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samedi 5 novembre 2011

Pourquoi le mouvement du 20 février peut négocier avec les partis islamiques

Par Aboubakr Chraïbi, enseignant et militant de l'AMDH, 4/11/2011 https://www.facebook.com/MAMFAKINCH.Official

Il y a un véritable problème avec l’islam. Il suffit d’évoquer l’un des pays « arabes » pour que ce problème surgisse immédiatement. Nous le constatons chaque jour dans la télévision, les journaux, sur Internet, dans les librairies et même dans les mouvements bien intentionnés qui appellent au dialogue Orient/Occident. Aucun espace médiatique n’est épargné. Et tout ce remue-ménage, curieusement, semble peu productif.


Cependant, soyons précis : ce n’est pas l’islam qui est en jeu dans les révolutions en cours dans le monde arabe, c’est la démocratie, ou plus exactement l’exigence de démocratie. Des démocrates tentent de chasser des autocrates. L’islam serait-il alors un autre ennemi terrible de la démocratie, caché tout juste derrière les tyrans et les dictateurs ? Personne ne semble avoir de réponse satisfaisante… Cependant, une chose semble sûre : ce n’est pas là la priorité.

Ce n’est pas la priorité parce que la démocratie de toutes les façons est constamment remise en cause, par diverses idéologies, et qu’il faut aller à l’essentiel, à ce qui lui fait aujourd’hui barrage. L’Histoire nous a appris que la démocratie peut elle-même être ennemie de la démocratie ! Sinon que sont alors les mouvements colonialistes? Ne sont-ils pas partis de pays réputés démocratiques pour transformer d’autres pays et les habitants de ces pays en régions et en citoyens de seconde zone ? N’ont-ils pas pratiqué la torture ? Il serait vain de vouloir supprimer tous les ennemis potentiels de la démocratie (la liste est sans fin) avant de vouloir s’attaquer à l’essentiel, au tyran en acte, à celui qui concentre effectivement tous les pouvoirs.

En admettant que derrière les tyrans il y a de terribles islamistes (et non pas simplement des partis islamiques, dont une petite minorité est extrémiste …), cela signifierait seulement qu’il n’y a pas un, mais deux problèmes à résoudre, successivement : le tyran puis les islamistes, dans cet ordre.

La question qui se pose parfois, dans un esprit conservateur, est : faut-il préserver le tyran pour nous protéger de plus grands malheurs ? En d’autres termes, faut-il confier à un despote la résolution du problème de l’extrémisme ou du terrorisme islamiste?

Non. Il ne faut pas lui faire confiance. D’abord, ce serait immoral de notre part, ce serait renier nos propres valeurs de justice et de solidarité que de laisser faire le tyran avec les méthodes médiévales inacceptables qu’il a utilisées jusqu’à ce jour. Ensuite, en admettant qu’un tyran ait la volonté de résoudre le problème (et non pas seulement de l’entretenir …), il ne le fera pas en faveur de la démocratie, mais en sa faveur, naturellement, renforçant son autorité, créant des lois liberticides : c’est ce qu’il s’est concrètement passé depuis le drame du 11 septembre. Le tyran établira les lois antidémocratiques qui finiront par mettre tous les opposants dans la même prison, anéantissant au passage, avec les islamistes, les démocrates.

Aujourd’hui, les partis islamiques reconnus se réclament rarement comme islamistes. Même si leurs référents idéologiques, généralement, datent du VIIe-IXe siècles, sont archaïques, sexistes et passéistes, autant d’ailleurs que les deux autres religions du Livre, ils portent cependant des valeurs morales fortes (en faveur de la justice, du partage, du bon usage des biens publics, contre la corruption, …).

Pourquoi ne pas leur faire confiance ? Et une marque certaine de cette confiance partagée possible est de ne pas les identifier à la tyrannie actuelle, mieux encore: de les défendre contre cette tyrannie (c’est l’attitude méritoire de l’AMDH, par exemple). S’ils prônent un islam modéré, ils peuvent être des interlocuteurs et, pourquoi pas, sous certaines conditions, des partenaires : c’est encore une question de confiance et d’efficacité, de reconnaissance aussi de notre diversité. C’est une réalité du terrain. Le mouvement du 20 février en porte les germes, car c’est un mouvement généreux. Être démocrate c’est accepter cette réalité et cette diversité en privilégiant les qualités morales et en y mettant les conditions pour échapper aux archaïsmes. C’est l’avenir commun qui est en jeu, contre encore et toujours la tyrannie.

La place des femmes dans les mouvements sociaux du Maghreb au Proche-Orient

Par le CIIP, Maison des Associations à Grenoble, 4/11/2011

INVITATION À LA SOIRÉE DU 16 NOVEMBRE 2011
Dans le cadre des manifestations programmées pendant la Semaine de Solidarité Internationale ( SSI) à Grenoble, les deux associations Maroc Solidarités Citoyennes
et le Centre d'Informations Inter-Peuples (CIIP)
vous invitent à une rencontre
le mercredi 16 novembre 2011, à partir de 18 heures,
Maison des Habitants ( Centre Social Vieux Temple)
3, rue du Vieux Temple - Grenoble
Cette soirée a pour intention de mettre en lumière la place des femmes dans les mouvements sociaux qui se manifestent du Maghreb au Proche-Orient.
Deux militantes (l'une tunisienne et l'autre marocaine) présenteront des courts métrages sur les événements en cours dans leur pays .
Ensuite, après un petit buffet, les deux invitées feront le point sur la situation dans chacun de leur pays. Et, en replaçant éventuellement leur analyse dans un contexte plus vaste, elles pourront faire part des perspectives d'avenir.
 CIIP, Maison des Associations, 6bis rue Berthe de Boissieux, 38000 Grenoble
Tél /fax : 04 76 49 90 22 - courriel : marie.geney@numericable.fr
contact : 04 76 87 59 79

vendredi 4 novembre 2011

“Escales marocaines” beau livre à offrir ou à s'offrir

Présenté par M-J Fressard, solidmar, 4/11/2011

Un  livre pour les amoureux du Maroc, de son peuple accueillant et de ses somptueux paysages. A la fois fascinant album de photos, carnet de voyage grand format, avec croquis et aquarelles croqués sur le vif, et livre riche d’un beau texte qui privilégie les rencontres avec les habitants et leur rapport avec leur environnement.

Les trois auteurs, Alexis, Patrick et Sébastien, nous font voyager du nord au sud, puis retour le long de la côte atlantique, et prennent le temps de s’arrêter à chaque escale pour en traduire le charme par le dessin, la photo et le texte. 
Certains sites sont peu connus, et leur découverte donne envie  de les noter pour  de prochaines vacances … Telle au Moyen Atlas, la ville d’El Hajeb et son surprenant arrière-pays, où les trois auteurs découvrent pendant quelques jours la vie des bergers. Le Moyen Atlas, moins fréquenté que le Haut Atlas qui pendant longtemps lui a fait de l’ombre, est resté plus secret et plus vrai. Des groupes de randonneurs commencent à le découvrir avec ravissement.
Est évoqué le problème de l’abattage des cèdres centenaires, et leur transport sur d’énormes Bedford rouges. Les coupes sont maintenant règlementées, ont-ils appris par le garde-forestier, qui ne semble pas avoir évoqué  l’épineux problème de la  mafia des cèdres *.« Aromatique, tendre, léger, son sciage est facile et son séchage rapide. Le cèdre est un bois d’œuvre noble ». Pas étonnant qu’il soit tellement convoité…
D’autres escales se feront dans des sites plus connus, incontournables tant ils sont beaux. Dans le Rif, l’attachante petite ville de Chefchaouen- ou Chaouen-, « ville bleue par excellence » dont les ruelles de la vieille médina marient harmonieusement, pour le plaisir des yeux, tous les bleus, turquoise, émeraude…
Le Haut Atlas, ses somptueux paysages, ses majestueuses kasbahs et ses agadirs ocre de la couleur de la terre avec laquelle ils se confondent de loin... Ces merveilles sont parfois admirablement entretenues comme le ksar d’Aït Ben Haddou, inscrit au Patrimoine de l’Humanité, encore habité il y a quelques années. D’autres se délabrent au fil des années, volontairement délaissées pour punir son dernier propriétaire, le riche Glaoui qui a collaboré avec le colonisateur français. Stupide sanction qui va faire disparaître des chefs d’œuvre du patrimoine local comme la kasbah de Telouet, et aussi celle de Tamdakht si belle dans son cadre montagneux, qu’une famille essaie de rafistoler…
Petite halte à Marrakech, la ville ocre, la perle du sud victime de son succès . « Klaxon, agitation sur les trottoirs, sur le goudron, on se double, on s’énerve, on crie, on s’exprime à grands gestes,…on roule vite. » Marrakech et sa « place folle » : Jemaâ-El-Fna où les Marrakchis ne se lassent pas d’écouter des histoires mille fois entendues racontées par des conteurs aux talents de comédiens**.
Puis le sud. Magnifiques photos de dunes. Quelques pages sans texte, sans croquis, la beauté se suffit à elle-même. Deux gravures rupestres de Taouz pour prouver que l’occupation humaine du désert remonte à fort longtemps.
Le retour vers le nord se fait par la côte atlantique avec une escale à Moulay Bousselham, « véritable escale pour tous les oiseaux migrateurs … » où l’association Flamand rose pour l’écotourisme veille à la protection du site, et où un plan de nettoyage de la plage de ses plastiques est mis en place, sympathique « prise de conscience de la richesse et de la fragilité de ce patrimoine ».
Laissez-vous tenter par ce livre magnifique, beau cadeau à offrir ou à vous offrir pour les fêtes de fin d’année !
********************
* voir la vidéo http://youtu.be/bG0y_QLIdy4 (ndlr)
** Les touristes qui s’y pressent ne se doutent pas que sous la place, dans les locaux de la police, on pratique encore la torture… (ndlr)
  
Auteurs : Sébastien Carlier : texte et photos, Alexis Nouailhat: croquis et aquarelles, Patrick Vigne : photos
Éditions du Fournel  www.editions-fournel.fr , 152 pages, août 2011, prix : 25 €

Le Mouvement Marocain du 20 février Paris/Ile-de-France appelle à boycotter les élections législatives du 25 novembre au Maroc

par Mouvement du 20 février,Paris, 3/11/2011

Avec la chute de quelques régimes dictatoriaux, la libération des peuples du Maghreb et du Moyen Orient est en marche. Au Maroc, le Mouvement du 20 février poursuit sa lutte héroïque contre l’absolutisme et la dictature.
Malgré la propagande fallacieuse du régime, la lutte du peuple marocain pour la liberté, la dignité et la justice sociale s’amplifie et s’étend à toutes les régions du pays.
Face aux revendications légitimes du Mouvement du 20 février, le pouvoir absolu au Maroc n’a de réponses que par la répression, soit par les forces de répression officielles ou parallèles (des groupes de Baltajias), ou par les tentatives de contourner les aspirations de notre peuple à une réelle démocratie.
Ses récentes initiatives politiques pour redorer son blason ne trompent personne. Notre peuple a exprimé à travers ses manifestations pacifiques son rejet de la constitution octroyée. Il fait de même pour la mascarade électorale prévue le 25 novembre 2011 qui ne vise qu’à renforcer l’aspect despotique du pouvoir dans notre pays et à étouffer la colère du peuple marocain.
La quasi totalité des coordinations du Mouvement du 20 février à l’intérieur du Maroc à dores et déjà appelé notre peuple à boycotter ces élections. Ce positionnement politique traduit la volonté de notre mouvement de rompre totalement et définitivement avec les tromperies du régime despotique qui n'ont que trop duré.
Tout en continuant à revendiquer de réelles changements démocratiques pour les Marocains, le Mouvement Marocain du 20 février Paris / île de France s’inscrit totalement dans ce positionnement de boycott. Il appelle donc les Marocains résidant en région parisienne à se mobiliser contre la mascarade en cours pour les considérations politiques suivantes:
  •  Les élections du 25 novembre 2011 ne sont qu’une déclinaison d’une constitution absolutiste octroyée et qui n'exprime aucunement la volonté du peuple marocain.
  •  Elles sont basées également sur un découpage et des listes électorales faussés.
  •  Elles sont taillées sur mesures par le ministère makhzénien de l'Intérieur au bénéfice de la mafia électorale et au profit des symboles de la corruption que notre Mouvement 20 février n'a de cesse de combattre depuis sa naissance.
  •  Elles traduisent le mépris du régime marocain à l’égard de plus de 10% du peuple marocain vivant à l’étranger. En les excluant de sa mascarade électorale, le pouvoir et ses institutions prétendues représentatives des Marocains de l’étranger, confirment leur vision qui ne voit en cette population qu’une sorte de vache à lait lui rapportant devises et autres investissements, fruits de la sueur des Marocains résidant à l’étranger.
Vive le Mouvement du 20 février
Vive la lutte du peuple marocain



Le Maroc, pays de toutes les barbaries...


L’Islam au pays de Kafka
par salahelayoubi, eplume, 3/11/2011

Le 19 janvier 2007, au soir, une escouade d’agents de la Direction de la Surveillance du Territoire, la désormais sinistre DST, investit le domicile conjugal de Rida Benothmane,avec la brutalité qui sied aux méthodes de la police marocaine.

Perquisition, fouille minutieuse de l’appartement et saisie de l’ordinateur ponctuent cette visite.

Sans aucune explication, ni mandat d’arrêt, il est enlevé, sous les yeux de son épouse enceinte et conduit, manu militari, au bagne secret de Témara.

Une porte de cachot se referme, un destin bascule dans la tragédie !

Étrangement, Rida ne subit pas de sévices physiques, pendant les trois jours que dure son enfermement. Mais le détenu est entravé, les yeux bandés et fait l’objet de harcèlement psychologique et d’interrogatoires serrés, destinés à lui faire avouer un hypothétique complot dont il serait, à tout le moins, le membre, sinon l’instigateur. Les enquêteurs, qui prêchent le faux pour connaître le vrai, s’essaient à toutes sortes de méthodes et de stratagèmes, pour le faire avouer. Ainsi, ils s’arrangent pour que lui parviennent les hurlements de ceux que l’on torture, ou encore ils devisent, à haute et intelligible voix, sur les moyens de le faire disparaître, comme par exemple, celle de le jeter vivant, dans la fosse aux serpents.

Le Maroc appartient, assurément au camp des dictatures. Il en utilise les méthodes éprouvées de terreur. Arrêter quelqu’un ne suffit pas. Il faut encore instiller la terreur dans l’esprit de la famille, comme encre sur le buvard, par l’enlèvement brutal, qui remplace la convocation de police judiciaire et la disparition pure et simple, qui fait office de méthode de détention.

Pendant que l’on terrorise le fils, la mère, Rachida Baroudi, alertée, se lance, dès le lendemain à sa recherche. Elle écume les commissariats, y fait le pied de grue, dans l’espoir de voir quelque chose, quelqu’un, un indice. Elle bat le rappel des amis. Elle questionne, supplie, cherche, enquête, avant de se rabattre, par déduction, autant que par intuition maternelle, sur le centre de Témara.

De maman, à la recherche de son enfant, elle devient « Mère courage », mue par un instinct maternel irrépressible.

« Une folle ! » lui lancera le policier à qui elle demande son chemin.

Elle finit par découvrir le centre, au milieu de nulle part et des mauvaises herbes, sur une route impossible, qui se transforme vite en chemin de croix, lorsqu’une dizaine de policiers l’interpellent, l’encerclent, l’admonestent, la vilipendent et la bousculent :

« Tu n’as pas le droit d’être ici, rebrousse chemin ! Rentre chez toi » Hurlent-ils

Elle s’accroche, résiste, s’entête.

Tout son être n’est qu’un désir :

« Je veux juste avoir des nouvelles de mon fils ! Est-il vivant ? Est-il mort ? Qu’a-t-il fait pour être arrêté ? »

Elle raconte encore, aujourd’hui :

« De savoir mon fils, enchaîné là- dedans, me rendait folle de rage ! »

Les policiers nient la présence d’un quelconque détenu, dans ces lieux, qui ne sont rien d’autre que des bureaux administratifs. Ils argumentent que seule la police judiciaire est habilitée à arrêter et interroger les citoyens.

La mère n’en démord pas, elle détaille ses pérégrinations dans tous les commissariats et cite, à l’appui, les articles des journaux qui évoquent ce lieu de détention.

Les policiers nient farouchement, avant que l’un d’entre eux, apitoyé, sans doute, ne finisse par lui glisser la promesse d’un téléphone de son fils, et reconnaisse enfin, qu’il est accusé d’appartenance au groupe jihadiste « Ansar Al Mahdi ».

Obstination payante. Deux jours plus tard, on l’informe au téléphone que son fils se trouve au commissariat du Maarif, de sinistre mémoire. Un transfert, sans doute destiné à donner le change et nier une quelconque détention à Témara.

Il faudra attendre dix sept jours, avant que la famille ne puisse, enfin, visiter le détenu à la prison de Salé.

Instruction, jugement et condamnation selon l’article 218 de la loi anti-terroriste, qui punit tout individu ayant fait l’apologie d’acte terroriste, dans un lieu public ou dans les médias.

En réalité, la justice n’a rien à reprocher à Rida Benothmane, sinon d’avoir diffusé les images du centre de détention de Témara, publiées quelques semaines auparavant sur le magazine Tel quel, d’avoir critiqué la politique antiterroriste du Maroc, sur des sites militants et d’avoir participé, au grand jour, à des manifestations contre le gouvernement américain.

Rien de répréhensible, mais plutôt l’accomplissement du devoir citoyen de dénonciation des dénis de justice !

Mais nous sommes au Maroc, le pays de toutes les exceptions. La justice va le prouver en condamnant une première fois Rida à deux ans d’emprisonnement, avant de lui en infliger le double, pour avoir osé interjeter appel et surtout pour faire un exemple.

Rida accomplira la totalité de sa peine, en en subissant, au passage, une seconde, à voir sa famille réduite aux interminables files d’attente, sous le soleil et les intempéries, à l’heure des visites. Il devra également, s’accommoder de savoir ses proches humiliés ou insultés, les paniers de provisions fouillés par des surveillants inquisiteurs, au verbe fleuri et dont la grossièreté, n’a d’égale que la brutalité et l’ignorance.

Avanie suprême, sa mère subvient au besoin de sa petite famille

La sortie de prison équivaut à une troisième peine pour Rida qui n’en finit plus d’expier.

Il se présente à son employeur pour reprendre son travail. On lui signifie sa radiation des cadres de l’administration pour…abandon de poste ! Détail insupportable, le signataire de sa radiation n’est autre Abdelkader Alami, Président de la Ligue Marocaine pour la Défense des Droits de l’Homme (LMDDH). Toujours cette satanée exception marocaine qui pourrait en remontrer à Franz Kafka.

Pendant que Rida, libre, entame un long et inégal combat, pour faire reconnaître l’injustice dont il a eu à pâtir, une autre tragédie se noue, dans la terrible prison de Toulal, près de Meknès, où les prisonniers salafistes affrontent d’effroyables conditions d’incarcération, qui nous rappellent les récits abominables faits du bagne de Tazmamart, par ses survivants.

Ils subissent ainsi, les morsures du froid, l’hiver et la torture de l’étouffement, l’été, enfermés vingt quatre heures sur vingt quatre, sans possibilité de promenade, dans des cellules individuelles. Privés de savon, d’eau chaude, de soins médicaux, ils n’ont droit qu’à un seul repas, pendant le mois du ramadan, servi à 16.00, alors que le maghrib est à 19.30.

La plupart des détenus sont originaires de villes lointaines, Tanger, Casablanca, Marrakech. Les familles qui accomplissent ce long voyage, n’ont droit qu’à une visite éclair de quinze minutes. Le temps pour eux de saluer, à distance, le détenu, placé derrière les barreaux, d’échanger quelques banalités, sous la surveillance des gardiens, de remettre un panier de provisions, soumis à une fouille méticuleuse impitoyable qui, souvent, souille la nourriture, avant de devoir repartir.

On imagine aisément ce qu’endurent les prisonniers les plus pauvres, privés de ces visites, et du minimum vital.

Comme si tout cela ne suffisait pas, le mardi 2 août 2011, premier jour du Ramadan, du fond de leur cellule, les islamistes demandent à leur co-détenu, Abdallah El Manfaa, de leur faire la lecture du coran, pour fêter cette première journée de jeûne.

La récitation à peine entamée, le Directeur de la prison ordonne l’extraction de ce dernier de sa cellule, le fait mettre à nu et ordonne aux gardiens de le battre à coup de gourdins, jusqu’à la perte de connaissance.

Les autres prisonniers protestent contre le traitement barbare, infligé à leur compagnon d’enfermement. Ils hurlent leur indignation, martèlent la porte de leur cellule, à coup de pieds et de poings.

Le directeur fait extraire trois autres détenus, Adil El Ferdaoui, Youssef Al Khoudry et Abdessalam El Massini. Il leur fait subir le même sort que le premier, avant d’ordonner à ses sbires de traîner les quatre détenus au mitard pour les violer avec les bâtons qui ont servi à les battre.

Tant de barbarie ne peut qu’interpeller les consciences, même celles rompues à côtoyer la souffrance.

Dans un pays où l’Islam est religion d’Etat, comment imaginer que l’on puisse infliger de telles ignominies, à son semblable, privé de liberté.

Pendant que Mohamed VI, se déguise en commandeur des croyants, et singe la posture hypocrite de la contrition qui sied à l’exercice, des hommes et des femmes sont torturés dans ses geôles.

Quelles que soient les raisons qui leur ont valu l’enfermement, un État qui se respecte, doit à ses prisonniers, tous ses prisonniers, un minimum d’égard, de respect et de dignité.

C’est aussi cela, bâtir un État de droit !

jeudi 3 novembre 2011

URGENT : A Safi, un militan kidnappé par la police. Tous devant le tribunal !


Par globalattac,3 /11/2011, 16h26

 AGADIL ABDELJALI militant du mouvement 20 février de Safi et membre d'Attac Safi  a été kidnappé par la police judiciaire de Safi ( cette brigade qui a déjà tué deux jeunes militants à Safi :Kamal Ammari et Mohammed Boudarwa, lors de précédentes manifestations du mouvement du 20 février) 

Agadi Abdeljali est membre d'Attac Safi et membre fondateur du mouvement du 20 février à Safi.

Jusqu' à maintenant on ne sait rien à propos de l' endroit où il se trouve,  ni comment il a été traité par les forces de police.

Tous demain
devant le siège du tribunal de Safi
à 9 h 
pour manifester contre ces actes criminels 
et demander 
la libération immédiate de notre camarade!

Les femmes sahraouis dans les campements de réfugiés...

Par Apso Lument, 3/11/2011

Un nouveau documentaire, les femmes sahraouies dans les campements de réfugiés... la présentation :


Der Trailer www.ladies-of-the-desert.com

Développement humain : Pauvreté et analphabétisme paralysent le Maroc

Par Hanane Jazouani, yabiladi, 3/11/2011


Alors que le Maroc sort le grand jeu pour attirer plus d’investisseurs dans le pays et améliorer son climat d’affaire, (le Maroc a gagné 21 places dans le rapport Doing Business), il en fait, en revanche, beaucoup moins pour améliorer les conditions de vie de sa population, notamment en termes de distribution de revenu, santé et d’éducation. Le rapport du PNUD, publié hier, le place cette année à la 130ème place sur 184 pays alors qu’il était, l’année dernière, classé à la 114ème place sur 169 pays.

Contexte mondial

Avant de s’attarder plus longuement sur la situation du Maroc, attachons-nous tout d’abord aux tendances mondiales pour mieux comprendre le contexte dans lequel le Maroc évolue.

Le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement souligne qu’au niveau mondial, la distribution des revenus s’est dégradée, que de graves inégalités persistent entre les hommes et les femmes et que la destruction de l’environnement s’intensifie, entraînant des sécheresses ou des pollutions des étendues d’eau. Par conséquent, les malnutritions se multiplient.

Par ailleurs, le rapport souligne qu’1,5 milliards de personnes aujourd’hui n’ont pas accès à l’électricité. Le PNUD encourage vivement les pays à utiliser de plus en plus les énergies renouvelables pour préserver l’environnement et ainsi améliorer les conditions de vie des populations.

Enfin, le rapport souligne avec enthousiasme l’augmentation des pays démocratiques dans le monde grâce au printemps arabe. Il rappelle que près de 100 millions de personnes ont été libérées des régimes autocratiques mis en place depuis des décennies. Cependant, le PNUD reste prudent et ne souhaite pas se prononcer à l’heure actuelle pour savoir si les révoltes arabes vont permettre, au final, d’améliorer les conditions de vie des populations.

Blocage

Comme l’année dernière, le Maroc reste bloqué dans la catégorie des pays au développement humain moyen. Il est largement devancé par la Jordanie (95ème rang), l’Algérie (96), l’Egypte (113), Palestine (114), la Syrie (119). Le Maroc se retrouve non loin de l’Iraq classé à la 132ème place.

Les autres pays musulmans qui offrent un développement humain élevé sont les Emirats Arabes-Unis (30), le Qatar (37), l’Arabie Saoudite (56), la Libye (64), l’Iran (88), la Turquie (92) et la Tunisie (94).

Les champions du monde n’ont pas bougé d’un pouce. Il s’agit de la Norvège (1), l’Australie (2), Pays Bas (3), Etats-Unis (4) et Nouvelle-Zélande (5). La France est classée à la 20ème position. Les trois derniers de la classe sont, le Burkina Faso, le Libéria et le Tchad.

Les Marocains vivent plus longtemps

Néanmoins, il faut souligner que l'Indice de Développement Humain (qui se fonde sur l'espérance de vie, le niveau d'éducation et le niveau de vie), a grappillé quelques petits points au Maroc par rapport à l’année dernière. Il atteint 0.582 cette année contre 0.567 l’année dernière. Dans d’autres pays, il atteint par exemple 0.698 pour l’Algérie et la Tunisie ou 0.760 pour la Libye.

Le rapport souligne que le Maroc fait parti des cinq pays arabes et des dix meilleures progressions générales à avoir amélioré son IDH depuis 1970.

Une augmentation due à l’espérance de vie qui s’allonge un peu plus chaque année. Un bon point pour le Maroc. A noter qu’au cours des 40 dernières années, l’espérance de vie au Maroc a augmenté de 20 ans. En 2011, l’espérance de vie est de 72.2 contre 71.8 années en 2010.

Dans la liste des bons points, le rapport souligne que le Maroc fait partie des 10 pays les plus performants qui ont permis à leur population la plus pauvre d’avoir accès à l’eau et à l’assainissement.

Les Zimbabwéens dépassent les Marocains

Par contre, l’un des gros points faibles du Maroc reste encore et toujours l’éducation. Elle ne fait, hélas, toujours pas partie des priorités du gouvernement. C’est ce qui empêche le Maroc de faire mieux dans le classement. La durée moyenne de scolarisation n’a pas bougé d’un pouce depuis l’année dernière. Elle est toujours de 4.4 années. Le Maroc fait beaucoup moins que d’autres pays arabes.

Par exemple, en Tunisie et en Turquie, elle est de 6.6 années, en Jordanie de 8.6 années, en Algérie de 7 années.

Le comble est que certains pays classés dans la catégorie des pays à développement humain faible font même mieux que le Maroc en terme de scolarisation. Au Pakistan, la durée moyenne de scolarisation est de 4.9 années, au Cameroun et au Lesotho 5.9, en Zambie, elle est de 6.5 et au Zimbabwe de 7.2 années, alors que ce dernier est classé à la 173ème place du classement général.

Par ailleurs, les chiffres du rapport souligne également que le pouvoir d’achat des Marocains a baissé en un an. Le Revenu National par Habitant atteint cette année 4196 dollars PPA (Parité de Pouvoir d'Achat) contre 4628 dollars PPA en 2010, une baisse de 432 dollars PPA.

Inégalité entre genres

Autre faiblesse du royaume : sa forte inégalité entre les hommes et les femmes. Le rapport rappelle que 6.7% des sièges du Parlement sont occupés par des femmes. Pas de changement depuis l’année dernière. D’autres pays font beaucoup mieux que le royaume. Par exemple en Irak, 25.2% des sièges sont détenus par des femmes, 42.7% en Afrique du Sud, 9.1% en Turquie et au Congo, 12% en Jordanie ou encore 7% en Algérie.

D’autre part, le taux d’activité de la population active chez les Marocaines est de 26.2%, contre 60% chez les Brésiliennes, 31.9 chez les Iraniennes, 37.2 chez les Algériennes et 70% chez les Gabonaises.

Taux de mortalité maternelle élevée

Il ne faut pas oublier également que trop de femmes marocaines meurent encore aujourd’hui en donnant naissance à leur enfant. Les principales raisons à cela est le manque d’accès aux hôpitaux, aux soins mais aussi le manque de personnes qualifiées lors des accouchements, surtout dans les zones rurales.

Le rapport souligne que le taux de mortalité maternelle en 2008 pour le Maroc est de 110 pour 100 000 naissances. Un taux qui diminue doucement mais sûrement au Maroc grâce aux différentes politiques menées par le ministère de la santé depuis 2008. D’ailleurs, baisser le taux de mortalité maternelle est l’un des 15 Objectifs du Millénaire qui donne le plus de fil à retordre au Maroc. Le pays devra faire passer ce taux à 83 pour 100 000 naissance en 2015. A titre de comparaison, ce taux atteint 60 en Tunisie, 64 en Libye, 24 en Arabie Saoudite, 75 en Irak, 8 en France ou encore 3 en Irlande.

Trop d’analphabètes

Se développer passe également par encourager sa population à savoir lire et écrire. Hélas, le Maroc doit faire beaucoup de progrès dans ce domaine.

D’après le rapport, le taux d’alphabétisation des adultes atteint les 56.1% au Maroc. Bon nombre de pays arabes et africains dépassent largement les Marocains : la Jordanie (92.2%), l’Egypte (66%), l’Angola (70%), le Rwanda (70%), le Soudan (70.2%) et même le Libéria (59.1%), l’un des trois plus mauvais élèves du classement général.

Satané 29 octobre ...


par Salah Elayoubi, 29/10/2011 

Mustapha Manouei
Mustapha Manouzi a présenté sa démission de l’instance Forum Vérité et Justice, dont il assurait le Secrétariat Général.
Dans un communiqué incendiaire, l’intéressé impute à une bande criminelle, l’assassinat de Kamal Hussaini, avant que dit-il, n’ait séché le sang de Mohamed Bouderoua.
Cette initiative vient en protestation contre l’assassinat de ce militant du 20 février, poignardé jeudi dernier, dans sa ville de Beni Bou Ayach.

On ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre cette démission et le trente-neuvième anniversaire de la disparition de Houcine Manouzi. Celle-ci en rappelant une autre, intervenue à la même date, le 29 octobre de l'année 1965, à Paris, sur le trottoir de la brasserie Lipp, celle de Ben Barka
L’instance équité et réconciliation mise en place pour faire la lumière sur les années de plomb, a émis des recommandations, sans que celles-ci n’aient, jamais, été suivies d’effet.
Les Manouzi, une famille de patriotes au courage exceptionnel, qui, après avoir combattu le colonialisme, et souffert de ses affres, se sont trouvés confrontés à la dictature marocaine à laquelle ils ont payé un lourd tribut.
Le Commandant Brahim Manouzi, victime d’une exécution extra judiciaire, sur ordre du Général Oufkir, le 13 juillet 1971, et dont le corps n’a jamais été restitué à la famille.
Houcine Manouzi, disparu depuis le 29 octobre 1972
Moujahid Kacem Manouzi, mort sous la torture à Derb Moulay Chérif, au mois de septembre 1970, et dont le cadavre n’a, non plus, jamais pas été rendu à la famille.
Le Docteur Omar Manouzi, que les assiduités criminelles du régime ont broyé et précipité dans la folie

A plusieurs reprises, Mustapha Manouzi avait émis des doutes, sur la volonté réelle de l’Etat, de voir se faire toute la lumière, sur les crimes des années de plomb.
- « l’Etat veut la réconciliation sans équité et sans vérité ! », avait-il déclaré lors de l’une de ses interviews.

Le calvaire de Houcine Manouzi
Houcine Manouzi milite dans les rangs de l’UNFP, lorsqu’en 1971, il est accusé d’activités subversives et de complot contre la sûreté de l’Etat. Il est condamné à mort par contumace,.
Enlevé en Tunisie où il se trouve le 29 octobre 1972, il est alors, transféré au Maroc dans le coffre d’une voiture à plaques diplomatiques.

Il passera par le tristement célèbre Point Fixe numéro 2 (PF2), ou « Dar Mokri », puis par le numéro 3 (PF3), lieu de détention et de torture, placé sous la responsabilité de la DGED.
Ali Bourequat, dans son récit intitulé, « Dix huit ans de solitude », raconte comment Houcine, son co-détenu, a été l’un des inspirateurs de l’évasion du 12 juillet 1975, en compagnie de quelques uns des militaires impliqués dans le putsh de Skhirat de juillet 1971, le colonel Ababou, le capitaine Chellat, l’aspirant M’zireg, et l’adjudant-chef Akka.
Au nombre des évadés, Ali Bourequat et ses deux frères Midhat et Bayazid seront repris, dès le lendemain, dans un verger de pruniers, au Sud de Rabat, en compagnie des militaires.
Chellat qui avait refusé de suivre le groupe sera repris à Rabat à l’aube du 13 juillet.
La cavale de Akka durera onze jours.
Houcine, lui, sera repris, à Aïn Aouda, alors que, passager d’un vélomoteur, il tentait d’éviter les barrages mis en place pour l’appréhender.
Depuis, sa trace se perd.

Evasion et exécutions extra-judiciaires collectives
L’extrait saisissant d’horreur, du récit de Bourequat, sur la suite que le régime marocain a cru devoir donner à cette affaire, pourrait constituer un sérieux indice sur le sort qui aurait été réservé à Houcine.
Il écrit :

« Le 17 juillet au soir, grand remue-ménage dans la cour.
Des dizaines d’individus parlent en même temps.
Soudain, un coup de feu claque. Je me lève d’un bond, me plaquant contre la lucarne. Je scrute la cour par le petit trou de vis.
Un homme vient d’être abattu. Il est grand, corpulent. Je reconnais sa djellaba. C’est Moulay Ali Fakhim.
La cour, gardée par des gendarmes en treillis, qui ont pris position en face de la salle de douches, est encore une fois pleine de monde, comme le jour de notre capture. J’aperçois le colonel Dlimi, le colonel Benslimane, commandant la gendarmerie, le général Moulay Hafid, Houcine Jamil, les commissaires Ben Mansour et Ben Cherif, qui m’ont torturé deux ans plus tôt, le capitaine Fadoul et plusieurs hommes, en civil , mais armés.
Ils attendent la prochaine exécution.
On amène dans la cour le colonel Ababou. Il a un baillon sur la bouche, un bandeau sur les yeux et des menottes dans le dos. Aassou, un des gardes, le soutient. Il l’entraîne vers le terre-plein situé devant les toilettes, le force à s’agenouiller. Un colosse, vêtu d’une chemise et d’un pantalon, s’avance vers lui, un revolver à la main, et lui tire une balle dans la nuque. Ababou est projeté en avant. Deux autres gardes, Hamou Ben Othmane et Ahi Agherbi, se précipitent, traînent le cadavre un peu plus loin.
On amène ensuite le capitaine Chellat et l’aspirant M’Zireg.
Chellat, résigné, se laisse conduire et meurt, sans une plainte.
M’Zireg, lui, se débat comme un lion, hurle à travers son bâillon.Il faudra trois hommes pour le maîtriser, l’allonger sur le ventre et le maintenir, le temps de lui tirer une balle dans la nuque.
Deux gardes s’approchent alors de ma cellule. J’ai juste le temps de reculer pour ne pas être aperçu. Je me couche en chien de fusil sur ma couverture, face au mur.
J’entends un dernier coup de feu, puis la voix de Dlimi, qui crie

- « Lâche-moi, lâche-moi ! Regarde ma chemise: elle est toute tachée du sang de Rachid ! »

Rachid est le prénom d’un des deux gardes que les militaires ligotèrent, le soir de l’évasion. »

Selon Ali Bourequat, Houcine Manouzi s’était emparé d’une arme de poing, lors de l’évasion. On peut aisément imaginer quel aura été le sort du malheureux, d’autant que, condamné à la peine capitale, le régime aura, sans doute, préféré faire appliquer la sentence, plutôt que courir le risque d’une nouvelle évasion.
A-t-il été exécuté plus tôt, sans que Bourequat n’en ait été témoin ?
A-t-il été exécuté ailleurs. Au PF4, par exemple ?
Seuls les protagonistes de cette affaire, pourraient apporter des réponses aux questions que continue de se poser la famille Manouzi.

De cette sinistre affaire, l’avocat de la famille a, un jour, eu ces mots, où l’ironie le dispute à l’interpellation des consciences de la prétendue nouvelle ère :

- "Quand j’ai pris en charge le dossier Manouzi, j’étais un débutant avec quatre ans de carrière derrière moi. Aujourd’hui, il ne me reste plus que quatre ans pour prendre ma retraite. Ce serait bien de mettre le mot fin à ce dossier".

Houcine Manouzi
Comble de l’ignominie, En 1994, la DST informait la famille que Houcine était encore vivant, lui conseillant vivement, d’éviter toutes déclarations dans la presse, si elle voulait le récupérer.
Puis, le 16 août 2001, les autorités remettaient aux parents, un certificat de décès, ne portant aucun cachet et datant le décès au 17 juillet 1975, alors que plusieurs amis et co-détenus prétendent avoir vu Houcine, en vie, après cette date.
Trente-neuf ans après le début de cette affaire, le pouvoir marocain continue de compter des criminels dans ses rangs. Certains sont disparus, de leur belle mort.
D’autres tapis dans l’ombre, continuent de dispenser leur savoir-faire à dea apprentis criminels et se tiennent en embuscade, le cas où.
Mehdi Ben Barka
D’autres continuent d’officier, comme si de rien n’était, alors que la justice internationale les recherche, en particulier, dans le cadre de l’enlèvement de Ben Barka, dont, ni le corps n’a été retrouvé, ni les circonstances de son supplice n’ont été élucidées.
Enfin le reste de ces nervis sans foi, ni loi, coule une paisible retraite, dans une de ces innombrables propriétés, fermes et immeubles, que la dictature marocaine a confisqués, au profit de ceux dont elle achète la complicité des crimes odieux dont elle se rend coupable, depuis plus de cinq décennies.

Alors si Mustapha Manouzi a quitté l’une de ces pléthoriques instances, commissions ou associations, faire-valoir de la dictature marocaine, on ne peut que s’en réjouir et lui souhaiter un bon retour parmi les démocrates.

Une bannière judéo-arabe pour la paix.


Par Céline Girard, Le Soir Echos,  28/ 1/ 2011
La 166e mission judéo-arabe, composée de militants associatifs français, était en visite cette semaine au Maroc, pour témoigner de la situation en Palestine, mais aussi pour appeler au boycott des produits israéliens. Le Soir échos les a rencontrés, lors de leur escale à Hay Mohammedi, à Casablanca.
Une mission « judéo-arabe » en Palestine est une bannière qui interpelle. Appartenant à des associations françaises, ces militants juifs et arabes ont fait le choix de s'unir pour défendre la paix en Palestine. « Nous essayons de démontrer symboliquement que juifs et arabes, nous pouvons être du même côté de la barricade, si la ligne de démarcation est le droit et le non-droit », explique Michèle Sibony, présidente de l'Union Juive Française pour la Paix (UJFP).
Répondant à leur objectif premier d'informer, ils se sont rendus à deux reprises en Palestine, une première fois en février 2002, puis une deuxième fois en octobre 2010. Réalisées dans une intervalle de 8 ans, les deux expériences ont montré une évolution dramatique de la situation. «A l'inverse de la première mission, qui montrait un territoire encore relativement ouvert et une résistance optimiste, la deuxième a mis en lumière une phase de résistance plus individualisée et plus localisée. Une certaine fausse normalité, plus déprimante s'est imposée sur le territoire », raconte Michel Warschawski, militant juif pour la paix qui avait servi de guide en Palestine. C'était en 2010. La mission était, alors, constituée de militants de quatre associations françaises : l'Union Juive Française pour la Paix (UJFP), l'Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Immigration, Développement, Démocratie (IDD) et la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR).

Rencontre avec la société civile marocaine
Venus témoigner au Maroc de leur expérience en Palestine, les membres de cette mission judéo-arabe se sont rendus mardi à l'AMDH à Rabat, puis hier au Centre de soin de l'Association marocaine de réhabilitation des victimes de la torture (AMRVT) à Hay Mohammedi, avant de partir ce week-end pour l'université de Marrakech et à Khmis Dadès. « Nous sommes venus au Maroc car notre groupe est composé à 90% de personnes d'origine marocaine », souligne Driss El Kerchi, président de l'Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF).
Campagne BDS
Cette tournée en terre marocaine a été une occasion non seulement d'échanger avec la société civile marocaine sur leur combat pour la paix en Palestine, mais aussi de présenter la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).
Répondant à un appel lancé par 172 associations palestiniennes en 2005, le mouvement BDS prône le boycott des produits israéliens, dans le but de remettre en question les relations des firmes et des États avec l'Etat hébreu. « Le fondement de cette campagne est de lutter contre l'impunité dont jouit l'Etat colonisateur », explique Michèle Sibony. Selon ces partisans de la campagne, c'est à la société civile de jouer un rôle actif, en boycottant les produits qui contribuent à l'économie israélienne ou encore en remettant en cause les accords avec les universités israéliennes, dont celle de Jérusalem-Est, construite sur des terres occupées. Suite à ces premiers contacts positifs avec le milieu associatif marocain, la mission envisage déjà de revenir dans quelques mois, pour s'adresser à un plus large public. « La question palestinienne et celle de la normalisation gouvernementale marocaine avec Israël ne peuvent qu'intéresser la jeunesse marocaine. Il s'agit de discuter et d'éclairer cette question », conclut Michèle Sibony.◆