samedi 17 mars 2018

Deux avocates du groupe de Gdeim Izik interdites d’entrer au Maroc, l’AARASD dénonce “ce mépris du droit”



 Paris, 13 fév 2018 (SPS)

Les deux avocates, Ingrid Metton et Olfa Ouled, du groupe des 24 militants sahraouis de Gdeim Izik, détenus au Maroc depuis plus de sept ans, ont été interdites lundi d’entrer au Maroc, a-t-on appris mardi.
Les deux avocates, du barreau de Paris, qui avaient défendu les militants sahraouis lors des audiences de leur procès en appel, entre janvier et mai 2017, à la Cour d’appel de Rabat-Salé, ont voulu rendre visite à leurs clients suite à des informations faisant état des mauvais traitements qu’ils auraient subis en prison.
Dix-neuf militants sahraouis, rappelle-t-on, ont été lourdement condamné le 19 juillet 2017, au terme de ce procès où les seules preuves présentées restent des aveux signés sous la contrainte. Les prisonniers politiques sahraouis ont été dispersés dans 7 prisons à travers le territoire marocain.
Un fois arrivées lundi soir à l’aéroport de Casablanca, la police des frontières n’a pas voulu laisser les deux avocates rentrer. Elles ont été interpellées à la descente de leur avion par des agents en civil “qui ne leur ont donné aucune décision motivée ni explication”, a-t-on indiqué.

Lire l'article : Deux avocates du groupe de Gdeim Izik interdites d'entrer au Maroc,

Maroc: chape de plomb sur le Rif


14 MARS 2018 PAR RACHIDA EL AZZOUZI MEDIAPART

Impossible pour Mediapart, comme pour plusieurs confrères avant nous, de revenir dans la ville d’Al Hoceïma dans le Rif marocain, théâtre depuis octobre 2016 d’un hirak, mouvement populaire, d’une ampleur inédite en 18 ans de règne de Mohammed VI. Reportage sous étroite surveillance policière à Casablanca, où se déroule le procès d’une cinquantaine de militants. 
Casablanca (Maroc), envoyée spéciale. - C’était fin février, dans une station routière de Meknès au Maroc, aux alentours de 11 heures, l’épilogue d’un reportage impossible au royaume chérifien. Un visage incrédule demandait si j’étais « une criminelle », après qu'une douzaine d'hommes en civil m’ont sortie du bus en direction d'Al Hoceïma et intimée de les suivre dans un petit bureau vitré près de l’entrée où étaient stationnés plusieurs véhicules de la Sûreté nationale. La moitié esquissaient un sourire, répétaient : « On va s’arranger à l’amiable, sportivement », proposaient un café, de l’eau ; les autres ne rigolaient absolument pas, parlaient à des téléphones qu’ils tendaient ensuite au « Chef », comme certains appelaient cet homme en costume qui menait l’opération. Il avait, ou prenait, l’air embêté, me demandait dans un français impeccable de faire demi-tour vers Rabat ou Casablanca, « en bus ou en train, choisissez, on paiera le billet ». Et il martelait : « Le Maroc est un État de droit, de démocratie, respectueux de la liberté de la presse. Un changement positif, vu nulle part ailleurs, est en train de se produire. Mais on ne peut pas vous laisser aller à Al Hoceïma. C’est pour votre sécurité, pas contre la liberté de la presse. » 

Moments forts de la semaine d'infos sur Solidmar du 10 au 17/3/2018






Jerada . Brutale intervention de la police 64 blesses 8 arrestations un enfant de 14 ans fauché par un camion

Rachid Oufkir

Les forces de sécurité marocaines doivent cesser de recourir à la force et intimider les manifestants pacifiques, a déclaré Amnesty International vendredi après que cinq camions de la police aient fauché une foule de manifestants le 14 mars, blessant des dizaines de personnes dans la ville de Jerada.
"Les autorités doivent permettre une manifestation pacifique en donnant la priorité à la sécurité des manifestants. Les gens devraient être libres d'exercer leurs droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique et les forces de sécurité ne devraient jamais être autorisées à recourir à une force excessive contre les manifestants. "A déclaré Heba Morayef, directrice régionale d'Amnesty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
"Ces manifestations se produisent en réponse à de véritables difficultés économiques. Le rôle de la police devrait être de protéger les citoyens et de calmer cette situation tendue et de ne plus l'enflammer. Le fait qu'une manifestation n'ait pas été explicitement autorisée ne justifie pas le recours à une force excessive. "
Le 13 mars, le ministre de l'Intérieur a interdit les manifestations non autorisées dans la ville de Jerada. C'était en réponse aux appels répétés sur les médias sociaux pour protester après la mort de deux frères dans une mine de charbon trois mois plus tôt.
Le lendemain matin, des dizaines de manifestants ont organisé un sit-in près des mines de charbon du village de Youssef. Ils ont été rejoints environ trois heures plus tard par leurs membres de leurs familles, augmentant le nombre de manifestants au moins un.
Deux témoins oculaires ont déclaré à Amnesty International que les forces de sécurité étaient présentes depuis le début du sit-in vers 10 heures du matin. Vers 13 heures, soudainement et sans avertissement, ils ont commencé à disperser violemment la protestation. Parmi eux, beaucoup de femmes qui ont été battues Cela a conduit à une confrontation entre les manifestants et les forces de sécurité qui a dégénéré en manifestants jetant des pierres et d'autres actes de violence. Environ 64 personnes ont été blessées et au moins 8 personnes ont été arrêtées.
Un membre de l’Association Marocaine pour les Droits de l’Homme (AMDH), également résident local de Jerada, a déclaré à Amnesty International: «J'étais là lorsque les forces de sécurité ont lancé leurs attaques. ce qui s'est passé le 15 mars. a été une représailles planifiée de longue date contre les protestations de Jerada qui étaient toujours pacifistes. "
Deux membres de l'AMDH ont déclaré à Amnesty International qu'à 18H30, cinq camions de la police ont fauché la foule pendant 15 minutes, renversant au moins une personne. Une vidéo postée sur YouTube le 14 mars, qui a été vérifiée par Amnesty International, montre les camions qui se jettent dans la foule et qui incluent des femmes et des enfants.
Un enfant de 14 ans a été écrasé avant d'être transféré à l'hôpital d'Oujda. L'accès à l'hôpital a depuis été interdit.
Aziz Aït Abbou, l'un des leaders du mouvement qui n'a pas pris part aux manifestations du 14 mars, a déclaré à Amnesty International:
"Les autorités ont fait des promesses sérieuses et concrètes lors de nos négociations en février, nous devons leur laisser le temps nécessaire pour mettre ces mesures en place, mais je regrette profondément l'approche sécuritaire qui a été adoptée." Jerada a besoin d'une approche sociale le seul moyen d'éviter la violence et d'avoir une situation où tout le monde est gagnant.La première étape serait de libérer les manifestants qui ont été détenus à cause de leurs protestations pacifiques. "

Etre mère célibataire au Maroc, un long calvaire




Dans le royaume, où les relations extraconjugales et l’avortement sont interdits, 50 000 enfants naissent chaque année hors mariage.
 


image: http://img.lemde.fr/2018/03/16/0/0/4250/3006/768/0/60/0/12ef4d6_31939-16s8mv9.lpwgj.jpg Dans une maternité de Rabat, au Maroc, en octobre 2011.

Smahane* lisse de sa petite main potelée le drap du bébé. Yassir* est né il y a quatorze jours. « Il ne devait pas exister », murmure la maman, qui ne quitte pas des yeux le nourrisson endormi. « Je voulais me tuer. Moi et l’être qui grandissait dans ce ventre. Pour le protéger », ajoute-t-elle d’une voix tremblante. Il y a quelques semaines, la Marocaine de 20 ans s’est retrouvée à la rue, enceinte de sept mois, prête à mettre fin à ses jours. « Par chance, j’ai croisé une femme qui m’a parlé du foyer de l’Insaf et je suis venue ici, en dernier recours. »

Nichée dans un immeuble de Casablanca, l’Institution nationale de solidarité avec les femmes en détresse (Insaf) accueille depuis près de vingt ans les mères célibataires rejetées par leur partenaire, leur famille et la société. Elles sont logées et prises en charge pendant plusieurs mois, au moins jusqu’à la naissance de l’enfant. « La plupart ont été violées ou ont cru à une promesse de mariage et, lorsqu’elles sont tombées enceintes, ont été livrées à elles-mêmes, raconte la présidente de l’association, Meriem Othmani. Certaines vont jusqu’à se suicider. »

Au Maroc, où les relations extraconjugales sont passibles de prison ferme et l’avortement interdit, 50 000 naissances hors mariage sont enregistrées chaque année. Par crainte des autorités, mais aussi par peur des représailles de leur propre famille, beaucoup de jeunes mères finissent par se débarrasser de leur enfant. Selon les associations, vingt-quatre nourrissons sont abandonnés chaque jour dans le royaume et trois cents cadavres de bébés sont retrouvés tous les ans dans les poubelles de Casablanca. « Ces femmes sont terrorisées. Elles n’ont pas forcément le courage de se rendre dans un orphelinat, où elles risquent d’avoir affaire à la police, et ne savent pas où aller », explique Mme Othmani.

« Acide »

« Celles qui trouvent la force de garder l’enfant vont devoir affronter l’agressivité des gens », avertit-elle. La militante de 69 ans, qui travaille dans le domaine social depuis trente-huit, a fondé l’Insaf en 1999 : « Nous voulons changer le regard sur ces mamans, qui sont rejetées, bafouées et humiliées. » Dans une société où le conservatisme religieux reste très fort, devenir mère célibataire est le début d’un long calvaire : le rejet de la famille, le regard des autres, les difficultés administratives et, parfois, les menaces de mort. « J’en reçois moi-même sans arrêt. Les mouvements extrémistes veulent que nous disparaissions, mais nous ne lâcherons jamais », affirme la présidente.

Pour Smahane, le calvaire a commencé il y a bien longtemps. Originaire d’un douar (petit village) pauvre de la campagne marocaine, elle est employée comme femme de ménage à l’âge de 6 ans dans une famille de Beni Mellal, au nord-est de Marrakech. « Chaque fois que je faisais mal la vaisselle ou que le lavabo ne brillait pas assez, ma patronne me tabassait. » A seulement 20 ans, son visage strié de petites cicatrices est déjà abîmé par une vie en mille morceaux. Ses mains minuscules, qui ont longtemps servi à « frotter les escaliers à l’acide », ont gardé les traces du travail acharné. Seuls ses yeux en amande trahissent sa jeunesse sacrifiée.

Communiqué d’Ali Aarrass : j’ai été à nouveau torturé dans cette prison par le directeur et ses fidèles.






De sa cellule, Ali Aarrass nous lance un appel : « Mes tortionnaires doivent être poursuivis ! »

dans COMMUNIQUES DE PRESSE/Evénements/LA PRISON AU MAROC/TORTURE par


Communiqué d’Ali Aarrass du 23 février 2018 depuis la prison de Tiflet 2

« Moi, Ali Aarrass, je vous fais part de ce communiqué légitime pour vous annoncer que j’ai été à nouveau torturé dès mon arrivée dans cette prison par le directeur et ses fidèles. Ce directeur a été limogé fin janvier 2018. Si j’ai évité de vous le faire savoir c’est parce que je voulais épargner ma famille et surtout mes parents âgés et malades. Ils ont tous énormément enduré et je tenais à leur éviter des peines et douleurs supplémentaires. Pour moi c’est une raison fondamentale.
Mais j’ai été et je suis toujours menacé et harcelé, de manière récurrente. J’ai du vivre avec cette souffrance et le silence auquel je m’étais soumis m’a pesé très lourd sur la conscience. J’ai voulu taire tous ces faits de torture et autres mauvais traitements depuis mon arrivé à Tiflet 2 et cela malgré la visite de mes proches et des avocats.
Je ne voulais pas leur faire part des tortures abjectes qu’ils m’ont fait subir. J’espère que vous comprendrez ce sentiment d’amour filial qui m’est sacré.
Mais j’espère aussi que vous comprendrez qu’il me soit devenu impossible de garder silence plus longtemps au vu de ce qu’ils me font encore endurer. Il est clair qu’ils veulent me briser dans ces conditions inhumaines. A ce moment précis, moment où je vous parle, j’ignore ce qu’il adviendra de moi. Cette communication est entendue dans son entièreté par les gardes et fonctionnaires.
S’il y a une justice et un état de droit, qu’ils poursuivent ces tortionnaires.
Par ce moyen je m’adresse et interpelle les avocats, mais aussi tous ceux qui peuvent faire quelque chose, aux comités de soutien, aux défenseurs des droits de l’homme, afin qu’ils mettent un terme à ce traitement inhumain. Ces tortionnaires qui détruisent tout ce que vous essayez de bâtir doivent être poursuivis.
Malgré tout ce que je peux vivre, il me tient à cœur de rendre hommage à toutes ces femmes et hommes qui m’ont toujours soutenu, en vous remerciant tous ».
Ali Aarrass, de la prison de Tiflet 2.

vendredi 16 mars 2018

Violation des droits de l'Homme au Sahara occidental occupé : Sidati interpelle l'UE sur la situation qui "dépasse le seuil "

15 mars 2018 

BRUXELLES - Le ministre délégué, représentant du Front Polisario pour l'Europe, Mohamed Sidati a interpellé jeudi la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini sur les atteintes "graves" aux droits de l'Homme au Sahara occidental occupé, affirmant que la situation actuelle "dépasse le seuil du tolérable".
"Nous voudrions vous écrire au sujet de la grave situation des droits de l’homme qui prévaut actuellement au Sahara occidental occupé par le Maroc, situation qui dépasse le seuil du tolérable", a-t-il écrit dans une lettre à la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
Mohamed Sidati a affirmé, dans sa lettre, que le territoire du Sahara occidental est "verrouillé" devant les observateurs indépendants, les journalistes et les visiteurs désireux de s’enquérir de visu des réalités pénibles vécues par les Sahraouis.
"Des dizaines voire des centaines d’Européens ont été expulsés manu militari, dont des parlementaires et des avocats, sans que l’UE ait réagi", a-t-il regretté.
Le ministre sahraoui a exprimé, dans sa lettre, "l’espoir que l’UE agisse avec diligence auprès des autorités de Rabat" pour qu’elles "mettent un terme à leur dérive répressive contre des populations civiles sahraouies sans défense", le Maroc étant lié à l’UE par un accord d’association qui lui fait obligation de respecter les droits de l’Homme.
Il a affirmé, à ce titre, que les droits à la liberté de mouvement, de manifestation, d’association, "sont bannis dans les territoires occupés du Sahara occidental", soutenant même que "la situation des droits de l’homme y a empiré depuis la fin du second procès de Gdeim Izik" dont le verdict a été prononcé le 19 juillet 2017.
Mohamed Sidati a rappelé, dans ce contexte, que 19 des prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de "Gdeim Izik" détenus depuis 7 ans ont été condamnés à l'issue du procès à des peines très lourdes, allant de 20 ans à perpétuité, alors qu'"aucune preuve de leur culpabilité n’a été fournie" si ce n'est des "aveux extorqués sous la torture".
Le ministre sahraoui a dénoncé, en outre, la "dispersion brutale" à la mi-septembre 2017 des prisonniers du groupe de "Gdeim Izik" vers 7 prisons différentes à travers le territoire marocain, "la plupart à plus de 1000 kilomètres de leur famille habitant le Sahara occidental".
Selon Sidati, durant les 5 mois qui ont suivi leur dispersion, "les brimades ont été incessantes". Il en veut pour preuve "la réduction au minimum, sinon empêchement complet des visites familiales, enlèvements des livres et autres biens personnels, négligence de leur état de santé, mauvais traitements et nouveaux transferts vers des prisons différentes sans avertir les proches".

Maroc : une explosion sociale prévisible à Jerada



Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique, 16/03/2018 

Des incidents ont éclaté dans la ville de Jerada, ville minière du nord-est du Maroc. Les images ont montré des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Ces manifestations, après celles survenues dans le Rif (nord du pays), montrent que les importantes disparités régionales qui persistent au Maroc, malgré la croissance, peuvent poser des problèmes politiques.
Jerada connaît des manifestations régulières depuis la mort de deux mineurs dans un accident survenu en décembre 2017, mais ces dernières étaient jusqu'ici restées pacifiques.
Le 14 mars, des manifestants ont mis le feu à cinq véhicules de police et ont affronté les forces de l'ordre, a dit un responsable local. Un nombre indéterminé de policiers ont été blessés et transférés dans un hôpital à Oujda, la principale ville de la région. Neuf personnes ont été arrêtées, ont ajouté des responsables. La tension était montée après que le gouvernement a interdit les manifestations et que des arrestations ont été opérées.
erada a longtemps vécu du charbon mais depuis la fermeture des mines, la situation est difficile. La ville a vu sa population fortement diminuer, preuve que la reconversion ne s'est pas faite. Depuis fin décembre 2017, des manifestations pacifiques se sont succédé pour tenter d'obtenir des alternatives économiques à la seule réelle activité de cette région : l’extraction clandestine de charbon dans les «mines de la mort», où des centaines de mineurs risquent quotidiennement leur vie.
«Depuis 1998, 44 personnes sont décédées. L’Etat doit non seulement trouver une solution économique mais aussi juger les reponsables qui ont plongé Jerada dans cette situation insoutenable», analyse M. Kerzazi, membre de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), dans Le Monde.
Jusqu'à ces derniers jours, la contestation restait pacifique. Les manifestants avaient fait attention à ne pas politiser leur contestation. 

Lire l'article : Maroc : une explosion sociale prévisible à Jerada

Au Maroc, le chômage des jeunes est une "bombe à retardement" (vidéo)


Politique Publié Le 12/03/2018 à 13h05
Salah Elayoubi a partagé un lien.


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Politique Publié

Jerada : Sur fond d’arrestations, le Hirak se féminise

La ville de Jerada est sous tension. Le nombre des arrestations dans les rangs du Hirak augmente. Le nouveau comité du mouvement, composé essentiellement de femmes, exige la libération des détenus et entend continuer son programme de contestation.
Temps de lecture: 2'
Manifestantes dans les rues de Jerada / Ph. Reuters
Manifestantes dans les rues de Jerada / Ph. Reuters
Dimanche à 14 heures, des milliers de manifestants à Jerada ont entamé une marche à pied vers Rabat. «Arrivés à Laâyoune orientales (40 Km depuis Jerada), un groupe a décidé de rebrousser chemin tandis que les autres ont décidé de poursuivre leur mouvement. Ce matin, ils ont atteint Taouriret, où les forces de l’ordre les ont encerclés», raconte à Yabiladi Said El Manajami, un acteur associatif local.
Cette action intervient dans un contexte tendu. A Jerada, les récentes arrestations dans les rangs des membres du Hirak n’ont guère contribué à apaiser la colère des habitants. «Pour l’instant, il y a eu cinq interpellations : deux effectuées samedi et trois autres hier. Les personnes arrêtées sont Mustapha Idânine, Aziz Boudchiche, Amine Mekllache (un artiste), Anas Chaker et Tarek El Amri. Jusqu’à présent, le parquet général n’a pas encore communiqué sue les faits reprochés aux quatre membres du Hirak», ajoute notre interlocuteur.
Le Hirak mené par des femmes
Samedi 10 mars, le procureur général du roi près de la Cour d’appel d’Oujda annonce que «les informations véhiculées par certains sites électroniques et réseaux sociaux, liant l’arrestation du dénommé Mustapha Idânine à Jerada aux évènements que connaît cette ville sont dénuées de tout fondement (…)». Le Parquet explique qu’«il s’agit d’un accident de circulation commis par l’individu, le 8 mars 2018 à 01h00. L’enquête est toujours en cours».
«Au départ, la contestation à Jerada a porté trois revendications urgentes à satisfaire. Désormais, elles sont quatre. Nous exigeons la libération immédiate des cinq détenus», nous confie avec enthousiasme Fatima El Kaliî, la nouvelle «porte-parole» du Hirak. Il y a quelques semaines, les manifestants ont démis l’ancienne direction et élu un comité où les femmes sont majoritaires.
«Ce changement a été nécessaire. Les représentants précédents du Hirak ont encouragé de manière flagrante la population à accepter l’offre du chef du gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, au lieu de défendre notre cahier revendicatif», nous explique encore Said El Manjami.
Pour faire entendre la voix des habitants de Jerada, le nouveau comité du Hirak compte poursuivre sur la voie des marches et autres manifestations. «Lundi et mardi, nous allons organiser des grèves générales et jeudi, une conférence de presse est prévue. Nous n’avons pas encore déterminé le lieu de la rencontre», conclut Mme El Kaliî.


...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/62661/jerada-fond-d-arrestations-hirak-feminise.html
Politique Publié

Jerada : Sur fond d’arrestations, le Hirak se féminise

La ville de Jerada est sous tension. Le nombre des arrestations dans les rangs du Hirak augmente. Le nouveau comité du mouvement, composé essentiellement de femmes, exige la libération des détenus et entend continuer son programme de contestation.
Temps de lecture: 2'
Manifestantes dans les rues de Jerada / Ph. Reuters
Manifestantes dans les rues de Jerada / Ph. Reuters
Dimanche à 14 heures, des milliers de manifestants à Jerada ont entamé une marche à pied vers Rabat. «Arrivés à Laâyoune orientales (40 Km depuis Jerada), un groupe a décidé de rebrousser chemin tandis que les autres ont décidé de poursuivre leur mouvement. Ce matin, ils ont atteint Taouriret, où les forces de l’ordre les ont encerclés», raconte à Yabiladi Said El Manajami, un acteur associatif local.
Cette action intervient dans un contexte tendu. A Jerada, les récentes arrestations dans les rangs des membres du Hirak n’ont guère contribué à apaiser la colère des habitants. «Pour l’instant, il y a eu cinq interpellations : deux effectuées samedi et trois autres hier. Les personnes arrêtées sont Mustapha Idânine, Aziz Boudchiche, Amine Mekllache (un artiste), Anas Chaker et Tarek El Amri. Jusqu’à présent, le parquet général n’a pas encore communiqué sue les faits reprochés aux quatre membres du Hirak», ajoute notre interlocuteur.
Le Hirak mené par des femmes
Samedi 10 mars, le procureur général du roi près de la Cour d’appel d’Oujda annonce que «les informations véhiculées par certains sites électroniques et réseaux sociaux, liant l’arrestation du dénommé Mustapha Idânine à Jerada aux évènements que connaît cette ville sont dénuées de tout fondement (…)». Le Parquet explique qu’«il s’agit d’un accident de circulation commis par l’individu, le 8 mars 2018 à 01h00. L’enquête est toujours en cours».
«Au départ, la contestation à Jerada a porté trois revendications urgentes à satisfaire. Désormais, elles sont quatre. Nous exigeons la libération immédiate des cinq détenus», nous confie avec enthousiasme Fatima El Kaliî, la nouvelle «porte-parole» du Hirak. Il y a quelques semaines, les manifestants ont démis l’ancienne direction et élu un comité où les femmes sont majoritaires.
«Ce changement a été nécessaire. Les représentants précédents du Hirak ont encouragé de manière flagrante la population à accepter l’offre du chef du gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, au lieu de défendre notre cahier revendicatif», nous explique encore Said El Manjami.
Pour faire entendre la voix des habitants de Jerada, le nouveau comité du Hirak compte poursuivre sur la voie des marches et autres manifestations. «Lundi et mardi, nous allons organiser des grèves générales et jeudi, une conférence de presse est prévue. Nous n’avons pas encore déterminé le lieu de la rencontre», conclut Mme El Kaliî.


...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/62661/jerada-fond-d-arrestations-hirak-feminise.html
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Jerada : Sur fond d’arrestations, le Hirak se féminise

La ville de Jerada est sous tension. Le nombre des arrestations dans les rangs du Hirak augmente. Le nouveau comité du mouvement, composé essentiellement de femmes, exige la libération des détenus et entend continuer son programme de contestation.
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Manifestantes dans les rues de Jerada / Ph. Reuters
Manifestantes dans les rues de Jerada / Ph. Reuters
Dimanche à 14 heures, des milliers de manifestants à Jerada ont entamé une marche à pied vers Rabat. «Arrivés à Laâyoune orientales (40 Km depuis Jerada), un groupe a décidé de rebrousser chemin tandis que les autres ont décidé de poursuivre leur mouvement. Ce matin, ils ont atteint Taouriret, où les forces de l’ordre les ont encerclés», raconte à Yabiladi Said El Manajami, un acteur associatif local.
Cette action intervient dans un contexte tendu. A Jerada, les récentes arrestations dans les rangs des membres du Hirak n’ont guère contribué à apaiser la colère des habitants. «Pour l’instant, il y a eu cinq interpellations : deux effectuées samedi et trois autres hier. Les personnes arrêtées sont Mustapha Idânine, Aziz Boudchiche, Amine Mekllache (un artiste), Anas Chaker et Tarek El Amri. Jusqu’à présent, le parquet général n’a pas encore communiqué sue les faits reprochés aux quatre membres du Hirak», ajoute notre interlocuteur.
Le Hirak mené par des femmes
Samedi 10 mars, le procureur général du roi près de la Cour d’appel d’Oujda annonce que «les informations véhiculées par certains sites électroniques et réseaux sociaux, liant l’arrestation du dénommé Mustapha Idânine à Jerada aux évènements que connaît cette ville sont dénuées de tout fondement (…)». Le Parquet explique qu’«il s’agit d’un accident de circulation commis par l’individu, le 8 mars 2018 à 01h00. L’enquête est toujours en cours».
«Au départ, la contestation à Jerada a porté trois revendications urgentes à satisfaire. Désormais, elles sont quatre. Nous exigeons la libération immédiate des cinq détenus», nous confie avec enthousiasme Fatima El Kaliî, la nouvelle «porte-parole» du Hirak. Il y a quelques semaines, les manifestants ont démis l’ancienne direction et élu un comité où les femmes sont majoritaires.
«Ce changement a été nécessaire. Les représentants précédents du Hirak ont encouragé de manière flagrante la population à accepter l’offre du chef du gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, au lieu de défendre notre cahier revendicatif», nous explique encore Said El Manjami.
Pour faire entendre la voix des habitants de Jerada, le nouveau comité du Hirak compte poursuivre sur la voie des marches et autres manifestations. «Lundi et mardi, nous allons organiser des grèves générales et jeudi, une conférence de presse est prévue. Nous n’avons pas encore déterminé le lieu de la rencontre», conclut Mme El Kaliî.


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