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samedi 19 février 2011

L' AMBDH soutient le mouvement du 20 février pour l'intauration d'un régime démocratique au Maroc

A. M. B. D. H.
Association des Marocains de Belgique pour la défense des Droits de l’Homme
Rue Nicolas Doyen, 74 / B4 – 1080 Bruxelles

COMMUNIQUE
Par le Conseil d'Administration, Bruxelles, le 19 février 2011
La « rue arabe » se réveille. Enfin! Un vent, un cyclone de soif de liberté balaie l'ensemble du monde arabe et emporte, dans la tourmente, les régimes totalitaires qui oppriment leurs peuples depuis plus de quarante ans.
Hier, la Tunisie et l'Egypte. Aujourd'hui, le Yemen, Bahrein, la Jordanie, l'Algérie et la Libye. Demain, le Maroc et le reste des autres pays arabes?
A l'exemple de la jeunesse des autres pays arabes, les jeunes démocrates marocains lancent un appel à manifester pacifiquement ce 20 février 2011, dans l'ensemble du pays, pour exiger des changements radicaux dans le mode de gouvernance corrompu des autorités marocaines et l'instauration d'un véritable régime démocratique.
Ils réclament:
- La dissolution du Parlement actuel issu d'élections truquées;
- La désignation d'une « assemblée constituante » pour la rédaction d'une constitution réellement démocratique, garantissant la séparation effective des différents pouvoirs accaparés actuellement par le roi, seul.
- Des élections libres et honnêtes respectant la volonté du peuple;
- Le respect de la dignité humaine et des droits de l'homme bafoués au quotidien par le régime actuel.
L'AMBDH se réjouit de ce bouillonnement populaire et de cette soif de démocratie des peuples arabes et marocain. Elle joint sa voix à celles de l'ensemble des organismes de défense des droits de l'homme au Maroc et appelle les autorités marocaines à respecter la volonté du peuple marocain à manifester pacifiquement ce 20 février 2011 pour le respect de sa dignité et de ses droits bafoués.
L'AMBDH met en garde les autorités marocaines contre toute utilisation de la violence et des provocations de son appareil répressif auxquelles il a habitué le peuple marocain.
Tél : 02 410 48 42
courriel : ambdh.2@skynet.be

Dernier message avant la manifestation

Dernier message, peut être d'adieu, avant la manifestation!
Par Mohamed Hifad, 19/2/2011
Je prie tous les amis (es) où qu'ils/elles soient au Maroc de nous tenir au courant ici de ce qui se passe là il/elle est pour une bonne coordination et un témoignage pour l'Histoire de notre Révolution.(solidmar05@gmail.com)
Je sais que la majorité y vont avec un esprit pacifique mais il ne faut pas se faire d'illusion car nous sommes en face d'une dictature implacable restée intacte malgré le léger maquillage superficiel sur médiatisé par ses alliés de toujours ! C'est vrai que la plupart rêvent d'instaurer une monarchie parlementaire, avec une vraie séparation des pouvoirs, avec un roi qui règne et ne gouverne pas mais ce sera peine perdue face à un jeune roi habitué depuis son enfance à être adoré comme un dieu et dont le père avait dit dans son discours lors de la dernière révolte à laquelle s'étaient jointes huit grandes villes, qu'il était capable de sacrifier les deux tiers de sa population en cas de besoin. Et tous les hypocrites de son entourage le considèrent aujourd'hui comme un saint homme et certains commencent même à le regretter par les temps qui courent. Je vous garantis que nous passerons très vite du slogan "acha3bou youridou attaghyir" à celui de "acha3bou youridou isqat a nnidam" dès les premiers blessés ou morts, (le peuple veut changer le système puis le peuple veut abattre le système) car même s'il le veut, les généraux de son père et les fassis ne le laisseront pas.
Ce sera là tout le drame et le mal nécessaire mais rien ne nous fera reculer après avoir accepté l'humiliation des chaînes pendant 54 ans. La liberté a toujours été partout et à toutes les époques très chère en vie humaine. Ce serait de la folie que de s'opposer à la volonté de tout un peuple qui retrouve son unité, ses forces et sa détermination à retrouver sa liberté et sa dignité. Notre armée, notre police et notre gendarmerie ont eu suffisamment d'exemples édifiants en ce qui concerne le cas de la Tunisie, de l'Égypte et de tous les pays qui sont en train de les rejoindre et j'espère qu'elles ne commettront pas l'erreur de sous-estimer un peuple qui se réveille et qui va leur demander des comptes pour ce qu'elles avaient fait par le passé et ont donc intérêt à limiter les dégâts et ne pas en rajouter. Il y a déjà parmi elles des têtes qui vont tomber les premières pour ce qu'elles avaient déjà fait par le passé. Le roi peut choisir entre la monarchie laissée par son père, c'est-à-dire une dictature, et le peuple en tant que citoyen marocain. Les oulémas risquent, s'il les suit, de faire disparaitre la monarchie à jamais du Maroc. J'espère qu'il sera assez sage pour ne pas ajouter l'ultime goutte qui va faire déborder notre verre déjà top plein du temps de son père. Une chose est sûre: chaque homme, chaque femme dans la manifestation est prêt(e) à mourir pour sa dignité et sa liberté ici et maintenant!
Nous avons trop enduré!

Des parents d'élève préfèrent le chant guerrier de notre Marseillaise à une pacifique berceuse arabe...

Berceuse arabe enseignée dans une école provoque  une lettre anonyme de parents mécontents
 Par SudOuest.fr, 16/2/2011

 Une enseignante d'une école primaire du Gard a reçu un courrier de protestation anonyme de la part de parents d’élèves pour avoir enseigné une berceuse arabe à ses élèves : "Pourquoi pas notre Marseillaise?"
Lorsque la maîtresse de l’école du Pin, dans le Gard, a entrepris d’apprendre à ces élèves de CP-CE1 une berçeuse franco-arabe, son initiative a été accueillie par un courrier anonyme de protestation.
Selon le Midi Libre, certains parents d’élèves du regroupement pédagogique intercommunal des communes de Pin et Saint-Pons-la-Calm se disent « étonnés que leurs enfants apprennent une chanson arabe à l’école » et certains refuseraient de les voir chanter cet air. Pourtant le film « Azur et Asmar » de Michel Ocelot dont elle est tirée parle de tolérance, de l’histoire de deux enfants de couleurs différentes élevés par la même nourrice.
« Nous parents à l’heure où certaines catégories d’individus sifflent la Marseillaise, nous posons la question :"Pourquoi ne pas, plutôt que des chants arabes, enseigner notre Marseillaise à nos enfants ?" demandent-ils dans leur lettre.
L’équipe enseignante a répondu non sans ironie à ces propos. « Soyez également rassurés quand à l’apprentissage de la Marseillaise par vos enfants, Notre hymne national est enseigné chaque année », affirme t-elle dans sa lettre publiée par le site internet Objectif Gard.
Mais elle souligne que " ce chant est violent […] : aux armes citoyens, des étendards sanglants, égorger vos fils, qu’un sang impur abreuve nos sillons…" Des paroles qui tranchent avec la pacifique berceuse d’Azur et Asmar.
« Nous ne sommes ni fermées, ni retranchées, nous sommes professionnelles et ouvertes à toutes les différentes », affirment-elles.
Dans une interview au Midi libre, le maire de la commune Francis Rouzaud a rappelé que « les parents n’ont pas à intervenir dans le contenu pédagogique. S’ils traitent du respect, de la tolérance en plus des savoirs, c’est très bien […] Que ce choix pédagogique ne plaise pas, je peux le concevoir mais les préférences politiques et culturelles doivent rester à l’extérieur de l’établissement". L’inspecteur de l’éducation nationale Marcel Lotito a quant à lui précisé que cette étude autour du film de Michel Ocelot s’inscrit dans le cadre de l’opération nationale baptisée « école et cinéma et que la berceuse figure dans la fiche pédagogique officielle. Certains parents ont également tenus à soutenir la maîtresse.
Le réalisateur du film Michel Ocelot lui-même a réagit publiquement à cette nouvelle. Toujours selon le Midi Libre, il s’est dit « effaré par cet incident » et a invité les plaintifs à venir découvrir le vrai message de son film lors d’une projection gratuite.

http://www.sudouest.fr/2011/02/16/berceuse-arabe-enseignee-dans-une-ecole-une-lettre-anonyme-de-parents-mecontents-320032-4828.php

20 février : Déclaration des anciens exilés politiques et des militants marocains à l'étranger

De : Said FAWZI,Paris, 18/2/2011
Nous, anciens exilés politiques et militants marocains résidant à l’étranger qui avons lutté durant les années de plomb et continuons à lutter pour la démocratie et l’Etat de droit au Maroc, déclarons ce qui suit :
 Notre soutien le plus total à l’ensemble des mouvements de la jeunesse dans les pays arabes qui ont libéré la Tunisie du régime répressif de Zine el-Abidine Ben Ali et Égypte de l’autocratique Hosni Moubarak. Nous sommes avec ceux qui veulent instaurer la démocratie dans ces deux pays frères.
Nous apportons notre soutien aux manifestations pacifiques de la jeunesse et des populations en Algérie, au Bahreïn, au Yémen et en Libye. Et nous condamnons avec force le recours des autorités de ces pays à la violence contre des manifestations pacifiques


Au Maroc, nous apportons notre soutien aux manifestations pacifiques du 20 février 2011 et nous appelons les autorités marocaines à respecter les aspirations de la jeunesse Marocaine pour un Maroc respectueux des droits de l’Homme et de la démocratie.
  Oui le Maroc peut réaliser une avancée très rapide vers l’Etat de droit sans verser aucune goute de sang.
  Oui le Maroc doit se doter d’une constitution et des institutions réellement démocratiques garantissant une séparation des pouvoirs et une indépendance de la justice.
  Oui le Maroc a tous les atouts pour réussir et réaliser, sans violence, une réelle transition pacifique et accélérée vers un réel Etat de droit.
Ainsi, les aspirations de la jeunesse et du peuple marocain et ses forces démocratiques peuvent être exaucées si les autorités marocaines se débarrassent du reflexe sécuritaire et des méthodes makhzénienne archaïques.

Les autorités marocaines doivent prendre des mesures urgentes pour :
·  Faire respecter la liberté d’expression et d’association, ainsi toutes les manifestations pacifiques ne doivent absolument pas être réprimées ni entravées.
·  Faire respecter les droits de l’homme dans leurs dimensions universelles en ratifiant et signant toutes les conventions internationales des droits de l’Homme. Lever toutes les réserves mises sur celles déjà signées et en particulier les réserves apportées sur la convention des droits de la femme lors de sa signature.
·  Réaliser les aspirations de la jeunesse et le peuple marocain au niveau des droits économiques sociaux et culturels
·  Prendre des dispositions radicales contre la corruption.
·   Faire connaitre la vérité sur les abus des droits de l’homme, et la disparition forcée au Maroc.
·  Abolir la torture, dissoudre les services parallèles et démettre de leurs fonctions tous les responsables des abus de pouvoir.
·  Mettre un terme à l’impunité.
· Entamer une réforme globale du système judiciaire garantissant l’indépendance totale de la justice Marocaine.
Premiers signatiares :
Said FAWZI : Ancien exilé politique, Militant des Droits Humains, Ingénieur
Larbi MAANINOU : Ancien exilé politique, Militant des Droits Humains, Enseignant
Driss El ALAOUI: Enseignant à l’Université
Saâd ZOUITEN, Militant marocain des Droits Humains
Hassan HADJ NASSAR : Ancien exilé politique, Militant des Droits Humains
Zakaria BELHACHMI : Professeur Université de Haute Alsace Mulhouse
Amina HAMDIS : Militante des Droits Humains, Professeur
Mohamed El MOUBARAKI : Ancien exilé politique, membre du CN du PSU
Mustapha ELHAMDANI, Elu conseillé municipal
Said SOUGTY, Fonctionnaire
Karim MESSAOUDI, Paris
Mustapha Boudraa, Paris, Ingénieur, Militant Associatif
Younes Benmoumen
Farida LAOUISSI : Professeur de Lettres
Taoufiq TAHANI : Enseignant des Mathématiques à l’Université de Lille
Aziz HMOUDANE : Ancien exilé politique, Militant Syndical & des DH
Ayad AHRAM : Secrétaire Général de l’ASDHOM, Enseignant
Abdallah Zniber- Ancien exilé politique, Militant associatif
Ali AMAJOUD, Paris
Abdel Ghani GHALFI Ancien responsable AMF et Secrétaire Général  CFDT Taxis Parisiens
Ali Bennani –Ingénieur
Chakib BOUALLOU, Enseignant-Chercheur, Paris
Hicham Amraoui, Journaliste, Madrid Espagne
ABDELHAQ KASS, Ancien exilé politique, Président du FVJ France

20 février : Interview en arabe avec le journaliste Boualem Rhobachi

Vous trouverez ci-dessous l’interview (en arabe) que j’ai donnée au journaliste marocain Boualem Rhobachi au sujet du rassemblement du 20 février.
Cordialement,
Ayad Ahram
...............................................................
Réponses aux questions
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مع خالص تقديري
بوعلام غبشي

Maroc : résistance au sein de la CDT contre le despotisme du patron de la SAMIR

Sit in ouvrier réussi
Par Ali Fkir, 18/2/2011
Des centaines d'ouvriers de SAMIR, organisés au sein de la CDT, ont organisé avec succès un sit in devant la raffinerie de Mohammedia.
Rappelons que le groupe CORAL (groupe saoudien) détient le monopole du raffinage de pétrole au Maroc.
Le directeur général, de nationalité saoudienne, n'arrive pas à admettre qu'au Maroc, le droit d'adhésion à un syndicat est légal malgré tout, et que la classe ouvrière a payé cher pour ce conquérir ce légitime droit et qu'elle n'est pas prête à le perdre
Le patron s'est fixé comme objectif "social" le démantèlement de la CDT, syndicat militant, historiquement le plus représentatif au sein de la SAMIR
Les ouvriers organisés au sein de la CDT, par leur résistance et leur lutte, réagissent avec détermination contre les pratiques despotiques du patron.
Les ouvriers de la SAMIR, les militants syndicaux des autres secteurs, les militants de l'AMDH, n'ont pas oublié de saluer les victoires des peuples tunisien et égyptien, et d'exprimer leur solidarité avec le mouvement pour le changement au Maroc dont ils font partie.
Le sit in a pris fin après les allocutions des militants:
- Lhoucine El Yamani, représentant des ouvriers de la SAMIR
- Abdelghani Raki, représentant de l'Union locale de la CDT (Mohammedia)
- Abdellah Masdad au nom de l'AMDH, section de Mohammedia
Bravo la CDT, l'union locale de Mohammedia!

Maroc : vivement dimanche ! Panique de la monarchie, menaces du makhzen...


Par ZINEB EL RHAZOUI Rabat, Saharadoc, 18/2/2011
Les appels des internautes à manifester dimanche prochain font boule de neige. Malgré une contre-campagne déchaînée de l’Etat, la mobilisation ne cesse de s’accroître parmi les mécontents du système.
L’Etat d’alerte est donné au Maroc. Les arrestations ont même commencé dans les rangs des jeunes du Mouvement du 20 février. Yasser Charaq, 19 ans, Sanaa Zrikem, 24 ans, et Badr Arich, 22 ans, ont été interpelés le jeudi 17 février dans un carrefour de Marrakech, molestés et forcés à monter dans un véhicule de police, avant d’être relâchés le lendemain. Plus tôt dans l’après-midi, deux adolescents; Oussama Bsioussa, 15 ans, et Walid Hesbou, 17 ans, ont été arrêtés à Kénitra avant d’être relâchés peu de temps après. Un autre partisan du Mouvement, Saïd Sakhi, a été tabassé par la Police en plein centre-ville de Casablanca avant d’être emmené au commissariat puis relâché.
Le message du makhzen est clair: il ne permettra pas au peuple marocain d’exprimer son mécontentement dimanche prochain.
A l’approche du 20 février, de plus en plus de personnalités indépendantes et d’ONG annoncent leur adhésion au Mouvement de protestation. 20 organisations de la société civile ont fait part dans un communiqué conjoint de leur détermination à participer aux manifestations populaires dans toutes les villes du Maroc. « Cela ne signifie pas que les organisations signataires du texte sont les seules à adhérer au Mouvement. De nombreuses associations et représentations de la société civile, qu’elles soient nationales ou régionales, ont également exprimé leur soutien inconditionnel », a déclaré Khadija Riyadi, présidente de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), lors de lors d’une très attendue conférence de presse tenue le jeudi 17 au bureau central de l’association à Rabat.
De nombreux journalistes indépendants présents à la conférence ont également signé un communiqué où ils annoncent leur soutien et leur mobilisation pour l’événement et exhortent les autorités marocaines à ne pas entraver leur travail et à cesser la campagne de propagande pro-régime dans les médias officiels. Oussama El Khlifi et Tahani Madmad, deux jeunes facebookers du Mouvement du 20 février, également présents à la conférence, ont exposé à une salle comble leurs revendications. « Une constitution démocratique », insiste Tahani. Elle dénonce aussi les intimidations des polices de l’ombre dont sont victimes les partisans de la fronde. Oussama, lui, affirme avoir fait l’objet d’une campagne de diffamation en règle dans les médias proches du pouvoir. « Le préfet de police de Rabat a même convoqué mon père pour lui dire que s’il ne me dissuadait pas de faire campagne pour le 20, eux (ndl : la police) utiliseraient d’autres méthodes avec moi », raconte-t-il.

Des revendications légitimes
Pour mobiliser les citoyens, les jeunes du Mouvement ont réalisé une vidéo qui circule sur les forums. On y voit des jeunes et des moins jeunes expliquant pourquoi ils ont choisi de descendre dans la rue. Santé, éducation, liberté, égalité, sont autant de revendications légitimes que le pouvoir ne se montre pourtant pas enclin à satisfaire. Menaces téléphoniques, insultes, cyber piratage, rien n’a été épargné à ceux qui se sont exprimés dans la vidéo et aux internautes qui font campagne pour le 20. Toutefois, malgré l’atmosphère chargée dans la petite salle bondée du bureau central de l’AMDH, une bonne partie du « noyau dur » des démocrates marocains affichent le sourire.
L’enthousiasme est palpable. L’engouement pour la sortie du dimanche est tel qu’ils savent que même si « ça fait pshiitt », il y aura résolument un avant et un après 20 février. La barre des revendications est placée bien plus haut que ce que le makhzen n’a jamais consenti à « accorder » aux Marocains. Une monarchie qui règne mais qui ne gouverne pas, à l’image des couronnes espagnoles ou anglaises, libertés publiques et individuelles, indépendance de la justice, égalité, fin de l’impunité… Autant de réformes que la société civile compte exiger le 20. « Nous sommes fatigués d’attendre, des générations ont attendu avant nous. Nous ne mettrons fin à la protestation que lorsque nous obtiendrons ces droits », insistent les jeunes du Mouvement.

Discrédit des partis
Décidément, les mesures officielles du gouvernement marocain pour éviter la crise ne semblent pas convaincre. Ni l’annonce du maintien des prix des produits subventionnés, ni les promesses de réforme et de création de postes d’emploi ne parviennent à stopper le mouvement de ralliement à l’appel du 20 février. Du côté des syndicats, plusieurs sections de la Confédérations Démocratique du Travail (CDT) et de l’Union Marocaine du Travail (UMT) ont également appelé leurs membres à sortir dans les rues. Le champ partisan, quant à lui, s’est montré plus frileux, L’ensemble des formations politiques représentées à la chambre des députés ont annoncé leur boycott des manifestations. Seuls les partis de le Gauche radicale: Annahj (la Voie Démocratique), le Parti de l’Avant-garde Démocratique Socialiste (PADS), le Parti Socialiste Unifié (PSU), ont annoncé leur participation.
Convoqués lundi par Taïeb Charkaoui, ministre de l’Intérieur, au siège du Parlement, les leaders des formations politiques traditionnelles ont reçu l’ordre de prendre position contre la fronde des jeunes. Cela n’a pas empêché des adhérents de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) et du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) de rallier la cause des jeunes. De l’avis de nombreux membres des comités d’organisation des protestations du 20 février, les partis politiques ont raté là une occasion historique de jouer leur rôle de contre-pouvoir à la monarchie et de redorer leur blason auprès des citoyens. Le « parti du Palais », quant à lui, affiche une position pour le moins « fantaisiste », de l’avis des internautes du Mouvement. Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) de Fouad Ali El Himma, proche ami de Mohammed VI, a déclaré que les « revendications du peuple sont légitimes ». Les activistes du 20 y voient une tentative désespérée de récupérer la mobilisation populaire à son compte.

Mobilisation sans précédent
Du côté des islamistes, la position des politiques du Parti Justice et Développement (PJD) tranche également avec celle d’Al Adl Wal Ihsane de Cheikh Yassine. Les premiers se sont rangés derrière le ministère de l’Intérieur en annonçant leur boycott des manifestations, contrairement aux seconds qui comptent y participer. Les détenus salafistes, l’un des dossiers les plus lourds en matière de Droits de l’Homme au Maroc, ont également déclaré depuis leurs cellules qu’ils entreraient dans une grève de la faim le dimanche 20 pour protester contre la torture et les parodies de procès dont ils ont fait l’objet. A l’opposé de l’idéologie de ces derniers, les étudiants du groupe Voie Démocratique Basiste (communistes) incarcérés à la prison Boulmharez à Marrakech se joignent également aux grévistes de la faim. Jamais le Maroc n’a connu une telle mobilisation d’acteurs politiques, associatifs, intellectuels, islamistes, laïques, amazighes, etc. Des manifestations de soutien à la révolte de la jeunesse marocaine sont également prévues dimanche à Madrid, Barcelone, Paris, et plusieurs autres villes européennes.

Régime: l’heure de vérité
Le glas du makhzen aurait-il sonné? La férocité avec laquelle les réactionnaires du système s’en prennent aux partisans du changement sur les forums sociaux trahit une panique aux plus hauts sommets de l’Etat. Un groupe facebook « L’armée de défense du territoire national » appelle ses membres à signaler en masse les profils des défenseurs du Mouvement auprès de l’administration facebook pour que leurs comptes soient fermés. Des profils anonymes y appellent les citoyens à se munir de bâtons et de casques pour « aider » les forces de l’ordre à « corriger » les manifestants. De l’avis de nombreux observateurs, l’Etat marocain joue à un jeu dangereux en multipliant les incitations à la haine et les appels à la violence. Selon Ali Amar, journaliste marocain et auteur du livre censuré « Mohammed VI, le grand Malentendu, Calmann Lévy), affirme sur SlateAfrique que « le national-monarchisme » véhiculé par le discours officiel s’est « forgé dans l’esprit de toute une génération, refusant tout débat critique autour du pouvoir royal ».

Le jeu dangereux du makhzen
Avant d’entamer la vague d’arrestations, le régime a tenté de livrer les meneurs du 20 février à la vindicte populaire par tous les moyens possibles: en les accusant d’homosexualité, d’apostasie, d’accointances avec l’Algérie, le Polisario et l’Espagne, les éternels bouc-émissaires du makhzen. Les officines du pouvoir s’emploient depuis des semaines à minimiser l’impact de la mobilisation. Totalement sous l’emprise du régime, les télévisions publiques évitent soigneusement d’aborder la révolte qui gronde. Les journaux proches du pouvoir, eux, s’emploient à faire circuler les thèses les plus haineuses contre « les traitres et les ennemis de la stabilité » et à promettre le chaos à la population au cas où elle se joindrait aux protestations. Des citoyens lambda ont même reçu des sms appelant à rester chez eux le 20 « en gage d’amour à Sa Majesté le Roi que Dieu l’assiste ». Sur facebook, une publicité payante « anti 20 février » portant la photo de Mohammed VI s’affiche sur les profils des internautes marocains.

Un ras-le-bol généralisé
Décidément, à l’approche du jour J, le makhzen s’affole et ne lésine pas sur les moyens pour faire durer une situation qui devient de plus en plus intenable pour le peuple marocain. Dans les salons casablancais ou r’batis, une certaine élite économique affiche également son mécontentement. L’affairisme et la prédation économique du roi et de ses proches ont fini par exaspérer même au sein des classes supérieures. « Il faut que le roi sorte des affaires, il ne peut pas combiner le pouvoir politique, spirituel et économique. Il doit assumer ses responsabilités », déclare Ahmed Ben Seddik, ingénieur des Ponts et ancien Coordinateur du projet –avorté par le cabinet royal- de célébration des 1200 ans de la ville de Fès.
Celui qui s’est auto-baptisé « roi des pauvres » est en effet le 7e monarque le plus riche de la planète, juste après les pétromonarchies et loin devant la reine d’Angleterre. Les frais de gestion de ses nombreux palais, de son parc automobile, et les listes civiles de la nombreuse famille royale atteignent des chiffres qui donnent le tournis aux Marocains. Jamais la gloutonnerie économique du palais n’a été aussi ouvertement fustigée parmi la population. Si un magazine comme le Journal Hebdo a payé cher ses couvertures sur la fortune royale et ses enquêtes sur le business de Mohammed VI, Internet est devenu un espace où la liberté de parole n’a plus de limites. Un dessin animé caricaturant le roi remporte un succès fou sur la toile : » Cela fait 3 siècles que ma famille hérite du Maroc. Tout est à moi, même vous! Les Marocains doivent travailler, payer les impôts et fermer leur G… Je suis le seul à pouvoir faire des Affaires », y dit Mohammed VI sur un ton menaçant.
En attendant la date fatidique, des dizaines de milliers de tracts appelant la population à se joindre au Mouvement seront distribués dans les grandes villes, notamment à Casablanca. Même s’il est encore prématuré de spéculer sur le succès des manifestations, un cap a été franchi pour la jeunesse marocaine, une nouvelle liberté de ton a vu le jour, une opposition alternative se forme, et pour la première fois, les revendications démocratiques d’une large partie de la société civile ont clairement été exprimées. Vivement dimanche!
GuinGuinBali
http://saharadoc.wordpress.com/2011/02/19/maroc-vivement-dimanche///saharadoc.wordpress.com/2011/02/19/maroc-vivement-dimanche/

Paris : Soirée de solidarité avec le Peuple Sahraoui le 25 février


La plateforme pour la solidarité avec le peuple du Sahara occidental qui vient participer à la Semaine anticoloniale en organisant une soirée-débat en solidarité avec le Peuple Sahraoui. 
Cette soirée aura lieu le 25 février à partir de 19 h 30 au Centre culturel “la Clef”, 21 rue de la Clef (5é) ( métro Censier-Daubenton, ligne 7). Au programme projection d'un film de l'écrivain franco-américain Jean Lamore sur le mur marocain “Building Oblivion”.

La projection sera suivi de débats portant sur la situation au Sahara occidental annexée de force par la monarchie marocaine et où la résolution votée par l'ONU pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination n'a jamais pu être appliquée.

vendredi 18 février 2011

Maroc : Appel à manifester le dimanche 20 février


(Texte élaboré à partir de diverses sources et dépêches d’agences) le 18 février 2011
Les grands médias français, qui ont suivi en fanfare les révoltes dans plusieurs pays arabes et particulièrement les récentes manifestations en Algérie, mettent en sourdine toute information pouvant encourager une quelconque protestation de rue au Maroc. Pourtant, cette monarchie autoritaire et arbitraire ne saurait demeurer en marge de l’ouragan de liberté qui souffle sur le monde arabe. La preuve : une vingtaine d’associations civiles et de défense des droits de l’homme appellent à une grande marche de protestation pacifique prévue pour le dimanche 20 février dans toutes les villes du Maroc. Comme pour les mouvements de révolte en Égypte et en Tunisie, Internet et les réseaux sociaux Facebook et Twitter jouent un rôle important dans cette mobilisation. Il y a déjà plus de 10 000 inscrits dans différents groupes qui appellent à manifester.
Une puissante protestation sociale marocaine est-elle en train d’émerger ? Les deux plus grands groupes qui appellent, sur Facebook, à manifester sont : « Le mouvement du ’20 février’, le peuple veut le changement » et le « Mouvement de liberté et démocratie maintenant ». Les organisateurs veulent faire bouger les choses. Ils réclament une profonde réforme du système politique marocain et de la place que doit y tenir le roi. Ils exigent aussi une nouvelle Constitution, la démission de l’actuel gouvernement et la dissolution du Parlement issu d’élections grossièrement truquées comme l’ont révélé les câbles de l’Ambassade des Etats-Unis rendus publics par Wikileaks.
Les protestataires souhaitent l’instauration d’un régime parlementaire dans lequel le monarque serait souverain mais ne détiendrait pas le pouvoir exécutif. Ils réclament une monarchie parlementaire semblable à celle de l’Espagne, des Pays Bas ou du Royaume-Uni. Ils demandent aussi, tout simplement, plus de libertés, moins de corruption, la fin de l’arbitraire, la fin de la pratique de la torture, plus d’emplois, plus de logements et une diminution du coût de la vie.
De nombreux jeunes Marocains ont perdu confiance dans leurs hommes politiques, ils leur reprochent d’agir uniquement « selon leurs intérêts personnels oubliant le peuple et ses préoccupations », comme l’explique l’un des initiateurs de cette manifestation, Ousama el Khlifi, à l’agence de presse espagnole EFE. Leur mouvement, ils l’appellent « Démocratie et Liberté maintenant ». Plusieurs vidéos sont disponibles sur Youtube.

Leur premier objectif : rassembler des Marocains pour manifester pacifiquement dans les rues de plusieurs villes le 20 février. Ils se sont donnés rendez-vous sur Facebook, où le plus grand groupe rassemble plus de 6 200 utilisateurs... De nombreux diplômés-chômeurs, qui manifestent régulièrement depuis des années devant le Parlement à Rabat, ont décidé de se joindre à la grande protestation.
En attendant de voir combien de manifestants vont descendre dans les rues, les discussions s’enflamment sur le Net. Les efforts des autorités pour discréditer les initiateurs du mouvement se multiplient. Un commentaire posté en boucle dénonce que ces jeunes voudraient « détruire le pays », l’auteur « doute qu’ils soient Marocains », selon lui ces jeunes seraient « des homosexuels, athées, laïc, journalistes ratés, juifs »... Et finit sur un ton menaçant : « on sait qui vous êtes... ». D’autres sbires du régime autoritaire demandent aux utilisateurs Facebook de changer leur photo de profil par une photo du roi...

Saisis de crainte, les dirigeants politiques marocains commencent à faire du chantage auprès de l’Union européenne en agitant, comme l’avaient fait le général Ben Ali et le général Moubarak, le spectre de la « menace islamiste » et en laissant planer le risque d’ « une invasion de l’Europe » pas des dizaines de milliers d’immigrés clandestins en cas de troubles au Maroc... L’ambassadeur marocain auprès de l’Union européenne a expliqué que « nul n’a intérêt à déstabiliser le Maroc ». Le nouvel ambassadeur de Rabat à Madrid s’est entretenu avec la ministre espagnole des Affaires étrangères à ce sujet mercredi. Cette même ministre - Trinidad Jiménez - a d’ailleurs affirmé que, au Maroc, il n’y avait « pas de risque de révolte »...

Pourtant les risques existent. Il suffit de voir, par exemple, les statistiques de la misère sociale. Ainsi, selon l’indice de développement humain (IDH) établi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Maroc est bien plus mal classé dans ce domaine que l’Algérie ou la Tunisie : il Rapport du PNUD, 2008), et arrive loin derrière l’Égypte (112e), l’Algérie (104e), la Tunisie (91e) et la Libye (56e).

Poudrière sociale, le Maroc ne reste pas en marge du formidable mouvement qui secoue les sociétés arabes et leurs régimes vermoulus. Comment réagiront les forces de répression marocaines habituées à étouffer dans le sang toute révolte populaire, comme elles le firent à Sidi-Ifni en 2008 et plus récemment a El Aïoun en novembre 2010 ? Cette fois, il suffirait d’une balle de trop pour que le Maroc s’embrase.

Les Marocains aspirent à une vraie liberté

Par Christelle MAROT à Casablanca,17/02/2011
Une vingtaine d’associations rallient la manifestation de dimanche 20 février à laquelle ont appelé des jeunes sur Facebook
Une vingtaine d’associations marocaines, parmi lesquelles l’Association marocaine des droits humains (AMDH), la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’homme, le Forum des alternatives Maroc (FMAS), Joussour ou encore Amnesty International Maroc ont apporté leur soutien à la manifestation de dimanche 20 février au Maroc.
Des rassemblements de solidarité sont par ailleurs prévus à Paris et à Bruxelles.
« Une grande partie des démocrates, surtout les jeunes, aspire maintenant à des changements au Maroc. Hormis quelques différences, la situation au Maroc ne diffère pas au fond de la situation en Tunisie et en Égypte : despotisme politique, Constitution non démocratique, élections qui ne respectent pas la volonté populaire, Parlement dénué de toute légitimité, gouvernement sans vrai pouvoir exécutif face au palais du roi », explique Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH.
Et d’ajouter : « On continue d’enregistrer de graves violations des droits humains et des atteintes aux libertés : enlèvements, détention politique, torture, jugements iniques. » Elle appelle ses militants à descendre dans la rue dimanche 20 février aux côtés des jeunes instigateurs du mouvement.

« Changer le système »
Lancé sur Facebook le mouvement « Liberté et Démocratie maintenant », qui compte désormais 8 800 membres, appelle à manifester pacifiquement dans plusieurs villes du royaume. Il réclame notamment la révision de la Constitution, la séparation des pouvoirs, la dissolution du gouvernement.
Issu d’une famille traditionnelle de Meknès de la classe moyenne, Rachid Antid, 34 ans, alias Spirit-Zata (son nom sur Facebook), est licencié en droit privé et actuellement sans emploi. Avec Hicham Ahella, 20 ans, élève ingénieur à Settat et fils de militant, il est à l’initiative de l’appel du dimanche 20 février.
Les deux hommes partagent le même ras-le-bol et la même volonté de « changer le système », sans remettre en cause toutefois le principe de la monarchie. « Nous demandons aussi la libération des prisonniers politiques comme Chakib El Khayari, condamné à trois ans de prison pour avoir dénoncé la corruption et le trafic de drogue dans le nord du pays », rappelle Rachid.

La manifestation a reçu le soutien de partis politiques
Pour Driss Ksikes, directeur du centre de recherches Cesem à Rabat, « ces jeunes sont en demande d’une plus grande liberté et de leurs droits socio-économiques. Le contexte permet peut-être aujourd’hui d’aller au-delà des revendications de diplômés chômeurs devant le Parlement ou de personnes prises dans des émeutes de la faim à Sefrou ou Sidi Ifni. »
« Il y a un besoin profond de réformes. Avoir un premier ministre qui dit : “Mon projet est celui du roi” est d’une indigence politique inacceptable. Le roi est au-dessus de tout. Il faudrait faire en sorte que ceux qui gouvernent deviennent redevables réellement de leurs actes devant la population », estime l’intellectuel.
La manifestation prévue dimanche 20 février a également reçu le soutien des formations de gauche et d’extrême gauche, notamment du Parti socialiste unifié (PSU), de La Voie démocratique, du Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (PADS), ainsi que du Parti démocratique amazigh marocain (PDAM).
De son côté, le mouvement islamiste Al Adl Wal Ihssane (Justice et Bienfaisance), interdit mais toléré par les autorités marocaines, n’a pas exclu de participer aux rassemblements. Le parti de cheikh Yassine revendique 200 000 adhérents.

Retrouvez le dossier sur la révolte des pays arabes .
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2455951&rubId=4077

Marche du 20 février : La diaspora maghrébine apporte son soutien

Par Oumar Baldé,Copyright Yabiladi.com, 18/2/2011,
Ce n’est pas uniquement au Maroc que ce dimanche 20 février 2011 risque d’être synonyme de journée de manifestations. Des rassemblements de soutien, organisés par les communautés maghrébines sont également prévus en France, en Belgique et en Allemagne.
Des rassemblements sont prévus le dimanche 20 février.
Après la vingtaine d’ONG marocaines de défense des droits humains, c’est au tour de la communauté maghrébine dans certains pays européens d’apporter son soutien à la marche du 20 février. Par des rassemblements de solidarité, ces associations d’expatriés comptent joindre leur voix à celles des organisateurs de cette marche très controversée au Maroc.
Dans trois villes françaises
En France, l’Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), faisant front commun avec plusieurs autres organismes (voir détails sur ce lien), sera à l’œuvre. Ainsi, un « rassemblement de solidarité avec les luttes du peuple marocain » est prévu dimanche 20 février, à 15h, au parvis des droits de l’Homme à Paris (Métro Trocadéro).
En dehors de Paris, Strasbourg et Rennes devraientt également connaître un mouvement similaire, confirme l’ATMF. L’association se dit convaincue qu’un « autre Maroc est possible » et pense que « les autorités politiques marocaines doivent accéder au processus de changement qui se généralise dans la région et ce par l’instauration d’institutions démocratiques, la séparation des pouvoirs, la prise de décisions politiques et la gestion de la chose publique en lien avec les urnes ».
à Bruxelles et à Bonn aussi.
En Belgique et en Allemagne, des appels au rassemblement sont aussi lancés. A Bruxelles, la manifestation devrait avoir lieu dimanche 20 février, de 14h à 16h, devant l’ambassade du Maroc. Une marche de soutien est organisée à Bonn, l’ancienne capitale de l’Allemagne. Une militante allemande d’origine marocaine, Saloua Mohammed, fondatrice de l’ONG pour les droits humains Lifemakers Germany appelle à la mobilisation.
Sa manifestation devrait anticiper celles prévues dimanche car elle donne rendez-vous samedi 19 février, au Münsterplatz de l'ancienne capitale de l'Allemagne de l'Ouest, de 15h à 17h. Pour le moment, seule une trentaine de personnes l’a rejointe sur sa page Facebook dédiée au soutien des révolutions en cours dans le monde arabe.

Paris : Rassemblement de solidarité avec les luttes du peuple marocain

Par la Ligue des Droits de l'Homme, 18/2/2011

Le dimanche 20 février 2011 à 15h00, à Paris
Nous signataires, nous nous joignons à l’Appel ci-dessous lancé par les organisations et démocrates marocains depuis Dakar lors du Forum Social Mondial 
qui a eu lieu du 6 au 12 février 2011.
« Nous saluons haut et fort la révolution en Tunisie et en Égypte, ainsi que le mouvement démocratique dans les différents pays maghrébins, arabes et africains. Nous militons pour faire aboutir le changement et la démocratie dans toutes leurs dimensions. Tout en affirmant qu’un autre Maroc est possible, les organisations au Maroc, comme à l’étranger, considèrent que les autorités politiques marocaines doivent accéder au processus de changement qui se généralise dans la région et ce, par l’instauration d’institutions démocratiques, la séparation des pouvoirs, la prise des décisions politiques et la gestion de la chose publique en lien avec les urnes, des réformes politiques, économiques, sociales et culturelles profondes pour construire un État de la citoyenneté, de la dignité, de l’égalité et la promotion des droits de l’Homme et des libertés. »

Nous appelons au rassemblement de solidarité qui aura lieu le dimanche 20 février 2011 à 15h au parvis des droits de l’Homme à Paris (Métro Trocadéro)
Premiers signataires :
Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc ASDHOM, Association des Marocains de France AMF, Association des Amis de l’AMDH-Paris, Voie Démocratique, PCOT, Association des Travailleurs Maghrébins de France ATMF, Association de Parents et Amis de Disparus au Maroc APADM, AFASPA, Forum Marocain Vérité et Justice-section France FMVJ-France, Parti Socialiste Unifié Marocain en France PSUM-France, Forum Citoyenneté Solidarité des Marocains en Europe FCSME, Collectif des Familles de Disparus en Algérie CFDA, Manifeste des Libertés, FTCR, Association des Tunisiens en France ATF, ETTAJDID-France, Commission Arabe des Droits Humains ACHR, MRAP, Parti de l’Avant-garde Démocratique Socialiste-Fédération ’Europe PADS, CRLDHT, PCF, CISA, UJFP,UTIT, CAPDEMA, Collectif Algérien pour la Liberté et la Démocratie CALD,RESPAIX, Ligue des droits de l’Homme (LDH)
http://www.ldh-france.org/Rassemblement-de-solidarite-avec,3438

Moroccan Independent News Portal
Manifestations 20 février en Europe -
                 A mettre dans votre agenda

A Barcelone: Concentración en Plaza Sant Jaume en apoyo al pueblo marroquí
Lieu : Plaça Sant Jaume, Barcelona
Date/heure : dimanche 20 février 2011 19:00
A Madrid : A la plaza Sol, dimanche 20 février à 12h
A Bruxelles: Ambassade du Maroc - Zondag voor de Marokkaanse ambassade Dimanche 20 février 2011 de 14h à 16:00
A Paris: Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro dimanche 20 février à 15h ;
A Lille : A la sortie du Métro Wazemme dimanche 20 février à 11h ;
A Montpellier : A la place de la comédie dimanche 20 février à 15h ;
Et dans la petite ville de GAP, la LDH Gap soutenue par Solidarité Maroc 05 APPELLENT À UN RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AU PEUPLE MAROCAIN, SUR L’ESPLANADE DE LA PAIX À GAP, Le dimanche 20 février 2011 à 11 h.



Le 20 février, la manifestation gagne le Maroc

Par Matière et Révolution/8/2/2011

« Ils ne peuvent pas nous anéantir, ils ne peuvent pas nous écraser. Nous continuerons pour toujours parce que nous sommes le peuple. »  John Steinbeck dans "Les raisins de la Colère"

Que se passe-t-il au Maroc ?

LES RAISONS DE LA COLÈRE ?
Misère, chômage, prostitution, 
désespoir des jeunes explosent !!!

Un conte pour enfants traîne partout : au Maroc, on aurait un roi démocrate, moderniste, ouvert, on n’aurait pas besoin de manger, pas besoin de se loger puisqu’on a un bon roi !!! Pas entendu parler de misère au Maroc ? Pas de chômage des jeunes ? Pas de prostitution ? Pas vu la richesse aussi ?!!! Des inégalités, non ? Ah le gentil roi que voilà !!! Il nous donne du travail, des revenus, des logements ? Non, des beaux discours !
Les images qui précèdent illustrent la démocratie de sa majesté le roi et le bien-être de son peuple ... Mohamed VI, tes bienfaits sont innombrables... à preuve misère, prostitution, grèves, manifestations, révoltes, émeutes, et immolations par le feu de jeunes désespérés... et répression, dictature, répression, dictature...



Le Maroc est-il plus pauvre que le Guatemala ou l’Égypte  ?

Oui, si l’on en croit l’indice multidimensionnel de pauvreté(IMP) de l’université d’Oxford, auquel le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) envisage de se référer à l’avenir.
Contrairement à l’indice de développement humain (IDH), l’IMP intègre plus de dix critères pour mesurer la pauvreté d’un pays.
Et, surprise, l’application de cet indice fait bondir le taux de pauvreté du Maroc à 28 % (soit 8,9 millions de personnes), contre 6,4 % pour l’Égypte.
Dans un communiqué publié le 20 août, Rabat dénonce ” le manque de rigueur et de professionnalisme de cette étude”et regrette que le Pnud « “ignore les sauts qualitatifs et  quantitatifs indéniables réalisés au Maroc depuis 2004″.
Face aux critiques des pays en développement, le Pnud tente depuis quelques années d’enrichir la définition de la pauvreté. L’IMP a l’avantage de mesurer avec plus de précision les degrés  de pauvreté d’une population et de déterminer ses besoins les plus urgents.
Mais les faits sont là : Fes (environ 30% de taux de pauvreté urbaine), Meknes (dans les 25%) ou encore Erachidia avec un taux qui dépasse les 45% de pauvres dans certaines localités (avec une dépense moyenne de moins de 4000 dh/an).

Et à côté de cette misère, LA RICHESSE INSOLENTE !!







Il y a donc plusieurs Maroc :
- celui des grandes familles de plus en plus riches de la bourgeoisie économique et des sphères dirigeantes de l’état (armée, police, haute administration), rassemblées autour de la plus puissante d’entre elles, la famille royale de la dynastie alaouite ;
- le Maroc des pauvres du monde rural et des bidonvilles, de loin les plus nombreux des Marocains, où l’on trouve les travailleurs, salariés ou non, dont les revenus sont environ dix fois inférieurs au salaire moyen européen, ainsi que tous les chômeurs, déclassés, migrants de l’exode rural sans emplois qui vivent dans une véritable misère ; 
- enfin le Maroc des classes moyennes, qui assument difficilement les tâches courantes de gestion, d’administration et d’organisation dans tous les secteurs d’activité, notamment dans les services publics, notoirement insuffisants et mal équipés. Il ne faut donc pas s’étonner du très mauvais classement du Maroc dans l’indice de développement humain établi par le PNUD ni du retard qu’il a pris dans ce domaine par rapport à l’Algérie et à la Tunisie : le Maroc occupe la 126e place sur 177, dans le classement des pays selon leur IDH dans le rapport du PNUD en 2008, derrière l’Égypte (112e), l’Algérie (104e), la Tunisie (91e) et la Libye (56e). Le Maroc est donc classé 126e rang mondial au classement du développement humain du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) 2007-2008 !
Le taux de chômage au Maroc a augmenté légèrement au cours du premier trimestre de 2007, pour atteindre 10 pour cent, contre en moyenne 9,6 pour cent en 2006, a indiqué le Haut Commissariat au Plan (HCP) mercredi 9 mai. En mars 2007, le niveau de chômage s’établissait à 15,8 pour cent en ville et 3,8 pour cent dans les zones rurales, a annoncé le HCP. Le niveau de chômage a essentiellement augmenté chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, chez les femmes vivant en milieu urbain, et parmi les diplômés de l’université. Le nombre total de demandeurs d’emplois a augmenté à 1,1 million au cours du premier trimestre de 2007, en hausse en moyenne de 8,5 pour cent d’une année sur l’autre. Les chiffres montrent que la main-d’oeuvre du pays âgée de plus de 15 ans a augmenté de 4,2 pour cent d’une année sur l’autre, et qu’elle s’établit désormais à 11,2 millions de personnes.
ON A DES RAISONS DE MANIFESTER !!!
Les autorités marocaines ont accepté une manifestation anti-gouvernementale prévu sur le site social Facebook, selon un média marocain.
Il est déclaré que plusieurs mouvements de jeunes marocains ont annoncé sur Facebook qu’ils envisagent d’organiser une manifestation le 20 février, un mouvement apparemment bien accueilli par le gouvernement.
"Nous avons l’intention de rassurer ceux qui organisent des manifestations sur Internet qu’il s’agit d’une chose tout à fait normal et fait partie de la vie démocratique du Maroc", a indiqué le ministre des Télécommunications Khaled al-Nasiri .
« Nous sommes habitués à de telles initiatives qui grandissent et qui ont été pendant des années ouvert à la liberté d’opinion et d’expression"a dit al-Nasiri.
Les manifestations anti-gouvernementales ont commencé la semaine dernière en Egypte visant à renverser son président Hosni Moubarak, de telles manifestations ont également eu lieu au Yémen contre le président Ali Abdullah Saleh au pouvoir depuis 30 ans.
Les manifestations semblent avoir puisées leurs inspiration de la révolte en Tunisie qui a évincé le Président Zine El Abidine Ben Ali de son poste après plus de 23 ans à la tête du pays.
Ce 17 décembre 2010, du côté de Sidi Bouzid, Mohamed Bouaziz, 26 ans, décide de l’illustrer. Le monde prépare Noël, lui s’asperge d’essence. Il s’immole par le feu, devient une torche humaine. Qu’est ce qui pousse un être humain à en venir à ce geste, à se faire souffrir ? Qu’est ce qui le pousse à aller directement à la mort ? Le désespoir, le ras-le-bol, l’injustice, la colère même. Diplômé, il est vendeur ambulant de fruits et légumes. Sans autorisation pour cette activité, ses marchandises sont confisquées par la police. La perte de son unique outil de travail le mène au suicide, un moyen pour se faire entendre. Alors le peuple déferle dans les rues et d’autres sacrifient à nouveau leurs vies. La Tunisie est en ébullition. Jeunes au chômage, avocats, enseignants… les Tunisiens se rebellent, non sans se faire mater . Les libertés sont dans l’étau de la dictature. La censure est lâchée. France 24, Facebook, Twitter en deviennent inaccessibles. Des arrestations de bloggeurs ont lieu. Un rappeur fait les frais de la répression. Le groupe Anonymous « cyber-attaque » les sites ministériels. Le peuple est une armée ! Le président parle d’une « minorité d’extrémistes ». Fait-elle partie de cette majorité avoisinant les 100% qui l’a réélu ?
Un vent souffle et propage cette vague de rébellion de l’autre côté de la frontière, en terre algérienne. Alger, Oran, Annaba… Bâtons contre canons à eau. Pierres contre bombes lacrymo’. On ne peut rien enlever à ceux qui n’ont pas grand chose. On casse, brûle. Le prix des denrées alimentaires a mis le feu aux poudres. Le chômage qui persiste est évidemment au premier plan. C’est le mal-être, le mal-vivre qui parlent. L’Algérie a du pétrole, à qui profite les retombées économiques ? Les diplômés ont hérité de la précarité. Ces jeunes veulent du changement, les saccages sont leurs modes opératoires. Les Algériens paraissent plus violents que les Tunisiens mais ont aussi leur premier martyr, un jeune de 18 ans tué par balle. En suivront d’autres. Est-ce le prix du progrès, le prix de l’avènement d’un nouveau Maghreb ?
Et le Maghreb, c’est aussi trois pays
Alors, il est légitime de se demander si la tempête frappera le Maroc. Un autre Sidi Ifni comme en 2008 se passera-t-il ? Il suffirait d’un événement pour que tout un pays s’embrase. Pourtant des trois, le royaume chérifien reste le plus stable. Néanmoins, des jeunes diplômes sans emploi y existent aussi. Les mêmes qui demandent à ce qu’on se préoccupe d’eux en Algérie et Tunisie voisines. Les contagions n’ont pas de frontières. Ce ne sont pas les premières manifestations maghrébines et ce ne seront pas les dernières ! Parce que le peuple aura toujours des choses à revendiquer. Muselé certes mais bouillonnant de l’intérieur.
ON VOUDRAIT NOUS FAIRE CROIRE QUE RIEN NE SE PASSE AU MAROC PARCE QUE TOUT VA BIEN AVEC UN ROI DÉMOCRATIQUE ET LE BIEN-ÊTRE !!!
En 2005, déjà...
A Sidi Ifni
Et dans la province de Figuig
Les manifestations sont devenues quasiment quotidiennes ces derniers jours dans plusieurs localités de la province de Figuig. Les revendications sociales se font plus insistantes notamment à Bouârfa, le chef-lieu, qui subit de plein fouet la pression d’un exode forcé.
Bouârfa, chef-lieu de la province de Figuig abritant un peu plus de 25.400 habitants, connaît depuis plusieurs mois des manifestations populaires à caractère social. Des manifestations qui ont fini par s’étendre à d’autres localités de cette province comme Béni Tjit, Talsint, Tandrara, Bouânane, mais aussi à de petits douars comme Ksar El Hajoui ou encore Ich, un petit patelin de 600 âmes à 200 mètres de la frontière avec l’Algérie. A Talsint, selon des témoignages recueillis sur place, des manifestations ont été organisées depuis lundi 24 octobre 2005 et de manière quasi quotidienne après la rupture du jeûne. La situation a dégénéré vendredi 28 octobre 2005 les forces de l’ordre qui ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et, selon plusieurs sources, de balles caoutchoutées pour contrer des manifestants attaquant par des jets de pierres. Trois personnes, dont une femme, auraient d’ailleurs été blessées alors que trois autres ont été arrêtées pendant deux jours par les éléments de la Gendarmerie royale avant d’être relâchées, lundi 31 octobre, à Bouârfa. Les trois interpellés devaient être déférés devant le tribunal de première instance de cette ville. Leur relâchement serait intervenu pour ne pas envenimer, davantage, la situation. Selon une source associative, les revendications des habitants de Talsint ne sont guère différentes de celles des autres localités de cette province abritant les populations les plus pauvres au Royaume. D’abord du travail dans les chantiers assurés par la promotion nationale, de l’eau potable en quantités suffisantes, la révision des factures d’électricité jugées « exagérées » et la farine subventionnée de meilleure qualité... A Bouarfa, comme à Talsint et ailleurs, les choses avaient dérapé depuis le début du mois de septembre dernier. Le 12 de ce mois, Bouârfa allait connaître une manifestation de plusieurs centaines de personnes demandant à ce que soient honorés les engagements pris par le secrétaire général de la province concernant notamment le volet du travail pour les jeunes. Plusieurs centaines de manifestants avaient, par la suite, décidé d’une marche vers Figuig avant de passer à l’Algérie. Après 15 kilomètres de marche à pied, l’intervention du député Ahmed Sbaï (PSU) leur fera changer d’avis, surtout qu’il arrachera la promesse d’aucune intervention musclée des forces de l’ordre. Les services centraux de l’Intérieur dépêcheront sur place le gouverneur d’Errachidia avec, pour mission, d’élaborer un rapport dans un délai de deux jours. Des promesses furent de nouveau données, le gouverneur de Figuig (Saïd Faska) étant toujours malade, c’est un cadre de l’Intérieur qui prend la relève pour l’intérim. Aujourd’hui, M’Hamed Lemtouni est décrié pour sa propension à favoriser la « manière forte », nous indique un membre associatif. Les habitants, énième revendication, demandent son départ. La ville de Bouârfa est la localité la plus touchée de la région. Les neufs ans de sécheresse ont poussé nomades et agriculteurs à venir grossir les rangs des populations démunies, mais aussi le nombre des habitations insalubres estimé aujourd’hui à 900 à « Hay Lekhiam » et « El Aïn Zerga ». Le calme n’est pas près de revenir dans cette province, assure le président d’une ONG locale. A moins que soient décidées des mesures d’urgence pour atténuer le poids de la misère dans ces localités, ajoute-t-il, et surtout laisser de côté approche « sécuritaire ».
En 2008
En 2009
En 2010
CASABLANCA
Casablanca englobe environ 70 % de l’activité économique du Maroc, réalisant 50 % du PIB. Avec ses 3 millions d’habitants, elle est aujourd’hui, après Alger, la ville la plus peuplée du Maghreb.
La région du Grand Casablanca compte près de 480 bidonvilles, soit un tiers des abris de fortune du pays. En 2004, le roi Mohamed VI a annoncé un programme "villes sans bidonville", financé à hauteur de 700 millions d’euros, destiné à améliorer la situation d’ici à 2012.- Les avantages de la fiscalité marocaine poussent de nombreuses entreprises européennes à s’implanter dans le royaume. A titre d‘exemple, le quartier de Sidi Maarouf, à Casablanca, s’est transformé au cours des dernières années en un important centre d’affaires. Plusieurs entreprises étrangères y ont installé leur siège (Nokia, DHL, Meditel…). La société Dell y a créé plus de 4 000 emplois.
Derrière le luxe affiché de ses beaux quartiers, la capitale économique du Maroc cache une terrible précarité. La ville de Casablanca est déchirée par ses contradictions. D’un côté, des quartiers populaires où se côtoient débauche, vols, crimes et autres fléaux, de l’autre, des quartiers riches qui poussent comme des champignons, à l’ombre d’une monarchie autoritaire.
Dans cette ville, les autorités ont confié presque tous les services à des entreprises étrangères. "On fait appel à des étrangers pour gérer les affaires de la collectivité, comme si nous étions incapables de le faire nous-mêmes", regrette un cadre marocain. Le service de propreté de la ville est dirigé depuis 2004 par trois entreprises espagnoles. Si les Espagnols occupent des postes clés dans ces entreprises, les Marocains assurent, quant à eux, la tâche d’éboueurs. Par ailleurs, tout comme à Alger, c’est une société française – la Lyonnaise des eaux – qui gère l’eau et l’électricité de la ville de Casablanca. "C’est vraiment malheureux de voir notre pays confier la gestion de son eau, donc de sa vie, à un pays qui nous a colonisés !" nous confie un journaliste marocain. "A Casablanca, même les autobus sont gérés par une société française", poursuit-il. 
Casablanca n’arrive pas à cacher la misère de sa population.
La pauvreté atteint des proportions alarmantes. A chaque coin de rue, nous rencontrons des enfants, des jeunes filles, des femmes âgées, des pères de famille qui tendent la main pour demander quelques pièces. A la tombée de la nuit, la ville se métamorphose. En dehors de quelques bars ouverts jusqu’à une heure tardive, on ne rencontre dans les rues que des SDF et autres marginaux. Les artères sont envahies par des prostitués, hommes et femmes. Une simple virée à la Corniche, une zone connue pour son animation et ses restaurants prisés, vous renseigne sur l’ampleur de la prostitution. Autre visage de la ville : Anfa. C’est aujourd’hui le quartier le plus cher de Casablanca. Y louer un appartement coûte pas moins de 15 000 DH par mois [1 330 euros]. C’est d’ailleurs ce boulevard qu’a choisi Saadi Kadhafi, l’un des fils du dirigeant libyen, pour y construire deux immeubles : un hôtel et un centre commercial. Le lieu le plus fréquenté par la jeunesse de Casa est Maarif. Ce quartier commerçant est apprécié pour ses tours jumelles baptisées Twin Center et ses grands magasins européens. Il est essentiellement peuplé de classes moyennes. Ici, pas d’école publique. "Les gens envoient leurs enfants dans des écoles privées. Elles sont de plus en plus nombreuses et les autorités ont finalement détruit les établissements publics puisque plus personne ne s’y inscrivait", nous explique Mohamed, un architecte de Maarif. Pour acquérir un bien immobilier ici, il faut un budget exorbitant. "Pour permettre l’achat des terrains, l’Etat a décidé d’accorder des crédits sans intérêt, remboursables sur vingt-cinq ans", souligne notre interlocuteur. Les grosses légumes, les riches, les hommes d’affaires résident quant à eux sur le boulevard Panoramique. "Alors que des Marocains crèvent de faim, les gens du régime ont amassé des sommes colossales et érigé de luxueuses villas. Ce quartier est habité par des notables qui font la pluie et le beau temps. Ce sont eux qui détiennent le monopole des affaires et du business aujourd’hui chez nous", déclare un journaliste. Nous avons quitté ces quartiers huppés pour nous rendre à Derb Sultan, où habitent des milliers de familles pauvres et marginalisées. En dépit des promesses faites par les autorités d’améliorer les conditions de vie des habitants, la situation n’a pas évolué. Elles ne semblent pas retenir les leçons de l’Histoire. En effet, c’est dans cette zone que se sont déroulées les émeutes urbaines de 1981. Les habitants s’étaient alors révoltés suite à l’appel du parti d’opposition, l’USFP [Union socialiste des forces populaires]. Les autorités avaient réprimé la manifestation dans le sang. Aujourd’hui, l’USFP participe à la gestion des affaires publiques, mais rien n’a changé à Derb Sultan.