samedi 17 août 2019

À Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes une communauté 100% agricole et paysanne accueille des réfugiés


À Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, cette communauté 100% agricole et paysanne accueille des réfugiés, des demandeurs d'asile, des personnes sans domicile fixe. La production est à la fois vivrière et à destination commerciale.
Les nouveaux compagnons Emmaüs de la vallée de la Roya cultivent les légumes dans la ferme de Cédric Herrou.
Les nouveaux compagnons Emmaüs de la vallée de la Roya cultivent les légumes dans la ferme de Cédric Herrou. © Radio France / Marion Chantreau
Quelques cabanes en bois et des caravanes à flanc de colline, au milieu des oliviers : ils sont cinq à travailler actuellement au sein de cette communauté 100% agricole soutenue par Emmaüs, et créée en juillet sur l'exploitation de l'agriculteur et militant Cédric Herrou, à Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, tout près de la frontière avec l'Italie. La vallée de la Roya a cristallisé les passions autour de l'arrivée massive de migrants il y a deux ans. Aujourd'hui, les forces de l'ordre ont assoupli les contrôles.
Si Cédric Herrou a décidé de fonder sur sa ferme une communauté Emmaüs, c'est parce que l'association, engagée auprès des plus précaires, est en adéquation avec ses valeurs, explique-t-il. "Ils ont un côté punk qui nous plait, et ont accepté notre proposition". Cette communauté agricole est donc la première de ce type, sur les 119 que compte Emmaüs.
Au milieu des plants de tomates, aubergines, piments, et courges, s'active Jeff, 37 ans. Il vient du Niger et a passé deux ans en Italie. En attendant des nouvelles de sa demande d'asile, il explique vouloir "apprendre l'agriculture, et aller de l'avant". Jason est sénégalais et Yohanès vient d'Erythrée. Fatigué, il a vécu des "moments difficiles".
Des épiceries bio et des AMAP de la vallée achètent leur production. Cédric Herrou effectue trois livraisons chaque semaine. Vivre du maraîchage, c'est le défi que s'est fixé la communauté. Elle aimerait pouvoir prochainement faire de la vente directe et de la transformation de produits.
L'équipe

mardi 13 août 2019

Sahara occidental: des organisations syndicales internationales condamnent la répression marocaine


3/8/2019 
  Madrid- Plusieurs organisations syndicales internationales ont dénoncé la violence et la répression marocaines de civils sahraouis qui célébraient pacifiquement la victoire de l'Algérie dans la Coupe d'Afrique des Nations le 19 juillet, causant la mort d'une jeune Sahraouie, appelant l'Union européenne et la communauté internationale à prendre des mesures de pression efficaces contre l'Etat d'occupation marocain.
Dans un communiqué commun, les organisations, CGIL (Italie), CCOO (Espagne), UGT (Espagne), CGT (France), USO (Espagne), Confédération Intersindicale (Espagne), Variante Intersindicale de Catalogne, CGTP-IN (Portugal), ont souligné que "ce dernier épisode de violence et de répression ne fait que confirmer ce qui a été décrit dans le récent rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (Ohchr) qui exprime sa préoccupation face à la persistance de la torture et de la violence, du recours à la détention arbitraire" et "le déni des droits civils et humains les plus élémentaires des prisonniers politiques".
Les organisations ont appelé les institutions marocaines à assumer leurs responsabilités et à garantir le respect des droits de l'Homme et la liberté d'expression à tous, sans discrimination.
"Ce n'est pas avec la violence et la répression que la paix, la sécurité et la coexistence entre les différentes communautés de la région seront réalisées. Ce n'est que dans le respect des droits de l'Homme et du droit international que des résultats durables et une stabilité peuvent être obtenus dans la région du Maghreb par le biais du respect, du dialogue et de la négociation entre les parties" (Front Polisario et le royaume du Maroc), ont insisté les organisations dans le texte. "Ce n'est qu'avec la réalisation de la légalité internationale, les résolutions des Nations Unies et le référendum d'autodétermination, que ce conflit pourra être résolu".
 Lire :www.aps.dz/monde/92850-sahara-occidental-des-organisations-syndicales-internationales...

Lire aussi: Répression de manifestants sahraouis à Laayoune: l'usage excessif de la force par les forces marocaines dénoncé

Les syndicats signataires, qui "ont toujours été attachés à la paix et au respect des droits de l'Homme, condamnent le recours à la violence et à la répression par la police et l'armée marocaines contre la population civile sahraouie", demandent aux autorités du Royaume du Maroc d'"enquêter sur les responsables de ces actes et de la mort de Sabah Othman Omeida et de les punir, ainsi que de demander que la liberté d'expression soit garantie à l'ensemble de la population, à un procès équitable et au respect de leurs droits fondamentaux à l'égard des détenus".

La jeune sahraouie, Sabah Othman Omeida, a été tuée par les forces de répression marocaines dans la ville d'El-Ayoun occupée et plusieurs d'autres ont été blessés, en marge de la célébration pacifique de la victoire de l'équipe algérienne de football en finale de la coupe d'Afrique des nations (CAN) face au Sénégal (1-0) qui s'est déroulée en Egypte.
La jeune fille, Sabah Othman, 23 ans, a subi un accident mortel intentionnel (volontaire) par la police marocaine qui a foncé sur la foule à pleine vitesse, selon des sources médiatiques sahraouies sur place, soulignant que la police marocaine a également blessé deux autres jeunes Sahraouis.
"Nous demandons à l'Union européenne et à la communauté internationale de prendre des mesures de pression efficaces contre l'Etat marocain afin de mettre fin à la répression de la population sahraouie", a-t-on souligné.
Dans le même temps, soutiennent les organisations, "nous pensons que la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) devrait inclure la surveillance et la défense des droits de l’Homme parmi ses fonctions afin de garantir le respect du territoire et de prévenir la survenue d’événements tels que ceux dénoncés ici".

Fin du calvaire pour les 36 migrants ivoiriens abandonnés dans le désert




Les 36 migrants retenus depuis samedi 3 août à la frontière tuniso-libyenne ont pu regagner la Tunisie. Crédit : FTDES
Les 36 migrants retenus depuis samedi 3 août à la frontière tuniso-libyenne ont pu regagner la Tunisie. Crédit : FTDES
Les 36 migrants ivoiriens abandonnés depuis cinq jours dans le désert, à la frontière tuniso-libyenne, ont finalement pu être secourus après de longues négociations entre l’ambassade ivoirienne, l’OIM et les autorités tunisiennes. Ils ont été pris en charge dans un centre de l’agence onusienne jeudi soir mais leur avenir reste flou.

C’est la fin du calvaire pour les 36 migrants ivoiriens retenus depuis samedi 3 août à la frontière entre la Tunisie et la Libye. Parmi eux se trouvaient plusieurs femmes et quatre enfants.
Selon leurs témoignages recueillis par le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), ils ont été arrêtés samedi dans leur appartement de la ville côtière de Sfax et envoyés dans le désert tunisien, dans une zone militarisée.
Ce n’est finalement que dans la soirée du jeudi 8 août que les migrants ont pu être secourus, après de longues négociations entre l’Organisation internationale des migrations (OIM), l’ambassade ivoirienne et les autorités tunisiennes.
"Les 36 migrants ont été transférés dans un centre de l’OIM en Tunisie", précise à InfoMigrants Paola Pace, chef de projet à l'OIM Tunisie, qui ne veut pas donner plus de précisions sur leur localisation pour "des raisons de sécurité".
Selon l’agence onusienne, les migrants étaient très éprouvés et fatigués. Ils n’ont pas eu accès à de l’eau et de la nourriture pendant deux jours. "Nous sommes en train de vérifier leur état de santé", signale Paola Pace qui ajoute que la femme enceinte "va relativement bien".
"Personne ne doit être laissé en détresse dans le désert"
Tunis avait affirmé que ces personnes avaient tenté d’entrer illégalement dans le pays depuis la Libye. Des allégations fausses, selon l’association FTDES. L’OIM précise également qu’aucun ressortissant soudanais ne faisait partie du groupe, contrairement aux informations données par les autorités tunisiennes.
"Peu importe la manière dont ils se sont retrouvés là. Personne ne doit être laissé en détresse dans le désert", insiste Paola Pace. "La Libye est en guerre, on ne peut pas renvoyer des gens dans ce pays".
Reste à savoir ce que vont devenir ces Ivoiriens. L’OIM assure que des "solutions adaptées à chaque personne" allaient être trouvées mais l’agence reste floue sur la suite des événements.
Selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) en Tunisie, contacté par InfoMigrants, aucun Ivoirien du groupe n’est un demandeur d’asile. Néanmoins, "s’ils expriment leur souhait de déposer une demande d’asile, nous interviendrons", prévient le HCR.
Renvoyés en Côte d’Ivoire ?
Le FTDES pense qu’un accord a été trouvé entre les autorités et les migrants. "Les autorités les ont probablement autorisés à entrer en Tunisie à condition qu’ils s’engagent à quitter le territoire", déclare à InfoMigrants Romdhane Ben Amor, de l’association. "Il s’était passé la même chose avec l’histoire du Maridive". En juin dernier, les autorités tunisiennes avaient laissé 75 migrants secourus par le navire Maridive débarquer au port de Zarzis. Les migrants avaient dû accepter préalablement de rentrer dans leur pays.
"Dans le cas du Maridive, les migrants avaient subi une forte pression psychologique afin qu’ils acceptent les termes de l’accord", déplore Romdhane Ben Amor. "On refuse que ce genre de pratique ne se répète."
 

Et aussi

Steve Maia Caniço, le mort de trop pour Emmanuel Macron ( Médiapart )



31 juillet 2019 Par Michel Deléan
Médiapart >>>>>
L’usage excessif de la force discrédite moralement le mandat d’Emmanuel Macron.
La carte blanche donnée aux forces de l’ordre a déjà fait deux morts et des centaines de blessés en quelques mois.
Jusqu’où ce pouvoir veut-il aller ? 

Des procureurs aux ordres du pouvoir à l’IGPN qui dédouane presque systématiquement les forces de l’ordre, tout le système est à revoir.

En deux années de présidence, Emmanuel Macron aura au moins réussi une chose : enregistrer le pire nombre de morts et de blessés lors d'opérations de maintien de l'ordre depuis 1968, en encourageant la répression brutale des mouvements sociaux, en faisant usage de la force sans modération aucune, au point d'apparaître comme un faible monarque républicain, quasiment aux mains de la police et de la gendarmerie.
Le premier ministre Édouard Philippe, le ministre de l'intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d’État Laurent Nuñez sont également comptables de ce sombre bilan.

lundi 12 août 2019

Le Maroc à la 138eme place de l’enseignement dans le monde en 2018.

Le Maroc à la 138eme place de l’enseignement dans le monde en 2018. En tête le système scolaire suisse.

Les bénévoles belges en short menacés de mort au Maroc: la honte est désormais mondiale

Bénévoles belges au Maroc/ DR

Malgré tous les problèmes politiques, sociaux, économiques, en dépit de l'injustice et des répressions qui sévissent dans ce pays appelé le Maroc. Certaines raclures n'ont rien trouvé à critiquer dans ce vaste terreau sur lequel s'épanouissent les oppressions que le short des bénévoles belges qui se substituent à l’Etat marocain pour réparer un bout de route, en plein « Maroc inutile ». Une chronique du journaliste Salah Elayoubi.

Il existe une gradation en toute chose. L’ignominie n’échappe pas à ce postulat.

Dans cette affaire des belges d’Adar Ou Namane, du nom de ce douar niché sur les contreforts de l’Atlas, la hiérarchie de l’insupportable s’impose d’elle-même. Elle y trouve même tout son sens. Elle va de la laideur à l’abjection, en passant par la honte et la souillure

La laideur

Principalement due au télescopage improbable entre d’un côté, un Chef-lieu, Taroudant, connu dans le monde entier pour sa douceur de vivre et ses hôtels intemporels au luxe discret, parmi des arganiers centenaires et de l’autre, la misère sans nom des douars à un jet de pierre de ce petit paradis ocre rouge.

Une laideur imputable principalement aux autorités de ce pays qui marche sur la tête et à plusieurs vitesses et où selon que vous y soyez puissants ou misérables, votre vitesse sera celle des limousines allemandes et des jets privés ou celle de la bête de somme, accablée par les éléments, l’absence de routes, l’escarpement et l’enclavement.

La honte

La honte ensuite d’un système politique qui n’en finit plus d’abreuver ses propres citoyens et le reste du monde de mensonges, vantant sa démocratie fantôme et ses avancées « inimaginables » en matière de développement, selon les propres dires de son prétendu Chef du gouvernement.

Lire l'article sur le blog de Salah Elayoubi