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vendredi 3 juillet 2009

Procès des sept militants d'Annahj Addimocrati

Par Fkir Ali, 3/7/2009

Le procès des sept militants d’ANNAHJ ADDIMOCRATI poursuivis par la justice makhzanienne selon l’article 90 du code électoral « … ou incite un ou plusieurs électeurs à s’abstenir de voter » , a repris le vendredi 3 juillet 2009 (3ème séance).
Le verdict sera prononcé le vendredi 10 juillet.
Etaient présents des dizaines de militantEs et d’avocats.
Se basant sur la réalité, les 7 militants et leur défense (plus de 120 avocats) ont balayé magistralement les chefs d’accusation, tout en défendant le droit d’ANNAHJ ADDIMOCRATI à appeler les masses populaires à boycotter le « scrutin » du 12 juin 2009 . Rappelons, et selon les chiffres officiels, que le dit scrutin a été boycotté par plus de 12 millions de marocains et de marocaines. En réalité c’est la volonté populaire qui a été mise en cause par le régime à travers cette parodie de procès.
par le Bureau central de l'AMDH, Rabat, le 24/06/2009

En guise de soutien au Président de la Section de l’Association Marocaine des Droits Humains de Khénifra et au Directeur de l’hebdomadaire « Al Michâal » et de solidarité avec les victimes de la tyrannie dans la région de Khénifra, le Bureau central organise une caravane de solidarité vers la ville de Khénifra le 12 juillet 2009.
Il est notoire que « l’Association Amahzoune Mouha O Hammou Zayani », association tribale récente, a décidé de porter plainte contre le Directeur de l’hebdomadaire « al Michâal », Driss Chahtan et le Président de la Section de l’Association Marocaine des Droits Humains de Khénifra Mustapha Addari.
La plainte est basée sur le dossier intitulé « les scandales des cousines du Roi », publié dans le numéro 191 de l’hebdomadaire al Michâal le 27 novembre 2008 et qui est constitué d’une interview avec le Président de la Section de l’Association à Khénifra et de données précises relatives aux violations commises par Hafsa Amahzoune, la tante du Roi, et d’autres membres de sa famille à l’encontre d’un bon nombre de citoyens.
L’accusation, portée contre Driss Chahtan et Mustapha Addari, se fonde essentiellement sur l’injure et la diffamation publiques et la publication de photos du Roi et de la famille royale conformément aux articles 442, 443, 444 du Code pénal et les articles 44, 46, 47, 67, 68 du dahir du 15 novembre relatif au Code de la presse tel qu’il a été modifié.
La partie plaignante a requis spécialement contre le directeur d’« al Michâal » une peine lui interdisant d’exercer la presse et une amende d’un million de dirhams.
La première séance s’est tenue le mardi 16 juin à 9 heures du matin au tribunal de 1re instance d'Aïn Sebaâ à Casablanca et le procès a été reporté pour le mardi 14 juillet à la même heure et au même lieu.
La surprise, lors de la 1re séance, est que "les membres de la famille Amahzoune" ont porté la même plainte, de nouveau, avec les mêmes requêtes et que la date de la 1re séance est désignée pour le 21 juillet.
Le Bureau central considère que le procès intenté contre le directeur de l'hebdomadaire « al Michâal » et le Président de la section de l'Association de Khénifra met en cause la liberté d’expression et de la presse ; c’est le procès de l’action consciencieuse qu’illustre l’Association partout dans le Maroc et notamment à Khénifra dans le domaine des droits humains. Il considère de même que ce procès est un acte de vengeance à l’encontre et de l’hebdomadaire « al Michâal » qui n’a cessé de traiter un bon nombre de dossiers importants avec audace et contre la section de Khénifra qui a su rassembler des milliers de citoyens qui ont dit NON à la tyrannie moyenâgeuse et OUI aux droits humains universels.
Considérant la gravité de ce procès qui transforme l’oppresseur en victime et celui qui dévoile l’injustice en criminel ce qui en fait l’un des graves procès de la liberté d’expression et de la presse dans notre pays, le Bureau central a décidé de lui donner un grand intérêt et de mobiliser toutes les formes de solidarité avec les accusés Driss Chahtan et Mustapha Addari et ce par, primo, le soutien du « Comité de solidarité avec le directeur d’al Michâal et du Président de la Section de l’Association » constitué le 11 juin, secundo l’organisation d’une conférence de presse le 15 juillet au siège du Bureau central de l’Association, tertio l’assistance significative de la présidence de l’Association à la 1re séance du procès du 16 juin.
En outre, le Bureau central a décidé d’organiser plusieurs activités qui seront annoncées très prochainement en guise de solidarité avec le Président de la section de l’Association de Khénifra et du Directeur de l’hebdomadaire al Michâal. Parmi ces activités, la caravane vers Khénifra sera organisée le dimanche 12 juillet prochain à laquelle participeront des centaines de membres de l’Association et de militantEs éprisES de démocratie et des droits humains.
A cette occasion, le Bureau central appelle :
Ø Toutes les sections de l’Association, et surtout celles proches de Khénifra, à y participer massivement.
Ø Le Syndicat National de la Presse Marocaine, en tant que syndicat démocratique, à se joindre à cette initiative en signe de soutien à la liberté d’expression et de la presse et de solidarité avec le Directeur de l’hebdomadaire al Michâal.
Ø L’Ordre des avocats au Maroc et les syndicats des avocats à y participer pour exprimer leur solidarité avec leur collègue Fatima Sabri l’une des victimes de la tyrannie de Hafsa Amahzoune.
Ø Toutes les organisations des droits humains, syndicales, de femmes et de jeunes à participer aussi à la caravane.
Ø Les forces politiques démocratiques à assumer leurs responsabilités sans hésitation et de s’aligner auprès du droit et d’affronter l’injustice et la tyrannie.

jeudi 2 juillet 2009

Jugement des sept militants d'Annahj

par Belmaïzi, le 2 juillet 2009

Le jugement des sept militants d’ANNAHJ, demain (vendredi 3/7/2009), est, non seulement une stupidité, mais il est anachronique et sans fondements. Anachronique, parce que les Marocains ont bien changé et évoluent vers la modernité politique, alors que l’Etat et ses élites sont restés au stade de la féodalité et du totalitarisme makhzanien. Sans fondements, parce que, qui dit vote dit que la société est régie par un système démocratique. Et donc tout citoyen appelé aux urnes vote ou ne vote pas, ou vote blanc. Mais si la campagne électorale a été couverte par les médias qui donnent la parole à l’ensemble des partis, tout parti doit donc jouir de son droit à l’expression libre et sans contraintes. L’Egalité des chances est, dans ce sens, un concept obligé pour la paix et le « contrat social ». Les partis qui appellent des voix pour être élus, ne peuvent être distingués ou privilégiés devant les partis comme ANNAHJ qui appellent au boycott des élections. D’ailleurs depuis que le Maroc est « indépendant », toutes les élections n’ont strictement rien apporté à notre société, comme le dit si bien Farid Halli. Les magouilles à profusion, la corruption à coup de walima et de couscous, de paires de balgha et de dirhams. Et que l’on se rappelle les massacres et les violences du temps de la tyrannie (un Front (« ajjabha » par-ci un autre Front par-là) avec les chaînes des vélos ou des motos. Aujourd’hui la barbarie a changé de visage, elle n’est plus ce qu’elle était. La triche se fait « light » et mieux civilisée. Mais on ne peut tromper indéfiniment les Marocains.

Un parti ne peut être jugé pour avoir appelé au boycott des élections. La démocratie – si démocratie il y a au Maroc – lui assure sa plage d’expression dans les médias, et le débat contradictoire devient un signe de bonne santé d’une société. D’ailleurs ANNAHJ sait très bien que nombre de citoyens sont blasés de cette éternelle mascarade des élections. Et que le boycott est de fait une réalité spontanée et palpable chez beaucoup. Mais l’appel au boycott de la part d’ANNAHJ est motivé par l’instauration d’un débat productif sur ce qui se passe dans ce pays qui dérive et se refuse à décoller…

Un parti ne peut être jugé que s’il appelle à la haine, au racisme et à la violence. On ne peut juger les militants d’ANNAHJ que si la Constitution marocaine stipule que les élections sont obligatoires et que tous les citoyens doivent accomplir ce devoir, comme le fait la Constitution belge, par exemple, où tous les Belges sont obligés de voter…

Le dossier est bourré de vide et ne peut tenir la route. C’est un procès politique qui renie et bâillonne toute parole qui n’obéit pas au « consensus ». C’est pourtant la voix de la majorité, silencieuse y compris. Et s’il y a infraction du code électoral, elle est du côté de l’Etat qui prive, par un déficit flagrant d’organisation administrative au niveau des inscriptions, nombre de citoyen de voter. Légalement c’est le système makhzanien qui doit être condamné – et je ne parle même pas, ici, des fraudes et des marchandages. Alors, qui doit juger qui ???

Si l’on condamne les sept militants d’ANNAHJ, le monde entier saura que le Maroc s’enfonce dans les dérives et les contentieux graves qui s’accumulent, s’accumulent, s’accumulent !!

Quant à certains militants de la gauche qui rêvent de changer les choses de l’intérieur en participant à la mascarade électorale, ils savent bien maintenant que c’est chose impossible. Cette gauche non seulement, elle doit tirer les leçons de son errance, mais elle a le devoir de se solidariser avec ANNAHJ et travailler pour constituer un pôle de gauche productif. Cette gauche s’est fait avoir à maintes reprises, à cause de ses analyses erronées et qui ne tiennent pas la route. « Le loup » dit le proverbe, « on ne la lui joue qu’une seule fois ». A bon entendeur salut !

Les militants à l’étranger pensent fortement aux militants d’ANNAHJ en regardant dans les yeux El Yazami qui trahit les idéaux pour lesquels nous restons fidèles…

Sept militants d'Annahjaddimocrati jugés ce vendredi matin

par Ali Fkir , 2/7/2009
Sept militants d'ANNAHJ ADDIMOCRATI feront face pour la troisième fois à la justice du makhzen ce vendredi matin 3 juillet 2009 à 9h30 du matin. Chefs d'accusation? "inciter les citoyens à ne pas voter". Les 7 militants ont tous répondu : nous avons distribué publiquement les APPELS D'ANNAHJ ADDIMOCRATI au BOYCOTT des "élections du 12 juin 2009", vu leur caractère antidémocratique.
Face au juge, le camarade Farid Halli ( 3ème à gauche) dit " je suis issu d'une famille militante, mon père était l'un des militants du parti communiste marocain depuis sa constitution. J'ai participé à toutes les élections en votant pour le PPS, mais depuis 2003 j'ai rejoint ANNAHJ ADDIMOCRATI. C'est un honneur pour moi que d'être militant d'ANNAHJ. Je ressens aujourd'hui de la honte pour avoir voté pendant des décennies"
Tous les camarades ont défendu les positions d'ANNAHJ et ont mis au banc des accusés le régime et son harem politique.
Ci-dessous un petit montage des photos prises au cours de:
- Sit in d'ANNAHJ réprimé à Casa le 6 juin 2009
- La conférence de presse organisée au siège d'ANNAHJ
- Le 12 juin 2009 (une minorité votait, la majorité boycottait, 7 militants d'ANNAHJ au tribunal de Aïn Sebâa - casablanca): des dizaine de militants d'ANNAHJ, des cadres de la CDT, des journalistes... étaient là
Soyons nombreux et nombreuses au tribunal de 1ère instance de Aïn Sebâa le vendredi 3 juillet 2009 à partir de 9 heures 30!

Une victime italienne de « transfert extraordinaire» toujours détenue au Maroc, après des aveux obtenus sous la torture

Des ONG de droits humains demandent aux rapporteurs spéciaux des Nations Unies d'enquêter et d’agir sur l’affaire Abou Elkassim Britel
par
ACLU, 25/6/2009. Traduit par Isabelle Rousselot et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala


NEW YORK – Des groupes de droits humains ont demandé aujourd'hui aux rapporteurs spéciaux des Nations Unies d'enquêter sur l'affaire d'Abou Elkassim Britel, un citoyen italien et une victime du programme illégal de « transferts extraordinaires » (« extraordinary rendition») de la CIA, qui est actuellement détenu dans une prison marocaine sur la base d'aveux qui lui ont été extorqués sous la contrainte physique. L'ACLU (Union américaine pour les libertés civiles) et l'ONG Alkarama for Human Rights ont exigé que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la Promotion et la protection des droits humains dans la lutte contre le terrorisme, enquêtent sur les circonstances de la disparition forcée, de l'enlèvement, de la détention et de la torture de Britel, et soulève son cas après des gouvernements des USA, du Maroc, du Pakistan et d'Italie.
« Des victimes du programme d’« extraordinary rendition », détenues à Guantánamo et dans d'autres prisons du monde, sont ignorées par le gouvernement Usaméricain, dont le programme illégal a causé leur situation, » a indiqué Steven Watt, avocat pour le programme des droits humains de l'ACLU. « Les USA ont refusé de prendre leur responsabilité envers des actions manifestement nuisibles, ne laissant d'autres choix à M. Britel et à d'autres innombrables victimes que de se retourner vers la communauté internationale pour obtenir justice. »
Britel, qui est également un plaignant dans l'affaire judiciaire opposant l'ACLU à une filiale de Boeing, Jeppesen DataPlan, pour son rôle dans le programme de’« extraordinary rendition », fait partie des quelques victimes dont l'identité est connue et qui est toujours détenu à l'extérieur de Guantánamo Bay.
Initialement, Britel a été appréhendé et détenu au Pakistan par les autorités pakistanaises pour des présumés violations des lois sur l'immigration, en février 2002. Après une période de détention et d'interrogatoires là-bas, il a été livré aux autorités Usaméricaines.
En mai 2002, des fonctionnaires usaméricains ont déshabillé et battu Britel avant de lui mettre une couche et une salopette, de l'entraver comme un animal, de lui bander les yeux et de l'envoyer au Maroc pour y être détenu et interrogé. Une fois au Maroc, les responsables US l'ont livré aux services de renseignement marocains qui l'ont emprisonné, sans contact avec l'extérieur, dans le centre de détention de Témara, où il a été interrogé, battu, privé de sommeil et de nourriture et menacé de sévices sexuels.
« Sur la foi du récit de M. Britel lui-même sur le traitement qu'il a subi et la longue histoire très documentée sur la torture et les abus commis dans les centres de détention dirigés par le gouvernement marocain, nous avons des raisons solides de croire que M. Britel a subi et subit toujours des tortures », a déclaré Rachid Mesli, Directeur du service juridique d’Alkarama. « M. Britel et les autres victimes de « l'extraordinary rendition » méritent un procès équitable devant un tribunal, non entaché par des preuves obtenues sous la torture. Nous espérons que les rapporteurs spéciaux vont prendre acte immédiatement de notre demande pour apporter une attention rapide et nécessaire à l'affaire de M. Britel, avant que les conditions dans lesquelles il est détenu ne causent encore plus de dégâts à sa santé physique et mentale. »
Selon la requête auprès des rapporteurs spéciaux, après avoir été libéré par les autorités marocaines en février 2003, Britel a été à nouveau arrêté et remis en détention en mai 2003 alors qu'il tentait de quitter le Maroc pour rentrer chez lui, en Italie. Alors qu'il était détenu sans contact avec l'extérieur dans le même centre de détention où il avait été brutalement torturé à peine quelques mois plus tôt, Britel a fait de faux aveux, sous la torture, sur son implication dans le terrorisme. Britel a été jugé et reconnu coupable d'accusations liées au terrorisme et purge une peine de neuf ans dans une prison marocaine.
En 2006, un juge d’instruction italien a prononcé un non-lieu sur une enquête qui avait duré de six ans sur l'implication alléguée de Britel dans le terrorisme, après avoir constaté un manque total de preuves l'associant à une activité liée au terrorisme ou d'ordre criminel.
Tous les dossiers remis aux rapporteurs spéciaux sont disponibles en ligne sur :
www.aclu.org/intlhumanrights/nationalsecurity/relatedinformation_resources.html
Plus d'information sur le procès de l'ACLU contre Jeppesen DataPlan en ligne sur :
www.aclu.org/jeppesen

Pour mettre fin à l'injustice : la femme d'une victime de
"transfert extraordinaire" s'exprime sur l’obligation de rendre des comptes et la torture

Par Nahal Zamani, programme des droits humains, ACLU


Aujourd'hui, le Programme des droits humains de l'ACLU et l'ONG Alkarama for Human Rights ont envoyé une demande à deux rapporteurs spéciaux des Nations Unies (experts en droits de l'homme) pour qu'ils enquêtent sur la détention et la torture au terme d’une "extraordinary rendition" d'Abou Elkassim Britel, un citoyen italien.
L'ACLU représente Britel ainsi que quatre autres hommes dans un procès au civil dans le système judiciaire des USA. Dans cette affaire – Mohamed et al. contre Jeppesen – Jeppesen, une filiale de Boeing, est accusée d'avoir participé, en connaissance de cause, au programme illégal d’ « extraordinary rendition » des USA, en fournissant un vol et des services de soutien logistique à l'avion utilisé par la CIA pour transporter Britel, du Pakistan au Maroc, en mai 2002.
La requête aux deux experts des droits de l'homme des Nations Unies est une demande d’enuqêtes sur les circonstances entourant l'arrestation de Britel, son enlèvement, sa détention et son interrogatoire au Pakistan ainsi que son transfert clandestin de ce pays jusqu'au Maroc. Britel fait partie des quelques victimes du programme « extraordinary rendition » des USA dont les identités sont connues et il est le seul citoyen européen, à notre connaissance, à être toujours en détention. À ce jour, Britel demeure incarcéré dans une prison marocaine.
J'ai récemment parlé avec la femme de Britel, Khadija Anna Lucia Pighizzini, citoyenne italienne, et je lui ai demandé de nous raconter leur histoire. Ce qui suit est extrait et traduit de notre conversation.
Khadija Anna Lucia Pighizzini : le 10 mars 2002 est le dernier jour où j'ai parlé à mon mari et je me souviens que la communication téléphonique était horrible et grésillante. Nous avons pensé que nous continuerions notre conversation le lendemain. Mais ensuite je n'ai plus eu aucune nouvelle – il avait disparu. Pendant 11 mois, je n'ai eu aucune nouvelle. Je ne savais pas s'il était vivant ou mort.
ACLU : Le 10 mars 2002, Britel qui était en voyage d'affaires au Pakistan a été arrêté et détenu au Pakistan pour des questions d'immigration. Après plusieurs mois en détention au Pakistan, durant lesquels il a été interrogé autant par des fonctionnaires pakistanais qu’usaméricains, Britel fut finalement transféré sous la garde exclusive des Usaméricains. Les responsables usaméricains l'ont vêtu d'une couche et d'une salopette puis l'ont entravé comme une bête, lui ont bandé les yeux avant de l'envoyer, en avion, au Maroc pour y être détenu et subir d'autres interrogatoires. Britel a été détenu, sans contact avec l'extérieur, par les services de sécurité marocains, dans le centre de détention de Témara, et a subi des violences physiques, la privation de sommeil et de nourriture, et a été menacé de sévices sexuels, y compris sodomie avec une bouteille et castration. La famille de Britel n'a eu connaissance de son sort qu'une fois Britel libéré, presque une année après sa première disparition, sans inculpation, en février 2003.
Tragiquement, alors qu'il rentrait chez lui en Italie en mai 2003, Britel a été à nouveau arrêté par les autorités marocaines, qui l'ont placé en détention et l'ont forcé, sous la contrainte physique, à signer un aveu comme quoi il était impliqué dans des actions terroristes au Maroc. Britel fut finalement déclaré coupable d'actes en relation avec le terrorisme et condamné à neuf ans. À ce jour, il est toujours emprisonné au Maroc.
Khadija Anna : le soir où Kassim était censé enfin quitter le Maroc, le 16 mai 2003, il y a eu des attaques terroristes à Casablanca. Cet événement tragique a coûté 45 vies et a provoqué une enquête policière de grande envergure. Kassim fut repris par l'administration marocaine alors qu'il était en train de quitter le pays. Son arrestation faisait partie d'une vague d'arrestations qui ont eu lieu immédiatement après ces attaques. Encore une fois, Kassim disparut et je n'avais aucune idée de l’endroit où il se trouvait, j'ai cherché dans tout le Maroc pour le retrouver. J'ai interrogé à son sujet l'ambassade italienne et les autorités marocaines, mais les deux nièrent savoir quelque chose. Je craignais le pire car il y avait eu un accroissement des disparitions causées par le gouvernement marocain ; des milliers de gens étaient emprisonnés, et d'autres sont même morts durant des interrogatoires, entre les mains de la police marocaine.
Plus tard, j'ai appris que Kassim avait été secrètement détenu pendant quatre mois à Témara ; dans le même centre de détention où il avait été détenu et torturé quelques semaines plus tôt.
Après quatre mois de détention et d'interrogatoires, Kassim est passé devant un prétendu tribunal qui, selon son avocat, répondait à peine aux normes d'un procès équitable. Il a été condamné à 15 ans de prison, mais en appel, sa peine a été ramenée à neuf ans. Pendant ce temps, la presse italienne s'était emparée de son histoire et avait présenté Britel comme le cerveau des attentats de Casablanca – un mensonge dont même les autorités marocaines ne l'avaient pas accusé.
Kassim est maintenant incarcéré dans la prison Oukasha à Casablanca. Il est prévu qu'il ne soit pas relâché avant septembre 2012, pourtant il n'a rien fait de mal.
ACLU : En septembre 2006, après six années d'une longue enquête criminelle, en Italie, sur l'implication supposée de Britel dans des activités terroristes, le juge en charge débouta son affaire, pour manque total de preuve associant Britel à de quelconques activités criminelles ou terroristes. Depuis ce non-lieu, les membres du parlement italien et européen ont adressé une pétition au gouvernement du Maroc pour qu'il gracie et libère Britel immédiatement. A ce jour, les autorités marocaines ont omis de répondre à ces efforts diplomatiques et depuis janvier 2007, le gouvernement italien n'a toujours rien fait pour représenter les intérêts de Britel.
Khadija Anna : Des investigations officielles ont mis en cause quatre gouvernements dans l' "extraordinary rendition" et la torture de mon mari. Le gouvernement pakistanais l'a torturé si violemment qu'il a avoué être un terroriste. La CIA l'a enlevé et l'a maintenu en détention au Pakistan avant de le livrer illégalement à une torture certaine au Maroc ; le gouvernement marocain l'a emprisonné et l'a torturé ; et le gouvernement italien était complice dans toute l'affaire ; tous savaient parfaitement bien ce qui se passait et ont fait peu, voire rien, pour l'aider.
Le gouvernement usaméricain est influent, ils doivent intervenir pour assurer la libération de mon mari et le ramener à la maison, en Italie. Si le gouvernement usaméricain intervient, je pense que l'Italie exigera que Britel soit libéré et le Maroc s'exécutera. C'est le moins qu'ils puissent faire étant donné leur implication dans son « extraordinary rendition ». J'ai déjà demandé une rendez-vous à l'ambassade usaméricaine au Maroc ou une intervention pour libérer mon mari. Je me suis également rendue deux fois à l'ambassade et j'ai parlé aux employés là-bas. Pas besoin de vous dire qu'ils sont restés sourds à ma demande et je ne sais plus vers qui me retourner.
ACLU : Depuis mars 2002, Britel a subi des tortures physiques et psychologiques et un traitement cruel – comme des bastonnades sévères, l'isolation, la privation de sommeil et des menaces de mort. Les expériences de Britel font partie d'un large schéma de tortures et d'abus généralisés, commis par le gouvernement des USA sous l'administration Bush. Une sérieuse responsabilité pour des crimes commis au nom de la sécurité nationale doit comprendre la reconnaissance et des réparations pour les victimes de la torture.
Khadija Anna : Physiquement, Kassim est faible et a beaucoup de problèmes physiques dus à la torture et aux abus qu'il a subis. Il en garde des traces, pas seulement dans son âme mais aussi dans son coeur. Il se bat pour rester en vie. Il se bat également pour les droits des autres prisonniers détenus avec lui ; pour améliorer leurs conditions ainsi que les siennes. Il a fait plusieurs grèves de la faim, seul ou avec d'autres prisonniers – espérant attirer l'attention sur les conditions à l'intérieur de la prison et pour protester contre sa torture.
Quand à moi, je suis toujours fatiguée, et je suis toujours dans l'attente. Cela fait sept longues années que Kassim a disparu. Ces années ont été si douloureuses, mais je sais que l'injustice que j'ai vécu va bientôt se terminer. Je ne me suis pas laissée aller à la haine ; Kassim, non plus. Au contraire, nous attendons sa libération. Nous voulons vivre nos vies et retrouver nos droits pour vivre dans la dignité comme tout citoyen et être humain. Nous regardons vers l'avenir quand la vérité sera entendue, quand nos droits seront restaurés et quand la justice sera enfin rendue.
Pour en savoir plus : http://www.giustiziaperkassim.net/

Solidarité avec la lutte des réfugiés au Maroc

par le Réseau euro-africain sur les migrations, 30/6/2009
Cela fait maintenant plus de 4 ans que le Haut Commissariat aux Réfugiés a ouvert un nouveau bureau à Rabat, répondant avec empressement et dans la précipitation aux sollicitations des Etats européens, soucieux d’éloigner les demandeurs d’asile, provenant en particulier de l’Afrique subsaharienne, de leurs frontières.
Ayant dû lui-même attendre plusieurs années avant que le Maroc n’avalise officiellement sa présence au Maroc, le HCR n’avait aucune garantie préalable de la coopération du gouvernment marocain pour rendre le statut de réfugié qu’il allait délivrer opérationnel dans la vie quotidienne des réfugiés au Maroc.
En effet, malgré le fait que le Maroc soit signataire de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés de 1951, il refuse de valider la carte délivrée par le HCR et de reconnaître à ceux qui sont en sa possession les droits y afférants, notamment en matière de séjour, de travail, d’accès aux services publics, de liberté de circulation.
Après tant d’années d’attente dans la précarité la plus absolue et l’incertitude des lendemains, les réfugiés provenant d’un certain nombre de pays africains (Côte d’Ivoire, Congo, Rwanda, etc.) désespérant de voir reconnaître leurs droits et évoluer leur situation, ont organisé un sit-in permanent devant le siège du HCR afin d’obtenir leur réinstallation dans des pays respectueux du statut de réfugiés et des droits y afférents.
Dispersés par la force par différents corps de répression dans la nuit du 27 juin 2009, après une semaine de sit-in continu, la seule promesse qu’ils ont finalement obtenue est celle de l’ouverture de négociations avec le responsable du bureau marocain du HCR, Mr Johannes Van der Klauw, à partir du 2 juillet prochain.

Nous, organisations membres du Réseau euro-africain sur les migrations, ayant soutenu les réfugiés et demandeurs d’asile tout au long de ces dernières années,
- exprimons notre compréhension de leur désespoir
- condamnons les violences dont ils ont été victimes de la part de forces de l’ordre
- demandons que la HCR prenne toutes ses responsabilités et assure sa mission qui est de protéger les réfugiés et de leur offrir la garantie d’une vie sûre et décente
- déclarons notre entière solidarité avec leur mouvement et leurs revendications et les assurons de toute notre vigilance afin que leur soient reconnus l’ensemble de leurs droits.

- réclamons l’octroi systématique à tous les réfugiés statutaires d’une complète liberté de circulation et d’installation et d’une protection à travers le monde.
Premiers signataires
ADESCAM ( Association de développement et de sensibilisation des Camerounais migrants au Maghreb )
Association Marocaine des Droits Humains
Association des Réfugiés Sans Frontières - Cameroun
ATTAC Maroc
Association des Travailleurs Maghrébins en France
Collectif des Réfugies au Maroc (COREMA)
Concerned Migrants Group(C-M-G)Worldwide
Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc
Conseil des réfugiés de Hambourg
Flüchtlingsrat Berlin
GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés)- France
Horizons migrants
Migreurop
Refugee Council Schleswig-Holstein

mercredi 1 juillet 2009

Appel urgent pour Chakib El Khayari

par L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme Nouvelles informations, 30/6/2009

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la Torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir d'urgence à propos de la situation suivante au Maroc :

L’Observatoire a été informé par l'Organisation marocaine des droits humains (OMDH) de la condamnation de M. Chakib El Khayari à une peine de trois ans de prison et à une amende de 750 000 dirhams (environ 68 500 euros).

Selon les informations reçues, le 24 juin 2009, le Tribunal de Casablanca a condamné M. El Khayari à trois ans de prison et à une amende de 750 000 dirhams (environ 68 500 euros) pour le compte des douanes, d'une part sur la base du Code pénal, pour avoir "révélé à des sources étrangères des informations visant une institution établie", et d'autre part sur la base du Code des changes, pour avoir ouvert un compte bancaire à Melilla sans autorisation de l’Office des changes, afin de recevoir une rémunération de 230 euros du journal espagnol El Pais pour lequel il avait rédigé un article.

M. El Khayari reste par conséquent en détention à la prison de Okacha à Casablanca, et ce depuis le 21 février (cf. rappel des faits). Ses avocats comptent faire appel de cette décision.

L’Observatoire craint que cette décision vise uniquement à sanctionner les activités de défense des droits de l’Homme et la liberté d'expression de M. Chakib El Khayari, notamment dans le cadre de la lutte contre la corruption et le trafic de drogue, et dénonce le caractère disproportionné et inique de la décision rendue, notamment au regard du manque de preuves.

L’Observatoire dénonce également la détention arbitraire de M. El Khayari pendant toute la phase d'instruction (cf. rappel des faits), alors que ce dernier disposait de toutes les garanties pour être maintenu en liberté.

Rappel des faits :

M. El Khayari a été arrêté sur ordre du Parquet de Casablanca, le 18 février 2009, par les services de police après avoir répondu à une citation à comparaître émise par le Bureau national de la police judiciaire. Le jour de son arrestation, une équipe de la police judiciaire s'est rendue au domicile de M. EL Khayari à Nador et a confisqué son ordinateur.

Le 21 février, après avoir été entendu par le juge d'instruction de la Cour d'appel de Casablanca, M. El Khayari a été informé de poursuites à son encontre pour “atteinte à corps constitué”. Depuis cette date, M. El Khayari est maintenu en détention à la prison de Okacha à Casablanca.

M. El Khayari a été arrêté après avoir fait plusieurs déclarations dans des médias marocains et étrangers, dénonçant l'implication de personnes occupant des postes importants au sein d'institutions étatiques dans un réseau de trafic de drogue dans la région du Rif. Le 28 janvier 2009, il avait également participé à une rencontre internationale à Madrid portant sur l'augmentation des substances illicites et leurs conséquences sur les populations locales.

Trois jours après l'arrestation de M. El Khayari, le 20 février, le Parquet a publiéun communiqué indiquant que les déclarations de Chakib El Khayari sont dénuées de tout fondement et qu'elles ont été faites à “d'autres fins inavouées tendant à porter atteinte à l'image des autorités publiques et judiciaires nationales suite aux efforts déployés dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue (...)”. Un second communiqué a affirmé que M. El Khayari avait perçu des fonds “de parties étrangères” pour mener cette “campagne médiatique” visant à nuire et discréditer les autorités compétentes.

Actions requises

Merci d’écrire aux autorités marocaines afin de leur demander de :

i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Chakib El-Khayari et de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc ;

ii. Procéder à la libération immédiate de M. Chakib El Khayari en ce que sa détention est arbitraire étant donné qu'elle semble viser à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme ;

iii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme au Maroc, afin qu’ils puissent exercer leur profession et mener leur activité de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

iv. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998 et plus particulièrement à son article 6.b. et c. qui dispose que « (b.) Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres: Conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l'homme et toutes les libertés fondamentales; et, (c)D'étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu'en pratique, de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales et, par ces moyens et autres moyens appropriés, d'appeler l'attention du public sur la question ;

v. Se conformer en toutes circonstances aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme liant le Royaume du Maroc.

Adresses

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Ibn Al Hassan, Roi du Maroc, Palais Royal, Rabat, Maroc, Fax : + 212 37 73 07 72
M. Abbas El Fassi, Premier Ministre, Bureau du Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, Palais Royal, Rabat, Maroc, + Fax : 212 37 76 99 95 / 91 95 / 77 68 37
M. Abdelwahed Radi, Ministre de Justice, Ministère de la Justice, Place Mamounia, Rabat, Maroc, Fax: +212 37 73 07 72/ +212 37 72 37 10
M. Chakib Benmoussa, Ministre de l’Intérieur, Quartier Administratif, Rabat, Maroc, Fax : 212 37 76 20 56
M. Taieb Fassi Fihri, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Ministère des Affaires étrangères et de la cooperation, avenue Franklin Roosevelt, Rabat, Maroc. Fax: +212 37 76 46 79/ +212 37 76 55 08, Email:
mail@maec.gov.ma
M. Ahmed Herzenni, Président, Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (CCDH), Place des Chouhada, B.P. 1341, Rabat, Maroc. Fax : + 212 37.72.68.56. E-mail:
ccdh@ccdh.org.ma
Mission permanente du Royaume du Maroc auprès des Nations unies à Genève, Chemin François-Lehmann 18a, Case postale 244, 1218 Grand-Saconnex, Suisse, E-mail :
mission.maroc@ties.itu.int , fax: +41 22 791 81 80
Mission diplomatique du Royaume du Maroc à Bruxelles, 2 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique, Fax : + 32 2 626 34 34.
Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Maroc dans vos pays respectifs.

***
Paris-Genève, le 30 juin 2009

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l’Homme de la République Française.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence:
E-mail :
Appeals@fidh-omct.org
Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29

Sit-in devant le HCR de Rabat : les réfugiés africains violemment dispersés à coups de matraque


Une femme, enceinte, est secourue par d'autres réfugiés (photo ABC).

Une centaine de réfugiés africains campaient depuis plusieurs jours devant le siège du Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU (HCR) à Rabat. Un sit-in pacifique pour demander leur réinstallation dans un autre pays. Samedi matin, à l'aube, ils ont été violemment délogés à coups de matraque par les forces de l'ordre, rapporte le quotidien espagnol ABC sur son site internet. Le seul média - pour l'instant - à avoir relaté l'information sur internet.

Ces hommes, femmes et enfants, originaires pour la plupart d'Afrique subsaharienne, sont environ 750 à détenir le statut de "réfugié" au Maroc. Le royaume alaouite, signataire de la Convention de Genève, se doit de leur procurer les documents administratifs nécessaires pour circuler librement et accéder au marché de l'emploi. Mais très peu obtiennent en réalité une carte de résident.

Dans un communiqué appelant à la mobilisation, daté du 15 juin 2009, ils dénoncent "plusieurs années de souffrances, d’expulsions, de refoulements et d’arrestations arbitraires… Un contexte extrêmement difficile où le HCR montre ses faiblesses et son inefficacité dans sa mission initiale de sauvegarde et du bien être des réfugiés".

L'ONU saisie pour enquêter sur le cas d'Abou Elkassim Britel, emprisonné à Casablanca

Dans une lettre adressée aujourd'hui au rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Manfred Nowak, l'Association américaine pour les libertés civiles (ACLU) demande d'urgence aux instances internationales de se pencher sur le cas d'Abou Elkassim Britel. Ce citoyen italien d'origine marocaine, victime du programme de "rendition" extraordinaire de la CIA, est toujours incarcéré à Casablanca. Il a été condamné en 2003 à 9 ans de prison pour terrorisme, grâce à des "aveux" obtenus sous la torture.

L'ACLU demande à Manfred Nowak de réunir les gouvernements américain, pakistanais et marocain sur ce dossier pour vérifier les allégations de torture et de détention illégale.

L'histoire d'Abou Elkassim Britel est effrayante. Originaire du Maroc, il s'installe en Italie en 1989. Six ans plus tard, il épouse une Italienne, Anna Lucia Pighizzini. En 1999, il obtient la nationalité italienne.

L'année suivante, lui et sa femme commencent à traduire des livres religieux en italien. Ils montent un site web, Islamiqra, sur lequel ils publient leurs traductions dans le but "d'encourager et de diffuser une meilleure compréhension de l'Islam".

Le 17 juin 2001, il quitte sa ville de Bergame pour l'Iran, afin de démarcher des sponsors pour son projet de traduction. De là, il se rend au Pakistan, pour les mêmes raisons. Le 10 mars 2002, il a arrêté à Lahore par la police pakistanaise. Après deux mois d'interrogation et de tortures, pendant lesquels il ne pourra contacter le consulat italien, il est remis à des agents de la CIA, qui le mettent dans un avion pour le Maroc.

Pris en charge dès son arrivée par les services secrets marocains, il est transféré à la sinistre prison de Témara. Pendant huit mois et demi, il sera coupé du monde. Aucun contact n'est autorisé avec sa famille, ses avocats ou les autorités consulaires italiennes.

Privé de sommeil, sous-alimenté, il subit chaque jour des interrogatoires intensifs. Il est fréquemment battu, menacé du "supplice de la bouteille", technique classique des services marocains consistant à introduire une bouteille dans l'anus du prisonnier.

Ce n'est qu'en janvier 2003 que sa famille apprend son incarcération au Maroc. Le mois suivant, il est libéré sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui. Sa femme le rejoint. Le couple se revoit pour la première fois en 18 mois. La fin du calvaire ? Malheureusement non.

En mai 2003, Abou Elkassim Britel s'apprête enfin à rentrer chez lui, en Italie. Mais le 16 mai, une série attentats frappent Casablanca. Le royaume est sous le choc. Le système répressif marocain se met en branle et arrête, sans faire de détails, des centaines de présumés islamistes. Abou Britel, sur le départ, est interpellé et une nouvelle fois incarcéré.

Retour à Témara. Quatre mois d'interrogatoires dans les mêmes conditions qu'auparavant. A bout de force, il signe une "confession" qu'il n'aura même pas le droit de relire. Sur la base de cette confession, il est condamné à 15 ans de prison. La peine sera réduite en appel à 9 ans de prison. Il est toujours emprisonné à la prison d'Oukacha, à Casablanca.

En septembre 2006, le juge italien en charge du dossier d'Abou Britel en Italie a pourtant abandonné toutes les charges retenues contre lui, faute d'éléments concrets.

En janvier 2007, 62 parlementaires italiens et 12 eurodéputés ont officiellement demandé au Maroc sa libération. Dans le même temps, l'Italie a demandé à Mohammed VI de grâcier le détenu, de le libérer et le laisser rentrer immédiatement en Italie.

Sans succès jusqu'à présent.
Source : Hassan H, marocinfos


Biographie d'Abou Elkassim Britel sur le site de l'ACLU-
Lire aussi :
Vols secrets de la CIA au Maroc : Obama maintient la pression sur la justice US pour étouffer l'affaire et le témoignage de la femme de Britel sur les condtions de détention de son époux

Visitez le site http://www.giustiziaperkassim.net
La page en français du site http://www.giustiziaperkassim.net/?page_id=123

زوروا الصفحة بالعربية لموقع العدل لقاشم
العدالة لأبوا لقاسم http://www.giustiziaperkassim.net/?page_id=138

Soutien aux femmes Soulaliyates

Sit-in
Venez nombreuses et nombreux, soutenir les Femmes Soulaliates dans leur sit-in, le Jeudi 2 juillet 2009 à 16h30, devant le Parlement marocain à Rabat, dans le cadre de l'action en justice qu’elles ont introduite devant le tribunal administratif de Rabat visant l’annulation des décisions du Conseil de tutelle et dénonçant la position de l'État marocain et le dédain dont il fait preuve eu égard à leurs souffrances et à la discrimination dont elles sont victimes dans les terres collectives.
L’Association Démocratique des Femmes du Maroc et le Forum Alternatives Maroc
Rabat, le 26 Juin 2009,

Conférence de presse.
L’Association Démocratique des Femmes du Maroc et le Forum Alternatives Maroc organisent le Jeudi 02 Juillet 2009 à 14h30 au siège de l’ADFM au n° 2, Rue Ibn Mokla, Quartier des Orangers à Rabat, une conférence de presse pour tenir informée l’opinion publique de la situation des femmes Soulaliyates et de l’évolution enregistrée dans l’action en justice que ces dernières ont introduite auprès du tribunal administratif de Rabat.
La conférence de presse sera suivie d’un sit-in de femmes de différentes régions du royaume, le même jour, à 16h30 devant la porte principale du Parlement.
Nabia Haddouche
Présidente ADFM
Contact :
Tél : +212 5 37 72 16 56
Fax : + 212 5 37 26 08 13
E-mail :
contact@adfm.ma
http://www.adfm.ma/

Qui sont les femmes Soulaliyates ?
Les femmes marocaines et les terres collectives
Les soulaliates, femmes, mères, épouses et chefs de famille qui ont été spoliées de leur droit à bénéficier des terres collectives au nom d’un droit coutumier archaïque et inique, vivent aujourd’hui des drames sociaux. En effet, après avoir été expulsées de leurs terres, simplement parce qu’elles sont des femmes, elles ont été amenées à endurer la pauvreté et à trouver refuge dans les bidonvilles.
Elles sont victimes de discrimination de la part des représentants de la Jamaa et de l’irresponsabilité du Conseil de tutelle, même après avoir crié haut et fort « cette coutume est un crime, il ya injustice dans les terres collectives » et usé de tous les moyens de protestation pour dénoncer les injustices : plaintes et la correspondance aux responsables, sit in, déclarations à la presse etc....
Discrimination d’autant plus inacceptable que les terres collectives destinées à l’origine à une exploitation par les chefs de familles, ne devaient être ni cédées ni faire l’objet d’une appropriation. Cependant, aujourd’hui, l’exploitation a pris d’autres significations qui ont ouvert la porte à la transgression de la coutume car :
ces terres sont actuellement cédées au secteur privé et au secteur public,
le statut d’ayant droit est aujourd’hui reconnu même aux personnes de sexe masculin non mariés à partir, parfois, de l’âge de 16 ans.
L’accélération des programmes de cession des terres collectives a entrainé une réduction de ce patrimoine ainsi que l’exode et l’appauvrissement des femmes soulaliyates.
A l’Association Démocratique des Femmes du Maroc, nous considérons les femmes soulaliyates de toutes les régions du Maroc comme des ayants droit aux terres collectives et nous soutenons leurs revendications pour :
suspendre les cessions des terres collectives ainsi que les compensations annuelles liées à l’use et fruit de ces terres, jusqu’à ce qu’une solution équitable soit trouvée pour les femmes,
trouver une solution légale définitive reconnaissant les droits aux terres collectives à toutes les parties prenantes et plus particulièrement les femmes soulalyates.
Rabat 27 Novembre 2008

mardi 30 juin 2009

Interview sur le 30ème anniversaire de l'AMDH

Interview publiée dans le N°double de ATTADAMOUN, journal de l’AMDH (137/138, juin 2009)

Question 1 :
Le 24 juin 1979, l’AMDH a vu le jour. Quelles étaient selon vous les raisons et les circonstances de sa création ?

Réponse : Jusqu’au début des années soixante dix, les progressistes marocains avaient négligé la lutte démocratique pour les droits humains. Ils sous-estimaient ce front de lutte contre l’autocratisme instauré par Hassan II depuis son intronisation : enlèvement des opposants, torture, procès iniques, absence de liberté d’expression, d’association…
Au début de l’année 1972, des militants marxistes léninistes d’IL AL AMAM et de la gauche de l’UNFP (à leur tête les militants Abdelhamid AMINE et Abderrahmane BENAMEUR) créèrent le 1er comité national contre la répression au Maroc. Ce comité n’a vécu que quelques semaines suite à la répression dont furent victimes certains de ses membres.
La volonté/l’idée des précurseurs de la lutte pour les droits humains ont été mises en pratique à l’intérieur du Maroc par les familles des prisonniers politiques et par certains démocrates, et à l’étranger (surtout en France) essentiellement par les militants du mouvement marxiste-léniniste marocain et par des démocrates français .
En juin 1979, ce mouvement de lutte pour les droits humains s’est concrétisé, organisationnellement et juridiquement par la création de l’AMDH.

Question 2 :
Comment évaluez- vous son travail pendant ces trente années d’existence?
Réponse : malgré la répression, les intimidations, les tentatives de liquidation, l’AMDH a pu jouer un rôle déterminant dans la lutte pour les droits humains, dans la prise de conscience à l’échelle nationale de l’importance de cette lutte, dans la formation des centaines de militant-es sur les méthodes d’approche de la réalité sur le terrain : assimilation des principes de l’AMDH, méthodes d’investigation, l’écoute des victimes, les démarches juridiques, les moyens de dénonciation des violations…L’AMDH a été toujours du côté des victimes, nonobstant leurs opinions politiques, leurs idéologies, leur sexe…
Pendant ses premières années, l’AMDH a donné la priorité aux droits « politiques », ce qui s’expliquait par la réalité de cette période, mais l’opinion publique marocaine a constaté positivement l’élargissement du front de la lutte de l’AMDH aux droits sociaux (culturels, linguistiques, les droits des travailleurs, droits au travail, à l’enseignement…), les droits économiques (lutte contre les augmentations des prix…)…

ـQuestion 3 :
Quelles évaluation faites-vous de son état actuel ? et comment vous voyez les perspectives de l’AMDH?
Réponse : organisationnellement, l’AMDH couvre pratiquement tout le territoire national et a établi des « relais » à l’extérieur. Ses militants se comptent par milliers dont la majorité est sans étiquette partisane. Ce qui, d’un côté, constitue une performance, et démontre d’un autre côté, sa popularité, son caractère de masse et son indépendance. Ce qui ne l’empêche pas d’être du même côté des forces politiques, syndicales et associatives progressistes et démocratiques, car la lutte pour les droits humains dans leur universalité et leur globalité, constitue une lutte pour le progrès, la démocratie et l’émancipation de l’humanité.


4 – Un dernier mot :
Aujourd’hui, l’AMDH constitue la conscience de notre société. Grâce au dévouement de ses militants et à leur intégrité, et par ses positions de principes, par ses rapports (écrits et oraux) objectifs, par ses remarques pertinentes, par son courage, l’AMDH s’est imposée aujourd’hui comme un partenaire sérieux, comme un interlocuteur (dans le domaine des droits humains) incontournable, comme une référence à l’échelle nationale et internationale, comme une base de données fiables…Cela ne peut que réjouir les forces de gauches, les forces de progrès.
Rendons hommage aux familles des prisonniers politiques des années soixante dix qui avaient entamé avec courage cette nouvelle forme de lutte contre l’absolutisme et l’arbitraire du régime de Hassan II. Rappelons que les femmes ( épouses, mères, sœurs, amies) constituaient le fer de lance de ce combat historique.
Bon courage à l’AMDH et bravo ses militant-es !
Ali Fkir, Mohammedia, 1/6/2009
d'autres interviews très intéressantes sont publiées dans le même numéro

Paris : les bonnes affaires immobilières du Consul du Maroc

par Catherine Graciet, bakchich.info, 5/5/2009

Homme à tout faire de la famille royale à Paris, le Consul général du Maroc, M. Jaïdi, a réussi un tour de passe-passe : convaincre le Royaume d’acheter l’appartement parisien où il réside.

Le Consul général du royaume enchanté du Maroc à Paris, Abderrazak Jaïdi, qui a rang d’ambassadeur, se fait du mouron pour son logement de fonction dans la capitale française. Il occupe actuellement un somptueux 203m agrémenté d’une terrasse de 16m, de deux parkings, de deux box, de quatre chambres de service de 13m chacune et d’une cave. Le tout en location à Neuilly-sur- Seine et pour un loyer de 8 300 euros par mois.



Hélas, le sieur Jaïdi a eu une mauvaise surprise en mars dernier. Il s’en est ouvert le 26 mars par écrit (cf. doc 1) à son ministre de tutelle, Taïeb Fassi Fihri : « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que ce Consulat a été avisé par lettre recommandée par le biais d’un huissier de justice, représentant légal de la société Foncière du Rond Point demandant de rendre libre les lieux de toute occupation en date du 28 février 2010, fin du bail de l’appartement servant de résidence à S.E. l’Ambassadeur chargé du Consulat Général du Royaume du Maroc ». L’heure est grave mais le Consul a plus d’un tour dans sa manche .


Le Consul général invoque des excuses bidon

Trop occupé à acheter des savonnettes
Dans ce même courrier, Abderrazak Jaïdi, précise que « depuis la réception de la “notification” de quitter les lieux, a commencé la recherche d’un nouvel appartement en location ». Las ! La tâche semble insurmontable pour le Consul qui, il est vrai, passe l’essentiel de son temps (cf. encadré) à acheter des parfums et autres savonnettes pour la famille royale. À moins qu’il ne renâcle à fureter comme il se doit pour se dénicher un toit en location.


Toujours est-il que Jaïdi se justifie en ces termes larmoyants auprès de son ministre de tutelle : « 1. Le loyer des appartements visités jusqu’à ce jour tourne autour de 12 000,00 et 15 500,00 euros. 2. Les Agences à Paris imposent des critères de garantie presque impossibles (prélèvement automatique sur le compte du consulat…) ». Rien, en réalité, que le royaume enchanté du Maroc ne pourrait surmonter, mais Jaïdi a une autre idée en tête : « l’opportunité d’achat de l’actuelle résidence est fort possible si votre Département donne son accord. La Société gérante vient de nous confirmer par lettre du 20 mars 2009 son souhait de passer cette transaction immobilière avec le Royaume du Maroc ». Elle en a eu du flair, l’agence immobilière…

Le ministère des Affaires étrangères est grand prince : 2,2 millions d’euros pour l’appartement du Consul


Le Maroc ne mégotte pas sur les prix
Le 28 avril dernier, le chef de la Division du budget et des affaires financières du ministère marocain des Affaires étrangères, Nour Eddine El Alaloui, écrivait en effet à son copain le Consul Jaïdi (cf. doc 2) : « j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir négocier le prix d’achat du bâtiment, des dépendances et des parkings à partir de 2.200.000,00 euros ».
Le ministère des Affaires étrangères est grand prince : 2,2 millions d’euros pour l’appartement du Consul


Accord de principe décroché en 20 jours
Des clients qui fixent un prix plancher aussi élevé pour entamer des négociations ne courent pas les rues par ces temps de disette. Dans une lettre envoyée au Consul Jaïdi et en date du 20 mars 2009 (cf. doc 3), la Foncière du Rond-Point, qui se dit très honorée de vendre cette propriété au Maroc, en évalue le prix de vente « occupé » à 2,78 millions d’euros. Dépendances incluses.
Une chose est sûre, les Affaires étrangères se sont empressées de satisfaire le caprice du Consul. Alors que la dépense conséquente liée à l’achat de ce nid douillet n’était sûrement pas budgétée, il a obtenu gain de cause auprès de sa hiérarchie en vingt jours top chrono.
Horaires et honoraires du consul marocain à Paris
Si le Consul Abderrazak Jaïdi sait faire acheter des appartements au ministère des Affaires étrangères marocains, il est un peu moins prompt à remplir ses missions de consul. Bakchich ne résiste pas au plaisir de republier un article sur le bonhomme paru en juin 2006.
« Rien ne va plus entre les autorités marocaines et la Préfecture de police de Paris, où siègent les commissions chargées de décider de l’éventuelle reconduite à la frontière des étrangers indésirables.
Les flics français reprochent à leurs homologues marocains de ne pas délivrer les précieux laissez passer qui rendront l’expulsion possible. « Les Algériens, eux, jouent parfaitement le jeu, comme le faisaient les Marocains au début des années 90, explique-t-on à la PP (diminutif de la Préfecture de Police), on a le sentiment que du côté des autorités consulaires marocaines, rien ne va plus ». Au point d’ailleurs que le service du protocole des affaires étrangères a transmis une note à ce sujet à l’Ambassade du Marc à Paris.
Fournir cravates, parfums, costumes : un travail de consul
Gabegie… Corruption… Ces mots reviennent dans la bouche des employés des services marocains à Paris quand ils évoquent la mission du consulat général. À la tête de ce dernier, Abderrazzah Jaidi, qui a rang d’ambassadeur, est l’homme à tout faire du Palais royal à Paris, tout comme son frère qui a les mêmes fonctions aux États-Unis. À lui de fournir aux proches de sa Majesté les cravates, parfums et autres costumes dont ces derniers peuvent avoir besoin. À en croire ses vantardises, il est beaucoup plus prompt à aider les puissants de Rabat pour leurs menus emplettes qu’à coopérer avec le ministère français de l’Intérieur.
C’est à lui que revient aussi la mission humanitaire de trouver de bons hôpitaux à Paris pour les amis du pouvoir, alors que la situation sanitaire marocaine, elle, confine au désastre. »

lundi 29 juin 2009

Adieu l'ami

par Khalid Jamai
Le dernier adieu
Des voix s’élèvent tout d’un coup dans cette après midi où le temps semblait s’être figé.
Des voix qui entonnent un chant jailli du fond des cellules de Derb Moulay Chrif, du fond des celles de la prison central de Kénitra.
Un chant pétri de mots forgés dans la douleur, dans la souffrance, dans l’espoir au plus fort des années de plomb, écrit par des militants venus d’Azrou, dans les années 70.

« Camarades, nous avons rendez-vous,
Rendez-vous que nous ne raterons pas.
Dans nos rangs, les masses se tiennent à nos côtés.
Et la main tendue de la lutte qui nous invite.
Nous l’allumerons révolution dans les collines, dans les montagnes.
Révolution que nous ferons éclore sur chaque pouce de terrain.
Rien ne peut venir à bout de la volonté d’un peuple.
Ni la prison, ni les dangers ne nous font peur.
Les tyrans du régime ont fait leur temps.
Et, déjà pointe leur crépuscule ».

Chant clamé par les militants d’ « Ila Al Amam » et de « 23 Mars », victimes de la répression sauvage des années 70 et 80, venus rendre un dernier hommage à un des leurs. Un homme d’une rigueur, d’une rectitude, d’une honnêteté sans faille. Un homme nommé Abdel Fettah Fakihani.
1949 fut l’année qui le vit naître, celle de 1972, celle où il fut enlevé et torturé une première fois.
Il n’avait que 23 printemps, âge où il fut condamné à perpétuité… plus deux années pour outrage à magistrat !
Leurs mémoires remontent le temps : déjà prés de quarante années. Ils étaient jeunes et rêvaient d’une révolution qui enfanterait un monde meilleur et un Maroc où régneraient la justice, l’égalité, la démocratie, la liberté, la dignité.
Et qu’importait le prix à payer.


Et le prix fut des plus exorbitants.
Fakahani et ses camarades subirent les pires tortures, les pires humiliations par un même tortionnaire en chef, Youssfi Kaddour, aujourd’hui libre comme le vent, jouissant d’une impunité totale et d’une retraite confortable pour " sévices rendus."
Abdel Fattah faillit perdre l’usage de ses deux pieds, résultat d’infections purulentes causées par de terribles séances de falaka.
Il en emportera les stigmates jusqu’à la fin de ses jours.
Il mena, toujours, avec ses camarades, pour arracher quelques droits élémentaires et le statut de prisonniers politiques, de longues grèves de la faim.
Saida Mnbhi naquit, elle aussi, à Marrakech, en 1952 et fut arrêtée, pour appartenance à « Il Al Amam » en 1976.
24 ans, presque le même âge que Fakahani, Elle « séjourna » au centre de Derb Moulay Chrif où elle subit , elle aussi, les pires tortures, par les sbires du même Youssfi Kaddour et fut condamnée à cinq ans …plus deux ans pour…outrage à magistrat !
Avec tous ses compagnons, elle observa une première grève de faim pour que le procès ait lieu .La seconde, durant le procès, pour protester contre les violations des droits de la défense et des inculpés, et la dernière, entamée le 8 novembre 1977, dura 40 jours pour réclamer le statut de prisonnier politique et des conditions humaines de détention. Le 11 décembre 1977, elle meurt à l’âge de 25 ans.
Du fond de son calvaire, avec des mots-pierres, elle écrivit


« La prison, c’est laid
Tu la dessines, mon enfant
Avec des traits noirs
Des barreaux et des grilles
Tu imagines que c’est un lieu sans lumière
Qui fait peur aux petits
Aussi pour t’indiquer
Tu dis que c’est là-bas
Et tu montres avec ton petit doigt
Un point, un coin perdu
Que tu ne vois pas
Peut être, la maîtresse t’a parlé
De prison hideuse
Que tu ne vois pas
Peut-être la maîtresse t’a parlé
De maison de correction
Où l’on met les méchants
Qui volent les enfants
Dans ta petite tête
S’est alors posée une question
Comment et pourquoi
Moi qui suis pleine d’amour pour toi
Et tous les autres enfants
Suis-je là-bas ?
Pour que demain
La prison ne soit plus là »


Comme Fakahani, Saida, Zahra Boudkour, née un 28 novembre 1987 à Zagora, mena une grève de plus de 40 jours pour réclamer le statut du prisonnier politique et des conditions humaines de détention.
Un même combat. Un même adversaire.
Aujourd’hui, elle souffre de toutes sortes de maladies, conséquences des tortures subies et des conditions moyennes âgeuses de son incarcération.
« Ce n’est pas le système qui nous juge, ce sont nous qui le jugeons», ne cesse t-elle pas de répéter.
Il est 18 h. Nous sommes au cimetière des « chouhadas ». La tombe est béante. Elle attend notre ami, elle attend une partie de nous même.
L’épopée se poursuivra, se poursuit ; ses héros avaient, hier, pour noms : Mohamed Bennouna, Fakahani, Saida Mnbhi et de centaines d’autres.
Aujourd’hui, elle a pour nom Zahra Boudkour et ses amis.
Dans une lettre adressée à ses amies, du fond de sa cellule elle écrit : « Nous forgerons un chemin pour des lendemains meilleurs. Le chemin de la victoire sera long, périlleux, mais, nous l’emprunterons car telle est la loi de l’Histoire. L’arbre que nous avons planté donne déjà ses fruits… », Et de citer ces vers de Mahmoud Darwich : « Nous sommes ceux qui naissent sous les arbres, sous la pluie, de la pierre, des défaites. Toujours des nouveaux nés. Depuis le début, nous naissons et renaissons sans fin ».Un cri d’espoir qui rejoint celui Fakahani, près de 40 années plus tard.
Adieu l’ami, nous hériterons de ton livre testament : « Le couloir ». Et d’un sous titre : « Des bribes de vérités sur les années de plomb ».
Des bribes, car ces années perdurent. Et la lutte aussi.

Le Maroc vit encore au Moyen-Âge, sinon dans l’arbitraire et la barbarie…

par le Comité Belge pour libérer les Etudiants détenus à la prison de Marrakech
Le Maroc vit encore au Moyen-âge, sinon dans l’arbitraire et la barbarie… lorsqu’on lit ce qui suit :

« Un des droits fondamentaux du citoyen européen :

A tout moment, chaque citoyen, seul ou en groupe, peut saisir le Parlement européen grâce au droit de pétition prévu à l'article 194 du traité CE. »

Voici ce que nous avions cru utile comme démarche citoyenne envers les autorités marocaines, une « Pétition pour libérer les étudiants détenus à Marrakech, et sans conditions », abondamment signée par des militants de nombreux pays, mais les autorités, dans leur démocrature moyenâgeuse, n'ont opposé que le mépris du peuple et de la citoyenneté !

14 mois après leur arrestation, Zahra et son groupe croupissent toujours dans la prison de Marrakech.

Création d'un comité marocain contre la torture

Onze ONG de défense des droits de l'Homme au Maroc ont annoncé hier la création d'un Comité marocain contre la torture à l'occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture.Les onze organisations ont, au cours d'une conférence de presse, également lancé un appel au roi du Maroc Mohammed VI pour que soit fermé le centre de détention de Témara, à une vingtaine de km au sud de Rabat, soupçonné d'être un lieu de torture et d'exactions.Les ONG ont aussi demandé à l'Etat marocain de bannir l'enlèvement et séquestration de personnes.
Elles ont en outre demandé au gouvernement marocain de ratifier le protocole facultatif annexe à la convention de lutte contre la torture et le statut de la Cour pénale internationale (CPI).
L'AMDH (Association marocaine des droits de l'Homme), le FMVJ (Forum marocain Vérité et Justice), l'Association justice, le CMDH (Centre marocain des droits de l'Homme), Amnesty Maroc, l'Association de réhabilitation des victimes de la torture figurent parmi les ONG signataires de cette charte.
Dans son rapport pour l'année 2008, l'AMDH a signalé de nombreux cas de torture et de pratiques humiliantes à l'encontre des prisonniers au Maroc.
Source: AFP 26/06/2009 Mise à jour : 17:45

dimanche 28 juin 2009

Pétition pour la libération du groupe de Zahra

Cyber @ction 325: libération du groupe de Zahra
Un seul clic suffit
Pour demander la libération des 11 étudiants de Marrakech du groupe de Zahra toujours détenus à la prison de Boulmharez depuis 14 mois.

Ils ont été arrêtés en mai 2008, emprisonnés à la prison de Boulmharez à Marrakech, sauvagement torturés par la police pour avoir protesté contre les mauvaises conditions de vie et d’études. La police s’est acharnée de manière particulièrement abjecte sur Zahra Boudkour, la seule fille du groupe. Le 11 juin ils ont entamé une grève de la faim de 46 jours à l’issue de laquelle plusieurs d’entre eux étaient dans le coma.. Un procès en appel a eu lieu le 4 août : leur détention a été prolongée. Depuis les procès sont ajournés de mois en mois …
Voilà bientôt 14 mois qu’ils subissent une détention injuste et injustifiée, que les droits de l’homme y sont bafoués, que le pouvoir qui ose parler de « marche vers un Etat de droit » s’abaisse à harceler et mépriser la jeunesse qui est l’avenir du pays. Le dernier procès a eu lieu le 28 mai. Leurs familles ont voulu y assister. Elles ont été tabassées, humiliées, menacées de viol…
Zahra est très malade, elle souffre d’une maladie gynécologique à la suite d’un viol à la matraque. On lui refuse le droit d’être examinée par un gynécologue. Le doyen de la fac s’acharne à lui faire échouer ses examens qu’elle tente de préparer malgré son état...
A bout de force elle se remet en grève illimitée de la faim. Plutôt mourir que subir ces humiliations !
"Pendant les années les plus noires du protectorat, pendant les années les plus dures du règne de Hassan II, un tel acharnement contre des prisonniers d'opinion et leurs familles était inconcevable.." Khalid Jamaï.
Merci de votre mobilisation pour tenter d'obtenir leur libération.
Marie José Fressard Solidarité Maroc 05 (
solidmar05@gmail.com)
Alain Uguen Association Cyber @cteurs
COMMENT AGIR ?
Sur le site
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=421
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=421
Par courrier électronique
C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :
1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre choix : libération de Zahra et de ses 10 compagnons
5- Adressez votre message aux adresses suivantes :
courrier@pm.gov.ma
lididi@justice.gov.ma
mailto:info@amb-maroc.fr
cyberacteurs@wanadoo.fr
Cliquer ici :
<
mailto:cyberacteurs@wanadoo.fr;contact@diplomatie.gouv.fr;courrier@pm.gov.ma;lididi@justice.gov.ma
Ou ici selon votre logiciel de messagerie
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mailto:cyberacteurs@wanadoo.fr,contact@diplomatie.gouv.fr,courrier@pm.gov.ma,lididi@justice.gov.ma
Vérifiez que les 4 adresses apparaissent bien
6- Envoyez le message
les Belges peuvent écrire à Karel De Gucht, leur ministre des Affaires Etrangères :
mailto:kab.bz@diplobel.fed.be
Cette cyber @ction est aussi signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org/
Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au Premier Ministre du Maroc, au Ministère de la justice marocain, au Ministre des Affaires étrangères français et à Cyber @cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.
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Prénom, Nom
Profession :
Adresse :
code postal Localité :
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre
Je me joins à Solidarité Maroc 05 pour protester vivement contre la longue détention de 11 étudiants de Marrakech du groupe de Zahra toujours détenus à la prison de Boulmharez et demande aux autorités de procéder d’urgence à leur libération .
Dans l'attente de vous lire, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma vigilance citoyenne