses sahraouies spoliées, M. M'hamed a fustigé "le soutien français inconditionnel au régime marocain, qui, a-t-il dit, jouit de la qualité de membre au Conseil de sécurité, grâce au protectorat français", rappelant l'arsenal de résolutions et de décisions portant sur la question sahraouie promulgué par Assemblée générale de l'ONU, la commission de décolonisation et le Conseil de sécurité.
    Par ailleurs, le responsable sahraoui a indiqué que la Minurso "n'a pas avancé d'un pas", depuis sa création en 1991, en ce qui concerne la réalisation des objectifs pour lesquelles elle a été créée, ajoutant que "les violations des droits de l'homme dans les territoires occupés et le tarissement des ressources naturelles sont commis au vu et au su de tous,  dans l'inertie totale".

    mercredi 2 août 2017

    L'ASVDH dénonce les tentatives marocaines de criminaliser tout acte militant sahraoui pour le droit à l'autodétermination

    EL-AYOUNE (territoires sahraouis occupés) -L'Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de  l'Homme commises par l'Etat marocain (ASVDH) a condamné, dans son rapport préliminaire sur le procès des détenus politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik, "les tentatives marocaines de criminaliser tout acte militant  sahraoui en faveur des droits élémentaires du peuple sahraoui, notamment le droit à l'autodétermination.
    L'association sahraouie qui a rendu compte dans son rapport, repris lundi par l'Agence de presse sahraouie (SPS), de toutes les étapes du procès des détenus du groupe de Gdeim Izik a indiqué que de nombreuses irrégularités avaient émaillé le procès, faisant état de la partialité de la cour et de son incapacité à assurer aux détenus un procès équitable.
    Dans son rapport, l'association a fait part de sa "profonde inquiétude" quant à la tournure des événements, soulignant qu'"aucune condition d'un procès équitable n'avait été réunie et les peines prononcées étaient les mêmes que celles du tribunal militaire, ce qui montre que le but du nouveau procès n'était pas de faire appliquer la loi mais de confirmer le verdict militaire par une cour civile".
    Pour l'association, les peines sont "politiques par excellence". L'association a, par ailleurs, exhorté les instances onusiennes compétentes, les parlements continentaux et régionaux, les Etats et les organisations de la société civile, notamment de défense des droits de l'Homme, à suivre ce dossier et à faire pression sur le Maroc pour assurer à ces détenus un procès équitable en accord avec les chartes et traités internationaux.
    En raison de leur participation au camp de Gdeim Izik (démantelé avec violence par les forces d'occupation marocaines le 8 février 2010), 24 militants sahraouis ont été condamnés par un tribunal militaire le 17 février 2013 à de lourdes peines de prison.
    Le 27 juillet 2016, la Cour de cassation a cassé ce jugement et renvoyé l'affaire devant la Cour d'appel de Rabat. Le nouveau procès, qui a commencé en décembre 2016, s'est terminé le 19 juillet 2017 par un verdict qui reconduit les peines prononcées par le Tribunal militaire marocain.

    Venezuela : la grande manip


    AFP
    josefort

    Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante  malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien.
    En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre  ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du «  service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne. 
    Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.
    Ce n’est pas au Venezuela  que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.
    Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty  relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans le villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.
    Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.
    Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier mais en Argentine.
    Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politique restent toujours emprisonnés malgré des «  accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.
    Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit, dans la paix enfin retrouvée, surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours.

    L’IBAHRI rappelle au Maroc son obligation d’enquêter à propos des allégations de torture de militants sahraouis emprisonnés







    Alors que plus d’une vingtaine de militants sahraouis sont emprisonnés au Maroc, certains affirmant que les éléments de preuve présentés au procès ont ostensiblement été obtenus par la torture, l’International Bar Association’s Human Rights Institute [Institut des droits de l’homme de l’Association internationale du barreau ou IBAHRI] rappelle à ce pays son engagement international à enquêter concernant certains incidents suspects au cours desquels des personnes déclarent avoir été soumises à des souffrances importantes pour les obliger à « avouer » et/ou à impliquer d’autres personnes dans certaines activités illégales.

    L’ambassadeur (retraité) Hans Corell, co-président de l’IBAHRI, a déclaré à ce sujet : « Le Maroc ayant ratifié en 1993 la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, l’IBAHRI rappelle aux autorités du pays leur obligation de veiller à ce qu’une enquête impartiale soit menée immédiatement chaque fois qu’il existe des raisons raisonnables de penser qu’un acte de torture a été commis dans leur pays. Le cas très inquiétant des militants sahraouis, dont certains sont menacés d’emprisonnement à vie après un procès pourtant entaché d’irrégularités procédurales, constitue indéniablement une situation qui exige que soit réalisée une telle enquête. En sa qualité d’État signataire de la Convention, le Maroc est tenu d’enquêter à ce sujet, même en l’absence de plainte de la part des victimes. En outre, la Convention stipule que tout élément de preuve obtenu sous la torture est irrecevable devant les tribunaux. Il est clair que, dans le cas de ces accusés, le Maroc a manqué à ses obligations. »

    Les militants sahraouis, également connus sous le nom de « groupe Gdeim Izik », avaient été jugés par un tribunal militaire en 2013 et condamnés à de lourdes peines à la suite d’affrontements avec les forces de sécurité en 2010, lors du démantèlement du camp de protestation Gdeim Izik au Sahara occidental. Ce camp avait été créé dans le cadre d’un différend territorial de longue date entre le Maroc et sa population sahraouie autochtone, représentée par le Front Polisario.

    En 2016, la cour de cassation, la plus haute instance de justice du Maroc, a ordonné que les militants soient de nouveau jugés devant la chambre d’appel de la cour d’appel de Rabat à la suite d’un amendement de la loi de justice militaire du Maroc, qui mettait fin à la comparution de civils devant des tribunaux militaires. Ingrid Metton et Olfa Ouled, deux avocats de la défense, se sont toutefois vu refuser l’entrée au tribunal.

    Lire l'article :

    https://www.ibanet.org/Article/NewDetail.aspx?ArticleUid=5033deb0-fd88-4739...

    Despotisme, néolibéralisme et changement climatique conduiront le Maroc à la catastrophe

    par Jawad Moustakbal, Middle East Eye, 21/7/2017
    Original Despotism, neoliberalism and climate change: Morocco's catastrophic convergence



    Les déclarations sur « l’exception marocaine » pendant le Printemps arabe sonnent creux à présent que se propagent les protestations contre des politiques élitistes qui nient la dignité de la majorité
    Le vendredi 28 octobre 2016, un incident tragique et fatal s’est produit dans la ville d’Al Hoceima, dans le nord-est du Maroc, lorsqu’un agent de l’État a saisi les marchandises de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson, et les a jetées dans un camion à ordures. Lorsque le vendeur a grimpé désespérément dans le camion pour récupérer son poisson, « un policier local a ordonné au conducteur du camion-benne de démarrer le compacteur et de ‘’le broyer’’ », selon des militants et des témoins. Le camion a horriblement broyé Fikri, causant sa mort.
    Cette tragédie et les protestations qui l’ont suivie ont rappelé la vague de manifestations que le Maroc a connues au début du Mouvement du 20 février en 2011, pendant le dit Printemps arabe. Elles ont incité les Marocains à poursuivre leur lutte pour la dignité, la liberté et la justice sociale et ont montré que le processus de transformation réelle au Maroc – et plus largement en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest – n’est pas encore terminé. 
    Davantage, le désir de changement a été contrarié par les dirigeants et les élites depuis le départ. Ces élites voulaient que ce « printemps » soit passager et celui-ci s’est vite transformé en automne, écrasant les espoirs de tous ceux qui étaient descendus dans les rues pour demander le respect de leur droit inaliénable à la dignité et à la liberté.
    « Nous étions seulement au début d’un processus révolutionnaire de long terme qui durera des années et des décennies », a déclaré Gilbert Achcar, professeur d’études sur le développement et les relations internationales à l’École d’études orientales et africaines (SOAS). « Comme dans tout processus historique de ce genre, il y aura des hauts et des bas, des révolutions et des contre-révolutions, des progrès et des retours de manivelle ».
    Des personnes en deuil portent le cercueil de Fikri dans la ville d’Al Hoceima, au nord du Maroc, le 30 octobre (Reuters)
    Avec la connivence de la plupart des élites politiques et intellectuelles, les dirigeants se sont hâtés de promouvoir la soi-disant exception marocaine comme la règle. Néanmoins, cette proclamation de stabilité a été contredite par ces récents incidents et la mobilisation rapide et conséquente qui a eu lieu dans plus de 40 villes du Maroc ces derniers mois.

    mardi 1 août 2017

    Pardonnez-leur, Sire, ils sont ingrats. À lire !

    chaouimokhtar @ 17:28,21 juillet, 2017



    Classé dans : Non classé 


    Sire,
    Pardonnez-moi, je n’ai pas encore fait mes ablutions pour vous parler. Ma prosternation n’est pas encore parfaite, et ma langue tortille lorsque me vient l’idée de vous adresser une parole. Mais bon comme vous l’êtes, vous passerez outre ces manquements et vous m’écouterez, n’est-ce pas ?
    Sire,
    Vos sujets qui vous aiment, et qui faisaient dans leurs frocs à la simple évocation du nom de votre père, commencent à vous critiquer vertement, à vous manquer de respect, à discuter vos ordres, à braver votre autorité, à mettre en cause votre légitimité, à renier votre sacralité. Oh ! Qu’ils sont ingrats ces Marocains ! Eux qui s’enrhumaient au passage de votre père, qui courbaient tellement l’échine jusqu’à marcher à quatre pattes, qui se prosternaient au point de se confondre avec des reptiles, osent maintenant se dresser ; ils osent parler, crier même ; ils osent revendiquer. Mais bon comme vous l’êtes, vous les entendez, ces bandes d’ingrats, même si vous ne les écoutez pas, vous les voyez s’agiter, même si vous ne les regardez pas. Pardonnez-leur, sire, Pardonnez-leur.
    Pardonnez-leur Sire, ils sont ingrats. Ils ne savent pas que vous êtes encore jeune, qu’il vous faut du temps, beaucoup de temps, et des voyages, beaucoup de voyages.
    Pardonnez-leur Sire, ils sont ingrats. Ils ne savent pas ce qu’endure un fils de roi ; surtout si ce roi a pour nom Hassan II. Ils ne savent pas que votre accomplissement et votre épanouissement nécessitent du temps, beaucoup de temps, de la fortune, beaucoup de fortune, et des voyages, beaucoup de voyages, pour rattraper le temps perdu. 
    Ils vous reprochent de gambader à gauche et à droite pour satisfaire vos caprices. Ils ne savent pas qu’un roi sans caprices n’est pas un roi ? Ce sont les caprices qui font les rois.
    Ils vous reprochent de posséder, au Maroc et de par le monde, des palais que vous n’occupez que rarement, alors qu’eux s’entassent, comme des sardines, dans des boites de conserves économiques ; ils ne savent pas qu’un roi sans palais inhabités est un roi sans prestige.

     Lire l'article :

    lundi 31 juillet 2017

    Quartier de la Goutte d’Or : l’errance des mineurs isolés marocains


    Quartier de la Goutte d’Or : l’errance des mineurs isolés marocains




    Antiracisme
    actualité

    Entretien avec Driss El Kherchi, président de l’ATMF.

    Depuis quelques semaines, des mineurs marocains isolés, errant dans le Quartier de la Goutte d’Or, se sont rapprochés de l’ATMF.
    Pour ceux que tu as rencontrés, quel est ton sentiment ?

    Nous sommes au courant qu’une centaine de mineurs marocains isolés errent dans les rues du quartier Barbès – La Chapelle, depuis plusieurs mois (janvier 2017). Nous avons interpellé les agents municipaux à ce sujet, qui nous ont expliqué que ces mineurs sont pris en charge par différentes associations, et que la Mairie de Paris a mis en place un dispositif pour les mettre à l’abri, et que c’était un travail difficile.
    Depuis plusieurs semaines, quelques-uns de ces mineurs se sont rapprochés de nous et ont commencé à venir dans notre local, situé à quelques mètres du square Alain Bashung, cherchant du soutien (de quoi manger, des cigarettes, charger leur téléphone, se connecter sur Internet …) Nous avons commencé à tenter des démarches de mises à l’abri en appelant différents services, notamment le jeudi 13 juillet, en milieu d’après-midi, où un groupe de 6 mineurs était décidé à aller en foyer.
    Ce jour-là, on a contacté la cellule nationale pour mineurs non accompagnés, qui nous a orientés vers l’association Hors la rue, située à Montreuil. Jointe au téléphone, celle-ci nous a précisé que pour une mise à l’abri dès le soir-même de ces mineurs, il fallait les emmener au commissariat de police du 18e, à charge pour ce dernier de les accompagner dans un foyer. Nous joignons alors au téléphone le commissariat de la Goutte d’Or, qui lui nous informe de son côté, que les mineurs n’ayant commis aucune infraction, il n’y a pas besoin d’être accompagnés par la police en foyer, ceci suite à la directive reçue du Parquet. Il nous a été indiqué de prendre contact avec la CRIP (Cellule de recueillement et d’informations préoccupantes), ce que nous avons fait. Mais cette cellule nous répond que le passage de ces mineurs par le commissariat est obligatoire avant une admission dans les foyers.
    Nous décidons alors d’emmener les 6 mineurs au commissariat, (après une longue discussion avec eux). Nous étions en tout 3 adultes. Une fois sur place, l’un des policiers a contacté le Parquet, pour venir nous redire que sa position était claire : des mineurs n’ayant rien commis n’ont pas à être accompagnés par la police. Résultat, quadrature du cercle ou labyrinthe kafkaïen, les mineurs sont restés dans la rue.
    C’était le long week-end du 14 juillet 2017 pour les jeunes mineurs isolés marocains…

    Aujourd’hui, ce vendredi 21 juillet, est-ce qu’il y a du nouveau ?
    Hélas, aucune solution, en termes de protection de ces mineurs, n’a été apportée par les institutions habilitées. C’est notre constat, puisque ces mineurs sont toujours dans la rue. Ils continuent, pour certains, de venir dans notre local, à la recherche de soutiens (nourriture, repos etc …) 

    https://npa2009.org/.../quartier-de-la-goutte-dor-lerrance-des-mineurs-isoles-marocain...