samedi 9 juin 2018

Rassemblement à Bruxelles pour dénoncer les manœuvres de l’UE visant à inclure le Sahara occidental dans ses accords avec le Maroc

Rassemblement à Bruxelles pour dénoncer les manœuvres de l’UE visant à inclure le Sahara occidental dans ses accords avec le Maroc | Sahara Press Service

 Bruxelles, 7 juin 2018 (SPS)

Un rassemblement pour dénoncer les manœuvres de l’Union européenne (UE) qui veut continuer à inclure le Sahara occidental dans le champ d’application de ses accords commerciaux avec le Maroc a été organisé jeudi à Bruxelles.
Une centaine d’activistes et de responsables sahraouis, de membres d’associations soutenant la cause sahraouie et d’eurodéputés ont participé à ce rassemblement organisé, à quelques encablures du siège de la Commission et du Conseil européens, pour exhorter l’UE à se conformer aux décisions “de sa plus haute juridiction”.
Munis de pancartes plaidant pour l’arrêt du soutien de l’Europe à l’occupation marocaine du Sahara occidental, les participants au rassemblement ont appelé également l’UE à arrêter de profiter de l’occupation de ce territoire, qualifiant l’opportunisme européen de “crime”.
“Pas de commerce, ni pêche sans l’accord du Front Polisario”, ont averti les manifestants qui ont  réclamé la “liberté aux prisonniers politiques sahraouis”.
Le président du parlement, Khatry Addouh, a condamné à l’occasion la décision d’”autoriser la Commission européenne à négocier des amendements aux accords UE-Maroc afin d’inclure explicitement le Sahara occidental”, relevant “l’illégalité fondamentale de cette approche”.
Le président de l’Observatoire des ressources naturelles au Sahara occidental (WSRW), Erik Hagen a dénoncé, de son côté, la présence d’entreprises européennes qui profitent allègrement d’un accès sans entrave au territoire non-autonome.
Erik Hagen a déploré, dans ce contexte, “la complicité de l’UE” dans l’entreprise du Maroc qui vise à assoir son emprise socio-économique sur le Sahara occidental.
Nicole Gasgnet de l’association des amis de la République arabe sahraouie (AARASD) a jugé important de poursuivre la mobilisation pour que “l’UE prenne conscience du mal qu’elle fera aux Sahraouis si elle signe des accords avec le Maroc qui incluent le Sahara occidental”.
Le président de l’organisme sahraoui des minéraux, Ghali Ezzoubir, a affirmé, pour sa part, que le peuple du Sahara occidental n’acceptera jamais que son droit d’exploiter ses ressources naturelles soit “confisqué” et qu’il est déterminé à défendre ses droits.
Étaient présents également à ce rassemblement, la députée européenne Paloma Lopez, l’ex-eurodéputé Jordi Sébastia, le ministre sahraoui délégué pour l’Europe, Mohamed Sidati et de nombreux autres parlementaires nationaux espagnols.(SPS)

Demande de l'application de la résolution 677 de l'UA pour la décolonisation du Sahara occidental


Demande de l'application de la résolution 677 de l'UA pour la décolonisation du Sahara occidental
PRETORIA- Le Président sahraoui, Ibrahim Ghali, a indiqué mardi avoir demandé au président de l'Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, l'application de la résolution 677 prise lors du 30e sommet de l'Union africaine, en harmonie avec la résolution 2414 du Conseil de sécurité pour l'ouverture immédiate des négociations directes et sans conditions préalables entre le Front Polisario et le Maroc, afin de permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit inaliénable à l'autodétermination.
Dans une déclaration faite aux médias, à l'issue de la rencontre qu'il a eu mardi avec son homologue sud-africain, M. Ghali a indiqué : "nous avons convenu qu'il ne devrait pas être toléré aucune atteinte à l'accord qui rassemble les peuples et les pays d'Afrique dans le cadre de l'Organisation panafaricaine pour assurer la paix et la stabilité dans notre continent et dans le monde", tout en précisant qu'avec son homologue sud-africain, il a été "souligné que le Maroc, en tant que membre de l'Union africaine, est tenu de respecter les principes et objectifs énoncés dans l'acte constitutif de l'Union, particulièrement le respect des frontières héritées à l'indépendance, le non-recours aux menaces et à la force pour le règlement des conflits entre les Etats membres".


Selon l'agence de presse sahraouie (SPS), les deux présidents ont eu, lors des entretiens, "à débattre et à partager une profonde analyse, où il en ressort des points de vue communs sur l'ensemble des questions bilatérales, continentales et internationales d'intérêt commun".
"La réunion avec le président Cyril Ramaphosa était très intéressante, fraternelle et fructueuse, qui m'a permis de profiter de ses idées et de ses conseils. Nous avons senti réellement que nous étions avec des compagnons de lutte, des alliés et des amis fidèles, convaincus et attachés aux mêmes principes, idéaux et objectifs qui nous unissent en tant qu'Africains et en tant que militants pour la libération et la promotion des peuples africains", a tenu à souligner le président sahraoui.
Dans ce sillage, le secrétaire général du Front Polisario a indiqué que "la République sahraouie compte beaucoup sur l'expérience de l'Afrique du Sud, pays leader dans les domaines économiques, industriels et autres", estimant que "sa visite en Afrique du Sud constitue un nouveau soutien aux relations fraternelles et d'amitié ainsi qu'à la coopération historique unissant les deux pays".
Il a précisé aussi que cette visite est "une occasion d'approfondir la consultation et la coordination des positions pour servir les intérêts de deux peuples, les deux pays et tous les peuples africains, et ce, dans le cadre de la mise en œuvre de l'agenda 2063 ".
Brahim Ghali a également exprimé sa fierté que sa visite en Afrique du Sud à la tête d'une délégation a coïncidé avec la commémoration du centenaire des deux personnalités immortelles, Nelson Mandela et Maman Albertina Sisulu.
Pour rendre hommage à ces deux personnalités sud-africaines, il a annoncé  que la République sahraouie célébrera ce centenaire, le 12 octobre prochain, date marquant la commémoration du peuple sahraoui de la "Journée de l'unité nationale".
Le président Ghali a entamé samedi sa visite de travail en Afrique du Sud, lors de laquelle il a rencontré son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, des partis et des représentants de la société civile.
Le président de la RASD était accompagné du ministre des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, du ministre de la Coopération, Buhali  Siid, du Secrétaire d'Etat à la sécurité et à la documentation, Brahim  Ahmed Mahmoud, outre les conseillers à la présidence, Mmes Soukeina Larbass Joumani et Aminetou Larbass Soueidatt et M. Abdati Abrika et le conseiller au ministère des Affaires étrangères, Malainine Lakhal.

 










vendredi 8 juin 2018

23 juin, défilé de la dignité : solidarité avec le mouvement rifain

Le Maroc, « Le Point » et Orient XXI

Le Point et la journaliste Mireille Duteil ont intenté un procès à Orient XXI et le site Arrêt sur images pour diffamation concernant des articles publiés en décembre 2014 dénonçant les étranges relations entre des journalistes français et le pouvoir marocain. Nous avons été relaxés et les plaignants ont été déboutés de leurs demandes financières par un jugement du 22 mars 2018, mais ont décidé de faire appel. Cela signifie pour nous, structure indépendante, une charge matérielle et financière supplémentaire particulièrement lourde.
La complaisance de certains médias et journalistes français à l’égard du pouvoir marocain n’est un secret pour personne. Nul doute, par ailleurs, que certains cercles au Maroc rêvent de nous faire taire. La publication d’articles sur l’absentéisme du roi de son royaume qui passe l’essentiel de son temps à l’étranger ou sur son éventuelle abdication, dont le succès et le retentissement ont été immenses au Maroc où de tels articles sont interdits, ne plaisent pas à tout le monde.
La seule réponse pour nous à cet acharnement est de poursuivre notre travail, en toute indépendance. Vous pouvez nous aider à surmonter ces pressions et à développer notre travail en versant à notre campagne de dons.
Daniel Schneidermann, directeur d’Arrêt sur images a répondu au nouveau « procès-bâillon » que Le Point et l’une des ses journalistes nous intentent et publié l’intégrale du jugement.

Jerada : Human Rights Watch dénonce les violences des autorités marocaines

Jerada : Human Rights Watch dénonce les violences des autorités marocaines
Source : Lesinfos.ma
05/06/2018 11:00

Répression, usage excessif de la force contre les manifestants, arrestations de protestants y compris des mineurs, maltraitances (…). Human Rights Watch dénonce dans son dernier rapport les dépassements des autorités marocaines.

C’est un rapport pour le moins inquiétant qui a été dressé par Human Rights Watch (HRW) ce lundi et qui dénonce les violences des autorités marocaines lors des manifestations qui secouent la ville de Jerada depuis décembre dernier. Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, les forces de l’ordre ont fait un usage excessif de la force contre les manifestants, percuté certains d’entre eux avec une fourgonnette de police conduite de manière irresponsable et ont procédé à l’arrestation des leaders du mouvement de protestation qui auraient ensuite été maltraités en détention. « La répression à Jerada est allée bien plus loin qu'un simple effort visant à traduire en justice des manifestants prétendument violents. Il semble qu'elle visait plutôt à réprimer le droit de manifester pacifiquement contre la situation socio-économique de la région», a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Les manifestations du 14 mars en trame de fond

L’organisation dénonce aussi les incidents survenus lors des manifestations du 14 mars qui ont agité la ville de Jerada. Et un incident en particulier a retenu leur attention. En effet, dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux et soulevé une vive polémique, on voyait des véhicules de police foncer sur les manifestants avec l’intention manifeste de blesser nombre d’entre eux. Le plus jeune victime serait un adolescent de 16 ans, Abdelmoula Zaiqer, qui a été gravement blessé. Bien que le lien entre ses blessures et les agissements des forces de l’ordre n’ait pas été établi, la fiche d’hospitalisation de l’adolescent [consultée par HRW, ndlr] stipule que Abdelmoula Zaiqer souffre de traumatismes à la tête, aux hanches, aux pieds et à la colonne vertébrale, suite à un « accident de la voie publique, (…) patient heurté par une fourgonnette ». Aux dernières nouvelles, les médecins n’étaient pas encore en mesure de déterminer si le jeune homme pourra remarcher un jour.
La Délégation Interministérielle des Droits de l’Homme (DIDH) a déclaré de son côté que Zaiqer avait été « blessé accidentellement ». La mère de la victime, elle, a affirmé à HRW que les autorités avaient fait pression sur elle pour qu'elle évite tout contact avec des journalistes et des activistes. De plus, l’organisation internationale a expliqué qu’une voiture a pris en filature l’équipe de HRW quand elle a tenté de rendre visite à Zaiqer et à sa mère, le 6 avril, dans un hôpital près de Casablanca où le jeune homme avait été transféré.

Surveillance et intimidation

Ultérieurement, le 4 avril, des chercheurs de Human Rights Watch, qui ont visité Jerada, expliquent qu’ils ont été stoppés et interrogés à deux postes de contrôle. Ils ont été suivis de près toute la journée par une voiture avec trois hommes en civil à son bord, ce qui a apparemment conduit des témoins, que les chercheurs comptaient rencontrer, à annuler leurs rendez-vous. Les chercheurs ont aussi observé une forte présence des forces de sécurité : des policiers en uniforme et armés déployés dans chaque rue et place importantes de cette petite ville, et plus de 100 fourgonnettes de police et autres forces armées stationnées dans les alentours. Les chercheurs ont par ailleurs rencontré des activistes des droits humains, ainsi qu'Abdelhak Benkada, l'avocat de nombreux manifestants, dans la ville voisine d'Oujda le 3 avril. Ces derniers ont affirmé à HRW que depuis le 14 mars, des agents de police ont forcé les portes et brisé les fenêtres de plusieurs maisons à Jerada, frappant et interpellant plusieurs hommes sans présenter de mandats d'arrêt ni de perquisition.

Rythme effréné des graves violations perpétrées par l’Etat marocain contre des civils sahraouis



Droits de l’homme-Sahara Occidental: dégradation de la situation due aux violations Marocaines
EL-AYOUN OCCUPEE- La situation des droits de l’Homme ne cesse de se dégrader au quotidien au Sahara Occidental, en raison des violations des droits des citoyens Sahraouis par l’Etat marocain, notamment le droit à l’autodétermination, à la manifestation pacifique et à la liberté d’opinion et d’expression, a affirmé une commission Sahraouie.
Dans son rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme au Sahara Occidental pour la période comprise entre le 1 mai 2017 et le 30 avril 2018, la commission de défense du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a mis en garde contre “le rythme effréné des graves violations perpétrées par l’Etat marocain contre des civils sahraouis”.
La commission a évoqué les grandes difficultés rencontrées pour l’élaboration de son rapport, notamment en raison des “restrictions  imposées aux militants des droits de l’homme et aux journalistes, empêchés de tout déplacement et constamment sous contrôle et soumis à la fouille”.
Le rapport cité par l’Agence de presse sahraouie (SPS) cite les cas de “violations marocaines des droits des Sahraouis, la répression intensive et la grave détérioration de la situation humanitaire, des manœuvres visant à endiguer les manifestations pacifiques organisées par des organisations des droits de l’Homme au Sahara Occidental”.
La commission a relevé également plusieurs cas de torture contre des citoyens sahraouis durant la période allant du 1 mai 2017 au 30 avril 2018, notamment les agressions physiques et verbales, le recours abusif à la force, la répression des manifestations, l’arrestation des journalistes et la séquestration des détenus sahraouis dans les geôles marocaines (Salé, Taroudant, El Arjat…).
Le rapport évoque par ailleurs les procès sommaires et iniques organisés à l’encontre de Sahraouis, notamment le groupe de Gdeim Izik, et l’interdiction aux observateurs internationaux et aux familles des détenus d’assister aux audiences”.
Aps

Selon l'OIT le Maroc se situe parmi les Etats présentant «un faible niveau de volonté politique pour investir dans le social».

Protection sociale: Toujours pas de régime dédié pour l’enfance

Le CESE assimile les programmes existants à des «compléments de revenu».2,4 millions d’actifs exclus des allocations familiales
Moins de 5% du PIB. Voilà ce que dépense le Maroc chaque année pour la protection sociale. Il fait ainsi partie des pays qui y consacrent le moins de ressources. La moyenne des pays émergents est de 15%. Le Maroc est même classé par l’OIT (Organisation internationale du travail) parmi les Etats présentant «un faible niveau de volonté politique pour investir dans le social».
En matière de protection sociale de l’enfance, le pays ne fait pas mieux. Selon le rapport de la Commission des affaires sociales et de la solidarité du Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui vient d’être livré, le Maroc ne dispose pas encore d’un régime dédié.
Le Royaume a bien ratifié la Convention des droits de l’enfant en 1993, et adopté la Politique publique intégrée de protection de l’enfance en 2015. Mais il tarde à implémenter des dispositifs adaptés. Les programmes lancés, pour leur part, ne sont pas exempts de défauts. Le rapport les assimile plus à des «compléments de revenus». Assortis de conditions, ils ne sont pas accessibles à toutes les familles en situation de précarité.
Parmi eux, les allocations familiales accordées aux salariés, et prises en charge par les employeurs (200 DH pour les 3 premiers enfants, et 36 DH pour les trois suivants). Les allocations ne profitent, cependant, qu’aux parents travaillant dans le secteur formel.
Cela exclut quelque 2,4 millions d’actifs informels, représentant plus du tiers (36,3%) de l’emploi non agricole. Le CESE recommande de faire évoluer les allocations familiales vers une conception fondée sur l’aide directe et ciblée des enfants de 0 à 15 ans.
A côté de ces prestations, des programmes de transferts monétaires coexistent. Il s’agit notamment de celui d’aide directe aux femmes veuves en situation de précarité et ayant des orphelins à charge (350 DH par enfant), ou encore des prestations dédiées aux femmes divorcées avec enfants à charge, dont le père est absent ou insolvable.
L’on peut également citer le programme Tayssir de lutte contre l’abandon scolaire. Sauf qu’il est gelé depuis 2015-2016, faute de financement. Il est complété par l’opération «Un million de cartables», offrant des fournitures scolaires à plus de 4,2 millions d’élèves chaque année.    
Les transferts des femmes veuves, Tayssir et Un million de cartables sont financés par le Fonds de cohésion sociale, actuellement en difficulté financière, et dont la pérennité même est menacée. Le CESE recommande d’activer la mise en œuvre de la Politique intégrée de protection de l’enfance, et de développer des aides aux enfants, indépendamment de leur nationalité, sous forme de transferts monétaires conditionnés et non conditionnés.
Ce que coûterait un transfert universel 
L’OIT a récemment modélisé le coût des prestations non contributives pour enfants et orphelins, de 0 à 14 ans, dans 57 pays dont le Maroc. Le niveau de la prestation a été fixé à 25% du seuil national de pauvreté, et à 100% pour les orphelins. Des transferts monétaires universels pour enfants de 0 à 5 ans coûteraient ainsi, en moyenne, 1,4% du PIB. Une prestation pour les orphelins de moins de 15 ans n’augmenterait ce coût que de 0,04 point.

jeudi 7 juin 2018

A la frontière italienne à Menton a police prive des migrants mineurs de leurs droits



C’est un petit pont coincé entre falaises et Méditerranée. À proximité de Menton (Alpes-Maritimes), il enjambe la frontière et relie deux postes de garde : la police française à gauche, l’italienne à droite, distantes d’une centaine de mètres. Chaque année depuis 2015, sur le « pont Saint-Louis », se jouent non seulement le destin de dizaines de milliers de migrants mais aussi l’idée qu’on se fait de l’Europe, continent forteresse ou refuge, oublieuse ou bien respectueuse des droits fondamentaux censés lui servir de socle.
La frontière franco-italienne entre Menton dans les Alpes-Maritimes et Vintimille (appuyez sur la touche + pour zoomer)
Le soleil tape déjà fort, ce samedi 2 juin au matin, quand on aperçoit quatre jeunes exilés sortir du bâtiment de la police aux frontières (PAF) française. La veille, ils ont été interpellés en gare de Menton  alors qu’ils tentaient de pénétrer l’Hexagone en train depuis Vintimille (Italie). Après avoir écopé d’un « refus d’entrée », ils sont relâchés sur le pont avec une seule consigne : repartir de l’autre côté, à pied.
 Les voilà donc qui retraversent la frontière, sans même un sac sur le dos, dépités. À peine a-t-on le temps de les interroger sur leur nationalité (trois Syriens, un Irakien) qu’ils arrivent déjà devant la PAF italienne, où ils sont introduits pour un énième contrôle. Trente minutes plus tard, surprise. Deux des Syriens ressortent sur les talons d’un fonctionnaire en tenue civile (baskets et simple badge autour du coup), un chef visiblement agacé, qui hèle un agent en uniforme pour qu’il l’escorte : la petite troupe s’engage illico sur le pont, direction Menton. « Je les ramène en France », lâche l'Italien.
Des policiers italiens raccompagnent deux mineurs syriens vers la PAF française de Menton. © MM
Des policiers italiens raccompagnent deux mineurs syriens vers la PAF française de Menton. © MM
« C’est des mineurs, pourquoi la France ne les garde pas ?, nous lance-t-il, en avançant au pas de charge. S’ils disent qu’ils sont mineurs, faut les traiter comme des mineurs. C’est simple. Pourquoi je dois descendre les ramener ? C’est du travail inutile pour tout le monde. » On les interroge à la volée : « Quel âge ? » Eux : « 16 ans », « 17 ans ». Pas sûr qu’ils comprennent pourquoi ils repartent en sens inverse.
Des policiers italiens raccompagnent deux mineurs syriens vers la PAF française de Menton. © MM

mercredi 6 juin 2018

Accord de pêche UE-Maroc : si le Sahara est impliqué, le consentement des sahraouis est indispensable

2/6/2018
LONDRES- L’observatoire des ressources du Sahara Occidental (WSRW) a affirmé que le consentement du peuple du Sahara occidental dans tout accord commercial entre l’Union Européenne (UE) et le Maroc qui impliquerait son territoire est indispensable.
"Au lieu de demander le consentement du peuple du Sahara Occidental comme le stipule la Cour de justice Européenne, l'UE a consulté les organes politiques marocains et les entreprises d'Etat qui violent le droit international et défendent l'occupation marocaine", s’est indigné l’Observatoire dans un dernier communiqué.
Il a rappelé que la décision de la Cour de justice de l'UE (CJUE) du 21 décembre 2016 stipule clairement que les accords commerciaux de l'UE avec le Maroc ne peuvent pas inclure le Sahara Occidental, qui est sous occupation marocaine partielle.
Le même arrêt a décidé que le seul moyen légal d'avoir des accords couvrant le Sahara Occidental, est d'obtenir le consentement du peuple du Sahara Occidental.
Il a révélé avoir obtenu la "liste confidentielle" des acteurs consultés par le Service européen pour l'action extérieure et a relevé que plusieurs organisations contactées par l’UE à cet effet ont refusé d'être impliquées dans un accord qui inclurait le Sahara Occidental occupé par le Maroc.
Il s’agit, selon la liste confidentielle publiée par WSRW, de l’Association Sahraouie des Victimes des Violations des Droits de l’Homme (ASVDH), l’Association Al Ghad pour les droits de l’homme, Western Sahara Campaign (WSC-UK), Independent Diplomat et WSRW.
L’Observatoire s’est dit "surpris" de se voir inclus dans la liste des organisations qui ont refusé de prendre part aux consultations, car, comme il l’affirme, il n’a "jamais été invité à un tel processus, mais seulement à une réunion informelle".
Par ailleurs, l’Observatoire a dénoncé le fait que la commission ait remplacé la notion de "consentement", comme souligné par la CJUE, par le terme "consultation" et remplacé également le concept de "peuple" par le mot "population".

Lire l'article   https://fibladi.com/dz/fr/item/864247

Soirée solidarité avec le peuple sahraoui à la Belle Etoile à Saint-Denis le jeudi 7 juin 2018

Description : Description : Logo_Saint-Denis_Bleu copie
Le Vendredi 18 mai 2018 16h34, Julie DUSSEAUX <Julie.DUSSEAUX@ville-saint-denis.fr> a écrit :

Bonjour,

En solidarité avec la lutte du peuple sahraoui pour l’autodétermination, le respect du droit international, des droits humains et des droits des prisonniers politiques sahraouis, la Municipalité de Saint-Denis est heureuse de s’associer à la compagnie Jolie Môme, l’AARASD et aux Amis du Monde Diplo pour l’organisation d’une soirée de solidarité le 7 juin à la Belle Etoile. Page de l’événement : https://paris.demosphere.eu/rv/62310

Jeudi  7 juin 2018  à  partir de 19h à La Belle Etoile -  14, allée Saint-Just, 93 200 La Plaine Saint-Denis
Soirée de projection-débat autour du film : « Dis-leur que j’existe, une histoire sahraouie » de Manue Mosset, consacré au camp de la dignité de Gdeim Izik, à la répression de ce mouvement pacifiste et l’arrestation de militant-e-s sahraoui-e-s, dont Naâma Asfari, militant des droits humains sahraoui. 
Suivie d’une rencontre-débat avec :
- Oubi Bouchraya, Représentant du Front Polisario en France,
- Claude Mangin-Asfari, militante des droits humains, en grève de la faim illimitée depuis le 18 avril 2018 (http://wp.ecrirepourlesliberer.com/claude-mangin-asfari-greve-de-la-faim/) et épouse de Naâma Asfari,
- Lise Trégloze, militante des droits humains et protagoniste du film,
Animée par Akram Belkaïd, journaliste au Monde Diplomatique.

En partenariat avec la Compagnie Jolie Môme, l’Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique, l’association des Amis du Monde Diplo et le Monde Diplomatique.

Pour information : depuis 2014, afin d’exprimer concrètement sa solidarité, la Ville accueille chaque été, en partenariat avec la Plateforme Nationale pour la solidarité avec le peuple du Sahara occidental, un groupe d’enfants sahraouis en provenance des camps de réfugiés situés à Tindouf, dans le désert algérien, afin que ces derniers échappent le temps d’un été aux conditions de vie particulièrement difficiles du camp.

Bien cordialement,

Julie Dusseaux


Julie Dusseaux
Chargée de mission
Direction du cabinet du Maire et de la communication
00 33 (0)1 49 33 62 63 / 00 33 (0)6 11 96 55 97





mardi 5 juin 2018

"Le Maroc cherche à contourner le droit international qui protège le peuple sahraoui"


"Le Maroc cherche à contourner le droit international qui protège le peuple sahraoui"

Un élu de la République récompense un tortionnaire marocain pour ses « loyaux services »


Lettre ouverte à Monsieur le président du Sénat

Un élu de la République récompense un tortionnaire pour ses « loyaux services »


Monsieur le président du Sénat,

Le sénateur LR Christian Cambon, Président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat a remis le 14 avril dernier, à Rabat, une médaille d’or du Sénat à l’un des grands chefs tortionnaires du régime marocain. Celui-ci a sévi sous le règne de Hassan II durant presque trois décennies. Il s’agit de l’ex-commissaire Mahmoud Archane.

Cet individu s’était funestement illustré dès le début des années soixante pendant les interrogatoires menés au centre clandestin de torture de sinistre mémoire « Derb Moulay Cherif » à Casablanca du groupe d’opposants politiques, connu sous le nom du « Groupe Cheikh al-Arab », ancien résistant au protectorat français au Maroc, et de centaines de militants de l’Union nationale des forces populaires (UNFP). Plusieurs d’entre eux ont été torturés à mort sous sa direction.

Au début des années soixante-dix, il exerça ses « talents » dans l’un des centres de torture de Rabat. Parmi ses victimes, Evelyne Serfaty, sœur du défunt militant Abraham Serfaty, est décédée quelques jours après sa relaxe dans un état grave après avoir été sauvagement torturée par cet individu.

La liste des victimes et des crimes de Mahmoud Archane est longue. Des organisations marocaines de défense des droits humains l’avaient cité parmi une liste de noms de tortionnaires et responsables de crimes devant être jugés.

Ses victimes et leurs familles ne comprendront jamais comment un élu de la République, patrie des droits de l’Homme, distingue un tortionnaire de cette espèce.

Le geste de Monsieur le sénateur est un acte honteux et une insulte à la mémoire de tous les démocrates et résistants y compris les Français qui ont résisté à la barbarie nazie. Il n’engage pas seulement sa personne et son groupe politique mais le Sénat tout entier qui doit prendre ses responsabilités.

Monsieur le président du Sénat,

Nous, organisations des droits humains et démocrates signataires,considérons que la remise de cette médaille à un tortionnaire déshonore le Sénat et qu’il vous revient, Monsieur le président, de réparer et d’effacer cette offense faite à cette institution et à toutes les victimes de Mahmoud Archane, responsable de traitements cruels, dégradants et inhumains.


Paris, le 4 juin 2018

Premiers signataires

Organisations : ASDHOM, Solidarité Maroc 05……


Personnalités : Abderrahim Afarki, ancien prisonnier d’opinion
                       Abdallah Zniber, ancien exilé marocain
                       Ayad Ahram, défenseur des droits humains
                       Marie-Jo Fressard, militante droits humains

lundi 4 juin 2018

L’emblématique naufrage de Nicolas Hulot


Par
Qu’il parte ou non, les amarres sont rompues entre Nicolas Hulot et le gouvernement. La semaine qui s’est achevée laissera des traces indélébiles, et pas seulement pour lui-même et pour l’environnement. C’est l’ensemble du quinquennat que son échec éclabousse.
Quelle semaine pour l’exécutif ! Avec sa loi sur l’agriculture et l’alimentation il aura cédé aux lobbys, renoncé à ses promesses de monde nouveau, et plongé à pieds joints dans la gadoue des renoncements. Ce texte devait concrétiser le « make our planet great again » lancé avec superbe, à la face du monde entier, par le président Macron, après la sortie des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat.
Et voilà une loi qui collectionne les vœux pieux, les demi-mesures, les compromis qu’il dénonçait dans l’ancien monde. Décision ferme ajournée sur le glyphosate, inconsistance sur la malbouffe, recul sur la souffrance animale, Nicolas Hulot qui devait assurer la transition écologique, se retrouve relégué au rang d’avaleur de boas.
capture-d-e-cran-2018-06-03-a-23-16-28Restera-t-il ? Partira-t-il ? La question est dépassée. Son maintien au gouvernement symboliserait son impuissance, voire sa compromission, son départ serait l’image d’un divorce entre le pouvoir élu au printemps 2017 et l’écologie, et pire encore, le symbole d’une rupture entre le président de la République et le candidat Macron.
On savait, depuis le printemps 2017, que le conseil des ministres hébergeait l’eau et le feu. Le feu (en tout cas médiatique) ? Une star de l’écologie, Nicolas Hulot. L’eau, ou plutôt l’éteignoir ? Un représentant des intérêts d’une certaine agriculture productiviste, Stéphane Travert, ministre de l’agriculture.
Dès les premiers mois, Hulot avait déjà été contraint d’en rabattre à propos du nucléaire, puis s’était consolé avec l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. L’inévitable affrontement des deux forces contradictoires était attendu sur cette fameuse loi dite « agriculture et alimentation », et le résultat est tombé. Hulot aussi.
Par l’ampleur de sa mise en scène, l’affaire avait rappelé le Grenelle de l’environnement. Ce serait une révolution, et davantage encore : une mise à feu vers le troisième millénaire. 74 réunions préparatoires sur l’ensemble du territoire, 14 ateliers au niveau national, 17 000 contributions sur Internet, battez tambours, sonnez trompettes, on allait voir ce qu’on allait voir.
À peine cette phase préparatoire achevée, Nicolas Hulot avait fait la grimace, et pire encore. Il avait boudé les conclusions et prononcé des mots à la fois définitifs et provisoires, à l’image de sa présence : « Le compte n’y est pas, ce n’était pas suffisamment conclusif et, donc, ce n’était pas pour moi le temps de conclure. » Les médias avaient bruissé sur l’hypothèse de sa démission, et comme il en a désormais l’habitude, il avait démenti en dénonçant un « fantasme médiatique ».
On a mesuré l’étendue du « fantasme » pendant l’examen de la loi. Les avancées les plus attendues sont devenues des reculs. Le plus frappant concerne le glyphosate, en raison de la gravité du sujet, mais aussi parce qu’Emmanuel Macron s’était personnellement engagé sur le sujet, pendant sa campagne, puis face aux instances européennes. Cet herbicide classé « cancérogène probable » par l’Organisation mondiale de la santé devait être interdit en France dans les trois ans.