jeudi 13 septembre 2018

La traversée de la mer Méditerranée n’a jamais été aussi meurtrière



Malgré une baisse du nombre de personnes arrivées en Europe, la traversée de la mer Méditerranée n’a jamais été aussi meurtrière comme l’indique un nouveau rapport du HCR.

desperate journeys


RA2017Selon le rapport « Voyage du désespoir », plus de 1600 personnes ont déjà perdu la vie ou disparu depuis le début de l’année 2018 en essayant de gagner l’Europe. Pour chaque groupe de 18 personnes ayant tenté une traversée en Méditerranée centrale, une personne est décédée ou a disparue, contre une sur 42 en 2017 sur la même période.
Au vu de ces chiffres alarmants, le HCR exhorte l’Europe à accroître les possibilités de voies d’accès légales et sûres pour les réfugiés ainsi qu’à faciliter les procédures d’asile pour les personnes cherchant à obtenir une protection internationale.
Le rapport souligne également l’importance qui doit être accordée aux mécanismes de protection concernant les enfants qui voyagent seuls.

Lettre ouverte à Monsieur Tamek, Délégué généralde l'administration des prisons au Maroc,


Prisonniers pour la Justice

Gap, vendredi 14 septembre 2018





Monsieur Tamek, je vous fait part de mon souci concernant le prisonnier Salek Laasairi. Une lettre de Marie-Jo Fressard.






Marie-José Fressard  
                                           
Gap, 10/9/2018

Solidarité Maroc 05

                                                                                 
Monsieur le  Délégué Général
Je me permets de vous faire part de mon souci concernant le prisonnier Salek Laasairi, détenu à la prison locale d'Aït Meloul ( numéro d'écrou 7533). Il y a trois ans j'ai accepté d'être sa "marraine". J'ai alors découvert sa dramatique histoire : condamné à perpétuité par le tribunal militaire marocain pour un crime qu'il nie toujours avoir commis. Je n'ai pas pu apprendre si des preuves de ce crime ont été produites, ce qui me semblerait normal pour une peine de cette gravité.
Depuis que j'assure son parrainage j'ai pu me rendre compte à quel point cet emprisonnement est un enfer pour lui, prisonnier politique sahraoui. Un enfer qui se dégrade semaine après semaine. Maltraitance physique, cachot, destruction et vol de ses quelques biens, maltraitance de sa famille. Et surtout maltraitance psychologique : diminution voire suppression des quelques instants de téléphone avec sa famille et avec ses amis, seuls instants de bonheur qui lui permettent de ne pas sombrer dans la déprime, voire plus. Malgré tout, lors des rares moments pendant lesquels j'ai pu l'entendre au téléphone, il faisait preuve d'un courage incroyable, éclatant de rire, demandant des nouvelles de ma famille et de ma santé. Ne se plaignant jamais, mais plaignant tous ceux qui souffrent. "Moi, tout va bien".

En 2015, lorsque j'ai commencé à avoir des contacts avec lui, il m'appelait chaque lundi après-midi en lançant un joyeux "Ça va bien, grand-mère ?", question ponctuée d'un sonore éclat de rire. Nous pouvions échanger quelques phrases, difficilement à cause du bruit du parloir. Nous échangions aussi quelques lettres, j’envoyais des cartes et quelques colis. Même s'ils mettaient parfois jusqu'à deux mois pour arriver, ils arrivaient.
Mais progressivement, même ces petits bonheurs lui sont interdits. L'appel du lundi est de plus en plus rare, à peine une fois tous les deux mois et de plus en plus brefs. Ses lettres ne me parviennent plus. Il ne reçoit plus les miennes, ni mes cartes. Mon dernier colis m'a été retourné ; je l'ai renvoyé, il m'est revenu.
Ce comportement odieux de l'administration pénitentiaire n'a rien à voir avec une notion de justice, c'est de la pure discrimination, de la haine de la pire espèce.
Monsieur le Délégué Général vous avez le pouvoir d'exiger de la part du personnel de la prison locale d' Aït Meloul que Salek Laasairi soit traité avec un minimum d'humanité comme l'exigent les Conventions internationales que pourtant le Maroc à signées.
D'avance, pour lui, je vous remercie et vous prie de recevoir, Monsieur le Délégué Général de l'administration des prisons du Maroc, l'expression de ma haute considération.
Marie-José Fressard

Présidente de l'association Solidarité Maroc 05

05000 Gap   France

solidmar05@gmail.com



Copies : Solidarité Maroc 05, APSO, Association des familles et amis des prisonniers,solidmar.blogspot.com




mercredi 12 septembre 2018

Un nouveau livre sur le mouvement rifain

La tristesse du Rif. Chronique d'un soulèvement tant attendu

Auteur Sietske De Boer
Éditeur: Uitgeverij Jurgen Maas
Résumé
«La tristesse du Rif» est une histoire mise à jour dans une région dont près de 90% des Néerlando-marocains sont originaires, ainsi qu’une partie considérable des Belges.
Au centre de ce livre de la journaliste et arabisante Sietske de Boer se trouve la récente manifestation populaire dans le Rif contre l'injustice, la privation de la région et la corruption au sein du gouvernement marocain. Elle traite en détail de la montée du mouvement populaire Hirak, dont les dirigeants ont été condamnés à de lourdes peines de prison en juin.
Les manifestations ont commencé la nuit de la mort du marchand de poisson Mohsin Fikri, qui a été écrasé dans un camion à ordures fin 2016 alors qu'il tentait de sauver sa pêche illégale saisie par la police. Sa mort a provoqué des réactions de colère contre l'autorité marocaine. Aux Pays-Bas et en Belgique également, de nombreux Berbères / Imazighen suivent les événements du Rif. Leur implication est donc largement abordée dans «La tristesse du Rif»
De Boer a largement discuté de la rupture entre le Rif et l’État marocain, qui date depuis l'indépendance du Maroc en 1956. Mais pour comprendre la région, de Boer plonge dans l'histoire vers 1900. Elle traite de la l'occupation coloniale, du sultanat marocain, la lutte des Rifains contre les Espagnols menée par Muhand u Abdelkrim AL Khattabi et l'existence de la Ripublique du Rif.
Sietske Boer est arabisante et journaliste, elle a travaillé comme correspondante pour divers médias néerlandais au Maroc. Elle est auteur «Les années de plomb», «Les gens d'Abdelkrim» et «Les Marocains aux Pays-Bas, les néerlandais au Maroc».
https://www.boekenroute.nl/gasten/gtn1Boek.aspx…

Mon exclusion comme enseignant dans les prisons : une peine à perpétuité ?


  Lettre ouverte au ministre de la Justice, Koen Geens

Bruxelles 12 septembre 2018
Monsieur le ministre,
Je vous écris à l’occasion de la rentrée scolaire. C’est aussi une année d’élections qui s’annonce. Mais encore une année de nouveaux débats sur la prison de Haren et la politique pénale à mener dans le futur.
Ce mois de septembre 2018, cela fera dix ans que je ne peux pas reprendre mon travail en tant qu’enseignant dans les prisons belges. Ni rendre visite à un détenu dans aucune prison. Un interdit professionnel imposé en 2008 et maintenu jusqu’à ce jour, en dépit des décisions de justice. Par cette lettre, je vous demande de lever ce bannissement illégal.  
Un rappel des faits.
Permettez-moi de vous rappeler ce qui s’est passé il y a dix ans.
Le 3 août 2008, la direction générale des établissements pénitentiaires m’a interdit l’accès à toutes les prisons de Belgique. Pour des « raisons de sécurité ». À l’époque je ne pouvais pas prendre connaissance de ces « raisons » car il s’agissait, selon la direction des prisons, de la « sécurité nationale, de la défense nationale et de l’ordre public ». Rien moins que ça. Mes avocats eux-mêmes n’ont pas eu accès à mon dossier personnel. Il y aurait de quoi rire si je n’avais pas perdu mon travail, tout comme la possibilité de visiter des détenus.
Un de vos prédécesseurs et membre de votre parti, Stefaan De Clerck, a choisi de couvrir cet interdit professionnel devant la commission de la Justice du Parlement. Le 6 octobre 2009, il déclarait en réponse à une interpellation de la députée Ecolo Zoé Genot : « La décision de l’interdiction d’accès est une décision bien pesée qui a fait l’objet d’un examen approfondi de l’ensemble du dossier. Une telle mesure est exceptionnelle et n’est prise que sur base de raisons sérieuses. L’exclusion pour raisons de sécurité est prise sur base d’une appréciation du dossier global de la personne et ces raisons suffisent en soi pour justifier une exclusion ». Une déclaration digne d’un État policier.
Vous connaissez certainement l’éditorialiste Rik van Cauwelaert, qui commentait dans le magazine Knack : « L’interdit professionnel contre Luk Vervaet, exprimé sur base d’éléments tenus secrets, revient à un règlement de compte en bonne et due forme et au vol du travail d’un homme qui n’a pas caché ces dernières années les conditions inhumaines qu’il constatait dans les prisons belges… Seuls des États voyous se retranchent encore derrière la raison d’État pour imposer le silence à ceux qui pensent autrement ».