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samedi 6 août 2011

Le peuple, la monarchie, et nous

Par Karim Boukhari (directeur de publication de TelQuel, 6/8/2011

Le roi aurait pu, et dû, accorder un grand entretien à un ou plusieurs journaux marocains

Le peuple, la monarchie, et nous
Dans sa forme et dans son contenu, le dernier discours du Trône n’a rien apporté de nouveau. Il a sonné comme un rappel à l’ordre puisque le roi a expliqué à sa manière que c’est lui qui gouverne, et lui seulement. S’il y avait le moindre doute, le voilà levé. Ce n’est pas un hasard si le discours a d’ailleurs fait la part belle à la toute nouvelle Constitution puisque celle-ci consacre, comme nous le savons, le principe du roi qui gouverne. Et tout cela est très peu en rapport avec l’idéal de démocratie auquel nous aspirons… L’avenir ? Il porte un nom : les élections anticipées, qui devraient se tenir
début octobre. Là-dessus, Mohammed VI a été clair : il veut, il lui faut de nouvelles élites politiques pour mettre en exécution…son programme à lui. Ce que le roi a dit, libre à nous de le traduire très simplement ainsi : “Peuple, choisissez bien vos candidats ; futurs élus, n’oubliez pas d’appliquer ce que je dis”. En gros, le discours qui clôture en quelque sorte la saison politique a été très conservateur. Il a mis un terme à sept mois, pourtant, durant lesquels nous avions cru entrevoir autre chose, un souffle nouveau, un vent de fraîcheur, la possibilité et surtout la volonté, je dirais même le besoin, de changer.
La montagne a accouché d’une souris, voilà c’est dit. La monarchie n’a pas joué franc jeu, elle a plus manœuvré et cherché à gagner du temps (ce qu’elle a bien réussi, du reste) qu’autre chose. Elle n’a fondamentalement pas changé et elle a prouvé, au passage, qu’elle n’est pas près de le faire. Qu’entend-on par “changer” ? Lâcher du lest et laisser les autres gouverner, déjà. Mais pas seulement.

Changer, c’est aussi jouer sur l’immédiat, améliorer sans plus tarder ce qui peut l’être et ce qui ne coûte rien : c’est-à-dire le cérémonial, la forme, le détail, l’élément humain. Je vais vous dire une chose : le roi aurait pu, et dû, accorder un grand entretien à un ou plusieurs journaux marocains. J’insiste sur le vocable “marocains”.

Parce qu’il a des choses à nous dire et parce qu’on a des choses à lui demander. S’il avait consenti à le faire, on aurait eu l’immense plaisir de découvrir (oui, découvrir) que le chef de l’Etat est avant tout un être humain comme les autres, un Marocain pas au-dessus des autres, quelqu’un d’accessible et qui nous ressemble, qui doute et qui n’a pas réponse à tout, quelqu’un qui peut se tromper et le dire, et tout cela aurait renforcé la crédibilité de l’institution monarchique et donné un formidable coup de fouet au très vague “projet démocratique marocain”. Dieu sait si nous en avions tous besoin…

Dans le même ordre d’idées, le roi aurait pu, et dû, alléger le rituel de la Bey’a, dont le dernier épisode, qui nous a été donné à voir en fin de semaine, n’est pas très réjouissant. Tout de même : comment peut-on, au 21ème siècle, et au moment où le vent de la démocratie et de l’égalité entre les hommes souffle sur la planète entière, admettre – excusez-moi le terme – qu’une “armée d’esclaves” se plie en quatre et se roule par terre au passage du souverain ? Anachronique, archaïque et même, même, osons le terme parce qu’il est juste : dégradant, esclavagiste. Je sais bien ce que l’on va me répondre : ce cérémonial est une manière de garder l’équilibre entre tradition et modernité. Certes. Mais qu’attend-on pour l’alléger et le rendre plus humain ? Que perdra-t-on à faire cela ? N’est-il pas temps de faire en sorte que la tradition ne soit plus un frein au progrès ? Pourquoi enfermer le cérémonial dans ce schéma maître – serviteurs et dominant – dominés comme si le Maroc sortait à peine d’une bataille médiévale ?

Nous sommes donc déçus mais pas aigris, pas le moins du monde. Je ne crois pas. Le système, le Makhzen, l’archaïsme ont gagné…mais contre qui ? Je vais le dire autrement : “ils” ont gagné mais ceux d’en face, c'est-à-dire le peuple, n’ont pas perdu. Je ne suis personnellement pas aigri parce que j’ai vu des petites choses changer, des détails, des réflexes. Le peuple, et contrairement à des idées reçues, n’est pas seulement celui dont on achète la voix, qui dit oui ou non sans réfléchir, qui est corrompu jusqu’à l’os et qui ne pense qu’à brûler et à casser.

Le peuple n’est pas bête. Il a peut-être mis du temps à se réveiller mais il n’est pas près de s’endormir. Nous avons pu le constater tout au long de ces premiers mois de l’année 2011…

C’est sur cette note malgré tout optimiste que je vous dis au revoir, au nom de toute l’équipe de TelQuel. Merci de nous lire et de nous soutenir. Et rendez-vous en septembre avec l’espoir que, d’ici là, le Maroc sera meilleur. On peut rêver, non ?

vendredi 5 août 2011

Droits de l'Homme au Sahara Occidental : Mohamed Abdelaziz tire la sonnette d'alarme

Par SaharAction, 4/7/2011
Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Abdelaziz, a interpellé hier le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, sur "l’escalade dangereuse" des violations des Droits de l’Homme au Sahara occidental par le Maroc. Le président sahraoui a adressé une lettre à Ban Ki-moon, lettre relayée par l'agence de presse sahraouie, où il expose ses craintes.

Vendredi dernier, six jeunes Sahraouis auraient été enlevés à Tan-Tan dans le sud du Maroc. Ils réclamaient pacifiquement le droit de leur peuple à l’autodétermination et à l’indépendance. Pour le président sahraoui, il faut “intervenir en toute urgence” afin de sauver la vie des citoyens sahraouis innocents dans les territoires occupés et au sud du Maroc. Le président demande concrètement un renforcement des mécanismes de la MINURSO, la mission de l’ONU pour le référendum au Sahara Occidental et ce, "pour garantir la protection des civils sahraouis de la répression sauvage des forces d'occupation marocaines".
Mohamed Abdelaziz ajoute dans sa lettre que des organisations internationales des droits de l’homme, dont le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU, avaient affirmé que les droits de l’homme sont violés dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Il attire l’attention du secrétaire général de l’ONU et de l’opinion internationale sur la situation qui intervient à quelques jours de la tenue du quatrième round de négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc.
Les autorités sahraouies et le Polisario demandent aux instances internationales d'exercer des pressions sur le Maroc afin de Protéger les droits de l'Homme dans la région et la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis qui se trouvent dans les prisons marocaines, le président sahraoui a appelé à la libération particulière de Yahia Mohamed Elhafed Izaa. On dénombrait plus de 151 prisonniers et 651 disparus. La destruction du mur de séparation et la cessation immédiate de la spoliation des richesses du Sahara occidental sont également demandé.
Enfin le Polisario en tant que représentant de la République arabe sahraouie démocratique réclame la publication du Rapport de la délégation du Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme de septembre 2006. Et, la mise en œuvre de ses recommandations, l’élargissement du mandat de la MINURSO, pour surveiller la situation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc en attente d’un référendum juste, libre et transparent pour permettre au peuple du Sahara Occidental l’exercice de son droit légitime à l’autodétermination.
La société civile ne peut rester en marge de ces pratiques, selon M. Abdelaziz, soulignant la nécessité d’accélérer l’ouverture des territoires aux observateurs et médias internationaux indépendants. Pour terminer, la lettre est revenue sur "l’intervention violente de la police et forces auxiliaires, le 31 juillet à El-Ayoun, contre une manifestation pacifique organisée par des citoyens et citoyennes sahraouis en signe de protestation contre l’enlèvement du jeune Ghali Bouhella par les forces de sécurité marocaines le 30 juillet".

Ali Amar et J.P. Tuquoi s’attaquent aux relations franco-marocaines

Par lakome.com, 5/8/2011

Ali Amar, auteur de « Mohamed VI, le grand malentendu » et Jean Pierre Tuquoi, auteur du « Dernier roi », préparent tout deux un livre sur les relations troubles entres les élites politico-économiques du Maroc et de la France.

La ville ocre, point de ralliement des élites franco-marocaines, sera centrale dans l’ouvrage titré « Paris Marrakech, Le Maroc, dernière colonie française ». Sur une présentation du livre qui circule sur internet, on peut lire : « Marrakech, c’est la France. Avec l’affaire DSK et la redécouverte du « pacte de Marrakech », noué entre l’ancien directeur général du Fonds monétaire international et la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, la ville des confins du Sahara est apparue pour ce qu’elle est: une sorte d’enclave française à des milliers de kilomètres de Paris ».

L’économie ne sera pas en reste. Le livre s’attaquera aussi au milieu franco-marocain des affaires. « Personne n’est dupe. Les principales entreprises marocaines sont détenues par des groupes français. C’est vrai dans les télécommunications, la distribution, le BTP, l’hôtellerie… Paris forme les élites du royaume et porte à bout de bras la diplomatie marocaine. Sans l’appui de la France, il y a longtemps que le Sahara occidental, que se disputent le Polisario et Rabat, aurait acquis son indépendance », lit-on encore sur le même document.

L’ouvrage sera publié le 26 octobre prochain aux éditions « Calmann-Lévy »

Photo: Couverture non-définitive du livre « Paris Marrakech, Le Maroc, dernière colonie française », et portraits des deux auteurs.

mercredi 3 août 2011

Violences à Safi : La Police nie toute responsabilité et arrête le président de l’AMDH

Par  lakome.com, 3/8/2011

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) répond aux accusations de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH). La DGSN vient de démentir les informations selon lesquelles, elle aurait manipulé des individus pour incendier ses locaux administratifs à Safi lors des événements qu’a connus la ville lundi dernier.
Les forces de l'ordre quelques minutes avant l'intervention contre les chômeurs de la ville de Safi,
Elaounia Abdelghani, le président du bureau local de l’AMDH a été aussi arrêté dans l’après midi du mercredi 3 août 2011, soit quelques heures après la publication du communiqué de la police nationale par l’Agence officielle (MAP).

Un communiqué du bureau de l’AMDH de la ville dee Safi, publié mardi 2 août 2011, avait accusé des fonctionnaires de police d’être derrière les troubles qu’a connus la ville lundi dernier.

Dans le même communiqué, l’AMDH accuse ouvertement les autorités de manipuler des individus pour justifier la violence et les arrestations à l’égard des membres de la coordination des diplômés chômeurs. L’AMDH précise aussi que la ville de Safi connaît des manifestations de façon presque permanente.

L’origine de ces évènements remonte à lundi dernier lorsque des diplômés chômeurs ont occupé les rails ferroviaires du quartier Laqliaa de la ville de Safi. Les forces de l’ordre sont alors intervenues avec violence.

La Direction de Charqui Draiss annonce dans son communiqué que « 58 éléments de ses troupes ont été blessés » lors des échanges de jets de pierres. Des vidéos enregistrées montrent des policiers et des membres des Forces auxiliaires jetant des pierres contre des manifestants et des habitants du quartier Laqliaa.