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samedi 8 août 2009

Lettre au ministre de la justice : demande d'intervention contre la tyrannie de la famille Amahzoune

Par Khadija Ryadi, bureau central de l'AMDH, 21/08/2009

Le Bureau Central de l’AMDH envoie une lettre au Ministre de la Justice et demande une intervention urgente contre la tyrannie dans la région de Khénifra et l’application du principe d’égalité des citoyens devant la loi, 21 juillet 2009
Très urgent
A Monsieur le Ministre de la Justice
Ministère de la Justice - Rabat

Objet: Demande d’intervention urgente contre la tyrannie dans la région de Khénifra et l’application du principe d’égalité des citoyens devant la loi.

Monsieur le Ministre,
L’Association Marocaine des Droits Humains suit avec une grande désapprobation les interminables violations de Madame Hafsa Amahzoune et de certains membres de sa famille dans la région de Khénifra sans que les autorités judiciaires et sécuritaires n’assument leurs responsabilités pour faire prévaloir le respect de la loi et dans un défi flagrant du principe de l’égalité des citoyens devant la loi souligné et dans les chartes internationales des droits humains et dans la Constitution marocaine.
L’Association a noté que de nombreuses victimes ont eu recours à la Justice pour leur rendre justice. Néanmoins, les autorités judiciaires de Khénifra, en la personne du procureur du Roi, n’appliquent pas la procédure judiciaire ce qui constitue un déni de justice et un encouragement de la contrevenante à enfreindre et à badiner avec la loi.
Pour vous en donner une idée, nous mettons à votre disposition quelques cas récents suivis par la Section de notre Association à Khénifra qui vous a adressé une lettre à leurs sujets le 27 juin 2009. Il s’agit des dossiers suivants:
Le Procureur du Roi n’a, jusqu’à nos jours, pas pris la peine d’entamer les procédures nécessaires concernant les victimes d’escroqueries commises par le fils de Hafsa Amahzoune et ses complices depuis 2006.
*
Le dossier des tribus Aït Moussa Aït Lahcen Oussaïd:
Après une longue lutte dans les enceintes des tribunaux, une commission royale s’était constituée pour statuer dans lesdites terres d’Amahzane. En effet, la décision numéro 519 du 30 janvier 1979 de la Commission royale était équitable et exigeait la restitution de ces terres à leurs propriétaires. Néanmoins, certains membres de la famille Amahzoune ont refusé d’exécuter la décision de la Commission en dépit de tous les moyens entrepris par les victimes en l’occurrence les procédures judiciaires, les correspondances, les protestations ce qui montre les dommages causés par l’emprise de quelques membres d’une seule famille contre des tribus entières.
*
Dossier Ben Halou Mohamed:
On lui a volé 23 têtes d’ovins et de caprins. Toutefois, après les avoir identifiées dans l’écurie de Mohamed Serouiti l’époux de Mina Amahzoune, ce dernier les a éventrées toutes sans ménager les chèvres gravides et ce au su et au vu des autorités locales de Khénifra. Cependant, en dépit, de multiples plaintes, Monsieur Ben Halou Mohamed attend depuis plus de dix mois que justice lui soit rendue.
*
Dossier de Fatima Es Sabiri:
Il s’agit d’une avocate au barreau de Meknès qui a été terrorisée et agressée par Hafsa Amahzoune devant le centre de la Sûreté nationale à Khénifra ce qui lui a causé de graves blessures. Sa plainte est toujours sans issue et l’appareil judiciaire n’a aucunement assumé ses responsabilités pour mettre un terme aux violations interminables de Hafsa Amahzoune.
*
Dossier de Hassan Nouri:
Un litige opposant un vieillard plus que septuagénaire à Hafsa Amahzoune à propos des limites de terrain les a conduits ensemble à la gendarmerie de Mrirt où a été rédigé un procès verbal. Quand le vieillard a tenté de quitter le centre, les gendarmes ont été surpris par Madame Hafsa Amahzoune qui menaçait de tuer Hassan Nouri s’il dépassait le portail du centre. Les gendarmes ont alors incarcéré le vieillard prétendant le garder en sécurité comme c’est noté dans le procès verbal numéro 234 du 28 janvier 2007 de la gendarmerie.
* Dossier Moha Achichaw:
Il s’agit d’un litige l’opposant à Hamid Amahzoune à propos d’un terrain. Alors, Moha Achichaw a été condamné à 3 mois de prison ferme avec comme chef d’accusation l’atteinte aux valeurs sacrées du royaume sans preuve ni témoin.
*
Dossier de Najat Melkaoui et sa fille:
Madame Najat Melkaoui et sa fille Jihad Assouli ont été agressées au sein d’un établissement scolaire par Hafsa Amahzoune et sa fille accompagnées de vingt femmes. Malheureusement, les autorités concernées n’ont entamé aucune procédure à ce sujet.
*
Dossier Khaoula Ouabidi et sa mère:
Elles ont été rouées de coups et menacées de mort par madame Hafsa Amahzoune. Evidemment, les autorités n’ont pas bougé le doigt et n’ont donc aucunement accompli le rôle qui leur est dévolu concernant la protection de la vie et la sécurité des citoyens.
*
Dossier Aguelmous:
Malgré le fait que les plaignants ont été entendus par le Procureur du Roi à Khénifra, l’un des accusés membre de la famille Amahzoune fait obstacle à la Justice en refusant de se présenter devant le tribunal.
Parmi les victimes concernées par ce dossier:
Boussetta Kabir:plainte n° 3417 /ش déposée auprès du Procureur du Roi depuis 2006.
Bakbach Moha:plainte n° 3415 /ش déposée auprès du Procureur du Roi depuis 2006.
Ajouj Mohamed:plainte n° 3416 /ش déposée auprès du Procureur du Roi depuis 200




Monsieur le Ministre,
En exposant ces cas, nous avons essayé de vous mettre au courant des violations flagrantes commises par les membres de la famille Amahzoune avec en tête madame Hafsa Amahzoune.
Tenant compte du contenu de cette lettre qui montre clairement que la famille Amahzoune et surtout Hafsa Amahzoune, forte de son lien de parenté avec la famille royale viole constamment la loi, le Bureau central de l’Association Marocaine des Droits Humains vous demande d’intervenir d’emblée par l’ouverture d’une enquête urgente à ce sujet pour déterminer les responsabilités dans ces violations continuelles de la loi et de prendre les sanctions à l’encontre de tous ceux qui ont manqué à leur devoir de garantir la sécurité des citoyennes et des citoyens en respectant le droit et en application de la loi.
Dans l’attente des suites urgentes que vous voudriez bien donner à cette lettre, recevez, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sincères sentiments.

Un homme a parlé

par Youssef Jebri, août 2009

Comment réagir à la décision arbitraire et liberticide prise par les autorités marocaines samedi 1er août de saisir et détruire près de 100 000 exemplaires des magazines TelQuel et Nichane ? Un communiqué, une déclaration à la presse. Mais quels mots choisir, que dire quand la bêtise s'allie à la vilénie pour combattre la liberté de penser, d'écrire et de parler ? Ma plume n'a pu rendre qu'une brève copie dont voici le contenu. Le texte qui suit peut paraître naïf mais il a le mérite d'être sincère. Face à la dictature, la démocratie a justement besoin d'amants sincères et fidèles.

Hier, un homme a parlé.
Il a osé
Décrire et dénoncer
Ce que les autres, par peur ou servitude,
Intérêts ou habitudes,
Essayent d'occulter.

Hier, un homme a parlé ;
Plus précisément, il a hurlé.
Qu'a-t-il dit ?
Des vérités ou des mensonges ?
Des réalités ou des songes ?
Il a juste narré des tranches de vies.

Hier, un homme a parlé.
En brisant le silence, il a tenu à ne rien cacher.
Sans tabous, débarrassé de tout censeur,
Affranchi des interdits, il s'est libéré.
Prenant soin de ne rien oublier,
Il a révélé tout ce qu'il avait sur le cœur.

Hier, un homme a parlé
Du roi et de la liberté.
Il a dit qu'un pays
Où les journaux sont mis au pilon
Et les libres-penseurs envoyés en prison
Etait tout sauf une démocratie.

Hier, un homme a parlé,
Mais personne n'a semblé l'écouter.
Conteur sans auditoire,
Oiseau refusant de vivre dans une cage,
Marin sans port d'attache, voyageur sans bagages,
Il a largué les amarres.

Aujourd'hui, cet homme est sorti des mémoires.
Toutefois, quelques avertis - bien que rares -
S'entêtent à tendre les oreilles et, à force de patience,
Réussissent parfois à entendre
Sa voix et à comprendre
Ses paroles et ses histoires ; instantanés virtuels de leur existence.

Aujourd'hui comme hier,
Aujourd'hui plus qu'hier
Le silence et la servitude
L'ignorance et la turpitude
Ne s'imposent qu'à ceux
Qui le veulent… bon gré, malgré eux.

© Youssef Jebri, août 2009.

L'auteur
Je suis né en 1973, l'année du putsch militaire au Chili qui renversa le gouvernement de Salvatore Allende, l'année où décédèrent Bruce Lee et Pablo Picasso, l'année de la guerre de Yom Kippour et du premier choc pétrolier. En 1973, heureusement, un cessez-le-feu fut enfin signé au Vietnam. Les Américains arrêtèrent leur boucherie, en attendant de recommencer ailleurs. L'Ajax de Johan Cruyff inventait le football total pendant que Bob Marley enregistrait I shot the sheriff et que le groupe Nass El Ghiwane cartonnait au Maroc. Deux ans auparavant, jour pour jour, Jim Morrison décédait à Paris.

En France, Georges Pompidou était président de la République. Aux États-Unis, Richard Nixon s'était fait réélire pour un second mandat et Mao dirigeait encore la Chine, mais plus pour très longtemps. Je suis né à Marrakech, au Maroc en plein règne de Hassan II, monté sur le trône en 1961.
Mes parents m'ont inscrit à l'école française où j'ai accompli l'intégralité de ma scolarité.
Depuis dix ans, je réside en France. Fin 2006, je décide de me consacrer à l'écriture. En mai 2007, pour inaugurer leur nouvelle collection, "Lettres du Maroc", les Editions du Cygne publient "Le manuscrit d'Hicham : destinées marocaines," mon premier roman. La même année, fin septembre , mon second ouvrage, "Réflexions clandestines" paraît.
Début juin 2008, les Éditions du Cygne publient "l'Orient, l'Occident et moi" et l'année suivante, en juin 2009, "Mohammed VI, une décennie de règne".
Youssef Jebri

91%, 9%, censure, … que veut dire tout ceci

par Mounir Bensalah, Des maux à dire, 5/8/2009
S’il y a un côté positif à cette affaire de censure de Tel Quel, Nichane et Le Monde, c’est bien les enseignements, majeurs et actuels, du sondage réalisés par ces publications. Dans cette réflexion, j’ai essayé un peu d’analyser le Marocain, à travers ses réponses au questionnaire tout en me munissant des dernières connaissances dont dispose le Maroc. Je prends comme postulat de base que le sondage n’est pas biaisé, faisant foi au cabinet, mandaté des fois par des départements gouvernementaux du Maroc. 9%, 91%, … que veulent dire tous ces pourcentages ? Décortiquons à travers une autre déchirure/clivage de la blogoma, voire de la société à travers les résultats.
1er constat :
Le premier résultat du sondage, et qui a provoqué la déchirure, met en lumière que 91% des marocains estiment que le bilan des 10 années de règne est positif ou très positif. Les 9% restants ( d’ailleurs ils sont tous recherchés J ) estiment le bilan plutôt négatif ( 6% ), ou très négatif ( 2% : ah ceux là, ils sont cuits J ) ou sans opinion ( 1% : hadou ilyah ). Les 91% englobent, selon les statistiques officielles du
HCP, des riches, des classes moyennes et des pauvres ! Imaginez, le citoyen lambda, qui ne touche pas le smig, qui habite le bidonville depuis des années, qui n’a pas un travail fixe, qui n’a pas scolarisé ses enfants, … se trouve aussi dans les 91% ! d’un autre côté, je ne peux, d’une manière scientifique, quantifier les composantes des 9%, mais j’estime, comme d’autres d’ailleurs, que parmi les 9%, il y a des gens qui ont vu leur situation s’améliorer durant les 10 dernières années. Ceci est à mettre en liaison avec le résultat du même sondage qui illustre que 63% estiment que la situation de la pauvreté ne s’est pas améliorée !
Mon commentaire : 1 – Soit le Maroc est un pays complexe socialement au point qu’aucune analyse connue ne permet de le comprendre, soit le sondage ( théorie du complot ) est foncièrement biaisé. 2 – Arrêtons de réduire, par simplisme primaire, les 9% ou les 91% à des détracteurs et des fanatiques de la monarchie. Ce simplisme a fait perdre au pays de longues années, et nous avons TOUS compris que ceux qui tenaient ce discours ( les Oufkir, Basri, … ) étaient les premiers à trahir la monarchie. Les 91% et les 9% émettent leurs jugements sur
la gestion du pays durant 10 ans, marquée par le règne du Roi Mohamed VI. Ils ont le mérite de procéder ainsi à un exercice nouveau de comptabilité de la gestion de la chose publique. 3 – Le clivage qui se crée autour de cette question marquent la bonne santé du débat politique sociétal du pays, qui malheureusement tarde à se concrétiser sur la scène politique ( partisane, parlementaire, … ). Les 9% ont le mérite d’exister. Et s’ils était juste 0,9%, j’aurais été parmi eux, parce que, même si l’on suppose que leur jugement est « incorrect », ils font que la critique soit le moteur de l’avancement, apprennent l’exercice de la démocratie et évitent au pays la pensée unique. Et dernier point, les 9% ne soutiennent pas ARB contre Niny, ni Nini contre Khalid Naciri, … ils veulent juste avoir le droit à l’information et le droit à exprimer leurs opinions.
2ème constat :
18% des marocains ne savent pas si nous sommes dans un régime démocratique ou pas ! En réponse à la question « Diriez-vous, globalement, que le Maroc aujourd’hui est … », ils étaient 49% à estimer qu’il est une monarchie démocratique, 33% à estimer qu’il est une monarchie autoritaire et 18% sans opinion. Les 33% pensent que la monarchie est autoritaire et doit le rester. Selon Le Monde, ils estiment qu’ « il vaut mieux que le pouvoir soit entre les mains du roi qu’entre celles des élus corrompus » !!!
Mon commentaire : je ne vais pas m’aventurer à produire un jugement de valeur envers le marocain lambda, plus par désir d’aller de l’avant. En excluant les 18% ( qu’il faudra que nos « intellectuels » traitent de manière sérieuse ), les 49% et les 33% légitiment les 9%. Comment ? Je m’explique. Ceux qui croient que nous sommes en démocratie doivent comprendre que nous ne pourrons pas être d’accord sur un bilan, en une démocratie, et de ce fait, les 9% existent naturellement ou doivent exister. Quant au 33%, ils seront d’accord, que même dans un système autoritaire, il se peut qu’il y ait des « refuzniks », « minables », abominables ( ga3 ) qui sont à la marge du consensus communément admis. Quant au 18%, ils n’auront certainement aucun avis des 9% !
3ème constat :
Il se trouve que 79% des marocains estiment que la moudawana a donné « trop » ou « assez de droits aux femmes » et que de toute manière, il ne faut pas aller plus loin !
Mon commentaire : Le Maroc est majoritairement conservateur. Ceci explique aussi les 91% !
Globalement, loin des « leçons » des frankaouis du journal « Le Monde », des débats stériles sur les chiffres et pourcentages, des publicités de tel quel ou almassae, si ce sondage Tel Quel – Nichane – Le Monde n’a pas existé, il fallait l’inventer ! il a au moins le mérite d’avoir permis de comprendre comment réfléchit le marocain aux dix années passées, et de facto, à son avenir. Il a aussi servi à provoquer le débat, pas toujours possible en dehors des sphères intellectuelles.
Voilà pourquoi j’estime que
le “mouvement” des 9% a réussi!

jeudi 6 août 2009

L'interview censurée d'Abdelhamid Amine

Par Abdelhamid Amine, vice-président de l'AMDH, 6/08/2009



En juillet 2009, j'ai été sollicité par le journaliste LEMAIZI pour réaliser, pour le compte de l'hebdomadaire marocain en français L'OBSERVATEUR, une interview se rapportant au bilan des droits humains au MAROC durant les 10 dernières. Le numéro 42 de L'OBSERVATEUR( août 2009) consacré au bilan de la "nouvelle ère" est paru sans mon interview. Je n'en n'ai pas reçu d'explication; mais je pense que l'interview a été considérée comme atypique par la rédaction de l'hebdomadaire et qu'elle ne cadrait pas avec le reste des articles qui pour leur quasi totalité étaient très satisfaits du bilan.


Abdelhamid Amine, vice-président de l’AMDH, depuis dix ans le Maroc a-t-il fait sa mue en matière des droits de l’homme ?

Il y a une idée préconçue que le pays n’a commencé à bouger qu’avec l’intronisation de Mohammed VI et le début de la dénommée nouvelle ère. Or, la question des droits de l’Homme était sur la table dès la fin des années 80 grâce à la lutte des démocrates marocains soutenus par les démocrates de l’étranger et aidés par le contexte mondial marqué par la chute du mur de Berlin qui a contribué à ce que des régimes comme le nôtre, semi-dictatoriaux ou dictatoriaux changent d’attitude vis-à-vis des droits humains.

Mais pour ces dix ans passés, quel bilan faites-vous, à l'AMDH, de cette période en matière de droits de l'Homms ?

Les progrès sont limités, les avancées partielles et les acquis fragiles, donc objets de régression faute de leur consécration par une constitution démocratique et de progrès simultanés au niveau du respect des droits économiques, sociaux et culturels. En gros le changement est essentiellement au niveau du discours de l’Etat, ce qui est peu important. Même les quelques acquis obtenus depuis les années 90 commencent à s’estomper. À partir de 2003, on vit une régression, notamment avec ce qu’on a appelé ‘’la lutte contre le terrorisme’’.Tant que le Maroc continuera à vivre sous la constitution hassanienne de 1996, il ne peut y avoir de progrès significatifs. Il faut mettre en place les mécanismes de l’Etat de droit pour aboutir à une société citoyenne. En un mot le Maroc reste une ‘’démocrature’’ et la lutte pour le respect des droits de l’homme est encore de rigueur.
Le travail réalisé par l'IER constitue une avancée majeure tout de même...
Le travail de l’IER a son importance mais il est insuffisant, et de ce fait il n’a pu permettre de clore le dossier des violations graves qu’a vécues notre pays. L’IER a exclu de son champ d’activité la lutte contre l’impunité, et son pouvoir dans la recherche de la vérité a été limité, dans la mesure où l’instance n’avait pas de prérogatives pour fixer les responsabilités individuelles et institutionnelles. Il fallait par exemple déterminer quel est le degré de responsabilité de l’institution monarchique, de l’armée, des services de sécurité et du ministère de l’Intérieur. Malgré tout, nous avons considéré que les recommandations de l’IER étaient positives et nous continuons à demander fermement leur application intégrale. Seule la réparation matérielle a été effective non sans plaintes d’ailleurs des concernés. Sur le plan de la réforme constitutionnelle, la réforme de la justice et le contrôle de l’appareil sécuritaire, rien n’a été fait depuis.
Vous continuez toujours a demander des excuses de l’Etat sur les violations des droits del’homme ?

À l’AMDH nous exigeons toujours que l’Etat présente des excuses au sujet des violations graves connues par notre pays entre 1956-1999. C’est d’ailleurs une des recommandations de l’IER qui est restée sans suite.

Finalement, pour vous rien n’a changé ?
Ces dix ans ont été caractérisées par une inflation du discours officiel sur les droits humains et par un certain nombre d’initiatives et de signes positifs que d’aucuns, biens nombreux, ont considérés comme décisifs pour l’enracinement de la démocratie au Maroc. Tout cela était encadré par le slogan de la « transition démocratique ». Durant ces années il a été procédé à la mise en place de l’IER,l’adoption de la loi sur la famille et de la loi contre la torture, la création du Diwan Al Madalim. Mais ily a eu aussi la continuité des violations graves liées à la répression politique surtout en liaison avec la stratégie sécuritaire de lutte contre le terrorisme dont la loi anti terroriste constitue une pièce maîtresse, une recrudescence des violations contre la liberté d’expression et la liberté de la presse,la détérioration de la situation dans les prisons, la persistance de l’inégalité homme-femme,d’énormes violations du droit au travail et des droits des travailleurs au vu et au su des autorités concernées et de grandes violations des droits relatifs à l’enseignement, la santé, la sécurité sociale, le logement, la vie digne, etc… En somme, notre pays n’a toujours pas accédé à l’ère de l’Etat de Droit et de la Société de citoyenneté à laquelle aspirent avec force nos citoyennes et citoyens.
Quel sera le défi en droits humains pour les années à venir ?

Le plus important des défis, c’est de doter notre pays d’une constitution démocratique, sans cela on ne pourra avoir un Etat de droit, une société citoyenne avec le respect profond des droits humains.

Une Française et un Marocain mariés par intérim

Par Ibrahima Koné, 06/08/2009

Mariée depuis janvier 2007 à un Marocain, Malika Ziani, une Française de Riom (aire urbaine de Clermont-Ferrand, département du Puy-de-Dôme) se rend un mois sur deux au Maroc pour rendre visite à son mari qui n’a pas de titre de séjour pour demeurer en France. Retour sur le parcours de combattant d’une quinquagénaire amoureuse, rapporté par le quotidien régional du Massif Central, La Montagne.

Kamal (32 ans), qui vivait déjà en France depuis 4 ans, a rencontré Malika Ziani (47 ans) en décembre 2005 à Riom. D’après les témoignages de la femme auprès de La Montagne, ce fut un « coup de foudre ». Malika logea son amoureux chez elle. Trois jours avant leur mariage, Malika est placée en garde à vue alors que Kamal a été expulsé. Elle sera condamnée à trois mois de prison avec sursis, en janvier 2006, pour aide au séjour d'un étranger en situation irrégulière.
Le couple ne baisse pas les bras. Ils se marient à Fès en janvier 2007, après un an de démarches.Tout n’est pas gagné cependant pour les tourtereaux. « Après ça a été le parcours d'obstacles pour récupérer le livret de famille. J'ai dû prendre un avocat ». Ils remportent un combat mais pas la guerre. Kamal le mari n’a toujours pas de visa long séjour, et sans le précieux sésame, il ne peut obtenir de titre de séjour. « Le dossier que vous avez déposé ne contient pas la preuve de votre intention de mener une vie commune avec votre conjointe française en France », lui a-t-on écrit au consulat de France à Fès, selon La Montagne. Avec ce refus, l’État français veut lutter contre les mariages blancs qui visent à obtenir des papiers.
Malika se défend et raconte à qui veut l’entendre que leur objectif n’est pas la recherche de papiers. « J'ai fait rédiger le bail à nos deux noms pour l'appartement. Mon mari prendra n'importe quel travail ! Vous croyez que j'aurais fait tout ça si c'était un mariage blanc », s’insurge-t-elle. Pour autant, elle se dit qu’elle n’a pas tout essayé. Son avocat a fait appel de la décision de refus de visa « auprès d'une commission du ministère des Affaires étrangères à Nantes et subséquemment auprès du Conseil d'État ». Toujours pas de bonnes nouvelles et Malika est surendettée. En effet, de Riom à Berkane, elle paye 250 euros et trois jours de route pour chaque voyage pour voir Kamal. « Je préfère me priver de manger, de payer mon loyer, mon EDF... pour aller le voir » a-t-elle déclaré au journal régional. Mais jusqu’à quand serait-elle prête à venir voir son mari avec son revenu minimum d'insertion (RMI) ?
L’amour n’a pas de prix pour Malika. Elle l’a dit elle-même, « fatiguée de prêcher dans le désert », « mais amoureuse » quand même. Pourtant Kamal lui demande tout simplement de venir vivre avec lui au Maroc, mais elle refuse pour des raisons personnelles… « Je suis française. Ma mère était française, mon père algérien. Ma vie est ici. J'ai trois enfants d'un premier mariage. Je vais être grand-mère. Et non, je n'ai pas fait un mariage blanc. J'aime mon mari, il m'aime. Je vais me battre pour qu'on nous laisse vivre en paix ! ».

"Exporter le modèle marocain"???

Au Maroc, une alternative à l'Iran
Par Anne Applebaum, 30/6//2009



Traduction de Micha Cziffra pour slate.fr (qui ignore que Western Sahara, en français, se dit Sahara occidental et non pas "ouest saharien"...), révisée par SOLIDMAR


SOLIDMAR a publié une série d’articles commentant le bilan de dix années de règne sans partage de Mohammed VI. Mises à part les louanges obséquieuses d'un Driss El Yazami, le bilan est jugé globalement désastreux sur le plan social et celui du respect des droits humains.
Par souci d’équilibre nous publions l’article élogieux d’Anne Applebaum, journaliste américaine du Washington Post, grande admiratrice et amie du roi du Maroc, paru le 30 juin sous le titre
In Morocco, an Alternative to Iran (Au Maroc, une alternative à l'Iran). Article qui, nous le souhaitons, suscitera ici comme cela a été le cas sur d’autres sites, de nombreux commentaires

Si vous voulez un antidote aux photos de policiers tabassant des manifestants et de filles agonisant dans les rues de Téhéran, faites un tour dans les rues de la capitale marocaine. Vous croiserez peut-être des manifestants. Mais ici, ils ne sont pas en danger. Le jour où j’ai visité la ville, un groupe se tenait devant le parlement et brandissait poliment des pancartes. Il y a aussi des filles, mais elles ne sont pas la cible de tireurs. Et elles ne ressemblent pas aux filles iraniennes. Même si à Rabat la mode est clairement aux longs foulards flottants et aux blue-jeans, de nombreuses marocaines se fondraient sans problème dans le paysage urbain de New York ou de Paris.
Bienvenue au Royaume du Maroc, un pays qui, à la lumière des événements qui se sont déroulés ces deux dernières semaines en Iran, mérite quelques minutes d’attention. A l’opposé de la Turquie, le Maroc n’est pas un pays laïque: le roi revendique sa descendance directe du prophète Mahomet. Par ailleurs, le Maroc n’aspire pas à devenir européen. Bien que le français soit encore la langue utilisée en affaires et dans l’enseignement supérieur, le pays fait bel et bien partie du monde arabe sur les plans linguistique et culturel.
Le Maroc n'est pas un paradis démocratique mais...
Contrairement à la plupart de ses voisins arabes, au cours des dix dernières années, le Maroc a subi un processus de mutation lente mais profonde et est passé de la monarchie traditionnelle à la monarchie constitutionnelle. De véritables partis politiques sont nés, et le pays jouit aujourd’hui d’une presse relativement libre. De nouveaux leaders son entrés sur la scène politique (Marrakech a pour maire une jeune femme de 33 ans). En outre, une série de nouvelles dispositions en matière de droit de la famille visent à concilier la loi de la charia et le respect des conventions internationales sur les droits de l’homme.
On ne peut tout de même pas dire que le résultat soit un paradis démocratique. Un militant des droits humains m’a dépeint un portrait de la corruption électorale qui semble d’une complexité byzantine. En résumé, on fait appel à des «médiateurs» qui s’arrangent pour qu’on vote pour tel ou tel candidat. D’autres m’expliquent que si les manifestants que j’ai vus devant le parlement avaient été des islamistes radicaux ou des chefs de guérilla du Sahara occidental et non pas des membres de syndicats, la police n’aurait sans doute pas été si blasée. Par ailleurs, s’il est vrai que les femmes ont des droits, les contraintes culturelles subsistent. Une infime partie de la population lit les journaux et seule une petite minorité de Marocains dispose d’un accès Internet. Entre 40 et 50 % de la population est illettrée. Ce qui explique que le taux de participation aux élections soit si faible. Du reste, les affiches politiques comportent des symboles, pas des mots.
Mais il y a bien un point sur lequel le Maroc fait véritablement figure d’exception. Il est le seul pays d’Afrique dont le gouvernement a reconnu avoir commis des crimes par le passé et a mis en place une «Commission de la vérité et de la réconciliation» sur le modèle de celle établie en Afrique du Sud et dans des pays d’Amérique latine. Depuis 2004, cette commission a enquêté sur des crimes, organisé des audiences télévisées et dédommagé quelque 23.000 victimes ainsi que leur famille. Les crimes concernés – des arrestations arbitraires, des «disparitions», des actes de torture, des exécutions – ont été perpétrés sous le règne du roi Hassan II, décédé en 1999. C’est à son fils, le roi Mohammed VI, que l’on doit la création de cette commission de la vérité. Et c’est le changement de génération qui a rendu possible cette confession au sujet des graves méfaits du passé. Néanmoins, elle n’a pas été accompagnée d’un changement de régime. Il n’y a pas eu de révolution, pas de violence. Le roi est encore en place et il possède toujours ses voitures de collection.
Cette commission de la vérité a le mérite d’avoir instauré une forme de paix sociale. Tout le monde n’est pas favorable à la monarchie, mais même ses détracteurs s’accordent à dire que la rupture avec le passé est bien réelle. En effet, les citoyens marocains ont le sentiment qu’ils peuvent parler ouvertement, former des groupes de défense des droits civils, critiquer le processus électoral et même se plaindre du roi sans risquer quoi que ce soit. Saadia Belmir – une juge marocaine qui est également la première femme musulmane à siéger au Comité de l’ONU contre la torture – m’a confié que, malgré certains obstacles, «[les Marocains] peuvent désormais construire [leur] avenir sur la base d’une bonne connaissance du passé». Les responsables ont été autorisés à disparaître dans le décor, et c’est évidemment sujet à controverse. Mais les contre-courants teintés de colère et de désirs de vengeance qui auraient pu entacher le règne du jeune roi se font de plus en plus rares.
Est-ce un modèle pour les autres pays? Les Marocains en sont persuadés. Ils ont d’ailleurs discrètement «partagé leurs expériences» avec des pays africains et moyen-orientaux. Saadia Belmir m’a appris qu’un groupe informel tentait de mettre sur pied une commission de la vérité au Togo. D’autres ont évoqué la Jordanie (bien sûr, rien n’est officiel). Tous s’empressent de souligner que leur formule – une mutation lente sous l’égide d’un roi populaire (jusqu’ici) – ne peut guère s’appliquer partout. On pense avec nostalgie au shah d’Iran en se demandant comment la situation de ce pays aurait pu évoluer.
Et pourtant, quand on voit l’arc-en-ciel de vêtements et de visages qui animent les rues du Maroc, une idée vient irrésistiblement à l’esprit: le passage de l’autoritarisme à la démocratie est possible. Même dans un Etat ouvertement islamique, même au sein d’une population métissée, et malgré la présence d’une frange djihadiste. Qui plus est, ici, il est possible de reconnaître les violations des droits humains et d’en parler, comme dans les autres démocraties. Dans une grande partie du monde arabe, la volonté politique est insuffisante pour arriver à un tel changement. Mais le cas du Maroc est bien la preuve que le changement n’est pas purement et simplement impossible.



Premier commentaire
par MJF, SOLIDMAR
J’ai cru d’abord que c’était de l’humour….

Mais bien sûr que la police matraque les manifestants au Maroc !! Il y a même eu des morts , comme le syndicaliste Laarej à Tiflet, l’ étudiant El Gadiri à Marrakech… Bien sûr qu’on trouve des photos de jeunes, de militants aux cheveux blanc, de militantes jetés au sol, traînés par terre et roués de coups de matraque. J’ai même la photo d’un commissaire de police jetant à terre et battant une femme portant un bébé sur son dos, simplement parce qu’elle voulait rendre visite à son mari emprisonné arbitrairement à la prison d’Oukacha ! La police ne frappe pas tous les manifestants, bien sûr, puisque l’arbitraire est la règle. Mais toutes les catégories de citoyens qui osent crier leur colère contre les atteintes aux droits de l’Homme ont droit à la répression : les diplômés chômeurs, même handicapés, même aveugles, qui ne savent pas où courir pour échapper aux coups, les ouvriers, les syndicalistes, les paysans, les très jeunes, les très vieux…Un vieillard de 93 ans , handicapé physique et mental, a été incarcéré pour avoir critiqué le roi. Il est mort deux ans plus tard en prison, loin des siens… Les étudiants de Marrakech torturés, humiliés, obligés de recourir aux grèves de la faim illimitées jusqu’à l’extrême limite de leur survie. Parmi eux l’étudiante Zahra Boudkour en est devenue la figure emblématique : torturée, laissée nue au milieu de ses camarades pendant plusieurs jours, gravement malade à la suite d’un viol à la matraque mais interdite de soin d’un gynécologue, condamnée à deux ans de prison avec ses camarades, pour avoir protesté contre les mauvaises conditions de vie et d’études. Quelles seront les pouvoirs de la nouvelle maire de cette ville pour les sortir de là ?

La torture chère à Hassan II n’a pas disparu. On meurt encore dans les centres secrets au Maroc, même si c’est moins fréquent…L’arbitraire fait partie de la vie du peuple marocain : des membres de la famille royale se croient permis impunément de voler, maltraiter, torturer, terroriser toute une région. (en l’occurrence la région de Khénifra) …Un neveu du roi a tiré sur un policier qui a osé lui demander ses papiers parce qu’il avait grillé un feu rouge… Mais là, la police ne bouge pas !

L’IER (Instance Équité et Réconciliation) aurait pu apporter un changement si les résolutions en étaient appliquées…La vitrine est belle, la réalité l’est moins…Les tortionnaires des années de plomb « fondus dans le décor » ? Mais non, profitant de l’impunité totale, certains d’entre eux sont toujours en bonne place : Laânigri à la tête des compagnies mobiles d’intervention, Ben Slimane à celle de la gendarmerie…

Le mot démocratie n’a malheureusement pas encore sa place au Maroc. Le peuple ne fait plus confiance au régime, et s’il ne vote pas, ce n’est pas par analphabétisme, mais parce qu’il a compris que ça ne sert à rien, puisque tous les pouvoirs sont entre les mains d’une seule personne. Drôle de démocratie…

Alors : exporter le modèle marocain…Il faudrait trouver mieux…

Ces photos n'ont pas été prises en Iran, mais au Maroc. C'était le 27 mai 2008, devant la prison Oukacha à Casablanca , lors d'un sit- in organisé par l'association Ennassir. Un commissaire de police et son adjoint en action contre la dangereuse Fatiha Haddad et son non moins dangereux bébé Bilal. Leur tort : être l'épouse et l'enfant du très dangereux détenus islamiste Saïd Farres, condamné à 20 ans de prison. Qu'en dites-vous, Madame Appelbaum?

mercredi 5 août 2009

Sauvez mon mari, S'il vous plaît !

Lettre ouverte d''Angela Toumi à MM. José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne et Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe
Bolzano, Italie, 5 août 2009

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Je vous adresse un appel urgent afin de vous exprimer ma plus grande inquiétude sur le sort de mon mari Ali Toumi porté disparu depuis que l'avion que les autorités italiennes l'ont forcé à prendre a atterri à Tunis-Carthage le 2 août 2009 à 19H30 heure locale.
Depuis ce moment, personne ne sait où il se trouve. Je crains fort qu'il soit actuellement détenu dans les locaux du ministère de l'Intérieur où la pratique de la torture a été évoquée par de nombreuses ONG tunisiennes et internationales, et reconnue par la Cour européenne des droits de l'homme dans son jugement rendu en faveur d'un autre Tunisien, Nassim Saadi, menacé d'expulsion en Tunisie par l'Italie.
Je vous demanderais de bien vouloir intervenir en urgence auprès des autorités tunisiennes afin qu'elles nous informent sur le sort de mon mari, qu'elles permettent que son avocat Maître Samir Ben Amor puisse lui rendre visite et qu'il soit examiné par un médecin désigné par sa famille.
Je voudrais attirer votre attention sur le fait que mon mari a été expulsé en Tunisie malgré une décision de la Cour européenne des droits de l'homme qui s'est opposée à cette mesure du fait qu'elle constitue une menace pour la vie de mon mari, et contreviendrait à la Convention européenne des droits de l'homme non seulement en mettant en péril la vie d'un être humain, mais aussi en arrachant mon mari à l'affection de ses trois enfants en bas âge et en brisant toute une famille.
Je tiens l'Union européenne pour responsable de cette tragédie que je vis depuis dimanche dernier, et de ce qui pourrait arriver à mon mari, et je l'exhorte à prendre ses responsabilités en matière de la protection des citoyens qui vivent dans l'Union européenne et qui font confiance à ses institutions. Je vous demanderais de dénoncer publiquement les agissements inadmissibles de mon pays l'Italie, et d'agir dans l'urgence afin de sauver mon mari et de le rendre à sa famille en Italie pour qu'il y vive en paix comme tous les autres citoyens vivant en Europe et sous sa protection.
Veuillez agréer, Messieurs le Président, et le Secrétaire Général, l'expression de mes salutations les plus respectueuses
AMNESTY INTERNATIONAL
URGENT ACTION
TUNISIAN DETAINED AFTER FORCIBLE RETURN

Tunisian national Ali Ben Sassi Toumi has been held incommunicado since being forcibly returned from Italy on 2 August. His relatives have not been informed of his whereabouts, and he is at risk of torture and other ill-treatment.
Ali Ben Sassi Toumi, aged 44, was arrested at the airport in the Tunisian capital, Tunis, following his forcible return from Italy. He sent an SMS (text) message to his wife in Italy to say that he had arrived, but he did not meet a friend who was waiting for him at the airport, and his family has not heard from him since. He is believed to be held at the Department of State Security (DSS) of the Ministry of Interior in Tunis. Detainees held incommunicado there are at risk of torture and other ill-treatment.
The Tunisian authorities have not informed any of Ali Ben Sassi Toumi’s immediate relatives in Tunisia about the reasons for and place of his detention, as required under Tunisian law, despite inquiries from his lawyer.
Ali Ben Sassi Toumi was released from prison in Benevento, Italy, on 18 May, after serving four years of a six-year sentence on charges of belonging to a terrorist cell in Italy and recruiting fighters for the insurgency in Iraq. He applied for asylum in Italy, but his claim was rejected on the basis that he had been convicted of committing a “serious crime”. He had been held in an immigration detention centre known as an Identification and Expulsion Centre (Centro di identificazione ed espulsione) in Isola di Capo Rizzuto in the Province of Crotone, south-east Italy, since his release from prison. He was forcibly returned despite the European Court of Human Rights calling three times on the Italian authorities to stay the deportation, on the grounds that he was at risk of torture and other ill-treatment in Tunisia.
PLEASE WRITE IMMEDIATELY in English, Arabic or your own language:
- urging the authorities to disclose Ali Ben Sassi Toumi’s whereabouts immediately, and give him access to a lawyer of his choice, his family and any medical attention he may require;
- urging them to ensure that he is not tortured or otherwise ill-treated;
- urging them to release Ali Ben Sassi Toumi immediately and unconditionally, unless he is promptly charged with a recognizably criminal offence and brought to trial in proceedings that meet international standards for fair trial.

PLEASE SEND APPEALS BEFORE 16 SEPTEMBER 2009 TO:
Minster of Interior
Rafik Haj Kacem
Ministry of Interior
Avenue Habib Bourguiba
1000 Tunis
Tunisia
Fax: + 216 71 340 888
Salutation: Your Excellency

Minister of Justice and Human Rights
Béchir Tekkari
Ministry of Justice and Human Rights
31 Boulevard Bab Benat
1006 Tunis - La Kasbah
Tunisia
Fax: + 216 71 568 106
Salutation: Your Excellency

And copies to:
Ridha Khemakhem
General Coordinator for Human Rights
Ministry of Justice and Human Rights
31 Boulevard Bab Benat
1006 Tunis - La Kasbah
Tunisia
Salutation: Dear Sir

Also send copies to diplomatic representatives accredited to your country. Please check with your section office if sending appeals after the above date.
URGENT ACTION
TUNISIAN DETAINED AFTER FORCIBLE RETURN

Additional Information
Over the years, Amnesty International has received numerous reports of torture and other ill-treatment by the Tunisian security forces. In virtually all cases, allegations of torture are not investigated and the perpetrators are not brought to justice. Individuals are most at risk of torture when in incommunicado detention. The most commonly reported methods of torture are beatings on the body, especially the soles of the feet; suspension by the ankles or in contorted positions; electric shocks; and burning with cigarettes. There are also reports of mock executions, sexual abuse, including rape with bottles and sticks, and threats of sexual abuse of female relatives.
As a state party to the Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment, Tunisia is under an obligation to prevent torture and to “ensure that its competent authorities proceed to a prompt and impartial investigation, wherever there is reasonable ground to believe that an act of torture has been committed in any territory under its jurisdiction”.
UA: 210/09 Index: MDE 30/009/2009 Issue Date: 05 August 2009

URGENT : Arrêtez immédiatement l'expulsion d'Ali Toumi en Tunisie!
par Maître Barbara Manara,Avocate de Ali Toumi, Milan, 2/8/2009, 17h45
Je lance à travers les médias internationaux un appel urgent à M. Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe d'intervenir à nouveau auprès des autorités italiennes pour arrêter l'expulsion d'Ali Toumi
Ali Toumi, Tunisien, condamné en Italie pour appartenance à association « terroriste » vient d'être transféré à la Préfecture de Rome pour identification avant d'être embarqué très probablement sur le vol TU853 de 19.15h à destination de Tunis.
La Garde Nationale tunisienne a informé hier le père de Ali Toumi que celui-ci arriverait à Tunis aujourd'hui dimanche et elle lui a demandé de rester tranquille.
Hier quand Ali Toumi, marié à une Italienne et père de trois enfants en bas âge, a su qu'il allait être emmené, il a réussi à monter sur le toît du centre où il est détenu à Crotone et a menacé de se suicider si on le forçait à l'expulsion. A 5.30h ce matin, il s'est rendu aux forces de l'ordre après que les autorités italiennes lui eurent promis de ne pas l'expulser, mais ils l'ont emmené à la Préfecture de Rome avant son embarquement qui est maintenant imminent.
La Cour européenne est internvenue à trois reprises les 18, 19 mai 09, et le 24 juillet 09 auprès de l'Italie pour empêcher l'expulsion, mais finalement, le Ministre de l'Intérieur en a décidé autrement.
A l'heure actuelle il est encore temps d'agir pour empêcher l'expulsion d'Ali Toumi qui est attendu par la police tunisienne pour être interrogé par le Ministère de l'Intérieur tunisien et on craint qu'il soit torturé.
J'appelle les ONG et les hommes politiques à sauver Ali Toumi en exigeant du Ministre de l'Intérieur italien l'arrêt immédiat de son expulsion et le respect de la décision de la Cour européenne.

mardi 4 août 2009

Cachez ce sondage que je ne saurais voir : Le "Monde" interdit de vente au Maroc

Par Fouzia Maqsoud, 4/08/2009

La France "regrette" l'interdiction de vente du "Monde" au Maroc
La France est "surprise" par la saisie au Maroc de journaux, dont Le Monde, qui voulaient publier un sondage sur le bilan du roi Mohammed VI, a indiqué mardi 4 août le ministère français des affaires étrangères. "Nous sommes surpris par cette mesure que nous regrettons", a déclaré à la presse un porte-parole du ministère, Romain Nadal.


"Nous sommes particulièrement attachés à la liberté d'expression, protégée par le pacte international des Nations unies relatif aux droits civils et politiques qu'a ratifié le Maroc, et à son corollaire, la liberté de la presse", a ajouté le porte-parole français. Les autorités marocaines ont interdit lundi soir la vente du Monde. (Lire aussi : "Maroc, le sondage interdit").
"L'édition de ce quotidien datée du 4 août n'a pas été autorisée à fouler le sol marocain à son arrivée lundi soir à l'aéroport de Casablanca. Il ne sera pas mis en vente mardi dans les kiosques", avait déclaré un responsable marocain. Cette interdiction s'ajoute à la saisie samedi par les autorités des deux derniers numéros des hebdomadaires indépendants marocains
TelQuel et Nichane, sa version arabe, qui ont publié le même sondage effectué en partenariat avec le quotidien français Le Monde. 91 % des Marocains interrogés par ce sondage ont pourtant jugé positif le bilan du roi Mohammed VI lors des dix premières années de son règne.
Dès samedi, le ministère marocain de la Communication Khalid Naciri avait averti que si Le Monde maintenait la publication de ce sondage, il ne sera pas mis en vente au Maroc. "C'est une question de cohérence", a-t-il dit avant de souligner que "la monarchie au Maroc n'est pas en équation et ne peut faire l'objet d'un débat même par voie de sondage". Le journal Le Monde a annoncé depuis Paris qu'il maintenait la publication de ce sondage à destination du Maroc préférant faire endosser la responsabilité de l'interdiction aux autorités marocaines que de "s'auto-censurer".
Le groupe TelQuel a en outre annoncé qu'il déposera mardi une plainte devant le tribunal administratif de Casablanca contre la saisie de ses deux derniers numéros. Lors d'une conférence, Ahmed Benchemsi, directeur de l'hebdomadaire TelQuel a estimé "qu'aucune loi n'interdit les sondages au Maroc".
AVANT

La "une" du numéro de "TelQuel" dont les 50 000 exemplaires impirmés ont été détruits par la police.

APRES

lundi 3 août 2009

Il faisait colère, ce matin !

Par Smirnova, 3/08/2009
Salle archi comble : journalistes, militantEs de Droits de l’Homme, militantEs politiques..toutes les couleurs, et même les nuances du champ politique ont tenu à marquer par leur présence leur solidarité avec les 6 détenus politiques : Merouani, Sriti, Laabadla, Mouatassim; Rgala, Najibi..

et maitre Benomar de lancer en modérant "ce qui arrive ne concerne pas uniquement Belliraj ou les 6 détenus, c’est un problème de primauté de la loi, de l'indépendance de la justice, des droits des MarocainNEs en la liberté d'expression et de tous les droits.."
Soufiani en lisant la déclaration de presse de la défense des 6 détenus a mis le doigts sur plusieurs irrégularités très grosses en effet:
1/ le procès verbal de Belliraj ne contient aucune déclaration touchant de près ou de loin les 6 détenus politiques
2/ les faits qui datent de 1994 et dont ceux communiqués du ministère de l'intérieur dates et publiés à al alam et itihad ichtiraki les 29/8/94 et 7/9/94 détaillant ce qui s'est passé (les coupables furent arrêtés) et qui ont été remis sur le tapis condamnant les 6 détenus!!!
3/ la tentative d'assassinat du citoyen de religion juive AZENKOUTE que l'accusation a essayé d'imputer aux 6 détenus tentant d'en faire des porteurs d'une pensée raciste(alors que le procès verbal du témoignage du principal témoin innocente complètement non les 6 détenus mais les 35 puisqu'il décrit l 'assassin roux avec des taches de rousseur)
4/ les armes étalées qu'on nous a empêchés de toucher (faut-il préciser qu'elles étaient jetées sur une table sans protection -à part celle des policiers-et sans mention du lieu où elles ont été prises ?)
et je m'arrête là, c’est tellement gros, que ça devient risible !
on a l'impression de réentendre la blague "malk mazaghab"
au fait pourquoi perdre l'argent des contribuables pour une mascarade ?...on n’ avait pas besoin d'un semblant de jugement dénoncé par tous et toutes …
Maitre Jamaï en rage, tout en déclarant sa foi entière en l'innocence des 6 détenus a déclaré qu'il dénoncerait partout ce qu'il a nommé
"un crime contre la justice, un crime contre le peuple marocain"
La défense avait demandé qu'on entende Herezeni, le ministre de l'intérieur, celui de la communication …refusé bien sûr comme toutes les demandes ! elle avait aussi demandé le témoignage de militantEs de différentes obédiences sur la pensée des 6 détenus. Assidon, homme de principe, courageux comme toujours, a insisté pour présenter son témoignage : refusé bien sûr mais la défense l'a présenté ,elle …

Il dit entre autres "moi, comme ancien détenu politique, ayant passé 12 ans dans les prisons du royaume, je considère qu'on ne peut pas se taire sur ce qui arrive, la même chose nous est arrivée il y a 40 ans…quand on arrête quelqu’un pour ses idées, je me considère concerné… »
Ce matin il faisait colère
il faisait indignation
ce matin il faisait aussi résistance !
ces familles, ces femmes, ces enfants
debout portant l'espoir
ces miltantEs qui sûrement se démèneront pour que ça ne passe pas,

cette arrogance, cette insolence
au nom de la loi !

Manifestation contre la vie chère à Chaouen


Par des militants AMDH, 04/08/2009

L'AMDH, section de Chaouen au nord du Maroc, a organisé (le 3/08/09)un sit in populaire pour dénoncer la surfacturation de la consommation électrique ....
Bravo les militants de l'AMDH!
Ali Fkir


Ma solidarité avec les camarades d'AMDH Chaouen pour leurs revendications et protestations contre la cherté de la vie et surtout contre la montée vertigineuse du prix des factures d'eau et de l'électricité,
Nous aussi à Rabat, Salé et Témara nous souffrons énormément de cette cherté de vie et nous réclamons en tant que citoyens (nes) la préservation de notre pouvoir d'achat,
J'adhère entièrement à la proposition d'Ahmed Atlassi et je propose que la coordination locale organise une très grande manifestation contre la cherté de la vie devant le parlement le mercredi 16 septembre 2009, en célébrant la 3ème anniversaire de la constitution de la coordination Rabat Salé Témara, et en dénonçant les politiques visant à alléger les impacts de la crise économique et financière en faisant souffrir les couches déshéritées
On apprend qu’une protestation citoyenne organisée par la coordination semble opportune en ce moment de l’année (l’été, le ramadan, la rentrée scolaire, la crise), et devant l’augmentation incessante des tarifs (des trains et de l’eau et de l’électricité, la cherté des produits de base de première nécessité) pour exprimer notre indignation contre la destruction de notre pouvoir d'achat et contre l’aggravation de l’appauvrissement des classes populaires. Les autres coordinations à l’échelle nationale doivent être aussi au rendez-vous, si elles se sentent porteuses de revendications citoyennes!!

Adib Abdesselam

Guéguerre de communiqués autour du livre d’Ali Amar


Par Catherine Graciet,26/07/2009


A l’heure où le Maroc célèbre les dix ans de règne de Mohammed VI, le livre à charge d’Ali Amar sur le Maroc du jeune souverain suscite toujours de vilains remous.
Pendant que la presse étrangère tartine sur le bilan — mitigé — des dix premières années du règne de Mohammed VI, on assiste, au Maroc, à de vilains règlements de comptes entre « amis ». En cause ? Le livre du journaliste et co-fondateur du
Journal Hebdomadaire, Ali Amar. Publié chez Calmann-Lévy, « Mohammed VI, le grand malentendu » est le premier ouvrage critique sur le royaume enchanté de Mohammed VI écrit par un journaliste marocain.
D’où le grand malaise au sein du Makhzen où, visiblement, certains sont dans leurs petits souliers. Non pas à cause du contenu de l’ouvrage. Mais parce que l’auteur y égrène ses souvenirs en citant des personnes qui auraient tenu, dans le passé, des propos peu amènes sur le jeune souverain, comme le grand manitou des médias de feu Hassan II, André Azoulay.

dimanche 2 août 2009

TelQuel et Nichane interdits

1er /08/ 2009

Les derniers numéros des magazines marocains "TelQuel" et "Nichane" ont été interdits par le ministère de l’Intérieur ce samedi 1er août 2009.
Les deux magazines, datés du 1er août au 3 et 4 septembre 2009, ont été saisis en application de l’article 77 du code de la presse marocain. Ils enfreindraient "les dispositions légales en vigueur" selon un communiqué du ministère.
Les deux publications ont régulièrement à faire à la justice marocaine. Dernier en date, le jugement des deux magazines pour "manquement au respect dû au roi" dans le numéro d’août 2007. En septembre 2008, la justice a pourtant décidé le report sine die du procès.
Durant la dernière décennie, la justice marocaine a distribué 25 années de prison à des journalistes et 2 millions d’euros d’amende à des médias selon Reporter sans frontières (RSF).