jeudi 16 août 2018

Sahara occidental: le Maroc négocierait-il malgré lui avec le Front Polisario?

© AFP 2018 FETHI BELAID
International

Prenant en compte le plan d’autonomie du Sahara occidental défendu par Rabat, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental aurait proposé dans ce cadre l’idée d’une «Constituante sahraouie» en vue des prochaines négociations.
«Le Maroc contraint au face-à-face avec le Polisario prévu par Köhler?», a écrit le site d'information marocain Le Desk, le 14 août, affirmant que, selon des sources bien informées, Horst Köhler, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'Onu pour le Sahara occidental, serait en passe de proposer l'idée d'une «Constituante sahraouie» comme un juste milieu entre les positions adoptées par le Maroc et le Front Polisario.
«Selon nos sources, l'idée d'une "Constituante sahraouie" est envisagée par l'envoyé spécial de l'Onu pour sortir de l'impasse», a écrit le média. «Elle permettrait de légitimer un choix de synthèse entre le principe d'autodétermination sur lequel s'arc-boute le Polisario et l'option d'autonomie défendue par Rabat», a-t-il ajouté.
Évoquant la position du royaume chérifien quant à cette éventuelle proposition du diplomate onusien, le site d'information affirme que «ce cadre de négociations incertain associé au pressing des États-Unis ne satisfait cependant pas le Maroc».

Le Front Polisario rafle le soutien du plus grand syndicat du travail au Nigéria

Drapeau du Sahara occidental

© AFP 2018 Ryad Kramdi
International

Le président du principal syndicat nigérian (NLC), Ayuba Wabba, a appelé dans une réunion publique le Président du pays à «(…) convaincre le Maroc de mettre fin à l’esclavage au Sahara occidental et d’accorder l’indépendance à la population sahraouie», selon le site d’information marocain Le Desk, le 12 août.
Lors d'une réunion publique organisée par le Mouvement nigérian pour la libération du Sahara occidental, Ayuba Wabba, le président du Congrès du travail du Nigeria (NLC), la principale confédération syndicale du pays, a appelé le Président du pays Muhammadu Buhari à agir pour l'indépendance du Sahara occidental. C'est ce qu'a indiqué le site d'information marocain Le Desk dans son édition du 12 août.

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© Sputnik . Natalia Seliverstova

Des migrants illégaux déplacés de force au Maroc

Les migrants se rassemblent à proximité de la clôture de six mètres de haut qui cerne l'enclave espagnole de Ceuta en territoire marocain (photo d'illustration).
© REUTERS/M. Martin

Les autorités marocaines procèdent à de nouveaux éloignements de migrants clandestins. Selon les associations, environ 1 600 d'entre eux ont été déplacés de force de Tanger et de Nador, proches des territoires espagnols de Ceuta et Melilla en terre marocaine.

C'est vers la ville de Tiznit - à plus de 800 kilomètres de Tanger  et par bus, en pleine canicule estivale, qu'ont été éloignés des centaines de migrants clandestins selon l’AMDH, l'Association marocaine des droits de l'Homme.
Ces personnes ont été délogées de leur domicile ou de camps installés aux abords de Tanger et Nador, selon l’ONG. C'est d'ailleurs aux abords de cette ville frontalière de l'enclave espagnole de Melilla que refont surface, depuis peu, des camps de fortunes de migrants. Des installations démantelées manu militari par les autorités déjà en 2015. Le Maroc avait lancé en 2014 une vaste politique de régularisation des migrants illégaux sur le sol marocain.
Mais, depuis juin 2018, les passages maritimes clandestins sur le détroit de Gibraltar se sont intensifiés. En réaction les autorités ont repris ces opérations de déplacement pour, dit-on, envoyer les migrants dans des villes où les conditions de vie sont meilleures. Ces mesures sont pourtant jugées illégales par l’AMDH, car réalisées sans mandat.
Depuis le durcissement de la politique migratoire de l'Italie en Méditerranée, le couloir Maroc - Espagne a redoublé d’activité. Plus de 23000 migrants sont arrivés entre janvier et août par la mer Méditerranée en Espagne, plus que sur l'ensemble de 2017, selon le dernier bilan de l'Organisation internationale pour les migrants.
à (re)lire: L’Espagne dépasse l’Italie en arrivées de migrants par mer
File d'attente de migrants devant le gouvernorat de Rabat, au Maroc, en quête de régularisation, janvier 2014 (illustration) © REUTERS/Stringer

mercredi 15 août 2018

Maroc : Il était une fois un hacker dénommé Chris Coleman

11 août 2018

4 journalistes français dénoncés par le hacker Chris Coleman Octobre 2014, des centaines de documents de la diplomatie marocaine sont publiés pêle-mêle sur Twitter par un mystérieux hacker, sous le pseudo @chris_coleman24. Corruption de journalistes étrangers par le régime marocain, coulisses de la politique chérifienne sur la question du Sahara : les informations dévoilées par ces câbles diplomatiques ont été vérifiées des spécialistes du site “Arrêt sur images”. 

  Les autorités marocaines, trop embarrassées par ces révélations, ont gardé le silence, ce qui confirme l’authenticité des documents mis sur la toile par le mystérieux hacker. Des correspondances entre diplomates, mails personnels, dossiers confidentiels : ces documents concernent principalement le ministère marocain des Affaires étrangères (rapports, notes confidentiels des ambassades et consulats du Maroc à l’étranger, les boîtes mail de Ouali Tagma, directeur, à l’époque, du Département des affaires africaines, celle de Mbarka Bouaida, ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères); des boîtes mail de personnes proches de la DGED, le service d’espionnage extérieur marocain (Ahmed Charaï, propritétaire de plusieurs publications, Mourad El Ghoul, directeur du cabinet de Yassine Mansouri, patron de la DGED). Ces documents sont au nombre de plusieurs milliers dont une grande majorité sont liées à la position du Sahara et montrent, ce qui n’a pas surpris les observateurs réguliers de cette question, que la diplomatie chérifienne est guidée par la question sahraouie. 

Emmanuel Macron pourrait s'occuper "personnellement" du cas d'un Français incarcéré au Maroc

La mère de Thomas Gallay, le Français condamné en 2017 à quatre ans de prison au Maroc pour financement du terrorisme, a été reçue le 11 aout par Emmanuel Macron. "Je lui fais confiance, de toute façon je pense que c’est la seule personne à même de résoudre ce problème", a confié Béatrice Gallay après son entretien avec le couple présidentiel français.

"Aquarius" : le port de Sète se dit prêt à accueillir le navire

Jean-Claude Gayssot, président du port de Sète.
Jean-Claude Gayssot, président du port de Sète. (ALEX BAILLAUD / MAXPPP)
"La seule condition, c'est d'avoir le feu vert des autorités françaises", précise le président du port de Sète, Jean-Claude Gayssot, ancien ministre des Transports du gouvernement Jospin.
Le port de Sète, dans l'Hérault, est prêt à accueillir l'Aquarius, rapporte lundi 13 août France Bleu Hérault. Le navire humanitaire de l'ONG SOS Méditerranée est bloqué en mer depuis vendredi avec 141 migrants à son bord, en attente de l'autorisation d'accoster dans un port. Pour l'instant, l'Italie et Malte refusent d'accueillir le bâtiment. Le président du port de Sète, ancien ministre communiste des Transports du gouvernement Jospin, Jean-Claude Gayssot, a donc fait savoir à l'ONG que le bateau pouvait accoster dans le port héraultais.
La seule condition, c'est d'avoir le feu vert des autorités françaises Jean-Claude Gayssotà France Bleu Hérault
"Je comprends que les choses sont complexes, difficiles", assure l'ancien ministre qui dit avoir compris qu'il faut combattre les passeurs et toutes les personnes qui profitent du commerce des traversées. "Mais tout doit être second par rapport à l'humain, sauver des vies, des familles, des femmes et des enfants. Il s'agit de vies humaines. Le problème est d'abord humain."
"Le gouvernement français serait bien inspiré d'avoir une attitude au moins à la hauteur du gouvernement espagnol", lance-t-il en référence au mois de juin 2018, quand l'Espagne avait accueilli l'Aquarius, déjà bloqué en Méditerranée avec des migrants à son bord.