vendredi 21 septembre 2018

A Marseille, les mineurs étrangers sont baladés d’hôtel en hôtel

Par
Une centaine de mineurs étrangers, pris en charge par le département des Bouches-du-Rhône, sont logés depuis plusieurs mois dans des hôtels bon marché, faute de place en foyer. Censée être provisoire, cette solution s’installe, alors qu’un Malien de 15 ans a tenté début août de se suicider en sautant du 4e étage de son hôtel à Marseille.
Cours de mathématiques au local du collectif Al Manba à Marseille, septembre 2018. © LF  
Cours de mathématiques au local du collectif Al Manba à Marseille, septembre 2018. © LF
 
C’est de cet hôtel que, le 3 août, Adama, un jeune Malien de 15 ans, a tenté de se suicider en sautant du 4e étage. Abdulaye, un compatriote de 15 ans, qui sortait de la bibliothèque voisine et discutait avec d’autres jeunes, se souvient l’avoir vu blessé au sol. La scène l’a choqué. « Je n’arrivais pas à me contrôler, je tremblais », dit-il. Sorti de réanimation, Adama, qui a subi plusieurs opérations en raison de fractures à la hanche et au coude, est depuis début septembre en rééducation dans une clinique d’Aubagne. « Du moment qu’il a su qu’il pourrait remarcher, il a repris le sourire », affirme Muriel, 55 ans, bénévole au collectif MIE (pour la défense des droits des mineurs isolés étrangers).
Arrivé début 2018 par les cols enneigés derrière Briançon (Hautes-Alpes), l’adolescent a vécu le parcours du combattant des mineurs étrangers non accompagnés. Après l’évaluation de son âge, il est passé par un foyer à Gap (Hautes-Alpes), puis a été envoyé à Marseille pour être pris en charge par le département des Bouches-du-Rhône avec une ordonnance de placement provisoire (OPP) de la justice.
Un éducateur se souvient l’avoir accueilli à la gare Saint-Charles. « Il était discret et réservé, ne parlait pas très bien le français, dit-il sous couvert d’anonymat. Après, il a fait le circuit comme les autres, on se les renvoyait entre le commissariat, la Dimef et l’Addap 13 [les deux structures chargées de la prise en charge des mineurs par le département des Bouches-du-Rhône – ndlr]. Il a fait partie cet hiver des gamins gazés devant le commissariat de Noailles et à qui les policiers ont envoyé les chiens. »
Moussa*, 16 ans et lui aussi malien, a rencontré Adama à l’hôtel Sainte-Marie, à son arrivée à Marseille, fin avril 2018. « Comme tout le monde, il voulait quitter l’hôtel, il voulait un foyer ou un appartement pour continuer les études », explique-t-il. Depuis son arrivée, Moussa en est à son « 4e ou 5e hôtel ». « On n’a plus d’espoir », dit le jeune homme, hébergé près de la Joliette.

mercredi 19 septembre 2018

4ème Fête des Alp'ternatives qui aura pour thème "Prendre soin de la Santé !".

4ème Fête des Alp'ternatives : Prendre soin de la Santé !

4ème Fête des Alp'ternatives !

Cette année notre fête aura pour thème "Prendre soin de la Santé !". Hopitaux, maisons de retraite, remboursement des soins, prendre un rdv avec un spécialiste... chacun sait bien que la "santé pour tous" va mal. Nous avons décidé de prendre un temps pour mieux comprendre la situation et envisager ensemble, le cœur sur la main, une santé en pleine forme ! 
 Cinéma, rencontres, forums et même Banquet avec carbonnade flamande attention le programme qui suit réserve des surprises !

Réservez vos places

dès à présent ! 

Prix libre

mardi 18 septembre 2018

Erri de Luca: «Des crimes de guerre par temps de paix»

Par

Poète, romancier et alpiniste, Erri de Luca est aussi une figure de la scène publique italienne, ancien militant d’extrême gauche, opposant aux grands travaux et aujourd’hui contempteur de la politique anti-migrants déployée par le gouvernement.
Erri de Luca.
Erri de Luca
Erri de Luca est célèbre pour son œuvre de romancier, poète, traducteur et exégète de la Bible. Il a aussi été de la plupart des combats de la gauche politique italienne, depuis son engagement au sein du mouvement révolutionnaire Lotta Continua à son opposition au projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin qui lui a valu un procès de la société franco-italienne LTF (Lyon Turin Ferroviaire), pour avoir appelé au « sabotage » du chantier, un terme sur lequel il s’explique dans La Parole contre.

Aujourd’hui engagé en faveur des migrants, des deux côtés des Alpes puisqu’il avait soutenu Cédric Herrou et lancé un appel en faveur des « trois de Briançon », il est devenu l’un des opposants les plus cinglants du gouvernement de coalition entre la Ligue du Nord et le Mouvement Cinq Étoiles. Entretien à l’occasion de son passage à Paris. 
 Vous avez critiqué, à plusieurs occasions, la pente prise par la politique italienne depuis le gouvernement de coalition entre la Ligue du Nord et le Mouvement Cinq Étoiles. Quel est votre sentiment aujourd’hui ?
Erri de Luca : Un sentiment nouveau, un sentiment politique que je ne connaissais pas, alors que j’en ai connu de très nombreux, qui est le dégoût. Il se concentre sur le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, mais concerne l’ensemble du gouvernement, issu de l’invention d’une coalition qui n’existait pas avant les élections et qui n’a pu être mise sur pied qu’en trahissant les promesses de campagne et en forçant abusivement les données électorales. La Ligue du Nord faisait partie d’une coalition de droite avec deux autres partis qui ont été éliminés et sont passés dans l’opposition.
C’est donc une coalition fragile, de partis qui ne font que continuer la campagne électorale qui leur a permis d’accéder – très provisoirement – au pouvoir. Même eux sont conscients que, dans un futur proche, les électeurs devront être rappelés aux urnes, d’autant qu’il est probable que la Ligue favorise un tel scénario parce qu’elle a le vent en poupe dans les sondages.

Comment se fait-il que Matteo Salvini soit celui qui donne le ton de la politique transalpine, davantage que le président du conseil Giuseppe Conte ou Luigi Di Maio, appartenant tous deux au Mouvement Cinq Étoiles, arrivé largement en tête aux élections de mars ?
En intransigeance sur les questions migratoires qui sont devenues le centre de la politique italienne, alors que ce devrait être un sujet secondaire. Il n’y a aucune « invasion », comme on l’entend. Le contraire est vrai. Plus de cinq millions d’Italiens sont enregistrés à l’étranger, sans compter tous ceux qui vivent hors des frontières sans être enregistrés officiellement. Celles et ceux qui veulent s’installer en Italie ne représentent même pas la moitié de ce chiffre. Cette prétendue invasion n’est qu’une comptine pour enfants, juste bonne à effrayer les gens qui aiment se faire peur. Je viens d’une époque où le courage était obligatoire, et aujourd’hui je vis une époque où la peur est devenue obligatoire. La peur est devenue un refuge.
migrants-graph
Si vous êtes dans votre maison et que vous entendez un bruit suspect, est-ce que vous vous cachez sous votre lit ou est-ce que vous allez voir ce qui se passe ? Une fois que vous avez vu que ce bruit suspect est le produit de causes accidentelles qui ne remettent pas en question les fondations de votre maison, il devient possible de surmonter la peur, de la ridiculiser. Mais je vis dans un pays et une époque où les personnes qui ont peur jouissent de ce sentiment et le transforment en haine et hostilité envers les plus faibles. On parle du gouvernement italien comme ayant une « ligne dure ». Mais les durs, ce sont ceux qui se battent contre plus forts qu’eux. Ceux qui exhibent leur force contre les plus faibles ne sont que des couards.

Le roi du Maroc, un roi absent ...





Le magazine Telquel titre ce matin : "une activité royale est prévue"... un titre d'une perfidie qui frise le crime de lèse majesté pour un monarque absolu en vacances permanentes
La une de l'hebdomadaire marocain Telquel  est assez banale somme toute. La « une » de son site internet, pour être tout à fait précis. On y voit une photo très banale de Mohammed VI, le roi du Maroc, accompagné de ce titre sibyllin : « à Rabat, une activité royale prévue dans le cadre de la rentrée scolaire ».

Ensuite, vient un court article sans aucun intérêt sur ce fameux événement. En fait, il faut être Marocain pour comprendre toute la perfidie de ce titre : pas « des » activités royales, ou « les » activités royales mais mais « une seule et unique » activité royale.
C'est du pur sarcasme et ça n'échappe à personne au Maroc où tout le monde sait que le roi est... comment dire, une sorte de roi virtuel pour ses sujets : il est en vacances quasi permanentes et pas au Maroc. Plutôt en France, d'ailleurs, en son château de Betz.

De très très longues vacances royales
Entre quelques semaines de vacances et être absent 45% du temps, comme en 2017 et même à plus de 80% du temps, comme pour les 6 premiers mois de 2018, il y a une sacré marge ! D'autant que le roi du Maroc, ce n'est pas la reine d'Angleterre !
Il y a bien eu une légère modification de la Constitution en 2011, mais l'essentiel du pouvoir reste entre ses mains, ou plutôt entre celles du Conseil royal : un gouvernement bis d'une vingtaine d'hommes qui tient tout le pays dans l'opacité la plus totale.
Le Maroc c'est une monarchie absolue de droit divin, puisque le roi est « Commandeur des Croyants » . En 2017, Mohammed VI n'a présidé que 3 conseils des ministres. Il a fallu plus de 3 mois pour que soient nommés 3 nouveaux ministres destitués par lui-même !

Mohammed VI a eu récemment des problèmes de santé
Oui, enfin : un banal problème d'arythmie cardiaque, réglé par une opération bénigne. Rien qui ne justifie de repousser sine die la 1ère visite d’État des rois d'Espagne ou les 6 mois de délais pour nommer des ambassadeurs aussi importants que Pékin ou Madrid.
On peut aussi m'opposer que Sa Majesté a des problèmes de cœur : il vient de divorcer. Sauf qu'au même moment, il est photographié tout sourire dans le Marais, à Paris, ou à Dubaï ou en compagnie d'un boxeur de 32a dont il s'est entiché : Abu Bakr Azaitar.
En plus, ce n'est pas comme s'il ne se passait rien au Maroc : rien que ces deux dernières années, il y a eu une révolte dans le Rif, des « manifestations de la soif » contre les coupures d'eau dans le sud du pays et le boycott de 3 entreprises proches du roi.

Il a aussi amnistié des manifestants rifains il y quelques semaines...
C'était fin août, Mohammed VI a effectivement amnistié 188 manifestants, liés au mouvement rifain Hirak de 2016/2017. Reste que près de 400 personnes avaient été arrêtées et que le leader, Nasser Zefzafi, est toujours derrière les barreaux pour 20 ans.
Parce que pendant que Sa Majesté est en goguette en France ou ailleurs, ses services de de sécurité, eux, ne chôment pas. La seule vraie sortie qu'il a daigner honorer c'était en avril dernier, au siège de la DGST, la police secrète marocaine. A bon entendeur, salut !

Droits humains : Les cas de deux Sahraouis et d’un Syrien plombent le bilan du Maroc

Politique Yabiladi,  17/09/2018 à 16h45


Une nouvelle fois, le bilan du Maroc en matière de respect des droits humain est pointé du doigt par l’ONU. Comme en 2017, le royaume figure sur «la liste noire» des États commettant le plus d’abus dans le monde. Le texte cite les cas de deux sahraouis et d’un Syrien.

Du 10 au 28 septembre, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU tient sa 39e session à Genève. A cette occasion, les services d’Antonio Guterres ont rendu public un rapport du secrétaire général sur «le programme de coopération avec les Nations unies, ses représentants et ses mécanismes relatifs aux droits de l’Homme». Concernant le Maroc, le Portugais a pointé les cas de deux sahraouis et d’un ressortissant syrien.  
Sur la base du travail accompli par le Comité onusien contre la torture, composé de dix experts indépendants, Guterres a soulevé les mauvaises conditions d’incarcération de Naâma Asfari, condamné à 30 ans de prison au terme du procès de Gdim Izik.
Placé en isolement du 13 février au 13 mars 2018, le détenu est privé des visites de son épouse, Claude Mangin. A quatre reprises, la Française a été interdite d’entrée au territoire marocain. Le Comité a conclu que dans le cas Asfari, le royaume est «responsable de la violation» de certains articles de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, signée en 1984 et entrée en vigueur en 1987.

L’affaire El Ghalia Djimi
Le secrétaire général est revenu à évoquer les «allégations de représailles» annoncées par la sahraouie El Ghalia Djimi, une fonctionnaire du ministère de l’Agriculture et de la pêche, membre de l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’Homme commises par l’Etat marocain (ASVDH, reconnue depuis 2015 par l’Etat marocain).
Guterres rappelle que la dame avait été empêchée en 2017 de quitter le Maroc pour prendre part aux travaux de la 36e session du Conseil des droits de l’Homme de Genève. Le secrétaire général affirme, sur la base des observations de Michel Forst, rapporteur spécial sur la situation des défenseurs droits humains, que ce cas «est loin d’être isolé mais révélateur d’une large tendance de représailles, d’harcèlement et d’intimidation des défenseurs des droits de l’Homme» au Maroc.
Si la page d’El Ghalia Djimi a été tournée, sachant qu’elle a pu assister, le 30 avril dernier, à une réunion à Genève, le Portugais se dit préoccupé par le cas d’une autre sahraouie : Mina Baali.
Dans son dernier rapport sur le Sahara occidental, remis au Conseil de sécurité fin mars, le secrétaire général avait souligné dans le paragraphe 68 que «plusieurs groupes sahraouis de défense des droits de l’Homme ont continué à connaître des difficultés dans l’exercice de leurs activités ; en effet, ils n’étaient pas reconnus juridiquement, le Gouvernement marocain n’ayant pas donné suite à leurs demandes d’enregistrement».

Le Syrien Alhaj Ali réclamé par l’Arabie saoudite
Outre les sahraouis, Guterres a soulevé la détention d’un ressortissant syrien, Abdul Rahman Alhaj Ali, arrêté en octobre 2014 suite à un ordre lancé à son encontre par les autorités saoudiennes pour «abus de confiance». Celles-ci réclamaient son extradition.
Une mesure à laquelle s’est vivement opposé le Comité contre la torture, arguant qu’elle aurait constitué une «violation» de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Le 22 août 2016, le Comité recommandait aux autorités marocaines d’annuler la procédure d’extradition et de libérer Alhaj Ali, d’autant que le Syrien est enregistré comme réfugié auprès du Haut Commissariat aux Réfugiés. Il a également déposé une demande d’asile au Maroc. Trois ans après son arrestation, Alhaj a retrouvé la liberté le 16 mai 2018 et pris ensuite la destination des Pays-Bas où sa famille résidait.
Par ailleurs, Andrew Gilmour, l’adjoint du secrétaire général de l’ONU chargé des questions des droits de l’Homme, a établi une «liste noire» des pays considérés les plus abusifs au monde. Comme en 2017, le Maroc y figure.



Mohammed Jaabouk, Journaliste Yabiladi.com





Politique Publié

Droits humains : Les cas de deux sahraouis et d’un Syrien plombent le bilan du Maroc

Une nouvelle fois, le bilan du Maroc en matière de respect des droits humain est pointé du doigt par l’ONU. Comme en 2017, le royaume figure sur «la liste noire» des Etats commettant le plus d’abus dans le monde. Le texte cite les cas de deux sahraouis et d’un Syrien.
Temps de lecture: 3'
Conseil des droits de l'Homme à Genève / Ph. DR.
Du 10 au 28 septembre, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU tient sa 39e session à Genève. A cette occasion, les services d’Antonio Guterres ont rendu public un rapport du secrétaire général sur «le programme de coopération avec les Nations unies, ses représentants et ses mécanismes relatifs aux droits de l’Homme». Concernant le Maroc, le Portugais a pointé les cas de deux sahraouis et d’un ressortissant syrien.
Sur la base du travail accompli par le Comité onusien contre la torture, composé de dix experts indépendants, Guterres a soulevé les mauvaises conditions d’incarcération de Naâma Asfari, condamné à 30 ans de prison au terme du procès de Gdim Izik.
Placé en isolement du 13 février au 13 mars 2018, le détenu est privé des visites de son épouse, Claude Mangin. A quatre reprises, la Française a été interdite d’entrée au territoire marocain. Le Comité a conclu que dans le cas Asfari, le royaume est «responsable de la violation» de certains articles de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, signée en 1984 et entrée en vigueur en 1987.
L’affaire El Ghalia Djimi
Le secrétaire général est revenu à évoquer les «allégations de représailles» annoncées par la sahraouie El Ghalia Djimi, une fonctionnaire du ministère de l’Agriculture et de la pêche, membre de l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’Homme commises par l’Etat marocain (ASVDH, reconnue depuis 2015 par l’Etat marocain).
Guterres rappelle que la dame avait été empêchée en 2017 de quitter le Maroc pour prendre part aux travaux de la 36e session du Conseil des droits de l’Homme de Genève. Le secrétaire général affirme, sur la base des observations de Michel Forst, rapporteur spécial sur la situation des défenseurs droits humains, que ce cas «est loin d’être isolé mais révélateur d’une large tendance de représailles, d’harcèlement et d’intimidation des défenseurs des droits de l’Homme» au Maroc.
Si la page d’El Ghalia Djimi a été tournée, sachant qu’elle a pu assister, le 30 avril dernier, à une réunion à Genève, le Portugais se dit préoccupé par le cas d’une autre sahraouie : Mina Baali.
Dans son dernier rapport sur le Sahara occidental, remis au Conseil de sécurité fin mars, le secrétaire général avait souligné dans le paragraphe 68 que «plusieurs groupes sahraouis de défense des droits de l’Homme ont continué à connaître des difficultés dans l’exercice de leurs activités ; en effet, ils n’étaient pas reconnus juridiquement, le Gouvernement marocain n’ayant pas donné suite à leurs demandes d’enregistrement».
Le Syrien Alhaj Ali réclamé par l’Arabie saoudite
Outre les sahraouis, Guterres a soulevé la détention d’un ressortissant syrien, Abdul Rahman Alhaj Ali, arrêté en octobre 2014 suite à un ordre lancé à son encontre par les autorités saoudiennes pour «abus de confiance». Celles-ci réclamaient son extradition.
Une mesure à laquelle s’est vivement opposé le Comité contre la torture, arguant qu’elle aurait constitué une «violation» de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Le 22 août 2016, le Comité recommandait aux autorités marocaines d’annuler la procédure d’extradition et de libérer Alhaj Ali, d’autant que le Syrien est enregistré comme réfugié auprès du Haut Commissariat aux Réfugiés. Il a également déposé une demande d’asile au Maroc. Trois ans après son arrestation, Alhaj a retrouvé la liberté le 16 mai 2018 et pris ensuite la destination des Pays-Bas où sa famille résidait.
Par ailleurs, Andrew Gilmour, l’adjoint du secrétaire général de l’ONU chargé des questions des droits de l’Homme, a établi une «liste noire» des pays considérés les plus abusifs au monde. Comme en 2017, le Maroc y figure.


...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/68966/droits-humains-deux-sahraouis-d-un.html




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Droits humains : Les cas de deux sahraouis et d’un Syrien plombent le bilan du Maroc

Une nouvelle fois, le bilan du Maroc en matière de respect des droits humain est pointé du doigt par l’ONU. Comme en 2017, le royaume figure sur «la liste noire» des Etats commettant le plus d’abus dans le monde. Le texte cite les cas de deux sahraouis et d’un Syrien.
Temps de lecture: 3'
Conseil des droits de l'Homme à Genève / Ph. DR.
Du 10 au 28 septembre, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU tient sa 39e session à Genève. A cette occasion, les services d’Antonio Guterres ont rendu public un rapport du secrétaire général sur «le programme de coopération avec les Nations unies, ses représentants et ses mécanismes relatifs aux droits de l’Homme». Concernant le Maroc, le Portugais a pointé les cas de deux sahraouis et d’un ressortissant syrien.
Sur la base du travail accompli par le Comité onusien contre la torture, composé de dix experts indépendants, Guterres a soulevé les mauvaises conditions d’incarcération de Naâma Asfari, condamné à 30 ans de prison au terme du procès de Gdim Izik.
Placé en isolement du 13 février au 13 mars 2018, le détenu est privé des visites de son épouse, Claude Mangin. A quatre reprises, la Française a été interdite d’entrée au territoire marocain. Le Comité a conclu que dans le cas Asfari, le royaume est «responsable de la violation» de certains articles de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, signée en 1984 et entrée en vigueur en 1987.
L’affaire El Ghalia Djimi
Le secrétaire général est revenu à évoquer les «allégations de représailles» annoncées par la sahraouie El Ghalia Djimi, une fonctionnaire du ministère de l’Agriculture et de la pêche, membre de l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’Homme commises par l’Etat marocain (ASVDH, reconnue depuis 2015 par l’Etat marocain).
Guterres rappelle que la dame avait été empêchée en 2017 de quitter le Maroc pour prendre part aux travaux de la 36e session du Conseil des droits de l’Homme de Genève. Le secrétaire général affirme, sur la base des observations de Michel Forst, rapporteur spécial sur la situation des défenseurs droits humains, que ce cas «est loin d’être isolé mais révélateur d’une large tendance de représailles, d’harcèlement et d’intimidation des défenseurs des droits de l’Homme» au Maroc.
Si la page d’El Ghalia Djimi a été tournée, sachant qu’elle a pu assister, le 30 avril dernier, à une réunion à Genève, le Portugais se dit préoccupé par le cas d’une autre sahraouie : Mina Baali.
Dans son dernier rapport sur le Sahara occidental, remis au Conseil de sécurité fin mars, le secrétaire général avait souligné dans le paragraphe 68 que «plusieurs groupes sahraouis de défense des droits de l’Homme ont continué à connaître des difficultés dans l’exercice de leurs activités ; en effet, ils n’étaient pas reconnus juridiquement, le Gouvernement marocain n’ayant pas donné suite à leurs demandes d’enregistrement».
Le Syrien Alhaj Ali réclamé par l’Arabie saoudite
Outre les sahraouis, Guterres a soulevé la détention d’un ressortissant syrien, Abdul Rahman Alhaj Ali, arrêté en octobre 2014 suite à un ordre lancé à son encontre par les autorités saoudiennes pour «abus de confiance». Celles-ci réclamaient son extradition.
Une mesure à laquelle s’est vivement opposé le Comité contre la torture, arguant qu’elle aurait constitué une «violation» de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Le 22 août 2016, le Comité recommandait aux autorités marocaines d’annuler la procédure d’extradition et de libérer Alhaj Ali, d’autant que le Syrien est enregistré comme réfugié auprès du Haut Commissariat aux Réfugiés. Il a également déposé une demande d’asile au Maroc. Trois ans après son arrestation, Alhaj a retrouvé la liberté le 16 mai 2018 et pris ensuite la destination des Pays-Bas où sa famille résidait.
Par ailleurs, Andrew Gilmour, l’adjoint du secrétaire général de l’ONU chargé des questions des droits de l’Homme, a établi une «liste noire» des pays considérés les plus abusifs au monde. Comme en 2017, le Maroc y figure.


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Droits humains : Les cas de deux sahraouis et d’un Syrien plombent le bilan du Maroc

Une nouvelle fois, le bilan du Maroc en matière de respect des droits humain est pointé du doigt par l’ONU. Comme en 2017, le royaume figure sur «la liste noire» des Etats commettant le plus d’abus dans le monde. Le texte cite les cas de deux sahraouis et d’un Syrien.
Temps de lecture: 3'
Conseil des droits de l'Homme à Genève / Ph. DR.
Du 10 au 28 septembre, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU tient sa 39e session à Genève. A cette occasion, les services d’Antonio Guterres ont rendu public un rapport du secrétaire général sur «le programme de coopération avec les Nations unies, ses représentants et ses mécanismes relatifs aux droits de l’Homme». Concernant le Maroc, le Portugais a pointé les cas de deux sahraouis et d’un ressortissant syrien.
Sur la base du travail accompli par le Comité onusien contre la torture, composé de dix experts indépendants, Guterres a soulevé les mauvaises conditions d’incarcération de Naâma Asfari, condamné à 30 ans de prison au terme du procès de Gdim Izik.
Placé en isolement du 13 février au 13 mars 2018, le détenu est privé des visites de son épouse, Claude Mangin. A quatre reprises, la Française a été interdite d’entrée au territoire marocain. Le Comité a conclu que dans le cas Asfari, le royaume est «responsable de la violation» de certains articles de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, signée en 1984 et entrée en vigueur en 1987.
L’affaire El Ghalia Djimi
Le secrétaire général est revenu à évoquer les «allégations de représailles» annoncées par la sahraouie El Ghalia Djimi, une fonctionnaire du ministère de l’Agriculture et de la pêche, membre de l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’Homme commises par l’Etat marocain (ASVDH, reconnue depuis 2015 par l’Etat marocain).
Guterres rappelle que la dame avait été empêchée en 2017 de quitter le Maroc pour prendre part aux travaux de la 36e session du Conseil des droits de l’Homme de Genève. Le secrétaire général affirme, sur la base des observations de Michel Forst, rapporteur spécial sur la situation des défenseurs droits humains, que ce cas «est loin d’être isolé mais révélateur d’une large tendance de représailles, d’harcèlement et d’intimidation des défenseurs des droits de l’Homme» au Maroc.
Si la page d’El Ghalia Djimi a été tournée, sachant qu’elle a pu assister, le 30 avril dernier, à une réunion à Genève, le Portugais se dit préoccupé par le cas d’une autre sahraouie : Mina Baali.
Dans son dernier rapport sur le Sahara occidental, remis au Conseil de sécurité fin mars, le secrétaire général avait souligné dans le paragraphe 68 que «plusieurs groupes sahraouis de défense des droits de l’Homme ont continué à connaître des difficultés dans l’exercice de leurs activités ; en effet, ils n’étaient pas reconnus juridiquement, le Gouvernement marocain n’ayant pas donné suite à leurs demandes d’enregistrement».
Le Syrien Alhaj Ali réclamé par l’Arabie saoudite
Outre les sahraouis, Guterres a soulevé la détention d’un ressortissant syrien, Abdul Rahman Alhaj Ali, arrêté en octobre 2014 suite à un ordre lancé à son encontre par les autorités saoudiennes pour «abus de confiance». Celles-ci réclamaient son extradition.
Une mesure à laquelle s’est vivement opposé le Comité contre la torture, arguant qu’elle aurait constitué une «violation» de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Le 22 août 2016, le Comité recommandait aux autorités marocaines d’annuler la procédure d’extradition et de libérer Alhaj Ali, d’autant que le Syrien est enregistré comme réfugié auprès du Haut Commissariat aux Réfugiés. Il a également déposé une demande d’asile au Maroc. Trois ans après son arrestation, Alhaj a retrouvé la liberté le 16 mai 2018 et pris ensuite la destination des Pays-Bas où sa famille résidait.
Par ailleurs, Andrew Gilmour, l’adjoint du secrétaire général de l’ONU chargé des questions des droits de l’Homme, a établi une «liste noire» des pays considérés les plus abusifs au monde. Comme en 2017, le Maroc y figure.


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lundi 17 septembre 2018

Trois réalisateurs marocains sélectionnés au Festival du film de Haïfa prennent leurs distances