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samedi 21 mai 2011

Violente agression contre un sit-in devant la maison du défunt Said Dambar

El Aaiun, 20 mai 2011 (SPS) -
Au moins 30 Sahraouis, en grande partie des femmes, ont été blessés au cours d’un sit-in organisé jeudi devant la maison de famille de Said Damber, un jeune citoyen sahraoui Violente agression contre un sit-in devant la maison du défunt Said Dambar assassiné il y a 5 mois. Les manifestants demandent que soient rendues publiques les circonstances du crime perpétré par des policiers marocains.

Les citoyens sahraouis regroupés devant la maison de la famille Damber exprimaient leur solidarité avec la famille et leur soutien à ses revendications concernant l’éclaircissement des circonstances de l'assassinat de Said Damber, 29 ans. Mais les forces marocaines d'intervention rapide sont intervenues violemment contre les manifestants dès leur sortie de la maison du défunt. Plusieurs personnes ont été blessées.

Le citoyen sahraoui Bechri Salem Mailad a été suivi jusqu’au quartier Al Ouifak où il a été attaqué et battu par des agents marocains en civil.

La sœur du jeune homme assassiné a été arrêtée et sa mère blessée à la tète.

La famille refuse toujours de recevoir la dépouille de son fils, tué par un policier d’une balle en pleine tête, dans l’attente de connaître toute la vérité et la poursuite des responsables de l'assassinat, seule condition pour permettre à la famille de faire son deuil.

Liste de blessés : Hamza Sahraoui (enfant) et Limam Zaidaf (enfant) Saadi Oum Lkhout, Meska Maimouna, Meriem Mghaimad, Tfaolouha Badda, Zaoui Toumana, Sod Ahmed Laaiachi, Lala Hatra Aram, Sbaai Abdellah El Hafed Toubali, Lkhalil Chaikhi, Lmstehia Lbalal, Lmrabet Abdelrahman, Laabaidi Niha, Ismaili Gajmoula, Sidmou Khouita, Filali Hamdi, Noumria Haimadaha, Amar Fatma, Mohamed Lamin Lkhlifi , Laarousi Choubida et Laamouri Izana.

RAPPEL : MANIFESTATION LE 22 MAI A PARIS- SOUTIEN AU MOUVEMENT DU 20 FEVRIER !


Le Mouvement Marocain du 20 février Paris/Ile-de-France appelle à une
MANIFESTATION LE DIMANCHE 22 MAI 2011 A 15H
Départ : Parvis des Droits de l’Homme (Trocadéro)
Arrivée : Ambassade du Maroc
Métro : Trocadéro


Venez nombreuses et nombreux pour appuyer les revendications du mouvement du 20 février au Maroc qui réclame de vrais changements démocratiques basés sur la liberté, la dignité, la démocratie et la justice sociale.

Le Mouvement Marocain du 20 février Paris/Ile-de-France

Soutenu par :

AMF, ASDHOM, ATMF, FMVJ-France, Amis AMDH-Paris, APADM, FSCME, RIAS, Voie Démocratique, PSU, PADS, 20 février-Désir de changement, Maroc Ecologie les Verts, CAPDEMA, Cris des Marocains, GIM, TAMAYNUT, Collectif des Amazighs de France pour le Changement Démocratique au Maroc, PCF, URIF-CGT, NPA, PIR, Forum Palestine Citoyenneté, PG, Manifeste des Libertés, Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire Vivante, FSU Ile-de-France.

Maroc : rencontre publique à Berrechid avec Abdelhamid Amine

Par Ali Fkir, 20/5/2011

L'AMDH, section de Berrechid, a organisé avec succès une rencontre publique avec le militant Abdelhamid Amine sur la question de la constitution et ce, le 20 mai 2011.
                             
La salle était archi comble.
L'assistance a applaudi avec chaleur le militant Amine après son excellente prestation, 22 interventions ont enrichi le débat.
Les jeunes du mouvement 20 février ont appelé l'assistance à participer à la marche qui sera organisée dans la ville le dimanche 22 mai 2011.
Bravo l'AMDH, section de Berrechid!
Félicitations Abdelhamid Amine!
                  


Maroc : Violente mutinerie dans la prison de Salé, Témoignage des prisonniers

La révolte des salafistes
Par Fouâd Harit, 18/5/2011

La prison de Salé a été, lundi et mardi, le théâtre d’affrontements violents entre des prisonniers salafistes et les forces de l’ordre. En cause : les conditions de détention. Par ailleurs, les sept islamistes interpellés par la police marocaine dans le cadre de l’enquête sur l’attentat de Marrakech, qui a fait 17 morts, le 28 avril dernier, ont été présentés devant la justice et inculpés mardi.
La prison de Zaki, à Salé, était sous haute tension lundi et mardi derniers suite au soulèvement des détenus "islamistes" qui protestaient contre leurs conditions de détention. Ces derniers, réfugiés sur le toit des bâtiments, se sont livrés à des échauffourées avec les forces de l’ordre qui répondaient par des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchoucs. Affrontements qui ont fait une trentaine de blessés dont 8 policiers et des gardes pénitentiaires.

Ils exprimaient leur mécontentement quant à l’interdiction d’utiliser des téléphones portables et Internet. « Les détenus, pour la plupart des salafistes, ont protesté parce que l’administration de la prison a décidé de les priver de certaines choses qu’ils avaient auparavant, comme le téléphone et internet », a déclaré à l’AFP Abderrahim Mouhtad, président de l’association Annassir qui défend les prisonniers salafistes. Une décision prise à la suite de la découverte d’une vidéo récemment diffusée sur Youtube où l’on voit des prisonniers salafistes protester contre leurs conditions de détention.


Les violences ont repris mardi matin, avant que la prison ne retrouve le calme le jour-même. Déjà, en mars, les salafistes de Salé ont tenu un sit-in à la prison de Zaki, protestant contre leur condition d’incarcération et des procès qui tardent à se tenir.


Marrakech 2011 : un remake de Casablanca 2003 ?
Le mouvement de protestation du 16 mai, à la prison Zaki, est intervenu le jour même de la commémoration des attentats de Casablanca, le 16 mai 2003. Alors que la MAP avance que ce sont les salafistes qui ont contraint les forces de sécurité à intervenir « pour rétablir l’ordre », d’autres sources proches des détenus prétendent qu’une opération de police aurait été prévue ce jour-là pour « anticiper une réaction hostile des salafistes. » Au même moment, un juge d’instruction antiterroriste de Rabat à inculpé les sept suspects dans l’attentat de Marrakech, dont le principal mis en cause est un certain Adil El-Othmanie, présumé cerveau de l’attentat, imprégné des idées jihadistes et ayant affiché son allégeance au réseau Al-Qaida. Les prévenus, originaire de la ville de Safi, à 300 km au sud de Casablanca, sont accusés de « constitution de bande criminelle en vue de préparer et commettre des actes terroristes, de porter gravement atteinte à l’ordre public, d’assassinat avec préméditation et guet-apens, détention et fabrication d’explosifs et appartenance à un groupe religieux interdit ».
L’un des plus importants mouvements islamistes du Maroc, Al Adl Wal Ihsane (Justice et bienfaisance), interdit mais toléré et présidé par le cheikh Abdessalam Yassine, avait fermement condamné l’attentat de Marrakech. « Nous condamnons cet acte barbare quels qu’en soient les responsables, et réaffirmons note rejet de toute forme de violence », avait indiqué l’organisation dans un précédent communiqué, au lendemain de l’attaque. Justice et bienfaisance affirme que ses actions sont éloignées de celles perpétrées à Marrakech. Cependant, en février 2007, une centaine de militants de ce mouvement islamiste avait été arrêtée dans différentes villes marocaines dans le cadre d’une vaste campagne de prévention d’attentats terroristes. Une opération qui s’était déroulée quelques semaines avant l’attentat d’un cybercafé, le 11 mars, à Casablanca, faisant un mort parmi les kamikazes, et l’attentat raté de Meknès en août de la même année.
Le scénario de cette année rappelle étrangement, mais à un degré moindre, les attentats de mai 2003. Les salafistes ont été les premiers à être visés par la police. Ainsi, au lendemain du carnage de Casablanca qui a fait 49 morts dont 12 kamikazes, une chasse aux islamistes a été ouverte cette année-là. Au total, 2 112 islamistes ont été inculpés, 903 d’entre eux condamnés, et 17 peines de mort ont été prononcées. Des procédures vivement critiquées par les organisations internationales de défense des droits de l’homme. Les salafistes sont une fois de plus pointés du doigt. Le palais va-t-il procéder à une nouvelle rafle ?

Voir les vidéos :www.afrik.com/article22878.html

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Témoignage de prisonniers dits salafistes-jihadistes sur ce qui s’est passé à la prison Zaki

Transmis par Ayad Ahram, ASDHOM, 21/5/2011 
Lien ci-dessous : Témoignage en arabe des prisonniers dits salafistes-jihadistes sur ce qui s’est passé à la prison Zaki de Salé après l’assaut donné, le 17 mai 2011, par les forces de l’ordre marocaines.
L’orateur décrit la scène de l’intervention brutale des forces de l’ordre. Celles-ci ont utilisé des balles en plastique, du gaz lacrymogène et même des balles réelles causant deux morts et beaucoup de blessés (130) parmi les détenus.
Il parle également du centre de détention secret se trouvant à Témara non loin de Rabat et décrit les scènes de torture subie dans ledit centre.
L’administration pénitentiaire sous les ordres de Ben Hachem a réussi, aidée par les forces de l’ordre à séparer les détenus et à les transférer dans d’autres prisons (Zaki 2 et Meknès) tout en gardant les négociateurs et les auteurs de vidéos postées sur Youtube pour les poursuivre et les juger de nouveau, selon l’orateur.
 
De : coordination alhakika [mailto:tansikiatalhakika@gmail.com]
Envoyé : vendredi 20 mai 2011 20:08
Objet : رواية المعتقلين لحقيقة ما وقع بسجن الزاكي في سلا

vendredi 20 mai 2011

Le centre de détention de Temara n'existe pas ou n'existe plus?

Par Oumar Baldé, 19/5/2011
Le siège de la DGST n’abrite aucun lieu de torture. Tel est le constat du procureur du roi à Rabat, du CNDH et de parlementaires qui ont inspecté les lieux. Cet état de fait ne signifie pas nécessairement que le centre de détention n'a jamais existé.
Vue aérienne du lieu supposé être le centre de Temara. Ph. Mamfakinch 
« Aucun local pouvant être considéré comme lieu de détention secrète qui pourrait servir, comme on le prétend, à des actes attentatoires aux droits de l'Homme » n’existe au siège de la Direction Générale de Surveillance du Territoire National (DGST) à Temara, près de Rabat. Cette affirmation du procureur du roi à Rabat a été répétée à trois reprises dans la journée de mercredi 18 mai. Après le procureur, le Conseil national des droits de l’Homme a lui aussi déclaré n’avoir rien vu, suivi par de parlementaires. Tous étaient partis inspecter le siège de la DGST, accusé d'être un centre de détention secret où la torture était pratiquée.

Le déni des autorités
Amnesty International, Human Rights Watch et des organisations nationales de défense des droits de l’Homme ont, dans leurs différents rapports, souligné l’existence de ce centre. Le centre était aussi accusé de faire également de la torture « par procuration » au profit d’autres pays, par le député du PJD Mustapha Ramid. Ce dernier avait interpellé le ministre de l’Intérieur Taïeb Cherqaoui, sur son existence. Les autorités, elles, ont toujours brillé par leur silence ou se sont contentées de réponses ambigües. Le ministre de l’Intérieur a expliqué au député Mustapha Ramid : « tous les centres de détention au Maroc sont régis par la loi » et que « toute victime a le droit de porter plainte auprès des instances compétentes ».

Le dimanche 15 mai, un grand pas a été franchi.
Le pique-nique à l’appel du Mouvement du 20 février et la répression policière qui l’a empêché d’avoir lieu ont été suivis des visites d’inspection du procureur du roi à Rabat, du CNDH ainsi que de parlementaires. Ces derniers n’ont donc rien vu. Cependant, « nous sommes sûrs que ce centre était un lieu de séquestration et de torture. Nous avons des dizaines de témoignages qui ont corroboré ces affirmations », déclare-t-on du côté de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).

Des témoignages accablants
Le site lakome.com, annonçait, le 30 avril dernier, qu’ « une dizaine de grands camions ont quitté le centre de détention de Temara la nuit du mercredi 27 avril ». « C’est du jamais vu », soulignaient les témoins cités par le site d’information. Quelques jours plutôt, le 21 avril, une vidéo postée sur Youtube par un « ancien officier de la police judiciaire » accusé « d’appartenir à un groupe terroriste (Anssar Al Mahdi) » et en réclusion à la prison de Salé, s’en prenait à Taïeb Cherquaoui juste après sa sortie au Parlement sur l’existence supposée de ce centre. Abderrahim Tarek. Le prisonnier persiste et signe : « le centre de détention de Tamara existe bel et bien ».

Des détenus de la cellule démantelée en janvier dernier (Amgala) pour un projet d’attentat dans le royaume, affirment avoir été enlevés quatre mois avant l’annonce faites par les autorités et disent être passés par le centre de détention de Témara: « nous avons été détenus au centre de Temara où nous avons été torturés », écrivent-ils, dans une lettre transmise au Forum Karama pour les droits de l’Homme.

Plus de torture
Autant de témoignages supplémentaires maintiennent encore le doute sur ce lieu. A-t-il été fermé ou déplacé entre temps ? « Si les autorités ont décidé de fermer cet endroit, c’est tant mieux. C’est une victoire pour nous. Cela ne veut pas dire pour autant que ce lieu n’a jamais existé comme on a voulu nous le faire croire pour Derb moulay Cherif et Tazmamart », déclare Abdelhamid Amine, vice président de l’AMDH. Ce n’est pas Temara, en lui même, qui pose problème, mais plutôt les détentions arbitraires et la pratique de la torture qui pourraient avoir lieu dans d'autres prisons marocaines.

Copyright Yabiladi.com http://www.yabiladi.com/articles/details/5577/maroc-centre-detention-temara-n-existe.html

Deux comédiennes marocaines refoulées comme des malpropres à l’aéroport de Nice

Par A.G. Demainonline, 20/5/2011
La réalisatrice marocaine Leïla Kilani

Rabat.- Quoi qu’en disent certains sur « l’excellence » des relations franco-marocaines, il ne fait pas bon être simple arabe ou simple marocain en France.
Deux comédiennes marocaines, Soufia Issami et Sara Betioui, qui étaient officiellement invitées au festival de Cannes, ont été refoulées par la police de l’air et des frontières (PAF) à leur arrivée à l’aéroport de Nice, dans le sud de la France.

Pourtant les deux marocaines avaient un passeport, un visa en bonne et due forme et surtout une invitation des organisateurs du festival de Cannes où elles allaient participer à la projection du film de Leïla Kilani, Sur la planche. Un film où elles tiennent les rôles principaux.

Les autorités policières françaises n’ont donné aucune explication.

L'acteur français Samy Naceri

Issami et Bettiu ne sont pas les seules victimes du racisme policier français. L’acteur français d’origine algérienne Samy Naceri, un autre invité du festival de Cannes, a passé la nuit au commissariat de police il y a quelques jours parce qu’il avait protesté un peu trop quand des vigiles lui ont refusé l’entrée à une fête qui se tenait à la plage Royale. Pourtant, Naceri était muni d’un carton d’invitation, mais manque de pot, il a une sacrée tête d’arabe.

Dans la France de Nicolas Sarkozy, si on est violeur et riche et qu’en plus on a un nom bien occidental, comme par exemple Dominique Strauss-Kahn ou Roman Polanski, on a la considération de la nation des droits de l’homme, et le soutien de ses ministres, politiciens et artistes.

Mais si on a le malheur de s’appeler Nafissatou Diallo, la pauvre immigrée musulmane guinéenne que DSK aurait violée, Samy Naceri ou bien Issami et Bettiui, on est forcément coupable de quelque chose, malveillant et sûrement malfaisant.

Avis à « l’ami marocain », Obama soutient les révoltes populaires arabes


Par A.G.Demain Online, 20 mai 2011
Casablanca.- Le président américain Barack Obama a prononcé jeudi 19 mai son très attendu discours sur les révoltes arabes. Depuis le Département d’Etat à Washington, il a lancé un appel au président syrien Bachar El Assad pour qu’il « accompagne la transition ou qu’il quitte le pouvoir », appelé le président yéménite Ali Abdellah Saleh à respecter ses engagements concernant la transition et réclamé un « vrai dialogue » au Bahreïn.
Mais le plus marquant dans son discours, en plus des négociations entre Palestiniens et Israéliens sur la base des frontières de 1967, c’est sa conviction que les stratégies de « répression » ne fonctionnent plus pour mater la jeunesse arabe qui clame liberté.
Aussi le président a manifesté le soutien de l’Amérique et de son administration aux manifestants arabes. Un soutien politique doublé d’une aide financière consistante. Obama a évoqué un Plan Marshall de plusieurs milliards de dollars pour accompagner la remise sur les rails de la Tunisie et de l’Egypte. Ce soutien sera étendu aux autres pays de la région, de l’Afrique du Nord au Moyen-Orient.
Dans un Maroc en ébullition où les manifestations de rue, de plus en plus nombreuses, sont brutalement réprimées par les forces de l’ordre ce rappel est le bienvenu.
Reste à savoir si l’autocrate alaouite et son entourage ont reçu le message de leurs ami et allié américain. Réponse : la prochaine manif.


Amnesty International : Rapport 2011- La situation des droits humains dans le monde : Maroc et Sahara occidental

Maroc et Sahara occidental




Chef de l’État Mohammed VI
Chef du gouvernement Abbas El Fassi
Peine de mort abolie en pratique
Population 32,4 millions
Espérance de vie 71,8 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F) 43 / 29 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes 56,4 %

La liberté d’expression, d’association et de réunion était toujours restreinte, tout particulièrement à propos de questions considérées comme politiquement sensibles, et notamment le statut du Sahara occidental. Cette année encore, des défenseurs des droits humains, des journalistes, des membres du groupe politique interdit Justice et bienfaisance, ainsi que des militants sahraouis ont été harcelés et poursuivis pour des motifs politiques. Plusieurs dizaines de personnes soupçonnées d’infractions liées à la sécurité ont été emprisonnées ; certaines, maintenues au secret, auraient été torturées ou maltraitées. Des affrontements ont éclaté lorsque les forces de sécurité ont fait évacuer par la force des milliers de Sahraouis d’un campement dressé à titre de protestation. Plusieurs personnes ont été tuées et d’autres ont été blessées. Les arrestations et les expulsions collectives d’étrangers se sont poursuivies. Des condamnations à mort ont été prononcées ; aucune exécution n’a eu lieu. Aucune mesure n’a été prise pour traduire en justice les auteurs de violations flagrantes des droits humains commises dans le passé. Les réformes du cadre juridique et institutionnel promises de longue date tardaient à être mises en œuvre.
Contexte
Les négociations sur le statut du Sahara occidental entre le Maroc, qui a annexé ce territoire en 1975, et le Front Polisario étaient toujours dans l’impasse. Le Front Polisario réclame la mise en place d’un État indépendant et a constitué un gouvernement en exil autoproclamé. Le Conseil de sécurité des Nations unies a renouvelé en avril le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), qui ne prévoyait aucun mécanisme de surveillance de la situation des droits humains.
L’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental s’est rendu dans la région en octobre et en décembre. Il a ensuite organisé des pourparlers informels entre le Maroc, le Front Polisario et les gouvernements algérien et mauritanien.
En octobre également, des milliers de Sahraouis ont dressé un campement à Gdim Izik, à quelques kilomètres de Laayoune, pour protester contre la marginalisation dont ils se disaient victimes et l’absence d’emplois et de logements. Les forces de sécurité ont démantelé ce campement le 8 novembre. Elles ont évacué par la force plusieurs milliers de Sahraouis, ce qui a provoqué des violences à l’intérieur du campement. De nombreux manifestants ont été frappés et ont vu leurs biens détruits. Des violences entre communautés ont éclaté peu de temps après à Laayoune, où des personnes ont été blessées et des biens endommagés. Treize personnes, dont 11 membres des forces de sécurité, ont trouvé la mort à la suite de ces troubles. Deux cents personnes environ ont été arrêtées ; beaucoup se sont plaintes d’avoir été torturées ou maltraitées durant leur détention. Au moins 145 détenus ont été inculpés de trouble à l’ordre public, entre autres infractions ; 20 d’entre eux, des civils, ont comparu devant un tribunal militaire de Rabat, la capitale.
En juillet, la cour d’appel de Salé a confirmé les déclarations de culpabilité prononcées dans l’affaire Belliraj, un procès très politisé qui avait été entaché d’allégations de torture
Justice de transition
Le Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH), chargé d’assurer le suivi de l’application des recommandations de l’Instance équité et réconciliation (IER), a publié son rapport en janvier. Ce document couvrait la période écoulée depuis la fin des travaux de l’IER, en 2005. Cet organisme avait enquêté sur les disparitions forcées, entre autres atteintes graves aux droits humains commises entre 1956 et 1999. Le rapport ne donnait pas une liste exhaustive des personnes disparues ni aucun détail sur des cas individuels ; il ne précisait pas non plus si les autorités avaient été chargées de poursuivre les investigations. La liste des 938 victimes de disparition forcée et d’autres violations des droits humains a été rendue publique le 14 décembre, en tant qu’annexe au rapport. Elle n’apportait, au mieux, que des informations vagues et peu détaillées sur les cas individuels. Le document mentionnait six cas en cours nécessitant des investigations plus complètes. Les victimes et proches de victimes étaient toujours privés d’accès effectif à la justice, et aucun des auteurs présumés de violations graves n’avait fait l’objet d’enquêtes ou été amené à rendre compte de ses actes.
À la fin de l’année les autorités n’avaient pas pris d’initiatives concrètes pour mettre en œuvre les recommandations émises par l’IER et préconisant des réformes juridiques et institutionnelles, notamment du système judiciaire et des organes chargés d’assurer la sécurité. L’Union européenne a versé 20 millions d’euros pour aider le gouvernement à mettre en place des réformes du cadre juridique, ainsi que huit millions d’euros destinés à préserver la mémoire et les archives des atteintes graves aux droits humains commises entre 1956 et 1999.
Liberté d’expression
Des défenseurs des droits humains et des journalistes, entre autres, ont fait l’objet de poursuites pour avoir commenté des sujets considérés comme politiquement sensibles, y compris la monarchie, et pour avoir critiqué les autorités ou des institutions.
Taoufik Bouachrine, journaliste et directeur de publication du quotidien Akhbar al Youm al Maghribiya, a été condamné le 10 juin à une peine de six mois d’emprisonnement et à une amende après avoir été déclaré coupable d’escroquerie par le tribunal de première instance de Rabat. Il a interjeté appel. Il avait été relaxé en 2009 mais l’affaire avait été rouverte par le parquet, peut-être pour des motifs politiques liés à ses écrits critiques à l’égard de la monarchie et du gouvernement.
Le journaliste et défenseur des droits humains Chekib El Khiari purgeait une peine de trois ans d’emprisonnement. Pour avoir dénoncé l’implication de hauts responsables de l’État dans le trafic de drogue et la corruption des autorités, il avait été déclaré coupable en 2009 d’atteinte ou outrage aux institutions publiques.
Kaddour Terhzaz, militaire de haut rang à la retraite, était maintenu à l’isolement dans la prison de Salé, où il purgeait une peine de 12 ans d’emprisonnement pour « divulgation de secrets militaires ». Cet homme aujourd’hui âgé de 73 ans avait envoyé une lettre au roi dans laquelle il réclamait l’amélioration de la situation des anciens pilotes faits prisonniers par le Front Polisario ; il critiquait par ailleurs les autorités militaires marocaines.
Les attaques contre les médias indépendants se sont poursuivies. En juillet, le ministre de la Communication a déclaré que toutes les chaînes de télévision devaient obtenir une autorisation officielle avant d’effectuer des reportages en dehors de la capitale. Cette condition avait manifestement pour objectif de restreindre la liberté d’expression et la couverture par les médias des mouvements de protestation.
L’hebdomadaire indépendant Nichane a été contraint de cesser sa parution en juillet, apparemment à cause d’une baisse de recettes. Il subissait un boycottage publicitaire depuis la publication, en août 2009, d’un sondage sur le roi.
En octobre, le ministre de la Communication a suspendu les activités dans le pays de la chaîne de télévision Al Jazira, accusée d’avoir altéré « l’image du Maroc et porté préjudice à ses intérêts supérieurs, avec à leur tête la question de l’intégrité territoriale » – une référence au statut du Sahara occidental.
En novembre, les autorités auraient empêché plusieurs journalistes marocains et étrangers de se rendre à Laayoune pour couvrir les événements liés à l’évacuation forcée des Sahraouis du
Répression de la dissidence – militants sahraouis
Les autorités continuaient de restreindre l’exercice pacifique de la liberté d’expression, d’association et de réunion des Sahraouis partisans de l’autodétermination du Sahara occidental. Des défenseurs des droits humains et des militants sahraouis ont été harcelés et placés sous étroite surveillance par des membres des forces de sécurité ; certains ont été inculpés pour des motifs politiques. Les organisations sahraouies de défense des droits humains étaient toujours confrontées à des obstacles administratifs qui empêchaient leur reconnaissance légale.
Ahmed Alansari, Brahim Dahane et Ali Salem Tamek étaient maintenus en détention. Quatre autres militants sahraouis arrêtés en même temps qu’eux en octobre 2009 ont été remis en liberté dans l’attente de leur procès. Les sept hommes, appréhendés à leur retour d’Algérie où ils s’étaient rendus dans les camps gérés par le Front Polisario à Tindouf, avaient été inculpés d’« atteinte à la sécurité intérieure » du Maroc. Ils avaient été traduits dans un premier temps devant le Tribunal militaire permanent, puis renvoyés devant une juridiction ordinaire. Leur procès, qui s’est ouvert le 15 octobre devant un tribunal de Casablanca, n’était pas terminé à la fin de l’année.
Torture et autres mauvais traitements
De nouvelles informations ont fait état d’actes de torture et de mauvais traitements infligés notamment par des agents de la Direction de la surveillance du territoire (DST), mais aussi, dans certains cas, par des membres de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). Les auteurs de ces agissements bénéficiaient apparemment de l’impunité dans la plupart des cas. Parmi les méthodes le plus souvent signalées figuraient les coups, les décharges électriques et les menaces de viol. Les victimes étaient des personnes détenues par la DST pour des motifs liés à la sécurité ainsi que des suspects de droit commun.
• Mohamed Sleimani, Abdalla Balla, Bouali M’naouar, Hicham el Hawari, Izaddine Sleimani, Hicham Sabbah et Tarek Mahla, tous membres de Justice et bienfaisance, auraient été torturés et maltraités par des membres de la BNPJ pendant les trois jours suivant leur interpellation, le 28 juin. Au moins cinq d’entre eux ont affirmé avoir été violés. Aucune enquête n’a semble-t-il été effectuée sur ces allégations. Les sept hommes ont été maintenus en garde à vue au-delà de la durée maximale prévue par la loi et ils auraient été contraints à signer sous la torture des déclarations compromettantes. Ils ont été inculpés d’avoir enlevé un ancien membre de Justice et bienfaisance, et de l’avoir brutalisé. Le 21 décembre, tous ont été acquittés et remis en liberté. L’ancien membre de Justice et bienfaisance a fait appel du jugement.
Selon certaines informations, Fodail Aberkane est mort le 18 septembre d’une hémorragie interne causée par les coups que lui avait infligés un groupe de sept ou huit policiers dans un poste de Salé. La famille de cet homme a déposé une plainte. L’enquête a débouché sur l’arrestation de plusieurs policiers présumés responsables.
Lutte contre le terrorisme et sécurité
Les autorités ont annoncé le démantèlement de plusieurs « réseaux terroristes » et l’arrestation de dizaines de personnes. Des détenus ont été maintenus en garde à vue, souvent au-delà de la durée maximale légale de 12 jours, dans un centre de détention non reconnu qui serait celui de Témara. Ils y auraient été torturés et maltraités.
Youssef al Tabai aurait été exposé à un froid intense et arrosé d’eau glacée, battu et également privé de sommeil et de nourriture durant sa détention, pendant plus de trois semaines, dans le centre de Témara. Il avait été arrêté le 28 mars à Casablanca. Cet homme a été inculpé d’infractions liées au terrorisme.
Les personnes accusées d’infractions liées au terrorisme ne bénéficiaient pas d’un procès équitable. Certaines ont été déclarées coupables sur la base d’« aveux » qui auraient été obtenus sous la contrainte, et les tribunaux n’ont ordonné aucune enquête sérieuse sur leurs allégations.
Des détenus en instance de procès pour des infractions liées au terrorisme ont observé des grèves de la faim pour protester contre leurs conditions de vie et les actes de torture qui leur auraient été infligés. Des prisonniers qui purgeaient des peines, dont des militants islamistes condamnés à l’issue des attentats à l’explosif perpétrés en 2003 à Casablanca, ont également observé des grèves de la faim. Le gouvernement n’a pas pris les mesures adéquates pour garantir que tous les prisonniers, et tout particulièrement ceux qui sont détenus pour des motifs de sécurité, soient protégés contre la torture et les autres formes de mauvais traitements ; il n’a ordonné aucune enquête sur les allégations à propos de tels agissements.
Droits des migrants
En août et en septembre, les autorités ont lancé une campagne de répression contre les étrangers accusés d’être entrés clandestinement au Maroc ou d’y résider sans autorisation. Entre 600 et 700 personnes, dont des enfants, ont été interpellées à Oujda, Rabat et Tanger, entre autres villes. Dans certains cas, les forces de sécurité ont rasé au bulldozer les logements des étrangers, dont plusieurs auraient été frappés. Les personnes arrêtées ont été transportées dans le désert à la frontière algérienne. Sans pouvoir exercer un quelconque recours, elles ont été abandonnées avec des quantités insuffisantes d’eau et de nourriture.
Liberté de religion
Les autorités ont expulsé sommairement au cours de l’année 130 chrétiens étrangers, parmi lesquels figuraient des enseignants et des travailleurs humanitaires. Ils étaient, semble-t-il, soupçonnés de prosélytisme, une infraction pénale aux termes de l’article 220 du Code pénal, mais aucun d’entre eux n’a fait l’objet de poursuites pour ce motif.
Peine de mort
Au moins quatre prisonniers ont été condamnés à mort ; les autorités ont maintenu le moratoire de facto sur les exécutions en vigueur depuis 1993.
En décembre, le Maroc s’est abstenu lors du vote d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies en faveur d’un moratoire mondial sur les exécutions.
Camps du Front Polisario
Le 21 septembre, des responsables du Front Polisario ont arrêté Mostafa Salma Sidi Mouloud, un ancien policier du Front Polisario qui s’était exprimé publiquement en faveur d’un statut d’autonomie du Sahara occidental sous la souveraineté marocaine. Cet homme a été arrêté au poste-frontière se trouvant sur le chemin des camps de Tindouf, dans la région de Mhiriz, qui sont contrôlés par le Front Polisario. À la suite de protestations au niveau international, le Front Polisario a annoncé le 6 octobre que Mostafa Salma Sidi Mouloud avait été libéré. Il a toutefois été maintenu en détention et privé de contacts avec sa famille jusqu’au 1er décembre, date à laquelle il a été remis au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Mauritanie.
À la connaissance d’Amnesty International, le Front Polisario n’a pris aucune mesure pour mettre fin à l’impunité dont bénéficiaient ceux qui étaient accusés d’avoir commis des atteintes aux droits humains dans les camps durant les années 1970 et 1980.
Rapports
• Maroc et Sahara occidental. Des promesses non tenues. L’Instance équité et réconciliation et le suivi de ses travaux
• Morocco/Western Sahara: Rights trampled – protests, violence and repression in Western Sahara
Visites
• À la suite des troubles dans le campement de protestation et à Laayoune, des délégués d’Amnesty International ont effectué en novembre une mission d’établissement des faits au Maroc et au Sahara occidental. Dans le cadre de cette visite, ils ont notamment rencontré des responsables gouvernementaux.
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AMNESTY INTERNATIONAL – RAPPORT 2011
LA SITUATION DES DROITS HUMAINS AU
MOYEN-ORIENT ET EN AFRIQUE DU NORD
DE JANVIER À LA MI-AVRIL 2011


MAROC ET SAHARA OCCIDENTAL
Au Maroc aussi, plusieurs personnes se sont immolées par le feu pour protester contre la pauvreté et le chômage en espérant que leur acte déclencherait le changement. Beaucoup d’autres ont organisé des manifestations par des réseaux sociaux. Le 20 février, ils ont mobilisé des milliers de personnes dans
les rues des villes dans tout le pays pour réclamer une réforme constitutionnelle, une « vraie  émocratie » et la fin de la corruption.35 Des milliers de personnes ont marché dans les rues de la capitale, Rabat, et des centaines d’autres à Casablanca, à Marrakech et à Agadir. La plupart des manifestations ont été pacifiques, mais des affrontements ont éclaté à Larache, à Hoceima, à Sefrou et
à Marrakech36.
Les manifestations du 13 mars ont été reçues avec moins de tolérance. De très nombreuses personnes ont été blessées et 120 au moins ont été détenues pendant une courte période quand les forces de sécurité ont utilisé une force injustifiée pour disperser une manifestation à Casablanca. Ces violences
semblaient vider de tout sens la promesse faite par le roi quelques jours auparavant d’entreprendre des réformes de fond et de respecter les droits humains37. Les manifestants étaient notamment des défenseurs des droits humains et des membres de divers groupes de toutes tendances politiques, dont le Mouvement du 20 février, créé le mois précédent pour promouvoir une réforme politique et des droits humains.
Le roi a répondu en promettant des réformes, en désignant le 3 mars un nouveau médiateur chargé des droits humains au niveau national et en libérant quelques prisonniers politiques, dont certains prisonniers d’opinion. Le 9 mars, il a annoncé la mise en place de la Commission consultative pour la révision de la Constitution, chargée de proposer des réformes démocratiques. Les contestataires ont toutefois continué de manifester en faveur de réformes concrètes.
Le gouvernement marocain a également continué de refuser l’intégration d’une composante de surveillance de la situation des droits humains dans la Mission des Nations unies au Sahara occidental (MINURSO), déployée depuis longtemps dans cette région où les opposants sahraouis à l’autorité marocaineet les partisans de l'autodétermination continuent d'être victimes de répression


« Nous voulions protester pacifiquement pour offrir un meilleur avenir à nos enfants et à tous les enfants du Maroc, pour réclamer des réformes sociales et économiques et la fin de la corruption. Nous ne comprenons pas la réaction des autorités. »
Témoignage d’un homme qui a déclaré à Amnesty International avoir été jeté à terre et roué de coups de pied et de bâton par quatre policiers, au cours d’une manifestation à Casabla ca, Maroc, le 13 mars.

Quel est le vrai cancer de la société française ?

Communiqué de presse
Par 35 fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l’exclusion membres de la Commission lutte contre la pauvreté de l’UNIOPSS 30 collectifs inter-associatifs locaux présents dans 14 régions, Paris, le 10 mai 2011
Quel est le vrai cancer de la société française ?
Le collectif ALERTE proteste contre les propos inattendus et surprenants tenus dimanche 8 mai 2011 par Laurent Wauquiez. Selon lui, les « dérives de l’assistanat » seraient « le cancer de la société française ». C’est laisser entendre, une nouvelle fois, que notre système de protection sociale profiterait à des paresseux et des fraudeurs. Les associations de solidarité veulent témoigner que l’immense majorité des personnes défavorisées et des chômeurs veulent travailler et se donnent beaucoup de mal pour s’en sortir. Ils utilisent d’ailleurs toutes les solutions qu’on veut bien mettre à leur disposition pour sortir de la spirale du chômage et de l’exclusion (notamment les dispositifs de l’Insertion par l’activité économique). Laurent Wauquiez, eu égard à sa responsabilité
ministérielle précédente, devrait pourtant connaître mieux que quiconque les difficultés et les efforts d’accès à l’emploi des plus pauvres et des plus démunis.
Ces paroles sont d’autant plus graves que dans la campagne électorale qui s’ouvre, il serait catastrophique d’opposer les catégories de population les unes aux autres : ceux qui travaillent contre ceux qui ne travaillent pas ; les classes moyennes contre les pauvres ; les Français contre les étrangers. C’est notre pacte républicain qui est en cause.
Le cancer de notre société n’est pas l’assistanat mais le chômage. Le RSA comporte des droits et devoirs en matière d’insertion. Ce n’est pas de l’assistanat. 

Attention aux solutions simplistes ou démagogiques :
- Ce n’est pas de travail obligatoire dont ces personnes ont besoin mais d’un emploi.
- Le plafonnement des minima sociaux proposé par Laurent Wauquiez aboutirait à une paupérisation de la société française. Il s’agirait en somme, pour les plus défavorisés, de « travailler plus pour gagner moins ». Le RSA est bien en dessous du SMIC (43 %) ; même en ajoutant les aides au logement ou les allocations familiales, on reste en deçà. Dire que le RSA plus les droits associés donnent une rémunération supérieure au SMIC est une contre-vérité grave.
- Faut-il réduire encore le droit à la protection sociale des étrangers, alors qu’ils n’ont déjà accès au RSA qu’au bout de 5 ans ? S’ils devaient se trouver sans aucune protection sociale pendant 5 ans, comme le propose Laurent Wauquiez, ils seraient en grand danger.
Le collectif ALERTE juge inacceptable que Laurent Wauquiez jette l’anathème sur les plus pauvres, les plus vulnérables. Cela ne saurait tenir lieu de politique sociale responsable. Il est choquant de vouloir aggraver les conditions d’existence de ceux qui, dans notre société, n’ont déjà presque plus rien.
ALERTE restera très vigilant sur les suites qui seront données aux intentions de Laurent Wauquiez.
Contact presse
Bruno Grouès – 01 53 36 35 47 – bgroues@uniopss.asso.fr
Liste des associations membres du collectif ALERTE national
Association des Collectifs Enfants Parents Professionnels (ACEPP)
Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA)
Association Service Social Familial Migrants (ASSFAM)
Amicale du Nid
Cimade
Comité Chrétien de Solidarité avec les Chômeurs (CCSC)
Comité national de Liaison des Associations du Réseau d’Accompagnement des Migrants (CLARA)
COORACE
Droits d’Urgence
Emmaüs France
Fédération des Associations pour la Promotion et l'Insertion par le Logement (FAPIL)
Fédération Entraide Protestante
Fédération Française des Equipes Saint-Vincent
Fédération Habitat et Humanisme
Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS)
Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les tsiganes et Gens du voyage
(FNASAT-Gens du voyage)
Fédération des Pact
Fédération Vacances et Familles
Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés
Fondation Armée du Salut
Fonds Social Juif Unifié (FSJU)
France Terre d’Asile
Les petits frères des Pauvres
Ligue des droits de l’Homme
Médecins du Monde
Mouvement ATD Quart Monde
Secours Catholique
Société de Saint-Vincent-de-Paul
Solidarités Nouvelles face au Chômage (SNC)
Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ)
Union des professionnels de l'hébergement social (UNAFO)
Union nationale ADMR
Union nationale des associations familiales (UNAF)
Union Nationale Interfédérale des OEuvres et Organismes privés Sanitaires et Sociaux (UNIOPSS)
Coordination et animation du collectif Alerte national
Uniopss - 15 Rue Albert – CS 21306 – 75214 Paris cedex 13
Bruno Grouès : 01 53 36 35 47 – bgroues@uniopss.asso.fr
Site ALERTE : www.alerte-exclusions.fr
Site Uniopss : www.uniopss.asso.fr

Vivent les Migrants Tunisiens de Lampedusa !


Pour la FTCR : Omeyya Seddik

Déclaration Publique et Appel à Solidarité*
Justice, Papiers, Liberté !

Pour la FTCR, par Omeyya Seddik, 5/5/2011


Vers 14h mercredi 4 mai 2011, le collectif des Tunisiens de Lampedusa a violemment été expulsé du bâtiment appartenant à la mairie de Paris, au 51 avenue Simon Bolivar. Les migrants tunisiens ainsi que toutes les personnes solidaires qui se trouvaient sur place ont été évacués à coup de matraques, arrêtés et conduits dans différents lieux de détention. D’après les informations que nous avons recueillies (et que nous n’avons pu vérifier), l’opération qui a mobilisé d’énormes forces et moyens de police a été coordonnée à partir du commissariat du dix-neuvième arrondissement de Paris par le ministre de l’intérieur, M. Claude Guéant en personne.
Les Tunisiens qui se trouvaient dans ce bâtiment sont une partie de ceux qui sont arrivés sur l’île de Lampedusa puis en France après avoir initié la révolution démocratique tunisienne et arabe, et fait tomber la dictature du général Ben Ali. Après la chute de la dictature, les conditions de vie dans leurs régions se sont sérieusement dégradées vu que les principales activités économiques (tourisme, commerce transfrontalier avec la Libye…) se sont pratiquement arrêtées. K. B., l’un des occupants de la rue Bolivar disait : « Bon, le dictateur est tombé, mais maintenant nous devons trouver le moyen de nous en sortir, d’aider nos familles à vivre et peut être d’aider à construire une vraie démocratie dans notre pays ».
Le collectif des Tunisiens de Lampedusa s’est rendu dans le bâtiment de l’avenue Bolivar dans la nuit du premier au deux mai avec l’aide de plusieurs personnes solidaires. Cela s’est fait suite à une discussion lors de laquelle les Tunisiens ont décidé qu’ils ne pouvaient plus supporter d’être dispersés dans la rue ou dans les différents jardins de la ville, pourchassés et harcelés par la police comme des animaux. Ils ont décidé qu’ils avaient besoin d’un lieu où ils pourraient s’abriter et –surtout— où ils pourraient discuter et s’organiser afin de faire valoir leurs droits.
A partir du lundi 2 mai des représentants de la mairie de Paris ont pris contact avec le collectif afin de négocier le relogement des Tunisiens et l’évacuation du bâtiment, propriété municipale. Ils ont déclaré soutenir la cause des Tunisiens et vouloir leur proposer une solution de logement décent. Il y a donc eu une négociation à l’issue de laquelle les Tunisiens ont décidé d’accueillir favorablement les propositions de la mairie. Pourtant il s’est avéré par la suite que la mairie ne proposait de logements que pour une centaine d’entre eux dans l’immédiat, et que les autres devaient évacuer le 51 avenue Simon Bolivar sans délai. Il s’est également avéré que le bâtiment de cent places proposé allait être géré comme un centre d’hébergement d’urgence pour SDF avec une fermeture dans la journée, des contrôles et une liberté très limitée.

Les migrants tunisiens, après discussion, ont estimé : 
1/ qu’ils ne pouvaient pas accepter que certains d’entre eux soient logés pendant que d’autres sont rejetés à la rue, que ce serait contraire à leur conception de la justice et de la solidarité. 
2/ qu’ils n’avaient pas fait la révolution, puis risqué leur vie en mer, puis supporté le harcèlement de toutes les polices d’Europe pour venir mendier un logement pour SDF à la mairie de Paris. Ils ont décidé que leur priorité et leur revendication principale est la régularisation de leur situation à tous, de manière à ce qu’ils puissent vivre, circuler, travailler comme tout être humain devrait pouvoir le faire ; et qu’ils resteraient unis afin de l’obtenir. A partir de ce moment, la mairie de Paris ne s’est plus manifestée si ce n’est par la demande d’évacuation sur la base de laquelle –dixit la police— l’intervention musclée d’aujourd’hui a eu lieu.
D’autre part, à Nice, un foyer de travailleur où s’étaient réfugiés des tunisiens de Lampedusa a été investi par un grand nombre de policiers qui ont procédé à l’arrestation de prés de 70 migrants tandis qu’un millier de migrants étaient attaqués par environ deux cent policiers et maîtres-chiens sur un terrain du département des Alpes maritimes. A Marseille, des centaines errent dans les rues et sont la cible de harcèlements policiers permanents et d’arrestations alors que la cour d’appel d’Aix en Provence a établi récemment pour l’un d’entre eux qu’ « étant titulaire d’un titre de séjour régulièrement délivré par les autorités italiennes, est autorisé à circuler dans l’espace Schengen et donc en France », ce qui est le cas d’une partie importante des Tunisiens concernés. Plus de trois mille migrants Tunisiens ont été interpellés dans la région PACA dans le cadre de la chasse aux Tunisiens lancées par les autorités françaises ces dernières semaine. A Vintimille, ville italienne frontalière, prés d’une centaine de migrant tunisiens ont entamé le deux mai une grève de la faim demandant la liberté de circulation en Europe et le droit de travailler.

La FTCR considère que :
· L’attitude des migrants tunisiens est un exemple magnifique de solidarité, de fraternité, de courage et de responsabilité. Elle est à la hauteur de cet esprit qui a pu faire tomber une dictature policière des plus dures du monde, et qui a initié une révolution démocratique qui ne fait que commencer ; révolution qui tend à s’étendre à toute la région arabe malgré les difficultés, et tend également à construire des rapports entre les peuples plus justes, plus équilibrés et plus fraternels.

· L’attitude de toutes les personnes et de tous les groupes qui ont été activement solidaires –en étant présents, en ravitaillant les migrants, en les aidant à se protéger et à s’organiser, en les aidant à accéder à un bâtiment qui les abrite, ou tout simplement en venant leur exprimer un soutien— est un signe important. Le signe du fait que la nécessité de se battre pour des rapports et des conditions plus justes, plus fraternels et plus démocratiques s’impose bien au-delà de la Tunisie et du monde arabe.

· Les forces politiques et les institutions françaises, italiennes et tunisiennes, y compris celles qui déclarent être solidaires des migrants tunisiens et de leur cause, n’ont pas pris la juste mesure de ce que ce mouvement pose comme questions. Il ne s’agit pas d’un cas humanitaire à régler par des mesures caritatives ni d’un fait divers qui peut être réduit par des mesures de police. Nous sommes devant un mouvement concret, massif et inexorable qui pose que l’humanité ne peut plus être divisée en deux catégories : Celle qui a le droit de se déplacer librement, travailler, investir, étudier là où elle en a l’opportunité ; et celle qui a le choix entre être enfermée à l’intérieur de frontières où elle se fait surexploiter et réprimer sous la surveillance de dictatures soutenues à bout de bras par "le monde libre", ou alors risquer sa vie pour devenir la proie des polices de l’immigration et des exploiteurs au noir.

La FTCR demande : A la France et à l’Italie
· Une mesure immédiate de protection temporaire ouvrant droit au travail et à la formation visant les migrants ressortissants des pays subissant les contrecoups économiques de révolutions ou d’insurrections populaires contre des régimes anti-démocratiques ayant été soutenus par la France et l’Italie.

· Un plan d’urgence d’aide et de logement pour les migrants tunisiens de Lampedusa pourchassés et maltraités depuis leur arrivée en Europe.

· La libération immédiate des migrants tunisiens détenus ainsi que des personnes les ayant soutenus. L’annulation de toute poursuite et de toute mesure d’éloignement les visant.

· L’annulation sans délai des mesures et pratiques policières, administratives et judiciaires visant en particulier les migrants tunisiens, que nous considérons comme illégales au regard du droit communautaire et international outre le fait d’être tout simplement racistes.

· Des excuses officielles publiques aux migrants, ainsi qu’au peuple tunisien en général, pour les propos et les mesures hostiles et insultantes formulées et mises en œuvre par des personnalités et des institutions officielles.

A l’Union Européenne
· De prendre acte du fait que les lois et politiques de contrôle et de répression de l’immigration en vigueur, de même que l’accord de Schengen sont caducs ; qu’outre le fait d’être injustes, elles sont inapplicables, coûteuses, inefficaces et nocives. L’accès égal pour tous à la liberté d’aller et venir est plus que jamais une nécessité et un droit fondamental. La privation de ce droit de manière discriminatoire, appliquée à des groupes et à des individus en fonction de leur origine constitue un crime portant gravement atteinte à l’intégrité physique et morale de populations entières. Ces politique, par ailleurs, sont la cause directe de la mort de milliers de personnes, notamment en mer.

Au gouvernement provisoire tunisien
· La cessation immédiate de toute coopération visant à permettre des mesures d’éloignement de migrants vers la Tunisie et la suspension de tous les accords portant sur la gestion et le contrôle des flux migratoires.

· La mise en place dans les plus brefs délais d’un Conseil pour les droits des migrants, constitué de représentants des différentes administrations compétentes, de représentants des migrants et de personnes qualifiées de la société civile. Ce Conseil doit être chargé de l’élaboration d’une véritable politique de protection et de promotion des populations migrantes (prés de 10 % de la population) ainsi que des droits des migrants en Tunisie.

· La mise à disposition de moyens d’urgence nécessaires à l’aide et au soutien des migrants arrivés récemment en Europe par Lampedusa.

La FTCR appelle :
· A une mobilisation générale en France, en Italie et en Tunisie pour 
1/ La régularisation 
2/ La fin de la politique de la chasse à l’homme et de la guerre aux migrants 
3/ L’égalité des droits à la vie et à la mobilité

*Déclaration lue au Rassemblement devant le Ministère de l’ Intérieur , pour soutenir les jeunes migrants tunisiens .
Place de la Madeleine à Paris le 05 Mai 2011 en présence de plusieurs Elus, Associations, Partis de gauche et Syndicats.

CHERBIB Mouhieddine
0615577914

jeudi 19 mai 2011

Maroc : appel international à la solidarité avec l’ANDCM

Les organisations syndicales signataires déclarent leur soutien à la lutte de l'Association Nationale des Diplômé-e-s Chômeurs/ses du Maroc. Cet appel a été lancé sur l’initiative d’organisations membres du réseau syndical euro-méditerranéen : CGT de l’État espagnol, Solidaires, CNT (France), CLA (Algérie). La CGTM (Mauritanie) y souscrit aussi.
Nous soutenons les revendications justes de l'ANDCM qui organise une action nationale à Rabat sous le slogan : « pour une politique nationale, populaire et démocratique sur l'emploi ». Ces revendications sont :
Recrutement immédiat des chômeurs/euses diplômé-e-s dans la fonction publique.
Une allocation chômage pour les demandeurs d’emploi.
Reconnaissance juridique de l'ANDCM.
Découverte de la tombe du martyr Mustapha Elhamzaoui, et jugement des coupables.
Relâchement immédiat des détenu-e-s de l'ANDCM.
Durant des semaines, les militant-e-s de l'ANDCM ont exprimé leurs revendications dans les rues de Rabat, malgré la répression, les matraques et les arrestations. Nous demandons le respect des libertés d'association, expression et manifestation pour l'ANDCM et pour tout le peuple marocain. Nous sommes totalement solidaires avec l'ANDCM…
Une fois de plus, le gouvernement marocain a eu recours à la violence contre les manifestant-e-s, a envahi illégalement le local syndical de l’UMT qui soutient les chômeurs/ses diplômé-e-s,...
contact@solidaires.org -www.solidaires.org

AMNESTY INTERNATIONAL : Rachid Nini doit être libéré


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty internnational, 16 mai 2011

Un journaliste marocain doit passer en jugement pour avoir critiqué les forces de sécurité
Un journaliste marocain qui doit comparaître en justice le 17 mai, pour avoir semble-t-il critiqué la loi antiterroriste marocaine, doit être libéré immédiatement et sans condition s’il est détenu uniquement pour les articles qu'il a signés, a déclaré Amnesty International lundi 16 mai.

Rachid Nini, rédacteur en chef du quotidien el Massa, a été arrêté le 28 avril après avoir publié plusieurs articles qui dénonçaient les pratiques de lutte contre le terrorisme adoptées par les services de sécurité marocains, notamment les peines de prison prononcées à l’issue de procès iniques contre les islamistes.
En outre, à plusieurs reprises, il a réclamé plus de liberté politique et a dénoncé la corruption qui règne parmi les responsables du gouvernement.

« La détention de Rachid Nini va totalement à l’encontre des promesses de réforme que le roi Mohammed VI a faites il y a peu, lorsqu’il a promis de consolider le respect des droits humains. Il s’agit d’une grave attaque contre la liberté d'expression », a indiqué Amnesty International.

Rachid Nini est inculpé d’avoir « jeté le discrédit sur une décision de justice, tenté d’influencer le pouvoir judiciaire et évoqué des infractions pénales non avérées ». Il est actuellement détenu à la prison d’Okasha à Casablanca et son procès doit s’ouvrir le 17 mai.

« Engager des poursuites contre une personne qui ne fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression pacifique est grotesque, a souligné Amnesty International.

« Il est malvenu d’incarcérer un journaliste simplement parce qu’il fait son travail et remet en cause les politiques de lutte contre le terrorisme du gouvernement et leur efficacité, et dénonce les atteintes aux droits humains imputables aux forces de sécurité. »

Dans ses articles, Rachid Nini a demandé que des investigations soient diligentées sur les allégations de torture émanant de personnes soupçonnées de terrorisme et a condamné les violations des droits fondamentaux perpétrées au centre de détention de Temara, au sud de la capitale Rabat.

« Si Rachid Nini est incarcéré uniquement pour avoir critiqué la législation antiterroriste et la corruption, nous le considérerons comme un prisonnier d'opinion », a indiqué Amnesty International.

Les autorités marocaines subissent de fortes pressions en faveur de réformes, sur le plan politique et des droits humains, depuis que des manifestations ont éclaté le 20 février inspirées par les événements en Tunisie, en Égypte et en Libye.

En mars, diverses réformes ont été annoncées, dont la création d’un Conseil national des droits de l'homme. Le roi Mohammed VI a également promis un plan de réforme constitutionnelle, tout en abandonnant certains de ses pouvoirs politiques.

Toutefois, les autorités marocaines continuent de limiter abusivement l’exercice du droit à la liberté d’expression sur des sujets sensibles touchant à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale et à la monarchie. Des défenseurs des droits humains, des journalistes et des avocats, entre autres, continuent d’être en butte à des actes d’intimidation, voire à des poursuites judiciaires, lorsqu'ils franchissent certaines « lignes jaunes ». À de multiples reprises, Amnesty International a demandé l’abrogation ou la modification des dispositions du Code pénal et du Code de la presse qui érigent en infraction l’exercice pacifique de la liberté d'expression.
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Pour en savoir plus, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International, à Londres, au Royaume-Uni, au +44 20 7413 5566, ou press@amnesty.org.