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lundi 6 avril 2009

Lettre n°6

Spécial dernière minute
APPEL URGENT 50 Jours de grève
Les étudiants sahraouis, détenus politiques,à la prison locale Boulmharz à Marrakech/Maroc Brahim Bariaz, Jalihanna Abu Alhassan et AliSalem Ablagh

Nous sommes toujours en grève de la faim non limitée depuis le 13 Février 2009, dans de terribles conditions de santé à la prison local Marrakech,/Maroc, protestant contre notre détention illégale , réclamant l’amélioration nos conditions de détention à l’intérieur de la prison, ainsi que nos droits légitimes garantis par les Conventions et traités internationaux en tant que prisonniers d’opinion.
l'administration pénitentiaire sous la responsabilité de l’Etat Marocain , continue de négliger nos droits et nos demandes légitimes, et refuse d’ouvrir un dialogue sérieux avec nous malgré que nous trouvons dans un état " alarmant " à l'intérieur de la prison où nos états de santé sont " très critiques".
Nos revendications trouvent leur justification dans les conventions internationales qui définissent la façon de traiter le prisonnier et notamment les règles types minimales de traitement des prisonniers formulées en 1955 et ratifiées par le Maroc en tant que membre de Nations Unies, ainsi que dans la réglementation marocaine régissant l'incarcération sous n°23/98 qui a été promulguée en abrogation des lois du 11/04/1915 et du 26/06/1930.
En plus de ces droits, nos revendications en tant que prisonniers politiques sont:
1 –accorder des traitements de prisonniers d'opinion et nous traiter avec respect par le direction de la prison.
2- le droit à une alimentation convenablement préparée et présentée.
3 – le droit aux soins médicaux en prenant en compte nos très mauvais états de santé avec des maladies chroniques comme conséquences de nos dernières conditions de détention.
4-nous permettre de jouir de la promenade quotidienne.
5 - permettre à toute personne sans exception de nous visiter en tenant compte que la majorité d'entre eux viennent des villes du Sahara et parcourent des distances très langues, et réserver une salle à cette effet.
6-Isolons-nous de prisonniers de droit commun.
7- le droit à suivre l'étude dans l'enseignement supérieur.
Nous constatons avec fierté :
Plusieurs organismes d'information et organisations de droits humains (marocaines, sahraouies, internationales), les journalistes, les intellectuels, les écrivains et tous les libéraux-démocrates, qui ont réagit à l'événement de nos grève de faim illimitée.
Nous félicitons vivement les prisonniers politiques sahraouis qui croupissent dans les prisons marocaines (Noire (Sahara occidental) ,Bensliman, Taroudant, Ait Melloul, Inzegan ,Kenitra( Maroc) )qui ont décidé d’entamer une grève de la faim en signe de solidarité avec nous, et nous constatons également le soutien des familles et des étudiants sahraouis et l’Union nationales des étudiants marocains en particulier les prisonniers politiques du parti de gauche marocain Annahj Addimoucrati.
Et devant l’entêtement de la direction pénitentiaire et son refus de répondre à nos revendications légitimes, ainsi que son indifférence à l’égard de nos états de santé alarmants et l’absence des soins médicaux les plus bas
Nous décidons d’engager un pas d'escalade en passant à une deuxième phase de la grève en refusant à partir du début de la semaine prochaine et durant 48 heures de prendre de l’eau et du sucre . Et nous assumons l’Etat marocain la responsabilité totale de ce qui peut arriver nous.Les détenus politiques sahraouis
Khalihanna Abu Alhassan, Brahim Bariaz, et Ali Salem Ablagh
Prison locale de Boulmharz à Marrakech/Maroc 04 avril 2009

NOS RUBRIQUES : VIE QUOTIDIENNE AU ROYAUME DE L’ARBITRAIRE - RÉPRESSION POLICIèRE ET JUDICIAIRE - TORTURE - Luttes de dÉtenus - LUTTES SYNDICALES - luttes socialesMémoire - MÉDIAS - MIGRATIONS - AGRICULTURE/ALIMENTATION

La semaine qui vient : procès des détenus de Sidi Ifni au tribunal d’Agadir le 9 avril. Vers un nouveau report ?
Sommaire

Pleins feux sur : la torture

Au Maroc être jeune et étudiant est une situation à haut risque : souffrances physiques (tortures) psychologiques (ajournements répétés des procès ) et morales (pression – et répression- sur les familles ) ; être un jeune Marocain sans histoire, admirateur de son roi, comporte aussi des risques, et être Marocain en France ne garantit pas du tout le bonheur.

Ce bonheur que tentent de trouver outre-Méditerranée de nombreux Marocains est un piège à mille facettes, avec souvent la mort au cours du voyage…

Les luttes sociales, les luttes syndicales connaissent toujours leur lot d’injustices, d’arrestations, d’incarcérations, de licenciements, de procès, de souffrances…

La liberté de la presse encore mise à mal.

Les fraises espagnoles menacent la santé des Marocaines qui les cueillent et celle des Européens qui les consomment…

VIE QUOTIDIENNE AU ROYAUME DE L’ARBITRAIRE

La consternante histoire de FA, jeune Marocain qui vient d’être libéré après avoir passé une année à la prison d’Oukacha sans aucun motif d’inculpation

Pour mémoire :
Lettre adressée aux autorités du Maroc le 21.10 2008 par Solidarité Maroc 05

Je me permets d’exprimer mon indignation et ma consternation à la suite d’une conversation téléphonique que je viens d’avoir avec Madame AH, demeurant dans la région parisienne en France.

Elle m’a expliqué ce qui est arrivé à son frère, FA, à Casablanca, en avril 2008. Celui-ci s’est trouvé à l’arrêt à un feu rouge, par hasard à côté de Mohamed VI qui était seul dans son véhicule. Ému par un sourire amical qui semblait lui être adressé, il a voulu s’approcher pour le saluer.

Il s’est aussitôt trouvé jeté par terre par la garde royale, pistolet contre la tempe, bousculé violemment au point d’en perdre connaissance. Il a repris conscience à l’hôpital, puis a été amené dans les locaux de la police. Une perquisition chez sa mère n’a révélé aucune trace d’appartenance à un réseau de trafiquants ou de terroristes.

Il a néanmoins été envoyé à la prison d’Oukacha à Casablanca, où, depuis six mois, il ne comprend toujours pas ce qui lui a valu cette injustice. Sa famille, au Maroc comme en France, cherche à qui s’adresser pour mettre fin à cette inacceptable situation. FA. est passé deux fois devant un juge qui n’a trouvé aucune charge contre lui, mais l’a renvoyé chaque fois en prison.

Au nom de la plus élémentaire notion de justice et de droits humains, en tant que présidente de Solidarité Maroc 05, je vous demande de rendre à A.F la liberté qu’il n’a aucunement mérité de perdre, et de lui présenter les excuses pour cette méprise.

M-J F
Solidarité Maroc 05

Le 23 mars 2009 arrive la nouvelle longtemps attendue :
Bonjour, Juste un mot pour vous informer que mon beau-frère a été libéré mercredi dernier 18 mars 2009
Cordialement
M. A.JM

RÉPRESSION POLICIERE ET JUDICIAIRE

De 2 à 10 mois de prison pour les “vandales” de Khénichet (voir Lettres n°2 et 4)
Les peines prononcées en première instance contre 10 personnes accusées d'actes de vandalisme à Khenichet (province de Sidi Kacem) ont été confirmées en appel, mercredi soir 25 mars à Souk Larbaa du Gharb.
Le tribunal de première instance de Sidi Kacem avait prononcé des peines allant de 2 à 10 mois de prison ferme à l'encontre de ces personnes impliquées dans ces actes contre un convoi d'aide alimentaire destinée aux victimes des intempéries qui ont touché la région dernièrement.
Le tribunal a condamné Hicham Lmarani à une peine de 10 mois de prison ferme assortie d'une amende de 500 dirhams et Hassan Azzam, Idriss Chouka, Said Barzite et Ahmed Tita à six mois de prison ferme et à une amende de 500 dirhams chacun.
Boujemâa Louafi et Jamal Lemdad ont écopé d'une peine de trois mois de prison ferme assortie d'une amende de 500 dirhams, alors que Mjid Barzite, Jawad Lamzabi et Abdelali Almasbahi ont été condamnés à deux mois de prison ferme et d'une amende de 500 dirhams.

TORTURE

Témoignage de Zahra Bodkor

La détenue politique Zahra Bodkor - Prison civile Boulmharez Marrakech- s’est battue aux côté de ses camarades et a été arrêtée avec 17 autres étudiants marocains au mois de mai 2008. La lutte pour la gratuité de l’enseignement et les libertés politiques à l’université s’est enflammée après l’intoxication de 22 étudiantEs au restaurant universitaire … Actuellement les détenuEs sont toujours en prison. Le procès des 18 étudiants de Marrakech, dont Zahra a encore été reporté, au 28 mai 2009

Ci-dessous le témoignage de Zahra
La vidéo du témoignage de Zahra http://www.youtube.com/watch?v=hiS16bPHXLc

Témoignage
« J’ai été arrêtée le 15/05/2008 à 9:35 du matin. Sur place j’ai reçu un coup de poing sur le nez, ce qui l’a fait saigner, et j’ai reçu aussi des coups de bâton sur la tête et des coups de pieds sur tout le corps , en plus de me faire tirer les cheveux.
Après ils m’ont emmenée sur une avenue dont je ne connais pas le nom et m’ont jeté par terre à coups de pieds ; quand je suis tombée les coups de pieds continuaient à pleuvoir sur mon dos, et un de ces sauvages voulait pisser sur moi, en m’insultant et me menaçant de viol. Après on m’a remise debout et j’ai reçu un coup de poing sur mon nez qui a saigné de nouveau.


On m’a mise dans une voiture dans laquelle j’ai trouvé le reste des camarades, et les animaux (agents de répression) ont commencé à me toucher la poitrine avec un bâton.
Et ils nous ont amenés à la station de police où on a passé de 4 à 5 jours de tortures, privés de nourriture et de sommeil.
Dés qu’on est arrivés, on nous bandé les yeux et l’interrogatoire a commencé, accompagné de coup de pieds et de poings, d’insultes ; j’ai reçu un coup avec une pièce de métal sur la tête qui m’a causé une blessure profonde.
À tout instant un policier vient de te poser les mêmes questions accompagnées de coups de pieds : le nom de ton père… le nom de ta mère...
On nous a mis dans d’autres salles, les yeux bandés et les mains attachées, et les mêmes questions commencé, accompagnées des coups de poings ; j’ai reçu un coup de poing sur le nez pour la troisième fois et le sang ne s’est pas arrêté de couler, j’ai reçu un coup de poing à la bouche et un coup de bâton à la jambe. Ça a duré comme ça de 10 heures du matin jusqu’à 19h ; à de nombreuses reprises ils m’ont mise à l’écart dans une autre salle, les mains contre mur et tournant le dos à celui qui m’interrogeait sur des personnes ; et quand je refusais de répondre, il me donnait un coup de pied dans le dos jusqu’à ce que ma tête tourne, et un autre m’a donné un coup de bâton au visage, avant de me ramener dans la salle ou se trouvaient les autres camarades.
Ils m’ont pris une autre fois et trois tortionnaire se sont mis à m’interroger un par un, ils me menaçaient en me disant : « Si tu avoues, on va te relâcher », et comme j’ai refusé, l’ un d’eux m’a frappé au visage, ils m’ont fait descendre dans une cave, et m’ont déshabillée et ont commencé la torture psychique, en faisant des allers-retours, ils m’ont laissée nue dans une chambre et chaque fois que l’un d’eux entrait, il menaçait de me violer.
Je suis restée dans cet état, sans dormir, jusqu’au lendemain matin (le 16/05/2008). Ils m’ont amenée à l’interrogatoire de 10 heures jusqu’à 12 heures. Avant d’entrer dans la pièce d’interrogatoire, j’ai reçu des coups de pieds et on m’a bandé les yeux, et le même scénarios d’interrogatoire a commencé jusqu’à 12h, puis ils m’ont conduite à la cave et m’ont privée de nourriture durant quatre jours, les yeux bandés, et nous ont interdit de parler entre nous.
A minuit ils sont venus et m’ont posé des questions sur des adresses et des noms… Et comme je n’ai pas répondu à ce genre de questions, j’ai reçu des gifles et des coups de pieds, une fois ils m’ont frappé en prétendant que j’avais changé mon nom. J’ai eu mes règles et j’ai saigné pendant deux jours sans vêtements.
Le troisième jour des policiers en civil sont entrés et ont commencé à m’insulter, et l’un d’eux m’a donné un coup de pied très fort entre les jambes. Puis ils m’ont enfermée , toujours en m’insultant et me menaçant.
Le quatrième jour, ils nous ont conduits au procureur du roi ; avant cela, ils ont soigné les blessures des camarades en les cousant devant nous tous. Tous les camarades avaient des blessures du fait de la torture subie. Ils ont menacé de nous violer avec une bouteille, et aussi ils ont tenté de nous faire signer de force des procès-verbaux que nous n’avons pas signés.
Le cinquième jour, nous sommes passés devant le juge d’instruction et nous sommes restés là-bas de 10 heures du matin jusqu’à 5 du lendemain matin.
Le jour où nous avons déclenché la grève de faim de 48 heure à la prison Boulmharez, j’ai subi des menaces et des harcèlements pour me pousser à ne pas entrer en grève de faim, que j’ai faite avec mes camarades pour améliorer nos conditions à l’intérieur de la prison. »

Luttes de dÉtenus

Trois détenus politiques sahraouis dans un état critique
Khalihanna Abou El Hassan, Ibrahim Barbaz et Ali Salem Ablagh.


Les familles de trois étudiants détenus politiques sahraouis viennent de publier un communiqué où elles décrivent les conditions inhumaines où se trouvent ces prisonniers. Rappelons que ces 3 jeunes militants sahraouis ont été arrêtés pour des considérations politiques, et ils se trouvent aujourd'hui dans une situation très critique (ils sont au 42ème jour de grève de la faim).
Ces détenus réclament un statut de prisonniers d'opinion, le droit de passer leurs examens universitaires du 3ème cycle, des conditions humaines de détention...rappelons aussi que dans la même sinistre prison de Marrakech, se trouvent d'autres prisonniers politiques dont la militante Zahra et ses camarades incarcérés arbitrairement depuis bientôt une année....
-Dénonçons ces emprisonnements politiques.
-Solidarisons - nous avec les prisonniers politiques!
-Dénonçons les conditions de détentions des trois prisonniers sahraouis: - Exigeons la libération de tous les détenus politiques.
Voir la vidéo : la solidarité des mères des détenus: http://www.youtube.com/watch?v=c5X9cEVnSks

LUTTES SYNDICALES
Solidarité internationale avec les travailleurs en lutte de l’entreprise Maraissa
COMMUNIQUE La Fédération Nationale du Secteur Agricole affiliée à l'UMT condamne les agissements antisyndicaux et illégaux contre ses militants menés par la société Maraissa/groupe Azura

Sans se soucier de l'Opinion Publique Nationale et Internationale, ni de la législation du travail marocaine, la société Maraissa continue ses agissements anti-syndicaux par la pression sur les ouvriers au niveau de la ferme et par le licenciement des syndicalistes affiliés à l'UMT. En effet, 15 ouvriers observent leur sit-in devant le groupe Azura dans la région d'Agadir au Maroc depuis le 9 mars 2009 pour revendiquer leurs réintégration dans leurs postes de travail a Maraissa.
Vu notre position et la campagne de solidarité avec la lutte syndicale des ouvriers é Maraissa pour défendre leurs droits, la société procède au licenciement du secrétaire général et un autre membre du bureau syndical des ouvriers de maraissa15, et qui ne faisaient pas partie du licenciement collectif de 20 ouvriers effectué par la société depuis le 11 février 2009, par vengeance de l'administration contre la grève réussi des ouvriers les 19 au 21 mars 2009.
Devant la solidarité des ouvriers entre eux contre le licenciement abusif et l'exploitation et sur la base de position du bureau régional de la Fédération Nationale du Secteur Agricole affiliée a l'UMT qui n'accepte aucune concession sur le droit syndical et le droit du travail garanties par la constitution marocaine et la législation du travail, ainsi que les conventions internationales,
La société une autre fois continue de licencier abusivement les militants de l’UMT, en effet deux autres ouvriers potentiels d’être membre du bureau syndical ont été licencie le 16/3/2009.
Nous ne pouvons que condamner ces agissements antisyndicaux et illégaux contre les militants de notre syndicat mener par la société Maraissa/groupe Azura. Et nous revendiquons l’ouverture d’un dialogue sérieux et fructueux avec notre Fédération.
Le bureau régional Agadir le 16/3/2009

Nos revendications
Nos revendications se résument comme suit:
1- La réintégration de tous les ouvriers dont plusieurs syndicalistes, licenciés après la grève du 19 au 21 janvier 2009 au niveau de Maraissa15.
2- mettre fin a la poursuite de 6 ouvriers dont deux membres du bureaux syndical maraissa15, devant le tribunal pour motif d'atteinte a la liberté de travail: un motif faut!
3- La régularisation de la situation des secrétaires généraux des bureaux de Maraissa 9 et Maraissa10 qui ont été licencie depuis plusieurs mois.
4- La régularisation intégrale de la situation des ouvriers avec la CNSS.
5- Le respect du droit des travailleuses syndicalistes et mettre fin aux insultes et agressions morales qu'elle subissent.
6- La mise en place des mesures de protection des ouvriers contre les risques des accidents de travail et les maladies professionnelles.
7- L'amélioration des conditions de transport des ouvriers et ouvrières qui sont actuellement transportés debout dans des camions comme des sardines.
8- L'attribution d'une tenue de travail pour tous les ouvriers.
9- La mise en place du crédit de consommation a tous les ouvriers au lieux 5 par ferme, sachant que le crédit est octroyé par Cetelem et la société Maraissa n'est qu'une boite a lettre .
10- L'indemnisation sur la 9eme heure travaillée par les anciens ouvriers avant l'application du code de travail a Maraissa, entre juillet 2004 et janvier 2006.
11- La réintégration de tous les ouvriers de Maraissa 15 de leurs poste avant la grève et le maintien de leurs salaires d'avant la grève.
12 - l'application des articles 72, 136 , 162, 276, 305,.......................du code du travail marocain.
Le 2/3/2009

U.M.T : Union Marocaine du Travail, organisation syndicale marocaine fondée en mars 1955 avant l’indépendance du Maroc.

JOURNÉE NATIONALE DE SOLIDARITÉ AVEC LE MILITANT SAID NAFIA SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L'ORGANISATION DÉMOCRATIQUE DES CHEMINOTS

L'ODT décide d'organiser une journée nationale de soutien et de solidarité avec le militant Sais Nafai secrétaire générale l'Odt / rail licencié abusivement par la direction des chemins de fer au Maroc.
Un sit-in est prévu le 29 Mars 2009 à 10H 30mn devant les entrés des gars dans les grandes villes du royaume: CASABLANCA PORT, RABAT VILLE, MARRAKECH, FES , MEKNES, BERRCHID, KENITRA, ASFI;EL JADIDA ,TANGER
Pour protester contre les violations flagrantes des droits syndicaux dans l'office national des chemins de fer au Maroc au vu et au su d'une administration de tutelle ,de la primat ure et du conseil consultatif des droits humains CCDH; qui étaient informés ,alertés et sensibilisés à maintes reprises par le bureau exécutif de l'Odt mais sans suite ni interventions réelle pour mettre fin à ses agissements.
Toutes les formes de discriminations ,de ségrégations et de violations des lois sont présentes et font la règle principale de gestion et de relation dans cette entreprise étatique, devenue sujet a des falsifications frauduleuses et de détournement des biens publics par des maquillages des gares, alors que même les règles principales de sécurité pour les usagers , préconisées, dans les lois et normes internationales ne sont plus garanties.
La direction de l'ONCF est devenue spécialiste dans la répression, les violations des lois, l'intimidation, les sanctions abusives y compris le licenciement et les mutations arbitraires sont devenues monnaie courantes contre nos militants .
L'odeur nauséabonde du trucage et de la falsification des résultats des élections des délégués du personnel en faveur des syndicats de l'administration en question commence à ce faire sentir.
Les militants de l'odt ne baisseront jamais les bras ,jusqu'a la réintégration de leur camarade et le respect des lois dans cet établissement dirige par des bureaucrates qui croient encore à la politique et à la stratégie obsolètes des années dites de plomb.
Les militants de l'odt empêcheront par tout les moyens la privatisation de ce secteur public .et défendront jusqu'au bout les droits et acquis des personnels des chemins de fer au Maroc.
Nous sommes très touché et fier par la solidarité nationale et internationale continue, particulièrement de nos camarades CHEMINOTS DE TOUS LES PAYS D'EUROPE ET MAGHREBINS.
L'Odt réclame l'intégration immédiate de Militant Said nafai et le révision de toutes les sanctions prises contre les responsables syndicaux de L'Odt/Rail.


LA SECURITE FERROVIAIRE AU MAROC
UN NOUVEAU SCANDALE CHEZ MONSIEUR LAKHLIAA ET LE MINISTRE DE TRANSPORT
DES ACCIDENTS,DES DANGERS MORTELS DE PASSAGE A NIVEAU,ABSENCE DE SECURITE,DELABREMENT DES TRAINS,AFFAIRES LOUCHES DANS L'ACHATS DES TRAINS DANS LES POUBELLES ET FERAILLES EUROPEENNES , DETOURNEMENTS DE BIENS DE L'ETAT, CORRUPTION,INCAPACITE DE GESTION,DEFAUT DE QUALITE MALGRE LES MEDAILLES TRUQUEES ET ACHETE A PRIX FORT POUR SE FAIRE UNE PUBLICITE QUE PERSONNE NE CROIT VU LA DEGRADATION INITERROMPUE DES TRAINS DE MONSIEUR LAKHLIAA ET QUI METTENT EN DANGER LA VIE DES USAGERS ET CITOYENS..........
LA REGULATION DU TRAFIC DES TRAINS AU MAROC (SECURITE DES CIRCULATIONS DES TRAINS ) A ETE SUSPENDUE POUR DES RAISONS INCONNUES DEPUIS LE 3 FEVRIER 2009 AU 27 FEVRIER LE SAMEDI 28 FEVRIER 2009 UN TRAIN ENTRE EN COLLISION AVEC UN VEHICULE DANS PASSAGE A NIVEAU NON GARDE EN PLEIN CENTRE DE CASA BERRCHID..... (PRESQUE TOUS LES PASSAGES NE SONT PLUS GARDEE) ACCIDENT MORTEL ,LE CONDUCTEUR DU TRAIN EST DECEDE SUR LE CHAMP, DES BLESSES GRAVES ET DES DEGATS MATERIELS TRES LOURDS.
34 trains voyageurs en moyenne (aller- retour) passent par ce passage à niveau non garde en plus des trains marchandise et phosphates....
EN 2008 PLUSIEURS ACCIDENTS SE SONT PRODUITS CAUSANT DES DECES ET DES BLESSSES
2009 S'ANNONCE MAL LA DIRECTION DE L'ONCF CHEMINS DE FER MAROC S'EN FOUT DE LA SECURITE DES CITOYENS ET USAGERS. ELLE ADOPTE LA STRATEGIE DE LA PUB MENSONGERE ET LA CORRUPTION POUR DES SPOTS (MEDIATIQUE) AFIN DE CACHER SES DEFFAILLANCES.
LES CHEMINOTS METTTENT EN EVIDENCE LA RESPONSABLITE CAPITALE ET ENTIERE DE LA DIRECTION GENERALE DES CHEMINS DE FER AU MAROC.
UNE ENQUETE DES POUVOIRS PUBLICS EST URGENTE EST PLUS QUE NECCESSAIRE POUR METTRE FIN A L'ANARCHIE DANS CE SECTEUR DEVENU MORTEL A PLUS D'UN TITRE
LE MINISTRE DU TRANSPORT EST COMPLICE . L'AFFAIRE SCANDALEUSE DES TRAINS A DEUX NIVEAUX ACHETÉS D'OCCASION A L'ITALIE SONT AU GARAGE DEPUIS PLUSIEURS MOIS.

luttes sociales
Les luttes courageuses des militants de Bouarfa
Les militant-es de l'ANDCM (association des victimes de la politique sociale de l'Etat makhzenien), ont organisé le 23 mars 2009 une marche pacifique pour protester contre l'indifférence des "pouvoirs publics" face aux revendications légitimes de leur association; les manifestant-es ont été sauvagement réprimé-es. Le soir même, des organisations de masses ont dénoncé cette répression et décident de manifester publiquement leur indignation, et leur solidarité avec l'ANDCM.
Le mercredi 25 mars, 3 marches de colère ont pris départ des locaux de l'AMDH, de la CDT et de l'usine DIMACAZ, pour se retrouver devant le commissariat où le sit-in va durer 1heure ( 18h15 à 19h15).
Ces marches et ce sit in a été décidé par : l'AMDH (section Bourfa), la CDT locale, l'ANDCM locale, l'Association locale des licencié-es diplômé-s mis en chômage, et l'Association locale de la lutte contre la pauvreté.
Une fois de plus les militant-es de Bouarfa n'ont pas raté leur rendez-vous avec l'Histoire.
Bravo combattants!
Ali Fkir Mer 25.3.09

Mémoire
Commémoration du 23 mars
Le forum marocain vérité et justice (FMVJ) a organisé le 21 mars 2009 un sit in devant " le cimetière des martyr-es" commémorant ainsi la journée du 23 mars 1965, le jour où l'armée du régime à réprimé dans le sang des manifestations populaires pacifiques. Des centaines de citoyen-nes ont été abattu-es lâchement par les forces de répression. 43 ans après, aucune lumière n'a été faite sur ces massacres.
Le 21 mars 2009 fut une occasion pour les victimes ( qui sont venues de toutes les régions du Maroc) de la répression de l'État marocain pour réaffirmer leur détermination à continuer la lutte pour la vérité, la justice...
Ali Fkir

MÉDIAS
D’abord non, puis oui
Dépêche n°1 : L'accréditation d'un photographe de Reuters non renouvelée

Rafael Merchante

RABAT, 25 mars (Xinhua) -- Le ministère marocain de la Communication a décidé de ne pas renouveler l'accréditation de M. Rafael Marchante en tant que photographe de l'Agence Reuters au Maroc, au motif que ce dernier se comportait en adversaire politique et travaillait, sans le déclarer, pour plusieurs organes de presse.
Selon un communiqué du ministère de la Communication cité mercredi par la MAP, cette décision a été communiquée au siège de l'agence à Londres et à son bureau de Rabat et que le ministère " n'a jamais ordonné son expulsion", contrairement aux allégations de certains médias.
M. Marchante a été "accrédité au Maroc pour exercer librement sa mission, et non pas pour se comporter en adversaire politique sous le couvert du privilège journalistique", indique le communiqué.
Le ministère de la Communication reproche également au photographe le "non respect des règles de la profession". "Cette règle est pratiquée dans tous les pays démocratiques et le Maroc qui assure aux correspondants étrangers des espaces de liberté conformes aux standards démocratiques internationaux, ne saurait accepter ce mélange de genres", ajoute le communiqué.
Le Ministère de la Communication réitère sa disposition à accréditer tout autre journaliste photographe proposé par l'Agence Reuters et ce, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vertu desquelles plus d'une centaine de journalistes étrangers sont accrédités au Maroc et y pratiquent librement leur profession.

Dépêche n°2 : Le Maroc décide de renouveler l'accréditation du photographe de Reuters

Rabat (MAP 03 Avril 2009) - Le ministère de la Communication a décidé, jeudi, de renouveler l'accréditation du photographe de Reuters au Maroc, Rafael Merchante, a-t-on appris de source autorisée auprès du ministère.

Cette décision fait suite à une série de contacts entre le ministère et l'agence de presse britannique Reuters, que ce soit au niveau de son administration centrale à Londres ou au niveau du chef de son bureau au Maroc, ajoute la même source.

Dans ce cadre, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, a reçu, mercredi à Rabat Steve Chrisp, un des hauts responsables de l'agence Reuters, dépêché au Maroc pour traiter avec le ministère du cas du photographe de l'agence Reuters, dont l'accréditation n'a pas été renouvelée.

Afin de créer les conditions favorables au règlement de ce dossier, dans le cadre d'un dialogue direct entre Reuters et les autorités marocaines, l'agence britannique avait demandé à son photographe, d'origine espagnole, de s'abstenir de toute déclaration à la presse sur ses conditions de travail au Maroc et de tout commentaire sur la décision des autorités marocaines.

Lors de la rencontre entre Naciri et Chrisp, et à laquelle ont assisté des responsables du ministère et le directeur de l'agence Reuters au Maroc, le ministre a exposé les différents aspects, les tenants et aboutissants ainsi que les raisons ayant amené le ministère à prendre sa décision au sujet du photographe de Reuters, précise-t-on de même source.

Naciri a également réitéré l'intérêt que porte le Maroc à la poursuite des activités de l'agence dans le Royaume.

Pour sa part, Chrisp a exprimé le souci de l'agence Reuters à poursuivre son activité au Maroc dans des conditions normales et dans le cadre du respect total des lois en vigueur dans le Royaume du Maroc et des principes et règles de la déontologie de la profession tels que fixés par l'agence britannique, et qui engagent l'ensemble de ses employés.

Chrisp a, dans ce cadre, exhorté le ministère, au nom de l'agence Reuters, à œuvrer en vue de surmonter ce problème résultant de la décision des autorités marocaines de ne pas renouveler l'accréditation du photographe de l'agence britannique au Maroc.

Il s'est, à ce titre, personnellement engagé à ce que le comportement professionnel du photographe en question, durant l'exercice de ses activités, soit conforme aux lois marocaines et à la déontologie de l'agence Reuters.

Suite aux démarches entreprises par l'agence Reuters, aux engagements pris par son représentant et à l'appel du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), pour le règlement de ce dossier par le dialogue et l'entente et dans le cadre du respect des lois marocaines et de la déontologie de la profession, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, a instruit les services compétents du ministère de renouveler l'accréditation du photographe de Reuters à partir du 2 avril.

MIGRATIONS

Le dernier naufrage de migrants en Méditerranée
Lire le communiqué de Migreurop
Lire la chronique d’Olivier Duhamel sur France-Culture

Ils sont morts pour vous rejoindre......

plus de 100 corps
jetés à la mer

en Lybie...
marocains, algériens, subsahariens..
bref : africains..
de chez nous
de chez moi....
ils ont tout risqué
ils ont rêvé
que là bas

chez vous
c'était mieux !!!
que c'est l'Eden
que c'est le paradis!!!
ils ont cru fuir
la pauvreté
l'humiliation
les conflits armés..
leurs corps
que même la mer ne veut pas
sont là
nous accusant tous et toutes..
si on avait entretenu
l'espoir
en un lendemain meilleur
en doublant notre résistance
en étant là
sur le terrain
montrant le chemin
aux nôtres
qui s'en vont
se faire bouffer
par les poissons...
(…)
Smirnova


Tanger: des peines de 6 mois à 10 ans de prison dans l'affaire des 50 clandestins (plusieurs condamnations, dont celles de 3 policiers)

Dernière minute :Mohamed El Houhay a été expulsé par bateau de Marseille vers le Maroc le dimanche 5 avril
Les autorités françaises ne veulent pas de Mohamed El Houhay sur leur sol

13.02.09 : Le Réseau Education Sans Frontières 05 prend connaissance de la situation difficile de .Mohamed El Haouhay qui est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. Il est bien intégré et est apprécié de ses amis dans la commune de Laragne ( Hautes Alpes) où il réside depuis 2003 et où il a développé un projet de vie dans l’agriculture ( contrat d’embauche de 4 mois, avec une promesse de transformation en CDI, dans le secteur de la taille de vigne et de l'arboriculture). Au Maroc, son pays d'origine où ses parents sont décédés, il n'a plus aucune attache.

17 03 09 : Mohamed est en garde à vue dans une gendarmerie proche de Laragne. Le placement en centre de rétention est plus que probable. Un peu plus tard, soulagés, nous apprenons que Mohamed vient d’être relâché sur décision du parquet. Toutefois la décision de sa régularisation n’est pas faite et incombe à Madame la Préfète

27.03.09 : Dans la nuit, Mohamed est arrêté par la gendarmerie de Laragne et amené très tôt au centre de rétention administrative du Canet à Marseille, ce qui est confirmé par la CIMADE, seule association encore habilitée par l'Etat pour rendre visite aux sans papiers enfermés.
Un nouveau rassemblement devant la préfecture de Gap ( grilles fermées, on pourrait être des terroristes !…) pour dénoncer cette mesure d'expulsion inhumaine, mobilise des syndicalistes et des membres d’associations. Une délégation remet les pétitions à Madame la préfète, inflexible..

28.03.09 : Quatre personnes du collectif se rendent à Marseille et nous informent que suite à l'audience devant le juge des libertés et de la détention, Mohamed est maintenu 15 jours supplémentaires au CRA du Canet à Marseille. Ce délai pour permettre de préparer son expulsion. L'avocat présent n'a pas été d'une grande aide.

Nous restons en contact avec Mohamed et attentifs à sa situation. Aucun être humain n'est illégal à nos yeux.

03.04.09 : Mohammed EL HAOUHAY, toujours en centre de rétention à Marseille, a adressé ce vendredi 3 avril 2009 à Mme la Préfète des Hautes Alpes un recours contre sa procédure d'éloignement et une demande de réexamen de sa demande de titre de séjour.

L'existence d'éléments nouveaux et des doutes sur les procédures ont conduit Mohammed à tenter cette ultime demande sachant que la Préfète reste en dernière ressort la seule à pouvoir décider sa libération et d'accorder le réexamen du dossier et le droit au séjour, conformément à la législation, mais qu'elle n'est pas tenue en cette circonstance de le faire.

04.04.09 : Mohammed va très certainement être expulsé par bateau demain alors que des nouveaux éléments aux dossiers apparaissent et qu'ils ont été communiqués. La préfecture fait la sourde oreille!!!

Un nouveau rassemblement a lieu aujourd’hui devant la préfecture de Gap pour tenter de faire fléchir la Préfète

Pour soutenir cet ultime recours, nous vous demandons d'apporter votre soutien à Mohammed et d'intervenir auprès de Madame la ¨Préfète pour que Mohammed soit libéré du centre de rétention au plus vite, et qu’il bénéficie d'une carte de séjour "vie privée et familiale"

Pour demander la régularisation de Mohamed :

Proposition de texte à adresser à la préfecture de Gap:

Madame La Préfète,

J'ai appris ce jour, vendredi 27 mars, l'arrestation de Monsieur Mohamed El Haouhay, sans papier, habitant Laragne depuis 2003. Il semble que les démarches effectuées auprès de la Préfecture par Monsieur El Haouhay depuis juillet dernier en vue de régulariser sa situation aient conduit à cette arrestation.
Je trouve cela particulièrement choquant et indigne. Monsieur El Haouhay ne demandait pas la charité à la France. Il souhaite pouvoir travailler et vivre honnêtement. Notons qu'il possédait une promesse d’embauche d'une entreprise dans le domaine de l'arboriculture avec un contrat de quatre mois suivie d'un contrat à durée indéterminée.

Pour ces raisons j' estime qu’il serait juste que sa situation soit régularisée et je vous dis mon indignation face à votre décision de ne pas apporter de réponse favorable à Monsieur Mohamed El Haouhay. malgré les nouveaux éléments qui justifieraient un réexamen de la situation.

Je vous demande d'ordonner sa libération du CRA de Marseille et de lui> accorder un titre de séjour lui permettant de travailler et de vivre dignement.
Un citoyen en colère.

Nous vous conseillons de réaliser un copier coller sur « un message nouveau » et non de « transférer » ce mail et de joindre la lettre en pièce jointe.
Ce texte n'est qu'une proposition, vous pouvez exprimer autrement votre colère, mais nous vous conseillons de rester correct pour éviter les poursuites pour outrage.

* Pétition en ligne : http://resf.info/P1015

AGRICULTURE/ALIMENTATION

Les fraises d’Espagne ont de “magique d’être” disponibles depuis janvier jusqu’en avril… Et ce qui est encore plus magique, c’est de voir que les consommateurs les achètent ! Alors là maintenant que les beaux jours arrivent il me semble important de faire une petite piqure de rappel pour bien expliquer à mes lecteurs préférés ce qu’ils achètent quand ils choisissent ces barquettes bon marché…
Sur une production annuelle de 330 000 tonnes de fraises espagnoles (chiffre 2006), 25 % est destiné au marché français (source douanes et Interfel). La France importe 71 % de fraises d’Espagne, soit 83 000 tonnes (chiffre 2006) et consomme annuellement 130 000 tonnes de fraises. C’est 16000 véhicules par an qui parcoure 1500 kilomètres avec leur lot de Co2…
C’est autour du Parc de National de Doñana , inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, que 95 % des fraises espagnoles sont produites, sur une surface de 5 000 hectares. Avec une biodiversité exceptionnelle, cette zone humide de 100 000 ha, haut-lieu des migrations d’oiseaux, accueille la dernière population de lynx (20 individus). Or, depuis les années 80, les sites de production se multiplient de façon anarchique et pèsent lourdement sur l’environnement : utilisation massive de produits chimiques pour la préparation du sol, cultures sur sable et sous plastique, consommation massive d’eau pour l’irrigation, occupation des sols en toute illégalité.… La liste est longue des atteintes à l’environnement !
En effet, on estime que 40 % des surfaces sont cultivées illégalement et que plus d’une centaine d’hectares empiètent sur des espaces protégés. Les cultures de fraises largement irriguées par des forages, dont 50 % sont non déclarés, ont réduit de moitié les apports d’eau douce dans le marais alimenté par la rivière La Rocina et assèchent l’une des zones humides les plus remarquables de l’Union européenne. A terme, c’est la pérennité même de cette production qui pourrait être remise en question.
La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l’hiver… Un écologiste de la région raconte l’explosion de maladies pulmonaires et d’affections de la peau.
Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l’hiver, pour avancer leur production. À l’automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d’ammoniaque, est aussi un poison dangereux : il bloque les alvéoles pulmonaires.
La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place. Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s’exiler ailleurs en Espagne. Remarquez : ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu’ils ont respiré …
La production et l’exportation de la fraise espagnole, l’essentiel étant vendu dès avant la fin de l’hiver et jusqu’en avril, représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l’esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s’installer. Avant de venir de Chine, d’où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises…


Sur l’Economiste
L’Espagne ne ferme pas la porte au recrutement des travailleurs étrangers malgré la crise d’emploi (2,5 millions de personnes au chômage). Le pays a toujours besoin de saisonniers marocains dans son secteur agricole. Et c’est à Marrakech, vendredi 9 janvier, qu’a démarré la campagne de sélection des 15.500 femmes ouvrières marocaines qui iront ramasser des fraises dans les serres de Huelva, dans le sud de l’Espagne. C’est-à-dire dans deux mois, date du démarrage de la récolte. Pilotée par l’Anapec, cette opération a pour objectif de lutter contre l’immigration clandestine.