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samedi 16 juillet 2011

Des élus français fustigent la position de leur gouvernement sur le Sahara Occidental

Par M.T., Liberté,  16 /7/2011

Université d’été de la RASD à Boumerdès
Des élus français fustigent la position de Paris

Des élus français ont fustigé, jeudi, à Boumerdès, la position de Paris sur la question sahraouie, dénonçant en particulier des blocages pour une solution au conflit de son parti pris pour le Maroc. Les élus venus de Paris, Metz, Marseille et Lyon ont saisi l’occasion de la tenue de la 2e université d’été de la république sahraouie qui se tient depuis une semaine dans la ville de l’ex-Rocher pour exprimer leur solidarité avec un peuple qui se bat pour recouvrir son indépendance.
Les élus français, dont certains sont des militants des droits de l’homme, ont été unanimes pour dénoncer l’État français qui apporte son soutien au Maroc et qui continue d’opposer son veto sur la mise sur pied d’un mécanisme de surveillance et de protection des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés dans la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. “L’attitude du gouvernement français est étrange ; d’une part elle intervient dans d’autres régions pour protéger les droits de l’homme et elle ferme les yeux sur ce qui se passe dans les territoires occupés”, a affirmé un élu de Lyon. Un autre militant de gauche de Marseille trouve la position de la France “scandaleuse”, précisant que la position de son pays ne reflète pas celle du peuple français. De son côté, Mme Joseph Blanchet, chargée des politiques des villes et de l’action sociale et du logement de Paris, juge “inacceptable” que la France, par le bais de son président, continue à utiliser son droit de veto à l’Onu pour bloquer une solution juste à ce conflit. “Mais on doit établir un rapport de force par l’explication, par les négociations et les idées de progrès, afin que personne ne décidera à notre place, nous le peuple français”, a-t-elle encore souligné. Et d’ajouter : “Le gouvernement français doit s’appuyer sur l’opinion de la population et non pas sur celle des multinationales qui continuent à dicter leurs politiques sur l’avenir des peuples.” L’élue parisienne a annoncé que des enfants sahraouis seront reçus comme des grands citoyens le 29 janvier en France. “ça sera une occasion pour montrer que ce peuple attend aussi la liberté”, dit-elle.
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=159401

Mémoire : Interview de Abderrahim Bouabid et Mehdi Ben Barka (Avril 1963)

Blog de Omar El Hyani, 4/7/2011



L’interview qui suit a été publiée par Jeune Afrique en Avril 1963. Les deux leaders de l’UNFP (ancêtre de l’USFP) y évoquent les problèmes et l’actualité d’un pays qui sombre dans le sous-développement, après l’expérience avortée du gouvernement de Abdellah Ibrahim. Notez le timing : l’interview a été réalisée 4 mois après l’adoption de la constitution de décembre 1962, boycottée par l’UNFP. 
Les sujets abordés restent incroyablement d’actualité en 2011: pouvoirs du roi, création ex-nihilo d’un parti par un ami du roi, corruption dans l’administration, arabisation de l’enseignement, libertés publiques… 
Cinquante ans après, nous y sommes toujours. Et si on ne fait rien, on sera toujours à traiter des mêmes sujets dans un siècle…


« La gauche marocaine riposte »

- Les principaux membres du gouvernement viennent de créer dans votre pays un nouveau parti. Est-ce que ce regroupement est pour vous un péril grave et voyez-vous désormais votre adversaire en M. Guédira?
Nous sommes des hommes sérieux à la tête d’une organisation sérieuse et il est impensable que notre principal adversaire soit un homme aussi inconsistant et aussi dépourvu d’arrières que M. Guédira. Non, il ne faut pas laisser planer la confusion. Notre adversaire réel est celui qui refuse de remplir la tâche qui était naturellement la sienne, c’est-à-dire l’arbitre qui aurait dû se situer au-dessus des partis et qui s’est transformé en chef d’une coalition d’intérêts. Nous voulons parler du roi.
Guédira n’est que son ombre, il n’a aucune existence politique propre, si ce n’est pour exprimer très fidèlement les vues de son maître. Si demain le roi décidait de s’en séparer, il redeviendrait sans doute ce qu’il était, c’est-à-dire rien. Il est facile de constater que lorsque le roi a voulu se séparer des forces populaires, rien de tel ne s’est produit et le Mouvement national est demeuré, sinon intact, du moins très vivant.
Guédira n’est que l’instrument d’une certaine politique du Palais. Et ce n’est pas l’instrument qui nous préoccupe, c’est la politique en question.

- Cette politique, quelle est-elle, selon vous ?
Elle paraît à peu près évidente… Il s’agit de poursuivre l’entreprise que le Palais a, depuis l’indépendance,- menée-: -c’est-à-dire l’émiettement du Mouvement national en une série de partis, de manière à ne pas se trouver face à un adversaire puissant. Le front qui vient d’être créé a évidemment pour objectif de rassembler un certain nombre d’hommes qui dépendent du pouvoir. Ce rassemblement peut se faire soit par des promesses de postes, ou d’avancement, qu’une faction au pouvoir peut facilement faire et peut-être même tenir, soit carrément par la menace.
En somme, ce régime qui prétend, dans la Constitution qu’il s’est donné, interdire le parti unique est en réalité en train d’essayer d’installer son parti unique, c’est-à-dire le parti de l’administration, de la police, etc. Il y arrivera ou il n’y arrivera pas. Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que, s’il y arrivait, ce serait le début d’un véritable régime fasciste.

- Ne pensez-vous pas plutôt que le roi, non seulement souhaite que le régime actuel de la multiplicité des partis soit maintenu, mais que, de plus, il y trouve intérêt ?
En tout cas le Mouvement nationaliste a été victime d’un coup d’État typiquement réactionnaire en avril 1960. Poussé par le prince héritier, le roi Mohammed V nous avait fait quitter le gouvernement contre notre gré, alors qu’un programme était en cours, que des engagement clairs, que pour notre part nous avons toujours respectés, avaient été pris de part et d’autre. L’opposition au gouvernement d’Abdallah Ibrahim, c’était le prince héritier qui la dirigeait de l’intérieur du gouvernement et les pressions qu’il a exercées sur feu Mohammed V ont été suffisamment fortes. Le prince héritier se méfiait de nous. Il disait à son père que nous voulions mettre en question le principe monarchique.

- Est-ce que sa méfiance était fondée ?
Voyons, il ne faut tout de même pas oublier que c’est nous qui, en réalité, avons restauré le prestige de la monarchie dans ce pays. Souvenez-vous : depuis le traité du protectorat, depuis le 30 mars 1912, la monarchie était complètement déconsidérée aux yeux du peuple. C’était le « roi des Français » et les Berbères avaient une formule pour le définir: « Agalid Er Roumi ». Depuis 1943, le Mouvement national a restitué à la monarchie la légitimité qu’elle avait perdue. Puis, par un travail incessant, nous avons rendu le roi non seulement légitime, mais populaire. Nous l’avons fait pénétrer dans les foyers et dans les douars.
En 1955, Mendès France, puis Edgard Faure, pour nous faire abandonner ce qu’on appelait alors « le préalable de la libération du roi » nous disaient: « Mais pourquoi insistez-vous pour faire appeler le roi sur le trône » ? Là encore nous avons soutenu la monarchie . Mais tout cela à une condition expresse, qui était claire dans l’esprit de tous: créer nous- mêmes une Monarchie constitutionnelle où le roi aurait été le symbole de la continuité des institutions et où un gouvernement responsable aurait exercé le Pouvoir. En fait, voilà à quoi nous avons abouti : la Constitution a été octroyée. Elle laisse au roi toute la réalité du Pouvoir. Cela peut amener le pire.
La suite…

-Etes-vous encore les défenseurs de la monarchie, du principe monarchique ?
Pour nous, l’essentiel n’est pas pour le moment la forme qu’ont les institutions, c’est leur contenu. Je veux dire que la question n’est pas de savoir si le chef de l’Etat sera roi ou président. Cela pourrait n’avoir qu’une importance secondaire. Le plus important est de faire sortir le pays du sous-développement et tous ceux qui sont disposés a s’engager dans cette lâche sont des nôtres. Mais il faut vraiment vouloir s’y engager et non pas créer des institutions moyenâgeuses, avec tout un faste coûteux, une corruption à tous les échelons, un chef d’Etat et de gouvernement qui se considère comme le propriétaire. Il faut bien se dire une chose : le Maroc n’appartient à personne.
Mais on ne peut pas être plus royaliste que le roi. S’il y a un homme qui sabote la monarchie, c’est bien le roi lui-même. N’est-ce pas saboter la monarchie que de mettre l’État entre les mains d’hommes qui n’ont strictement aucun répondant populaire’? N’est-ce pas saboter la monarchie que de la ridiculiser dans cette affaire mauritanienne par exemple?
N’est-ce pas saboter la monarchie que de faire prendre directement au roi la responsabilité du pouvoir donc de le rendre vulnérable? Et, enfin, en centralisant le pouvoir entre les mains d’un seul homme auprès duquel les ministres sont des simples instruments; en laissant l’irresponsabilité se propager à tous les niveaux de l’Etat, ne sabote-t-on pas la monarchie?
Il suffit d’ailleurs de dresser le bilan de ces trois dernières années de gouvernement pour faire apparaître à quel point le roi a détérioré son propre régime.

- Quel est, selon vous, ce bilan?
En avril 1960, le roi a voulu assumer directement les responsabilités du pouvoir et, pratiquement, Moulay Hassan, prince héritier d’abord, puis monarque, n’a pas cessé d’avoir en mains la présidence du Conseil. Pourquoi a-t-il pris ces responsabilités? Sous le prétexte que le régime des partis était instable, que le gouvernement n’était pas suffisamment fort, etc. Très bien. Il y a de cela trois ans. Trois ans de pouvoir personnel, de pouvoir stable, de pouvoir fort, pour reprendre les définitions qu’il se donne. Il est normal qu’après un tel laps de temps on fasse les comptes.
N’oublions pas, en fait, que ce gouvernement n’a pas eu à subir les contrecoups directs de l’indépendance. Au moment où il a pris le pouvoir une première transition avait été opérée, d’autres que lui l’ont supportée.
Bref, il a pris le pouvoir dans de bonnes conditions. Le critère absolu qu’il faut adopter est celui-ci : en quoi le gouvernement durant ces trois ans a-t-il contribué à faire sortir le pays du sous-développement ! Lorsque nous avons quitté le pouvoir, nous avons laissé en chantier un plan quinquennal dont la conception avait été très longue et que nos successeurs ont repris à leur compte en le modifiant sur des points importants.
Nous entrons dans la quatrième année d’application de ce plan et, d’ores et déjà, on peut dire qu’il est complètement, absolument et définitivement raté. Examinons quelques aspects parmi les plus importants. Le plan prévoyait 3 % d’augmentation de la consommation et une augmentation de la production de 6 %. C’étaient des objectifs modestes mais avec les moyens que nous comptions utiliser, nous étions, du moins, pratiquement sûrs de les atteindre. Pour arriver à ces résultats, un certain volume d’investissements devait être réalisé. Or où en sommes-nous de ce programme ?
En 1962, on aurait dû investir 125 milliards selon les prévisions du plan. Le gouvernement n’en a réalisé que 80 milliards. En 1963, on aurait dû investir 150 milliards. Il est à peu près certain que l’on n’arrivera pas à 90 milliards. Moyennant quoi, non seulement il y a stagnation de la production, mais compte tenu de la progression démographique, il y a une baisse du niveau de vie. Depuis trois ans, elle peut être évaluée à 4 %. Il est à peu près sûr qu’en 1965 le revenu par tête aura baissé de 9%, précisément pendant la période qui couvre le premier plan quinquennal. Brillant résultat. Qu’en pensez-vous ?
A côté de cela, les dépenses s’enflent démesurément. Elles prennent des proportions qui sont sans rapport avec nos possibilités. Le seul budget de fonctionnement s’élève à 200 milliards avec un déficit annuel de quarante milliards. Alors, que fait-on ? Eh bien, tout simplement, on actionne la planche à billets et, d’ici quelques mois, on sera condamné à une dévaluation qui pourrait atteindre 30 %. Si la France paye, cette dévaluation sera peut-être retardée de six mois. Voilà à quoi mènent l’incohérence et la gabegie.

- Est-ce que vous êtes sûrs que, si vous étiez demeurés au pouvoir, le plan n’aurait pas connu les mêmes malheurs ?
Ce que nous avions prévu était à la mesure de nos moyens mais à une condition : l’honnêteté des responsables. Or, maintenant, la corruption s’est installée comme une institution. Demandez aux financiers internationaux. Sur leurs fichiers, ils on la liste des pays pour lesquels il faut inscrire dans les pertes et profits le chapitre « Backchiche ». Avant, le Maroc n’était pas dans cette liste. Aujourd’hui, pour notre honte, il s’y trouve, et en bonne place.
Sur toutes les places financières, on sait aujourd’hui que pour obtenir tel ou tel marché au Maroc, il faut payer. Payer les directeurs, payer quelques grandes familles à tous les échelons. Croyez bien que les hommes d’affaires étrangers, qui peuvent être, par ailleurs, de très honnêtes gens, s’y retrouvent dans leurs comptes. C’est l’économie du pays qui paye.
Aucune mesure, isolément, n’est à elle seule décisive. C’est un ensemble cohérent, un véritable plan de développement qui peut donner des résultats globaux. Je sais bien qu’il y a des gens pour se contenter de cette philosophie sceptique de nos anciens colonisateurs qui consiste à dire « Pensez-vous, vous vous faites des illusions. Ces pays sont pauvres et le resteront éternellement. » Nous ne sommes pas de ces gens-là. Nous sommes de ceux qui croient dans les possibilités de notre pays.
Le Maroc n’est pas un pays pauvre. Chez nous, il y avait, et il y a encore, toutes les conditions d’un bon départ. L’infrastructure coloniale existe. Nous n’avons pas à partir de zéro. La piste de décollage est là. Il faut de l’énergie et le sens de l’intérêt public, mettre le carburant dans l’avion et le faire démarrer.

- Est-ce que l’équipe au pouvoir est absolument incapable de cette énergie ?
Elle a fait ses preuves. Nous avons vu ce qui se passait en matière économique. Jetons un coup d’œil sur la politique extérieure. L’affaire mauritanienne est un immense fiasco. Hassan Il en avait fait son cheval de bataille. Il disait « ma Mauritanie ». Nous avions déconseillé formellement cette politique à Mohammed V en préconisant, dès le départ, le recours à la volonté populaire. Mais Hassan voulait alors apparaître comme le maximaliste. Il a dépensé des centaines de millions pour envoyer des missions dans tous les pays du monde expliquer aux gouvernements étrangers que la Mauritanie était marocaine. Après trois ans de« gouvernement d’efficacité », il sera bien obligé d’aller serrer la main de Mokhtar Oul Daddah à Addis-Abéba ou ailleurs. Voilà encore des choses qui arrangeront notre prestige à l’étranger.
Même incohérence en matière d’arabisation. Par démagogie, on parle d’abord d’une arabisation générale de l’enseignement. Pour contrer la gauche favorable à des solutions plus nuancées, le roi crée un Conseil supérieur de l’enseignement constitué en majorité d’éléments incompétents ou rétrogrades. Puis on change de politique et le roi se retrouve en difficulté avec le Conseil de l’enseignement qu’il a lui-même créé. Moi, j’appelle cela de l’inconséquence.

- Si je comprends bien, on peut difficilement imaginer aujourd’hui un compromis entre vous et le régime ?
Une solution est encore possible. Mais elle implique que de nombreuses conditions soient remplies. Tout d’abord une participation au pouvoir dans les conditions actuelles ne pourrait se faire, éventuellement, que sur la base d’un contrat précis. Les pouvoirs de chacun seraient délimités. Le programme serait fixé. S’il y a accord sur ces points, alors, peut-être qu’une participation deviendrait possible.
Dans la perspective actuelle qui est celle des élections, il faut que la règle du jeu soit respectée. Si le régime est disposé à nous considérer comme un parti d’opposition dans une démocratie, les élections pourront se dérouler normalement. Mais cela implique la garantie de la sincérité du scrutin, et cette garantie ne peut être réelle que si un organisme dans lequel les forces populaires seraient représentées préside au contrôle de la consultation et au maintien de l’ordre au cours de ces élections. Il est impensable, en effet, que l’organisation et le contrôle des élections ne soient pas entre les mains d’hommes qui entendent faire la pression maximale sur la population pour arracher les suffrages qui leur font défaut.
Si l’administration devient l’instrument d’un parti politique, alors il n’y a plus de recours et l’affrontement direct est inscrit dans les faits. Dès ce moment-là, nul ne peut dire jusqu’où iront les choses. A cette tentative de mainmise de l’administration sur le peuple, nous serons obligés de riposter et nous ne pourrons plus exister en tant que parti légal. La page sera tournée pour le mouvement national qui entamera alors une nouvelle étape de ce combat. Et l’on s’apercevra que la liberté dont nous jouissons aujourd’hui n’est vraiment que toute provisoire.

Propos recueillis par Gut Sitbon alias Kamal Jawad

Qui décide réellement au Maroc ?

Témoignage
par Ahmed Benseddik,* 19/2/2011

Ce témoignage est issu de ma propre expérience avec le roi et le palais avec deux projets d’envergure et d’intérêt national que j’ai conçus et présentés au roi (le premier en mains propres et un autre au cabinet royal). Une fois les projets avortés par son entourage malgré ses instructions, le roi reste silencieux et n’assume pas sa responsabilité. 

J’avais présenté au roi en 2006, qui l’a approuvé, un projet de mise à niveau de Moulay Yacoub, unique station thermale du Maroc, en coopération avec Aix le Bains. Lorsque j’ai révélé que le directeur médical a exercé pendant 12 ans sans autorisation légale et que le bâtiment présente un risque d’effondrement, il fallait étouffer le scandale, avorter le projet (malgré les décisions royales) et m’accuser de manque de respect au Roi. Le nom du roi devient un instrument de vengeance aux mains de son entourage et au diable la santé et la vie des citoyens.

Le projet de commémoration de 12 siècles de Fès, avec un budget de 350.000.000 DH s’est transformé en un scandale politico-financier doublé d’un ratage médiatique et une honte historique. Le Haut-Commissaire Mr Saad KETTANI, étranger au monde culturel, est un ex-banquier qui avait vendu Wafabank à la holding royale ONA. Même le chambellan du Roi confirme que ce choix royal est une compensation de prestige. L’intérêt financier privé du roi et son entourage l’a emporté sur l’intérêt national. Pire, Mr KETTANI a ignoré superbement les ordres écrits du roi dont ma nomination en tant que directeur exécutif tout comme il a méprisé la commission nationale décidée par le roi.

Le roi et le palais ont répondu par le silence et le mépris à ma grève de la faim, mes lettres ouvertes (la dernière date de juillet 2010), à la protestation de la presse, du parlement, des organes de Droits de l’Homme y compris le très royal Conseil Consultatif des Droits de l’Homme. La seule réaction est une menace d’un appel anonyme et nocturne. Je suis encore en vie…
Bien avant wikileaks, le conseiller royal (très marginalisé) Abbès JIRARI m’a résumé la situation ainsi : « Le Roi est incapable de réparer les injustices commises par les tyrans qui l’entourent ». La majidisation de l’économie et la fouadisation(**) de la politique, orchestrées par le Makhzen plus que par l’Etat moderne, sont les conséquences d’une architecture de gouvernance où les pouvoirs du roi et donc du palais, sont absolus, illimités et sans contrôle et l’appétit de l’argent sans fin. La monarchie, institution à la légitimité historique et à laquelle les Marocains sont attachés en tant que pivot de cohésion et d’équilibre, se trouve menacée par ces dérives paradoxalement royales !! 

*Ahmed Benseddik
- Ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris
- Ancien directeur général de la station thermale de Moulay Yacoub
- Initiateur de la commémoration du 1200ème anniversaire de la fondation de la ville de Fès

**Majidi : directeur du secrétariat particulier du roi / Fouad Himma : ami du roi.

vendredi 15 juillet 2011

Maroc : Procès en appel KABBOURI et CHENOU de Bouarfa

Par Mhamed Khouya, AMDH, 15/7/2011
Le procès en appel des deux camarades détenus politiques Seddik Kabbouri et Mahjoub Chenou de Bouarfa au Maroc qui ont été condamnés injustement à deux ans et demi de prison ferme , reprendra le 18 juillet 2011 à la cours d'appel d'Oujda à 9h00.
Pour vous tenir informés sur cette affaire, je vous prie de consulter régulièrement le blog suivant :

D'autres part, nous tenons à vous inviter à prendre initiatives de solidarité active que vous jugez appropriés pour aboutir à la libération des deux détenus ainsi que de tout les détenus politiques et d'opinion au Maroc.

Chabat vire deux fonctionnaires appartenant au mouvement 20 février

Le maire de Fès, Hamid Chabat, a pris la décision de démettre de leur fonction deux employés des communes urbaines de Fès. Les deux fonctionnaires, Lahcen Alabou et Mohamed Lharak, auraient été licenciés en raison de leur soutien au mouvement 20 février.

Le maire a justifié le licenciement de Lahcen Alabou, qui a pris effet depuis le 1 juillet, par le départ non justifié du concerné de son travail, l’insulte et la diffamation contre les responsables du centre de la commune urbaine et l’empêchement du déroulement normal des départements communaux. Mr Alabou travaillait comme aide technicien. Il est aussi secrétaire régional du parti Annahj Addimocrati et membre de l’union régionale de l’UMT mais également du conseil local d’appui au mouvement 20 février. Mohamed Lharak de son côté est membre de l’USFP et du mouvement 20 février.

La décision prise par le maire Istiqlalien est venue suite à la reprise de slogans contre lui demandant son départ dans les manifestations qu’organise le mouvement 20 février. D'autres slogans l accusaient de corruption et de diriger une bande de criminels et de « Baltagia ».

Chabat a attaqué à plusieurs reprises le mouvement du 20 février en traitant ces membres d’ennemis de dieu et de la partie, il a également présidé des manifestations contre le 20 février et a appelé à l’éradication du mouvement.



Chabat traite les manifestants du 24 avril de « hors la loi » et de « malhonnêtes »


Hamid Chabat, maire de Fès
Fès.-Lors d’une réunion au conseil de la ville de Fès, le maire Hamid Chabat a fait encore des siennes. Prenant la parole, l’istiqlalien iconoclaste aurait traité les membres du mouvement du 20 février et les participants aux manifestations du 24 avril de « hors la loi ». C’est-à-dire de délinquants ne respectant pas la loi, mais sans spécifier laquelle.
Pour Monsieur le maire les jeunes qui ont participé aux protestations du dimanche sont de « vrais malhonnêtes ». Des qualificatifs qu’il a utilisé également contre certains politiciens et syndicalistes qu’il a accusé d’œuvrer « contre les intérêts de Fès », et même « contre ceux du Maroc ».
Rien de nouveau donc. Au lieu de s’occuper des problèmes de ses administrés, qui sont nombreux et urgents, Hamid Chabat préfère allonger la liste de ses adversaires.
C’est efficace et ça permet pour un temps de faire oublier au peuple ses soucis, mais ça ne répond pas aux besoins des habitants de Fès.
Demain

Marocains de Libye : d’un enfer à l’autre

Par Hicham Houdaïfa. La Vie éco, 14/7/2011

A l’image des 14 000 Marocains rapatriés jusqu’à présent, Azzedine, Youssef sont les rescapés d’une guerre civile qui les a dépouillés de tous les biens. Rentrés au Maroc, la plupart n’ont ni logement ni emploi et les efforts déployés par l’Etat restent insuffisants.

Azzedine Mogadem, aujourd’hui 48 ans, a quitté le Maroc pour la Jamahiriya en 1994. Fort d’un diplôme en dessin industriel et alors que les portes de l’Europe lui sont fermées, il tente l’aventure libyenne. «Je n’ai jamais eu de problème à travailler en tant que dessinateur industriel comme freelance ou dans des entreprises dans les principales villes libyennes», raconte ce natif de Casablanca. Malgré les différences culturelles entre les deux pays, Azzedine s’adapte à la vie dans le pays de Mouammar Kadhafi. Il se marie avec une Marocaine, et ses trois enfants, dont l’aîné est aujourd’hui âgé de 11 ans, voient le jour en Libye. Avec un salaire mensuel de 20 000 DH, Azzedine loue une belle maison, équipée dernier cri. Il inscrit ses enfants dans une école privée et se paie même le luxe de leur donner des cours de soutien à domicile, administrés par des étudiants libyens. Azzedine possède également une voiture et se déplace en avion quand il s’agit de missions dans des villes trop éloignées de Tripoli.
En 2007, son entreprise l’envoie pour de bon à Tobrouk, dans l’Est du pays. Il décide d’installer sa famille à Zenten, une petite ville située à 160 km à l’ouest de Tripoli. Les habitants y sont respectueux des étrangers, surtout quand ce sont des familles. Des dizaines de familles marocaines y ont d’ailleurs élu domicile et se sont constituées en association. Azzedine était, jusqu’au déclenchement de la guerre, le secrétaire général de cette association. «Je ne pouvais pas laisser ma famille à Tripoli. J’avais une voiture et c’était très mal vu par les Libyens. Il fallait toujours garer sa voiture dans son parking sinon on te la volait ou on la brûlait. Même en temps de paix, on accusait les émigrés qui commençaient à montrer des signes de prospérité de voler l’argent du pays», explique-t-il. Dans un pays géré sans Constitution et où le «Livre vert» guide la Révolution libyenne, les abus sont légion, surtout vis-à-vis de la population immigrée. «Le corps de la police est constitué d’ex-criminels qui agissent comme une milice. Ils peuvent confisquer argent et téléphones portables et n’hésitent pas à tabasser les récalcitrants, même en temps de paix. Bien sûr, ils adoptent une tout autre attitude à l’encontre des citoyens libyens», raconte Azzedine. 

Tout commence à Benghazi
L’homme travaille dur à Tobrouk. Il voit sa famille deux fois par mois, mais il est satisfait de sa situation. «Je n’aurais jamais rêvé les mêmes conditions au Maroc», insiste-t-il. Tout va cependant changer avec les premières émeutes, le mardi 15 février. De violents incidents ont éclaté dans la nuit à Benghazi, où plusieurs centaines de personnes ont affronté des policiers renforcés par des partisans pro-gouvernementaux, rapportent des témoins et des médias locaux. L’arrestation d’un militant des droits de l’homme dans cette ville côtière de l’Est libyen a servi de déclencheur. Azzedine, qui était à Tobrouk ce jour-là, croyait que c’était un simple fait divers et que tout allait rentrer dans l’ordre. Mais les évènements s'accélèrent. Des dizaines de manifestants tombent sous les balles des forces de l’ordre et les émeutes tournent à la guerre civile. «Lundi 21 février, j’ai pris la route pour regagner Benghazi afin de rallier le consulat marocain. La ville était déjà en ruine. Il y avait des milices d’Africains subsahariens sous les ordres du régime qui tiraient sur tout ce qui bougeait. Je suis resté avec des concitoyens marocains dont l’un possédait un grand restaurant de la place. Les fonctionnaires du consulat nous répétaient qu’ils allaient nous trouver une solution afin de regagner Tripoli. Nous sommes restés plus de deux semaines à Benghazi. En vain ! J’ai assisté à des scènes horribles, surtout quand les forces de Kadhafi ont attaqué la ville. Nous avons pris la fuite en compagnie d’autres Marocains, avec l’entrée en scène des forces de l’Otan, le 19 mars dernier», se souvient Azzedine.
Le groupe se dirige tout d’abord vers Ajdabiya, à 150 km de Benghazi. Pour ce faire, ils ont loué un taxi et ont dû débourser pas moins de 2 000 dirhams par personne. Dix jours plus tard, ils ont dû détaler quand les forces de Kadhafi ont commencé à pilonner la ville, en utilisant les fameux missiles Grade. Entretemps, Azzedine n’avait plus de nouvelles de sa femme et de ses trois enfants puisque les communications ont été coupées à l’intérieur de la Libye. «Je téléphonais à ma sœur au Maroc. C’est elle qui me donnait des nouvelles de ma petite famille. C’était une période très dure», se rappelle-t-il, non sans une certaine douleur. 

Mourir en Libye plutôt que revenir au bled
La famille d’Azzedine a eu de la chance. Des familles marocaines de Zenten se sont regroupées et se dirigent tout d’abord vers Tripoli, avant de partir pour la frontière tunisienne et regagner Tunis. Ils font partie de ceux qui ont eu la chance de regagner Casablanca. «Nous avons tout laissé derrière nous : maison, mobilier, voiture et argent puisque les banques étaient fermées. Sur la route, vers le point de passage de Rass Ajdir, la police libyenne a confisqué l’argent et les téléphones portables de ma femme et des autres Marocains», ajoute Azzedine. Lui s’est directement dirigé vers la frontière égyptienne, vers le poste frontalier d’Assaloum, dès qu’il a su que sa famille était hors de danger. De là, grâce à l’assistance du Croissant rouge marocain, il a parcouru 600 km jusqu’au Caire, avant de prendre l’avion vers le Maroc.
Azzedine peut se considérer comme chanceux. D’autres ont tout simplement péri, comme ce Marocain qui travaillait dans un atelier à Benghazi, brûlé vif par les mercenaires de Kadhafi. Un autre a été tué à Al Bayda. Répondant au nom de Mohamed Mokadem Ansari, il est mort à 21 ans. Soudeur de son état, il était originaire de la ville de Nador. Il a été enterré à Benghazi, où réside sa famille. «Dans l’avion de retour, j’ai rencontré une jeune fille de Misrata qui a perdu ses parents et ses frères lors du siège de la ville par les forces gouvernementales. Native de Libye, elle a pour seule famille une lointaine tante, qui vit à Benslimane», nous apprend Azzedine.
Misrata : ville martyre, attaquée chaque jour par les forces loyalistes à Kadhafi et qui n’a jamais échappé aux mains des rebelles. Youssef, 27 ans, y a vécu pendant plus de six ans avant de revenir à Casablanca, dans le quartier de Sidi Moumen où vivent encore ses parents. Aujourd’hui sans emploi, il a toujours la tête là-bas, à Misrata, où il était gérant de café. «Début mars, les rebelles ont envahi la ville. J’ai été enlevé par des rebelles cagoulés avec une vingtaine d’autres personnes. Ils nous ont roués de coups afin d’avoir des informations sur le propriétaire de la maison où je résidais. Quatre jours plus tard, j’ai été relâché», rapporte Youssef, qui a pu une semaine plus tard prendre l’un des deux bateaux dépêchés par le Maroc pour rapatrier nos citoyens.
En fait, le nombre des victimes marocaines est difficile à connaître puisque la majorité des Marocains se trouvent encore en Libye. Ils seraient encore entre 80 000 et 100 000. Les Marocains résidant en Libye viennent essentiellement de couches sociales défavorisées. «La majorité a décidé de rester là-bas, quitte à y mourir, pour la simple raison qu’ils n’ont rien au Maroc. Ils préfèrent mourir plutôt que de tout abandonner pour braver l’inconnu. Ils savent bien ce qui les attend au bled», ajoute Azzedine.
Une fois de retour à Casablanca, la famille d’Azzedine va se séparer. Sa femme et ses enfants s’installent à Hay Mohammadi chez la belle famille d’Azzedine. Quant à lui, il réside chez sa mère à El Fida. Il a la chance d’avoir un permis de taxi, obtenu avant son départ en Libye, qui lui permet aujourd’hui de gagner sa vie. Les enfants ont été inscrits à l’école avec le même niveau de scolarité qu’ils avaient à Zenten. «Je suis parti à Rabat au ministère des MRE. Ils nous ont demandé une photocopie du passeport et on nous a promis un logement. On attend toujours. Je connais plusieurs Marocains revenus de Libye qui vivent dans la rue à Khouribga, à Kelaât Sraghna, Sidi Kacem… Il faut que l’Etat nous garantisse un minimum de dignité en ces temps difficiles. Il devrait aussi défendre nos intérêts auprès de la Libye. Nous avons tout laissé derrière nous», conclut-il, rageur. Les histoires de Marocains revenus de l’enfer libyen se ressemblent toutes, autant par les difficultés rencontrées pour rallier le pays natal, que par l’indifférence affichée par les autorités à leur égard. Victimes d’agressions en Libye, dépouillés de leurs biens, ils espèrent beaucoup de leur pays d’origine…

Questions à Mohamed Ameur, Ministre délégué chargé de la communauté marocaine à l’étranger : «Trouver un logement et du travail pour 14 000 personnes d’un seul coup est quasiment impossible»

La Vie éco : Quelles sont les actions entreprises par votre ministère afin de venir en aide aux ressortissants marocains en Libye ?
L’action la plus importante a été d’organiser l’évacuation des ressortissants marocains résidant en Libye depuis le déclenchement des violences dans ce pays. Vous avez pu suivre son déroulement, un pont maritime et aérien a été établi pour rapatrier nos concitoyens qui ont exprimé le désir de quitter la Libye. Un camp a été monté à la frontière tuniso-libyenne pour regrouper les réfugiés par voie terrestre avant de les acheminer par avions vers le Maroc. De même qu’à la frontière avec l’Egypte d’où quelques centaines de Marocains ont pu fuir les hostilités avant de regagner le Maroc.

Combien de Marocains ont été rapatriés à ce jour ?
Environ 14 000 ont bénéficié de ce dispositif. Près de 12 000 d’entre eux ont été évacués à la charge de l’Etat marocain. Cela représente une facture de près de 130 millions de dirhams, englobant également les frais de rapatriement des ressortissants marocains d’autres pays arabes et africains sujets à des troubles politiques.

Qu’en est-il des citoyens qui se trouvent encore en Libye ?
Ils sont entre 80 000 et 90 000 à être toujours en Libye. En raison des opérations militaires qui touchent certaines régions dans l’ouest du pays, les services consulaires marocains en Tunisie enregistrent un afflux quotidien d’environ 60 à 80 Marocains fuyant par voie terrestre les zones de combat. Le consulat marocain à Tripoli fait état de quelques dizaines de demandes de rapatriement qui ne peuvent malheureusement être satisfaites en raison du blocus imposé par l’Otan sur cette région.

Avez-vous enregistré des morts marocains, victimes de la guerre en Libye ?
Hélas, oui. Quatre cas de décès dus à la violence ont été déclarés. Les familles au Maroc en ont été avisées.

Que va faire l’Etat pour aider les Marocains revenus au pays natal, la plupart sans le sou ?
Le plus urgent et le plus vital a été de sauver les vies. Toutes les demandes, ou presque, exprimées dans ce sens ont été satisfaites. Nous nous appliquons à répondre aux autres besoins des rapatriés dans la mesure de nos moyens. Trouver un logement et du travail pour 14 000 personnes d’un seul coup est une tâche très difficile, pour ne pas dire impossible, dans les conditions économiques actuelles.
Pourtant, des solutions sont activement recherchées. Plus de 800 demandes de logement ont été satisfaites sur les quelque 4 000 enregistrées. Environ 500 personnes ont obtenu un emploi temporaire. Des dizaines d’aides indirectes, sous forme de prise en charge de soins médicaux, de bourses d’études, d’inscriptions scolaires et universitaires, de remboursements de frais de transport, etc, ont été octroyées.

Y-a-t il une synergie entre les différents départements ministériels afin de concocter une stratégie ciblant la prise en charge des Marocains de retour de Libye ?
Bien évidemment. Une réunion dans ce sens a été présidée par le Premier ministre le 31 mai dernier. Des instructions ont été données pour activer la mise en place d’un plan d’aide aux rapatriés dans le cadre de la solidarité nationale. Les départements concernés, et nous le sommes tous en fait, sont en concertation permanente pour trouver les formules et dégager les ressources nécessaires à la concrétisation de ce plan d’urgence.

Etes-vous en contact avec le gouvernement libyen et le Conseil national de transition afin de défendre les intérêts des citoyens marocains établis en Libye?
Le ministère des affaires étrangères fait de son mieux pour l’intérêt des ressortissants marocains en Libye. Il emploie les voies diplomatiques qu’autorise une situation aussi complexe que celle de ce pays frère.
http://www.lavieeco.com/news/societe/marocains-de-libye-d-un-enfer-a-l-autre-19960.html

Nouvelle protestation à El Aaiun contre la spoliation des ressources naturelles sahraouies

Sahara Thawra, El Aaiun, 14/07/2011


Ce matin, vers 10H00, nous avons organisé une manifestation pacifique  devant l'Office marocain de l'Energie et des Mines dans la ville occupée de El Aaiun.

La manifestation était organisée par:

- L'union du groupe sahraoui de pêche côtière.
- Ex-travailleurs de Fosbucraa.
- Association des Victimes de Gdeim Izik.
- Association des parents des disparus.
- Association des anciens prisonniers sahraouis politique (victimes d'enlèvement et de torture).
- Collectif des mères célibataires (chômeusess et sans logement).
- En plus d'autres activistes sahraouis défenseurs des droits humains.

La manifestation a duré plus de deux heures, pendant laquelle les protestants ont répété des slogans contre le pillage massif des ressources naturelles du Sahara Occidental dont les Sahraouis n’ont jamais bénéficié.

Ils ont également exigé la libération immédiate de tous les prisonniers politiques sahraouis qui se trouvent dans la prison noire d'El Aaiun et les prisons au Maroc.
Nous continuerons à informer
Source: Sahara Thawra, 14/07/2011

lien:
Sahara Thawra, 14/07/2011
http://www.spsrasd.info/fr/content/nouvelle-protestation-%C3%A0-el-aaiun-contre-la-spoliation-des-ressources-naturelles-sahraouies

jeudi 14 juillet 2011

Deux ânes se bécotant sur l'artère publique dans le quartier chic d’Anfa, à Casablanca,

Par Hind Taarji. La Vie éco, 14/7/2011
Je m'interrogeais sur ce qu'il y a de commun entre l'homme à qui les deux ânes devaient de se bécoter sur une artère publique et les conducteurs des belles voitures qui empruntent régulièrement cette voie.

L’image est juste surréaliste. Dans le quartier chic d’Anfa, à Casablanca, au beau milieu du large boulevard qui mène jusqu’à la corniche, deux ânes sont plantés là, immobiles. Nous sommes dimanche matin. La circulation est rare, ce qui donne toute sa vacuité à l’espace. Quelques voitures passent sans troubler le moins du monde nos équidés. Ils seraient au milieu d’un champ qu’ils afficheraient la même placide indifférence. Que font-ils là et d’où viennent-ils ? Je regarde aux alentours. Pas trace de maître à l’horizon. Pas de charrette non plus, rien qui puisse expliquer cette insolite présence. Cette image, bizarrement, m’a accompagnée pendant plusieurs jours. Elle m’est apparue comme un pied de nez du Maroc profond à l’autre, celui qui, avec ses grandes artères et ses maisons californiennes, se pense au diapason du siècle mais dont les réflexes et les modes de fonctionnement restent au fond d’un autre temps, un temps qui s’obstine, ou plutôt qu’on s’obstine, à ne pas vouloir laisser passer.

La vue de ces deux ânes abandonnés à eux-mêmes au beau milieu d’un boulevard éveille la méditation, la mienne du moins. En tant que Marocains, où en sommes-nous ? Qui sommes-nous au fond, quels sont les points demeurés communs entre le propriétaire, évaporé dans la nature, de ces deux bêtes et les automobilistes habitués de cette belle artère ? Nous inscrivons-nous vraiment dans une logique d’évolution ou bien faisons-nous du sur-place, pire, régressons-nous tout en nous donnant l’illusion d’avancer ? La réalité, tant sur le plan social que politique, se fait si complexe et contradictoire qu’il devient difficile d’y voir clair. Sur le plan politique d’abord, en ces lendemains de référendum.
Le Maroc vient de plébisciter la réforme constitutionnelle octroyée par son Roi. Avec une unanimité confondante, 98% !, les Marocains ont mis dans l’urne le OUI comme il leur a été demandé de le faire par la plus haute autorité de l’Etat. Les grandes chancelleries européennes ont applaudi à «l’exception marocaine» et aux «grandes avancées démocratiques» dont elles estiment le texte constitutionnel porteur. 
Mais, alors même que celui-ci consacre effectivement plusieurs dispositions relatives aux droits humains, le vice-président de l’AMDH, la deuxième grande association marocaine des droits de l’homme, vient d’envoyer une lettre ouverte au ministre de l’intérieur. Dans celle-ci, Abdelhamid Amine avertit que sa vie et sa sécurité sont en danger. Il demande au ministre d’en prendre acte. «Je vous écris, lui dit-il, en votre qualité de ministre de l’intérieur au sein du gouvernement marocain, responsable de la sécurité des citoyennes et des citoyens, pour vous informer de ce que j’ai subi, avec d’autres citoyens et citoyennes, comme humiliations, insultes, harcèlements, menaces et violences de la part de personnes, connues sous le nom de “baltajis”, instrumentalisés par des services sécuritaires pour s’attaquer au mouvement du 20 Février». S’ensuit un résumé daté et détaillé des faits en question, faits qui, aux dires de l’intéressé, se seraient déroulés sous l’œil impavide, et complice, des forces de l’ordre. Leur lecture glace. Déjà le cirque, il n’est pas d’autre mot, organisé en faveur du oui, en a jeté plus d’un, même parmi ses partisans les plus convaincus, dans la consternation. Si, maintenant, les faits relatés dans ce courrier sont exacts et justes les affirmations de leur rapporteur, à savoir que ces «baltajis» ont, effectivement, été instrumentalisés par des services de sécurité, alors il y a lieu de s’inquiéter. Plus : de désespérer. 
Reportons-nous maintenant au registre social même si l’un va avec l’autre. Je m’interrogeais sur ce qu’il y a de commun entre l’homme à qui les deux ânes devaient de se bécoter sur une artère publique et les conducteurs des belles voitures qui empruntent régulièrement cette voie. De prime abord, pas grand-chose. A y réfléchir cependant, bien plus qu’il n’y paraît. Les deux, à des degrés différents, s’enlisent dans des sables mouvants, n’ont plus rien de ferme sous les pieds. Le résultat se traduit par des comportements contradictoires marqués par le manque d’éducation et l’incivisme, deux tares qui font le drame de notre société actuelle. 
Pour donner de bons fruits, les hommes comme la terre ont besoin d’être cultivés (dans le sens d’éduquer). Ont besoin d’être nourris par de bons engrais et, surtout, débarrassés des mauvaises herbes. Or, celles-ci, au lieu d’être réduites, paraissent proliférer, étouffant les jeunes pousses qui tentent d’essayer de poindre.