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samedi 31 mars 2012

Après plus de 100 jours de grève de la faim, Ezedine Erouissi a été transféré à l’hôpital Suissi à Rabat

Par Moha Oukziz, 30/3/2012

Depuis le 28/3 au soir Ezedine est à l’hôpital Suissi à Rabat. Moha Oukziz, coordinateur du comité de soutien, donne les dernières nouvelles.

« Tout à l'heure j'avais le papa d'Ezedine au téléphone, il était à Rabat suite au transfert d'Ezedine.
Il salue le comité de soutien. " ça me réchauffe le cœur et me fait oublier un peu les peines et les maux que subit mon fils" a t-il déclaré au téléphone. L'intervention des élus communistes est pour quelque chose dans ce déplacement.

Le père d'Ezedine m'a confirmé que son fils est très affaibli . Il n’oublie jamais de lui transmettre nos salutations et notre soutien. Ezedine lui a demandé de transmettre ses salutations chaleureuses au comité de soutien en France et à tous ceux qui le soutiennent, lui et ses camarades dans leur lutte légitime.
Des militants se chargent de son accueil et de son hébergement à Rabat. Il m'a signalé  qu'il lui apporterait demain quelques affaires et vêtements dont il a besoin car il n'est qu'en sous vêtements. 
Il a le cœur très serré, il "ne comprend pas" l'attitude du gouvernement et du régime au Maroc. Les jeunes au Maroc ne demandent que leurs droits, leur situation est des plus précaires, il a même vu de ses propres yeux des étudiants qui font la manche et fouillent dans les poubelles pour s'alimenter. La toute maigre bourse n'a été versée aux étudiants qu'en février dernier, s'exclame –t-il, désolé…
Enfin j'ai découvert que le secrétaire du CNDH, après 100 jours de souffrances d’Ezedine, a joué le rôle de l'émissaire du régime pour le manipuler et non satisfaire ses revendications. Sale boulot d'un ancien militant révolutionnaire qui a changé de veste et de camp…»

Information du comité de soutien :
- La pétition des cyberacteurs a été signée par plus de 2500 personnes,le comité de soutien les transmettra aux autorités marocaines et françaises et elle sera bientôt clôturée..

- Une nouvelle pétition, actualisée, sera remise en ligne par cyberacteurs, demandant également la libération de tous les prisonniers politiques marocains, conformément aux souhaits d’Ezedine.

- Les deux autres pétitions, « en ligne » et mamfakinch, peuvent toujours être signées.

Mouad Belghouat "L7a9ed" à nouveau en prison (TV5MONDE)

la police manque vraiment d'humour...
Vidéo ajoutée par tv5monde le 31/3/2012
http://youtu.be/CKNrbzP4Xt8
Le rappeur marocain à nouveau arrêté au Maroc, cette fois pour outrage à la police. Il sera fixé sur son sort la semaine prochaine. 
La correspondance de Mehdi Meddeb dans le journal de TV5MONDE.

par Younes Derraz facebook
Ces enfoirés de makhzéniens se sont mis à six pour arrêter Mouad, ou plutôt pour le kidnapper !!! Six !!!! Comme si Mouad était un gros trafiquant armé jusqu’aux orteils ! Il a fallu six de nos Rambos super entrainés et super préparés pour arrêter un artiste pacifique frêle comme un bambou ! Mais je les comprends, le gracile Mouad est GÉANT, est PUISSANT, est INDESTRUCTIBLE, non pas par sa force physique, mais par la force de ses mots, la force de son engagement, la force de sa conviction !

Asmaa Kastit, histoire d'une nouvelle victime de viol et de mariage forcé


Par Houda Belabd, Yabiladi, 30/3/2012
Au Maroc, le triste scénario des mineures violées ne s’est pas encore achevé. Suite à l’affaire Amina Filali qui a ému le Maroc mais aussi la société civile internationale, une autre adolescente vient de se suicider. Motif : elle ne supportait plus « la honte » causée par son violeur et pour ne pas avoir à l’épouser, sous la pression de sa famille. 
/DR. Un suicide risque d'en cacher un autre...

A l’instar d’Amina Filali, Asmaa Kastit est une jeune adolescente marocaine qui vient de se donner la mort après avoir été violée. Originaire de la commune rurale de Béni Ammar (Chaouen), la mineure de 16 ans n’a pas pu supporter la pression que sa famille lui a mise, pour l’obliger à épouser son violeur. Marocain résident en Espagne, l’auteur du viol, âgé de 39 ans est le beau-frère de la sœur d’Asmaa. Celui-ci, après avoir assouvi ses désirs sexuels a disparu de la circulation.

Cette fois-ci, la société civile marocaine tire littéralement la sonnette d’alarme face à l’archaïsme des lois marocaines en matière de viol et violences féminines. « Nous sommes devant une réalité amère. Au Maroc, les lois en vigueur ne protègent pas réellement les mineures violées », lance d’emblée Najia Adib, présidente de l’association de lutte contre le viol de mineurs et la pédophilie, Ne touche pas à mes enfants. « L’amendement de l’article 475 du code pénal et les articles 20 et 21 du code de la Famille s’avère être une urgence de premier ordre », ajoute la militante.

Selon ses mots, la commune rurale de Béni Ammar reste une zone conservatrice où les habitants taxent d’indécence les familles des filles violées. De ce fait, les mentalités ultraconservatrices n’aident pas le gouvernement à abroger les lois mises à l’index. « Je ne crois pas que le gouvernement compte, dans un avenir proche, mettre un terme aux lois archaïques marocaines. Il faudra que la société civile internationale nous aide dans ce sens, car les mentalités des régions conservatrices du Maroc profond ne changeront pas la situation des violées d’un iota. Néanmoins, il a fallu que ces zones soient les premières victimes du fléau. L’affaire d’Asmaa n’est pas moins importante que celle d’Amina, ni moins sensible que les cas non-déclarés de viols et mariages forcés pratiqués sur des mineures marocaines », développe Najia Adib.

Bassima Hakkaoui sur la défensive
Lors de son dernier point de presse relatif à ce dossier, Bassima Hakkaoui, ministre marocaine de la Femme, la famille, la solidarité et du développement social a déclaré que l’amendement des lois incriminées ne se fera pas du jour au lendemain. « Les mariages des mineures ne sont pas toujours forcés. Parfois les juges se soumettent à la volonté des familles des mariés. Surtout s’il s’agit d’une affaire de viol », entrevoit-elle, avant d’ajouter : « Le suicide des mineures violées est certainement une affaire alarmante ». Aussi, mentionne-t-elle que le contexte culturel marocain nécessite la réflexion de toute la société marocaine, avant de réclamer l’abrogation des textes de lois qui en gênent plus d’un.


Droit au logement discriminatoire à l’OCP au Sahara Occidental

Par APSO, 29/3/2012

Le groupe national marocain OCP exploite notamment le phosphate à Phosboucraa au Sahara Occidental occupé, en contravention du droit international selon l’avis juridique de l’ONU de 2002.

Les droits des travailleurs sahraouis du phosphate ont été progressivement annulés à partir de l'invasion et de la colonisation marocaine en 1975. Suivant une politique visant la dissolution ou disparition du peuple originaire sahraoui, les travailleurs de Phosboucraa ont été massivement remplacés par des colons marocains, surtout aux postes à responsabilité.
Les avantages sociaux acquis par les Sahraouis pendant la période coloniale espagnole ont été supprimés pour les Sahraouis, dont certains revendiquent toujours le respect de leur droit à la retraite par exemple, ou d'être traités de la même façon que les travailleurs marocains au regard des grilles de salaire et promotion. (Cf CSTS)

Depuis 1975, pour inciter au travail, l'OCP fournit des logements à leurs familles. Tous ces logements se trouvent au Maroc. Les travailleurs sahraouis, habitant sur leur terre et sous la colonisation, n'ont jamais bénéficié de cet avantage, l'OCP n'ayant jamais construit d'habitations au Sahara Occidental.
Les travailleurs sahraouis du phosphate qui ne sont pas intéressés par un logement au Maroc demandent donc que leur soit accordé en argent ce qui est donné en nature aux autres travailleurs, pour pouvoir construire leurs maisons eux-mêmes au Sahara Occidental.
1000 à 1500 travailleurs sahraouis pourraient n’avoir jamais bénéficié de l’aide au logement qui semble conditionnée à la localisation de la maison au Maroc et non au Sahara Occidental. Cela constitue donc un avantage discriminatoire, favorisant les colons marocains.

Lors d’une réunion entre le directeur de société Phosboucraa et la société Al Omran ( société de constructions immobilières) ceux ci se sont accordés pour construire des logements à Agadir et Marrakech pour les employés de la compagnie. De nouveau des employés ont revendiqué des logements à El Aaiun ou bien une compensation. Cela devait être traité lors de la réunion du 29 février 2012.

Mouloud
Pendant cette réunion, les représentants de l’employeur ont prétexté le besoin d’une pause cigarette pour partir sans discuter le problème. C’était une fois de trop pour le syndicaliste sahraoui Mouloud Amaidan qui a refusé de partir de la salle de réunion. Selon lui la réunion n’était pas finie, et il en avait assez des promesses constamment non tenues. La protestation s’est par la suite transformée en Sit-in, la direction refusant de poursuivre la réunion.
Lors d’une réunion organisée le 8 mars et à laquelle Mouloud Amidan n’était pas invité, il semble que les représentants des salariés présents aient donné leur accord à la compagnie pour les constructions qu’elles proposaient, au Maroc. (détails voir info EM)
http://ap-so.blogspot.fr/
Mouloud Mohamed M'barek Amidan est né en 1965 à El Aaiun. Il est employé depuis 1986 comme cadre de OCP Phosboucraa, au département de gestion à El Marsa. Il est membre du bureau national du syndicat UGTM (Union Générale des Travailleurs au Maroc), élu représentant des travailleurs depuis deux mandats et membre du comité du dialogue avec l'administration.

Alors qu’on lui refuse le PV de la réunion qu’il soupçonne d’être un faux, mais aussi de pouvoir recevoir la visite du médecin du travail, et que s’exercent des pressions sur sa famille et les travailleurs sahraouis, Mouloud Amidan mène une grève de la faim du 9 au 14 mars, dans la salle de réunion qu’il n’a toujours pas quittée.

Il reçoit, daté du 13 mars, un avis l’informant qu’il sera « rayé des contrôles de la société » s’il ne justifie pas son « absence irrégulière depuis le 1er mars ». Une réunion avec le directeur le 27 mars n’aboutit à rien.

Le 29 mars, un Sit-in de protestation pour le respect des droit des travailleurs et de solidarité avec les syndicalistes a réuni 120 personnes. Un appel est lancé pour de nouveaux Sit-in lundi et mardi prochain.

Pour l’anecdote, les équipes de sécurité de l’entreprise ont été renforcées par plus d’une centaine d’agents de sécurité de compagnie privées et 12 chiens. 1 syndicaliste sahraoui agacé et déterminé est donc très dangereux pour les dirigeants marocains !

APSO, 28 mars 2012
Sources : EM, APSO Sahara, les Syndicalistes