lundi 31 décembre 2018

LE PACTE MONDIAL POUR UNE MIGRATION SÛRE, ORDONNEE ET REGULIERE RENFORCE LA VISION SECURITAIRE ET UTILITARISTE DE LA MIGRATION.


Par Lucile Daumas, 30/12/2018

Lors de l’adoption du « Pacte pour une migration sûre, ordonnée et régulière », à Marrakech le 10 décembre dernier, plusieurs pays ont refusé de signer, tandis que les droites extrêmes –européennes notamment- criaient au laxisme et alertaient sur la déferlante migratoire que ne manquerait pas de susciter un tel pacte. A croire qu’aucun d’entre eux n’avait lu le texte. Pourtant dès le titre, la perspective est donnée : ordre, régulation, sécurité. On est bien loin des recommandations du Rapport mondial sur le développement humain, présenté par le PNUD en 2009, traitant de la question migratoire : « Lever les barrières : mobilité et développement humain ». S’ils avaient vraiment lu le texte, ils auraient pu appréhender la vision frileuse, protectionniste, sécuritaire et utilitariste d’un pacte qui se positionne résolument du côté des gouvernements et des intérêts qu’ils défendent, plutôt que de celui des personnes et des peuples. Le préambule de la Charte des Nations unies commence pourtant par cette formule : Nous, peuples des Nations Unies… Les Etats l’auraient-ils oublié ?

C’est en tous cas sur cette base que se fonde la critique que nous faisons de ce pacte,déjà promis avant même d’être ratifié à n’avoir qu’un impact limité, car il est non contraignant sur le plan juridique, et il réaffirme le droit souverain des États de déterminer leur politique migratoire nationale et régir les migrations relevant de leur juridiction comme ils l’entendent. Autant dire que le Pacte renonce à l’affirmation de valeurs et principes forts, qui ont toujours été les fondements des textes internationaux portés par les Nations Unies, et auxquels tous les Etats du monde entier sont astreints de se conformer, dans le strict respect des droits humains.

§  . Le pacte ne fait aucune référence à la liberté de circulation des personnes et au droit pour toute personne de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat et  de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. (l’article 13 de la Déclaration universelle des droits humains).Il est par ailleurs muet sur l’érection des murs, barrières, dispositifs de surveillance et de répression qui freinent ou anéantissent l’exercice de ce droit.

Communiqué de Presse : le verdict dans l'affaire Luk Vervaet (par Maitres Dounia Alamat et Christophe Marchand)

 Communiqué de presse :
 Mes Dounia Alamat – d.alamat@vergauwen-avocats.be ; 00.32.484.65.13.74 - et Christophe Marchand – cm@juscogens.be  

Affaire Luk VERVAET : L'état belge condamné, mais pas ses pratiques contre la liberté d'expression 

Après huit ans et demi de lutte judiciaire pour voir reconnaître la faute de l’Etat belge, qui lui avait interdit d’entrer en prison où il enseignait le néerlandais, le verdict est enfin tombé dans l’affaire VERVAET. 

Dans un arrêt du 20 décembre 2018, la Cour d’appel de Bruxelles reconnaît que l’État belge a bien commis une faute dans cette affaire. Il a en effet systématiquement refusé d’entendre Luk VERVAET pour lui permettre de s’exprimer et de se défendre relativement aux comportements qu’on lui reprochait. 

Ces comportements, Luk VERVAET les a ignorés jusqu’après avoir perdu son emploi.  

Dans le cours d’une des multiples procédures introduites pour tenter de sauvegarder ses libertés fondamentales, il avait finalement appris que la sûreté de l’Etat avait rédigé une note. 
Dans celle-ci, cet organe de surveillance avait relevé une série d’activités militantes de Monsieur VERVAET - membre du Comité pour la liberté d’expression et d’association, fondateur d’un parti politique, proche du PTB, critique de l’extradition de N. TRABELSI et de l’enfermement de B. KYMIONGUR) - non violentes et publiques, émettant la conclusion qu’il n’y avait rien à lui reprocher. Luk VERVAET y était décrit comme un activiste, défenseur des droits de l’homme et opposant à la politique menée en matière de lutte contre le terrorisme.  

jeudi 27 décembre 2018

chronique du couchant décembre 2018




 
Chronique mensuelle des évènements récents au Maroc, au Sahara Occidental, dans ces pays où le soleil se couche, mais pas les peuples, et sur les routes de l’exode.  


 Décembre 2018


Maroc
 
Maroc : les ingrédients d’une révolution seraient-ils réunis ?
Un chômage exponentiel rend la vie de plus en plus difficile (+ un million de chômeurs depuis 2016), dont la jeunesse fait majoritairement les frais : 26% des 15/25 ans sans emploi ; 4,7% de la population sous le seuil de pauvreté. (Source Amine Belghazi, Middle East eye)
Les manifestations à Al Hoceima, Jerada, Zagora et dans les banlieues de Casablanca peuvent évoquer un risque de révolution dans le plus beau pays du monde. Dans la rue, les dociles sujets du roi osent maintenant dénoncer sa responsabilité dans l'état désastreux de l'économie que l’autoritarisme du gouvernement ne peut plus cacher. La jeunesse en particulier montre une dureté de langage jamais observée depuis l’accession de Mohammed VI sur le trône en 1999, elle ne songe qu'à quitter son pays qui ne lui offre aucun avenir. Lire l'article sur solidmar.blogspot.com/.../maroc-les-ingredients-dune-revolution.htm

Le Maroc voulait faire passer l'assassinat des deux jeunes touristes scandinaves pour un évènement grave mais isolé. Le peuple devrait garder haute son image de pays où on se randonne sans aucun risque de terrorisme. L'horrible crime de Louisa et Maren prouve le contraire. Le Makhzen ne peut plus cacher que des Marocains sont impliqués dans nombreux attentats barbares de ces dernières années. On ne se déplacerait donc pas toujours en toute sécurité dans ce beau pays à la population si accueillante. Lire : https://www.la-croix.com/Monde/Au-Maroc-village-Imlil-ebranle...

Deux des quatre premiers suspects de cet attentat sont originaires d'Al Azzouzi, bidonville misérable de Marrakech. Cette banlieue du nord-ouest de Marrakech est à la fois si proche, géographiquement, et si loin, socialement et économiquement, du cœur de la ville ocre, destination phare du royaume. Le contraste avec les hôtels de luxe et les belles avenues bordées de palmiers y est saisissant." www.lepoint.fr/monde/maroc-a-marrakech-precarite-et...

À travers les réseaux sociaux les Marocaine découvrent les rouages de la corruption tentaculaire, à tous les étages du pouvoir qui veut faire croire à l'amitié admirative de la France. " Valérie Trierweiler, dans son livre dévoile comment le roi du Maroc corrompt les dirigeants politiques français, qu’ils soient de gauche ou de droite, qui entretiennent une relation plus qu’étroite avec la monarchie marocaine, sachant pourtant qu'elle est bâtie sur la corruption et des intérêts qui concernent moins les peuples des deux pays que leurs dirigeants. Voilà pourquoi les responsables français ferment les yeux sur les atteintes aux droits de l’Homme commis sous les ordres du Makhzen...ce qui est peu honorable pour les deux pays.  fr.whatsupic.com/nouvelles-politiques-monde/1410071749.html

Driss El Yazami a été démis de ses hautes fonctions au Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH).
Il est remplacé par Amina Bouayach. Son limogeage serait lié à son rapport cité par Human Rights Watch publié quelques jours auparavant par le CNDH qui y signale qu'un certain nombre de détenus Rifains avaient été battus, soumis à des insultes, victimes de diffamation et de calomnies et autres menaces par des agents de police marocains  pendant leurs interrogatoires et la période d'enquête. Ce rapport a déplu à la Direction générale de la Sûreté nationale.
Driss El Yazami, ancien militant de la FIDH, puis fidèle défenseur de la monarchie, bénéficiait d'importants privilèges et d'une rémunération substantielle, en contrepartie de l'amélioration de l'image du Maroc sur le registre des droits de l'homme et des libertés. Source: hoceimacity.com, traduit par Rachid Oufkir

Les étudiants marocains bénéficiaires de bourses doivent s'engager à ne participer à aucune manifestation contre la monarchie.
Interdites les manifestations de solidarité avec le RIF, ou autre sit in ou participation à une marche aux slogans portant atteinte aux intérêts et à l’image du Maroc, sous peine d'avoir "des ennuis" en retournant au pays. Source : Marokleaks
Après les assassinats de deux jeunes randonneuses qui ne persuade plus vraiment sur l'absence de risque terroriste, le Maroc arrivera-t-il encore à convaincre des investisseurs européens comme il a tenté de le faire avec une délégation belge ?
Le roi et son gouvernement avaient invité la princesse Astrid et quatre cents investisseurs belges afin de les encourager à y investir. L'article est racontée avec beaucoup d'humour par Salah Elayoubi qui continue "L'un (des invités), s’est pris de l’idée de visiter la ville de Casablanca himself. Il n’a pas eu à aller bien loin avant de tomber sur le vrai Maroc, pas celui des papiers bristols et des lambris, mais le véritable, le seul, le vrai, celui des pissotières à ciel ouvert, des harceleurs, des décharges sauvages à tous les coins de rues, des mendiants, des clochards, des sdf.... tout cela à un jet de pierre de l’hôtel. Le lendemain, notre ami a conté sa visite au Maroc profond et devinez la suite. Le ministre a appelé le Wali qui a appelé le gouverneur qui a appelé le maire qui a appelé...vous l’aurez compris, en un tournemain, on a organisé la déportation sine die des clochards, des sdf et nettoyé au karcher les trottoirs en question et autres murs souillés (...). J’oubliais, les 400 belges et poussière étaient les invités du peuple marocain tous frais payés. (Vols gratuits, accueil VIP, hôtel 5 étoiles, avec tagines, couscous, briouates et loufiats en saroual, gants et babouches blancs.) Et si on s’amusait à calculer le coût de cette gâterie et ses retombées sur notre économie ?"

L’AMDH s’explique sur son refus d’assister à la cérémonie de remise des prix de la société civile
 “Avant de valoriser le travail des associations, il faut d’abord leur permettre de travailler
écrit Ahmed El Haij, président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Nous n’avons pas été candidats à ce prix et nous sommes convaincus que la priorité, aujourd’hui, est de reconnaître le droit d’exister aux ONG."  L’étau n’a cessé de se resserrer autour de ces ONG militant pour les droits humains. L'AMDH a déjà réagi en saisissant la justice qui a rendu 24 verdicts en sa faveur en condamnant le refus d’octroi du récépissé et a également réagi contre le refus d'’accès à des salles, des hôtels ou autres espaces publics pour y organiser des activités :  “au moins 140 refus”. Lire
solidmar.blogspot.com/.../lamdh-sexplique-sur-son-refus-dassister.html

Contagion des gilets jaunes au Maroc ?
Le fait que les gilets jaunes français revendiquent dans leur charte la fin du pillage de l'Afrique par la Françafrique ne peut que rendre ce mouvement sympathique aux Marocains. Des articles mentionnant l'arrivée des gilets jaunes au Maroc apparaissent sur internet, mais il est difficile d'en prévoir la portée.https://www.h24info.ma/actu/les-gilets-jaunes-debarquent-au-maroc/

Le soulèvement du Rif est toujours vivant  

 La Cour d’appel doit rendre justice aux activistes du Hirak : les verdicts sont entachés de soupçons de torture. « Un tribunal ne peut pas tout simplement ignorer des preuves de torture », a déclaré Ahmed Benchemsi, directeur de la communication et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord chez Human Rights Watch. « La cour dappel se doit d’écarter tout aveu suspect, et de garantir que personne ne soit condamné si ce n’est pour des crimes réels» Lire : https://www.hrw.org/fr/news/2018/11/30/maroc-des-verdicts-entaches-par-des-soupcons-de-torture

Le nouveau lion du Rif, Nasser, le rebelle présenté par ses parents au Parlement européen Nasser, "un homme pauvre, qui n’a pas terminé ses études, "mais riche à l’intérieur, une personne capable de mobiliser les autres : avec un téléphone portable, il a amené des centaines de milliers de personnes dans les rues après la mort de Mouhcine Fikri". Lire : https://news-europe.fr/maroc-le-nouveau-lion-du-rif-nasser-le...

https://www.rifonline.net/photo/art/default/23273744-25619118.jpg?v=1529965679
Wafi Kajoua
Les arrestations de Rifains se poursuivent, comme celle de Mohamed Makou, condamné à 2 ans et celle du prisonnier politique belgo-marocain Wafi Kajoua qui a été condamné à un an de prison et à une amende de 2000DH. Pour augmenter la punition et le perturber physiquement et psychologiquement, les autorités marocaines ont ordonné soudainement son transfert de Nador à la prison de Fez, énième représailles pour le réduire au silence et l'empêcher de dénoncer l'arbitraire à son encontre, notamment sa condamnation scandaleuse à l'issue d'un simulacre de procès aux chefs d'accusation fantaisistes.

Sahara Occidental
 
L'histoire du Sahara Occidental n'est pas, ou si peu, connue. 
 Il est intéressant de relire comment le Maroc, après l'Espagne, s'est impunément approprié cette libre terre sahraouie. Lire l'article : www.lexpressiondz.com/...chronologie-d-une-injustice-historique...  

Le Maroc n'a donc aucun droit sur cette riche terre qu'il occupe et nomme "sa provinces du sud". C'est l'Espagne qui reste toujours sa puissance administrante, mais ne s'en soucie guère, puisque le ministre socialiste ouvrier espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, Josep Borrell, a cité divers génocides comme celui du Rwanda, le Cambodge, etc., mais pas un mot sur le génocide perpétré au Sahara Occidental et pour lequel onze hauts responsables, militaires et policiers marocains sont poursuivis devant l'Audiencia Nacional. Josep Borrel est préoccupé par les violations des droits humains à travers la planète mais ne cite jamais celles commises par le Maroc sur le peuple sahraoui. (tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24938)et (Tlaxcala : Le ministre espagnol Borrel...)

Le dialogue rompu entre le Maroc et le SO sera-t-il relancé ?  
Pour tenter de relancer le dialogue rompu entre le Maroc et le Sahara Occidental, pour la première fois l'ONU y invite les voisins du SO, l'Algérie et la Mauritanie. Mais le Maroc s'obstine à rejeter l'idée du référendum d'autodétermination demandé par l'ONU et le SO. Depuis 1991 la monarchie a déplacé une très nombreuse population de colons faux Sahraouis dans les territoires occupés, rendant la population autochtone minoritaire et a investi d'énormes sommes dans des projets immobiliers que les Sahraouis ne demandent pas, et s'obstine à vouloir imposer son projet d'autonomie, qui lui permettrait de garder la main sur sa colonie.
 L’ONU et le SO maintiennent leur engagement à poursuivre les pourparlers malgré le rejet marocain. Horst Köhler a estimé qu’il serait “bénéfique” de créer cette confiance mutuelle entre les deux parties au conflit, concernant “le respect des droits de l’homme dans les territoires occupés, la libération des prisonniers politiques sahraouis, entre autres le groupe de Gdeim Izik, et l’ouverture des territoires occupés aux journalistes, observateurs internationaux et militants des droits de l’homme, pour témoigner de la situation dans cette partie occupée du Sahara Occidental”. https://lakoom-info.com/front-polisario-maroc-engagement-a...

Les accords UE-Maroc 
 Le Front Polisario déplore l'implication des peuples européens dans le pillage des richesses du peuple sahraoui.. Environ "100 organisations de la société civile sahraouie se sont adressées au Parlement Européen (PE), à la Commission Européenne de la pêche ainsi qu'aux États membres de l'Union Européenne (UE) pour protester contre les États qui veulent inclure le Sahara Occidental dans les accords UE-Maroc." www.elmoudjahid.com/fr/actualites/131038

Bruxelles, 5 déc. 2018 (SPS) Le député européen, Florent Marcellesi, s’est félicité mercredi de la décision du Tribunal de l’Union européenne (UE) qui a jugé que l’accord sur l’aviation civile conclu en janvier 2018, entre l’UE et le Maroc, est sans application au territoire du Sahara occidental et à son espace aérien.

Migrants

en montagne
 
Les "7 de Briançon" sont tous condamnés. 

Verdict scandaleux et honteux, conforme aux consternantes réquisitions du Parquet, au moment où les cols des Hautes Alpes se couvrent de neige, mettant en danger de jeunes Africains mal équipés qui ne connaissent pas les dangers de la montagne. (https://www.amnesty.fr/presse/a-briancon-lurgence-de-sauver-des-vies) 
 L'hiver dernier, grâce à la vigilance des militants maraudeurs, des vies ont été sauvées. Mais la justice en a choisi 7 afin de les punir pour délit de solidarité, et le 13 décembre la cour de cassation a fait preuve de déni d'humanité en les condamnant tous les 7.
Protestations de ceux qui y voient un tournant dangereux dans la répression des personnes solidaires et la négation du droit de manifester.  Écouter l'excellent reportage radio : "Migrants dans les Alpes : la solidarité condamnée."  

Dans les Hautes Alpes la majorité des migrants arrivant par les cols sont des mineurs isolés, que l'administration cherche à "déminoriser" car "tout est fait pour que les mineurs  isolés soient déclarés majeurs".
"Le gouvernement s'apprête à revoir le financement de la prise en charge des mineurs étrangers isolés, car aujourd'hui ces mineurs déboussolés par un processus administratif kafkaïen qui ne permet ni d’évaluer correctement leur minorité ni de les protéger et de leur trouver un abri, se retrouvent très souvent à la rue. Au total, 25.000 mineurs sont arrivés en France en 2017, et plus de 10.000 seraient livrés à eux-mêmes."
Mais le problème des MEI est plus financier qu'humain, il porte surtout sur les coûts, non sur les mineurs à la rue. A Paris, entre 80 et 85% des jeunes sont déboutés de leur reconnaissance de minorité.
https://www.nouvelobs.com/monde/migrants/20180312.OBS3445/tout-est-fait...


en mer

Des migrants non secourus sont morts après 11 jours de dérive en mer. Une ONG en appelle à la CPI.

 L'ONG allemande Mission Lifeline "accuse Frontex et Eunavfor Med de crimes contre l'humanité et appelle la Cour pénale internationale à enquêter". 25 migrants qui tentaient de rejoindre les côtes italiennes ont été emportés par le courant et ont dérivé 11 jours sans eau ni nourriture. Seuls dix d'entre eux, dont deux femmes, ont survécu dans un état de grave déshydratation.
"Des rapports de plus en plus alarmants confirment ce dont les équipes de l'Aquarius ont été témoins : les capacités de recherche et de secours sont insuffisantes et les embarcations en détresse sont ignorées", a dénoncé Médecins sans frontières (MSF).  Les bateaux civils de sauvetage sont entravés dans leur mission par des attaques politiques ciblées", a rappelé SOS Méditerranée, dont le navire l'Aquarius, affrété avec MSF, est bloqué à Marseille faute de pavillon. Lire :
https://mediaguinee.org/migrants-morts-apres-11-jours-mer-ong...

Il faut souhaiter bon avenir au nouveau bateau humanitaire qui navigue depuis le 20 décembre au large de la Libye, pour la première fois sous pavillon allemand. Il a quitté ce jeudi le sud de l'Espagne. Une initiative pilotée par l'ONG allemande Sea-Eye.

Mais le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a décidé de ne laisser aucun accès aux ports italiens : "Ma réponse est claire: les ports italiens sont fermés!" "Pour les trafiquants d'êtres humains et pour ceux qui les aident, la fête est terminée".
Le pacte international sur les migrations

Pacte mondial sur les migrations : vision de l’OIM, l'Organisation Mondiale pour les Migrations
Il s’agit notamment du droit international de la migration, qui regroupe les normes applicables énoncées, entre autres, dans le droit international des droits de l’homme, le droit international des réfugiés, le droit du travail, le droit international humanitaire, le droit maritime, le droit de la mer et le droit pénal transnational...




Par Lucile Daumas, 30/12/2018


Lors de l’adoption du « Pacte pour une migration sûre, ordonnée et régulière », à Marrakech le 10 décembre dernier, plusieurs pays ont refusé de signer, tandis que les droites extrêmes –européennes notamment- criaient au laxisme et alertaient sur la déferlante migratoire que ne manquerait pas de susciter un tel pacte. A croire qu’aucun d’entre eux n’avait lu le texte. Pourtant dès le titre, la perspective est donnée : ordre, régulation, sécurité. On est bien loin des recommandations du Rapport mondial sur le développement humain, présenté par le PNUD en 2009, traitant de la question migratoire : « Lever les barrières : mobilité et développement humain ». S’ils avaient vraiment lu le texte, ils auraient pu appréhender la vision frileuse, protectionniste, sécuritaire et utilitariste d’un pacte qui se positionne résolument du côté des gouvernements et des intérêts qu’ils défendent, plutôt que de celui des personnes et des peuples. Le préambule de la Charte des Nations unies commence pourtant par cette formule : Nous, peuples des Nations Unies… Les États l’auraient-ils oublié ?


C’est en tous cas sur cette base que se fonde la critique que nous faisons de ce pacte,déjà promis avant même d’être ratifié à n’avoir qu’un impact limité, car il est non contraignant sur le plan juridique, et il réaffirme le droit souverain des États de déterminer leur politique migratoire nationale et régir les migrations relevant de leur juridiction comme ils l’entendent. Autant dire que le Pacte renonce à l’affirmation de valeurs et principes forts, qui ont toujours été les fondements des textes internationaux portés par les Nations Unies, et auxquels tous les États du monde entier sont astreints de se conformer, dans le strict respect des droits humains.

§  . Le pacte ne fait aucune référence à la liberté de circulation des personnes et au droit pour toute personne de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat et  de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. (l’article 13 de la Déclaration universelle des droits humains). Il est par ailleurs muet sur l’érection des murs, barrières, dispositifs de surveillance et de répression qui freinent ou anéantissent l’exercice de ce droit.

mercredi 26 décembre 2018

Rappel : "Tout est fait pour prouver que les mineurs étrangers isolés sont majeurs




Le gouvernement s'apprête à revoir le financement de la prise en charge des mineurs étrangers isolés. Décryptage avec Corinne Torre, responsable France de MSF.

Propos recueillis par Sarah Diffalah,12/3/2018


Il était temps, le système est à bout de souffle. Aujourd'hui, ces mineurs, déboussolés par un processus administratif kafkaïen qui ne permet ni d’évaluer correctement leur minorité ni de les protéger et de leur trouver un abri, se retrouvent très souvent à la rue. Au total, 25.000 mineurs sont arrivés en France en 2017, et plus de 10.000 seraient livrés à eux-mêmes.
Les départements, qui doivent les prendre en charge, sont surchargés et financièrement plombés : près de 15.000 mineurs étrangers isolés leur ont été confiés en 2017, soit une hausse de 85% en un an. Ces chiffres ressortent d'un rapport remis à Matignon en février, et qui prône le maintien du délai d’évaluation à une période de 25 jours maximum, et l’accroissement des capacités d’hébergement. Deux scénarios se détachent pour améliorer la machinerie. Le premier prévoit une "augmentation significative" de la participation financière que l'Etat rembourse aux départements, mais des "compétences inchangées". Le second envisage un "transfert des compétences à l'Etat" en matière d'hébergement et d'évaluation des mineurs.
Corinne Torre, responsable France de MSF, dont le centre d’accueil de Pantin (Seine-Saint-Denis) accompagne les mineurs isolés étrangers, dénonce le manque de financements et appelle l’État à assumer ses responsabilités. Entretien. 
Les mineurs étrangers non accompagnés relèvent à ce jour de la protection de l’enfance, compétence du département. Transférer ces compétences en matière d’hébergement et d’évaluation à l’Etat est-il une solution ?
Le système tel qu’il existe aujourd’hui ne fonctionne pas. Mais demander à l’État de prendre en charge l’évaluation et la mise à l’abri serait catastrophique. Les mineurs étrangers ne peuvent pas être traités comme des migrants adultes. Ils doivent être d'abord considérés comme des enfants, indépendamment de leur nationalité. Ils ne doivent donc pas sortir du dispositif de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), malgré ses défauts, et donc des départements.
L’État, avec sa politique migratoire répressive, n'est pas bienveillant à l’égard des mineurs étrangers isolés, qui ont besoin d'une prise en charge particulière. Cela demande des moyens, des recrutements de personnels qualifiés et formés pour gérer cette population. Ce n’est pas le cas aujourd’hui dans de nombreux départements.
L’augmentation du nombre de ces mineurs étrangers a plongé les départements dans de graves difficultés financières. Comment peuvent-ils alors assurer de manière efficiente cette prise en charge ? 

Ils le peuvent si l’État débloque de l’argent ! Ces fonds serviront notamment à investir dans les ressources humaines. A Paris par exemple, 40 jeunes se présentent chaque jour dans le centre d’évaluation qui doit juger de leur minorité. Le personnel ne peut pas absorber ce flux. Pour gérer le problème, depuis décembre, des pré-évaluations ont été mises en place avant l'évaluation. Elles durent une demi-heure, avec cinq ou six questions. Mais comment peut-on décider si un gamin est mineur ou pas en une demi-heure, alors qu’on n'y arrive déjà pas en deux heures ? C’est scandaleux.
Le jugement se fait au faciès : parce qu’on aura estimé qu’il a de faux papiers, qu’il est trop grand, trop bien habillé, qu’il ne fait pas son âge, qu’il parle trop bien, il se verra opposer un "refus guichet" et ne pourra pas avoir accès à l’entretien d’évaluation. Dans notre centre, 70 jeunes se sont vu refuser l'entretien. Et pourtant, la convention internationale des droits de l’enfant dit bien que si un jeune se présente comme mineur, il doit, au bénéfice du doute, être évalué et protégé dans l’attente de son évaluation.
Aujourd’hui, le débat gouvernemental autour des mineurs isolés porte surtout sur les coûts, non sur les mineurs déboutés à la rue...
L'itinéraire du mineur isolé est un parcours du combattant. Il n’y a personne pour les accueillir. Tous passent des nuits dehors en arrivant avant de tomber sur une association qui les oriente. Ensuite, si le jeune arrive à obtenir un rendez-vous pour évaluer sa minorité, il n’est pas protégé pour autant. Le personnel doit établir si ses papiers, quand il en a, sont authentiques et juger si le récit de son parcours migratoire est crédible pour confirmer sa minorité. Cela peut prendre plusieurs semaines, en fonction de sa nationalité, de la capacité des proches à fournir des documents et des preuves de sa minorité.
Pendant ce temps, l’État doit loger le mineur puisqu’il est en cours d’évaluation. Les cinq premiers jours sont à la charge financière de l’État, puis le département prend le relais. Or les départements n'ont plus les moyens. On comprend alors pourquoi de nombreux mineurs se retrouvent à la rue.
A Paris, entre 80 et 85% des jeunes sont déboutés de leur reconnaissance de minorité sur la base de cet entretien. Mais une fois encore, comment peut-on juger aussi rapidement du parcours d’une personne qui a subi des violences lors de son voyage pour venir jusqu’en France et qui en a peut-être subi dans son pays d’origine ? Il y a des gamins qui ne racontent pas la vérité car ils n’arrivent pas raconter leur histoire ou parce qu’ils récitent un discours stéréotypé dicté par les passeurs.
On doit pouvoir, en France, héberger ces jeunes, leur offrir une protection spécifique pour les rassurer, les stabiliser, les mettre en confiance jusqu’à l’évaluation. On doit pouvoir leur donner toutes les chances d’être reconnus mineurs. Or, tout est fait pour prouver qu’ils sont majeurs. Arrêtons de les traiter à charge.
Sarah DiffalahPropos recueillis par Sarah Diffalah


L’assassinat de deux touristes scandinaves au #Maroc a failli passer inaperçu


L’assassinat de deux touristes scandinaves au #Maroc a failli passer inaperçu, les autorités marocaines ayant voulu, dans un premier temps, faire passer cela pour un acte isolé. Mais les auteurs du crime ignoble ont diffusé une vidéo montrant les images horribles des terroristes islamistes égorgeant et décapitant les deux Scandinaves qui faisaient une randonnée dans une région montagneuse du centre-ouest du Maroc.
Les deux touristes, une #Danoise et une #Norvégienne, s’étaient aventurées dans une zone reculée de ce pays qui s’enorgueillit d’être à l’avant-garde de la lutte contre le #terrorisme et dont les responsables politiques et sécuritaires multiplient les assurances à l’endroit des étrangers qui voudraient visiter le Maroc.
Le sort malheureux subi par les deux victimes trahit les mensonges de Rabat et de ses relais #médiatiques #français qui décrivent un pays où la situation sécuritaire serait maîtrisée et où aucun risque d’attentat ne serait à craindre.
Le modus operandi extrêmement violent utilisé par les terroristes marocains – l’égorgement et la décapitation filmés – vise assurément à montrer l’appartenance des auteurs de ce crime abject à #Daech dont l’empreinte est indélébile. La diffusion de la vidéo sert aussi à contrer la propagande du régime de Rabat et de ses alliés occidentaux, de sorte à faire fuir les étrangers et à priver l’économie marocaine exsangue des ressources financières garanties par le secteur du tourisme et à décourager les investisseurs auxquels le gouvernement marocain multiplie les appels du pied, en vantant la stabilité et la sécurité qui régneraient dans le pays.
Mais il n’en est rien. Aux manifestations qui secouent le nord du Maroc depuis plusieurs mois et au doute qui habite les Marocains sur la capacité de leur roi à diriger le pays s’ajoute ainsi une éruption de violence terroriste qui démontre que, de toute évidence, le Maroc ne peut être épargné par le phénomène du terrorisme transfrontalier.
Les deux victimes scandinaves d’Imlil payent le prix de l’arrogance du régime marocain et de la complicité de ses alliés occidentaux, qui cachent la vérité à leurs ressortissants sur le climat délétère qui règne dans cette partie du Maghreb, décrite comme étant immunisée contre le péril #terroriste.
K. M.

Le Front Polisario déplore l'implication des peuples européens dans le pillage des richesses du peuple sahraoui


Chahid El-Hafedh, 21 déc 2018 (SPS)

 Le Front Polisario a souligné sa  détermination à recourir à toutes les voies offertes, y compris la justice  européenne pour défendre les droits du peuple sahraoui et sa souveraineté  sur ses richesses, appelant, à cet égard, les gouvernements de l'Union  européenne (UE) à mettre fin immédiatement à ce processus, qui implique  malheureusement les peuples européens dans le pillage flagrant des ressources d'un peuple démuni et opprimé qui a vu ses terres occupées par  la force militaire.
Le Secrétariat national du Front Polisario a salué, dans un communiqué  sanctionnant les travaux de sa 9e session ordinaire, présidée par le président de la République, SG du Front Polisario, Brahim Ghali, les arrêts consécutifs de la cour de justice de l'Union européenne (CJUE)  portant annulation de tout accord de ce genre, englobant les territoires, l'espace ou les eaux territoriales du Sahara Occidental sans le consentement du peuple sahraoui, à travers son unique et légitime représentant, le Front Polisario, affirmant, à ce propos, que les positions adoptées par la France et l'Espagne à ce sujet étaient "une violation manifeste de la loi européenne, du droit international et du droit humanitaire international".


    La peine sans fin de Malika El Aroud


    Pour illustrer (et justifier) le refus de demande d’asile politique de Malika El Aroud, les médias ont ressorti les images et les commentaires de son procès il y a dix ans. Pas d’image floutée, « la veuve noire du Jihad » est montrée avec un grand carré noir masquant ses yeux, entrant dans la salle d’audience du tribunal, menottée, sans foulard…
    Pourtant, depuis ces images, Malika a fait huit ans de prison, jusqu’à son dernier jour de peine.
    À près de soixante ans, elle est sortie de prison en décembre 2016. Elle a tenté de reconstruire sa vie, avec toutes les difficultés imaginables, tout près de sa famille.
    Deux ans après sa libération et sans qu’elle n’ait posé aucun problème, les autorités belges ont jugé que huit ans de prison ne suffisaient pas. Ils l'ont déchue de sa nationalité belge pour pouvoir l’expulser au Maroc, pays où elle n’a jamais vécu. Et ainsi, un beau matin d’octobre dernier, elle a été arrêtée à nouveau, menottée et enfermée dans le Centre pour illégaux de Bruges, dans l'attente de son expulsion.
    Pas de deuxième chance pour Malika, mais bien une deuxième peine.
    Pas de réconciliation, mais destruction et éradication.
    On est parfois choqué par la haine ou les appels au meurtre dans les commentaires des articles de presse. Mais l’essentiel, c’est le message de vengeance et de guerre sans fin de l’État belge.
    Une simple question à toute personne éprise de paix et de justice, mais surtout aux spécialistes de la déradicalisation : pourquoi ne pas soumettre ceux qui nous gouvernent à un cours de déradicalisation ?
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    Noël / Joie et espérance...


    Mes pensées vont tout d'abord aux parents, familles et amis de Louise et Maren, étoiles du Nord, dans la fleur de l'âge, assassinées par des crapules barbares qui ne méritent pas d’appartenir au genre humain...
    Mes pensées vont au creux des emprisonnés politiques du Maroc, au peuple du Rif qui n'en finit pas de s'endeuiller... et au peuple marocain dans son ensemble, tyrannisé par des mafieux dont le chef suprême est le roi prédateur...
    Mes pensées vont au creux des souffrances des peuples de l'abîme, des humains qui meurent de misère, de faim, de maladies, de guerre, d'oppression et de tyrannie!
    Je souhaite à toutes celles et ceux qui fêtent Noël, un moment de communion joyeuse, d'espérance et surtout de paix!

    Reportage radio : "Migrants dans les Alpes : la solidarité condamnée"


    "Migrants dans les Alpes : la solidarité condamnée" :
    un reportage radio sur le procès des 7 de Briançon et la situation désastreuse à la frontière franco-italienne (violations des droits, violences policières, mises en danger...).
    26 minutes de son diffusées par RTBF - La Première, dans l'émission Transversales : http://rtbf-pod.l3.freecaster.net/…/g…/open/X/XwWGoOoPCn.mp3