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samedi 12 mars 2011

Séisme et catastrophe nucléaire : les réacteurs français sont vulnérables !


"Ça peut arriver aussi en Provence!"
Une mobilisation est prévue demain dimanche 13/3/2011 à 16 heures devant la porte d'entrée du site de Cadarache. Une marche de 2km sera organisée entre le CEA et ITER.
Pour suivre toute l'actualité sur l'accident nucléaire en cours
Lieu
à 100m de la sortie Saint-Paul lez-Durance, CEA, de l'autoroute A51.
Contact
a.mediane@aliceadsl.fr
domiscappini@gmail.com
monique.labarthe@sortirdunucleaire.fr

MERCI DE REDIFFUSER
*******************************
Communiqué de presse du 12 mars 2011
Au Japon : un accident majeur de gravité comparable à Three Mile Island
L'agence de sûreté nucléaire japonaise a annoncé samedi qu'il y a une forte probabilité pour que la présence de césium radioactif autour du réacteur n°1 de la centrale de Fukushiwa Daiichi provienne de la fusion de crayons de combustible (1), c'est à dire d'une fusion partielle du coeur nucléaire. Les autorités japonaises s'apprêtent à distribuer de l'iode aux populations vivant à proximité des centrales nucléaires en détresse (2).
Une partie des barres de combustible du réacteur n°1 de la centrale Fukushima Daiichi est exposée à l'air libre selon l'agence japonaise de sûreté nucléaire (3). Selon Tepco, l'exploitant de la centrale de Fukushima-Daiichi, un nouveau tremblement de terre a précédé l'explosion du réacteur n°1 (4).
Le versement de l'eau de mer destiné à refroidir le réacteur n°1 a dû être suspendu à cause d'un nouveau tremblement de terre et la peur d'un nouveau tsunami (5). C'est pourtant le seul moyen restant pour empêcher une fusion totale du coeur, puisque l'opérateur n'a plus aucun moyen de contrôle sur le réacteur.
Les deux autres réacteurs arrêtés en urgence de la centrale de Fukushiwa Daiichi sont toujours confrontés à des problèmes de refroidissement du coeur nucléaire. Dans la centrale de Fukushima Daini (située à 11 km de la centrale de Fukushiwa Daiichi), Tepco doit relâcher de la vapeur radioactive pour tenter de diminuer la température de 3 des 4 réacteurs arrêtés en urgence (6).

En France : des réacteurs nucléaires exposés à un risque sismique grave, construits en dépit des normes sismiques
Les réacteurs nucléaires français ne respectent pas les normes sismiques de référence. EDF est allé jusqu'à falsifier les données sismologiques pour éviter d'avoir à le reconnaître et d'investir au moins 1,9 milliard d'euros afin de mettre les réacteurs aux normes (7). La justice a rejeté mercredi dernier la demande de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), la plus vieille centrale française, pourtant située dans une zone à risque sismique élevé.
Mais ni les normes sismiques draconiennes du Japon ni ses technologies parasismiques avancées n'ont pu empêcher la catastrophe nucléaire majeure qui s'y produit actuellement. Le Japon est pourtant le pays le mieux équipé et le mieux préparé au monde pour faire face au risque sismique dans toutes ses dimensions. Le Japon est également une des premières économies de la planète et un pays leader en matière de technologies de pointe.
Pour le Réseau « Sortir du nucléaire », le dramatique exemple japonais démontre qu'il est totalement impossible de construire des réacteurs nucléaires résistant à un séisme. La seule solution véritable pour se prémunir de ce risque gravissime est d'engager le plus rapidement possible un plan de sortie du nucléaire.

La machine à étouffer l'information se met en marche
Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, et Éric Besson, ministre de l’Industrie, ont décidé de réunir cet après midi l’ensemble des acteurs français du secteur du nucléaire... dont les industriels EDF et Areva. Il apparaît d'ores et déjà évident que le secteur nucléaire français et ses soutiens au plus haut niveau de l'État se préparent à communiquer pour sauver la crédibilité de la filière nucléaire.
Mais il ne sera pas possible cette fois de recourir au cliché usé jusqu'à la corde de l' « accident survenu sur une centrale soviétique vétuste », que l'industrie nucléaire a utilisé abondamment pour laisser croire qu'un accident nucléaire grave ne pouvait pas se produire hors d'URSS.

Il faut aujourd'hui considérer avec prudence les informations provenant de Tepco, l'exploitant des réacteurs japonais en déroute. En effet, 15 réacteurs nucléaires ont été fermés au Japon pendant des mois en 2002 et 2003, par décision administrative, après que Tepco avait falsifié des documents concernant la sécurité.

Notes :

(1) "The agency said there was a strong possibility that the radioactive cesium monitors detected was from the melting of a fuel rod at the plant, adding that engineers were continuing to cool the fuel rods by pumping water around them."http://edition.cnn.com/2011/WORLD/asiapcf/03/12/japan.nuclear/
(3) "L'Agence japonaise de sûreté nucléaire annonce que certaines des barres de combustible du réacteur numéro 1 de la centrale Fukushima No 1 ont émergé à la surface de la piscine du réacteur samedi midi, parce que le niveau de l'eau a baissé." http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/french/top/news08.html
(4) "a vertical earthquake hit the site and big explosion has happened near the Unit 1 and smoke breaks out around 3:36PM
(5) NHK à 17h35 le12.03.11
(6) "we have decided to prepare implementing measures to reduce the pressure of the reactor containment vessel (partial discharge of air containing radioactive materials) in order to fully secure safety. These measures are considered to be implemented in Units 1, 2 and 3
(7) Consulter les documents confidentiels d'EDF et l'analyse effectuée par le Réseau « Sortir du nucléaire » : http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=themas&soussousmenu=seismes2&page=index
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Informations au fur et à mesure sur notre blog :
Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 875 associations agréée pour la protection de l'environnement

Appel pour une intervention solidaire de l'Union européenne en Méditerranée


Alors que des changements politiques majeurs, annonçant la fin de régimes autoritaires, sont amorcés au sud de la Méditerranée, les gouvernements et les instances de l’Union européenne se montrent avant tout préoccupés de se protéger contre « les flux migratoires incontrôlables » que pourraient entraîner ces bouleversements. Les experts et les services diplomatiques, qui n'ont rien vu venir des mouvements politiques en cours, ne craignent pas aujourd’hui d’affirmer que des milliers de migrants risquent de déferler sur les territoires européens.
L’UE a adopté en 2001 un dispositif dit de « protection temporaire » pour les ressortissants d'Etats qui, victimes d'une catastrophe naturelle, de troubles politiques dans leur pays ou de conflits armés, auraient besoin en urgence de trouver un abri en Europe. Mais « à l'heure actuelle, il n'y a pas de flux de réfugiés en provenance de Libye », s’est empressée d’indiquer la Commission européenne. Dans le même temps elle envoie des patrouilles sur ses frontières maritimes, via Frontex, pour empêcher les réfugiés potentiels, assimilés à des migrants clandestins, de traverser la Méditerranée !
Pendant ce temps, la situation s’aggrave de jour en jour en Libye et à ses frontières. En Tunisie, où affluent des dizaines de milliers de réfugiés, le dispositif est saturé, malgré les efforts déployés par les autorités locales. L'Europe ne peut pas continuer à faire comme si elle n'était pas concernée par le sort des dizaines ou centaines de milliers de personnes qui ont besoin de protection dans les pays actuellement troublés, ni par celui des migrant.es, originaires de divers autres pays arabes, africains, asiatiques, qui y résident.
Il n'y a pas si longtemps, l'Europe se targuait de déployer « une politique euro-méditerranéenne ». Cette ambition aurait-elle volé en éclat, au moment même où plusieurs des nations potentiellement partenaires de cette « Euro-Méditerranée » sont en voie de devenir des démocraties ?
Nous en appelons solennellement à tous les gouvernements européens, aux instances de l’UE, à tous les partis politiques pour que soient prises, en concertation avec les partenaires du pourtour méditerranéen, les mesures qui s’imposent d’urgence :
- mettre à disposition des avions pour permettre le rapatriement non seulement des nationaux des pays européens mais de tous ceux qui peuvent et veulent rentrer dans leur pays, tels les Égyptiens qui sont actuellement en Tunisie ;
- permettre l’évacuation par air ou par mer, à partir des portions de territoire libyen qui ne sont plus aux mains de Kadhafi, des étrangers bloqués en Libye et dont leurs gouvernements sont dans l’incapacité de les évacuer ;
- prévoir l'accueil, sur le territoire européen, des réfugiés qui ne peuvent rentrer dans leurs pays ;
- mettre en œuvre sans plus attendre le dispositif permettant d'accorder la protection temporaire à tous ceux qui, dans la situation d'urgence où nous sommes, peuvent légitimement s'en prévaloir ;
- mettre un terme aux patrouilles de Frontex qui empêchent l'arrivée des réfugiés par mer ;
Il faut cesser de nourrir la peur des populations européennes en brandissant systématiquement le spectre de l’ « invasion ». Il faut cesser de considérer comme une priorité d'empêcher l'émigration en provenance de territoires troublés.
Nous refusons cet égoïsme criminel. Nous voulons une Europe de la solidarité et de l'accueil.

Organisations signataires :
ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), FR ; AEDH (Association européenne pour la défense des droits de l'Homme) ; Les Alternatifs, FR; Alternative libertaire, FR ; AMDH (Association Marocaine des Droits Humains), MA ; Anafé (Association nationale pour l’assistance aux frontières des étrangers), FR ; ARCI (Associazione Ricreativa e Culturale Italiana), IT ; ASDHOM (Association de défense des droits de l’homme au Maroc), MA ; ATF-Paris (Association des Tunisiens en France), FR ; ATMF (Association des travailleurs maghrébins en France), FR ; ATTAC, FR ; CAAR (Comité d'aide aux réfugiés), FR ; Cedetim (Centre d'études et d'initiatives de solidarité internationale), FR ; CETRI (Centre tricontinental), BE ; C.I.C.S.TE Arcure Art. 17, FR ; La Cimade, FR ; CIRÉ (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Étrangers), BE ; CMF (Collectif des musulmans de France), FR ; CNCD-11.11.11 (Centre national de coopération au développement), BE ; Collectif de soutien aux exilés du Xe arrdt de Paris, FR ; Collectif de soutien aux Sans-Papiers de la Côte (Vaud), CH ; Collectif de soutien de l'EHESS aux sans papiers et aux migrant-es, FR ; Collectif de vigilance Paris 12 pour les droits des étrangers, FR ; Collectif Droit de Rester (Lausanne), CH ; Collectif Portugais pour une Pleine Citoyenneté, FR ; Comede (Comité médical pour les exilés), FR ; Comité Dunkerque littoral du MRAP, FR ; Coordination Asile-Migration (Vaud), CH ; CRID (Centre de recherche et d'informations pour le développement), FR ; CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de Homme en Tunisie), FR ; Emmaüs international, FR ; Euromarches (Réseau européen contre le chômage) ; Europe Ecologie Les Verts, FR ; FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique), FR ; FASTI (Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés), FR ; Federación de SOS Racismo, ES ; Fédération de l’Entraide Protestante, FR ; Fédération des PEP, FR ; Flandre terre solidaire, FR ; Fondation Copernic, FR ; FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), FR ; FTDA (France Terre d’Asile), FR ; GAS (Groupe Accueil et Solidarité), FR ; Gauche Cactus, FR ; Gauche unitaire, FR ; Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), FR ; IPAM (Initiatives pour un autre monde), FR ; Ligue des droits de l’Homme, FR ; Ligue des droits de l'Homme, BE ; Migreurop ; Mouvement de la Paix, FR ; MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples), FR ; MRAX (Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie), BE ; NAGA (Associazione Volontaria di Assistenza Socio-Sanitaria e per i Diritti di Cittadini Stranieri, Milan), IT ; Parti de Gauche, FR ; REMDH (Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme) ; Réseau Féministe « Ruptures », FR ; RESF (Réseau Education sans frontières), FR ; RéSo, Réformistes & Solidaires, FR ; RUSF (Réseau Universités sans frontières) Paris X-Nanterre, FR ; SAF (Syndicat des avocats de France), FR ; Salam Nord Pas-de-Calais, FR ; Solidarité laïque, FR ; Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), FR ; Terre d'Errance (Norrent-Fontes), FR ; Terre des Hommes France, FR ; Union syndicale Solidaires, FR ; revue Vacarme, FR

Magnifiques, les melons Azura, mais ont-ils été cultivés au Maroc ... ou au Sahara Occidental ?


Vous les trouvez sur les marchés, dans les supermarchés, ces melons Azura, fruits du colonialisme du Maroc
 par aproche, vagablog, 2/3/2011
La société française Azura annonce l’arrivée dans les rayons des supermarchés de ses melons « Gourmet », produits à  Dakhla, au Sahara Occidental occupé par le Maroc.
Cette société participe au projet colonial marocain, en exploitant 200 ha de serres à Dakhla, produisant surtout des tomates (91.000 tonnes). Elle emploie principalement des colons marocains. Les bénéfices n'iront pas dans les poches des Saharaouis, alors que ces fruits sont cultivés sur leurs terre...
Paradoxalement, cette entreprise a reçu, de la part du magazine allemand Fruchthandel, le Grüne Merkur pour ses actions menées dans les domaines de l’environnement et du social (!) au Maroc.
Pendant ce temps, à Dakhla même, à l’occasion du festival pro-marocain « Mer et désert » le week-end dernier (26 et 27 février 2011), des colons marocains ont attaqué les habitants sahraouis. Ils ont blessé plusieurs personnes, ont brûlé et saccagé leurs maisons, incendié leurs voitures . Des Sahraouis ont été torturés par la police de l’occupant.
(source :http://www.plataformasahara.com/index.php/noticias/439-tres-saharauis-retenidos-y-torturados-en-dajlahttp://www.plataformasahara.com/index.php/noticias/439-tres-saharauis-retenidos-y-torturados-en-dajla ).

Et aujourd’hui 2 mars, à El Aaiun, la plus grande ville du Sahara Occidental, la police a violemment attaqué des manifestants, blessant grièvement un syndicaliste
(source : http://www.saharaindependiente.org/spip.php?article990http://www.saharaindependiente.org/spip.php?article990).

Le peuple sahraoui, humilié, exclu de l’économie, réclame son droit à l’autodétermination depuis des dizaines d’années. La répression marocaine, comme par le passé, assassine, emprisonne et torture les militants des droits de l’homme au Sahara Occidental.

Ces fruits sont empoisonnés par la barbarie du colonialisme,  ne les mangez pas !
 

fhamtou chi haja? juste après un discours royal ...

Par Samira Kinani, 11/3/2011

juste après un discours royal
parlant de démocratie et de Droits de l'Homme
le 10 mars
routine...image google
répression violente à Youssoufia à 1h du matin
répression des militants de l 'andcl à 11h du mat
répression des chômeurs licenciés à 11h du matin
avec un encerclement
qui rappellerait un état de siège du local UMT
répression d'un sit-in symbolique avec le jeune Mehdi Boukiou
un sit sit in de quelques jeunes
réprimés par une armada de cmi et mrouds
avec les formules de politesse d'usage : insultes et tabassage
répression des enseignants docteurs devant le ministère de l'enseignement
répression d'un sit in de soutien aux détenus du 20 février
à Chaouen et Tétouan...
arrestation de militants
répression à Bnit Jit des manifs des citoyens
arrestations de 5 citoyens
et bien sûr
les détenus
pour le "crime" d'avoir distribué les tracts du 20 février
sont toujours en prison
Houceima et Imzouren
toujours en presque état de siège...
et j 'en passe
je ne suis pas théoricienne
je ne suis pas politicienne
je ne comprends pas les promesses
je ne comprends pas
qu' on puisse parler de changement "historique'
quand je vois ça
pardonnez mon peu d'intelligence...

Le cinéaste Hicham Ayouch agressé

Par Samira Kinani, 11/3/20011
  URGENT ! Faites passer le message de HICHAM AYAOUCH
Urgent, alors que nous revenions d’un tournage de trois jours à Sefrou, nous avons été agressés à Fez par ce qu’il semblait être des flics en civil. 
Une voiture nous suivait dans le centre de Fez, nous l'avons repérée, je suis descendu de voiture, je les ai filmé, ils ont démarré en trombe, mais ils se sont retrouvés coincés dans le trafic, j’ai alors couru derrière eux pour les filmer, je me suis rapproché avec ma caméra.
Ils sont descendus à 6 avec des gourdins et des menottes, ils m'ont frappé à la main, mon régisseur a été frappé eu visage et dans le dos avec des menottes, nous avons crié "Baltagia", la foule est arrivée et ils se sont enfui. J’ai filmé leurs visages et leur plaque d’immatriculation.
RENAULT KANGOO NOIRE, Plaque d'immatriculation : 67995 ALIF 15
Dénonçons vivement les provocations, les intimidations, la répression makhzeniennes
  Ma solidarité avec Hicham Ayouch et avec toutes les victimes de l'arbitraire
                   Ali Fkir

vendredi 11 mars 2011

Les manifestations du 20 mars sont maitenues au Maroc


Source : Cadena SER, Le Post,  11/3/2011
post non vérifié par la rédaction

La convocation massive de manifestations pour le 20 mars est maintenue

Les jeunes du Mouvement du 20 février maintiennent la convocation massive de manifestations dans tout le pays pour le 20 mars prochain malgré le discours prononcé ce mercredi par Mohamed VI dans lequel il a promis soumettre à un référendum une réforme profonde de l'actuelle Constitution.
"Le discours n'a rien changé, nous allons continuer à manifester le 20 mars prochain avec les mêmes revendications", soutient Oussama Khlifi, l'un des jeunes qui a initié à Facebook le Mouvement du 20 février, instigateur des mobilisations de protestation de dernières semaines au Maroc. Khlifi assure même que dimanche prochain, 20, "les gens qui sortiront dans la rue seront plus ombreux qu'en février".
Ce mercredi, Mohamed VI a bougé une fiche devant ces protestations avec un discours dirigé à la nation dans lequel il qui a promis soumettre à un référendum une réforme profonde de l'actuelle Constitution, qui date de 1996, quand son père Hassan II régnait encore. Avec l'excuse, d'avoir besoin des changements pour pouvoir réaliser le processus de régionalisation, le monarque "a voulu profiter de l'occasion pour annoncer une réforme globale de la constitution marocaine qui se concentre sur la séparation des pouvoirs, sur la garantie de liberté collective et individuelle et sur la protection des droits de l'homme", comme a assuré ce matin dans une conférence de presse Omar Azziman, président de la Commission Consultative pour la Régionalisation (CCR) et ancien ambassadeur marocain en Espagne.
Mohamed VI a assuré dans son allocution être disposé à ne pas nommer au doigt le premier ministre - comme il faisait jusqu'à présent - et à donner à celui-ci la "Responsabilité totale du gouvernement". De plus, il affirme qu'avec ces réformes il essaiera "d'ériger en pouvoir indépendant la justice" et de céder au Parlement les "fonctions de représentation, de législation et de contrôle". Tout avec le désir de consolider "le principe de séparation et l'équilibre de pouvoirs". De plus, le monarque a chargé une commission présidée par l'expert en droit constitutionnel Abdelatif Mennouni de l'étude de ces réformes possibles pour célébrer en juin le référendum. "La commission a été désignée et non choisie. Pour réaliser une constitution démocratique nous devons choisir cette commission, qui inclura tous les partis politiques, une ONG et pourquoi pas de jeunes membres du Mouvement du 20 février", se plaint Nizar Bennamate, membre du groupe convocateur des manifestations.
En réponse à cette demande, Mennouni assure que la réforme sera réalisée dans "une communion avec les partis politiques, les syndicats, les organisations de la société civile et de la jeunesse, les acteurs associatifs et scientifiques".
Il s'agit d'un discours complètement innovateur qui, cependant, n'arrive pas à convaincre certaines couches de la société civile. L'Association Marocaine de Droits de l'homme (AMDH) reconnaît le positivisme de l'initiative, mais elle se plaint du fait qu'il y a encore beaucoup de choses à traiter " la question de la sainteté du roi n'est pas abordée", affirme Khadiya Ryadi, présidente de l'AMDH, par ce que le monarque continue d'être "commandeur de tous les croyants". Selon l'opinion de Ryadi, "cela peut annuler toutes les progressions". Pour elle, on doit complètement abroger l'article 19 de l'actuelle Constitution, qui sanctifie le roi; si non, "tous ces changements ne serviront à rien".

Ali Anouzla pense la même chose, journaliste, fondateur et directeur du portail web indépendant Lakome.com, qui souligne que le fait de que Mohamed VI continue d'être le leader religieux de tous les Marocains "lui attribue des pouvoirs absolus et l'impossibilité de le critiquer, de le controverser". Pour Anouzla, le roi doit renoncer aussi à cette position, pour que le Maroc ne continue pas à vivre une "monarchie absolue". Durant le discours d'hier, le souverain n'a pas fait de référence à cet aspect, ou au "mot magique que tout le monde attendait", selon les termes d'Anouzla, "qui est la monarchie parlementaire".

De l'autre côté, celui de ceux qui soutiennent le discours, se trouvent les partis politiques présents au Parlement, qui se sont déjà prononcés à ce sujet. "C'est le commencement d'une nouvelle étape de modernisation et de réhabilitation des structures de l'État", a affirmé le premier ministre et secrétaire général du parti Istiqlal, Abbas Fassi. Tous les partis coïncident que c'est une initiative "historique", bien que ce soit le Parti Socialiste Démocratique qui affirme même que "c'était un discours plus ambitieux que les revendications de réforme exprimées par l'ensemble des sensibilités nationales", selon son secrétaire général Zhor Chekkafi.
L'ensemble de ces organisations politiques applaudissent ainsi l'initiative du monarque alaouite en plus d'assumer leur engagement dans ce processus qui " établit une feuille de route d'un nouveau Maroc fort dans son identité et ouvert à un avenir démocratique", soutient Abdelilah Benkirane, leader du Parti islamiste Justice et Développement (PJD). Une feuille de route qui selon l'opinion du Parti Authenticité et Modernité (PAM), gagnant des dernières élections municipales marocaines, "annonce de nouveaux horizons dans la construction de l'État démocratique moderne, en situant le citoyen dans le coeur de cette dynamique", dans les termes d'un communiqué du parti.
Le Maroc bouge. Au niveau politique, économique et social. Roi et Gouvernement bougent des fiches pour éviter des contagions possibles, au moins à un haut niveau, du reste de révolutions arabes. Cependant, les jeunes du Mouvement du 20 février et les associations qui l'appuient ne font pas marche derrière. Ils veulent plus. Et surtout ils veulent des faits et non pas des paroles.

Projet de régionalisation
Le motif que Mohamed VI a avancé pour annoncer ces réformes se concentre sur les changements dont la Carta Magna a besoin pour mettre en place le projet de régionalisation que le monarque alaouite avait annoncée l'année passée. Après un an de travaux de la CCR, ce jeudi a été présenté le rapport de conclusions. S'y démarquent des sujets comme la composition du Maroc en 12 régions, en incluant deux dans les territoires du Sahara Occidental. Précisément ces zones, appelées par le Maroc "Provinces du sud", seront les premières à expérimenter ce processus, à condition que "le plan d'autonomie n'arrive pas avant que la régionalisation avancée ne s'implante", affirme Omar Azziman. Dans le cas de report dans l'accord du plan d'autonomie, soumis aussi aux négociations avec les Nations Unies, la régionalisation serait "une étape transitoire", conclue Azziman.
Ce nouveau modèle d'État octroiera de plus grands pouvoirs exécutifs aux présidents des Conseils Régionaux, nouvelle figure politique créée au détriment des "walis" ou des gouverneurs qui, selon Azziman, "ne disparaîtront pas" mais ils occuperont d'autres fonctions. De plus, le rapport met en exergue l'engagement du Gouvernement à renforcer le rôle de la femme dans les institutions régionales, dont l'objectif est de garantir son accès "au tiers des fonctions électives, aux bureaux et à d'autres instances des conseils des collectivités territoriales", comme l'on peut lire dans le rapport. Y manque, par exemple, la possibilité ou non de créer des partis régionaux, surtout au Sahara Occidental. Pour Azziman c'est "encore trop tôt" pour savoir cela, parce que ce processus vient de naître et que c'est un aspect que devra discuter la commission chargée de l'élaboration des propositions pour les réformes de la Constitution.
Traduction de l'espagnol : SPS-RASD

Maroc : Qui sont les membres de la Commission consultative de révision de la Constitution ?

Remarques concernant la nouvelle initiative du Makhzen.

Par Ali Fkir, 11/3/2011

1 - Il s'agit d'une "révision" et non d'un changement de constitution.
La commission créée par le roi pour cette besogne est appelée:
La Commission consultative de révision de la Constitution
2 - La commission est purement consultative
3 - les "travaux" de la commission seront soumis au monarque en juin. Les nouveautés de la révision ont été déjà annoncées par le roi.
4 - la révision doit se faire dans le cadre du sacré et des constantes inabordables:
* L'islam est la religion de l'État
* la monarchie est le régime politique du pays
* le roi est le commandeur des croyants (tout le monde étant croyant)
* Le nationalisme (au sens makhzanien du terme bien sûr)
5 - Tous les membres de la commission (le président + 18) sont désignés par le roi
6 - Les membres de la commission se situent idéologiquement et politiquement dans le référentiel du makhzen.
7 - La commission est composée des gens de dar al mkhzen et des gens qui ont renié leur passé militant.
Je suis loin de discuter "leurs compétences techniques et académiques". La constitution est avant tout autre chose une affaire politique.

Le makhzen a bien su choisir ses "hommes". Au nom des compétences "techniques", il a désigné des personnes qui ne portent en aucun cas dans leurs cœurs les revendications du mouvement de la jeunesse du 20 février, et surtout les revendications de l'opposition militante.

Je ne conçois pas de commission constituante sans Abderrahmane Ben Amr, Abderrahim Berrada, Abdelhamid Amine et tant d'autres.
La "Commission consultative de révision de la constitution" est composée de ceux qui ont rendu les armes et prêté allégeance, et des commis classiques du makhzen

a - les gens qui ont rejoint l'ennemi d'hier:
* le président Abdeltif Mennouni: ex président de l'UNEM (12 ème congrès), ex militant du parti de Mehdi Ben Barka, a collaboré étroitement avec Driss Basri (dans le domaine constitutionnel)
* Lahcen Oulhaj: ex militant du mouvement armé de 3 mars 1973, prisonnier politique, ex militant du parti de Ben Barka
* Brahim Semlali: ex militant du parti de Mehdi Ben Barka
* Amina Messoudi: a abandonné (comme Abdelwahad Radi) les revendications constitutionnelles du parti de Ben Barka des années soixante au profit de l'approche du makhzen
* Ahmed Herzenni: l'un des fondateur du mouvement marxiste léniste marocain, et ancien patron de linkhdoum Achaab maoïste, ancien prisonnier politique
* Mohammed Berdouzi: L'un des fondateur du mouvement marxiste léniniste marocain, ex dirigeant de 23 mars, ex prisonnier politique. A travaillé dans l'entourage ( domaines juridique et économique) de Driss Basri
* Driss El Yazami: ex militant (du moins sympathisant de linakhdoum Achaab), ex exilé politique.
* Abdellah Saaf: ancien cadre de 23 mars, puis de l'OADP a collaboré avec Driss Basri (domaine économique et juridique)
* Amina Bouayach: ex militante du mouvement des familles des prisonniers politique

b- Le produit du makhzen:
* Albert Sasson (Pendant plus de 120 ans, des hommes d’une même descendance ont confectionné les jellabas richement ornées des sultans alaouites. Les Sasson, venus du Moyen-Orient vers la fin du 19ème siècle, pour s’installer dans le Tafilalet, sont “couturiers du sultan” de père en fils): ex doyen de la faculté des sciences de Rabat (1963 - 1969), membre du CCDH depuis 1990, membre de l’Académie Hassan II des Sciences et technologies...
* Abderrahmane Libiek: consulat général du royaume du Maroc à Las Palmas...
* Omar Azziman: ex président du CCDh, ancien ministre, ancien ambassadeur, membre de l'Académie du Royaume du Maroc
*Abdelaziz Lamghari : chargé de mission au sein du conseil constitutionnel
* Nadia Bernoussi: membre fondateur de l'AMDC Albert Sasson
* Rajae Mekkaoui: membre du conseil supérieur des oulémas
* Zineb Talbi: chargée de mission au Secrétariat général du gouvernement
* Mohamed Saïd Bennani: président de chambre à la cour suprême
* Najib Ba Mohamed: vice-président de l'AMDC Albert Sasson

c- Mohamed Tozy: Universitaire, travaille plus au moins dans l'entourage de l'administration et pour d'autres organismes publics (OCP...), ne porte pas dans son cœur tout ce qui est « radical »
A l’horizon, rien de nouveau !
Continuons la lutte pour une assemblée constituante
composée de femmes et d’hommes libres et librement choisiEs par le peuple!

Maroc : après le discours du roi, quelles réformes ?







par Jad Siri, Avocat, juriste, SaharaDoc,11/3/2011
Mercredi 9 mars, le roi Mohammed VI a annoncé une « réforme Constitutionnelle globale » confiée à une commission ad hoc et dont le projet sera soumis à référendum. Cette annonce ne peut qu’être accueillie favorablement. Mohamed VI montre par là plus de clairvoyance que les généraux Ben Ali et Moubarak, et il semble avoir entendu les revendications légitimes des Marocains. Pour autant, il ne faut pas crier victoire trop vite. L’annonce de la réforme ne vaut pas réforme.
Il faut rappeler que, à la différence des revendications des manifestants dans la plupart des pays arabes, qui demandent le départ de leur dirigeant et un changement de régime, les manifestants marocains ne demandent pas la suppression de la monarchie ou le départ du roi, mais la fin de sa monopolisation du pouvoir et son retrait de l’économie ainsi qu’une réforme en profondeur de la Constitution.

Les premières réactions officielles avaient été d’occulter cette revendication institutionnelle et de répondre sur le seul terrain social. Le 9 mars, en revanche, le roi semble s’être engagé dans la bonne direction. Cependant, puisqu’il n’y aura pas d’Assemblée Constituante, il faut être attentif, tout d’abord, à la composition de cette commission ad hoc. En constatant que, moins de 24 heures après son discours, le roi a procédé à l’installation de cette Commission consultative de révision de la Constitution. Elle est composée d’un président et de 18 membres, dont 5 femmes. Il faudra rester vigilant pour que cette réforme ne soit pas une réformette ou dévoyée, et que la commission ad hoc n’accouche pas d’une « souris ». Pour cela, cette commission doit travailler librement, sans pression et doit être audacieuse afin de proposer enfin une vraie monarchie Parlementaire démocratique dont les contours ou principes pourraient être les suivants.

1. Une monarchie qui règne mais qui ne gouverne pas : le principe de base incontournable d’une démocratie (mais pas suffisant à lui seul) est que l’Etat est dirigé par des personnes élues au suffrage universel qui rendent compte périodiquement au peuple ou à sa représentation. Si ce critère n’est pas rempli, on ne peut alors pas parler de démocratie. Dans un Etat où il y a une monarchie, ce principe implique que le souverain règne sans gouverner. La conséquence directe d’un tel principe est que le monarque ne choisit pas le premier ministre discrétionnairement mais en fonction des résultats des élections législatives afin de prendre en compte le suffrage universel , il ne dispose pas du pouvoir de nomination ni des ministres ni des hauts fonctionnaires (ambassadeurs, préfets, directeurs généraux d’établissements publics etc.) et ne peut dissoudre le Parlement ni révoquer le gouvernement. Ces principes pourraient être repris dans la nouvelle Constitution marocaine dans laquelle le roi serait au dessus du champ politique et astreint à une neutralité. Le discours du roi du 9 mars évoque cette piste, mais il faut que la commission ad hoc la confirme et la précise. A partir de cette neutralité, le roi pourrait remplir une fonction de garant de la stabilité de l’Etat et disposer, à cette fin, de certaines prérogatives, très précises et très restreintes. Le souverain pourrait ainsi être garant des frontières de l’Etat, et à ce titre, aucune modification des frontières actuelles ne pourrait se faire sans son accord. En sa qualité de « commandeur des croyants », il pourrait être le garant de la neutralité de la religion dans le champ politique (aucun parti politique ne pourrait avoir pour programme l’application de règles religieuses dans le champ civil). Il pourrait par ailleurs participer à la garantie du respect de la Constitution en participant à la nomination de certains membres d’un conseil Constitutionnel dont l’objet serait de veiller au bon respect de la Constitution et des traités internationaux dans l’ordre juridique interne. Enfin, il pourrait être garant de la paix : aucune déclaration de guerre ne pourrait être faite sans son accord.
Ainsi, avec de tels pouvoirs, précis et restreints, la monarchie, sans être une institution de simple figuration dont l’occupation serait d’inaugurer les chrysanthèmes, aurait une vraie fonction de garante de la stabilité de l’Etat et de la paix.

2. Quelles institutions politiques et quel fonctionnement ? Au-delà d’énoncer les principes fondamentaux dont la nation se réclame et déclare adhérer, une Constitution définit toujours le rôle et les fonctions du gouvernement et du Parlement. Elle définit également les organes de contrôle de l’Etat ainsi que l’organisation régionale et locale des institutions infra étatiques. La Constitution marocaine actuelle traite de toutes ces questions. Il faut cependant en revoir le fonctionnement, la composition et les processus de nomination.
Une vraie monarchie Parlementaire démocratique repose sur la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
Une telle monarchie, telle qu’elle pourrait être organisée au Maroc, signifierait que le gouvernement est issu des urnes et de la majorité Parlementaire, et reflète celle-ci, et en conséquence, engage sa responsabilité devant le seul Parlement et non devant le monarque. Dans une telle organisation, le gouvernement disposerait, conjointement avec le Parlement, du pouvoir de créer la règle de droit et de nomination des hauts fonctionnaires (civils et militaires). Son mandat serait remis en jeu à intervalle régulier au travers d’élections législatives libres. Le gouvernement serait dirigé par le premier ministre, lequel serait le chef du parti arrivé en tête aux élections législatives. Il choisirait ses ministres sans intervention du monarque. Collectivement, le gouvernement se présenterait devant le Parlement pour obtenir sa confiance et mettre ensuite en œuvre le programme politique sur la base duquel il s’est fait élire. Le pouvoir de nomination au sein de l’administration appartiendrait au gouvernement seul. Il pourrait, dans des cas précis (perte de la majorité au Parlement empêchant l’adoption des lois par exemple) dissoudre le Parlement et provoquer des élections législatives anticipées.
Face au gouvernement, le pouvoir législatif, indépendant, composé d’une ou deux assemblées, doit être fort. Le Parlement, comme partout ailleurs, doit avoir pour mission d’établir la loi et de contrôler l’action du gouvernement. Son action de contrôle doit impliquer la faculté de mettre en œuvre des commissions d’enquête. Symétriquement au pouvoir de dissolution du gouvernement, le Parlement doit pouvoir, dans des cas précis et définis, « révoquer » le gouvernement au moyen d’une motion de censure.
Pour que de telles institutions fonctionnent et que le jeu démocratique d’alternance se fasse, il faut que le gouvernement soit issu d’une majorité Parlementaire claire et stable et que les élections législatives permettent à un ou deux partis d’obtenir une majorité. A cette fin, la commission ad hoc devra aborder le sujet du mode de scrutin aux élections législatives afin de corriger l’éclatement actuel des partis politiques, et ainsi éviter des coalitions gouvernementales composées de 6 ou 7 partis, sans cohérence et sans projet politique cohérent.
L’« existence » Constitutionnelle de la Cour suprême, la plus haute autorité de la pyramide judiciaire, doit être confirmée. Cette cour doit être la garante de la bonne application et de la bonne interprétation de la loi par les magistrats des différents tribunaux du royaume. Le processus de nomination des magistrats de cette cour, comme celle des autres juges, doit garantir leur indépendance, ce qui ne veut pas dire qu’ils doivent être irresponsables.
La réforme Constitutionnelle qui est initiée doit confirmer le Conseil constitutionnel, dont la mission est de s’assurer que l’action du gouvernement, que les lois votées par le Parlement et que les traités internationaux conclus ne soient pas contraires à la Constitution. Compte tenu de l’importance fondamentale d’un tel organe, celui-ci doit être neutre et indépendant du champ politique, ce qui implique deux choses concrètes : ses membres doivent être désignés pour un mandat unique, relativement long, d’une part et par plusieurs autorités différentes représentant le suffrage universel et/ou garantes de la stabilité de l’Etat d’autre part. Au Maroc, on peut imaginer que les membres d’un tel organe soient désignés par le premier ministre, les présidents des deux chambres du Parlement et par le roi, chacun désignant trois ou quatre membres.
Afin que la religion ne soit pas accaparée par un groupe de personnes ou un parti politique, et qu’elle ne soit pas utilisée comme projet de société et source de la règle de droit, il faudrait confier à un conseil religieux présidé par le roi (en sa qualité de « commandeur des croyants »), le soin de proposer la nomination des imams et fqihs (ceux qui font le prêche dans les mosquées et qui enseignent le coran), de donner des avis sur l’interprétation des textes religieux, de veiller à l’entretien des mosquées etc. En effet, il faut s’assurer que la religion n’intervienne pas dans le champ politique.

Enfin, comme le font les Constitutions turque et espagnole, la Constitution marocaine pourrait, au-delà d’énoncer les principes de démocratie et de libertés individuelles, développer, sur plusieurs articles, les droits et devoirs fondamentaux des Marocains et les principes relatifs à la liberté de la presse (la Constitution turque consacre plus de 60 articles à ce sujet et la Constitution espagnole plus de 45 articles).
Bien entendu, la question de la décentralisation énoncée par le roi doit être traitée dans la nouvelle Constitution.

Conclusion : il est relativement aisé de concevoir une vraie monarchie parlementaire démocratique au Maroc, où le trône trouverait toute sa place et sa légitimité sans pour autant diriger le pays, et où les dirigeants de l’Etat tireraient leur légitimité du seul suffrage universel. Dans le cadre de ce type d’institution, les partis devront jouer leur rôle de proposer un projet de société, pour le meilleur développement économique et social possible. La monarchie a tout à gagner d’une telle réforme et a tout intérêt à ne pas intervenir dans le champ politique et économique. Il y va de son prestige et de son avenir.
Publié dans : Dernières minutes

Nantes : appel du Comité Marocain de Suivi et de Soutien du Mouvement du 20 février


Par JAITE Mohamed,Coordinateur"du Comité Marocain de Suivi et de Soutien du Mouvement du 20 février-NANTES-" , 11/3/2011
La situation économique, sociale et politique au Maroc n’est guère différente des situations des pays comme la Tunisie, Égypte et d’autres pays arabes.
Des jeunes au Maroc ont appelé à des manifestations le 20 février. Le régime a usé de tous ses moyens pour empêcher ces rassemblements et ces manifestations en quadrillant les villes par ses différents services d’ordre comme à son habitude.
Malgré ces intimidations, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs villes et ont scandé des slogans pour exprimer leur colère, leur indignation face aux injustices, face à la corruption, et pour réclamer un État de droit.
Dans certaines villes, ces manifestations pacifiques et légitimes ont été malheureusement réprimées par les forces de l’ordre et plusieurs jeunes ont été molestés et arrêtés et le sang a coulé. Six personnes au moins sont déclarées officiellement mortes à la suite de cette répression : cinq à EL Hoceima et un à Séfrou.
Ces mouvements et ces protestations se sont poursuivis tous les jours et de façon spontanée dans différentes villes jusqu’au 6 Mars, date que le mouvement du 20 Février avait retenue pour une nouvelle manifestation nationale sur tout le territoire marocain. Une nouvelle fois, ces manifestations pacifiques ont été fortement réprimées et tout particulièrement dans les villes de Marrakech et Tanger.
Un nouvel appel est lancé pour le 20 Mars sur tout le territoire, pour poursuivre la lutte, protester contre les injustices et la corruption, et faire entendre ses revendications légitimes. Plusieurs villes en Europe et en particulier en France, ont vu la création de Comités de Suivi et de Soutien de ces efforts du peuple marocain qui lutte pour la justice et pour un état de droit.
A Nantes, plusieurs manifestations ont été déjà organisées et Le Comité Marocain de Suivi et de Soutien du Mouvement du 20 Février invite toute personne voulant manifester son soutien au peuple marocain et aux autres peuples arabes à venir nous rejoindre le :
VENDREDI 11 MARS 2011 à 18h30,
place ROYALE
Venez nombreux !
,JAITE Mohamed
Tél : 06.12.84.33.64
"Comité Marocain de Suivi et de Soutien du Mouvement du 20 Février-NANTES-"

Discours du roi du Maroc : les pour et les contre


Les réformes annoncées par Mohammed VI ne satisfont pas les protestataires

 PAR FOUÂD HARIT, Afrik, 10/3/2011
Historique. Le roi Mohammed VI a annoncé mercredi, lors d’un discours télévisé, d’importantes réformes. Cette prise de parole intervient à la suite des manifestations du 20 février et, surtout, de l’annonce du prochain rassemblement prévu le 20 mars. La révision constitutionnelle annoncée devra être soumise à un référendum, dont la date n’a pas encore été fixée par le souverain, dont le discours a été diversement apprécié par ses sujets.

Elargissement des libertés individuelles et collectives, renforcement du statut du premier ministre, démocratisation…
Dans son discours à la Nation, Mohammed VI a décidé d’entreprendre une réforme constitutionnelle globale, basée sur sept fondements majeurs. Le premier s’appuie sur la pluralité de l’identité marocaine, et fait référence au peuple Amazigh : « La consécration constitutionnelle de la pluralité de l’identité marocaine unie et riche de la diversité de ses affluents, et au cœur de laquelle figure l’amazighité, patrimoine commun de tous les Marocains, sans exclusive », a-t-il déclaré. La communauté Amazigh revendique toujours la reconnaissance et l’officialisation de sa langue. Cependant, aucune approbation concrète de cette officialisation n’apparaît pas dans cette déclaration.

Un autre des fondements évoqués par le roi concerne « la consolidation du principe de séparation et d’équilibre des pouvoirs et l’approfondissement de la démocratisation, de la modernisation et la rationalisation des institutions ». De cette réforme résulte un point important : le statut du premier ministre. Le roi assure vouloir « renforcer le statut du Premier ministre en tant que chef d’un pouvoir exécutif effectif, et pleinement responsable du gouvernement, de l’administration publique, et de la conduite et la mise en œuvre du programme gouvernemental ». Le roi pourrait donc être amené à ne plus désigner lui-même le premier ministre.

Certains sujets ont accueilli très favorablement le discours du roi. Mais malgré les efforts fournis par le souverain pour calmer les tensions et répondre aux attentes des protestataires, les jeunes du "Mouvement du 20 février" ne sont pas satisfaits. Ils demandent toujours davantage de démocratie et des réformes socio-économiques concrètes. Les organisateurs de la marche du 20 février maintiennent celle fixée au 20 mars prochain.

Réactions au discours de Mohammed VI

Saâdeddine el Othmani, secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD) :
« Les revendications des jeunes Marocains sont totalement légitimes et je salue le mouvement du 20 février. (...) Ce discours royal est historique et s’inscrit comme étant un commencement de la réforme de la Constitution, à condition que ces réformes soient mises en place et en concertation avec les opposants (...). Le Maroc franchit un pas de plus vers la démocratie et lui redonne un statut prestigieux dans le monde arabe ».

Ryadi Khadija, présidente de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) :
« Je m’attendais à des réformes concrètes qui entrent en adéquation avec les revendications des jeunes Marocains. Les jeunes n’ont pas réclamé que des réformes politiques ! Quoi qu’il en soit, ces réformes ne répondent pas vraiment aux attentes de nos revendications politiques. La jeunesse marocaine a demandé une nouvelle Constitution et non des changements en ce qui concerne la Constitution actuelle et, de plus, elle devra être démocratique dans la façon dont elle sera élaborée. Cependant, des choses intéressantes ont été précisées dans le discours du roi. Mais là aussi tout dépend de la façon dont ces réformes seront rédigées. La séparation du pouvoir est une première dans l’histoire du Maroc ! Le fait de renforcer le statut du premier ministre est un point positif. Mais jusqu’où iront les pouvoirs du premier ministre ? Sera-t-il aux commandes de l’armée ? Toutes ces questions restent sans réponse. Il n’a pas non plus fait référence à une probable dissolution de la 2e chambre du parlement marocain. L’article 19 qui octroie le plein pouvoir au roi reste inchangé. Tant que cet article restera inchangé, tous les nouveaux articles ne serviront à rien ! Puis restent le problème de la presse au Maroc. Le pouvoir fait passer ses messages à travers les médias, mais ne donne pas la parole aux opposants. Le thème de l’égalité entre les hommes et les femmes n’a pas non plus était abordé. Aucune déclaration concernant la libération des prisonniers politiques et d’opinions n’a été faite alors que c’était l’une des principales revendications des jeunes... »

Montasser Drissi, cyber-militant, membre actif du Mouvement du 20 février – Rabat :
« Le discours n’a pas répondu à nos revendications. A mon sens, la Constitution reste inchangée. Il y aura simplement de nouveaux articles, mais ne changeront en aucun cas la Constitution actuelle, comme par exemple l’article 19 qui donne le plein pouvoir au roi et qui prévoit la religion de l’islam au Maroc. Il n’y a pas eu de décision générale. Ce n’est qu’un simple discours visant à apaiser notre colère et qui prévoit des réformes pour juin. Juin, c’est loin ! Nous on veut du changement dans l’immédiat ! Il a fait allusion à la langue Amazigh, mais il n’a pas parlé d’officialisation de la langue. Ce que nous attendons toujours c’est la dissolution du gouvernement actuelle. Et quant au retrait du roi concernant la nomination du premier ministre, il n’y a aucune autre indication à savoir si ce sera le peuple ou non qui désignera son premier ministre. Les indications du roi restent floues et sans concordances avec nos attentes. »

Omar Bouziane, fondateur du groupe Facebook:
Je suis marocain et je suis contre le mouvement du 20 février :
« Vive mon roi ! Des plans au-delà des revendications avec plein d’émotions. Un discours historique ! Pour ceux qui ouvriraient encore leur gueule, vaudrait mieux qu’ils se la ferment maintenant. Autrement dit, ils devraient suivre une psychothérapie pour gérer leur instabilité mentale et leur schizophrénie. »

Nabil, l’un des adhérents du groupe :
Je suis marocain et je suis contre le mouvement du 20 février :
« D’abord, l’idéologie de ces jeunes (les protestataires, ndlr) ne représente pas tous les Marocains. D’ailleurs, ils sont soutenus par une minorité de Marocains : extrémistes de la gauche, etc. Dans leurs discours, ils touchent au symbole le plus important pour les Marocains : le roi. Nous, les Marocains, sommes fiers de notre monarchie et n’acceptons pas qu’elle soit mise en péril. Ce que je pense du discours de Sa Majesté d’hier ? C’est qu’il représente un tournant important dans notre histoire, et surtout après la finalisation du projet de la régionalisation entamé il y a plus d’un an. Il faut dire que le Maroc a aussi beaucoup changé depuis 1999, comparé à l’époque de Hassan II. »

jeudi 10 mars 2011

Au Maroc, à l'horizon rien de nouveau, sinon plus de répression.

Par Ali Fkir, 10/3/2011
A Chaouen (nord du Maroc), répression: l'arrestation du militant Mohamed Tobi (porteparole du mouvement de 20 février) et hospitalisation d'un citoyen blessé par la police.
Tout cela le 10 mars 2011.
Au Maroc, à l'horizon rien de nouveau, sinon plus de répression.


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De : Abdeilah Chefichou , 10/3/2011, 15h 01min 05s

الشاون.عاجل جدا
بعد خطاب الملك
دعت جمعيتي اطاك و المعطلين بالشاون الى وقفة احتجاجية امام مقر المحكمة الابتدائية بالشاون يوم 10/03/2011 تضامنا مع محاكمة شباب 20 فبراير بالمدينة يتم تطويق مداخل المحكمة برجال البوليس القمعي السري و العلني
على اثره تحولت الوقفة الاحتجاجية السلمية الى ساحة وطاء الحمام ،غير ان جهز القمع فهم الخطاب فتدخل بشكل همجي في حق المحتجين من مناضلين واسر المعتقلين مما اسفر عن اعتقال المناضل محمد الطوبي الناطق الرسمي باسم حركة 20 فبراير بالشاون ونقل احد المحتجين الى مستشفى محمد الخامس بالمدينة في حالة حرجة
وشوفو اصلاحات زمنو


Vacances : Ne boudons pas le Maroc en marche vers la démocratie

Par MJ.F solidmar, 10/3/2011
Les beaux jours arrivent. On commence à parler vacances. Pourquoi pas le Maroc , beau pays de quelques très riches et  d'une multitude de  très pauvres, pays  dont l’indice de développement humain est le plus bas du Maghreb...
C’est le moment de découvrir les régions les plus reculées, économiquement inutiles donc marginalisées, situées dans des endroits merveilleux, loin des circuits des villes impériales, loin des hôtels de luxe et du tourisme de masse qui profite aux plus riches.
Plaisir de dénicher les gîtes et les auberges sans prétention, accueillants et chaleureux, source de revenus pour des familles entières. L’occasion aussi de prendre contact avec des petites agences de randonnée menées par des guides « du coin », compétents, formés à l’école de guides de Tabant, dans le Haut Atlas. Ils savent aussi où passer de beaux moments chez l'habitant.
Un fils, ou une fille guide, c'est une aubaine dans une famille.

En cette période de révolution, dans ce  Maroc oublié, aucun risque pour les étrangers d'être tabassés, spécialité réservée aux sujets de sa Majesté, mais on peut avoir le sentiment de contribuer un peu au mieux-vivre d'une population qui sait montrer le plaisir d'accueillir.
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Deux exemples de ce tourisme solidaire :

- L’auberge familiale Belkassem de Moha, au centre de Merzouga, à l’écart des grands complexes hôteliers, tout près des plus hautes dunes du Maroc. 
Lieu idéal pour des vacances en famille. Moha, Touareg sédentarisé, soucieux de la difficile vie de nomades qu’il a connue, espère chaque année de nombreuses réservations pour pouvoir embaucher des jeunes chameliers qui savent faire découvrir les plus somptueux paysages et rencontrer la population attachante du désert. Plusieurs familles de nomades vivent un peu mieux grâce à cet apport d’argent.
Découvrez  les témoignages de familles et de groupes qui sont tombés sous le charme de l’ami Moha et de sa région, et toutes les informations pratiques sur :

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- Avec Tizi Rando de Kénitra, un groupe de Français découvre un “ autre Maroc” peu connu, hors des sentiers battus, lors d’un passionnant séjour. A lire : leurs intéressants carnets de reportage sur:

En savoir plus sur Tizi Rando :