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samedi 27 août 2011

Rencontre avec un ancien détenu de Tazmamart , Ahmed Marzouki (et ses compagnons), un documentaire de Mohamed Ouachen





نموذج لزنازين سجن تازمامارت الرهيب
 تازمامارت

معتقل تزمامارت قصة مأثرة جدا في معتقل مغربي

Manifestation à Paris pour la paix en Libye

Anti-guerre : manif à Paris + pétition Intal


Par Investig'Action, 25/8/2011

Alors que les bombardements ne cessent de ravager la capitale libyenne peuplée de presque 2 millions d'habitants, que des troupes spéciales camouflées en « rebelles » sont envoyés au sol, il est plus que nécessaire de montrer cette opposition à cette guerre.

Mobilisons-nous pour la paix et la souveraineté
du peuple libyen

Depuis cinq mois, nos voisins méditerranéens se font bombarder au nom de la démocratie et de la protection des innocents. Une mission humanitaire où les missiles ont remplacé les denrées alimentaires. Ce qui a été présenté comme une mission humanitaire pour sauver des civils est devenue un cauchemar pour les populations libyennes.

Les bombardements détruisent des infrastructures vitales et font des milliers de morts, considérés comme des dommages collatéraux. On est alors en droit de se demander ce que l 'OTAN entend par travailler pour l'instauration de la démocratie et la protection des civils.

L'objectif énoncé au début des opérations a changé et de la protection des civils on passe à une volonté de changer le régime en place par la force. Cette attitude d'ingérence politique dans un pays souverain est grave et dangereuse, elle va à l'encontre du principe de souveraineté des peuples, et tend à remplacer la volonté populaire par une volonté imposée de l’étranger. Ce qui constitue une violation flagrante du droit international. Le parachutage des armes à la rébellion par l'état français constitue également une autre violation du droit international qui interdit la livraison d'armes dans les situations de guerre civile.

Le pouvoir politique dans les pays les plus engagés de la coalition a délibérément menti sur la nature du conflit pour vendre cette guerre à l'opinion publique, présentant une guerre civile comme une révolution démocratique réprimée.

- Cette guerre est immorale car elle est fondée sur des mensonges et beaucoup d'hypocrisie, les opérations de l'OTAN ne servent ni à s'interposer entre les parties en conflit, ni à protéger les civils, mais à imposer un changement de régime par la force à un pays souverain.

- Elle est également immorale car la plus grande force militaire du monde s'attaque à un pays faible de quatre millions d'habitant pour le soumettre. Nous sommes face à un problème de disproportion des forces qui ne peut honorer ni l'OTAN, ni les pays qui alimentent cette machine de guerre en ressources et en propagande.

- Cette guerre aura pour conséquence d'appauvrir et de soumettre un des pays les plus riches d'Afrique, classé en 2008 premier pays africain en terme de l’Indice du développement humain (IDH) défini par le Programme des Nations unies pour le développement.

- Cette guerre viole la légalité internationale sur plusieurs points ; atteinte à la liberté de la presse, atteinte à l'intégrité physique des civils, atteinte à des fonds souverains d'un pays, livraison des armes dans une situation de guerre civile ...

- Cette guerre est dangereuse, car elle va permettre la circulation des armes dans toutes l'Afrique du nord et le Sahel et alimentera les désordres causés par les groupes extrémistes.

Pour toutes ces raisons
mobilisons nous TOUS à Paris le 3 Septembre 2011,
pour exiger l’arrêt des opérations de l’OTAN, 
un cessez le feu de toutes les parties 
et des pressions sur le CNT, 
pour accepter des négociations sous l’égide de l’union africaine et l’ONU.

La France, membre permanent du Conseil de Sécurité et fer de lance de cette expédition, est aujourd'hui gouvernée par un pouvoir qui célèbre son passé colonial et toutes ses horreurs comme un bienfait civilisationnel. Il est urgent de mettre un terme à cette diplomatie parallèle qui s'est développée ces dernières années dénoncée par l'administration elle-même, qui ne sert plus les intérêts de la France mais ceux des transnationales

ARRÊTONS D’ÊTRE LES COMPLICES DE CETTE POLITIQUE CRIMINELLE 
et dangereuse qui non seulement tue des femmes des enfants tous les jours mais qui est aussi une bombe à retardement.


Rassemblement le 3 septembre à 14h00 -
place de la République à Paris


La Pierre et l’Olivier – Citoyennes pour la Paix – Nord Sud Patrimoine commun - Association « Entre la Plume et l’Enclume » - Appel Franco-Arabe, le Comité de surveillance de l’OTAN,
http://sites.google.com/site/nordsudpatrimoinecommun/
karim.mansouri1@gmail.com
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« f-16 hors de Libye » - Pétition par INTAL

Mardi 5 juillet, intal a lancé sa campagne "F-16 hors de Libye". Après plus de 100 jours de bombardements de l'OTAN, cette campagne n'arrive sûrement pas trop tôt. Ci-dessous, un aperçu des résultats et des perspectives après 7 semaine de campagne.

L'objectif de la campagne est clair et simple. Les F-16 belges doivent immédiatement renoncer à participer à la guerre menée par l'OTAN. A cet effet, nous voulons interpeller les 150 parlementaires, 150 parlementaires dont aucun n'a voté contre la guerre en date du 18 mars 2011. Concrètement, il s'agit d'obtenir 30 signatures par parlementaire.

Résultats intermédiaires
Après bientôt 7 semaines de campagne, des signatures pour 65 parlementaires sont déjà rentrées. 302 personnes ont signé la pétition en ligne. Via Facebook, plus de 400 personnes nous ont rejoints. En tenant compte d'un certain nombre de doublons, on peut considérer que nous avons actuellement 2600 signatures.
Mais une campagne ne consiste pas uniquement à récolter des signatures. Plus de 1800 signatures ont été rassemblées pendant les festivals de cet été. Ce qui a engendré des plus ou moins longues discussions. Le lancement de la campagne a déjà pu toucher les internautes actifs.

Récolter des signatures
La campagne est sur la bonne voie mais il y a encore pas mal de travail. Le prochain rendez-vous est à la 'Wereldfeest' dans le Limbourg ainsi que quelques autres événements à Bruxelles. Tenez vous donc au courant de l'agenda. Nous appellons tous ceux qui ont signé la campagne à faire passer le message et à diffuser la pétition. Vous pouvez rejoindre la campagne sur Facebook et ainsi diffuser le formulaire en ligne.

Actualité
Plusieurs personnes ont déjà demandé comment procéder avec la campagne. Les rebelles ne sont-ils pas à Tripoli ?Avec un ministre comme De Crem, la réponse est heureusement facile. Le lundi 22 août, il a déclaré que les F-16 belges participent à l'attaque de l'OTAN sur la Libye pour stabiliser la situation révolutionnaire en Afrique du Nord. Cela peut donc prendre encore du temps avant leur retour à la maison. Raison de plus pour continuer la campagne !
http://www.michelcollon.info/Anti-guerre-manif-a-Paris-petition.html

LE CHANGEMENT DANS LE SENS DE LA MARCHE DE L'HISTOIRE EST CONDITIONNÉ PAR LA PARTICIPATION ACTIVE DE LA FEMME

Par Ali Fkir, 27/8/2011

Dans la pure tradition "arabo-musulmane" misogyne, la "rébellion", /a "révolution" (????!!!) libyenne, a pu remettre la femme dans son "milieu naturel", le foyer: s'occuper de la cuisine, procréer (surtout les garçons) pour garantir la continuité de la famille PATERNELLE, et surtout surtout se faire belle pour assouvir les désirs sexuels du "combattant". D'ailleurs dans l'histoire des conquêtes arabes la femme faisait partie du butin du guerrier. La position vis à vis de la femme est l'un des principaux critères du progressisme d'un bouleversement social: on avance ou on recule ? Dans les révolutions politico- sociales qui vont dans le sens de l'Histoire de l'humanité, on voit la femme agissante (souvent l'arme à la main) au même titre que son camarade. Ce qui se passe en Libye n'a rien avoir avec une révolution au sens positif de l'Histoire de l'humanité. On essaie de remplacer la dictature d'un individu/farfelu par une dictature sanguinaire, misogyne, dictature au service de l'impérialisme et au service des monarques/émirs, les pires ennemis du progrès.
En se "libérant" de l'influence du nationalisme petit bourgeois arabe qui a introduit malgré tout un certain progrès socio-culturel et avait contribué activement au mouvement international de libération des peuples du joug du colonialisme direct.

A un moment de leur histoire, et sous la direction politique du courant "panarabisme", les peuples du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord ont pu relever avec dignité la tête face à l'impérialisme, au sionisme et face aux régimes monarchiques).
Aujourd'hui, le "tsunami arabe" permettra à certain peuples d'avancer, mais d'autres ( le peuple libyen en tête) se retrouveront jetés dans les ténèbres du moyen âge. La femme et l'enfant seront (ils le sont déjà) les principales victimes de ce drame historique. C'est la revanche de l’obscurantisme le plus abject sur la pénombre " bourgeoise". Le monde arabe n'a jamais connu le PLEIN JOUR.
Ce n'est pas du pessimisme. Solution? les communistes marocains ne se sont jamais fait d'illusions sur les régimes enfantés par des coups d'Etat, ni sur leurs projets "libérateurs". Depuis sa création, ILAL AMAM, (aujourd'hui ANNAHJ ADDIMOCRATI), n'a jamais cessé de critiquer ces régimes, y compris le régime du farfelu Khadafi.

La solution? se mobiliser, s'engager activement dans les luttes des peuples en général et dans celles des travailleurs en particulier pour garantir la continuité du mouvement pour le changement, son caractère de masses, sa radicalisation, son PROGRESSISME.

Dans le cas du Maroc, gare ! à :
- Côté droite: à la récupération makhzenienne, à la domination du conservatisme dans le mouvement du changement...
- Côté gauche: aux tentations électoralistes (au sein du mouvement) , à l'impatience petite-bourgeoise gauchiste, qui, dans leur incapacité de mobiliser les masses, ses adeptes recourent à des slogans a-historiques, à faire des forces militantes leur principale cible politique...ce qui les isole plus.
A mon humble avis, la stratégie à suivre (je l'avais dit il y a plus de 10 ans), c'est la stratégie du harcèlement de la tyrannie. C'est une stratégie qui demande de la patience. Il faut s'attaquer à la tyrannie sur tous, TOUS les fronts: politique, idéologique, syndical, social, front des droits, droits de femmes, des enfants...
Il faut isoler le régime, l'affaiblir et cela n'est possible que par la mobilisation des classes sociales objectivement révolutionnaires (en tête la classe ouvrière), la neutralisation des classes moyennes (les couches supérieures de la petite bourgeoise, et la moyenne bourgeoisie). Après le renversement de la tyrannie , le changement sera certainement radical, car il sera populaire surtout si les travailleurs arrivent à prendre politiquement le commandement du changement.
Les forces de changement se doivent: gagner les classes des déshérités, des exploités, neutraliser les classes moyennes, isoler pour la battre la tyrannie
Ce mouvement ne sera progressiste sans la participation effective de la femme et du prolétaire. Attention au conservatisme qui commence à s'installer au sein du mouvement actuel. Les "mecs" commencent à s'imposer en maîtres au sein des luttes actuelles. Il faut reconnaître que les associations des femmes bourgeoises qui siègent dans les palaces à 5 étoiles, en prêtant allégeance à la tyrannie, ne facilitent pas les choses.

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A la suite de cet article, un témoignage a été envoyé à Ali Fkir  relatant un congrès de femmes en Libye, datant de 1996 (extraits) 
Ginette SKANDRANI France, écologiste, Femme pour la Paix et Réseau de Solidarité avec le Peuple Palestinien est intervenue sur le rôle de la femme en politique et dans le mouvement social en Europe et particulièrement en France.

J’ai assisté, animé ou présidé de nombreux congrès, colloque ou réunion publique, en Europe ou dans le reste du monde Arabe, mais je n’ai jamais rencontré cette capacité d’écoute, d’échange, de débat y compris contradictoire ailleurs qu’en Libye.
Je garde surtout un souvenir inoubliable de ce congrès de femmes , où 18 femmes venant de toutes les contrées de la planète , d’une quinzaine de nationalité différentes, femmes du Sud et du Nord, de différentes cultures et religions, pratiquantes ou non, de gauche, de droite, politique ou associatives ont débattu ensemble sur le statut et les acquis du combat des femmes et comparé ces acquis d'un pays à l'autre.
Quinze ans plus tard, nous nous apercevons que peu de choses ont changé. La condition des femmes s'est largement dégradée en Irak occupé, en Palestine de plus en plus colonisée, ainsi que dans certaines autres régions du monde, par contre en Libye, les femmes sont largement présentes dans les postes de responsabilité, y compris dans l'armée.
Le compte-rendu de cette rencontre a été diffusé en Libye mais n’a jamais trouvé preneur ailleurs, tous ceux qui voulaient le publier ont exigé que je fasse d'abord une critique de Kadhafi, ce que j'ai toujours refusé.

"Congrès de Femmes à Tripoli
. Malgré les inconvénients et les désagréments causés par l'embargo aérien imposé à la Jamahirya libyenne, malgré les difficultés du voyage, entre plusieurs avions et le bateau Malte-Tripoli, des femmes, venant souvent de contrées très lointaines, se sont déplacées pour cette cinquième table-ronde sur le statut de la femme dans le monde, sur les acquis et sur ce qu'il reste à conquérir ici ou ailleurs.
Nous remercions surtout deux femmes âgées de soixante-quinze ans, l'une Italienne, l'autre Néo-zélandaise, qui ont voulu apporter leurs témoignages sur leurs traversées de ce siècle que certains appellent les lumières, d'autres les ténèbres, tout dépendant de quel côté du colonialisme on se place.
La majorité des femmes étaient âgées de quarante à soixante ans, deux Allemandes qui avaient la trentaine et une Canadienne de vingt-cinq ans. Les différentes oratrices sont intervenues sur des sujets assez variés : la femme et l'emploi, la femme en politique et dans le mouvement social, le statut de la femme, la culture et les différentes religions, les moyens de contraception et l'avortement.
Les intervenantes se sont exprimées sur les différences culturelles et sociales entre la civilisation occidentale écrasant toutes les autres et la multitude de civilisations existant sur l'ensemble de la planète.
Le débat entre toutes ces femmes venues des pays d'Europe, des U.S.A., du Canada, de l'Amérique latine, de Nouvelle-Zélande, du Japon, de différents pays arabes et de Guyane, était d'un haut niveau, surtout qu'elles ont su s'écouter malgré des analyses différentes et souvent contradictoires sur le rôle de la femme dans la famille, la religion, la société , sur l'interdiction ou l'autorisation de l'avortement.
 
(...)
Dans le monde du travail, les femmes sont encore très minoritaires dans l'encadrement et dans les fonctions les plus valorisantes. Elles sont nettement moins payées, à niveau de qualification égale. Elles sont beaucoup plus touchées 
par le chômage et la pauvreté (12 % contre 8 % pour les hommes). Certains hommes 
politiques veulent carrément les renvoyer à la maison sous prétexte qu'il n'y a plus de travail pour tous. C'est sur elles que repose aussi la plus grande partie du travail domestique et l'éducation des enfants les contraignant souvent à faire des "doubles journées". Ça tient particulièrement à nos modes de vie, ou, sous prétexte de rentabilité, la famille a été éclatée, l'entraide et la solidarité jetées aux oubliettes de l'histoire car non capitalisables. 
D'une part, les mentalités ayant beaucoup de mal à évoluer, les longues études sont toujours réservées aux garçons, d'autre part on retrouve toujours dans les livres scolaires certains stéréotypes comme : maman fait la cuisine, papa travaille. Ce qui ne favorise pas la prise de conscience sur l'égalité des sexes. Quant à la publicité, elle reste toujours aussi sexiste en Europe. Ce n'est vraiment pas agréable de voir sur les murs les affiches de femmes nues vantant tel ou tel produit de consommation. En dehors de la sphère privée ou économique, l'inégalité la plus flagrante et qui perdure est bien du domaine de la politique, car les femmes sont très peu représentées dans les assemblées. 

Malgré les grandes déclarations fracassantes, surtout en campagne électorale, sur le statut de la femme européenne, il me semble que le droit de la femme est surtout un concept qui sert à cacher la réalité de la politique et à donner des fausses leçons de démocratie aux pays du Sud.

"J'aimerais beaucoup comparer, au-delà des différences culturelles, le nombre de femmes élues ou assumant des postes de responsabilité dans les pays musulmans". On nous soumet, par médias interposés, l'image de la femme musulmane, voilée, dépendante, exclue de toute décision qui doit correspondre à l'image de la femme occidentale, dénudée, inconsciente, charmeuse et dépravée distillée dans les pays arabes. Aucune de ces deux images ne correspond à la réalité. Il existe en France, comme dans tous les pays où la démocratie n'est que parlementaire, un foisonnement d'associations, et là, dans ce qui correspond à la réalité de la société civile, les femmes sont largement présentes et 
représentées. "
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Réponse d'Ali Fkir, 27/8/2011

Merci Madame pour votre témoignage.
Le "hirak arabe" (en réalité luttes politiques sans précédentes dans le Moyen Orient et en Afrique du nord multilinguistique, multiculturel... appelé avec raison le monde arabe) nécessite un débat, et cela dans le feu de l'action pour le changement, un débat non seulement politique mais aussi et surtout idéologique sur le DEMAIN.
LA CAUSE/la condition de la Femme est primordiale. Que prévoit comme place à la Marocaine, le Maroc de demain? En répondant clairement sans tergiversation aucune à cette question, les acteurs politiques donneront une idée sur leur projet de société. La révolution n'est révolution que si elle est politique , économique, sociale et CULTURELLE. Non aux demi-mesure!
Rappelons que la constitution imposée le 1er juillet 2011 au peuple marocain subordonne la condition de la femme "au respect des valeurs sacrées" rétrogrades, misogynes.

France : Le PS célèbre (enfin) les révolutions arabes


Par Lénaïg Bredoux, Mediapart, 27/8/2011

Tout est dans le symbole. Et de mémoire de vieux socialiste, c'est une première à l'université d'été. Vendredi, à La Rochelle, une grande réunion plénière était consacrée aux pays arabes, avec plusieurs représentants de partis «amis» de la rive sud de la Méditerranée. Cette marque d'intérêt tranche avec les silences passés et les polémiques suscitées par l'attitude de certains «camarades», comme Bertrand Delanoë, présent à la tribune vendredi, et par l'appartenance des partis de Ben Ali et de Moubarak à l'Internationale socialiste.

«Tout le monde s'est battu pour en être. Tous les chefs à plume voulaient être présents», raconte Pouria Amirshahi, secrétaire national aux droits de l'homme, et en pointe sur ces questions au PS. Au final, c'est Delanoë, la députée Adeline Hazan et le secrétaire aux questions internationales Jean-Christophe Cambadélis qui ont entouré quatre militants arabes, venus du Maroc, de Palestine, d'Algérie et de Tunisie.

«Je suis heureux de constater le regain d'intérêt des pays occidentaux, de la France et du PS», a dit d'emblée Karim Tabbou, premier secrétaire du FFS algérien. «Si on ne l'avait pas fait, on aurait raté un rendez-vous historique. J'espère que cela annonce d'autres changements culturels», a lancé le maire de Paris. Les autres ont souligné l'importance du «soutien de l'Europe» aux mouvements d'émancipation et la nécessité de «redéfinir les relations avec le Maghreb». «Ces révolutions sont des défaites des dictatures et d'un certain soutien occidental à ces dictatures... il faut bien le dire», a admis le proche de Strauss-Kahn, Jean-Christophe Cambadélis, en ouverture des débats.

La question, centrale, n'a été qu'effleurée vendredi : l'enjeu était ailleurs et les invités se sont surtout concentrés à livrer leur analyse et leur témoignage sur les processus en cours. Le Tunisien Khelil Ezzaouia, secrétaire général adjoint du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL) de Mustapha Ben Jaafar, a ainsi témoigné des difficultés à instaurer la démocratie après plusieurs décennies de dictature. «Aujourd'hui notre révolution est menacée par la contre-révolution de l'ancien régime», a-t-il dit.

© L. B.
Karim Tabbou, pour le FFS algérien, a lui dénoncé la répression des régimes autoritaires. Le commissaire adjoint aux relations internationales du Fatah, Afif Safieh, a appelé à soutenir la reconnaissance par l'ONU d'un Etat palestinien. «L'histoire est encore indécise et c'est à nous d'aider l'histoire à faire le bon choix», a-t-il lancé à la salle. 

«Vous n'avez rien de socialiste»

Mais c'est l'intervention de Nouzha Chekrouni, membre du conseil national de l'USFP marocaine, qui a suscité une mini-polémique: son parti a applaudi la récente réforme de la constitution de Mohammed VI. Cette ligne défendue vendredi par sa représentante devant «(sa) famille socialiste», a été aussitôt dénoncée par l'orateur du FDTL tunisien et atténuée par Delanoë. Mais c'est de la salle que l'attaque la plus virulente est partie : au micro, un jeune militant du collectif du 20-février, à l'origine des manifestations qui agitent le Maroc depuis plusieurs mois, a lancé à sa compatriote: «C'est parce que des personnes comme vous au Maroc ont trahi que nous sommes dans la rue. On a voté pour vous, vous avez vendu les valeurs socialistes. Vous n'avez rien de socialiste!»

L'anecdote illustre bien les ambiguïtés du PS vis-à-vis de certains régimes, notamment arabes. L'hiver dernier, il avait été vivement critiqué pour sa discrétion à l'endroit de la dictature de Ben Ali. Alors que les manifestations gagnaient tout le pays, le PS avait tardé à réagir pour soutenir la révolte et nombre de ses dirigeants avaient eu des mots très prudents, encore obnubilés par la crainte du péril islamiste.

Les défenseurs des droits de l'homme avaient aussi attaqué l'Internationale socialiste où le PS siégeait avec le RCD de Ben Ali et le parti de Moubarak – deux structures qui n'ont été exclues qu'avec la chute de leur régime. Ils avaient aussi rappelé que Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du FMI, avait salué en 2008 le «miracle» économique tunisien et accepté d'être décoré par Ben Ali.

D'autres avaient encore dénoncé l'ambiguïté, voire la complaisance, de certains membres du PS avec les dictatures du sud de la Méditerranée. Au premier rang desquels... Bertrand Delanoë. Né en Tunisie, propriétaire d'une maison à Bizerte, il a toujours défendu publiquement le régime de Ben Ali, sauf à une exception en 2009... Exception que le maire de Paris n'a pas manqué de mentionner vendredi. Dans son discours, il a offert un tout autre visage, concluant notamment par ces mots : «Je suis sûr que (...) nous sommes en train de vivre une histoire qui nous échappe peut-être mais par rapport à laquelle nous n'avons pas le droit d'être inactif. Nous devons être des militants.» Opportunisme ou réel changement? Réponse en 2012. Si la gauche l'emporte.