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samedi 27 février 2010

Tunisie : Ben Ali ferme une université


 par Hassane Zerrouky, L'Humanité, 26/2/2010
Après avoir fermé le lycée Louis-Pasteur de Tunis en 2007, les autorités tunisiennes ont fermé l’université libre de Tunis, établissement privé, qui formait chaque année 1 500 étudiants en ingénierie, architecture, gestion et droit. La décision a été notifiée à son fondateur et propriétaire, Mohamed El Bousseiri Bouebdelli, ingénieur informaticien de formation, le 29 janvier dernier, pour « carences et irrégularités d’ordre administratif et pédagogique ». Le 3 février, un administrateur, Moncef Jazzar, est désigné et met fin aux fonctions de Mehdi Bouebdelli, fils de Mohamed et Madeleine Bouebdelli, cofondatrice de cette institution.
Ces fermetures obéissent à des considérations financières  : faire main basse sur le marché de l’enseignement supérieur qui rapporte beaucoup d’argent. Elles procèdent d’une logique d’accaparement à des fins personnelles. Ainsi, la liquidation du lycée Pasteur en 2007 coïncidait avec l’ouverture du lycée international de Carthage, propriété de la famille de l’épouse du président Ben Ali. Quant à l’université libre  : on prête à Leïla Ben Ali le projet de créer dans le Lac Tunis une école privée d’ingénieurs. Bien sûr, les motifs politiques – c’est le non-dit de ces mesures arbitraires – ne manquent pas. Mohamed Bouebdelli a ­commis en octobre 1989 un livre, Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté, que le régime du président Ben Ali n’est pas prêt à lui pardonner. Comme il n’a pas pardonné à tous ceux qui, à l’instar de Taoufik Ben Brik et autres démocrates tunisiens, osent réclamer la liberté et la démocratie. Récemment, Hassan Ben Abdallah, qui a fait opposition à sa condamnation à dix ans de prison pour avoir manifesté lors des événements de 2008 dans le bassin minier de Gafsa, a été écroué à la prison de la ville.
Son propriétaire et fondateur, Mohamed Bouebdelli, a osé défier le régime tunisien.

27 février 2010 : 34ème anniversaire de la proclamation de la RASD

par Diaspora Saharaui, 27/2/2010

الجمهورية العربية الصحراوية الديمقراطية
Al-Jumhūrīyya al-`Arabīyya as-Saharāwīyya ad-Dīmuqrātīyya

Le 26 février 1976, l’Espagne prenait la honteuse décision de se retirer du Sahara Occidental sous la pression de la Maison Blanche et Paris. Le lendemain, le peuple sahraoui proclamait la naissance de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) pendant que les combats faisaient rage entre les troupes marocaines et sahraouies.
Les sahraouis fêtent aujourd’hui le 34ème anniversaire de la naissance de leur nation et le conflit attend encore une solution basée sur le Droit International, les sahraouis vivent encore dans l’exil, le Maroc occupe la terre, réprime la population et pille les ressources du territoire sous le regard complice de la communauté internationale.
L’Espagne, juridiquement puissance administrante officielle reconnue par l’ONU, continue d’être victime du chantage et des menaces marocaines comme c’est le cas de l’ensemble des pays européens. Le Maroc fait peur à tout le monde sauf aux sahraouis. Ceux-ci, malgré le rapport de forces, refusent de baisser les bras et ont donné des formidables leçons de courage, détermination et patriotisme. Leur arme indestructible est la justesse de leur cause et l’inviolabilité du principe du droit d’autodétermination.
La Charte des Nations Unies de 1945 et les Résolutions 1515, 1541 et 2625 adoptées postérieurement par l’Assemblée Générale affirment le droit des peuples coloniaux à l’indépendance par le biais d’une consultation démocratique. Le peuple sahraoui maintient cette condition juridique et est un titulaire du droit inaliénable à la libre détermination. Pour son exercice, sont considérés sahraouies l’ensemble de personnes registrées dans le recensement réalisé par l’Espagne en 1974, actualisé par les Nations Unies en application du Plan d’accord qui a été accepté par le Maroc et le Front Polisario en 1990.
Le principe du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui comporte, du point de vue du Droit international, des conséquences. Premièrement, le statut social juridique du territoire du Sahara Occidental, en tant que territoire non-autonome en attente d’être décolonisé, tel que défini par les Nations Unies, porte un statut juridique spécial qui ne permet pas de le considérer, en aucun cas comme partie intégrante du territoire marocain (puissance occupante du territoire), ses frontières doivent être les mêmes que celles fixées à l’époque de la domination coloniale espagnole (principe de l’intangibilité des frontières coloniales) et aucun État ne devrait signer d’accord avec le Maroc qui supposerait reconnaître la souveraineté marocaine sur le territoire du Sahara Occidental.
Comme stipulé par le Secrétaire Général Adjoint des Affaires Juridiques des Nations Unies dans son rapport de 2002, les Accords Tripartites de Madrid de 1975 entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie n’ont pas transféré la souveraineté du territoire ni attribué à aucun des signataires la condition de puissance administrante que l’Espagne ne pouvait céder unilatéralement, sans intervention de l’ONU.
Deuxièmement, le peuple sahraoui a une souveraineté permanente sur les ressources du territoire, et par conséquent, tout État doit s’abstenir de signer avec le Maroc des accords qui impliquent l’exploration ou l’exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental. N’importe quel accord conclu par le Maroc avec des États tiers viole le Droit International et est considéré juridiquement nul. Et troisièmement, le Front Polisario est en légitime position, du point de vue juridique international, d’utiliser la force armée pour défendre le droit à l’autodétermination.
La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) possède, sans aucun doute, les éléments qu’exige le Droit international pour être considérée comme un État : Un territoire, une population et un gouvernement ou une organisation politique. Le territoire est celui qui était un territoire colonial espagnol, dont une partie est aujourd’hui occupée militairement par le Maroc. La population est le peuple sahraoui, une population autochtone enracinée sur le territoire lorsque le fait colonial a eu lieu, qui ne sont ni marocains (ils vivent sous l’occupation), ni algériens, ni espagnols (même s’ils étaient considérés comme tels lorsque le Sahara est devenue une "province d’outre-mer" en 1957, avec des cartes d’identité et des passeports espagnols).
Et l’organisation politique, capable d’établir un ordre interne et apte pour participer au niveau international, c’est le Front Polisario (le Front Populaire pour la Libération de Saguia el Hamra et Río de Oro). En tant qu’État, il a été admis en 1984 comme membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), aujourd’hui l’Union Africaine, et il a été reconnu comme tel pour plus de 80 états.
Après 34 ans, l’ONU continue de porter sur son dos le fardeau de la décolonisation du Sahara Occidental. En continuant à se plier au banditisme marocain, elle devra en assumer les conséquences. Le peuple sahraoui, pour sa part, n’est pas prêt à rendre les armes.

L'incroyable enquête du Dubaïgate

par Lemonde.fr, 26/2/2010
Mahmoud Al-Mabhouh, considéré par Israël comme un maillon essentiel de la contrebande d'armes à destination de la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement palestinien Hamas, a été retrouvé mort le 20 janvier dans un hôtel de Dubaï. Le Mossad, le service de renseignement israélien, est suspecté d'être à l'origine de ce meurtre. Au fil des jours, l'enquête est devenue de plus en plus complexe ; pas moins de vingt-six personnes, porteuses de passeports occidentaux, sont recherchées par la police de Dubaï.
  • Les faits : le 20 janvier Mahmoud Al-Mabhouh est retrouvé mort dans la chambre n° 230 de l'hôtel Al-Bustan Rotana de Dubaï. Grâce aux nombreuses caméras de surveillance présentes à Dubaï, la police retrace l'itinéraire du commando chargé de le tuer. Le cadre du Hamas a été filé après son arrivée à Dubaï et le commando a réservé une chambre face à la sienne dans son hôtel. "Il a été étouffé après avoir reçu peut-être une décharge électrique", a déclaré le chef de la police à Dubaï, le général Khalfan.

  • Qui était Mahmoud Al-Mabhouh ? Né le 14 juin 1960, dans le vaste camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, Mahmoud Al-Mabhouh a rejoint à 18 ans le mouvement des Frères musulmans, qui a fondé le Hamas. Militant actif, il a régulièrement été détenu dans les geôles israéliennes au cours des années 1980. Il s'est fait connaître pour avoir orchestré l'enlèvement et l'assassinat de deux soldats israéliens en 1989.

    En 1990, Al-Mabhouh a fui la bande de Gaza pour l'Égypte après la destruction de sa maison par l'armée israélienne. Détenu trois mois en Egypte, il s'est rendu en Libye et enfin en Syrie, où il a vécu jusqu'à son assassinat, précise le Hamas. Mais on dispose de peu de détails quant à ses activités dans les deux dernières décennies.
  • Pourquoi le Mossad est-il suspecté ? Rapidement, les services secrets israéliens sont suspectés d'être à l'origine de ce meurtre. Le 15 février, après la découverte de l'utilisation par les suspects de passeports occidentaux, le chef de la police de Dubaï a dit "ne pas exclure une implication du Mossad ou d'autres parties dans l'assassinat" : "Israël commet de multiples assassinats dans beaucoup de pays, y compris dans des pays alliés." Même la presse israélienne soulève cette hypothèse. "Une méthode du Mossad", titre ainsi le quotidien Haaretz, le 16 février, en notant que les "préparatifs minutieux rappellent les actions du Mossad dans le passé". Les services secrets israéliens ont en effet mené de nombreuses opérations spectaculaires d'assassinats de dirigeants palestiniens à l'étranger, dont le bras droit du dirigeant historique Yasser Arafat, Abou Jihad, en avril 1988, lors d'un débarquement à Tunis, et le chef de l'organisation radicale du Djihad islamique, Fathi Chakaki, en octobre 1995 à Malte.
  • L'enquête : A la mi-février, la police de Dubaï annonce que onze personnes, porteuses de passeports européens, sont suspectées. Le 24 février, elle annonce qu'elle recherche désormais vingt-six suspects porteurs de passeports occidentaux. Sur ces vingt-six suspects (dont six femmes) douze détiennent des passeports britanniques, six sont porteurs de passeports irlandais, quatre sont munis de passeports français, trois de passeports australiens et un d'un passeport allemand. Certains de ces passeports sont faux, d'autres des vrais avec usurpation d'identité, et seraient des passeports "diplomatiques". Certains auraient utilisé l'identité d'Israéliens ayant une double nationalité. Enfin, trois Palestiniens seraient également interrogés dans cette affaire.

    La police a précisé que les quinze nouveaux suspects, dont les photos ont été diffusées (voir ci-dessus), étaient arrivés à Dubaï en provenance de six villes européennes et de Hongkong, et que quatorze suspects avaient utilisé, pendant leur séjour à Dubaï, des cartes de crédit délivrées par une seule banque, META Bank, une institution financière américaine.
    Finalement, fin février, le chef de la police de Dubaï se dit "certain à 99 %, sinon à 100 % que le Mossad est derrière l'assassinat". Il affirme que les enquêteurs ont des preuves, dont des écoutes téléphoniques, sur l'implication du renseignement israélien dans le meurtre. Selon lui, l'ADN d'au moins un des suspects ainsi que les empreintes digitales de plusieurs autres ont également été retrouvés.
  • Les réactions : La communauté internationale a unanimement condamné cet assassinat, sans pour autant mettre directement en cause Israël. Ce meurtre "soulève des questions qui sont profondément dérangeantes", ont affirmé les Vingt-Sept. De leur côté, Londres, Dublin, Paris, Sydney et Berlin ont récemment demandé des explications aux ambassadeurs d'Israël sur les passeports utilisés par le commando.
  • Israël. Jusqu'à présent, Israël est resté discret sur cette affaire. Seul le ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a déclaré que "rien ne prouve qu'Israël est impliqué dans cette affaire". "Je pense que vous regardez trop de films de James Bond", a-t-il ajouté. De son côté, le ministre de l'industrie, Binyamin Ben Eliezer, ancien titulaire du portefeuille de la défense, a affirmé que les opérations menées par le Mossad doivent obtenir l'aval du seul premier ministre, Benyamin Nétanyahou. Citant des sources non identifiées proches du Mossad, le journal britannique Sunday Times a affirmé fin février que M. Nétanyahou avait rencontré les membres du commando, au quartier général du Mossad à Tel-Aviv, avant qu'ils ne se rendent à Dubaï pour tuer Al-Mabhouh.
Sur le même sujet

le Mossad m’a tuer
par Langue sauce piquante, le blog des corecteurs du Monde.fr

juduoqi-execution.1266568692.jpgDans l’affaire du responsable du Hamas trouvé mort à Dubaï dans sa chambre d’hôtel, le 20 janvier – assez probablement tué par le Mossad, “service secret” d’Israël (pas si secret que cela) –, la presse n’a pas longtemps hésité sur le terme idoine : assassinat. Mais voilà que le président Sarkozy a officiellement employé exécution à ce propos, lundi 22 février.
L’emploi de l’un ou de l’autre n’est pas neutre.
L’assassinat, c’est le “meurtre avec préméditation” selon les dictionnaires. (Le meurtre étant, lui, “l’action de tuer volontairement”. La différence entre les deux serait donc la préméditation. Ce sont en réalité de quasi-synonymes*.) L’assassinat et le meurtre sont en quelque sorte une activité “privée” mais interdite et réprimée par l’État.
Il en va autrement avec l’exécution, opération ordinairement réservée aux États*, dont ils ne se cachent pas, à laquelle ils donnent même une certaine publicité, et qui est le résultat d’un jugement en bonne et due forme. On a longtemps parlé à ce propos de prérogative “régalienne” et de “haute œuvre” : “l’exécuteur des hautes œuvres” étant le bourreau, l’assassin officiel en quelque sorte.
Parler d’assassinat fait ressortir le caractère criminel de l’acte. Employer exécution, c’est faire preuve d’indulgence et lui donner une certaine légitimité : de la part d’un chef de l’État, Sarkozy en l’occurrence, c’est peut-être même l’expression d’une solidarité cachée : la reconnaissance, entre pairs, du droit d’occision, régalien et imprescriptible*.
On ajoutera que la tempête de protestations (le “Dubaïgate”), y compris de la part de Sarkozy, ne porte pas tant sur l’acte lui-même que sur son amateurisme et le fait qu’il a été perpétré de façon trop maladroite et voyante.
* tout au plus peut-on noter que meurtre est privé de verbe par l’affaiblissement sémantique de meurtrir, qui a eu jadis le sens de “tuer”, mais qui n’a plus que celui de “blesser”.
* ou aux bandes armées truandes ou mafieuses, qui sont en fait de micro-États. Cf. la remarque d’Engels (le joyeux drille) sur l’État, qui se résume en dernière analyse à une “bande armée”.
* en France, la peine de mort est officiellement abolie, mais l’État, au plus haut niveau, se réserve le droit d’estourbir en douce et à l’étranger, ce que l’on appelle les “actions homo” (pour “homicide”) dans le langage des services secrets.
Illustration : JuDuoQi : Exécution en rang d’oignons.
PS : la faute dans le titre est volontaire et fait référence au fameux “Omar m’a tuer” (affaire du meurtre de Ghislaine Marchal, en 1991).

Tunisie : Les procès du bassin minier de Gafsa continuent

 Arrêt des poursuites à l’encontre de Fahem Boukadouss et Hassan Ben Abdallah
  Par Adel.Thabet, 22/2/2010
Fahem Boukadouss, correspondant de la chaîne Al Hiwar Attounoussi, et Hassan Ben Abdallah, coordinateur du comité local des diplômés enchômagés à Redeyef, vont comparaitre le mardi 23 février 2010 devant le tribunal d’appel de Gafsa. Tous les deux, avaient fait opposition à leur condamnation par contumace dans le procès des animateurs du mouvement social du bassin minier de Gafsa. Ils avaient été condamnés à des peines de prison ferme, 10 ans pour Hassan Ben Abdallah et 6 ans pour Fahem Boukadouss.
Fahem Boukadouss et Hassan Ben Abdallah risquent la prison pour de longues années à l’issue de ce procès. Leur seul tort étant d’avoir exercé librement son métier de journaliste pour le premier et d’avoir exigé le droit au travail et à une vie digne pour le second.
La libération conditionnelle des détenus du bassin minier le 4 novembre dernier, est loin de signifier une volonté d’apaisement et de dialogue avec la population de la part du pouvoir tunisien. Bien au contraire, les jeunes de M’Dhilla qui ont fait opposition aux peines prononcées à leur encontre par contumace, se sont retrouvés en prison. Adnane Hajji et les autres animateurs du mouvement subissent filature et harcèlement policiers au quotidien. Aucun des détenus renvoyés de son travail n’a été réintégré dans son emploi. La misère et la pauvreté continuent à sévir dans la région.
Nous exprimons notre entière solidarité avec Fahem Boukadouss, Hassan Ben Abdallah et l’ensemble de la population du bassin minier de Gafsa dans leur lutte légitime.
Nous exigeons :
- L’arrêt des poursuites à l’encontre de Fahem Boukadouss, Hassan Ben Abdallah et de toutes les personnes poursuivies dans le cadre des procès du mouvement du bassin minier.
- La promulgation d’une amnistie en faveur des détenus du bassin minier et leur réhabilitation dans leurs droits.
- La mise en place des moyens nécessaires pour une véritable politique de développement dans la région au profit de l’emploi, de l’amélioration des conditions de vie de la population et du respect de l’environnement.
Premiers signataires :
 Ligue des Droits de l' Homme (LDH), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Association pour la Taxation des Transactions Financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC), Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc (ASDHOM), Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Assemblée de la communauté originaire de Turquie (ACORT), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des Tunisiens en France de Paris (ATF-Paris), Union syndicale Solidaires, Confédération Nationale du Travail (CNT), Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Les Verts, Parti Communiste Français (PCF), La Voie Démocratique, Parti Démocratique et Progressiste (PDP), Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT), Ettajdid France, Le Congrès pour la République (CPR).

Immigrés : le test de la "journée sans nous"

par Laetitia Van Eeckhout, Le Monde, 27/2/2010
Ce ne sera pas une grève mais un moment symbolique : en appelant à la mobilisation le 1er mars, le collectif "24 heures sans nous, une journée sans immigrés" entend "démontrer l'apport indispensable de l'immigration" à la France, en particulier son poids dans l'économie. Elle vise aussi à exprimer l'exaspération d'une nouvelle génération d'immigrés et d'enfants d'immigrés à l'égard des "dérapages" et des propos stigmatisants de plus en plus fréquents dans le discours politique.
Cette initiative, organisée le même jour en Italie et en Grèce, s'inspire d'une expérience observée aux États-Unis en 2006 : visés par une loi criminalisant la travail clandestin, des centaines de milliers d'immigrés hispaniques avaient paralysé les grandes villes du pays. Les manifestations avaient abouti au retrait du texte.
En France, le mouvement, qui se veut apolitique, cherche avant tout, en cessant de consommer et/ou de travailler, à "marquer la nécessité de la participation des immigrés à la vie de la cité".
En réalité, leur apport n'a jamais été mesuré. A la différence d'autres pays, comme la Grande-Bretagne ou l'Espagne, la France n'a jamais cherché à connaître l'impact de l'immigration sur son économie.
Les immigrés occupent pourtant une part non négligeable dans la population active. Selon les dernières données tirées du recensement par l'Insee, en 2007, 2,4 millions d'immigrés résidant en France métropolitaine déclaraient travailler ou se trouver au chômage : ils représentaient 8,6 % des actifs.
Si l'on s'en tient à la seule population active occupée (hors chômeurs), leur part se maintient même à un niveau plus élevé : de 10,7 % en 1995, elle s'établissait à 11,3 % en 2007, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). "Cette stabilité de la présence des immigrés dans l'emploi total montre que quelle que soit la conjoncture, on ne s'en passe pas", relève Jean-Pierre Garson, chef de la division des migrations internationales de l'OCDE.
Cette stabilité globale masque une situation contrastée selon les secteurs. Mais, contrairement à une idée reçue, les immigrés sont loin de travailler dans les seuls secteurs en déclin que sont l'agriculture ou l'industrie. Leur présence, bien qu'en recul, reste forte dans la construction. Elle l'est cependant plus encore et tend à croître dans les services. Comme le reste de la population en emploi, les immigrés travaillent désormais majoritairement dans le tertiaire. Dans certaines activités, comme les services domestiques et l'hôtellerie-restauration, ils représentent même plus de 20 % de la main-d'oeuvre.
"FORCE DE TRAVAIL "
Leur nombre est important et progresse dans des secteurs plus qualifiés, tels l'informatique (17,4 %) ou les services aux entreprises (16,5 %). Les immigrés accompagnent ainsi l'évolution de l'appareil productif de l'industrie vers les services. "Ils ne constituent pas qu'une main-d'œuvre non substituable et confinée à deux ou trois secteurs. Ils sont une force de travail complémentaire à la main-d'œuvre nationale", insiste M. Garson.Leur part dans la création nette d'emplois tend d'ailleurs à croître. De 13 % en moyenne entre 1997-2007, celle-ci a connu un renforcement marqué sur la seconde moitié de cette décennie, s'élevant à 40 %, selon l'OCDE.
Bien que non négligeable, la contribution des immigrés à la création nette d'emplois en France reste néanmoins inférieure à ce qu'elle est notamment au Royaume-Uni, en Espagne, ou encore en Italie, pays qui ont connu sur la même période des flux migratoires à des fins d'emploi nettement plus forts. "L'apport des immigrés dépend étroitement de la structure de l'emploi et de l'intensité de l'activité du pays. Or, en France, le marché du travail n'est pas très porteur. Et surtout les réserves de main-d'œuvre sont encore importantes, en particulier parmi les jeunes et les femmes", explique M. Garson. Si, partout, les immigrés, plus vulnérables, jouent un rôle d'amortisseur en temps de crise, ils viennent dans d'autres pays davantage renforcer la croissance qu'en France. "C'est là, dit M. Garson, une leçon à retenir dans la perspective de la reprise et du rôle déterminant que peuvent y jouer les travailleurs immigrés."

Le témoignage de Najlae, battue en France, expulsée au Maroc

par Veilleur de jour, 26/2/2010
L’histoinajlae.1267171619.JPGre de Najlae Lhimer, 19 ans, a été largement reprise par la presse. Elle était régulièrement battue par son frère. Le 18 février, ce dernier a trouvé un mégot de cigarette dans la chambre de Najlae , une dispute éclate. Elle est rouée de coups par son hébergeur avec « un manche d’aspirateur et un fer à lisser » d’après la mère d’une de ses amies, citée par Libération. Le même jour, elle a déposé une main courante au commissariat de Montargis. Le lendemain elle a porté plainte à la gendarmerie de Château-Renard, tout en présentant un certificat médical attestant une incapacité de travail de huit jours. Mais les gendarmes se sont intéressés uniquement à sa situation irrégulière. Najlae Lhimer est placée en garde à vue et expulsée sans délai, le samedi 20 février dans la matinée.
“Tous ses droits ont été bafoués, écrit Ibrahima Koné sur le site Yabiladi ,  car elle n’a pas pu saisir la justice pour les violences subies.” A son arrivée à Casablanca, la lycéenne a été de nouveau arrêtée par la police marocaine avant de sortir libre du palais de justice.
Elle est soutenue par le Réseau éducation sans frontières (RESF), qui espèrnajlae2.1267171755.JPGe obtenir rapidement son retour en France. Quant à son frère, il n’a toujours pas été inquiété par la justice selon France 3. Xavier Parisot, de retour du Maroc montre des photos qui témoignent de la violence des coups ayant justifié un arrêt de travail de 8 à 15 jours.
Le site Bakchich diffuse aujourd’hui une vidéo où s’exprime Najlae, à Casablanca, le 23 février, entourée des membres de RESF Maroc.
Charlotte Cans précise dans Bakchich que “selon Maître Gilles Laille, avocat au barreau de Paris, l’administration a agi « dans l’illégalité complète ». « L’arrestation et l’expulsion de Najlae relèvent d’une procédure inéquitable en vertu de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme. Par ailleurs, la gendarmerie a commis une faute lourde en refusant d’enregistrer la plainte de cette jeune femme. »
Mardi 23 février, le sénateur PS du Loiret, Jean-Pierre Sueur, a interpellé le gouvernement sur cette expulsion. Le sénateur a également demandé que la décision d’expulsion de Najlae soit « reconsidérée ».
A lire, l’article de Noria Ait-Kheddache dans l’Express, “Violences: la double peine des femmes étrangères” qui s’interroge sur les recours que peuvent bien avoir ces femmes contre la violence quand elles sont sans papiers…

Les sans droits ne baissent pas les bras

Par Ali Fkir, 27/2/2010

Dans leur mouvement légitime pour un logement salubre, des centaines de citoyens et surtout de citoyennes ont effectué:
- le 22/02/2010 un sit in devant l'agence urbaine de casablanca
- le 24/02/2010 un sit in devant le conseil d'Anfa malgré l'intervention musclée des forces de répression qui ont essayé de disperser les protestataires
- 25/02/2010: sit in à Ahl Loughlem
Le "comité de suivi" organisera au siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la Voie Démocratique) le dimanche 28 février 2010 une assemblée pour évaluer la situation et fixera les objectifs futurs du mouvement
La solidarité avec les sans droits de citoyenneté nous interpelle.

vendredi 26 février 2010

SMESI : Solidaridad/Soutien de la CGT-Andalucía

Por Comité de solidaridad con los obreros de Smesi (CSOS), mricheno@yahoo.es,  26/2/2010
REPRESIÓN EN KHOURIBGA
Decenas de heridos, una quincena (entre los cuales dos miembros del comité sindical) se encuentran todavía en el hospital, 3 están en un estado juzgado muy grave (entre ellos Ennadmi Rachid miembro de la oficina sindical).Es el resultado de la salvaje intervención de distintas fuerzas represivas contra la concentración organizada hoy jueves 25 de febrero de 2010 por los 850 mineros despedidos injustamente por la OCP, el primer grupo económico marroquí (organismo público).
Recordemos que las autoridades prohibieron la concentración que debería haberse realizado el viernes 20 de febrero de 2010 delante de los locales administrativos de la OCP en Khouribga, y que reprimieron salvajemente la marcha organizada el martes 23 de febrero hacia la prefectura de Khouribga.
En este mismo momento (16:07 del 25/02/2010) centenares de obreros se agrupan delante del hospital de la ciudad.
Los proletarios, víctimas de la injusticia, organizarán el viernes 26 de febrero de 2010 una concentración de protesta delante de los locales administrativos de la OCP en Khouribga.
El Comité de solidaridad con los obreros de SMESI desea condenar vigorosamente esta represión, y denunciar la connivencia OCP- Estado.
El CSOS desea expresar su viva solidaridad con los 850 obreros despedidos injustamente por la OCP y que están en paro desde julio-agosto de 2009.

El CSOS hace un llamamiento a todas las personas, y a todas las organizaciones comprometidas con la justicia para solidarizarse con las víctimas y sus familias y para denunciar la complicidad del Estado marroquí con la OCP que pisotea con arrogancia la ley vigente sobre las libertades sindicales y otros derechos de los trabajadores.
El CSOS exige la readmisión de todos los obreros despedidos injustamente, su contratación como fijos y el respeto del sindicato que han elegido …
VIVA LA SOLIDARIDAD NACIONAL
VIVA LA SOLIDARIDAD INTERNACIONAL
VIVA LA SOLIDARIDAD INTERNACIONALISTA
A TODOS Y A TODAS NOS AFECTA
COMITÉ DE SOLIDARIDAD CON LOS OBREROS DE SMESI

LA RECOMPENSA PARA LOS TRABAJADORES: PALOS
Según la última información recibida de Khouribga, 30 obreros de SMESI habrían sido hospitalizados siempre a raíz de la cobarde represión de la que han sido víctimas el jueves 25 de febrero de 2010. Ennadmi Rachid miembro del comité sindical así como dos otros dos trabajadores se encuentran en un estado juzgado muy grave.
¿Qué crimen cometieron estos centenares de proletarios para merecer el garrote, las patadas, los golpes sobre todas las partes del cuerpo…?
Centenares de niños de madres de familia, y demás parientes de las víctimas, estómagos vacíos, rechinando de frío, viven desde julio-agosto de 2009 una travesía sin final. Es el descenso a los infiernos de millares de inocentes.
Estos centenares de proletarios que tanto han dado a este país se encuentran hoy arrojados a la calle como desechos.
Es el sumum de la ingratitud. ¡ Vergüenza para la OCP! ¡ Vergüenza para el Estado marroquí!
ELIGIERON LA UMT COMO SINDICATO DONDE ADHERIRSE. CONSTITUYERON SU SECCIÓN SDINICAL QUE LA OCP SE NIEGA A RECONOCER. HAN DECIDIDO COMBATIR PARA ARRANCAR SUS LEGÍTIMOS. DERECHOS
Ali Fkir, coordinador del comité de solidaridad con los obreros de SMESI
Traducción: CGT- ANDALUCÍA
ULTIMAS NOTICIAS SOBRE LA REPRESIÓN DE LOS TRABAJADORES DE KHOURIBGA
Comunicado
Dos de los obreros heridos han sido dados de alta mientras 28 permanecen hospitalizados. Los tres heridos que se encontraban en estado crítico han merjorado y se encuentran fuera de peligro grave.
Seguimos condenando con energía la salvaje represión de la que han sido víctimas centenares de trabajadores que no hacen más que reclamar sus derechos.
Denunciamos la complicidad del estado marroquí con la empresa, con la OCP
Expresamos nuestra solidaridad con las víctimas y sus familias


Pétition: le devenir des déchets nucléaires.

Pétition pour un DÉBAT PUBLIC sur le démantèlement des installations nucléaires
et le devenir de leurs déchets radioactifs !
Je signe!

Il existe 121 installations nucléaires en France, imposées aux Français sans aucune consultation démocratique. 14 d’entre elles sont arrêtées. Se pose aujourd’hui la question de leur démantèlement et du devenir de leurs déchets radioactifs.
Les autorités tentent d’occulter cette question en morcelant les dossiers enquête par enquête. Le 6 juin 2007, le Réseau "Sortir du nucléaire" a obtenu gain de cause devant le Conseil d’Etat, qui a annulé le décret autorisant le démantèlement de la centrale de Brennilis, aucun débat public n’ayant eu lieu. A plusieurs reprises, le Réseau "Sortir du nucléaire" a demandé aux ministres concernés l’ouverture d’un débat public sur la question globale du démantèlement des installations nucléaires et du devenir de leurs déchets, conformément aux directives européennes en vigueur.
Pourquoi engager précipitamment les opérations de démantèlement, alors que les travailleurs seront beaucoup plus exposés à la radioactivité et qu’il n’existe à ce jour aucune installation pour le stockage des déchets les plus radioactifs ?
Au sortir du Grenelle de l’environnement, Nicolas Sarkozy a pris l’engagement de ne pas créer de nouveau site nucléaire. En contradiction avec cette promesse, les autorités cherchent pourtant à créer un nouveau site d’enfouissement dans l’Est de la France pour accueillir les déchets issus du démantèlement. Les populations locales refusent avec raison que leur territoire subisse pendant des millénaires les rejets de radioactivité d’une poubelle nucléaire.
Le bilan catastrophique du site d’enfouissement allemand d’Asse II et le coup d’arrêt porté au projet de Yucca Mountain (Etats-Unis) par le président Obama montrent que l’expérience de Bure (Meuse) doit être arrêtée, et l’option de l’enfouissement des déchets radioactifs doit être définitivement proscrite.
De même, il n’est pas acceptable que soit créé, sur le site du Bugey (Rhône), un site d’entreposage provisoire des déchets les plus radioactifs issus du démantèlement. Cette option augmenterait le nombre de transports de déchets hautement radioactifs et dangereux à travers toute la France.
Il faut examiner et débattre la possibilité du stockage des déchets radioactifs sur les sites mêmes où ils ont été produits. Chacun des sites de stockage déjà existants (Morvilliers, Soulaines, Cadarache, La Hague…) doit être reconsidéré.
Il est impossible de confiner les déchets radioactifs pendant des millénaires, et le danger qu’ils représentent est avéré. Se pose ainsi la question d’arrêter d'en produire.
Je demande l’ouverture d’un débat public contradictoire, équitable envers toutes les parties prenantes, honnête et non truqué, sur le démantèlement des installations nucléaires et le devenir de leurs déchets radioactifs. Tout chantier en cours visant à démanteler une installation nucléaire doit être stoppé tant que ce débat public n'aura pas eu lieu.
Cliquez sur le lien pour avoir la page complète et signer la pétition
http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=petition-demantelement&page=index

Soutien d'Annahj Addimocrati aux ouvriers sauvagement réprimés à Khouribga le 25/2/2010

Rappelons que 28 ouvriers blessés sont toujours à l'hôpital de Khouribga (11h30 du vendredi 26/02/2010).
Par Ali Fkir, 26/2/2010
 Dans son communiqué (en arabe) ANNAHJ ADDIMOCRATI (la Voie Démocratique):
- condamne la répression dont furent victimes des centaines de prolétaires.
- Exprime la solidarité d'ANNAHJ ADDIMOCRATI avec les victimes et leurs familles
- Ré-exprime sa solidarité avec les 850 ouvriers de SMESI licenciés abusivement par l'OCP (avec la complicité de l'Etat marocain).
- Exige la satisfaction des revendications des ouvriers....
Ali Fkir membre du comité national d'ANNAHJAddimocrati
De: Mohmmed Jabbar
Objet: النهج الديمقراطي بخريبكة يدين عاليا المجزرة الرهيبة التي اقترفتها السلطات بخريبكة
النهج الديمقراطي
فرع خريبكة
خريبكة في: 25 فبراير 2010
النهج الديمقراطي بخريبكة يدين عاليا المجزرة الرهيبة التي اقترفتها السلطات بخريبكة
في حق عمال سميسي ـ ريجي، ويطالب بمحاكمة المسؤولين عنها وبإنصاف العمال
يوم الخميس 25 فبراير كان يوما أسود بمدينة خريبكة زالت فيه كل المساحيق التي تعمل الدولة المخزنية على إخفاء وجهها البشع خلفها، فـ «دولة الحق والقانون»المتغنى بها رسميا تحولت إلى دولة القمع الهمجي و الدوس على أبسط الحقوق، و «الانتقال الديمقراطي»تحول إلى انتكاسة صادمة أرجعت عقارب الساعة إلى أحلك أيام سنوات الرصاص التي للأسف ما زالت مستمرة، و «طي صفحة الماضي» انكشف زيفها حيث الهمجية في أبشع صورها، طالت عمالا عزلا عانوا هم وأسرهم من القمع والتجويع لمدة تزيد عن 7 أشهر بسبب توقيفهم عن العمل لمجرد تأسيسهم مكتبا نقابيا تابعا للاتحاد المغربي للشغل للمطالبة بإدماجهم وترسيمهم في إطار المجمع الشريف للفوسفاط بعد أن اشتغلوا لمدة تصل حتى 9 سنوات دون أبسط الحقوق.
فالعمال الذين كانوا على موعد مع وقفة احتجاجية سلمية يوم 25 فبراير 2010 أمام إدارة الفوسفاط بخريبكة، فوجئوا بجيش جرار من قوات التدخل السريع للقوات المساعدة ومن البوليس بمختلف أنواعه المدجج بالعصي والهراوات وكل أدوات القمع يطوقهم من كل الجهات، وقد بدأ بالتنكيل بالعمال دون أدنى شفقة حتى قبل وصولهم للمعتصم، مما خلف جروحا وإصابات متفاوتة في صفوف أغلب العمال، حالة28 منهم حرجة وضمنها 4 حالات كسر ما بين الأيدي والأرجل والأضلع، وهم ما زالوا طريحي الفراش بالمستشفى الإقليمي بخريبكة، الذي ظل مطوقا حتى وقت متأخر من هذا المساء من طرف قوات القمع التي منعت إخوانهم العمال وعائلاتهم من زيارتهم.
إننا في الفرع المحلي للنهج الديمقراطي، وانطلاقا من مواقفنا المبدئية الداعمة بشكل مطلق لحقوق العمال و كفاحاتهم، نعبر عما يلي:
1ـ إدانتنا الصارخة للقمع الهمجي الذي طال عمال نقابة سميسي ـ ريجي لمجرد عزمهم تنفيذ وقفة احتجاجية سلمية أمام إدارة الفوسفاط.
2ـ مطالبتنا بمحاكمة المسؤولين السلطويين بخريبكة وغيرها الذين أعطوا الأوامر باقتراف تلك الجرائم البشعة في حق العمال وكذلك الأمر بالنسبة للمنفذين.
3ـ دعمنا ومساندتنا للعمال وأسرهم، ومواساتنا للمصابين والجرحى.
4ـ مطالبتنا الوزير الأول ووزيرة الطاقة والمعادن والمدير العام للمجمع الشريف للفوسفاط بالتدخل العاجل من أجل إنصاف العمال بإرجاعهم الفوري إلى عملهم وإدماجهم وترسيمهم في إطار المجمع المذكور، بدل سياسة صم الآذان والتنكر للوعود واللجوء إلى الإدعاءات الكاذبة.
الخزي والعار للقمع الهمجي
المجد والخلود لكفاحات العمال
النهج الديمقراطي بخريبكة




Solidarité de la CNT avec les 850 ouvriers licenciés de l'OCP

Salut camarades
 Par Jérémie Berthuin, 25/2/2010
Voici les dernières infos sur la lutte des mineurs de l'OCP - SMESI :
Malgré la répression la lutte des ouvriers de l'OCP continue, notre
campagne de soutien se doit donc de continuer.
Le SI prépare un nouveau tract de soutien aux mineurs de l'OCP (tract qui
sera aussi bilingue). D'ici peu, le SI sollicitera comme à l'automne
dernier une nouvelle série d'actions de solidarité des syndicats CNT.
Salutations anarcho-syndicalistes et révolutionnaires.
Jérémie BERTHUIN pour le SI de la CNT.

Merci camarades de la CNT-france.
Les centaines de mineurs de Khouribga, licenciés abusivement par l'OCP (avec la complicité de l'Etat marocain) et qui luttent dans des conditions difficiles pour leurs légitimes droits ont besoin de la solidarité de toutes les forces progressistes, de tous les combattants de l'émancipation des travailleurs, de tous les démocrates.
Dénonçons la répression qui s'abat sur eux.
Ali, coordinateur du comité de solidarité avec les ouvriers de SMESI

Dans les écoles marocaines, des entreprises privées pour la sécurité.

Par Agora Vox, 26/2/2010

Au Maroc, une initiative peu louable vient de voir le jour dans certains établissements scolaires et qui consiste à charger des entreprises privées de la sécurité de ces établissements. Après quelques mois d’exercice il s’est avéré que ce sont ces miliciens eux-mêmes qui sont la source de plusieurs échauffourées avec les élèves, souvent pour un oui ou un non. En plus des harcèlements successifs dont sont victimes les filles dans ces établissements. Alors l’on se demande vraiment la véritable mission de ces vigiles.
Une entreprise pareille peut se comprendre dans des villes où la violence est au quotidien, mais généraliser à des collèges et lycées du sud-est où la violence n’a jamais été autant recrudescente que depuis leur apparition oblige à se poser des questions quant à leur véritable mission.
Il ne se passe pas un jour sans que les nouvelles recrues de la sécurité scolaire ne se querellent avec un élève ou un autre. L’absence de formation éducative de ces nouveaux venus les entraîne souvent dans des altercations dont sont, bien sûr, victimes les élèves, qui se voient ainsi déshonorés, voire humiliés devant leurs camarades, en violation flagrante d’un principe élémentaire de l’éducation qui consiste à ne jamais humilier un jeune devant ses congénères. Le choix même de la discipline de qualification de ces nouveaux matons, qu’on trie parmi les pratiquants des arts martiaux, est déjà une provocation des jeunes adolescents à une période de leur vie où se développe la volonté d’affirmation de soi. Le choix de ces bruce-lee en herbe est malheureusement aussi un indice indiscutable de l’échec de notre système scolaire qui ne peut plus éduquer nos jeunes par le verbe et par l’exemple, au lieu de recourir à ces messieurs muscles pour les dompter. C’est la reconnaissance implicite de l’impuissance et de l’incapacité de guider ces jeunes par la manière douce, parce que l’on les a laissés trop longtemps sans repères dans un monde indécryptable pour leurs jeunes têtes souvent brûlées.
Le fait d’avoir à recourir à des sociétés privées pour éduquer nos enfants est le commencement d’un cancer qui va évoluer jusqu’à détruire complètement nos jeunes qui sont notre avenir et notre espoir de changement. En fait ces gardes des établissements scolaires ne sont pas reprochables en eux-mêmes, du moment qu’ils sont eux aussi victimes d’un milieu social, dans lequel ils n’ont pu se faire employer pour leurs qualités intellectuelles, de la fatuité desquelles ils se sont vite rendu compte, mais pour leurs qualités physiques, c’est-à-dire la force à l’état "brute" sans besoin de raisonnement. Pour survivre ils ont dû se plier aux lois du marché et ont choisi ce modeste travail mal payé, plutôt que le chômage. Un travail pénible qui demande des nerfs d’acier et une bonne formation psychologique pour pouvoir faire face aux circonstances de travail en milieu juvénile. Mais les sociétés mercantiles qui les emploient ne se donnent pas la peine de les préparer ni de les mettre en condition de manière suffisante. Elles se limitent à les lâcher comme des toréadors devant affronter des jeunes souvent très susceptibles et qui peuvent réagir de manière inattendue à chaque geste qu’ils interprètent comme une provocation.
Donc c’est la fin de l’éducation puisqu’elle n’est plus assurée par le dernier bastion où l’on espérait, et maintenait longtemps l’illusion de la voir fleurir, avant que l’apparition des gardiens ne fasse tomber la feuille de vigne qui voilait la nudité de notre système éducatif. Alors on a mis nos enfants entre les mains de jeunes de leur âge, ou à peine plus âgés, sans les munir d’aucune formation autre que musculaire et il ne fallait pas très longtemps pour voir les résultats... Mais l’essentiel étant de créer des emplois, alors on privatise tout pour enrichir encore les entreprises de gardiennage comme si nous étions à Baghdad et non plus dans un paisible lycée d’un petit village du Maroc.
Ici tout le monde, que ce soient les enseignants ou les surveillants, s’accordent pour dire que le lycée n’a jamais vu autant d’actes de violence que lorsque ce corps étranger est venu s’implanter dans l’ établissement. Sans oublier que le conseil de gestion du lycée avait demandé à l’administration de montrer le statut de création de ce corps de miliciens qui détermine leur domaine d’action et ses limites, mais le conseil n’a reçu que des réponses évasives et vagues. Certains membres de ce conseil avaient demandé aussi un droit de regard sur la main courante dans laquelle ces gardiens consignent leurs observations, du moment que celles-ci sont censées concerner l’aspect disciplinaire de l’établissement, qui fait partie des prérogatives du conseil, mais l’administration s’est barricadée derrière des motifs insignifiants pour ne pas exécuter cette recommandation.
Les raisons des querelles sont souvent futiles et la manière d’intervenir des gardes est souvent sinon toujours inadaptées et ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu. A titre d’exemple ils demandent aux élèves d’ôter les écouteurs et les lunettes de soleil dans la cour du lycée, alors que nulle part aucun avis ne signale qu’il est interdit de les porter, et alors que la moindre règle fondamentale exige de sensibiliser les jeunes, de les persuader d’abord de la pertinence d’une interdiction avant d’intervenir pour respecter celle-ci. Car si le jeune n’est pas convaincu de l’utilité de ce qu’on lui conseille de faire, il est carrément inutile de lui imposer un changement par force, car dans ce cas on ne réussit qu’à en faire un ennemi de plus. Enfin il est inadmissible que dans un pays qui a ratifié les chartes de l’interdiction des sanctions corporelles en milieu scolaire, l’on puisse encore voir un jeune maltraité, frappé et humilié devant ses amis et ses cahiers éparpillés, surtout devant les filles dans un milieu machiste comme le nôtre.
Ce n’est pas que les jeunes d’aujourd’hui soient irréprochables ni faciles à gérer. Beaucoup d’entre nos élèves n’ont jamais reçu la moindre éducation concernant la politesse, l’obéissance, le respect des adultes. Mais est-ce de leur faute si personne ne s’est jamais donné la peine de les leur apprendre, au moment où l’école elle même censée éduquer en même temps qu’instruire ne leur apprend que des rudiments d’éducation religieuse et civique d’une manière peu attractive qui transforme ces cours en une séance très lourde, dont on sort avec joie et dont on se presse d’oublier les moindres détails, d’autant plus que la réalité qu’ils voient devant eux ,dans la rue, ne correspond en rien à ces cours moralisateurs d’une autre époque.
De façon plus simple et plus terre à terre, nous mentons tous à nos enfants à l’extérieur de l’école et nous leur surinons de la morale en classe, dans l’espoir candide qu’ils vont nous croire, oubliant souvent que les enfants, de nos jours ne ressemblent en rien aux enfants que nous étions, que leur environnement hypermédiatisé en fait des mutants aux réaction et à l’intelligence plus alertes. Nous devons chercher un terrain d’entente avec ces hommes du monde futur et ne pas nous cloisonner dans des schèmes éducatifs inertes que nous croyons servir toujours en nous référant à une quelconque réussite passée.
Nous ne pouvons pas requérir de nos étudiants d’apprendre à être autonomes, tant qu’il peuvent se rendre compte de visu que nous ne pouvons pas prendre la moindre décision des plus banales sans en référer d’avance à nos supérieurs les plus hiérarchiquement élevés, par une routine administrative qui tuerait d’ennui le dalaï Lama le plus zen.A ce titre les élèves nous prennent à chaque fois pour des demeurés lors des examens, puisqu’il suffit de la moindre chiure de mouche tombée par inadvertance sur une copie et qui ressemblerait à un point pour provoquer un branle-bas indescriptible et déclencher des dizaines de coup de fil pour savoir s’il s’agit bien de fiente ou d’un point pouvant changer le sens d’un mot.
De même n’avons aucun espoir de former des adultes honnêtes tant que nous fermons les yeux sur toutes les imperfections qui viennent nous lécher les orteils sans que nous fassions le moindre geste pour les corriger ou du moins les critiquer. Nous ne devons pas nous limiter à entrer dans le moule de cette superbe description faite par un anonyme disant des enseignants et des responsables de l’éducation en général, que ce sont "des hommes d’hier qui apprennent à des enfants d’aujourd’hui comment se comporter dans le monde de demain". Sinon nous aurions raté un autre train en marche. Et il n’en reste pas beaucoup sur l’itinéraire du progrès, par contre il y en a encore une multitude dans l’autre sens, tous en wagons-lits pour les rebuts de l’Histoire !
Il faut donc mettre fin à cette mascarade ! Par un retour à une école éducative qui n’a pas besoin des mercenaires étrangers à son milieu, ou qui sont d’anciens élèves échoués, pour la protéger d’elle-même d’autant plus qu’un discours officiel suggérait, il n’y a pas longtemps, de raser les enceintes scolaires. Si ces énergumènes avaient quelque éducation à donner ils auraient commencé par eux-mêmes et n’auraient jamais raté leur cursus scolaire pour échouer entre les mains des entreprises vampires, qui leur sucent l’énergie jusqu’à l’os et les rejetteront dès que leurs muscles se seront atrophiés, pour engager d’autres plus vigoureux. Ne dit-on pas que les vampires raffolent de sang frais ?
Est-ce là le meilleur modèle éducatif que notre ministère a trouvé à montrer aux jeunes ? Ou bien est-ce les nouvelles recommandation d’un quelconque organisme mondial occulte qui dicte de frustrer nos jeunes pour les écraser et leur enlever toute velléité de discussion des ordres, dans une entreprise machiavélique de les rendre malléables et corvéables à merci, susceptibles d’admettre toutes les humiliations pour un quignon de pain et d’accepter toutes les fraudes et toutes les imperfections sociales sans rechigner. Si c’est là le véritable objectif de théoriciens de l’enseignement eh bien chapeau ! Car ils sont en train de collaborer à créer la génération la plus bête et la plus refoulée de l’Histoire du pays.

Anniversaire de SOLIDARITÉ MAROC

Un blog d’une année d’articles et de débats

Par Mohamed Belmaïzi, 26/2/2010
Il y a, et il y en aura toujours, des consciences en éveil pour se solidariser et pour tendre la main à autrui. Cette disposition répond au principe de la responsabilité morale et de la dette de sens que tout militant, au-delà des frontières, des murailles, des différences culturelles, de couleur de peau ou de confession, fait sienne pour défendre le progrès, l’émancipation des peuples, la liberté, les droits humains… en somme le socle commun des valeurs universelles.
C’est le cas du blog SOLIDARITÉ MAROC, http://solidmar.blogspot.com/. Créé, il y a un an (le 26 février 2009), le voilà bien outillé pour donner, non seulement une vue d’ensemble sur le débat qui agite le Maroc, mais il est surtout une mine considérable de données inhérentes au pays du soleil ; alors qu’en toute humilité, ce travail de fourmis pour mettre en ordre une somme d’archives précieuses, peut servir l’Histoire et les recherches à venir sur notre pays.
Car s’y trouvent tous les sujets qui ont fait la Une des journaux et qui ont provoqué le débat, toujours en vue de faire décoller ce pays que nous aimons. Ce blog amical et solidaire est à son 1000ème article. Y sont recensés, avec méthode et doigté, tous les sujets importants. Et tout participe, à travers l’organisation de ce blog, à rendre la recherche aisée et rapide. Son riche index est vivant à partir d’un simple clic. Les « commentaires » sont ouverts à l’élargissement du débat, toujours dans un cadre déontologique précis et clair, indiqué en exergue à toutes les pages, entre autres : « … Le débat, oui, les bagarres de chiffonniers, non ! »
Les initiateurs de ce blog n’aiment pas qu’on parle d’eux, ni de se pavaner au-devant de la scène. Mais nous savons qu’ils ont un itinéraire d’hommes et de femmes engagés avec un sens élevé le la solidarité et du soutien aux causes justes. Comment oublier leur travail dans l’ombre, pour ne citer que celui-là, pour dénoncer les emprisonnements arbitraires, informer sur les cas des prisonniers politiques au Maroc… et même parrainer quelques-uns, et aller les visiter dans les geôles du pays du Couchant ?
Nous savons également que les initiateurs de ce blog, sont nés en même temps que la conscience vive d’une humanité exigeante qui a toujours opéré pour la paix et le bien commun.
Car « Il y a longtemps que nous aimons ce pays / Jamais nous ne l’oublierons ! », dira la chanson. Ajoutons que cet amour nous unit et exprime notre résistance contre l’oppression et l’offense. Mais lorsque le mot SOLIDARITÉ prend tout son sens dans ce blog, âgé d’un an, notre âge à nous, ne prendra pas la moindre ride. Dans ce cas précis, un an et déjà toute une ère époustouflante de lucidité, de regard perçant et percutant, ouvrant l’avenir sur le changement et sur tous les possibles.
Bon anniversaire, mon blog fraternel !

jeudi 25 février 2010

Entrevue avec Ali Amar, co-fondateur du "Journal"

«Le Journal», titre phare de la presse indépendante au Maroc

par Aziz Enhaili, 25/2/2010
Le journaliste Ali Amar est un des trois fondateurs du «Journal hebdomadaire», titre phare de la presse indépendante au Maroc. Il a publié «Mohammed VI, le grand malentendu» (2009). Essai interdit au Maroc. Suite à la fermeture du «Journal», il a dû quitter précipitamment son pays en direction de l’Espagne. Nous l’avons interviewé à propos du parcours du «Journal». Entrevue réalisée par Aziz Enhaili pour Tolerance.ca ®. 

-Pouvez-vous nous parler du «Journal»? De quoi était-il le symbole?
Ali Amar : «Le Journal» est né en 1997, deux ans avant l’intronisation de Mohammed VI. À cause de la fin de la guerre froide, de la crise économique du Maroc et d’une contestation politique et sociale plus généralisée, Hassan II devait desserrer l’étau despotique de son pouvoir et entamer des réformes. Pour sauver sa dynastie et préserver le Maroc de l’anarchie, il devait accepter la participation de l’opposition au premier gouvernement marocain d’alternance. C’est dans ce contexte que la prise de parole de la société civile appelant à un nouveau pacte social avec la monarchie a pu être plus audible que par le passé, sans attirer une répression aveugle sur les contradicteurs du régime. La fondation du «Journal» à cette époque signifiait que l’espoir d’un changement était perceptible. D’où le traitement de sujets encore tabous avec un ton qui tranchait radicalement avec la majorité des titres existants. Nous pensions vainement que l’intronisation de Mohammed VI et la reconduction d’un gouvernement d’ouverture devaient accélérer la dynamique.
«Le Journal», perçu comme l’étendard de ce nouveau Maroc, s’est transformé au fil des ans en publication de combat. Devenant ainsi le symbole d’une liberté d’expression que le régime n’a jamais été disposé à accepter. Il en a souvent payé le prix cher au point où sa survie a constamment été menacée. Ses prises de position éditoriales, ses investigations au cœur du système politique, ses révélations sur les scandales économiques, sur le retour aux pratiques sécuritaires et liberticides adoptées par les caciques du régime, sur le maintien de la nature féodale et incohérente du pouvoir royal lui ont valu d’être considéré comme le terreau irréductible d’une opposition radicale à la place d’acteurs politiques en déshérence qui ont cédé aux sirènes de la cooptation. Ce rôle joué par «Le Journal» a en revanche permis l’essaimage des germes d’un journalisme indépendant d’un genre nouveau et l’éclosion d’autres titres.
Aujourd’hui, c’est une parenthèse qui se referme. La tendance est davantage à l’autocensure. La presse indépendante est en déclin au profit d’une presse privée qui a fait le choix de louvoyer sur le plan éditorial ou de céder à l’influence de lobbies politiques ou économiques pour subsister ou pour permettre à ses promoteurs d’acquérir un statut social non négligeable. Mon livre sur les dix ans de règne de Mohammed VI en a fait les frais. Par ailleurs, la presse marocaine pâtit d’un lectorat étriqué en comparaison à d’autres pays arabes à population analogue, ce qui rend toute entreprise nouvelle périlleuse en matière financière. Du coup, les initiateurs des titres qui sont nés dernièrement se gardent bien de toute liberté, adoptant comme charte éditoriale l’horizon tracé par le Palais. Enfin, les grands médias, télévision et radio sont plus que jamais sous le contrôle direct de l’État, de groupes d’intérêts liés au pouvoir, ou sommairement confinés à un rôle de divertissement. Au même titre que tous les autres secteurs d’activité au Maroc. Le Palais veut réorganiser le champ médiatique en asphyxiant les plumes libres et en créant de toutes pièces des médias serviles. C’est un phénomène très perceptible depuis que des journaux ont été créés par le Palais et que l’industrie des médias est tombée sous son contrôle total.

-Pourquoi avez-vous fondé «Le Journal»? Quels en étaient les membres fondateurs?
Ali Amar : Aboubakr Jamaï, Hassan Mansouri (remplacé rapidement par Fadel Iraqi) et moi-même avons fondé «Le Journal» sur l’idée que la monarchie devait être comptable de ses actes puisqu’elle revendiquait le pouvoir exécutif sans partage et que le peuple était mature pour un idéal démocratique à brève échéance. Il faut se rappeler que le premier numéro du «Journal», paru le 17 novembre 1997, annonçait l'arrivée au pouvoir des socialistes. Un événement majeur dans l'histoire politique du Maroc contemporain: pour la première fois, le roi permettait à ceux qui ont fourbi leurs armes contre son trône durant quatre décennies, de constituer son gouvernement. Cette période a ouvert une ère nouvelle marquée par l’espérance mais aussi par tant de déceptions. Les dix premières années du «Journal» en ont été le miroir critique.

- À quoi imputez-vous la décision de fermer «Le Journal»? A-t-il un avenir?
Ali Amar : La version officielle est que «Le Journal» n’était plus en mesure de payer des dettes de sécurité sociale et d’impôts envers l’État. La réalité est que la liquidation judiciaire de la société d’édition du «Journal» a été un prétexte pour faire taire sa voix gênante au moment où le régime applique une stratégie d’éradication de la presse indépendante au profit de l’émergence de médias lisses ou populistes liés au pouvoir. Le pouvoir a tenté de manipuler l’opinion publique pour faire croire en une simple faillite commerciale. Au lieu d’essayer de préserver les intérêts de l’entreprise, il a ordonné sa mise sous scellés et le renvoi de tous ses employés. Il est vrai que «Le Journal» a accumulé des dettes envers la caisse de sécurité sociale, les impôts ou quelques créanciers privés. La vérité est que ces dettes concernaient la première société d’édition du «Journal» qui est une entreprise liquidée depuis sept ans et déjà vendue aux enchères publiques. La mise à mort du «Journal» est le résultat d’une justice aux ordres qui a participé durant treize ans à son asphyxie financière, en le condamnant à maintes reprises à des amendes colossales à l’issue de procès politiques kafkaïens déguisés en procès de diffamation civils.
Pour ce qui est de l’avenir du «Journal», je crois que les conditions de sa renaissance n’existent pas au Maroc, comme il n’existe pas de modèle économique pour une presse indépendante et critique du régime qui utilise des armes encore plus dissuasives pour censurer: amendes colossales, menace de l’interdiction d’exercer et boycott publicitaire. Ce qui fait réfléchir à deux fois les patrons de presse devenus du coup plus rétifs à enquêter. La presse marocaine d’investigation est en voie de disparition. A quelques rares exceptions, c’est le règne de la complaisance et du non-dit qui prévaut, celui aussi des petites accommodations entre hommes de pouvoir et journalistes.

- Pouvez-vous nous parler de ce qui vous est arrivé depuis votre départ du Maroc?
Ali Amar : La liquidation judiciaire du «Journal» a été étendue sans justification légale à mon patrimoine personnel au motif que j’en étais actionnaire. En trois jours, tous mes biens personnels et mes avoirs en banque ont été saisis. La situation est la même pour Jamaï. Il est d’ailleurs significatif de constater que cette mesure ne s’est appliquée qu’aux fondateurs journalistes, preuve en est qu’il s’agit d’un règlement de compte politique pour des raisons liées à nos opinions. Le caractère politique du jugement, son exécution (mise sous scellés du local du «Journal») et la saisie illégale de tous mes biens présageaient le pire pour moi, en l’occurrence la prison ou au mieux une interdiction de quitter le territoire comme ce fut le cas quelques jours plus tard pour le caricaturiste Khalid Gueddar dans le cadre d’une affaire similaire.
J’ai quitté précipitamment mon pays avec une simple valise et des idées pour lesquelles je me battrai toujours. Je suis arrivé en Espagne il y a une dizaine de jours muni d’un visa Schengen en cours de validité qui est arrivé à expiration. Grâce au soutien de Reporters sans Frontières, l’Espagne m’a accordé un certificat de résidence temporaire de trois mois pour des «raisons exceptionnelles et humanitaires», mais ce document ne me permet pas de voyager en Europe. J’ai jusqu’au 8 mai prochain pour quitter l’Espagne où je vis actuellement dans la précarité. Passée cette date, je serai passible d’expulsion vers le Maroc où je risque la prison.
Entrevue réalisée par Aziz Enhaili pour Tolerance.ca®.