samedi 14 avril 2018

Syrie : et après ?

Trump, Macron et May ont donc voulu punir Bachar al-Assad pour avoir utilisé des barils de chlore contre son peuple. Et après ? Le moins que l’on puisse dire est que l’on a peine à discerner le début du commencement d’une stratégie des Occidentaux en Syrie. Un point de vue de l’ancien ministre et député (UMP, puis LR) Pierre Lellouche.

Trump, Macron et May ont donc voulu punir Bachar al-Assad pour avoir utilisé des barils de chlore contre son peuple. Soit. 
Et après ? 
La question première lorsque l’on décide de l’emploi de la force est de savoir : 1) à quoi ça sert ?, 2) comment on contrôlera ou pas les degrés suivants de l’escalade face à un ou plusieurs adversaires qui ne resteront pas inertes ?, Enfin 3) comment on en sort (quel règlement politique) ? L’ensemble s’appelle une stratégie. 
Dans l’affaire syrienne, le moins que l’on puisse dire est que l’on a peine à discerner le début du commencement d’une stratégie des Occidentaux en Syrie. 
Depuis le début du conflit syrien il y a sept ans (!), Américains et Européens ont accumulé erreurs et hésitations, espérant d’abord que Bachar allait tomber tout seul (comme Ben Ali ou Moubarak), soutenant ensuite les milices sunnites anti-régime, théoriquement « démocratiques », en armes et en argent, avant que la plupart d’entre elles ne s’évaporent dans une myriade de groupes armés islamistes, pour se résigner en bout de course à sous-traiter, faute de mieux, la lutte contre Daech aux seuls combattants kurdes, ceux-là mêmes que nous abandonnons aux Turcs à présent à Afrine… Au final, cette spirale sans fin d’hésitations et d’erreurs n’aura abouti qu’à laisser les Russes, les Iraniens et les Turcs contrôler seuls le terrain. A tel point que les Occidentaux, pour la première fois dans l’Histoire moderne du Proche-Orient, sont tout bonnement exclus des processus diplomatiques, dominés par Moscou, Ankara et Téhéran. Quant à la Russie, expulsée du Moyen-Orient en 1973 par Kissinger, elle y fait désormais son grand retour. 
La même palinodie s’est répétée sur les armes chimiques. 
A l’été 2013, la fameuse « ligne rouge » d’Obama a fait « pschitt » : l’intervention militaire prévue s’étant transformée en un tour de passe-passe diplomatique mené de main de maître par Poutine. 
Il y a un an, Trump marquait son arrivée au pouvoir par un tir de 59 missiles de croisière sans le moindre effet. Et il y a quinze jours tout juste, le même Trump annonçait qu’il souhaitait se retirer d’urgence de Syrie (« sous 48 heures » avait-il même ordonné, selon mes informations, à son ministre de la Défense John Mathis). La semaine dernière, il menaçait directement la Russie par tweet « Prend garde Russie… ». Aujourd’hui, il bombarde entouré de ses alliés franco-britanniques. Qui dit mieux ? 
Question : à part détourner l’attention des opinions publiques sur les problèmes de politique intérieure respectifs de MM. Trump et Macron, ou redorer l’image très abimée de Mme May, à quoi ces bombardements peuvent-ils bien servir ? 
A affaiblir Bachar ? C’est l’inverse qui se produira. A le convaincre de ne plus utiliser de barils de chlore ? C’est douteux. A amener les Russes et les Iraniens à se retirer de Syrie et à envisager avec les Occidentaux une sortie de crise par le haut, par la négociation ? Encore moins. 
Dans le meilleur des cas donc, ces bombardements n’auront pas d’impact sur la guerre en Syrie, qui continuera… 
Dans tous les autres, ces bombardements ne feront au contraire qu’aggraver la situation ainsi que les risques d’escalade. 
Vu de Moscou, ce nouvel emploi de la force occidentale, sans mandat de l’ONU, vient, après le Kosovo ou la Lybie, utilement conforter la croyance que l’Occident et l’OTAN ne cherchent qu’à humilier, à agresser la Russie, voire même à obtenir un changement de régime. Si les Occidentaux s’arrogent le droit d’appliquer seuls, et par la force, ce qu’ils considèrent comme étant le droit international, en quoi l’annexion de la Crimée ou l’intervention au Donbass seraient –elles interdites au pouvoir russe ? 
Idem à Téhéran, où l’on ne se fait plus guère d’illusions sur la poursuite de l’accord sur le nucléaire (JCPOA), dont Trump s’apprête à se retirer le 12 mai prochain. Non seulement les Iraniens auront encore moins l’intention de se retirer de Syrie, mais il est à craindre que la pression exercée par eux depuis la Syrie contre Israël, avec le Hezbollah et la Hamas, ne s’accroisse encore plus, aboutissant à un horizon proche, à un vrai risque de guerre entre Israël et l’Iran. Ceci sans parler de la guerre par procuration au Yémen, contre l’Arabie Saoudite alliée des Etats-Unis… 
Quant aux Turcs d’Erdogan, ennemis des Kurdes encore plus que de Bachar, ils font mine d’appuyer les bombardements occidentaux, qui justifient en creux leur propre occupation militaire des régions nord de la Syrie. 
Tout est donc réuni dans ce triste champ de ruines qu’est devenue la Syrie, théâtre d’affrontements d’au moins sept armées rivales, dont six étrangères (!), pour que l’escalade ne dégénère à tout moment. 
Avions- nous vraiment besoin de plonger directement dans ce chaudron ? Les exemples afghan, irakien, lybien et avant cela, celui des Balkans au début du XXe siècle, ne nous auront-ils donc rien appris ? 

Maroc :Appel urgent- Arrestation et détention arbitraire de M. Zine El Abidine Erradi, membre de l’Association marocaine des droits humains





Détention arbitraire Maroc
12 avril 2018


L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Maroc.

Description de la situation :
L’Observatoire a été informé par des sources fiables de l’arrestation et de la détention arbitraire de M. Zine El Abidine Erradi, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) section Paris / Île-de-France et ancien membre fondateur et vice-président de la section de Sidi Ifni.
Selon les informations reçues, le 4 avril 2018, M. Erradi a été arrêté à l’aéroport d’Agadir par la police marocaine, puis transféré au commissariat de Sidi Ifni. Cette arrestation intervient en lien avec une précédente condamnation à un an de prison ferme et 5000 Dirhams (environ 450 euros) d’amende pour « manifestation violente et non autorisée » et « désobéissance civile » prononcée in absentia en 2016 par la Cour d’appel d’Agadir à la suite de sa participation aux mobilisations populaires de 2014 demandant la tenue d’une enquête sur la mort d’un jeune de Sidi Ifni, suspectant la police d’avoir joué un rôle dans la disparation de celui-ci.
 

vendredi 13 avril 2018

Macron dîne ce soir avec le prince héritier d'Arabie saoudite




Eoin Dubsky, SumOfUs.org <us@sumofus.org>






Emmanuel Macron dînera ce soir avec le prince héritier d'Arabie saoudite, et il ne compte même pas aborder avec lui le sujet des ventes d'armes françaises dans le cadre du conflit au Yémen.

Pourtant, la France viole très certainement le Traité
international sur le commerce des armes en laissant les industriels de l'armement français continuer à fournir - sans aucun scrupule - du matériel  militaire à un régime qui bombarde des civils yéménites.
Voici donc une vidéo que nous vous proposons de partager afin qu'Emmanuel Macron ne puisse continuer d'ignorer notre message. Les vies humaines doivent passer avant les profits de Dassault, Nexter, Renault et Cie!
Cliquez ici pour visionner et partager la vidéo sur Facebook.



Gaza : stopper les assassinats de civils désarmés !



Ni la vague d’émotion exprimée après la tuerie de la semaine dernière à Gaza, ni les condamnations de ces crimes n’ont eu le moindre effet sur le comportement de l’armée d’occupation israélienne. Elle a récidivé sur ordre vendredi, faisant 10 morts, dont Yasser Mourtaja, journaliste parfaitement identifié, et 1400 blessés, pour plus de la moitié par balles réelles.
Les raisons de la colère et des marches du retour sont connues : 70 ans après leur expulsion, les Palestiniens voient parfaitement la manœuvre destinée à les priver de leurs droits nationaux. Depuis l’élection de Trump, un nouveau chapitre est ouvert avec sa décision sur Jérusalem et sa volonté de détruire l’UNRWA (organisme des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens). Le plan de paix qu’il propose est clair. Il consiste à offrir à l’extrême droite israélienne ce dont elle rêve depuis toujours : pas d’Etat palestinien, aucun droit pour les Palestiniens qui pourraient tout au plus survivre dans de dérisoires bantoustans.
Toute demande d’enquête indépendante se heurte au refus catégorique d’Israël et des États-Unis. La France, l’ONU, l’UE, la Ligue Arabe, l’Organisation de la coopération islamique sont demandeuses, mais les États-Unis se sont opposés une nouvelle fois à un projet résolution sur les événements de Gaza demandant une enquête indépendante. Pourtant, et contrairement à celui de la semaine dernière, le texte ne comportait aucune condamnation d’Israël. Ainsi, les autorités israéliennes continuent en toute tranquillité de menacer d’utiliser encore plus de force pour réprimer.
Il est temps que l’Europe et la France prennent leurs responsabilités pour éviter d’autres massacres notamment les vendredis 13, 20, 27 avril et les 4 et 11 mai et surtout le mardi 15 mai, jour de la Nakba, qui s’annonce comme la journée de tous les dangers.
L’urgence c’est de mettre fin à cette impunité qu’Israël doit aux États-Unis et à la lâcheté de la communauté internationale.
La France, qui a une responsabilité historique dans le non règlement de la question israélo-palestinienne, ne peut continuer à se dérober. Aujourd’hui elle doit reconnaître immédiatement l’Etat de Palestine et cesser toute coopération militaro-policière avec Israël.
Elle doit mettre sur la table du Conseil européen des Affaires Etrangères du 16 avril la suspension de l’accord d’Association Israël-UE et demander au Conseil de sécurité de prononcer des sanctions même si cela doit provoquer le veto des Etats-Unis.
Avec l’exigence de la protection du peuple palestinien, voilà la réponse politique nécessaire pour dire à la face du monde que la Palestine vivra.

Le Bureau national de l’AFPS
le 8 avril 2018 à 16h45

 http://www.france-palestine.org/Gaza-stopper-les-assassinats-de-civils-desarmes

Rapport 2017 Amnesty International – Peine de mort : Le Maroc, grand indécis ?

Rapport 2017 Amnesty International – Peine de mort : Le Maroc, grand indécis ?
Source : Lesinfos.ma

13/04/2018

Bien qu’aucune exécution n’ait été enregistrée depuis 25 ans au Maroc, le Royaume refuse de rendre officielle l’abolition de la peine de mort, se classant ainsi parmi les maillons faibles d’une Afrique en mutation en termes de droits humains et de droit à la vie plus spécifiquement. Détails.  

Le rapport d’Amnesty International sur l’application de la peine de mort dans le monde vient de paraître. Si l’Afrique subsaharienne est perçue comme une « lueur d’espoir » par l’organisation internationale, du côté de l’Afrique du Nord et plus particulièrement du Maroc, les choses semblent se compliquer.
En effet, l’Afrique subsaharienne a réalisé d’importantes avancées avec une diminution nette du nombre de sentences capitales prononcées dans la région, pendant qu’en Afrique du Nord la tendance serait plutôt à la hausse.
 La Guinée, à titre d’exemple, est devenue le vingtième État de la région à avoir aboli la peine capitale et ce, pour tous les crimes. Le Kenya lui emboîte le pas en supprimant le recours obligatoire à la peine capitale en cas de meurtre. Le Burkina Faso et le Tchad  pourront aussi rejoindre le classement. Et pour cause, des projets de lois ayant été déposés dans ce sens pour supprimer cette sentence. « Du fait des progrès enregistrés en Afrique subsaharienne, cette région continue de représenter une source d’espoir en ce qui concerne l’abolition. Les dirigeants de certains pays de la région ont pris des mesures qui permettent d’espérer que le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, sera prochainement aboli », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty international.

Le Maroc, hésitant certes mais pas uniquement !
 
L’Afrique du Nord de son côté, et plus spécifiquement le Maroc, reste à la traîne en refusant d’officialiser sa position contre cette sentence, qui n’a pourtant pas été appliquée depuis 25 ans, mais qui reste toutefois prononcée dans les tribunaux du Royaume en se basant sur le code pénal en vigueur. D’ailleurs, le mois dernier, la Chambre criminelle de première instance près de la Cour d’appel de Rabat a condamné à la peine capitale un accusé poursuivi pour homicide volontaire et mutilation de cadavre. En 2017, plus de 95 personnes auraient été condamnées à mort au Maroc. Bien que les chiffres ne soient pas officiels, les autorités ayant « omis » de les transmettre à l’organisation internationale, ils illustrent l’hésitation du Royaume à franchir le pas et à abolir définitivement la peine capitale. Cette hésitation n’est pas anodine. Le Maroc semble vouloir garder « sous le coude » cette peine, surtout dans un contexte où les protestations sociales secouent le pays. De plus, plusieurs officiels ne semblent pas « motivés » par l’abolition, à l’instar de El Mostapha Ramid – Ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme – qui, paradoxalement, fait partie des opposants les plus farouches à l'abolitionnisme. « Comme énoncé dans nombre de conventions internationales et régionales, le principe du droit à la vie n’est nullement en contradiction avec la peine de mort, mais il est soumis à des règles et des conditions », expliquait-il notamment lors d’un débat pour le moins houleux devant la chambre des Conseillers. En d’autres termes, bien que la Constitution insiste sur le droit à la vie, pour le Ministre du parti de la lampe, la peine de mort n’en serait pas une contradiction mais une variante indéfectible.

Promesses non respectées
 
En 2016, le Maroc s’était abstenu pour la sixième fois, lors du vote pour un moratoire universel sur les exécutions, pendant que ses voisins, l’Algérie et la Tunisie, l’avaient soutenu. Pourtant, en 2012, le pays avait officiellement accepté plusieurs recommandations des Nations Unies qui n’ont pas été respectées au final. Ainsi, le Royaume s’engageait à reconsidérer sa position sur la peine de mort en ratifiant le deuxième protocole facultatif du pacte international relatif aux droits civiques et politiques, chose qui n’a toujours pas été faite six ans plus tard, malgré les appels du pied de plusieurs associations abolitionnistes. En 2014, le Parlement n’a finalement pas adopté les propositions de loi du parti de l’USFP visant à supprimer la peine capitale.
Non seulement le Maroc fait la sourde oreille et ne respecte pas ses engagements sur le papier, mais le nombre de détenus dans les couloirs de la mort des prisons de Kénitra et de Meknès, spécifiquement, continue à croître. Plusieurs organisations internationales dénoncent par ailleurs les conditions de détention et l’incertitude inhumaine dans laquelle sont enfermés ces prisonniers qui vivent chaque jour avec la certitude que c’est le dernier. En campant sur sa position, le Maroc risque, au même titre que les pays qui refusent de franchir un cap essentiel en matière de respect de droits humains, de se retrouver isolé dans un continent où l’abolition est de plus en plus normalisée.

Une première depuis 1991 : Le Maroc menace de mener une opération militaire d’envergure au Sahara Occidental, contre le Front Polisario.

Que se passe-t-il au Sahara Occidental ? (Avril 2018)

par un observateur de longue date du conflit du Sahara Occidental*
Une première depuis 1991 : Le Maroc menace de mener une opération militaire d’envergure au Sahara Occidental, contre le Front Polisario. Une menace brandie par les officiels et aussitôt reprise par les relais traditionnels de la société civile : la presse marocaine monte d’un cran, les partis politiques sont impliqués et le sujet fait la une des médias locaux et régionaux.
Jusque là, le Maroc a régulièrement protesté contre les activités du Front Polisario dans les zones se trouvant sous son contrôle, mais n’a jamais agité la menace de mener des attaques militaires dans ces régions.

Que s’est-il passé au juste ? Chronologie des faits saillants
Début mars 2018, le Front Polisario a tenu une grande réunion nationale interne dans la localité de Bir Lehlu. Dans son allocution de clôture, le Président sahraoui Brahim Ghali a précisé que « le lieu de la tenue de cet évènement était un message clair aux ennemis et aux amis »[SPS 12.03.18]. Ce n’était pas la première fois que le Front Polisario tient une réunion interne dans les territoires du Sahara Occidental sous son contrôle.
– En marge de la tenue de cette réunion nationale, le Président sahraoui reçoit les lettres de créances des ambassadeurs de Cuba [SPS 09.03.18]  et de la Namibie [SPS 09.03.18] https://www.spsrasd.info/news/es/articles/2018/03/08/14099.html auprès de la RASD, avec résidence à Alger, le 08 mars 2018 toujours dans la localité de Bir Lehlu.
La mi-mars 2018, des médias sahraouis ont annoncé l’intention du Front Polisario de transférer certains sièges des institutions vitales dans les territoires sous son contrôle (notamment celui du Ministère de la Défense de la RASD).
Le 1er avril 2018, soit plus de deux semaines après ces annonces, le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération marocain Nasser Bourita a réuni les Commissions des affaires étrangères des deux chambres du Parlement, pour examiner de prétendues violations du cessez-le-feu par le Front Polisario. Les déclarations de certains parlementaires à l’issue de cette réunion appellent même à engager des actions militaires contre le Polisario (des frappes aériennes). [MAP 01.04.18]
– Une lettre de protestation est aussitôt adressée par la Représentation Permanente du Maroc à New York au Conseil de Sécurité. La lettre se plaint de « violations du cessez-le- feu», commises par le Front Polisario (situation à Guergerat et récentes déclarations).

La Relève et la Peste, pour protéger l’avenir de l’humanité




« Pour protéger l’avenir de l’humanité, notre priorité est de protéger les fonctions vitales de la Terre. Pour réapprendre à vivre en harmonie avec la nature, nous devons la considérer comme notre égale. C’est pourquoi il est urgent de reconnaître une personnalité juridique aux écosystèmes afin de pouvoir les représenter et défendre leurs intérêts en justice. Nous devons être capables de parler au nom de la nature, de lui donner une voix face à la prédation des États et des m...
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Contraindre les activités industrielles et étatiques au respect du vivant et de la Terre, c’est le combat des juristes militant pour la reconnaissance de l’écocide, comme la…
lareleveetlapeste.fr

jeudi 12 avril 2018

“Je suis votre avocat”



L'avocat parisien Gilles Piquois défend depuis plus de vingt ans les demandeurs d'asile. Président de l'association ELENA France.
Son métier ? Défendre le cas des demandeurs d’asile déboutés par l’Ofpra, explorer leur passé, pour leur donner une dernière chance. Valérie Denesle l’a suivi dans son exercice et en livre un film passionnant, “Je suis votre avocat”, à voir en exclusivité sur Télérama.fr, du 11 avril au 13 mai. 
Depuis près de trente ans, Gilles ­Piquois défend les demandeurs d’asile déboutés par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Avec pour exigeante boussole l’application de la convention de Genève de 1951 : « Le terme “réfugié” s’appliquera à toute personne […] craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » Il est aussi le principal protagoniste du huis clos épuré et intense que met en scène le film de Valérie Denesle, Je suis votre avocat. Dans son cabinet, au fil des récits des réfugiés, se dessine la cartographie d’un monde en guerre et en souffrance. Pipe en bouche, le bonhomme, un poil bourru, les écoute, attentif. Soucieux de préparer leur dernière requête auprès de la CNDA (1), sans laisser la moindre faille que ne manqueraient pas d’exploiter les juges pour les discréditer, il réexplore avec eux un passé fait de traumatismes, de viols, de tortures. Les abreuvant de questions précises, entre exercice de géopolitique et enquête policière, il consigne avec minutie « les preuves » du bien-fondé de leur demande. Car ce qui se joue là, le péril d’un retour au pays, est bien souvent vital.
Dans son cabinet, au fil des récits des réfugiés, se dessine la cartographie d’un monde en guerre et en souffrance.
A la veille de la discussion à ­l’Assemblée nationale du projet de loi Asile et immigration, et alors que les avocats qui plaident d’ordinaire à la CNDA sont en grève depuis la mi-­février pour obtenir son retrait, il nous a paru important de montrer ce film. Aucune chaîne n’ayant souhaité le diffuser, nous avons décidé de le mettre en ligne gratuitement un mois durant, avec l’accord de la société de production Agat Films & Cie et de sa réalisatrice. Nous avons également voulu revenir avec Gilles Piquois sur les conditions de son tournage et affiner avec lui le décryptage d’un texte qui « sous prétexte de célérité bafoue les droits les plus élémentaires des demandeurs d’asile ».

Regarder le film, “Je suis votre avocat”


Souvenir et hommage à Boukhari - par Hach Ahmed




Permettez-moi d'utiliser les vers d'un grand poète :

" je suis mort comme le rayon, Boukhari, le frère et le maître avec qui je voulais tant. Il n'y a pas d'extension plus grande que ma blessure ".

Je pleure pour moi, je pleure pour ma famille, la petite, et je pleure aussi pour notre grande famille, le peuple sahraoui, ce peuple grand, noble et généreux, où nous sommes nés, nous avons grandi et vivons, à côté duquel nous assumons leurs tragédies et leurs espoirs. Boukhari, comme le disait le poète espagnol, combattant pour les libertés, Miguel Hernandez, "je sens plus ta mort que ma vie".

En ces heures, ces jours-ci, j'ai senti que ma blessure, la grande blessure de ma famille, la partagent beaucoup de gens du monde entier, j'ai reçu les sentiments sincères de milliers et de milliers de Sahraouis, de tous âges, de tous Les coins, connus par tous et complètement inconnus pour moi, qui ont en commun l'affection et l'admiration pour un parcours de vie qui dépasse ce que je connaissais déjà et admirait. Je me souviens de l'enfant avec qui j'ai partagé l'enfance, le grand frère et responsable par qui je me suis rendu un homme et découvrant avec lui qui nous étions, qui était le peuple noble auquel nous appartenions, son carrefour historique pour la soumission au colonialisme et les invasions étrangères.

Ensemble, nous avons également grandi dans la découverte de la responsabilité que nous devions assumer pour la libération de notre peuple, un compromis qui a conditionné toute notre vie, comme celle de nombreux Sahraouis. Boukhari, le brillant étudiant avec un avenir professionnel prometteur, qui s'est mis, avant moi, sur la première ligne de lutte du mouvement de libération de son peuple, mettant à son service ses énormes capacités, ses qualités intellectuelles et humaines illimitées. Des décennies de combat sacrifiant tout, les affections, la famille, le confort matériel.

Boukhari était l'éternel et incorrigible convaincu que la justice de la cause sahraouie ne pouvait que porter, tôt ou tard, à sa victoire et à sa reconnaissance. Mais surtout, Boukhari est l'homme intègre qui n'a jamais dévié du cap, qui n'a jamais cédé un iota à la tentation de solutions personnelles, n'a jamais abandonné cette attitude, n'a jamais fait fortune personnelle, l'héritage à ses fils et filles, ce n'est ni Un seul dollar, une seule "Ouguiya", est beaucoup plus grand que tout cela, c'est une leçon de dignité et d'intégrité absolue pour tous ceux que le destin a pu ou peut amener à assumer des postes de responsabilité dans le leadership des peuples qui luttent encore pour la liberté. Boukhari était, en d'autres termes, une icône, non seulement sur le plan intellectuel, mais aussi moral.

Boukhari est ami avec des présidents, des diplomates et des personnalités internationales de toutes sortes et a toujours quitté le pavillon de la cause et du peuple qu'il représentait. Boukhari sera toujours l'infatigable combattant pour les droits du peuple sahraoui, pour l'indépendance et l'intégrité, pour l'avenir d'un Sahara qui se développe dans le contexte des pays démocratiques et les plus avancés. Jusqu'à la dernière heure de sa vie, sa mission, sa défense de la cause, était au-dessus de ses besoins et de sa propre santé. La maladie, la putain de maladie, l'a frappé comme un obstacle qui limitait ses capacités pour continuer à travailler aux dernières manœuvres à l'ONU, en attente des nouvelles, écrivant, raisonné. Ses souffrances n'ont jamais eu d'effet sur son moral ni sur la fermeté de sa volonté jusqu'au dernier soupir.

Boukhari, malgré tout, fait partie intégrante de l'histoire du peuple sahraoui et restera un exemple irremplaçable tant que les Sahraouis persisteront et se battent pour notre avenir.

L'immense peine et consternation avec lesquelles notre peuple a vécu et vit cette perte, cette tragédie pour ma famille, le deuil généralisé qui a envahi chaque foyer, chaque khaimah de ce peuple grand et généreux, est la démonstration que les peuples, et seulement eux , savent placer leurs enfants à l'endroit qu'ils méritent dans l'histoire

Pour ses filles et ses enfants il sera toujours le père exceptionnel et exemplaire, et pour moi, pour sa famille, il sera toujours le frère chéri jusqu'au bout.

Boukhari est parti, comme de nombreux martyrs de ce peuple, c'est une perte irréparable, mais c'est aussi l'une des preuves par lesquelles nous devons tous être fiers d'appartenir à ce peuple grand et noble.

8 avril 2018
HACH AHMED
ahmedhach@gmail.com

mercredi 11 avril 2018

200 morts dont une trentaine de Sahraouis dans le crash d'un avion militaire algérien

Deuil de l'accident aérien en Algérie, d'un iliouchine il-76 d'Alger-Tindouf-Alger.
Reposez en paix toutes les victimes de ce malheureux accident

Aucun texte alternatif disponible.



Algérie: ce que l’on sait sur le crash de l’avion militaire qui allait à Tindouf (VIDEO)




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Algérie – Un avion militaire s’est écrasé ce mercredi près de l’aéroport de Boufarik, non loin d’Alger. Selon un bilan provisoire, l’accident a fait au moins 200 morts, et toutes les personnes à bord sont mortes. Selon la chaine Annahar, il y aurait 29 éléments du polisario dans cet avion.
Toujours selon Annahar, cet avion avait pour destination finale Tindouf. Mis à part des éléments du polisario, de hauts gradés de l’armée algérienne sont décédés dans ce crash.

Les médias évoquent un « Iliouchine Il-76 » de l’armée de l’air algérienne. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une grande fumée noire suite à l’incendie consécutif au crash.
Des ambulances ont été dépêchées sur les lieux. « Des unités spéciales de la Protection civile ont été également envoyées sur place afin de porter secours à d’éventuels survivants », indique Sputnik.
LIRE AUSSI: Algérie: nouveau bilan du crash de l’avion militaire




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