samedi 20 janvier 2018

Rappel : J’ai vu pleurer les enfants du Rif !


les enfants du rif2 
J’ai vu pleurer les enfants du Rif. Je les ai vus pleurer un des leurs. Cueilli dans la fleur de l’âge, pour avoir défendu le droit des rifains à la dignité.
J’ai vu pleurer les enfants du Rif. Et nul ne pourra dire de ces enfants-là, qu’ils simulaient le chagrin et la peine. Nul ne pourra non plus crier à la manipulation.
J’ai vu pleurer les enfants du Rif. Parce que les enfants ont cette intuition innée de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas,  ils pleuraient ce jour-là, de voir autant d’injustice s’en prendre à leur région, au point de tuer impunément ce grand frère qui défendait leurs droits à l’instruction, aux soins médicaux, à l’emploi, à la bonne gouvernance, au désenclavement et à tout le reste ………
J’ai vu pleurer les enfants du Rif et leurs larmes rejoindre les rivières de larmes et de sang rifain, soumis aux ignominies du despotisme depuis si longtemps.
J’ai vu pleurer les enfants du Rif et j’ai pleuré avec eux d’impuissance, face à la monstruosité du régime et au lourd tribut payé par les marocains pour que persistent injustice, népotisme, corruption, féodalisme et répression, ces infamies consubstantielles de la « Hogra ».
J’ai vu pleurer les enfants du Rif et ces larmes-là me hanteront jusqu’à mon dernier souffle. Si le despote avait ce soupçon d’humanité que le marketing lui prête indument, il en aurait immanquablement pleuré y voyant l’image de ses propres enfants, accablés de désespoir et de compassion, pour les parents d’Imad.
J’ai vu pleurer les enfants du Rif, parce qu’on leur renvoyait leur frère, dans une boîte, scellée comme fut scellé, un jour, le destin de leurs grands-parents, condamnés à errer tels des vagabonds, se terrer comme des animaux, fuir le pays ou se laisser mourir de froid, de faim et de maladie dans les montagnes.
J’ai vu pleurer les enfants du Rif et sangloter à grand cris. Et ces sanglots-là ont submergé les incantations impuissantes, d’un Imam qui en appelait au ciel pour qu’il ait pitié de notre pays.
J’ai vu pleurer les enfants du Rif. Mais ils ne pleuraient pas seulement Imad El Attabi, perdu à tout jamais pour notre pays. Ils pleuraient aussi leurs propres martyrs, chacun d’entre eux en comptant au moins un dans sa famille.
J’ai vu pleurer les enfants du Rif. Ils pleuraient aussi leur propre sort, leur existence et leur avenir perdus à tout jamais.
les enfants du rif
Je n’ai pas vu tuer Imad, mais j’ai vu assassiner notre jeunesse dans le Rif et ailleurs. Un assassinat prémédité de longue date et qui a mué, pour mieux se fondre dans le décor, passant de la liquidation physique au meurtre par l’enclavement, l’ostracisme, l’ignorance, le chômage, l’injustice et le désespoir.
Je ne connaissais pas Imad El Attabi.  Pas plus que je n’ai assisté à cette tragédie, dans la tragédie, son assassinat, son transfert subreptice en hélicoptère et enfin son retour au pays, dans une boîte, au mépris des règles les plus élémentaires de l’Islam, après l’avoir maintenu en vie artificiellement histoire de tromper l’opinion.
Mais j’ai vu pleurer les enfants du Rif !
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Semaine sur Solidmar : moments forts du 14 au 21/1/2018



    Maroc : Lettre ouverte au Ministre de la Justice et au Directeur de la prison locale d'Aït Meloul

  Latefa, énième martyre d’une loi aux fondements instables

Cela fait maintenant plus de 10 ans qu’ATTAC Maroc se bat sur tous les fronts


Bonjour,

Cela fait maintenant plus de 10 ans qu’ATTAC Maroc se bat sur tous les fronts (juridique, administratif, militant) pour tenter d’obtenir le renouvellement de son récépissé, qui lui permettrait de fonctionner en toute normalité.
Lorsqu’Attac Maroc a été créé en 2000, il avait fallu une campagne internationale pour obtenir ce document. Aujourd’hui nous faisons à nouveau appel à vous pour nous soutenir afin de faire respecter notre droit d’association.
C’est pourquoi nous vous envoyons la pétition ci-jointe, afin que vous la signiez en tant qu’organisations, ou à titre individuel. N’hésitez pas à la diffuser auprès de vos membres, amis et alliés.
Pour les organisations, indiquer le sigle, le nom complet et le pays. Indiquer international pour les réseaux internationaux
Pour les personnes, indiquer Nom, prénom, profession, pays.

Prière d’envoyer vos signatures à

Texte de la pétition-

L'association Attac Maroc, membre du Comité pour l'annulation de la dette illégitime, a tenu son 6ème congrès du 5 au 7 mai 2016 à Casablanca.
  
Après son 1er congrès, et suite à une campagne internationale de solidarité, ATTAC Maroc avait fini par recevoir en 29 mars 2002 le récépissé légal lui permettant d’exercer ses activités en toute légalité. Or, depuis cette date, après chaque congrès, l’association renouvelle comme l’exige la loi sa demande de récépissé, mais les autorités refusent même le dépôt du dossier. Il en résulte une situation ambiguë : ATTAC Maroc n’est pas interdite mais ne possède par le document qui lui permet de faire valoir son existence, ce qui perturbe considérablement ses activités (demandes de salles publiques, demandes de subventions, etc.). C’est donc une épée de Damoclès qui pèse en permanence sur l’association et cette fragilité est d’autant plus sensible que, à l’instar d’autres organisations militantes marocaines –avec ou sans récépissé, ATTAC Maroc s’est vue interdire l’accès aux salles prévues pour plusieurs activités qu’elle avait programmées (Université de printemps 2016, séance d’ouverture du 5ème congrès, ...). 15 ans après sa constitution et sa reconnaissance légale, il est grand temps que la situation administrative d’ATTAC Maroc soit régularisée et que soient levées toutes les entraves qui gênent ses activités. C’est pourquoi, no
us soussigné.es, attaché.es au respect du droit à la liberté d’expression et d’association, demandons le renouvellement dans les plus brefs délais du récépissé légal d’ATTAC Maroc, afin qu’elle puisse jouir de toutes les prérogatives liées au libre exercice du droit d’association.




Latefa, énième martyre d’une loi aux fondements instables






Source : LesInfos.ma
19/01/2018 15:45

Depuis quelques jours, l’histoire d’une employée domestique – Latefa - torturée pendant plus d’une année par ses patrons, défraye la chronique. Les associations, les médias et l’opinion publique sont en ébullition et ce fait-divers, loin d’être le premier du genre, met sur le devant de la scène la question de la traite humaine et la difficulté de l’application de la loi 19-12 qui était censée venir combler le vide juridique qui touchait le travail domestique.

La polémique enfle depuis l’hospitalisation de Latefa, employée de maison torturée par ses employeurs, et les acteurs associatifs se sont constitués partie civile afin de faire valoir les droits de cette jeune fille, actuellement en soins intensifs, tout en appelant le gouvernement « à prendre les mesures nécessaires pour protéger ces jeunes filles contre l'exploitation dans le travail domestique et contre les abus dont elles sont victimes ».
Ce fait-divers, loin d’être un cas isolé, interroge à de nombreux égards notamment sur la loi 19-12 – annoncée comme une révolution au moment de son adoption en 2017 – et dont les fondements restent très compliqués à appliquer en l’absence de suivi.

Que dit la loi ?
La loi 19-12, une première d’ailleurs dans le monde arabe qui connaît un vide juridique en la matière, a été promulguée afin de donner un cadre légal au travail domestique.

Les luttes des femmes entre hier et aujourd'hui (Maroc/France)

L'AMDH Paris/IDF vous invite à une conférence/débat autour des luttes des femmes entre hier et aujourd'hui, au Maroc et en France, le jeudi 25 janvier 2018 à 18h30 au 10 rue Affre 75018 (métro : Barbès ou La Chapelle) avec la participation de :

- Latifa Bouhssini: professeure universitaire et historienne du mouvement féministe marocain
et
- Alima Boumediene-Thiery : avocate et militante de l'association femmes plurielles

Nous vous attendons nombreuses et nombreux.

vendredi 19 janvier 2018

La répression de la révolte du Rif a fait perdre au Maroc toute crédibilité

Sur la pancarte : “Non à la militarisation du Rif”, lors d’un rassemblement de protestation, le 13 janvier 2018, à Rabat. PHOTO / YOUSSEF BOUDLAL / REUTERS.
Il restera de l’année 2017 le souvenir d’une année noire pour le Maroc en général. Et pour le Rif en particulier [le 28 octobre 2016, le pêcheur Mohcine Fikri meurt broyé dans une benne à ordures dans la ville d’Al-Hoceima. Une tragédie à l’origine d’un mouvement de contestation, le Hirak, portant des revendications économiques et sociales].
Nasser Zefzafi [figure emblématique du Hirak, détenu depuis le 29 mai 2017] et ses compagnons avaient, en effet, osé l’impensable, interpeller directement le roi sur l’ostracisme que la région subit depuis toujours de la part de l’administration centrale, quand d’autres, au fond du désespoir, adressent des vivats insupportables au premier de leurs tourmenteurs !

La détresse du peuple marocain

Étrangement, en cette année de disgrâce, lorsqu’il s’est agi d’opprimer, il ne fut plus question d’isolement, ni d’enclavement, ni de manque de moyens, le Makhzen [l’appareil étatique marocain] trouvant alors les ressources techniques et humaines afin de mettre le Rif à un jet de grenade lacrymogène de Rabat. On a même pu apprécier la dextérité avec laquelle les forces de l’ordre manipulaient les nouveaux équipements, comme les drones, afin d’espionner les manifestants ou coordonner leurs attaques contre eux.
Face à des manifestants pacifiques qualifiés par le régime d’émeutiers ou de séparatistes, le pouvoir marocain a déployé ses meilleurs moyens répressifs : gendarmerie, police antiémeutes, forces auxiliaires, sans oublier policiers en civil et supplétifs du désordre, les jeunesses royalistes. Ces derniers instrumentalisés comme voyous et casseurs avaient pour but de donner du crédit à la répression sauvage qui s’est alors abattue sur les véritables patriotes, manifestant la détresse du peuple marocain, face à la misère et au dénuement.

Il restera de cette année 2017 le souvenir d’une poignée de militants rifains courageux, dont on a voulu taire le discours intelligent et bien construit. Si bien construit que le régime marocain y a lu la résurgence d’un nationalisme rifain, imaginaire ou réel, qu’il croyait avoir enterré à tout jamais, avec des décennies d’une éducation abrutissante, de médias et d’imams aux ordres du Makhzen. Ce serait oublier que ceux du Rif, à qui on tournait le dos, avaient fini par regarder ailleurs pour y chercher les sources d’inspiration et d’espérance. Ils avaient simplement trouvé dans la tragédie qui les accablait les ressorts de leur survie physique autant qu’intellectuelle. La parenté exilée en Europe et en Amérique, le surgissement de la parabole avec ses chaînes satellitaires, puis l’arrivée d’Internet, sans oublier le système D rifain, ont largement contribué à leur salut.

Un régime qui s’enfonce dans l’ignominie

Autant le dire, le régime marocain a perdu la guerre du Rif en 2017, parce qu’il y a laissé toute crédibilité. Dans plusieurs quartiers d’Al-Hoceima, d’Imzouren, de Tamassint, les populations ont tourné en bourrique des policiers-voyous. Tantôt coupant à travers champs pour rejoindre les manifestations, tantôt abandonnant la rue pour se réfugier en terrasses pour y conspuer les forces de l’ordre, contraintes, par dépit ou par vocation, de s’en prendre aux biens privés, faute de pouvoir casser du manifestant. Tantôt en entonnant des slogans et des concerts de casseroles dans la pénombre totale. Tantôt en affamant les policiers par des grèves générales, rideaux baissés.

Une jeune domestique torturée par ses employeurs provoque la colère des Marocains

Par Narjis Rerhaye (A Rabat)17/1/2018



Latefa, 22 ans, est originaire de Zagora, cette ville du Sud marocain, réputée pour ses kasbahs anciennes. Il y a un peu moins de deux ans, elle a été « placée » par son père chez une famille, à Casablanca. Latefa est domestique comme des milliers de très jeunes filles qui quittent leurs lointains villages ou villes pour travailler chez des familles marocaines. Cette très jeune fille est tombée sur la mauvaise famille. Le couple qui l’employait la torturait, lui infligeant les pires sévices. Ils avaient, entre autres, l’habitude de la brûler avec des fourchettes rougies sur le feu

Depuis samedi 13 janvier, Latefa est en réanimation, dans une clinique casablancaise. Dans un état grave, elle a été hospitalisée par ses employeurs qui sont également ses bourreaux. A la clinique, c’est la consternation. Le directeur de l’établissement s’empresse d’alerter la police. INSAF, une association qui « contribue à l’avènement d’une société qui garantit à chaque femme et à chaque enfant le respect de leurs droits dans un environnement digne et responsable », est également appelée.

« Nous avons découvert une jeune fille entre la vie et la mort. Complètement terrorisée. Nous n’avons jamais vu de tels sévices. Ce que Latefa a enduré est absolument inimaginable. Et d’après les éléments que nous avons pu recueillir, ce n’est pas la première fois qu’elle est torturée. Elle aurait même été hospitalisée une première fois », a déclaré à « Atlasinfo » Amina Khalid, membre d’INSAF.

Des brûlures sur le corps, des fractures, une anémie sévère : la jeune domestique est actuellement en soins intensifs. Son hospitalisation pourrait durer plus d’un mois. Depuis son admission à la clinique, ses employeurs sont passés la voir. Lundi, ils ont même déposé un chèque de caution de 20 000 dhs auprès de l’administration de la clinique. 

Informations sur la marche citoyenne Vintimille/Calais

Marche pacifique.
Prochaine réunion d'organisation le mercredi 7 février à 18H à la salle des Mutualités, impasse Montjoie




publié ce jour sur le Fbk  de l'Auberge des migrants :

CONTACT : marche.auberge@gmail.com
avec cette demande :
Si vous habitez dans une ville-étape ou à proximité, ou encore si vous connaissez une personne, un groupe, dans une des villes-étapes, et pouvez nous servir de relais, écrivez SVP un message sur marche.auberge@gmail.com, en nous laissant si possible votre numéro de téléphone. Merci !



jeudi 18 janvier 2018

Plan d’urgence de Jerada: les mineurs très sceptiques,grève générale le 19 janvier


Mardi 16 janvier 2018 à 18h16

Plan d’urgence de Jerada: les mineurs très sceptiques  
Alors que la tension se maintient dans les rues de Jerada, les mineurs contactés par nos soins rejettent la quasi-totalité des mesures d’urgence, annoncées en réponse aux revendications socioéconomiques de la population. Des mesures qui interviennent à quelques jours d’une nouvelle grève générale, annoncée pour vendredi avec pour objectif de maintenir la mobilisation.

Selon une source autorisée jointe par Médias 24, l’ONEE a bien négocié un accord avec des représentants de mineurs de Jerada, début janvier.
Dans le détail, cet accord porte sur la création d’une société qui réunira les mineurs de la région. L’objectif étant de leur assurer – outre de meilleures conditions de travail, de pouvoir écouler leur charbon directement auprès de l’ONEE, à un prix garanti supérieur au tarif actuel, fixé par les ‘’barons du charbon’’. Une concession en bonne et due forme pour exploiter le charbon leur sera également octroyée. Selon la même source, cette société a déjà été créée.
Contactés par nos soins, plusieurs mineurs ont réfuté l’idée même de cet accord, et ce pour plusieurs raisons:
- Selon leur version des faits, les quelques dizaines de personnes présentes à cette réunion n’étaient pas habilitées à négocier cet accord. Ils leur dénient même le statut de ‘mineur’, ces personnes étant plutôt des ouvriers saisonniers, ne travaillant dans les descenderies que de manière épisodique.
En outre, cette réunion avec des personnes non représentatives de leurs corporation a été perçue par les mineurs comme une tentative de diviser leurs rangs.
- Les mineurs rejettent l’idée de se structurer en société afin de commercialiser leur charbon. Ils réclament au contraire une alternative afin justement de ne plus avoir à travailler dans les descenderies.
- Au sujet de la fermeture des descenderies, les mineurs ne seront d’accord qu’à condition de percevoir des indemnités, au titre de la dégradation de leur état de santé, des décès survenus, mais aussi des ‘investissements’ qu’ils ont consentis. Selon certains d’entre eux, pas moins de 160.000 DH sont nécessaires pour creuser une descenderie.
- Les mineurs réclament également l’ouverture d’une enquête sur les ‘’barons du charbon’’, et leur collusion présumée avec les autorités.
- Les jeunes de Jerada contactés par Médias 24 s’opposent à l’idée de travailler dans les pôles industriels de Kénitra et Tanger, comme proposé par le wali. Ils réclament des investissements et des emplois locaux, pour être en mesure de participer au développement de leur province.
- Malgré l’annonce de mesures d’urgence par le wali de la région, les manifestants appellent à une grève générale ce vendredi 19 janvier, au niveau de l’ensemble de la province de Jerada. Le samedi 20 janvier verra aussi l’organisation d’une manifestation simultanée à l’échelle de la province.

NDDL : Le pari de l'intelligence

Abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes : une grande victoire des paysans, des riverains, des zadistes, et tous ceux qui, depuis un demi-siècle, ont su occuper le « terrain », médiatique, politique et scientifique.
La messe est dite. D’ici à la fin de cette semaine, le président de la République ou le Premier ministre – ou peut-être même Nicolas Hulot (qui a assez souffert pour mériter ce petit privilège) – annoncera l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. C’est une grande victoire des paysans, des riverains, des zadistes, et tous ceux qui, depuis un demi-siècle, ont su occuper le « terrain » dans tous les sens du terme, médiatique, politique et scientifique. C’est la victoire d’une intelligence collective qui, à force d’arguments, a fait vaciller les certitudes les plus arrogantes. Mais maintenant, quoi ? Que faire de ce vaste bocage ? Et de ceux qui l’occupent ?
Rêvons un peu. Supposons par exemple que Gérard Collomb soit invité à remiser dans la réserve les matraques de ses CRS, et Jean-Yves Le Drian les lance-grenades de ses gendarmes. Supposons que l’on ait juré en haut lieu, et une fois pour toutes, qu’il n’y aurait plus d’autres Rémi Fraisse. Supposons que l’on ait décidé de couvrir de ridicule ces articles de presse qui, avec ostentation, ont rendu compte ces dernières semaines de préparatifs guerriers, analysé les stratégies militaires, présenté la ZAD comme un camp retranché piégé de chausse-trapes et peuplé de terroristes avides de violences.


Couverture de l'Hebdo Politis N°1486
Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.



Rappel il y a deux ans : 18 janvier 2016, au Maroc: "Affaire Belliraj"




 
Abdelkader Belliraj dhnet.be

Le 4 janvier 2016, Alkarama a saisi le Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire (GTDA) des Nations Unies du cas d'Abdelkader Belliraj, un citoyen belgo-marocain de 59 ans condamné par les autorités marocaines à la prison à perpétuité en 2009 sur la seule base de ses confessions obtenues sous la torture − raison pour laquelle il avait bénéficié d'un non-lieu en Belgique en Octobre 2013. En saisissant le GTDA pour une seconde fois, Alkarama espère que ce mécanisme onusien de protection des droits de l'homme constate le caractère arbitraire de la privation de liberté de la victime qui dure depuis huit ans, et invite les autorités marocaines à prendre les mesures nécessaires pour le libérer.


Arrestation arbitraire, détention secrète et torture
Arrêté à Marrakech le 18 janvier 2008 par des agents en civil sans mandat de justice qui ont refusé de lui notifier les raisons de son arrestation, Belliraj a été détenu au secret pendant 28 jours, période durant laquelle il a non seulement été soustrait à la protection de la loi, mais aussi été soumis à de graves tortures dont il porte encore les séquelles aujourd'hui. Entre autres, comme il a témoigné au cours de son procès, Belliraj a été violemment battu sur toutes les parties de son corps, suspendu durant de longues périodes, privé de nourriture et placé en isolement dans une cellule minuscule. Ce n'est qu'au terme de ce mois de supplice qu'il a accepté de signer, sans même être autorisé à en prendre connaissance, des procès verbaux de police contenant ses « aveux ». D'autres accusés dans le cadre de cette affaire, tels qu'Abderrahim Abourkha et Ali Aarrass ont témoigné avoir été victimes du même mode opératoire.

Douches froides anti-SDF, par -2° !

Mise à jour sur la pétition

Des douches froides anti-SDF!

Martine MAÇON
Royan, France
17 janv. 2018 — Eric Lafontaine, responsable de la Société Pénates, propriétaire du parking rue de Rivoli , juge "pas bien méchant" le fait de passer à la douche froide, des sans abris. C'est pourtant révoltant, scandaleux et inhumain!

Maroc : Totale solidarité avec Jerada, une ville mobilisée contre la misère et la marginalisation



11 janvier par Nora Al Manzal, 


À Jerada, ville minière de l’Est du Maroc, le 22 décembre 2017, les frères Houcine et Jedouane Dioui ont trouvé la mort dans un puits de charbon. Les secours ne sont pas arrivés en temps opportun et c’est grâce à l’intervention de la population que d’autres ont pu en réchapper.
Cet accident est venu mettre en lumière une fois de plus -car ce n’est pas la première fois que des mineurs périssent dans des trous de mines artisanaux qui manquent de toute infrastructure de sécurité et de protection- les conditions précaires dans lesquelles les mineurs extraient le charbon depuis que la société de charbonnage a fermé en 1998. C’est d’ailleurs une ville où existaient, jusqu’à la fin des années 1990, de fortes traditions syndicales.
La population, fortement affectée depuis cette époque par le chômage et déjà remontée contre la hausse récente des montants des factures d’eau et d’électricité, ainsi que contre l’abandon des anciens mineurs souffrant de silicose, s’est immédiatement mobilisée. Elle a empêché que les autorités procèdent à l’enterrement à la va-vite des deux corps et exprime son exaspération devant l’absence de politiques publiques de reconversion de l’activité économique de la ville, par des mobilisations qui se succèdent depuis la date du 22 décembre 2017.
Les forces de répression ont tenté dans un premier temps d’éteindre le mouvement par la matraque, mais elles ont reculé, craignant que ne se cristallise à Jerada un nouveau « Hirak » (mouvement), à l’image de celui qui prévaut à Al Hoceima, dans le Rif, depuis maintenant 14 mois, sans que l’état de siège ni les arrestations et condamnations par centaines ne parviennent à l’éteindre . Les manifestants de Jerada ont d’ailleurs mis la revendication de la libération des prisonniers du Rif en tête du cahier revendicatif qu’ils ont élaboré depuis le début de cette mobilisation qui ne faiblit pas, plus de 15 jours maintenant après l’accident. Le vendredi 29 décembre une grève générale a paralysé cette ville de plus de 40 000 habitants, les commerçants ont baissé leurs rideaux et des milliers de manifestants sont sortis dans les rues, tandis que les habitants de villages voisins se joignaient à la mobilisation, marquant ainsi une extension du mouvement.


mercredi 17 janvier 2018

Maroc : Lettre ouverte au Ministre de la Justice et des Libertés et au Directeur de la prison locale d’Aït Meloul



Lettre ouverte au Ministre marocain de la Justice et des Libertés

Administration pénitentiaire et de la réinsertion

Place de la Mamounia,
BP 1015,Rabat, Maroc.

et au Directeur de la prison locale d’Aït Meloul
Agadir, Maroc

Copies au CNDH, à Amnesty International, à l’ACAT, à HRW, à l’ASTHOM, à APSO, à, à l’AMDH, à ATTAC Maroc et France ...

   Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur

Il y a trois ans, l’association Amis du Peuple du Sahara Occidental m’a proposé de devenir « marraine » du prisonnier sahraoui Salek Laasairi. J’ai alors appris qu’en 2015 il a été condamné à la réclusion perpétuelle par jugement rendu à la cour militaire, pour un crime qu’il nie toujours avoir commis. Il avait alors 21 ans. Depuis il est transféré de prison en prison. Il est actuellement à la prison locale d’Aït Meloul, avec le numéro d’écrou 7533.

Il n’est pas dans mon propos de critiquer ni d’approuver cette décision de justice, n’ayant jamais eu connaissance de la moindre preuve concernant ce crime.

Mais je veux vous faire part de mon indignation chaque fois que j’apprends que Salek est victime d’atteintes à sa sécurité et son intégrité physique, les tabassages fréquents pouvant aller jusqu’à la torture, le viol, l’horreur de l’abject cachot, mais aussi le saccage ou le vol de ses affaires personnelles, téléphone, contenu de colis reçus, de même que le mépris, la discrimination, les insultes raciales. Salek ne se plaint jamais de quoi que ce soit lorsque nous arrivons à nous téléphoner, au contraire il me dit « Moi, tout va bien, ma famille aussi » avant de me demander des nouvelles des un et des autres. C’est par des associations des droits de l’homme que je suis informée. Les gardiens se montrent particulièrement odieux à son égard parce qu’il est Sahraoui.

Mais comme si ces agressions au quotidien ne suffisaient pas, le personnel pénitentiaire veille à évacuer tout ce qui pourrait apporter à Salek la moindre satisfaction, la moindre parcelle de bonheur comme son tour au téléphone une fois par semaine à la cabine de la prison, avec sa famille qu’il aime par-dessus tout, et avec ses amis. Un moment heureux qui lui fait un peu oublier l’univers carcéral. Mais ce moment est de plus en plus court, voire réduit à quelques secondes, ou même supprimé. Et s’il proteste il est roué de coups avant d’être jeté au cachot, endroit infect avec la seule compagnie des rats. Des séjours d’isolement qui peuvent durer plusieurs semaines. Il est même arrivé qu’il y soit enfermé jusqu’à un mois et demi. Pour protester il refuse parfois toute nourriture.

Autre petit bonheur qu’il attend avec impatience : les colis que lui envoient à tour de rôle un groupe d’amis. Colis au modeste contenu : vêtements achetés aux fripes, vieux magazines, livres en langue anglaise selon son désir, petits objets sans valeur marchande… Nous savons par expérience que tout objet ayant un petit coût ne lui parvient pas. Chocolat et autres douceurs sont interdits.

Le 29 novembre je lui ai envoyé un de ces colis de pauvre tant attendu. Quelques semaines plus tard il m’est retourné. J’y vois la mention : «  admis en franchise douanière », et aussi écrit à la main : « refusé réception, le 7/12/2017 ». Aucun motif de retour n’a été coché (NPAI, Non réclamé, FD, Refusé, Réexpédié, Adresse incomplète). L’adresse est celle que j’utilise à chaque envoi, sans qu’il n’y ait eu aucun retour. Le colis n’a pas été ouvert. C’est donc la prison qui a refusé à Salek ce petit bout de plaisir ! Le 2 janvier je l’ai renvoyé.

L’ignoble avait déjà été atteint lorsque la mère, la sœur et le frère malade de Salek ont voulu lui rendre visite. Ils avaient économisé pour pouvoir payer ce voyage de 400 kilomètres. Mais non seulement ils ont dû attendre toute la journée sans avoir pu le rencontrer, mais par sadisme, pour les humilier, « trois gardiennes ont obligé  sans ménagement sa mère et sa sœur à se mettre totalement nues, pour des fouilles allant jusqu’à l’exploration vaginale manuelle, avec crachats et insultes à caractère racial. Cette fouille s’est déroulée devant des gardiens hommes qui ont pris des photos, et des visiteurs » (Emsarah.com, 15/1/2016). La ligue pour la protection des prisonniers sahraouis a dénoncé fortement ce harcèlement subi par la famille Laasairi, le considérant comme un acte raciste à l’opposé des affirmations de progrès démocratiques proclamées haut et fort par les autorités marocaines.

Monsieur le Ministre de la Justice et des Libertés, Monsieur le Directeur de la prison locale d’Aït Meloul

Je ne décèle ni souci de « justice », ni espoir de « liberté » dans le cauchemar que vit mon ami Salek. Je m’associe à la peine et la colère des familles des prisonniers détenus sans aucune humanité, sans aucun respect des conventions internationales. Le but de l’emprisonnement ne devrait-il pas être la réinsertion (mention qui fait partie de votre titre), le retour à une vie citoyenne normale, et non la mort à petit feu… ?

Pour Salek et les prisonniers et leurs familles je vous demande, Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur, de donner des ordres au personnel de la prison locale d’Aït Meloul et des autres prisons du royaume que soient respectés le droit de visites, le droit de téléphoner à ses proches et le droit de recevoir des colis avec l’intégralité de leur contenu.

D’avance et pour eux, je vous remercie,

Marie-José Fressard
Solidarité Maroc 05
05000 Gap
France
8/1/2018