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samedi 31 octobre 2009

APPEL A LA SOLIDARITÉ : TAOUFIK BEN BRIK EN BUTTE A UNE VENGEANCE D'ETAT

Par Khaled Ben M'Barek, coordinateur,CENTRE D'INFORMATION ET DE DOCUMENTATION SUR LA TORTURE CIDT-TUNISIE, 29/10/2009


Tous ceux qui ont gâché les élections du général Ben Ali sont visés.
Comme il fallait s'y attendre, le journaliste militant Zouhair MAKHLOUF n'était que le premier d'une liste de militants de l'opposition à qui le général Ben Ali entend faire payer leur opposition à ses élections.
Mais cette fois, il s'attaque au plus célèbres des journalistes tunisiens, celui qui lui avait tant donné de fil à retordre au début des années 2000 et l'un des
rares à lui avoir jamais forcé la main : Taoufik BEN BRIK.
Tous ceux qui ont gâché les élections du général Ben Ali sont visés.


En effet, l'écrivain vient de nous confirmer qu'il était convoqué par la police
« sur-le-champ », sans précision de motif. Mais il fait le lien avec une
altercation provoquée le 22 octobre par une femme qui l'a accusé d'avoir voulu
sciemment heurter sa voiture avec la sienne. Elle est alors descendue de sa
voiture et n'avait pas hésité à agripper sa victime, bien plus corpulente
qu'elle, « comme si elle s'était entraînée sur un Rottweiler », raconte Taoufik
BEN BRIK, qui y voit la main de la police. Et d'ajouter que juste au moment où
il a réussi à remonter dans son véhicule alors que la femme agitée était retenue
par des ouvriers d'un chantier voisin, accourus pour les séparer, un policier a
frappé à sa vitre lui suggérant d'embarquer la femme et d'aller ensemble au
poste de police. Autant dire de se jeter dans la gueule du général Ben Ali.

Depuis, affirme Taoufik BEN BRIK, il s'attendait aux suites de cette affaire,
comme l'avait fait son frère Jalel il y a cinq ans quand la police l'avait accusé
d'avoir provoqué une rixe et emmené directement en prison. Il a assuré qu'il
s'attendait à tout de la part du pouvoir pour tous les écrits qu'il a publié sur
de nombreux supports (nouvelobs.com, mediapart.) et par lesquels il a pris part
à la campagne électorale à sa façon.

Au vu des cas de Zouhair MAKHLOUF, déjà embastillé, et de Florence Beaugé,
expulsée sans ménagement, on est fondé à craindre le pire . Sachant que Taoufik
nous fait savoir qu'il a déjà une condamnation dans des circonstances
comparables à quatre mois de prison avec sursis pour... blasphème ! Si la femme
qui l'a agrippé le 22 octobre porte plainte contre lui sous un chef d'accusation
quelconque, il pourra écoper d'une petite peine de prison (un ou deux mois, par
exemple), ce qui entraînerait la levée du sursis et un total qui irait de cinq à
six mois fermes.

La vengeance de M. Ben Ali sera alors consommée.

Nous appelons les amis du peuple tunisien et de Taoufik Ben Brik, en
particulier, à se mobiliser pour que la main monstrueuse du général de
renseignement Zine Ben Ali ne puisse atteindre notre journaliste et écrivain
national et l'un des plus fermes piliers de l'opposition à la tortiocratie
instaurée à Tunis depuis 22 ans.

CENTRE D'INFORMATION ET DE DOCUMENTATION SUR LA TORTURE CIDT-TUNISIE

Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens à ne pas être torturés
Membre du Réseau SOS-Torture de l'OMCT-Genève


Comité d'honneur :
M. Jacques FRANÇOIS
Mgr Jacques GAILLOT
Dr. Hélène JAFFÉ Besançon, le 29 octobre 2009 (03h00)
M. Gilles PERRAULT
M. François DE VARGAS
Président :Jean-Marc MÉTIN

Que se passe-t-il au Maroc ?


 par Taoufik Bouachrine, 30/10/2009


Bakchich ouvre ses colonnes à Taoufik Bouachrine et Khalid Gueddar. Rédacteur en chef et caricaturiste du journal "Akhar Al Yaoum", ils passent ce vendredi devant la justice marocaine. Et risquent la prison, pour un dessin.
Plus d’un mois et trois jours se sont écoulés depuis la disparition forcée du quotidien "Akhbar Al Yaoum" des kiosques. Plus de 33 jours que nous crions notre refus de l’injustice subie par notre entreprise, sans qu’aucune oreille sage ne daigne nous écouter ou nous rétablir dans notre droit…
Nous avons frappé à la porte de la justice administrative, et nous avons dit à ses juges : « Excellences, le local du journal est scellé en violation de la loi, le Premier ministre n’a pas le droit d’interdire une publication, seule la justice est habilitée à prendre une telle décision, en supposant qu’une interdiction pure et dure puisse encore être monnaie courante dans les mœurs de l’édition au 21e siècle… ». Mais la misérable justice n’a pas statué sur l’affaire, elle a renvoyé notre requête, nous signifiant implicitement qu’elle n’était pas habilitée à instruire de tels dossiers.
Nous nous sommes ainsi tournés vers les décideurs, qui ont fait montre d’une gêne certaine à répondre à nos questions. Nous leur avons dit : « Messieurs, si la caricature, objet de tout ce tapage, est si dangereuse et si coupable que vous le prétendez, sachez que nous sommes poursuivis en justice à son sujet. Deux dossiers plombés ont même été ouverts contre Akhbar Al Yaoum à ce propos, l’exposant, pour chacun, à des peines d’emprisonnement et à de lourdes amendes. Pourquoi ne respectez-vous donc pas cette justice dont vous ne cessez de marteler qu’elle doit être réformée ? Pourquoi ne la laissez-vous pas dire son mot, même si c’est une justice aux ordres, partiale et faible ? Peut-il y avoir sentence et sanction en dehors des textes de loi ? » La réponse est malheureusement oui.

Certains « décideurs » nous ont dit que le Makhzen était en colère contre la presse indépendante, que notre journal était un bouc émissaire, sacrifié sur l’autel de sa colère pour faire parvenir un message fort aux journalistes. Le Makhzen voudrait ainsi tuer ab ovo les velléités de ceux qui refusent d’admettre que l’Etat soit réfractaire à toute presse libre, n’ayant comme limite que la loi et l’exercice journalistique tel qu’il existe traditionnellement dans les pays précurseurs en matière de liberté d’expression… Nous leur avons répondu qu’il faudrait alors échanger les lois actuelles contre d’autres importées des anciens régimes communistes qui ne permettent qu’un parti unique, un journal unique, un leader unique, une pensée unique, et une version unique…
L’autoritarisme, une preuve de faiblesse
Messieurs, jeter les journalistes en prison, fermer les journaux et terroriser les plumes n’est ni une solution, ni un gage de pouvoir. Ce n’est qu’un indicateur de faiblesse et de confusion. Ce n’est que la preuve éclatante du mépris des lois, de l’histoire du pays et des slogans de réconciliation, de transition et de modernité… Ne vous cachez pas derrière des arguments mous, tels que la "déontologie", les spécificités du pays et les sensibilités du pouvoir, pour camoufler les tendances autocratiques qui sévissent dans les appareils de l’Etat. L’impotence du gouvernement, l’avachissement des partis politiques, la mort des syndicats et la lâcheté des élites ne devraient pas être perçus par le pouvoir comme un "laissez-passer" vers plus d’autoritarisme. En réalité, la faiblesse des institutions et l’effritement de l’opposition sont avant tout une menace pour le pouvoir, car le vide masque souvent les réalités les plus fatales pour l’avenir de notre pays.
Akhbar Al Yaoum, Messieurs, est un journal indépendant, qui vit sur ses ventes et sur les quelques subventions qu’il n’obtient qu’avec la plus grande peine. Il ne possède ni l’appui d’un parti, ni celui d’une entreprise, ni celui d’une personnalité influente ou pas. "Akhbar Al Yaoum" vit de son professionnalisme et de la crédibilité de ses équipes, qui rêvaient d’un journal intelligent et percutant, capable de réussir sans verser dans le populisme, capable de durer sans compromis avec qui que ce soit, et sans négocier la ligne éditoriale en fonction de ce qui est toléré par le makhzen aujourd’hui. C’est notre unique tort…

Nous avons présenté nos excuses au prince Mouley Ismaïl lorsque nous avons senti qu’il avait perçu le dessin de presse comme une atteinte à sa personne. Ce dessin, les ennemis de la liberté de presse au Maroc se sont empressés de lui donner des significations et relents qui ne nous ont même pas traversé l’esprit. Nous sommes conscients que ce tollé ne peut nullement être provoqué par un « dessin candide », mais qu’il est l’augure d’un « dessein » qui lui, n’a rien d’innocent. Il s’agit de redessiner les limites de la liberté de presse au Maroc, pour lui délimiter un espace encore plus étroit que celui où se sont exprimées les plumes « irrévérencieuses » lors de ces dix dernières années. C’est cela le vrai objectif.
Une question d’honneur

Quant au reste, le régime ne fait pas dans la dentelle. Le plus gênant dans cette nouvelle « campagne d’assainissement » qui sévit contre la presse libre ces jours-ci, n’est pas le comportement de l’Etat, qui a démontré à quel point il pouvait avoir du mépris pour la loi, la justice et les droits des Marocains. Non, le plus déplorable, c’est que tous les journalistes et les éditeurs de presse tombent sous le joug de l’effroi, et que l’« honneur » du métier en pâtisse. Cet honneur, qui devrait pousser toute honnête plume à défendre la liberté d’expression et le respect de la loi, même lorsque son détenteur ne partage pas les mêmes opinions que le confrère atteint dans ses droits, ne jouit d’aucune considération chez certains de nos confrères, qui n’ont pas hésité à nous achever de sang froid. Quant aux partis qui ont émis des communiqués nous condamnant avant même que la justice n’ait dit son mot, nous ne leur en ferons même pas le reproche, car face à son maître, l’esclave ne peut être maître de soi…

Lecteurs, nous sommes aujourd’hui jugés pour offense au drapeau marocain, nous qui défendons les intérêts de notre pays tous les matins face aux voleurs de l’argent public qui sabotent l’image du Maroc sur le plan national et à l’étranger… Il s’agit avant tout d’une offense à l’intelligence des Marocains !
Le point de vue de Khalid Gueddar

LE SAHARA OCCIDENTAL... UNE TERRE ET UN PEUPLE OUBLIÉS

Par Philippe Savoye, Centre d’information Inter-peuples, (CIIP) Grenoble, 30/10/2009
Photos Pauline et Marie Frison


Bien sûr, le Sahara Occidental n’est plus sous les feux de l’actualité depuis que la guerre ouverte s’est transformée en situation larvée, dans une totale impasse. Le peuple Sahraoui est oublié au milieu de ce désert aride où la vie est un combat de tous les instants. Pendant ce temps ses ressources sont pillées par le Maroc au mépris des résolutions de l’ONU...
Un peu d’histoire
La conférence de Berlin qui s’est tenue en 1884 et 1885, dont l’acte final est signé par treize pays européens et les États-unis, fut la base fondatrice d’une Afrique colonisée, découpée et partagée entre les Occidentaux. L’actuel Sahara Occidental fut placé sous protectorat espagnol qui devint le Sahara espagnol en 1924, administré indépendamment des territoires appelés "Maroc espagnol". Depuis 1963, le Sahara Occidental figure parmi les territoires "non autonomes" selon l’ONU, qui deux années plus tard, prend position pour que ce territoire soit décolonisé.
A partir de 1970, le peuple Sahraoui entame une guerre de libération contre l’occupation espagnole. Le conflit entre le Maroc et l’Algérie sur le tracé de leur frontière et les revendications mauritaniennes sur une partie du territoire rendirent la situation complexe, avant qu’un accord unifie un front anti-espagnol. Le 14 novembre 1975, les accords de Madrid officialisent le retrait de l’Espagne et le partage du territoire : le Maroc obtient les deux tiers nord et ouest et la Mauritanie le tiers sud et est. Les Sahraouis et l’Algérie sont exclus des négociations.


D’une occupation espagnole, à une occupation marocaine...
Au lendemain du départ des soldats espagnols, le 27 février 1976, la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) est proclamée par le Front Polisario. Une guerre ouverte se déclare entre "les forces d’occupation" marocaines et mauritaniennes et le Front Polisario. La "marche verte" marocaine, l’invasion armée, l’usage du napalm, du phosphore blanc entraînent l’exil de dizaines de milliers de Sahraouis vers les camps de Tindouf en Algérie.
En 1979, la Mauritanie se retire des territoires occupés et dans les années suivantes, le Maroc érige progressivement un mur de 2 400 kilomètres (et déploie des champs de mines) qui coupe le Sahara Occidental en deux : les deux tiers du pays sont annexés par le Maroc et le tiers oriental est sous contrôle du Front Polisario.
En 1982, la RASD est admise au sein de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine)1, ce qui entraîne le retrait du Maroc, deux années plus tard.
Sous l’égide de l’ONU, un cessez-le-feu est conclu en 1991 entre le Maroc et le Front Polisario, sur la base de l’organisation d’un référendum d’autodétermination : indépendance ou intégration au Maroc.
Afin de permettre l’organisation de ce référendum, la résolution 690 du 29 avril 1991 crée la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO).
Outre "l’organisation d’un référendum libre et équitable et en proclamer les résultats"2 (qui initialement devait se dérouler en janvier 92), la Minurso se voit confier notamment la surveillance du cessez-le-feu, la réduction des troupes marocaines sur ce territoire, l’aide à la libération des prisonniers politiques, la réduction des menaces de mines, etc. Aujourd’hui, dix-huit ans plus tard le référendum est toujours lettre morte !


La situation actuelle

Si le Maroc estime que le Sahara Occidental fait historiquement partie de son territoire, l’ONU considère cette occupation comme la dernière question coloniale restant en Afrique. Plus de cent résolutions appellent à l’autodétermination et, en 2006 dans son rapport, Kofi Annan (secrétaire général des Nations Unies à l’époque) précise qu’aucun pays membre de l’ONU ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Le peuple Sahraoui a proclamé sa République en exil, reconnue par une centaine d’États, Mohamed Abdelaziz en est le président et sa capitale provisoire est Bir Lehlou. Le gouvernement et les ministères sahraouis gèrent les camps de réfugiés où les femmes sont particulièrement actives.
Le déploiement de la Minurso, sous commandement chinois et composée de près de 500 militaires et observateurs, est autorisé jusqu’au 30 avril 2010
Des réunions plus ou moins informelles ont lieu sous l’égide de l’ONU entre le Maroc et le Front Polisario (comme cet été en Autriche) sans qu’une avancée soit perceptible. D’ailleurs, au printemps dernier Ban Ki Moon reconnaissait que les conditions d'une reprise des pourparlers sur l'avenir du Sahara Occidental ne sont pas réunies tant les positions sont éloignées. Aujourd’hui, le Maroc propose un plan de large autonomie sous sa souveraineté (illégal au regard du droit international) et le Front Polisario un référendum avec trois options : le rattachement au Maroc, l’indépendance ou l’autonomie sous souveraineté marocaine.

Les tensions demeurent. Les Sahraouis de la zone occupée, où sont présents pas moins de 160 000 militaires marocains, font l’objet d’une répression permanente, sanglante et il ne se passe pas une semaine qu’ils subissent tortures, arrestations, emprisonnements... Le 29 août dernier, Leila Hmatou Amaidan sportive sahraouie de haut niveau, a été victime d’une tentative d’assassinat ; mi-septembre, des Sahraouis réclamant pacifiquement l’autodétermination et la fin de l’occupation dans les villes de El Aaiun, Smara et Boujdour, subirent de violentes répressions, etc.
Aujourd’hui, environ 165 000 réfugiés vivent toujours dans les camps de réfugiés, non loin de Tindouf, dans le désert proche de la frontière algérienne. Dans cette zone très désertique, cette population nomade survit grâce à l’aide alimentaire fournit par l’ONU. Selon une étude de Medicos del Mundo (2008), 19 % des enfants des camps souffrent de malnutrition. Géré par le secrétariat Jeunesse et Sport de la RASD et grâce à une large solidarité internationale, une dizaine de milliers d’enfants bénéficient chaque été de l’opération "vacances en paix" à l’étranger.

Quels enjeux ?

De nombreux gouvernements, à commencer par celui de la France, usent d’un double langage en prétendant soutenir les efforts de l’ONU... mais bénéficient des relations d’affaires avec les territoires occupés par le Maroc. En mai dernier, la France s’oppose à ce que la MINURSO soit investie de la surveillance des droits de l’Homme... ce qui n’aurait pas manqué de déplaire à son "grand ami" le Maroc.
Le Sahara Occidental possède des gisements de phosphate et des ressources halieutiques parmi les plus riches du monde. S’y ajoute la possibilité de trouver du pétrole et du gaz dans les eaux territoriales.
Si l’aide multilatérale annuelle s’élève à 50 millions de dollars, le Maroc gagne 1 500 milliards de dollars sur les exportations de phosphate provenant du territoire occupé4. Les réserves du Sahara Occidental sont les secondes au monde après celles... du Maroc. Des voix s’élèvent face à ce vol qui ne dit pas son nom. Ainsi face à la mobilisation populaire, en 2005 le fonds de pension de l’État norvégien a vendu ses parts de la compagnie américaine Kerr-McGee qui exploite certaines mines, pour des raisons éthiques !
Grâce à la richesse halieutique au large du Sahara Occidental plus de 100 000 Marocains travaillent dans l'industrie de la pêche, principalement autour des ports de Dakhla et El Aaiun ; une grande majorité sont venus dans le territoire depuis l'occupation. Par ailleurs le Maroc vend des permis à des pays étrangers. L’Union Européenne et la Russie en sont les premiers bénéficiaires. L’accord signé en février 2007 entre l’UE et le Maroc stipule que 119 bateaux européens pourront pêcher dans les eaux marocaines et du Sahara Occidental. En échange, l’Union versera au Maroc, 36 millions € par an.

Le Maroc mène des explorations pétrolières au Sahara Occidental, à la fois en mer et à terre, malgré le fait que l’ONU ait déclaré cette situation illégale comme l’écrit Hans Corell, sous secrétaire général de l’ONU pour les Affaires Légales : « si des activités de prospection et d’exploitation devaient être entreprises au mépris des intérêts et de la volonté du peuple du Sahara occidental, elles contreviendraient aux principes de droit international applicables aux activités touchant aux ressources minérales des territoires non autonomes. »
Il est bien évident, qu’au-delà de la dimension historique de l’occupation, l’aspect économique prime sur toute autre considération. Le droit onusien est bafoué, avec la complicité des "maîtres du monde", depuis près de 35 ans, un peuple se morfond dans des camps ou violenté sur son propre sol occupé, mais à part cela... tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !

1/ Devenue "Union Africaine" en 2002 lors du congrès de Durban. Composée de 53 membres, le Maroc est l’unique pays du continent à ne pas y adhérer
2/ Site de la Minurso
3/ Résolution S/RES/1871 du Conseil de sécurité en date du 30 avril 2009
4/ Western Sahara Resource Watch (www.wsrw.org/files/)
Sources :
Western Sahara Resource Wach (www.wsrw.org )
Sahara press service (www.spsrasd.info)
diaspora saharaui (diasporasaharaui.blogspot.com)
*n°181, Nouvelles du Monde, CIIP
Connaissez-vous l’association "APSO" ?
Amis du Peuple du Sahara occidental,
dont le but est (extrait de ses statuts) :
« De faire connaître et reconnaître le peuple du Sahara occidental, son histoire, sa culture, sa vie, son territoire et ses ressources... auprès de l’opinion française et internationale.

De soutenir les Sahraouis dans les difficultés matérielles quotidiennes et dans la lutte pacifique vers la résolution du problème de décolonisation de leur pays.

Par l’organisation d’un réseau et d’échanges, de partenariats interculturels, sportifs, pédagogiques, intellectuels... autour de l’information, des arts, cultures, traditions, sciences, de la prévention ... »


Axes 2009/2010 :
Création, coordination, financement d’une équipe de prévention des risques liés aux mines.
Création d’un centre culturel français dans les campements.
Évènement sportif international de haut niveau.
Vigilance et réaction sur l’actualité des droits de l’homme et du pillage des ressources.

Pour tout contact et soutien : APSOlument@yahoo.fr 
Par ailleurs, l’association Solidarité Enfants Sahraouis accueille des enfants durant les vacances. (solensahr@yahoo.fr)

Lettre ouverte à Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand

Bruxelles, le 29 /10/ 2009

Lettre ouverte à Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères et Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,
Monsieur le Ministre de la Culture,

Nous pouvons comprendre, ou ne pas comprendre, que vous ayez réagi avec une extrême rapidité et que vous vous soyez indignés à l'arrestation de Roman Polanski il y a quelques semaines. En revanche, nous ne comprenons pas votre absence de réaction et votre indifférence face aux événements récents intervenus en Tunisie:
Enlèvements de Slim Boukhdhir, correspondant de Al-arabya, Mohamed Soudani, étudiant syndicaliste,
Harcèlement et actes de violence à l'encontre de Sihem Bensedrine, rédactrice en chef de Kalima, Radhia Nasraoui, avocate et Présidente de l'Association Tunisienne de Lutte contre la Torture,
Détentions arbitraires de 38 manifestants du bassin minier de Gafsa, de Zouhair Maklouf, journaliste et reporter et enfin de Taoufik Ben Brik, journaliste et écrivain,
Interdiction d'entrée sur territoire tunisien de Florence Beaugé, journaliste au Monde.

Il est vrai, qu'il est plus facile de s'empresser de saluer le score démocratique obtenu par le Président tunisien Ben Ali ce dimanche avec 89,62%, que de défendre l'exercice de la liberté d'expression et d'opinion au sein d'un pays avec lequel, la France se targue d'entretenir des relations d'amitié basées sur des principes et des valeurs qui nous unissent.
Il est plus que temps que la France, au nom de sa relation privilégiée avec la Tunisie, cesse d'empêcher l'Union européenne d'avoir une politique ambitieuse en termes de promotion des droits de l'Homme et de démocratie. Puisque vous l'ignorez encore, force est de vous rappeler que la défense des droits de l'Homme constitue un principe fondateur devant inspirer la politique étrangère de la France et de l'Union européenne. Vendre des centrales nucléaires tout en fermant les yeux sur ces violations est une attitude indigne.
Nous, parlementaires européens, vous demandons d'intervenir avec le même zèle que dans l'affaire Polanski pour les affaires Boukhdhir, Soudani, Bensedrine, Nasraoui, Maklouf, Ben Brik et les 38 manifestants du bassin minier de Gafsa.
Cordialement,
Dany Cohn-Bendit
Président du groupe des Verts/ALE
Hélène Flautre
Présidente de la délégation UE-Turquie
Eva Joly
Présidente de la commission développement
José Bové
Vice-Président de la commission agriculture et développement rural

vendredi 30 octobre 2009

L'Etat marocain agit en véritable hors la loi


Par Ali Fkir,coordinateur, 29/10/2009

Pour empêcher les ouvriers licenciés abusivement par SMESI, filiale de l'OCP, géant économique étatique, d'organiser, le 29 octobre 2009, un sit in devant les locaux administratifs de l'OCP à Khouribga, les forces de répression ont pratiquement quadrillé la ville, bouclant tous les chemins qui mènent à ces locaux. Les autorités, en connivence avec l'OCP, ont créé un climat de peur, terrorisant la population. Les enfants n'ont pas pu aller à l'école dans la quiétude nécessaire.

Au lieu d'imposer à l'OCP le respect de la législation de travail, l'Etat marocain préfère persécuter les prolétaires qui ont tout donné à ce pays et qui se voient après des années de trime jetés à la rue comme des "bons à rien".
En soutenant aveuglement l'OCP, véritable hors la loi dans ce conflit, l'Etat marocain affame délibérément des milliers de personnes, jette dans le désespoir familial des milliers de femmes, empêchent des milliers d'écoliers d'aller normalement à l'école, fait mourir à petit feu des centaines de bébés, les tétines de leurs mamans étant asséchées par le manque de nourriture.
Le comité de soutien aux ouvriers de SMESI, ne peut que condamner ferment cette répression, et réaffirmer son soutien inconditionnel aux victimes de l'arbitraire.
Le comité de solidarité avec les ouvriers de SMESI:
  - Dénonce le licenciement illégal des 850 ouvriers de SMESI
  - Rend l'Etat et son groupe OCP, responsables du drame social que vit la région de Khouribga
  - Exige, entre autres, de l'OCP
* La réintégration des 850 ouvriers licenciés
* L'ouverture des négociations avec le bureau syndical en vue de la titularisation des victimes de l'arbitraire.
* Le respect de la liberté syndicale
La solidarité nous interpelle

jeudi 29 octobre 2009

Le roi, clef de voûte du système du Makhzen

Par Baba Sayed,14 /10/2009

Le Royaume du Maroc est l’un des rares pays au monde où la pratique et l’usage de l’« irresponsabilité » politique et de l’impunité juridique, sont consacrés et célébrés comme mode « original » de gouverner des souverains marocains
Considérée sacrée par la constitution, aux côtés des deux autres symboles du Royaume, Allah et la Patrie, la personnalité du roi est au-dessus de toute critique et de tout reproche, inviolable.

 Dans un pays où tout, absolument tout, dépend du bon vouloir et du bon plaisir d’un seul individu, le roi, ce dernier ne peut pourtant être tenu responsable, ni politiquement, ni militairement, ni économiquement, ni socialement, ni juridiquement et encore moins pénalement, d’aucune « mauvaise » décision qu’il pourrait prendre ou mettre en œuvre. Le roi, pourtant l’incontestable et incontesté maître de facto et de jure, ne peut être considéré, exclusivement, que l’auteur des bonnes et sages décisions. Les autres décisions, les mauvaises et les non sages, ce sont forcément, et de manière systématique, les « autres » qui doivent en répondre, voire en payer de leurs vies les conséquences.
Considérée sacrée par la constitution, aux côtés des deux autres symboles du Royaume, Allah et la Patrie, la personnalité du roi est au-dessus de toute critique et de tout reproche, inviolable. Le roi, clef de voûte, par excellence, du système est pourtant, en plus d’être le chef suprême des armées, le commandeur des croyants, l’un des plus grands propriétaires et hommes d’affaire du pays, le symbole de son unité et le garant de sa stabilité, est aussi celui qui définit et conduit « souverainement » les politiques intérieures et extérieures du pays. Il est également celui qui nomme et désigne le gouvernement et au nom duquel les prières sont dites dans les mosquées, les jugements et les sentences prononcés dans les tribunaux.
Devant un parlement d’opérette, un gouvernement réduit, littéralement, au simple rôle de secrétariat et une opposition officielle aux ordres, émasculée, qui se contente, pitoyablement, de faire de la figuration après avoir, lamentablement, échoué à faire la révolution, « Sa Majesté » est le seul maître à bord, celui qui règne et gouverne, à la fois, et dont le pouvoir ne souffre ni contrôle ni limite. Quoi que dise le roi, quoi que fasse le roi, « Sa Majesté » le roi demeure, en toutes circonstances, l’incontestable et incontesté glorieux Sidna. Celui qui règne sur les esprits et les coeurs, celui qui ne peut se tromper ou même soupçonné d’être susceptible de l’être. Contredire « Sa Majesté », contester ses mesures ou s’opposer à ses décisions, est, par ailleurs, un crime de lèse-Majesté justiciable, comme on vient de le voir ces dernières années avec Tazmamart, Kal’at M’gouna, Derb Moulay Chrif et autres mouroirs, des pires châtiments.

Rappel débat : impunité et droit international

Par la Voie Démocratique, Lille, 28/10/2009                                                                            

Affaire BEN BARKA : 44 ans d’impunité


44 ans après la disparition du martyr Mehdi Ben Barka, les raisons d’état font toujours obstacle à l’éclatement de la vérité sur cet odieux assassinat. Il  y a  désormais un bon nombre de témoignages, de livres et pièces versés au dossier éclairant sur ce crime qui aurait été ordonné au plus haut niveau de l'Etat au Maroc et exécuté à Paris avec la complicité des services secrets français, sioniste et américain.
En février 2008, 165  documents sont déclassifiés par les services secrets français, venant s’ajouter aux 73 documents devenus  accessibles suite à la décision de lever le secret défense en prise en octobre 2004. Le juge français Patrick Ramaél, qui instruit cette affaire, voit ses commissions rogatoires pour entendre 5 témoins au Maroc échouées. Il décide alors de lancer  des mandats d’arrêt contre les cinq suspects. Début octobre 2009, Interpol  n’en a retenu que quatre contre :
*/- Le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine
*/- Le colonel Abdelkader Kadiri, ancien patron de la DGED,
*/- Abdelhak El Acachi agent d'une autre unité ultra-secrète des services marocains
*/- Larbi Chtouki (alias Miloud Tounsi), organisateur présumé du rapt,
Or, à la surprise générale, le parquet de Paris bloque la procédure en demandant au juge Ramaél de fournir d’autres renseignements que ce dernier à refuser de produire déclarant qu’il ne se prêtait pas aux manœuvres politiques.
C’est pour éclairer l’opinion publique sur cet assassinat que la Voie Démocratique à Lille  organise un :
 
Débat le Vendredi 30 octobre 09 de 18h à 20h autour du thème :
L’Impunité et le droit international
Avec Bachir BEN BARKA pour l’affaire Ben Barka et Schecho  DOUGLAS pour le cas du CHILI
Le lieu : Salle ESPACE DES  ACCACIAS  Hellemmes Lille
(Métro Hellemmes)

Forum pour quel avenir ?

Par Abderrazzak Drissi, 28/10/2009

Une réunion du secrétariat national de la «Cellule marocaine contre "le Forum pour l’Avenir"» CeMaCoFA aura lieu le Jeudi 29 Octobre à 19h au siège central de l’AMDH à Rabat et ce, pour prendre les positions adéquates à propos du 6ème session du «Forum pour l’Avenir» abritée par le Maroc et qui aura lieu à Marrakech le 2 et 3 novembre 2009.


سيتم اجتماع أعضاء السكرتارية الوطنية لـ "الخلية المغربية لمناهضة منتدى المستقبل" CeMaCoFA يوم الخميس 29 أكتوبر 2009 على الساعة السابعة مساء (19h)، بالمقر المركزي للجمعية المغربية لحقوق الإنسان بالرباط، وذلك لاتخاذ المواقف المناسبة من استضافة المغرب للدورة السادسة لـ "منتدى المستقبل" الذي سينعقد يومي 2 و3 نونبر 2009 بمراكش.
سيتم هذا الاجتماع مباشرة بعد وقفة تخليد يوم المختطف التي ستتم على الساعة السادسة مساء (18h)، قبالة محطة القطار الرباط المدينة.

عبدالرزاق الإدريسي

mercredi 28 octobre 2009

Grappe de dates noires pour la presse marocaine


Par Catherine Graciet , Bakchich, 28/10/2009

Depuis l’été, les autorités marocaines se déchaînent contre la presse indépendante du royaume. Chronologie de ces derniers jours.
A force de vouloir museler la presse indépendante, les autorités du royaume du Maroc ne savent plus où donner de la tête et tapent tous azimuts. Bakchich vous propose une chronologie édifiante de cette vague de répression inédite.

Mardi 27 octobre :
Reporters sans Frontières (RSF) organise dans des conditions difficiles une conférence de presse au Maroc où le secrétaire général de l’Ong, Jean-François Julliard, et la responsable Maghreb, Soazig Dollet, se sont rendus spécialement. Objectif selon les déclarations de J.F. Julliard à l’AFP : exprimer la solidarité de RSF avec la presse marocaine, les médias marocains et les journalistes marocains condamnés ces derniers mois par des tribunaux marocains. Reporters sans Frontière a également annoncé qu’elle allait « saisir officiellement Hillary Clinton qui va venir la semaine prochaine au Maroc, pour qu’elle parle de cette question de la liberté de la presse, pour qu’elle évoque les difficultés et le manque de pluralisme de l’information aujourd’hui au Maroc ». La secrétaire d’Etat américaine est en effet attendue au royaume les 2 et 3 novembre prochains pour participer au Forum pour le futur à Marrakech.
Lundi 26 octobre 2009 :
Le quotidien espagnol El Pais annonce qu’il n’a pas été diffusé au Maroc la veille. En cause : la publication de caricatures de la famille royale qui ont fâché le ministère de l’Intérieur ainsi que le Palais. Il s’agissait en l’occurrence d’un dessin du caricaturiste Plantu publié par le quotidien Le Monde dont les éditions des 22,23 et 24 octobre ont, elles aussi, purement et simplement été interdites au Maroc, ainsi que d’un dessin de notre ami et collaborateur Khalid Gueddar qui représente le prince Moulay Ismaïl.
Dans le procès du caricaturiste Khalid Gueddar et du directeur du journal Akhbar Al Youm, Taoufik Bouachrine, la justice marocaine annonce qu’elle rendra son verdict le 30 octobre prochain. Les deux hommes sont poursuivis pour « offense au drapeau national » suite à la publication le 26 septembre d’une caricature montrant le prince Moulay Ismaïl sur fond de drapeau marocain. Dans son réquisitoire, le parquet de Casablanca a requis l’application de la loi, soit une peine de prison ferme de six mois à trois ans. Le journal Akhbar Al Youm a, lui, été fermé de force par les autorités qui n’ont pas attendu une décision de justice. La situation est hautement périlleuse pour Khalid Gueddar et Taoufik Bouachrine qui comparaîtront de nouveau le 30 octobre devant la justice. Cette fois, c’est le prince Moulay Ismaïl qui a porté plainte pour « manquement au respect dû à la famille royale ». Une peine passible de trois à cinq ans de prison au Maroc.
Toujours le lundi 26 octobre, deux journalistes ont été condamnés à de la prison avec sursis pour avoir, selon la version officielle, publié une « fausse information » sur la santé du roi Mohammed VI. Ainsi, le directeur du quotidien Al Jarida Al Oula, Ali Anouzla, a été condamné à un an de prison avec sursis et à 885 euros d’amende et la journaliste Bouchra Eddou à trois mois avec sursis et à 455 euros d’amende. A la suite d’un communiqué du Palais royal annonçant que Mohammed VI était en arrêt maladie pour cinq jours à cause d’une « infection à rotavirus avec signes digestifs et déshydratation aigüe », Al Jarida Al Oula avait publié un article intitulé « la maladie du roi reporte les causeries religieuses et son déplacement à Casablanca ». Les deux journalistes ont bien sûr fait appel de leur condamnation et estiment devoir être acquittés.
24 octobre 2009 :
Pour le troisième jour consécutif, les autorités marocaines bloquent la diffusion au royaume du quotidien français Le Monde en raison de caricatures représentant des membres de la famille royale. C’est notamment le cas d’un dessin du caricaturiste Plantu qui vise à soutenir Khalid Gueddar. Le ministre de la Communication du Maroc, Khalid Naciri, déclare dans la foulée : « Nous ne pouvons accepter ce qui est une atteinte directe à nos sentiments, une démarche présentant le Maroc comme un pays liberticide ». No comment.
22 octobre 2009 :
Bakchich et Reporters sans Frontières organisent un rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris pour soutenir le caricaturiste Khalid Gueddar ainsi que tous les journalistes marocains qui sont harcelés et qui comparaissent devant les tribunaux. Une centaine de manifestants ont fait le déplacement. Pour Bakchich, les autorités marocaines font notamment payer à Khalid la BD sur la vie du roi Mohammed VI que le caricaturiste a publié sur notre site web.
18 octobre 2009 :
Le Journal Hebdomadaire a été condamné a payer une amende de 250 000 euros de dommages et intérêts pour « diffamation » dans le cadre d’un vieux procès qui remonte à 2006. Dans la foulée, les comptes bancaires de cette publication phare aujourd’hui menacée de disparition ont été saisis. Les autorités et notamment le Palais royal n’ont pas apprécié que le journaliste et éditorialiste Aboubakr Jamaï qui dirigeait Le Journal Hebdomadaire en 2006 reprenne du service au travers d’éditoriaux et d’articles sans concessions.
15 octobre 2009 :
Stupéfaction et consternement. Le directeur de l’hebdomadaire Al Michaâl, Idriss Chahtane, est condamné à un an de prison ferme et incarcéré à la prison de Rabat-Salé. Deux journalistes de ce magazine, Rachid Mhamid et Mustapha Hirane, écopent de trois mois de prison ferme mais sont laissés en liberté dans l’attente de leur procès en appel. Leur crime : des articles sur la santé du roi Mohammed VI que les autorités n’ont pas acceptés.

REPORTERS SANS FRONTIERES : COMMUNIQUE DE PRESSE


Conférence de presse de Reporters sans frontières à Casablanca en solidarité avec la presse marocaine

Reporters sans frontières a tenu, aujourd'hui, une conférence de presse à Casablanca. Malgré l'autorisation expresse du ministre de la Communication, Khalid Naciri, la conférence de presse n'a pu se tenir dans une salle de l’hôtel Royal Al-Mansour, comme prévu. La conférence s’est donc déroulée de manière improvisée dans le hall de l'hôtel en présence de nombreux journalistes marocains et étrangers.

"Reporters sans frontières est venue exprimer son soutien aux journalistes marocains qui subissent aujourd'hui une avalanche de procès et manifester sa solidarité avec Idriss Chahtane, directeur de publication du journal Al-Michaal, aujourd’hui en prison. Le fait que cette conférence n'ait pas pu se dérouler normalement montre bien les crispations des autorités et l’aspect sensible de cette situation. En effet, le ministre de la Communication s'est estimé floué par le dernier classement mondial de Reporters sans frontières et par ses communiqués de presse. Il n’a pas voulu nous recevoir", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.
Avant d’ajouter : "Malgré ces tensions, notre organisation est prête à proposer des solutions pour une réforme du code de la presse, grâce à la mobilisation du pôle juridique récemment constitué par Reporters Sans Frontières. Nous mobiliserons notre réseau d'avocats en faveur des journalistes marocains, en France, en Europe et ailleurs pour assister aux procès et défendre les professionnels des médias condamnés. Nous comptons saisir officiellement Hillary Clinton avant sa première visite officielle au Maroc, au Forum pour l’avenir à Marrakech, les 2 et 3 novembre, pour évoquer les difficultés et le manque de pluralisme de l’information au Maroc."
Mis en place par l’administration américaine précédente en 2004, le Forum pour l’avenir a pour objectif de promouvoir la "démocratisation" dans la région "Grand Moyen-Orient".
Dans la foulée, Jean-François Julliard a rencontré des journalistes et des responsables de médias touchés par la récente vague de procès et de sanctions.

Une sentence bien clémente pour les tortionnaires de la petite Zineb Chtit

Zineb devant la cour
ParJillian C. York, 27/10/2009
Traduit par Abdoulaye Bah

En septembre, on apprenait que Zineb Chtit, une fillette marocaine, avait été sévèrement battue alors qu'elle travaillait comme bonne. La semaine dernière, il a été annoncé que l'auteur de l'attaque, Mme Nawal Houmin, la femme du couple qui l'employait, devait être sanctionnée pour son crime par une condamnation à trois ans de prison et une amende de 13.000 dollars. De nombreuses organisations de défense des droits humains ont dénoncé la sentence, la considérant trop clémente.
Le blogueur Crazy Moor dit [en anglais]:Mais de nombreuses associations des droits humains disent qu'elles vont faire appel au nom des 60 000 à 80 000 enfants travailleurs.
Le Président de l'Association “Touche pas à mon enfant”, Mme Najia Adib, dit que la sentence ne reflète pas le degré d'atrocités commises, parce que la petite fille avait été enfermée dans une cave.
Les faits ont eu lieu à l'est du Maroc, dans la ville d'Oujda. Le site très populaire Oujdacity.net, qui s'autodéfinit “le premier portail du Maroc oriental”, commente l'incident. :
حكمت المحكمة الابتدائية بوجدة يوم الأثنين 12 أكتوبر 2009 بثلاث سنوات ونصف سجنا نافذا وتعويض مالي قدره 100 ألف درهم على زوجة القاضي مشغلة الطفلة زينب ، الحكم اعتبره عدة محامين بوجدة انه كان قاسيا ، ولم يأخذ بعين الاعتباراي ظرف من ظروف التخفيف … وهو حكم فاجأ الجميع لأنه جاء خلافا لما كان يردده الرأي العام الذي كان يتوقع ان يكون الحكم لا يتجاوز بضعة اشهر
Lundi, le 12 octobre 2009, le tribunal de première instance de Oujda (est du Maroc) a condamné à trois ans et demi de prison (sans mise à l'épreuve), et une compensation financière de 100,000 dirhams ($13,000) contre la femme du juge qui employait la petite bonne Zaineb. Plusieurs juristes d'Oujda considèrent la sentence dure, la cour n'ayant pris en compte aucune des circonstances atténuantes … La condamnation a surpris tout le monde car l'opinion publique semblait s'attendre à une condamnation qui n'aurait pas dépassé quelques mois de prison.
Solidarité Maroc cite cette remarque sarcastique (source Frajafilm) :
Malgré les dénonciations concernant les deux époux, seule l'épouse a été inculpée, alors que le juge a été innocenté. Encore une illustration de la justice, au Maroc.
Le blogueur Moustapha Mouden du blog collectif SidiSlimane, commentant sur la chaine de télévision 2M, le travail des mineurs dit de cette affaire:
يجب الآن الانتقال إلى المرحلة الثانية، وهي التحسيس ومواجهة الظاهرةومحاربتها في العمق
أي أن المشكل في فقر الأسر التي تبعث بناتها للاشتغال..
.لكن هناك كذلك مشكل الوعي بخطورة القضية، وبالتالي لا تكفي القوان
Nous devrions passer à la seconde phase de la campagne et du combat pour la solution du problème [du travail des mineurs] à ses sources. C'est-à-dire l'état de dénuement qui pousse tant de familles pauvres à envoyer leurs enfants au travail. Mais il y a aussi l'aspect de la prise de conscience de ce problème dont les lois ont démontré l'insuffisance du traitement.
Le blogueur analyse aussi le problème de la prise de conscience, quelque chose que les lois ne peuvent pas changer:
يجب التركيز على مسألة الوعي، والتحسيس بمختلف عواقب تشغيل الفتيات… وهو ما يتطلب كذلك إعمال النصوص القانوينة الخاصة بالموضوع، وإشعار السلطات المعنية بضرورة القيام بواجبها، ومن ذلك اتفاقية حقوق الطفل التي صادق عليها المغرب، ومدونة الشغل التي تجرم تشغيل من هو/هي في أقل من 15 سنة، وكذلك قانون إجبارية تدريس الأطفال
Nous devons nous concentrer sur la prise de conscience et l'information sur les différentes conséquences de ce phénomène en ce qui concerne les filles…Cela demande aussi une réforme législative et une plus grande rigueur des autorités dans l'application de la Convention des droits de l'enfance, ratifiée par le Maroc, et du code du travail, qui condamnent le travail des mineurs, c'est-à-dire le travail des enfants de moins de 15 ans, ainsi que de la loi elle-même, en rendant l'éducation obligatoire pour tous les jeunes enfants de ce pays.
L'auteur remercie particulièrement Hisham pour sa contribution à ce billet.

mardi 27 octobre 2009

Maroc: le quotidien espagnol El Pais à son tour interdit


(AFP) –26/10/2009

RABAT — Le quotidien espagnol El Pais a annoncé lundi que sa distribution avait été bloquée dimanche au Maroc pour avoir publié des caricatures de la famille royale marocaine, une mesure qui avait déjà frappé la semaine dernière son confrère français Le Monde.
"L'édition de ce quotidien repren(ait) une caricature diffamatoire diffusée récemment. Il a été bloqué à l'aéroport de Casablanca", a confirmé à l'AFP une source officielle marocaine.
"Le Maroc est un royaume démocratique, comme le royaume d'Espagne. Il ne peut tolérer la diffamation de ses institutions", a ajouté ce responsable sous couvert de l'anonymat.
El Pais, le plus important quotidien généraliste espagnol, a pour sa part précisé qu'il avait été accusé par les autorités marocaines d'avoir "attenté à l'institution monarchique" au Maroc, pour avoir reproduit samedi ces dessins, qu'avait déjà publiés Le Monde.
Il s'agit d'un dessin du caricaturiste du Monde Jean Plantu et d'un autre dessin qu'avait publié fin septembre le dessinateur marocain Khalid Gueddar dans le journal marocain Akhbar Al Youm.
La Fédération des associations de journalistes espagnols (FAPE) a "déploré" lundi soir à Madrid dans un communiqué cette interdiction, jugeant "lamentable que le ministère marocain de la Communication opte pour la censure" et menace le "pluralisme de l'information" au Maroc.
Le groupe espagnol Prisa, qui publie El Pais, participe au capital du Monde à hauteur d'environ 15 %.
Outre le journal El Pais, les autorités marocaines ont bloqué la distribution du Monde, qui a publié, dans ses éditions datées des 22, 23 et 24 octobre, des caricatures également jugées "irrespectueuses" de la famille royale.

ANDCM : victimes du système, les jeunes en lutte






Par Ali Fkir, 27/10/2009

L'association nationale des diplômés chômeurs (ANDCM)du Maroc couvre pratiquement tout le Maroc. Elle regroupe des milliers de jeunes diplôméEs (d'au moins d'une licence) issuEs des familles modestes qui ne sont pas pistonnéEs dans la fonction publique, qui n'ont pas des relations familiales ou autres dans le secteur privé, dépourvuEs de moyens financiers pour créer une entreprise ou "acquérir" un poste de travail...Ces jeunes qui ont bossé dure dans des conditions difficiles, et après leurs succès universitaires se retrouvent sur le carreau et sans droit aucun. Ces jeunes, filles et fils de travailleurs (ouvriers, paysans, petits artisans...) sont en réalité les victimes du système mis en place, c'est une des conséquences de la faillite des choix politiques, économiques, sociaux et culturels imposés au peuple marocain depuis une cinquantaine d'années.
Le conseil national de l'ANDCM s'est réuni le dimanche 25 octobre 2009 à Rabat, au local de l'UMT, et a décidé (entre autres ) ce qui suit:
- Lundi 26 octobre, diffusion publique d'un communiqué explicatif et mobilisateur, en plus de l'organisation d'une soirée de discussions et débats relatifs à la lutte nationale décidée par l'ANDCM
- Mardi 27 octobre, sit in devant le ministère de la justice à partir 11h du matin
- Mercredi 28 octobre, sit in devant le siège du parlement à partir de 14h
- Jeudi 29 octobre, sit in devant le ministère de l'éducation nationale à partir de 11h
- Jeudi 29 octobre, participation au sit in qui sera organisé l'après-midi à l'occasion de la "journée du disparu" .
- Vendredi 30 octobre, marche populaire qui partira de Bab Alhad (Rabat) à partir de 16h
- Samedi 31 octobre, rencontre avec des anciens dirigeants de l'ANDCM
- Dimanche 1er novembre, réunion du conseil national pour l'évaluation...

لجمعية الوطنية لحملة الشهادات الرباط في: 25 أكتوبر 2009
المعطلين بالمغرب
اللجنة الوطنية للإعلام
بلاغ
انعقد بتاريخ 25 أكتوبر 2009 بمقر الاتحاد المغربي للشغل بالرباط، المجلس الوطني الترتيبي للمعركة الوطنية المفتوحة معركة التأسيس 26 أكتوبر تحت شعار "نضال مستمر ومتواصل من أجل الحق في الشغل القار والتنظيم"، والذي جاءت خلاصاته على الشكل التالي:
* الاثنين 26 أكتوبر 2009: صباحا تعبئة بتوزيع بلاغ متضمن لشطر الأول من المعركة
مساء اعتصام بالمقر وفتح نقاش حول المعركة الوطنية
* الثلاثاء 27 أكتوبر 2009: وقفة أمام وزارة العدل ابتداء من الساعة11 (الحادية عشرة صباحا)
* الأربعاء 28 أكتوبر2009: اعتصام أمام البرلمان ابتداء من الساعة 14 (الثانية ما بعد الزوال)
* الخميس 29 أكتوبر2009 : اعتصام أمام وزارة التربية الوطنية ابتداء من الساعة 11 (الحادية عشرة صباحا) و المشاركة في وقفة يوم المختطف مساء.
*الجمعة 30 أكتوبر 2009 : مسيرة شعبية تنطلق من ساحة باب الأحد على الساعة 16 (الرابعة ما بعد الزوال)
* السبت 31 أكتوبر 2009: لقاء مع أعضاء المكتب التنفيذي للمؤتمر الوطني الرابع للجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين بالمغرب.
* الأحد 01 نونبر 2009: المجلس الوطني المفتوح الذي سيبث في آفاق المعركة الوطنية المفتوحة ابتداء من الساعة 10 (العاشرة صباحا) بمقر الاتحاد المغربي للشغل.
التواجد بالمقر خارج الأشكال النضالية .
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(écrit il y a quelques mois):
Ma solidarité inconditionnelle avec ces jeunes en lutte pour leurs droits élémentaires de citoyenneté: sans travail on ne peut avoir un logement indépendant, on ne peut se soigner, on ne peut avoir des vacances, on ne peut établir des relations sentimentales et humaines durables. Sans travail, on est un fardeau au sein de la famille, on est un individu indésirable, un intrus...sans travail les portes se "ferment au nez"...mais, même sans travail, mais en luttant pour ses droits légitimes, on gagne l'estime de touTEs les démocrates, ceux de l'Etat prennent peur de nous, on devient une force de lutte, on impose notre respect, on défend notre dignité, on montre le chemin de la liberté aux oppriméEs, le chemin de l'émancipation. On devient un symbole de la fierté des combattants du changement.
Les honnêtes gens préfèrent lutter, le ventre creux, mais la tête haute et le poing fermement brandi, que d'avoir le ventre plein mais avec un corps courbé devant les puissants de ce monde de classes.
Le défi, la résistance, le combat, c'est l'avenir, c'est la liberté. La soumission, c'est l'immobilisme, le fatalisme, c'est la dégradation
Ali Fkir (mercredi 24 juin 2009)

lundi 26 octobre 2009

Informations du Comité de Solidarité aves les ouvriers de SMESI (CSOS)

Par Ali Fkir, coordinateur, 26/10/2009

Communiqué

Les ouvriers licenciés abusivement par la SMESI, filiale de l'OCP, ont tenu aujourd'hui 26 octobre 2009 une assemblée générale au local de l'UMT à Khouribga et ont décidé, entre autres, :
- D'observer un sit in devant les locaux administratifs de l'OCP à Khouribga, et ce, le jeudi 29 octobre 2009 de 10h à 16h
- D'assister massivement au procès de leurs 4 camarades (dont un membre du bureau syndical) qui aura lieu le mardi 3 novembre 2009
- D'observer un sit in devant le siège central de l'OCP à Casablanca, et ce, le mercredi 4 novembre 2009 de 10h30 à 16h
La solidarité nous interpelle!

Rappel : Réunion du CSOS

Le COMITÉ DE SOLIDARITÉ AVEC LES OUVRIERS DE SMESI de Khouribga - Maroc, tiendra sa réunion prochaine le samedi 31 octobre 2009 de 10h à 13h au local de l'AMDH, section de Mohammedia.
- Les membres qui ne pourront pas assister à la réunion, peuvent envoyer par Email leurs suggestions au coordinateur.
- Les personnes (journalistes, militantEs des droits humains, militantEs syndicalistes, militantEs politiques, et autres solidaires des 850 ouvriers licenciés abusivement par SMESI filiale de l'OCP, groupe étatique) qui ne font pas partie du COMITE pourront assister à la réunion en tant qu'observateurs, et toute suggestion qui va
dans le sens de l'intérêt des victimes de l'OCP sera la bienvenue.

2 mois de prison ferme pour 44 euros dans une poche...




Par ASVT. Sahara Occidental, 25/26/10/2009


Il ne fait pas bon être Sahraoui, il ne fait pas bon revendiquer ses droits, il ne fait pas bon vouloir aider sa famille, peu importe la faute.... la célérité est à la mesure de l'Etat scélérat...

El-Aaiun – Sahara Occidental, le 25/10/2009
Le Procureur Général de Sale, ville au Nord de Rabat, a ordonné le transfert d’une femme Sahraouie dans la prison locale de la même ville, sous l’accusation de tentative illégale d’introduction d’argent à destination de son frère, détenu dans la même prison.Mm. Salka Dahan comptait rendre visite à son frère, activiste des droits de l’homme, Président de l’Association Sahraouie des Victimes de graves violations des Droits de l’Homme commises par l’état Marocain, Brahim Dahan, quand elle a été arrêtée par une officier gardienne de prison pour avoir tenté d’introduire la somme de 500 dirhams, soit 44 euros. Ce sont les charges retenues contre elle. Mm. Salka Dahan comparaîtra lundi devant le tribunal de première instance pour les chefs d’accusation sus mentionnés. L’association Sahraouie exprime sa profonde préoccupation quant aux dramatiques développements qui n’épargnent pas les familles des détenus, et appelle les autorités, les organisations et tous les individus à intervenir de toute urgence pour la relaxe de Mm. Dahan et de tous les prisonniers politiques Sahraouis.
El-Aaiun – Sahara Occidental, le 26/10/2009
Le tribunal de première instance de la ville Marocaine de Sale, au Nord de Rabat, a condamné aujourd’hui Mm. Salka Dahan à deux mois de prison ferme.Les autorités carcérales ont arrêté Mm. Salka Dahan la semaine dernière alors qu’elle essayait de rendre visite à son frère, Brahim Dahan, Président de l’Association Sahraouie des Victimes de graves violations des Droits de l’Homme commises par l’état Marocain. Elle a été condamnée pour avoir tenté d’introduire l’équivalent de 44 euros.L’association Sahraouie ASVDH condamne fortement ce procès injuste, qui fait partie d’une campagne menée par les institutions de l’Etat Marocain pour terroriser les citoyens Sahraouis, et leur confisquer tous droits à la liberté d’opinion et d’expression, garantis par les chartes et conventions internationales.
Source ASVDH.

Classements : Le Maroc recule ...

Classement WEF: Le Maroc recule encore

Le Forum économique mondial (WEF) vient de publier son rapport relatif aux technologies de l’information et de la communication (TIC): «The Global Information Technology Report 2008-2009». Il en ressort que le Maroc se positionne au 86e rang parmi les 134 pays retenus, reculant de 12 places par rapport à l’année dernière. Il est devancé par de nombreux pays de la région comme la Tunisie (38e), l’Arabie saoudite (40e), la Jordanie (44e), Oman (50e) et l’Egypte (76e).

A cet effet, la direction des études et des prévisions financières vient de publier une étude qui explique la méthodologie adoptée par le WEF pour classer les pays selon leur niveau de compétitivité en matière de TIC. Elle expose aussi les principaux résultats au niveau mondial et le positionnement du Maroc.

Lire le rapport en Français:
http://www.weforum.org/pdf/annualreport/2008/AR08_FR.pdf


Classement mondial de la liberté de la presse 2009

Le classement mondial de la liberté de la presse est établi comme chaque année par Reporters sans frontières, grâce aux centaines de journalistes et experts des médias qui ont répondu à son questionnaire. Il prend en compte les violations de la liberté de la presse commises entre le 1er septembre 2008 et le 31 août 2009.

Sur 175 pays le Maroc se classe 127éme, loin derrière le Congo, le Bengladesh, le Togo etc
(Le Maroc recule de 5 places par rapport à l'année dernière)


source : Dounia news

dimanche 25 octobre 2009

LA CNT SOLIDAIRE DES MINEURS MAROCAINS DE L’OCP !

Par la CNT, 18/10/2009
Depuis début septembre 850 mineurs de l’OCP (entreprise étatique qui extrait du phosphate), dans la région de Khouribga, sont en grève. Ce mouvement est la conséquence de leurs licenciements secs pour leur refus d’accepter les nouvelles conditions de travail au sein de l’entreprise.

En effet, la Direction de l’OCP entend revenir sur des acquis sociaux (CDI, salaire, sécurité sociale). Or ces droits, les mineurs les ont conquis dans le passé au prix de luttes souvent très dures. Parmi cette remise en cause, il y a entres autres l’idée de systématiser des CDD (contrats à la semaine) et de diviser les salaires par deux.
Le mouvement de grève est soutenu au Maroc par nombres d’organisations dont l’AMDH (Association marocaine des Droits de l’Homme), l'ANDCM et le syndicat UMT.
Comme cela arrive souvent au Maroc, ce qui prouve que le Maroc de Mohamed VI n’est pas très éloigné de la réalité des "années de plomb" du Maroc des années 80 et de Hassan II, la seule réponse est la politique de la matraque. La police attaque systématiquement tous les rassemblements de soutien. Les leaders syndicaux de l’OCP sont emprisonnés et torturés. Quatre d’entre eux passeront d’ailleurs en procès en novembre pour atteinte "à l’ordre public".
La CNT en tant qu’organisation se réclamant de la lutte des classes et de l’internationalisme entend apporter tout son soutien aux mineurs en grève de l’OCP.
La CNT fait d’ailleurs partie du Comité de soutien aux mineurs.

La CNT exige :
- La réintégration des 850 mineurs licenciés abusivement ;
- Le respect des droits syndicaux au sein de l’OCP et ses filiales ;
- La libération immédiate des syndicalistes inculpés.
Afin de contribuer au succès de la lutte légitime des mineurs contre l’arrogance des riches, la CNT multipliera dans les semaines à venir diverses actions de solidarité.

UN COUP CONTRE L’UN D’ENTRE NOUS EST UN COUP CONTRE NOUS TOUS ET TOUTES !


Il a joué dans le film Ali Zaoua et mis en prison à Essaouira : Assila, l'acteur et le récidiviste

Soumis par toma le mer, 2009-10-21
C'est l'histoire de milliers d'enfants marocains qui rejettent toute attache avec leur milieu social d'origine. Des enfants qui extériorisent leur malaise de façon violente et agressive. Des êtres désorganisés, avec une forte envie de détruire tout ce qui symbolise leur origine sociale. Des esprits mutilés, en conflit permanent avec eux-mêmes, en perte de repères et qui ont hâte de quitter la société qui les a rejetés, pour retrouver celle de la prison. L'histoire de S-A n'est pas un simple fait divers, une affaire judiciaire comme celles qui sont traitées au quotidien dans les commissariats et tribunaux du Royaume. Elle témoigne du danger permanent qui guette 400.000 enfants abandonnés, et 240.000 autres vagabonds à la merci du froid, de l'exclusion, des abus sexuels, des intoxications alimentaires, des maladies et de la délinquance.
Il y a deux semaines, le jeune S.A connu à Essaouira depuis son jeune âge sous le nom d'Assila, a été appréhendé par les éléments de la P.J pour vols, agressions à l'arme blanche, séquestration et viol et constitution d'une bande criminelle. Ce jeune récidiviste qui venait juste d'être relâché à la suite d'une grâce Royale alors qu'il purgeait une peine de trois ans pour vol et agressions, n'a pas nié les faits reprochés. Au contraire, il a tout de suite reconnu ses forfaits, et dévoilé l'identité des membres de sa bande criminelle composée de trois autres garçons et trois filles dont l'une demeure toujours en état de fuite. Durant plusieurs semaines, le nom d'Assila alimentait toutes les conversations à Essaouira. Il a réussi à semer la terreur dans les moindres recoins de l'ancienne médina de la paisible Essaouira : vol de couteaux et d'armes blanches, agressions de citoyens inoffensifs, hommes et femmes, comportement agressif et violent à l'encontre de citoyens terrorisés. Des méfaits qui attestent, d'après certains officiers de la P J, d'une évolution de sa criminalité et l’expression d'un profond ressentiment envers la société. Le jeune homme de 23 ans qui a fait l'expérience de l'incarcération depuis son jeune âge, n'éprouve plus de peur des services de sécurité. Pis, il a visiblement tout fait pour reprendre le chemin de la prison. « On n'aura pas ma peau cette fois, c'est fini; personne ne pourra plus me tromper, j'ai passé les trois quarts de ma vie en prison, plus rien ne compte pour moi », a-t-il répondu en réaction à l'intervention de l'un de ses ex-amis qui essayait de le raisonner. « Assila voit rouge, il vit sans repères ni valeurs, j'ai senti en lui de forts sentiments de rancune et d'agressivité; sa criminalité a pris le dessus de l'image de l'enfant abandonné qui a goûté à l'injustice de ses parents », nous a affirmé un aucien ami d'Assila, visiblement touché par ces derniers rebondissements. « Il voulait à tout prix, et le plus vite possible retourner en prison. Il frappait en plein jour, sans aucune peur ou hésitation. L'amour de la vie et le penchant naturel des êtres humains vers la liberté sont actuellement enfouis dans son attachement au petit monde qu'il a réussi à créer en prison. Il avait l'air d'un étranger, qui ne se sentait jamais chez lui. Bref, il avait hâte de retrouver ses compagnons de cellule avec qui il partage un monde dont il détient les secrets … », nous a déclaré une source sécuritaire. Assila est désormais un numéro de matricule entre autres, dans une prison avec des criminels avec qui il continue à nourrir sa haine qui ne cesse de grandir d’une condamnation à l'autre. C'est l'image d'une grave problématique sociale, psychologique et malheureusement sécuritaire. Le parcours tragique d'un enfant délaissé, de plusieurs milliers d'enfants abandonnés, stigmatisés, qui se sont fixés sur leur drame, qu'on avait mal aidés et accompagnés pour qu'ils puissent gérer au mieux leurs troubles et sentiments de rancœur. Enfant délaissé par ses parents, il a été adopté par une famille à Essaouira qui a tout fait, dans les limites de ses moyens, pour lui apporter le réconfort dont il avait besoin.
A l'âge de 10 ans, c'était le choc dans la vie d'Assila, il avait appris qu'il n'était que le fils adoptif et qu'il avait été abandonné par ses parents… Après, ce fut la fuite en avant, un parcours vertigineux que personne n'avait réussi à freiner, redresser et corriger. Il avait tout d'abord commencé par bouder l'école des l'âge de dix ans, la rue était devenue son refuge où il pouvait extérioriser ses sentiments d’enfant rebelle, contre toute fausse autorité parentale ou sociale. Petit à petit, c'était la drogue, et puis la délinquance. Même les efforts déployés par les assistants sociaux de l'Association Bayti durant plusieurs années, n'ont pas pu révéler le bon côté d'Assila. Le vagabondage était devenu pour lui un mode de vie. Dans la rue il a côtoyé des compagnons avec qui il a partagé ses frustrations, ses sentiments de rancune envers ses parents, et son penchant vers la criminalité. « Assila ne cessait de rentrer et sortir du centre correctionnel d'Essaouira, il était, dès son jeune âge, complice de criminels dans plusieurs affaires de vols, agressions et cambriolage; mais à chaque fois, il profitait de son statut de mineur pour échapper à la prison et prendre la fuite du centre pour y retourner après quelques mois », nous a déclaré une source sécuritaire.
A 13 ans, il fut choisi pour participer au film « Ali Zaoua » réalisé par Nabil Ayouch, une reproduction réaliste et choquante du vécu d'une enfance abandonnée qui a pris le chemin du vagabondage avec ses dangers et paradoxes. Certes, Assila avait peut-être la chance d’une réintégration sociale par le biais de l'art, mais personne ne savait quelles étaient les limites des opportunités, et de l'accompagnement matériel, psychologique et social déployé pour faire aboutir cette expérience qui a échoué à Essaouira, là où elle a relativement réussi à Casa. Les années passent et se ressemblent pour Assila. L'enfant mineur avait mûri, et la délinquance s'était muée en vraie criminalité. A 23 ans, il a rompu avec tout ce qui symbolisait son vécu d'enfance, pour construire un monde impitoyable, détaché de toutes les valeurs sociales. C'est le prix payé par notre société au quotidien faute de méthodes et moyens efficients pour résoudre du moins atténuer les effets de cette problématique sociale à multiples facettes. Les causes de l'abandon ne se limitent pas seulement au « premier péché », car il y a des orphelins, des enfants issus de familles nécessiteuses et les problèmes du divorce et de la prostitution. C'est un phénomène qui menace la stabilité de la société, mais ce sont surtout ces enfants qui payent le tribut des problèmes économiques et sociaux. De centaines de milliers d'enfants, entre 4 et 18 ans, meublent actuellement les rues des villes, errant en permanence sous de faux noms. De ce fait, il n'est pas évident de les contrôler, ni de suivre de près. Les efforts déployés par l'Etat et la société civile paralysée faute de moyens financiers, doivent toucher l'éducatif et le psychologique surtout, car ce sont les esprits de ces enfants privés de vie familiale qui ont le plus besoin de nourriture pour ne pas dépérir dans une ruelle comme un Ali Zaoua, ou moisir en prison comme un Assila.
(photos du film Ali Zaoua)