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samedi 5 mars 2011

Gdeim Izik : témognage de miltants présents lors de l'atroce répression perpétrée par les forces de l'ordre marocaines.

Par Isabel Terraza, le Post, 5/3/2011
post non vérifié par la rédaction
Isabel Terraza : "On a vu des Sahraouis brûlés vifs"

La militante espagnole Isabel Terraza et le militant mexicain Antonio Velazquez étaient deux des témoins ayant, à travers la presse mondiale, apporté leurs témoignages sur le génocide commis contre des civils sahraouis au camp Gdeim Izik par les forces de l’armée marocaine. Rencontrés en marge des festivités commémoratives du 35e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique dans les camps des réfugiés sahraouis de Smara (Tindouf), ces deux militants, membres de l’Organisation non gouvernementale, Résistance Sahraouie, ont bien voulu répondre à nos questions et c’est Isabel Terraza qui s’est prononcée au nom des deux militants.

ENTRETIEN RÉALISÉ, DANS UN CAMP DE RÉFUGIÉS SAHRAOUIS DE TINDOUF,
PAR FARID HOUALI

Le Courrier d’Algérie : Vous avez été témoins d’un génocide comme vous l’avez souligné auparavant sur les colonnes d’un bon nombre de quotidiens…

Isabel Terraza : Franchement moi, personnellement, il m’est trop difficile de revenir sur ce qui s’est passé ce jour là, je n’ai jamais crû qu’un humain pouvait en aucun cas faire preuve d’une telle violence envers un autre. En un mot, c’était un génocide. Cela restera gravé dans ma mémoire tant que je serai vivante. Pour revenir à votre question, oui, nous étions témoins du démantèlement du camp de Gdeim Izik, moi et mon ami Antonio Velazquez. Nous y étions depuis les premiers jours de son installation soit depuis le 20 octobre 2010 plus exactement. Disons que nous avons beaucoup appris bien avant l’installation du campement en dehors de El Ayoun par les jeunes sahraouis et là un fait nous a marqués.

Lequel ?
Franchement, le campement a été installé en un clin d’oeil. Les jeunes Sahraouis ont fait preuve d’une solidarité rare en son genre. En regardant ces derniers monter les premières tentes, on est resté stupéfait et étonné par l’esprit de fraternité des Sahraouis. En un laps de temps, ces jeunes ont pu faire passer le message et ainsi réunir des milliers d’autres derrière eux. Leur message était clair. Ils ne voulaient plus de l’occupation marocaine. En face, il n’a pas fallu une éternité pour connaître la réponse du régime marocain. La suite, le monde entier la connaît et le Maroc, quoi qu’il fasse, il ne pourra jamais nier ou cacher le génocide. Les mots ne suffiront pas pour décrire la cruauté marocaine. Elle dépasse l’imaginable. Pour réprimer, les forces marocaines ont usé de tous les moyens. On a vu des Sahraouis brûlés vifs. Sincèrement, c’était abominable. Les autorités marocaines ne pourront pas falsifier la réalité et nous les défions de prouver le contraire. Nous, on dispose de preuves concrètes.

Les autorités marocaines savaient que vous y étiez…
Assurément, de ce côté-là les Marocains s’assuraient qu’aucune information ne sorte du campement. On veillait à ce que rien ne filtre.

Mais vous avez quand même pu être en contact avec le monde extérieur…
On est resté cachés pendant dix jours dans une maison fuyant les forces de police, de gendarmerie royale et les forces auxiliaires, d’où nous entendions les cris et les appels des Sahraouis lors des perquisitions menées d’une rare violence par les forces du Makhzen. Là, même sans parler des enlèvements, on se croyait dans un cauchemar. Suite à quoi, il fallait du moins mettre nos amis de l’extérieur au courant de la barbarie marocaine. Nous avons réussi en dépit de tout, à envoyer les premières photos et vidéos, chose réussie.

Quel était votre sentiment en sachant que vous avez contribué à médiatiser les faits ?
Je dirai que malgré le blocus médiatique imposé par les autorités marocaines, on a fait notre devoir et ainsi pu tenir au courant les autres militants de la cause et montrer des réalités sur le terrain contraires à ce que ne cessaient de faire croire les marocains.

Mais vous avez été finalement repérés par les autorités marocaines qui vous ont expulsés…
Après nous avoir délestés de nos appareils-photo et téléphones. Oui, on a été expulsé le 17 novembre précisément. On a été prié de quitter El Ayoun sous prétexte de notre sécurité, mais moi, j’appelle cela une expulsion et rien de plus.
En tout état de cause, nous ne cesserons à aucun instant d’apporter nos témoignages sur ce qui s’est passé ce jour là. Il est inconcevable et inadmissible pour nous de voir cela se passer autour de nous sans  bouger le petit doigt. C’est injuste de voir des milliers de Sahraouis qui ne revendiquent que ce qui leur revient de droit, massacrés au quotidien par les forces coloniales marocaines.

Peut-on comprendre par là que vous êtes déterminés à aller de l’avant dans votre combat pour la cause sahraouie ?
Certainement. Tous ceux qui croient à la dignité et les libertés des peuples doivent faire de même.

Etes-vous prêts à y retourner ?
Y retourner ? Non je ne pense pas, du moins pour le moment, on est dans la catégorie des ennemis n°1 des Marocains. Quoi qu’il en soit, nous sommes prêts à les défendre jusqu’au bout, ni les intimidations ni encore moins l’interdiction de se rendre dans les territoires occupés ne nous en dissuaderont. Nous le répéterons chaque fois que c’est nécessaire, nous sommes et nous serons aux côtés des populations sahraouies. Notre présence ici parmi eux pour célébrer le 35e anniversaire de la proclamation de la République sahraouie en est la preuve formelle. La cause sahraouie, nous y croyons. Que ce soit ici ou ailleurs, les peuples ont droit à une vie sur la terre de leurs ancêtres, réellement ce n’est pas aussi compliqué que cela paraît. La cause sahraouie est la nôtre. Et ce qui m’intrigue le plus, c’est que tout cela se passe au vu et au su de tout le monde.

Justement, vous êtes espagnole et pourtant la position de l’Espagne officielle est claire ?
Oui, c’est désolant mais les Sahraouis le savent bien, le peuple espagnol ne cautionne guère la position officielle. La plus grande partie des Espagnoles sont pour la cause.

Et l’Algérie ?
Sa position est honorable. Ce pays a toujours su se montrer aux côtés des Sahraouis. C’est l’un des rares pays qui s’est clairement manifesté pour la cause. On ne l’a jamais connu, si l’occasion se présente, nous y viendrons et organiserons une conférence au profit de la cause sahraouie et du combat héroïque de son peuple, hommes et femmes. Et à l’occasion je salue les journalistes algériens. Je n'en connais pas, mais ce qui est sûr et certain, c’est que ces derniers pour leur part ont bien médiatisé la cause sahraouie et souvent dénoncé les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés, je salue également leur courage. 

Votre dernier mot...
Parler des violations des droits élémentaires des Sahraouis par les autorités marocaines, on ne le fera jamais assez. La communauté internationale, le Conseil de sécurité de l’ONU doivent impérativement intervenir et amener le Maroc à accepter un référendum juste au Sahara Occidental et ainsi mettre un terme aux souffrances des populations sahraouies. Je pense que ce qui s’est passé en Tunisie et l’Egypte est un prolongement du soulèvement de Gdeim Izeik.

Sahara Occidental : Négociations et répression sanglante avant chaque négociation programmée

Par Le Post, 5/3/2011
post non vérifié par la rédaction

Les 8 et 9 mars, une nouvelle réunion informelle aura lieu à Malte entre les délégations du Maroc et du Front Polisario sous l'égide de l'Envoyé Personnel de l'ONU, Christopher Ross, et en présence des observateurs de s pays voisins, l'Algérie et la Mauritanie.
Cette réunion intervient après quatre rounds de négociations directes et cinq réunions informelles, un processus qui dure depuis juin 2007 sous l'ordre du Conseil de Sécurité des l'ONU en vue de parvenir à une "solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental".

Presque quatre ans de rencontres caractérisées par l'éloignement des points de vue des deux parties. Mais dans les derniers mois, un nouvel élément est venu s'ajouter aux négociations : la répression exercée par les autorités marocaines à la veille de chaque rencontre.

Au mois de novembre 2010, quelques heures avant la rencontre du 8 novembre à Manhasset (New York) le camp de Gdeym Izik était démantelé avec une violence sans précédent aboutissant à l'emprisonnement de plus de 200 sahraouis à cause de leur participation dans la protestation pour revendiquer des conditions de vie respectables.
Aujourd'hui, à la veille de la réunion du 8 mars, au moins 68 Sahraouis ont été blessés durant l'intervention brutale de la police marocaine pour disperser une manifestation pacifique organisée mercredi dans la capitale occupée du Sahara Occidental, El Aaiun, pour demander la libération des prisonniers politiques et restituer les droits des anciens travailleurs de la société Fos-Bucraa. Et dans la ville de Dakhla, qui n'a jamais connu de troubles auparavant, les citoyens sahraouis ont été violemment agressés par des civils marocains , leurs maisons saccagées et voitures brûlées sous le regard passif de la police marocaine.
Des évènements qui ont abouti à la démission de plus de 60 élus sahraouis de l'administration marocaine.

Devant cette réalité, il devient légitime de se poser des questions sur la bonne foi des autorités marocaines qui agissent de la sorte à chaque fois qu'une rencontre est programmée par l'ONU dans le but de résoudre ce conflit qui date de 36 ans.

Maroc : la quadrature du trône



La rue marocaine réclame une limitation des pouvoirs du roi et son retrait du monde des affaires. 
Mohammed VI y répond par la fermeté. 
Une posture à haut risque.
 
Par Ali Amar, Dernière minute, SaharaDoc,
5/3/2011
Le Maroc est à son tour touché par la fièvre démocratique qui secoue le monde arabe. A la suite d’un appel lancé sur le réseau social Facebook et sur YouTube, des milliers de personnes ont manifesté pacifiquement le 20 février dans les principales villes du pays pour réclamer de profondes réformes politiques et une limitation des pouvoirs du roi aux cris de «A bas la dictature!» et «Le peuple réclame un changement de régime!».
Des incidents ont néanmoins été provoqués par des casseurs à l’issue de manifestations dans plusieurs villes du royaume, notamment à Marrakech dans le sud, et Tanger, Larache, Tétouan et Al-Hoceima dans le nord, causant la mort d’une quinzaine de personnes et d’importants dégâts matériels. Fait notoire et paradoxal, parmi les auteurs de ces troubles beaucoup scandaient des slogans favorables au roi, une manière probablement de discréditer la contestation, certains de ces jeunes ayant commis leurs forfaits en présence de forces de l’ordre étonnamment passives.
A la différence des mouvements de contestations en Egypte et en Tunisie, il ne s’agit pas d’une révolution mais d’une demande d’évolution. Elle est cependant de taille: pour la première fois au Maroc, la rue réclame ouvertement une nouvelle Constitution consacrant la séparation des pouvoirs, une limitation drastique des prérogatives royales dans le cadre d’une monarchie parlementaire à l’espagnole et, fait totalement nouveau dans la bouche du peuple, le désengagement du monarque des affaires.
Le roi, à travers les holdings qu’il contrôle a le quasi-monopole de certains produits de première nécessité comme l’huile, le sucre ou le lait, des denrées pour la plupart subventionnées par le contribuable et dont l’envolée des prix en cette période de crise a des répercussions directes sur la vie quotidienne des Marocains.

«Roi des pauvres» devenu patron de «Maroc SA»
On se souvient encore des rumeurs qui circulaient au début du règne de Mohammed VI sur l’éventualité d’un retrait de la famille royale du monde des affaires. A l’époque, l’opinion publique lui prêtait l’image d’un jeune «roi des pauvres» désintéressé par l’enrichissement personnel, et qui comptait résolument se retirer du business hérité de son père Hassan II.
A l’époque, le marché spéculait déjà sur d’éventuels repreneurs, comme le richissime prince saoudien Walid Ibn Talal, dont le nom avait été évoqué par les médias. En douze ans de règne, de l’eau a coulé sous les ponts et de rumeur de retrait, il n’en est plus question depuis longtemps. Bien au contraire, aujourd’hui le roi est plus que jamais présent dans le paysage économique du pays.
La prévalence de la monarchie dans le monde des affaires n’a jamais été aussi forte. Elle s’est fortement accentuée depuis la mort d’Hassan II. Plus imposante fortune du pays estimée par le magazine américain Forbes à 2,5 milliards de dollars (1,8 milliards d’euros), le roi est à la fois premier entrepreneur, premier banquier et premier exploitant agricole. Le fer de lance de la fortune royale reste sans conteste le groupe ONA-SNI et son chapelet de filiales, une sorte de «Maroc SA» ainsi qu’on le surnomme dans les milieux économiques.
Nimbé de mystères, ce conglomérat contrôle, par un jeu complexe de participations, un large pan de l’économie. Et pour cause; ses sociétés interviennent dans pratiquement tous les secteurs vitaux de l’économie nationale —agroalimentaire, finance, mines, distribution, télécoms, énergie, etc.

Pouvoir absolu et affairisme: un cocktail explosif
«Monarque exécutif», comme il insiste à le rappeler dans certains de ses discours, ses pouvoirs constitutionnels lui confèrent de plus le statut hégémonique de juge et parti. Une situation qui suscite de plus en plus de commentaires appuyés d’investisseurs étrangers, mais aussi de la part de grands patrons nationaux, à l’image du milliardaire Miloud Chaâbi, connu pour son franc-parler et qui n’a pas hésité à descendre dans la rue aux côtés des manifestants à Rabat. Il leur a même distribué une cargaison de bouteilles d’eau minérale dont il est le producteur.
D’ailleurs, le patronat lui-même, par la voix de sa puissante confédération a exprimé sa compréhension des revendications portées par le «mouvement du 20 février» et a solennellement appelé à ce que le gouvernement réponde dans l’urgence à l’appel des manifestants. Un signe révélateur d’un ras-le-bol qui dépasse de loin les seuls Facebookiens ou les formations politiques et syndicales qui appellent au changement.
Depuis le 20 février, des «focos» ont ravivé les feux de l’insurrection populaire qui couvent depuis des années dans des villes moyennes comme Khemisset, Sefrou ou Dakhla (où un festival de musique a été annulé). A Souk Sebt, une mère de deux enfants s’est immolée par le feu après qu’un logement social lui a été refusé. De nouveaux rassemblements ont eu lieu, notamment à Rabat, Casablanca, Agadir, Mohammedia, Marrakech et Fès et qui ont été cette fois-ci durement réprimés.
Les réseaux sociaux continuent d’être le théâtre de joutes enflammées entre détracteurs du monarque, comme ce Marocain de Denver qui invective le roi sur son train de vie, et thuriféraires de Sa Majesté qui promettent de les châtier. Cyberattaques sur Facebook où des comptes sont piratés et des pages vérolées, intimidations verbales et agressions physiques visant des sympathisants du «20 février» sont devenues courantes.
Et pour cause, la caste des «managers du roi», ceux-là même qui ont orchestré sa toute-puissance économique —à l’image de son secrétaire particulier Mohamed Mounir Majidi, et le «clanisme de sang» au sein de l’administration, comme celui largement décrié de la famille du Premier ministre Abbas El Fassi— sont directement pris pour cible par les internautes.
L’argument qui voulait que le chef de l’Etat soit aussi aux commandes de l’économie et du business pour jouer la locomotive d’un royaume à la croissance poussive, et face à une classe des affaires jugée rétive à donner l’exemple, est plus que jamais fustigé.
En réalité, certaines industries des holdings royales, (notamment dans l’agro-industrie) devenues vétustes au contact de la mondialisation, ont vu leur rentabilité fondre comme neige au soleil et ne survivent que de manière artificielle grâce à l’aide publique et à un endettement massif.
Les «stratèges» de Mohammed VI ont depuis longtemps compris que cette situation était devenue intenable, et cherchent par tous les moyens à jeter leur dévolu sur des secteurs plus porteurs car favorisés par la politique de l’Etat dans les services, les nouvelles technologies, les ressources naturelles et l’énergie —s’attirant ainsi davantage de critiques acerbes. Pire, la manière souvent peu orthodoxe avec laquelle sont menées ces affaires a fini par exaspérer la population qui y dénonce «une prédation économique des richesses du pays».

Un choix cornélien pour un roi divin
De nombreux intellectuels, journalistes et politiques avaient pointé du doigt cette anomalie de gouvernance du trône marocain, où pouvoir absolu et affairisme font mauvais ménage. La presse indépendante avait même qualifié cet état de fait d’«alaouisation de l’économie», du nom de la famille régnante. Mais le Palais a toujours été sourd à leurs arguments.
A la veille des manifestations du 20 février, Nourredine Ayouch, un publicitaire connu pour ses entrées au Palais, avait opportunément rappelé lors d’une conférence-débat à Rabat que le roi allait se désengager de certaines de ses activités commerciales, la banque Lazard ayant été discrètement chargée de cette opération.
Effet de manche d’un «spin doctor» envoyé sur le front médiatique pour calmer la colère qui gronde, ou suite logique d’un «assainissement» en cours, censé renflouer un commerce de moins en moins florissant? Probablement les deux à la fois.
Toujours est-il que les revendications populaires pressantes, exaltées par un contexte arabe en pleine effervescence, requièrent plus que jamais, non pas simplement «une accélération des réformes», comme le reconnaît l’Etat lui-même, mais un véritable séisme institutionnel au cœur du régime marocain.
Et il faudra à Mohammed VI un courage politique et une humilité hors normes pour y répondre: régner sans gouverner et se détourner du business, étant pour le moins que l’on puisse dire, un choix cornélien pour un monarque qui se veut de droit divin et dont la puissance est aussi celle de l’argent.
Pour le moment, et malgré des rumeurs véhiculées par la presse sur un éventuel remaniement ministériel prélude à des réformes de fond, Mohammed VI a choisi de maintenir une posture de fermeté refusant la «démagogie et l’improvisation». Mais a-t-il encore vraiment le choix de s’y tenir? 

vendredi 4 mars 2011

CCDH - CNDH changement d'emballage...

CNDH, même mission que les défunts appendices
Par Ali Fkir, 4/3/2011

D’en haut, on vient de créer un nouvel instrument de « droits humains », le « conseil national des droits humains » (CNDH). La nature de l’instrument, la stratégie, la procédure restent les mêmes, seules les individus changent, l’emballage quoi ! Comment ?
- La nature de l’instrument est purement conservatrice : défendre (à sa manière) les valeurs sacrées du pays en général et les choix du monarque en particulier. Défendre l’essence du régime et ses « piliers de légitimité ».
- La stratégie consiste à confectionner deux Maroc :
A - le Maroc de façade tourné vers l’étranger. C’est le Maroc de la « tolérance, des droits de la femme, des droits de l’enfant, de la liberté d’expression, de la liberté d’entreprendre… ». C’est le miroir aux alouettes! Les bourgeoisies européennes, à leur tête celles qui gouvernent la France, qui connaissent par ailleurs l’amère réalité, exploitent cette « face » bien fardée de produits de beauté (ayant pour but de masquer les rides de vieillesse d’un système politique historiquement condamné à disparaître).
Ce Maroc «chimérique », permet à tous les arrivistes « nationaux », à tous ceux qui ont renié leur passé de militants, à ceux qui sont à la recherche d’une mini place à l’ombre de l’arbre du makhzen, à ceux qui sont aux aguets (comme les chats affamés du bled) des miettes qui tomberaient des table des nantis, ou comme des chiens affamés du bled prêts à avaler avec avidité des os offerts généreusement par leurs maîtres.

B- le Maroc, le vrai Maroc, celui de l’étouffement de tout ce qui est vivant, de tout ce qui trouble la quiétude des seigneurs
 Le Maroc de la répression, de l’emprisonnement, de l’exclusion, de la marginalisation, de l’appauvrissement…le Maroc moyenâgeux, Maroc du totalitarisme, Maroc des ténèbres, Maroc du sacré., Maroc de l’intolérance…
- Les procédures sont les mêmes : après l’analyse de la conjoncture, la détermination des différents paramètres de la situation, stratification des contradictions, après avoir fixé la cible (l’ennemi principal), le roi crée un instrument adéquat, choisit les « hommes » de la mission, l’argentier du pays débourse, les divers services de l’État déblaient le terrain, la répression s’occupe de gros travaux…
- « L’emballage » leurrant les profanes et autres non-avertis : jouer sur le passé des individus recrutés pour la basse besogne, gonfler leurs mérites, leur QI, mettre en relief leurs diplômes ( qui peuvent s’avérer inexistants)…Les moyens audiovisuels publics et « privés » s’occupent des autres aspects de la finition, du maquillage…
La création du CNDH, n‘échappe absolument pas à cette vérité, à cette logique. C’est le souci de la continuité qui prédomine, souci de la « pérennité » de la monarchie qui est déterminante dans les grandes décisions des dominants. Quelles que soient les qualités « individuelles » des personnes recrutées, le rôle de celles-ci ne dépasse en rien le rôle du pion dans un échiquier. C’est le cerveau du maître qui choisit le coup, et c’est sa main qui fait avancer le pion.

Résumons en quelques lignes l’historique des de la politique officielle dans le domaine des droits humains.
En 1990, alors que les geôles du régimes pullulaient de prisonniers politiques, et que la répression battait son plein, le tyran Hassan II créa le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme. C’était la mode : dans sa campagne contre les bureaucraties de l’Europe de l’Est, l’impérialisme avait joué avec intelligence sur cette sensible fibre. Il avait (et il le fait toujours) conseillé/recommandé aux dictatures assujetties à son influence de créer des instances (bidon bien sûr) qui prônent la défenses des droits de l’Homme.
En 1993, Le même tyran créa un ministère chargé des droits de l’Homme dirigé par un avocat (avocat bien connu dans les milieux de la défense des causes injustes)
Le 7 janvier 2004, Mohammed VI, installa l’Instance Équité Réconciliation (l’IER) ayant pour objectifs principal : « tourner la page » (en dénaturant la réalité), pour cela il fallait impliquer dans la falsification de l’Histoire des gens « fiables », des individus qui ont eux-mêmes souffert des pratiques du régime de Hassan II. La « nouvelle ère » a recruté sans grandes difficultés (il faut reconnaître cela à l’entourage du monarque) dans les milieux de gauche.
Le 11 juillet 2005, le roi nomme Driss Benzekri (ancien président de la défunte IER) président du ressuscité CCDH
Après le décès de Benzekri, le roi nomme en novembre 2006 Ahmed Herzeni secrétaire général du CCDH, avec la même mission à la charge. Dénaturer l’Histoire, « redorer » le blason d’un régime terni par l’histoire de la dictature
Le 30 novembre 2005, l’IER remit au roi son rapport final. 
Pour le roi, pour l’IER, le dossier de la répression de la période 1956 – 1999, est désormais clos. Jusqu’à aujourd’hui (mars 2011), l’Etat et les appendices du makhzen nient toute violation des droits humains au Maroc depuis 1999 (date de l’intronisation de Mohammed VI).
Le jeudi 3 mars 2011, l’enfantement d’un rejeton makhzanien, le CNDH, ayant la même mission que les défunts, mais avec un nouvel objectif de détail : contrecarrer l’influence de l’AMDH, qui est devenue un véritable grain de sable dans la machine makhzanienne. Un véritable cauchemar pour les despotes.
Il est devenu pratiquement impossible à cette machine de masquer « normalement » la réalité des violations des droits humains qui empoisonnent quotidiennement la vie des marocain-es et de présenter facilement aux institutions internationales des « rapports mensongers » à cause, entre autres, de l’AMDH.
Il fallait confectionner un instrument de combat, le CNDH, recruter les personnes « aptes » à faire le boulot. Ceux qui ne portent pas dans leur cœur l’AMDH d’aujourd’hui.
Aussi bien pour les commanditaires que pour les commandités, les moyens à utilisés (et non les objectifs) doivent ressembler à ceux de l’AMDH : la proximité, une structure hiérachique…l’argentier du royaume ne lésinera pas cette fois-ci sur le financement

Il reste à souligner la différence entre l’AMDH et le CNDH :
- L’AMDH est le produit de la résistance populaire alors que le CNDH est le produit du makhzen, le produit d’un système répressif.
- L’AMDH a pour mission de faire connaître la vérité, de condamner les violations, de se solidariser avec les victimes, d’accompagner les victimes dans la recherche de la justice…
Quant au CNDH, il a pour mission, n’en déplaise aux arrivistes de tous poils, de défendre l’image de l’Etat marocain, la « virginité » de la nouvelle ère…
- Les deux organisations sont nées dans des conjonctures caractérisées par la lutte acharnée entre le peuple et le makhzen :
L’AMDH pour défendre la cause du peuple, le CNDH pour défendre l’ennemi du peuple, défendre le système répressif en place, jouer le rôle du sapeur-pompier surtout en ces temps de combat légitime pour le changement combat initié par la jeunesse marocaine du 20 février 2011.
Devant l’ampleur du mouvement pour le changement, le régime n’a d’autres solutions que d’accentuer la répression et de recruter de nouveaux sapeurs-pompiers…
Reprenant des passages de la MAP (agence du makhzen) :
+ Le cndh se distingue notamment par les mécanismes régionaux
+ mécanismes régionaux en tant que dispositifs de proximité
+ Le nouveau dahir vise par ailleurs à consolider l'autonomie du conseil (contrairement à ce qui a été avancé par le sieur El Yazami, il n’est pas question d’indépendance)
+ Après avoir rendu hommage aux efforts sincères que les anciens présidents et secrétaire général du conseil, ainsi que l'ensemble de ses composantes, avaient déployés avec dévouement et abnégation tout au long de leurs mandats, dans l'accomplissement des missions assignées au conseil, sa majesté le roi a salué le parcours militant, notoirement connu, tant au plan national qu'international, des nouveaux présidents et secrétaire général, ainsi que leur ferme engagement en faveur des droits de l'homme, de la citoyenneté agissante et des justes causes de la nation.
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Usurpation du logo de l'AMDH ? Maladresse ou malveillance ?
A la lecture de l'article ci-dessus on comprend que l'AMDH n'a pas participé à la mise en place de cette "nouvelle" instance. Dans quel but cet amalgame a-t-il été fait ? Pour brouiller les pistes ? (NDLR)

Maroc-réformes : le Conseil des droits   de l’Homme érigé en instance nationale


Nouvelle initiative de réforme au Maroc, avec la transformation du Conseil consultatif des droits de l’homme en instance nationale. L’objectif de cette décision qui s’inscrit dans une stratégie de réforme globale, est d’ériger l’institution de défense des droits humains en mécanisme régi selon les normes et standards internationaux. Outre sa vocation de contribuer à l'élargissement des libertés et à la consécration des valeurs de tolérance, le nouveau Conseil National (CNDH) renforcera la position du Maroc en tant que partenaire privilégié de l’Union européenne, avec laquelle il entretient déjà un dialogue politique institutionnalisé.
L’action du CNDH devrait bénéficier du travail accompli par l’ancienne structure créée en 1990, puis réformée en 2001. En 20 ans d’existence, le Conseil des droits de l’homme avait réussi à asseoir son indépendance. Son action s’est élargie par le biais de structures et de mécanismes de défense et de protection des droits humains au niveau national et régional. Ainsi, le nouveau Conseil National compte capitaliser sur ces acquis pour contribuer résolument à la consolidation des avancées démocratiques et à l'ancrage de la culture et de la pratique des droits de l'Homme au Maroc. « Notre mission au sein du conseil nous engage à œuvrer pour l’élargissement du champ des libertés et des droits humains, de la consécration des valeurs de tolérance, d’égalité et de respect de la dignité humaine », a déclaré Mohamed Sabar, le nouveau secrétaire général du CNDH. La consultation, la surveillance, l’alerte précoce et l’évaluation de la situation des droits humains sont autant de prérogatives dévolues au Conseil. Ce dernier aura, entre autres compétences, la possibilité de visiter les lieux de détention et les établissements pénitentiaires et de contrôler les conditions des prisonniers.
http://www.statut-avance.com/index.php?option=com_content&view=article&id=238:maroc-reformes--le-conseil-des-droits-de-lhomme-erige-en-instance-nationale&catid=1:latest-news

Solidarité avec les étrangers en grève en centre de rétention de Vincennes






Communiqué de presse
Par le « Collectif Vigilance Paris 12e pour les droits des étrangers/RESF », 3/3/2011
Le collectif se déclare totalement solidaire des étrangers enfermés dans le centre de rétention de Vincennes, en grève de la faim depuis 9 jours.
Nombre d’entre eux sont originaires des pays arabes en révolution ou proches de cet état : Tunisie, Égypte, Libye, Algérie, Maroc.

Avec les grévistes, nous exigeons :
• la cessation immédiate du chantage de la suppression des visites en cas de poursuite de la grève de la faim.
• le respect de leur dignité et de leurs droits en particulier l’accès aux soins et la possibilité de voir un médecin,
• l’arrêt de toutes les violences, les brimades, et les menaces à leur encontre,
• la suspension de signature des laisser passer des consulats des pays arabes en cours de révolution.

Le « Collectif Vigilance pour les droits des étrangers-RESF-Paris 12ème » :
- Exige l’arrêt de toutes les expulsions
- Demande la fermeture de tous les CRA
- Appelle à une
Présence solidaire devant le centre de rétention de Vincennes, 
 samedi 5 mars 2011 à 15h
RER A2: Joinville le Pont
Collectif Vigilance Paris 12e pour les droits des étrangers/RESF
contact : bureau@collectif12.com http://www.collectif12.com/ Tel 06 45 25 95 95

Position de l'AMDH quant à une constitution démocratique du Maroc (ar+fr)

Les bases de la constitution démocratique revendiquée par l’AMDH
 Par le Bureau Central de l'AMDH, Commission Centrale d'Information, Communication et d'Activités de Rayonnement (CoCICAR), 4/3/2011

Point 4 du communiqué final de son 9ème congrès organisé en mai 2010
La constitution démocratique espérée devra reconnaître et cristalliser:
- Les normes et valeurs universelles des droits humains dont l’égalité, et d’abord celle de l’homme et de la femme dans tous les domaines,
- La primauté des conventions internationales des droits humains ratifiées par le Maroc sur la législation nationale,
- La souveraineté populaire qui fait du peuple la base et la source de tous les pouvoirs,
- Le gouvernement en tant que détenteur de l’ensemble du pouvoir exécutif.
- Le parlement en tant que détenteur de l’intégralité du pouvoir législatif.
- La justice en tant que pouvoir et non plus comme simple appareil.
- La séparation des pouvoirs législatifs, exécutif et judiciaire et la séparation de la religion et de l’Etat.
La constitution démocratique devra également mettre en place les fondements d’une régionalisation démocratique et ceux de la protection et de la promotion de la langue et de la culture amazighes et reconnaitre la langue Amazigh comme langue officielle à côté de la langue Arabe.
Le 9ème Congrès tout en réaffirmant la revendication de la constitution démocratique comme introduction préalable à l’édification de l’Etat de Droit et à la société de la citoyenneté avec l’intégralité des droits, exprime sa crainte quant au recours à une nouvelle tentative d’avortement de cette revendication démocratique en procédant à des amendements partiels et de circonstance dont la finalité est de préserver l’essence despotique de la constitution actuelle.


مقومات الدستور الديمقراطي الذي تطالب به الجمعية المغربية لحقوق الإنسان

الفقرة الرابعة من البيان العام الصادر عن مؤتمرها الوطني التاسع المنعقد في ماي 2010
" إن الدستور الديمقراطي المنشود يجب أن يرسخ قيم ومعايير حقوق الإنسان الكونية، ومن ضمنها المساواة، وفي مقدمتها المساواة في كافة المجالات بين الرجل والمرأة، ومبدأ سمو المواثيق والاتفاقيات الدولية المصادق عليها على التشريعات الوطنية، والسيادة الشعبية التي تجعل من الشعب أساس ومصدر كل السلطات، وتوفر الحكومة على كافة السلطات التنفيذية والبرلمان على كافة الصلاحيات التشريعية، والقضاء كسلطة وليس مجرد جهاز، والفصل بين السلطات التشريعية والتنفيذية والقضائية، وفصل الدين عن الدولة.
كما يجب أن يؤسس الدستور الديمقراطي المنشود للجهوية الديمقراطية وللحماية والنهوض باللغة والثقافة الأمازيغيتين والإقرار الدستوري لللغة الأمازيغية كلغة رسمية إلى جانب اللغة العربية.

وإن المؤتمر وهو يؤكد على مطلب الدستور الديمقراطي كبوابة لبناء دولة الحق والقانون ومجتمع المواطنة بكافة الحقوق، يعرب عن تخوفه من أي محاولة جديدة لإجهاض هذا المطلب الديمقراطي الأصيل باللجوء إلى تعديلات جزئية وظرفية تحافظ على الجوهر الاستبدادي للدستور الحالي. "

Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
-Bureau Central -
Commission Centrale d'Information, Communication et d'Activités de Rayonnement (CoCICAR)
Site Web :www.amdh.org.ma
E-mail: amdh.info@yahoo.fr
amdh.attadamoun@yahoo.fr
Tel: 0537730961
Fax: 0537738851

Maroc : Oussama, le messager de la révolte


Par Isabelle Mandraud, Le Monde, 27/2/2011
Jeune informaticien au chômage, Oussama El Khlifi est à l'origine des manifestations du 20 février au Maroc. Il s'est appuyé sur l'exemple des « pays frères », la Tunisie et l'Égypte, pour structurer son action sur la Toile

La voix éraillée à force de vouloir se faire entendre. Dans la rue, d'abord, pour réclamer « plus de démocratie » et un « changement de Constitution ». Dans les réunions, ensuite, pour rabrouer les mégalos qui veulent s'arroger un premier rôle, tancer les timides, et décider de la suite.

Oussama El Khlifi, 23 ans, est sur tous les fronts, fatigué mais déterminé. Respecté des autres jeunes, aussi. Informaticien au chômage, « depuis sept mois », précise-t-il, il est à l'origine des manifestations au Maroc, un pays qui pensait - qui espérait - être épargné par les turbulences du monde arabe. Après les rassemblements du 20 février, qui, à la surprise générale, ont poussé 37 000 personnes à descendre dans la rue, selon le propre bilan du ministère de l'intérieur marocain, dix fois plus selon les organisateurs, il prépare le nouveau rendez-vous des 26 et 27 février, alors que le climat se tend.
Les sit-in prévus dans la foulée, à Rabat, la capitale marocaine, ont été dispersés sans ménagement par la police, pourtant restée très discrète jusqu'ici. « On n'a pas peur de quoi que ce soit, affirme Oussama El Khlifi avec la fougue de son âge, on est prêts à mourir pour défendre la démocratie et notre pays. » Au Maroc ? « Oui, on veut un changement, martèle-t-il. Nous n'avons pas de véritable Parlement ni de gouvernement, mais un roi qui fait tout. »
Le jeune informaticien voudrait rogner les pouvoirs du monarque marocain et limiter ses prérogatives à un rôle honorifique, à l'image de celui des souverains d'Espagne ou de Grande-Bretagne. Un projet inconcevable pour la dynastie alaouite marocaine, qui revendique une lignée directe avec Mahomet. D'autant que Mohammed VI, parvenu au pouvoir en 1999, a fondé son style sur une présence soutenue sur le terrain, au contraire de la scène internationale où il se montre peu.
Oussama El Khlifi s'entêtant, ses mails sont piratés, ses pages personnelles Facebook indisponibles et lui-même fait l'objet d'attaques au vitriol lancées par ses détracteurs sur le Net, où il est dépeint sous les traits d'un petit chef intraitable, « Oussama et son gang ». Le discours de fermeté prononcé par Mohammed VI au lendemain des manifestations du 20 février, dans lequel le roi affirmait qu'il ne céderait pas à la « démagogie », ne l'a pas fait bouger d'un iota de sa ligne : « Il n'a pas écouté les messages qu'on lui a envoyés. Nous, on veut un changement. » Le ton est poli, mais inflexible.
En jeans et baskets, une casquette vissée sur ses cheveux noirs, un soupçon de barbe sur ses joues pâles qui lui donne un faux air du Che, Oussama El Khlifi se présente comme un enfant de la classe moyenne qui a grandi à Rabat. Il est le fils unique d'un policier, toujours en activité, et l'on soupçonne des discussions passionnées en famille. « On a dépassé tout ça, il me soutient », élude le fils. Par soif d'engagement, il a adhéré dans un passé récent à l'Union socialiste des forces populaires (USFP), un parti né en 1975, premier aux élections législatives de 2002 avant de se voir rétrograder cinq ans plus tard à la cinquième place sur l'échiquier parlementaire. En avril 2010, après un bref passage dans ses rangs, il jette l'éponge : « L'USFP est avec le régime. » Usés par des années d'opposition stérile, et parfois de compromission avec le pouvoir, les partis politiques ne l'attirent pas, pas plus qu'ils n'attirent les jeunes de sa génération.
Cela ne veut pas dire qu'Oussama El Khlifi se désintéresse de la vie politique, tout au contraire. Chaque fois qu'il voit « passer une manif », il « participe ». C'est vrai des défilés de solidarité avec le peuple palestinien, ou des rassemblements contre le chômage et la précarité. En novembre 2010, alors qu'il est employé dans un restaurant de Laâyoune, au Sahara occidental, il se joint ainsi spontanément au cortège qui passe sous ses fenêtres avec ses revendications sociales.
Les dernières élections législatives de 2007, remportées par le parti historique de l'indépendance, l'Istiqlal, et marquées par une abstention record, le déçoivent. C'est après cela, explique-t-il, qu'il commence « à discuter » avec des amis sur le réseau Facebook. Des camarades « virtuels » au départ, rencontrés un peu par hasard, reconnaît le jeune informaticien, qui ne se connaissaient pas, ou peu, et qui sont devenus, au fil du temps, de vrais amis en chair et en os. Comme Hakim Sikouk, un grand barbu dynamique, professeur de philosophie de 26 ans, venu de Safi, dans la région de Doukkala-Abda, sur le littoral atlantique ; ou bien Hilana, une jeune et menue traductrice de 23 ans, à la jolie chevelure bouclée. « On s'est tous connus sur le Net, s'enthousiasme Oussama El Khlifi. Cela va de 18 à 25 ans, et nous sommes présents dans toutes les régions du Maroc, à Agadir, Rabat, Tanger... » La Toile permet de rompre l'isolement et ouvre un espace de liberté laissé en déshérence par la presse et les médias, contrôlés par le pouvoir ou qui s'autocensurent par crainte de représailles économiques.
En 2008, Oussama El Khlifi passe son diplôme dans une école d'informatique privée de Rabat, et enchaîne des contrats à durée déterminée, parfois sans rapport avec sa formation. Mais les liens se sont tissés, un petit réseau s'est formé lorsque survient la révolution tunisienne qui provoque, chez Oussama et ses amis, un vrai déclic. Il est de toutes les initiatives pour soutenir les « frères » tunisiens, avec lesquels il noue des relations par l'Internet, comme avec les « frères » égyptiens. « On s'est dit que le temps du changement était venu », sourit le jeune homme. Avec une poignée de copains, il crée le premier groupe sur Facebook baptisé Mouvement pour la démocratie maintenant. En quatre ou cinq jours, 8 000 personnes s'inscrivent sur leur site. Deux autres groupes se créent sur le même modèle. Les trois finissent par fusionner pour donner naissance, le 3 février, au Mouvement du 20 février, selon la date, tout à fait arbitraire, choisie par les internautes pour organiser les manifestations. A la veille de ces premiers défilés, plus de 20 000 amis s'y sont inscrits.
Pour faire bon poids, une alliance a été nouée avec les jeunes islamistes d'Al Adl Wal Ihsane, (« justice et spiritualité »), le plus important mouvement islamiste du Maroc, non légal, mais toléré depuis sa création en 1973 par le cheikh Yassine. On prête à l'organisation, dont les membres ne reconnaissent pas le roi comme le Commandeur des croyants, une influence non négligeable, notamment parmi les étudiants. La propre fille du leader, Nadia Yassine, milite d'ailleurs pour l'abolition de la monarchie au Maroc et son remplacement par une République islamique, ce qui lui a valu d'être poursuivie en justice, mais son procès n'a pas eu lieu.
Sans aller jusqu'à organiser des comités communs, jeunes internautes et islamistes se sont entendus sur une plate-forme unique : mot d'ordre unifié sur le changement de Constitution, pas de dérapages, pas de slogans « xénophobes » (c'est-à-dire antijuifs), pas de cortèges séparés. Cette proximité avec les jeunes islamistes ne déplaît pas à Oussama El Khlifi. « Islamistes, gauchistes, nous sommes tous unis, oui, tous unis, pour un seul objectif, la démocratie, plaide-t-il. Nous ne sommes peut-être pas d'accord sur tout, mais nous sommes absolument d'accord pour manifester ensemble. »
La coopération a tout de même ses limites, et c'est entre soi que le noyau dur des initiateurs, jaloux de leur indépendance au point de ne pas supporter les commentaires d'un bloggeur connu et actif, accusé de tirer à lui la couverture des événements, se retrouvent habituellement dans à l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH). Ils n'en sont pas membres, mais tiennent leur réunion dans ses locaux, porte close, n'acceptant aucune intrusion, pas même celle de leurs hôtes. Les militants aguerris des droits de l'homme patientent à l'extérieur.
Ce soir du 20 février, c'est l'heure des comptes. Les jeunes mettent au point, entre eux, les termes d'un communiqué que deux d'entre eux, une fille et un garçon, se chargent de rédiger sur ordinateur. Une seconde réunion commence ensuite, mixte cette fois, qui associe militants associatifs et jeunes internautes. La discussion est vive, car beaucoup s'inquiètent des incidents rapportés dans plusieurs villes, Marrakech, Larache, Sefrou, et surtout Al-Hoceima, et attribués à des casseurs. Des magasins ont été détruits, des véhicules et quelques bâtiments incendiés.
Le jeune professeur de philosophie, Hakim Sikouk, prend la parole. « Un : le mouvement est une réussite, énumère-t-il. Deux, il continue. Trois, on salue les organisations qui nous ont soutenus. Quatre : on dénonce les actes de vandalisme, ceux qui les ont commis ne nous représentent absolument pas. Ce sont des pièges du Makhzen [les institutions marocaines]. » A ses côtés, doigt levé, Oussama El Khlifi, s'agace. Il défend les jeunes « qui ont les mêmes slogans [qu'eux] ». « Pour le reste, ajoute-t-il, ce n'est pas notre responsabilité », répète-t-il, à propos des incidents.
Une voix dans la salle ayant soulevé la question de la présence persistante de « 500 jeunes » restés sur le boulevard Mohammed-V, au centre de Rabat, en dépit de la consigne passée de rentrer chez soi, donnée par le mouvement afin d'éviter des débordements, il part afin de se rendre compte sur place et d'appeler à la « dispersion ». A contrecœur.   

Un fan de sa majesté bien aimée  menace de mort
Oussama El Khlifi


Dans un nouveau commentaire, anonyme bien sûr,  adressé à l’initiateur du mouvement du 20 février,  un petit soldat du makhzen ne se contrôle plus.

Il souhaite Oussama “ à mort ou en prison ” . Il s’“engage personnellement à retrouver Oussama El Khlifi et à tuer ce fils de pute” qu’il traite aussi de “petit pédé”
Dans un pays démocratique l’incitation à la haine et les menaces de mort sont gravement punies. Au Maroc ce sont les défenseurs  des droits de l’Homme qu’on met en prison.
Par la rédaction de SOLIDMAR

jeudi 3 mars 2011

Le régime marocain soutient Kadhafi


Par Zineb El Rhazaoui,3/3/2011
Coups de matraques et de pieds sont la réponse des autorités marocaines aux citoyens qui dénoncent les crimes contre l’humanité du guide de Tripoli. Un sit-in organisé par un réseau d’associations des Droits de l’Homme le mardi 21 février 2011 à 17h devant le centre culturel libyen à Rabat a été violemment réprimé par les forces anti émeutes marocaines.
Insultes, coups, mépris, rien n’a été épargné à ceux qui sont venus dénoncer le dictateur libyen. «Ils m’ont volé mon portable et violenté devant mon fils», affirme Mohammed Ennouhi, Président de l’Instance marocaine des Droits Humains.
Des représentants de l’Association Marocaine des droits de l’Homme (AMDH) ont été convoqués à 15h (deux heures avant la tenue du sit-in), au bureau de Mohamed Regraga, Gouverneur et adjoint au préfet de Rabat, qui leur a signifié que la manifestation était interdite par ordre écrit. « Nous lui avons répondu que cette interdiction était illégale, étant donné qu’elle viole le droit de manifester, il a rétorqué que les ordres viennent d’en haut, et que cela est donc au-dessus des lois », explique Youssef Raissouni, membre de l’AMDH convoqué à la réunion. Sachant que les gouverneurs et les préfets sont directement nommés par le roi, ces « ordres d’en haut » ne peuvent donc venir que du cabinet royal.
Aux yeux des militants et des journalistes présents au sit-in, Mohammed VI démontre de la sorte que non seulement il ne compte pas condamner l’action génocidaire de la dictature libyenne, mais qu’il sera prêt à lui renouveler son amitié. Si de nombreux diplomates libyen en poste à l’étranger ont d’ores et déjà annoncé leur désolidarisation avec le régime de Tripoli et leur ralliement à la révolte populaire, l’ambassadeur de Kadhafi à Rabat n’en a rien fait.
Selon le journaliste indépendant et analyste politique Ali Amar, «par son silence face à ces événements historiques qui secouent la région, par sa répression contre les manifestations anti Ben Ali, puis anti Kadhafi au Maroc, et par sa totale déconsidération des messages que le peuple marocain lui a transmis pendant la marche du 20 février qu’il a qualifiés de démagogiques, il se fait l’allié objectif des dictateurs arabes».
Il est à rappeler que le Maroc est l’asile traditionnel des dictateurs africains : Mubutu Sese Seko, ex-potentat du Zaïre, un des chefs d’Etat les plus sanguinaires d’Afrique, décédé paisiblement à Rabat après une longue carrière de dictateur, Dadis Camara qui a été accueilli à l’Hôpital Cheikh Zayed à Rabat après avoir été blessé au crâne, et Obiang Nguéma, le pétro-dictateur dont la sécurité est assurée par les Marocains et qui investit massivement au royaume chérifien. Trois exemples édifiants d’une longue liste d’alliés inconditionnels reçus avec les honneurs par Rabat.
La réaction de l’Etat marocain semble incompréhensible de la part d’un régime qui prétend être démocrate dans sa communication officielle. Depuis le début de la fronde tunisienne, l’Etat marocain a déployé une puissante machine de propagande à coups de censure et de détournement des faits pour tuer dans l’œuf une fronde de plus en plus inévitable au royaume chérifien.
«Les autorités marocaines mentent même à leurs propres agents, pendant que nous-nous faisions tabasser par les merdas (ndlr : appellation donnée par les Marocains aux forces auxiliaires à cause de la couleur douteuse de leurs uniformes), leurs supérieurs leurs criaient que nous sommes un groupe d’homosexuels et de mécréants qui ne font pas le ramadan», raconte Saddik lahrach, membre du Forum Vérité et Justice présent au sit-in de solidarité. Le régime de Mohammed VI démontre dorénavant qu’il n’hésitera pas à recourir à la violence, ni à appeler à la haine et livrer à la vindicte populaire ceux qui osent le critiquer. Tout ceci, en exigeant évidemment d’être considéré comme un grand démocrate.
Article écrit pour GuinGuinBali


France : Pour l’arrêt des expulsions, la production massive de logements sociaux et contre le logement cher,

Par un collectif de signataires, 7/2/2011
Manifestons dans toute la France samedi 12 mars
Cette année encore, le 15 mars sonne la fin de la trêve hivernale, la reprise des expulsions sans relogement, l’angoisse pour des dizaines de milliers de familles et de personnes d’être jetées dans la rue par la force et de sombrer dans l’exclusion… Chaque année, le gouvernement accélère un peu plus les procédures pour soutenir les bailleurs, chaque année, les expulsions sont toujours plus nombreuses : elles sont en hausse de 50% depuis 2002…
Les locataires et les accédant-e-s modestes sont accablé-e-s par la flambée des loyers, des charges, de l’énergie, de l’immobilier et du foncier, qui n’ont jamais été aussi chers dans notre pays. C’est un véritable racket : de plus en plus de jeunes, de salarié-e-s, de précaires, de mères isolées… doivent y consacrer plus de la moitié de leur salaire. Or la hausse des prix de l’énergie, de la santé ou des produits frais, conjugués à la montée du chômage, à la précarisation de l’emploi, à la faiblesse des revenus (allocations, salaires, retraites…) et au renforcement des inégalités, frappent déjà durement les couches populaires.
Du fait du désengagement financier de l’Etat, la production de logements sociaux reste à un niveau très faible, sans compter les démolitions et ventes imposées par le gouvernement. Par contre, il dépense 10 fois plus pour aider les riches contribuables à acquérir des logements et à les louer au prix fort. La marchandisation des logements sociaux est en cours. Les statuts locatifs sont attaqués et rognés sans cesse, avec la multiplication des statuts précaires. Celui des locataires HLM est désormais menacé.
e gouvernement soutient la rente locative, les profits tirés de la spéculation immobilière et foncière au détriment du droit au logement. La loi Boutin a divisé par trois les délais d’expulsion. Les bailleurs, relayés par le rapport Attali, réclament un « assouplissement » des expulsions, c’est-à-dire une « accélération ».
La loi Hortefeux, (LOPPSI2) permet au Préfet d’expulser en 48h les occupant-e-s d’habitat « hors norme » (yourtes, cabanes, tentes, bidonvilles, caravanes, maisons sans permis, mobil home…), sans l’avis du juge, et de détruire leurs habitations. Environ 200 000 personnes sont concernées.
Même les ménages reconnus prioritaires par loi DALO (Droit Au Logement Opposable) sont mis à la rue, alors que les Préfets doivent les loger.
L’INSEE le confirme, la crise du logement s’aggrave, faute de volonté réelle de faire une politique du logement pour tous. Un nombre croissant de locataires, d’occupant-e-s à statut précaires et d’accédant-e-s surendetté-e-s sont menacé-e-s, d’expulsion sans relogement, à partir du 15 mars, et le plus souvent sans hébergement, car les structures d’accueil sont saturées…
 
Dans ce contexte, nous exigeons :
- Un moratoire sur les expulsions locatives ;
- La baisse et la régulation des loyers dans le parc privé, des charges et de l’énergie ;
- Le gel des loyers HLM et un soutien financier de l’Etat aux bailleurs sociaux ;
- La revalorisation des aides au logement (APL, AL) ;
- La taxation de la spéculation immobilière et foncière, pour rendre le logement accessible
- Des financements pour produire massivement des logements sociaux (PLUS, PLAI) et la mise aux normes de qualité environnementales et énergétiques, le maintien de la ressource du livret A et la suppression de toutes les mesures de défiscalisation dans l’immobilier
- L’obligation d’accueil digne et adapté de toute personne sans logis jusqu’à son relogement
- Le respect de la loi DALO et l’application immédiate de la loi de réquisition
- L’abrogation de toutes les mesures de marchandisation du logement social (CUS, ventes, démolition, privatisation des bailleurs sociaux…) et de toutes celles qui précarisent les habitant-e-s (loi Boutin, loi LOPPSI2, loi de finances 2011 …)
Premiers signataires :
CNL, CSF, DAL, AC !, ACDL, ADVOCACY, AITEC, Attac France, Bagagérue, CAL, Confédération Générale du Travail, Fédération Syndicale Unitaire, Jeunesse Ouvrière Chrétienne, Jeudi Noir, LDH, Union Syndicale Solidaires, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature, …
Avec le soutien de : EE–LV, NPA, PCF, PG, PS…

Appel pour une intervention solidaire de l'Union européenne en Méditerranée

Par un collectif d'organisations, 3/3/2011
Alors que des changements politiques majeurs, annonçant la fin de régimes autoritaires, sont amorcés au sud de la Méditerranée, les gouvernements et les instances de l’Union européenne se montrent avant tout préoccupés de se protéger contre « les flux migratoires incontrôlables » que pourraient entraîner ces bouleversements. Les experts et les services diplomatiques, qui n'ont rien vu venir des mouvements politiques en cours, ne craignent pas aujourd’hui d’affirmer que des milliers de migrants risquent de déferler sur les territoires européens.
L’UE a adopté en 2001 un dispositif dit de « protection temporaire » pour les ressortissants d'Etats qui, victimes d'une catastrophe naturelle, de troubles politiques dans leur pays ou de conflits armés, auraient besoin en urgence de trouver un abri en Europe. Mais « à l'heure actuelle, il n'y a pas de flux de réfugiés en provenance de Libye », s’est empressée d’indiquer la Commission européenne. Dans le même temps elle envoie des patrouilles sur ses frontières maritimes, via Frontex, pour empêcher les réfugiés potentiels, assimilés à des migrants clandestins, de traverser la Méditerranée !
Pendant ce temps, la situation s’aggrave de jour en jour en Libye et à ses frontières. En Tunisie, où affluent des dizaines de milliers de réfugiés, le dispositif est saturé, malgré les efforts déployés par les autorités locales. L'Europe ne peut pas continuer à faire comme si elle n'était pas concernée par le sort des dizaines ou centaines de milliers de personnes qui ont besoin de protection dans les pays actuellement troublés, ni par celui des migrant.es, originaires de divers autres pays arabes, africains, asiatiques, qui y résident.
Il n'y a pas si longtemps, l'Europe se targuait de déployer « une politique euro-méditerranéenne ». Cette ambition aurait-elle volé en éclat, au moment même où plusieurs des nations potentiellement partenaires de cette « Euro-Méditerranée » sont en voie de devenir des démocraties ?
Nous en appelons solennellement à tous les gouvernements européens, aux instances de l’UE, à tous les partis politiques pour que soient prises, en concertation avec les partenaires du pourtour méditerranéen, les mesures qui s’imposent d’urgence :
- mettre à disposition des avions pour permettre le rapatriement non seulement des nationaux des pays européens mais de tous ceux qui peuvent et veulent rentrer dans leur pays, tels les Égyptiens qui sont actuellement en Tunisie ;
- permettre l’évacuation par air ou par mer, à partir des portions de territoire libyen qui ne sont plus aux mains de Kadhafi, des étrangers bloqués en Libye et dont leurs gouvernements sont dans l’incapacité de les évacuer ;
- prévoir l'accueil, sur le territoire européen, des réfugiés qui ne peuvent rentrer dans leurs pays ;
- mettre en œuvre sans plus attendre le dispositif permettant d'accorder la protection temporaire à tous ceux qui, dans la situation d'urgence où nous sommes, peuvent légitimement s'en prévaloir ;
- mettre un terme aux patrouilles de Frontex qui empêchent l'arrivée des réfugiés par mer ;
Il faut cesser de nourrir la peur des populations européennes en brandissant systématiquement le spectre de l’ « invasion ». Il faut cesser de considérer comme une priorité d'empêcher l'émigration en provenance de territoires troublés.
Nous refusons cet égoïsme criminel. Nous voulons une Europe de la solidarité et de l'accueil.
Organisations signataires :
ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), FR ; AEDH (Association européenne pour la défense des droits de l'Homme) ; Les Alternatifs, FR; Alternative libertaire, FR ; AMDH (Association Marocaine des Droits Humains), MA ; Anafé (Association nationale pour l’assistance aux frontières des étrangers), FR ; ARCI (Associazione Ricreativa e Culturale Italiana), IT ; ASDHOM (Association de défense des droits de l’homme au Maroc), MA ; ATF-Paris (Association des Tunisiens en France), FR ; ATMF (Association des travailleurs maghrébins en France), FR ; ATTAC, FR ; CAAR (Comité d'aide aux réfugiés), FR ; Cedetim (Centre d'études et d'initiatives de solidarité internationale), FR ; CETRI (Centre tricontinental), BE ; C.I.C.S.TE Arcure Art. 17, FR ; La Cimade, FR ; CIRÉ (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Étrangers), BE ; CMF (Collectif des musulmans de France), FR ; CNCD-11.11.11 (Centre national de coopération au développement), BE ; Collectif de soutien aux exilés du Xe arrdt de Paris, FR ; Collectif de soutien aux Sans-Papiers de la Côte (Vaud), CH ; Collectif de soutien de l'EHESS aux sans papiers et aux migrant-es, FR ; Collectif de vigilance Paris 12 pour les droits des étrangers, FR ; Collectif Droit de Rester (Lausanne), CH ; Collectif Portugais pour une Pleine Citoyenneté, FR ; Comede (Comité médical pour les exilés), FR ; Comité Dunkerque littoral du MRAP, FR ; Coordination Asile-Migration (Vaud), CH ; CRID (Centre de recherche et d'informations pour le développement), FR ; CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de Homme en Tunisie), FR ; Emmaüs international, FR ; Euromarches (Réseau européen contre le chômage) ; Europe Ecologie Les Verts, FR ; FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique), FR ; FASTI (Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés), FR ; Federación de SOS Racismo, ES ; Fédération de l’Entraide Protestante, FR ; Fédération des PEP, FR ; Flandre terre solidaire, FR ; Fondation Copernic, FR ; FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), FR ; FTDA (France Terre d’Asile), FR ; GAS (Groupe Accueil et Solidarité), FR ; Gauche Cactus, FR ; Gauche unitaire, FR ; Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), FR ; IPAM (Initiatives pour un autre monde), FR ; Ligue des droits de l’Homme, FR ; Ligue des droits de l'Homme, BE ; Migreurop ; Mouvement de la Paix, FR ; MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples), FR ; MRAX (Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie), BE ; NAGA (Associazione Volontaria di Assistenza Socio-Sanitaria e per i Diritti di Cittadini Stranieri, Milan), IT ; Parti de Gauche, FR ; REMDH (Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme) ; Réseau Féministe « Ruptures », FR ; RESF (Réseau Education sans frontières), FR ; RéSo, Réformistes & Solidaires, FR ; RUSF (Réseau Universités sans frontières) Paris X-Nanterre, FR ; SAF (Syndicat des avocats de France), FR ; Salam Nord Pas-de-Calais, FR ; Solidarité laïque, FR ; Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), FR ; Terre d'Errance (Norrent-Fontes), FR ; Terre des Hommes France, FR ; Union syndicale Solidaires, FR ; revue Vacarme, FR

Maroc: l'ex-officier supérieur Kaddour Terhzaz gracié par le roi

Par AFP, 2/3/2011
RABAT - L'ancien numéro deux de l'armée de l'air marocaine Kaddour Terhzaz, condamné en 2008 à 12 ans de prison pour "atteinte à la sécurité extérieure de l'Etat", a été gracié mercredi par le roi Mohammed VI, ont annoncé sa famille et une source gouvernementale.
L'ex-colonel, qui a également la nationalité française, avait été condamné pour avoir divulgué des informations confidentielles relatives à la guerre entre le Maroc et le Front Polisario à la fin des années 70. "Il vient d'être libéré, il s'agit d'une grâce royale", a déclaré à l'AFP sa fille Sonia.
L'information a été confirmée de source proche du gouvernement. "Il a été gracié par le roi suite à la demande de sa famille", a indiqué un responsable gouvernemental sous couvert d'anonymat.
Kaddour Terhzaz, âgé de 73 ans, a pu quitter mercredi après-midi la prison de Salé, près de Rabat, a précisé sa fille.
M. Terhzaz avait été condamné le 28 novembre 2008 à Rabat par le tribunal militaire permanent des Forces armées royales marocaines à 12 ans de réclusion pour "atteinte à la sûreté externe de l'Etat en divulguant un des secrets de la défense nationale" à une partie "non qualifiée".
Plus de 150 députés européens, de différents pays et de tous les groupes politiques, avaient adressé en novembre une lettre au roi Mohammed VI pour l'appeler à "gracier Kaddour Terhzaz".
Il lui était reproché d'avoir transmis en 2005 à un capitaine de l'armée de l'air, Ali Najab, une copie d'un courrier écrit à l'intention du roi, où il mentionnait l'absence de systèmes antimissiles à bord des avions utilisés par le Maroc dans le conflit avec les forces du Front Polisario, en lutte pour l'indépendance du Sahara occidental.
Ce conflit avait éclaté en 1975 après l'annexion par le Maroc de l'ancienne colonie espagnole.
En juin 2010, la famille du colonel Terhzaz avait "sollicité" la grâce du roi Mohammed VI", soulignant qu'il avait "toujours soutenu de manière inconditionnelle le Maroc et le roi".
Cette libération "lui a rendu justice et a mis fin aux conséquences du procès militaire exceptionnel qui a entaché l'image de la justice", a commenté mercredi Me Abderrahim Jamaï, l'un des avocats de Kaddour Terhzaz.
Des organisations de défense des droits de l'Homme, dont Human Rights Watch, avaient également pris la défense de l'ex-officier et demandé sa libération en estimant que son procès n'avait pas été équitable.