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jeudi 28 juin 2012

France : Enfants derrière les barreaux

Par Clémentine Ebert, via Change.org 
Manuel Valls : interdisez le placement d'enfants en centre de rétention administrative !
 
 En France, on continue d'enfermer des enfants dans des centres de rétention inhumains et traumatisants, au seul motif que leurs parents n'ont pas de papiers. Avocate, j'ai été bénévole pour des associations d'aide aux migrants, j'ai accompagné des familles en grande détresse.  
 
Il y a quelques jours, un cas m'a révoltée: celui d'un couple de réfugiés angolais et leurs enfants de 2 ans et 4 mois placés en rétention administrative à Rennes. Les associations ont alerté le Défenseur des droits Dominique Baudis et obtenu leur libération. Hélas, d'autres enfants connaissent en ce moment l'épreuve angoissante de l'enfermement, car les préfets sont encore autorisés à recourir à cette mesure. M. Baudis vient d'appeler le ministre de l'Intérieur Manuel Valls à stopper immédiatement cette pratique, indigne et scandaleuse. Mais le ministre n'a pris à ce jour aucun engagement.

 J'ai donc lancé une pétition sur Change.org demandant à Manuel Valls d'interdire le placement d'enfants en rétention administrative. Cliquez ici pour signer ma pétition. Le président Hollande a promis pendant sa campagne la fin de ces placements, qui ont valu à la France une condamnation par la Cour européenne des droits de l'homme. Si des milliers de concitoyens rejoignent mon appel, son ministre Manuel Valls n'aura d'autre choix que d'appliquer cette promesse. 

 Cliquez et signez ma pétition pour qu'enfin, en France, on cesse d'enfermer des enfants. Merci pour votre soutien 
 <http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/place-beauvau-manuel-valls-interdisez-le-placement-d-enfants-en-centre-de-r%C3%A9tention-administrative/share/from_email?email_id=LDEDVAKDSAJCEZJADXYZ&share_action=share&utm_medium=email&utm_source=signature_receipt>
 Clémentine Ebert  

mail@change.org Change.org

mercredi 27 juin 2012

Les jeunes Sahraouis manifestent à Paris

par APSO, 26/6/2012
 
Ce mardi 26 juin 2012, de 15h à 18h, une trentaine de jeunes Sahraouis se sont retrouvés place du Trocadéro à Paris pour une manifestation appelée par l'Association des Sahraouis Réfugiés en France. 
 Ci-dessous le texte d'explications et de revendications qui a été lu. 

" Notre pays, le Sahara Occidental est occupé par le Maroc, dans la violence depuis 1975. C’est une COLONIE. 
 - 2700 km de mur marocain, les champs de mines antipersonnel écartèlent nos familles entre campements de réfugiés et territoires occupés.
L’actualité c’est :
 23 civils sahraouis en prison militaire au Maroc depuis 19 mois sans jugement : ils avaient manifesté. 
- Une centaine d’autres prisonniers politiques, maltraités, torturés 
- 2 jeunes Sahraouis assassinés par des policiers marocains, enterrés sans enquête et contre la volonté des parents 

Nous sommes interdits dans notre pays, rejetés par son occupant. 
Du fait de la France, la mission de l’ONU sur place n’a pas les moyens de protéger nos frères, quotidiennement frappés, torturés, enlevés, emprisonnés abusivement 

Tous les jours
Notre terre, notre mer, sont pillées par le Roi du Maroc, ses généraux, ses fonctionnaires et des entreprises étrangères. Ils volent phosphate, sable, poissons, eau douce, fruits et légumes… Ce qui est et pousse en territoire occupé n’appartient pas à l’occupant. 
- Le Maroc doit quitter la partie de notre territoire qu’il occupe. 
- Le Maroc doit répondre de ses crimes, et payer. Les prisonniers politiques sahraouis doivent être jugés équitablement ou libérés sans condition.
-  Christopher Ross, envoyé spécial de l’ONU doit pouvoir se rendre dans les territoires occupés pour y constater la réalité. 
- La communauté internationale doit faire pression sur le Maroc et soutenir tous les efforts pour que le problème se résolve sans reprise du conflit armé. 
-  La France doit cesser de cautionner les crimes et vols marocains au Sahara Occidental.
- L’UE, l’Onu doivent cesser de payer au roi du Maroc ce qu’il vole au Sahara.

 - Nous refusons la destruction de notre pays.
-  Nous revendiquons le respect de nos droits et le premier qui est de  vivre libre sur notre terre." 

 Voir la vidéo : http://youtu.be/ZTDKUuGhr4A

Maroc : La politique et la culture des palaces

 Par Mohammed Hifad 26/6/2012

 Les organisateurs du festival gnawa d’Essaouira ont toujours pris le grand soin pour n’inviter que des Associations, des artistes, des politiciens et des intellectuels qui partagent leurs idées , projets et vision du monde. Rien n’a changé depuis notre fameux slogan « La musique d’abord !» du premier et authentique festival de gnawa organisé par notre Association Culturelle et tous les souiris, toutes tendances confondues , Association présidée à l'époque par haj El Aich Lhoucine et festival présidé par Taib Seddiki et dont je n’ai jamais oublié la présentation de sa fameuse pièce de théâtre ( "iqad ssarira fi madinat ssaouira") , une adaptation du livre de son père . 

 Ce festival récupéré , monopolisé et vidé de sa composante culturelle à notre sens par le Makhzen et son représentant Mr André Azoulay aidé par Mme Tazi. Le Marketing , les médias , la politique et la culture des palaces ont coupé depuis 14 ans les racines populaires et essentiellement culturelles de ce festival. 

 C’est à la 15e édition seulement que Mr André Azoulay effleure à peine le deuxième volet laissé de côté depuis 1980 à savoir l’aspect historique,social, économique, juridique , politique et culturel du phénomène gnawa. Et c’est pour nous mettre en avant d’avance un aspect positif en ce qui concerne l’esclavage , ce tabou qu’on a fait taire depuis 14 ans, et de surcroit pour parler d’un certain juif parti pour les Amériques et qui était pour l’abolition de l’esclavage("m3za wa law tart") . 

Le port de Mogador , qualifié à juste titre de port de Tambouctou rendait cette ville le plus grand souk des esclaves et c’est de là qu’ils sont distribués pour le reste du Maroc. Rhba était réservée avant les boutiques des maalm marqueteurs et la vente du blé justement à la vente des esclaves. Les riches de la ville juifs , musulmans et chrétiens possédaient leurs esclaves domestiques et qu'ils louaient aux autres pour le débarquement des denrées au port , pour l'agriculture et comme bergers etc. Il y a encore des maisons , celle de Bouhlal par exemple à Der Ahl Agadir et qui appartient actuellement à la fille de Bouhlal et épouse de Zaydoun , où on gardait les esclaves avant de leur passer de l'huile sur les corps pour les emmener à Rahba et les vendre pour des Marocains venus de tout le pays y compris les Européens qui les emmenaient en Europe et aux Amériques. Mr André Azoulay sait très bien que les arabes et les juifs étaient de grands marchands d’esclaves et de triste renommée . Les spécialistes de ce genre de sujets ne recevront jamais une invitation de la part des organisateurs du festival de gnawas pour qui compte tout seulement la politique du « Tout est beau , Tout est musique ! » à l’américaine. 

C’est la première fois aussi que Mr André Azoulay et ses illustres invités parlent de l’importance(sic) de la culture comme levier dans tous les domaines à coté de la politique. Le printemps des peuples y est pour beaucoup dans ce changement d’optique et de position à 360 degrés. Nos responsables exorcisent enfin leur sacrée peur, et encore sous un aspect positif pour nos grands marchands juifs et arabes d’esclaves! La monarchie , elle , sait que ses illustres ancêtres, surtout My Ismaël, ont pu mater bien des régions amazighes grâce aux soldats noirs fournis par des tribus qu’ils avaient fait venir de l’Afrique et pour lesquelles ils avaient donné des terres dites « ard guich »(de « jaych  » en arabe , terre de l’armée) en plus des esclaves. Ils ne faisaient pas confiance aux autochtones qui leur sont toujours hostiles et si c'était de nos jours on parlerait des mercenaires noirs comme ceux utilisés par Khdafi juste hier contre le peuple libyen . 

 Pour le Makhzen actuellement , mettre en valeur les noirs africains, c’est aussi l’un des moyens de contrer la montée ou le réveil des amazighs . Si ces derniers disent qu’ils sont les habitants autochtones , c’est une manière de leur dire indirectement que les noirs sont là avant vous. Ils oublient que, même avant que le grand Sahara ne devienne un désert, l’Afrique du Nord a toujours été habitée par des blancs et que c’est le berceau lointain de tous les européens à part ceux qui sont entrés à l'Europe par l'Asie.

 Ce n’est pas en nommant un gnaoui blanc amazigh comme directeur artistique du festival et en le mettant au devant de la scène sur tous les médias qu’on peut tromper un vrai souiri, un politicien et un homme de culture digne de ce nom qui n’a pas la bénédiction du Makhzen. Il faut bien rappeler à Mr Azoulay que c’est justement Abraham Lincoln lui-même qui a dit qu’ « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. ». 
 Pourquoi ne pas proposer comme thème de discussion les conditions inhumaines et atroces des immigrés noirs de l’Afrique sub-saharienne au Maroc actuellement, si l’histoire de la traite des noirs au Maroc en général et à Mogador en particulier , fait peur aux organisateurs ? 

A qui profite au juste ce festival ?  
Pour l’Etat surtout par ses rentrées en devises, en impôts directs et indirects , les grandes sociétés comme Coca Cola, Maroc Telecom, Royal Air Maroc , les unités touristiques, les bazars, un petit groupe insignifiant de gnaouis , d'artistes , de journalistes et intellectuels"zraydias" etc même pas 0,0001% de la population d’Essaouira et de sa région bousculée,agressée , ignorée, humiliée, méprisée par une caste nouvelle avide seulement de gain et de prestige. 

Mais les habitants n’ont pas dit leur dernier mot. Pour ceux et celles,( nos « tbbala »,au sens de profiteurs qui vous flattent pour leurs propres intérêts et les vrais « gnaouis » de toujours et de tous bords à Essaouira et dans le reste du pays ), ils risquent de tomber d’en haut un jour ou l’autre et de se faire très mal. 

 Les souiris doivent méditer le cas de Zettat après Driss El Basri.La mode du Makhzen dans une contrée n’a pas la vie plus longue que celle de ses représentants sur place.Une fois disparus, leur "baraka'" de location les accompagne pour toujours! Le courant peut être coupé à tout moment.

C’est pour cela que nous attendons avec l’ensemble des Marocains de vrais changements au Maroc d’une manière globale. Essaouira est adulte, ne se laisse pas impressionner , ne constitue en aucun cas une exception et la vague de fond ne saurait être cachée par un passager tapage médiatique ou pavé jeté à la marre et le monologue de Mr Azoulay et de Madame Tazi qui n'ont pas à ma connaissance leurs tribus dans la province d'Essaouira comme les vrais souiris! 

 Nous relevons avec indignation l'absence d'un hommage pour l'occasion pour l'un des grands co-fondateurs de l'ASPDE ,d'Essaouira/Mogador et grand écrivain souiri décédé dernièrement! 

Source: mogador7.forumactif.com

Racisme de l’État marocain et racisme au quotidien envers les Subsahariens

Par Mohammed Belmaïzi,  26/6/2012
Article écrit en commun avec mon ami Sam Touzani, au sujet des subsahariens en 2005. Ce texte, nous l'avions imposé au site du MRAX en Belgique ("Mouvement contre le Racisme, antisémitisme et la Xénophobie"). Nous y parlions justement du racisme de l’État marocain envers les Subsahariens que le président de cette association pourtant antiraciste, marocain né en Belgique, ne trouvait pas juste!!! Il est à remarquer que nos deux noms ont été biffés de l'article... On sait par ailleurs que le Consul du Maroc de l'époque avait une proximité bien étroite avec le président de l'époque Radouane Bouhlal... question de monopoliser l'espace de l'expression au centre de l'Europe... Mais nous réussissons malgré tout à placer nos petits mots! 

 Le drame des subsahariens 17 octobre 2005  

Avec le drame actuel des migrants subsahariens au Nord du Maroc, l’Europe exhibe en toute clarté son dérapage et son incohérence. Absorbée qu’elle est à la construction d’une Europe élargie, augurée dès la suppression du mur de Berlin, la voilà érigeant une forteresse hermétiquement close, face à ce qu’elle appelle « clandestins », « migrants en situation irrégulière », émergeant du Sud. 

  Si, auparavant, le silence s’est étoffé autour des « barques de la mort » qui, en traversant le détroit de Gibraltar sèment les cadavres de milliers de Marocains le long des plages de l’Espagne, l’événement spectaculaire des Subsahariens « clandestins » escaladant les murs de Ceuta et Melilla, provoque, lui, tel qu’il a été présenté sur les écrans, un sentiment d’effroi et peut aller jusqu’à rendre licite leur oppression voire même leur mort. 

Déchus de leur humanité, ces jeunes, femmes et hommes, sont traités par certains médias occidentaux en tant qu’assaillants venant s’emparer de la citadelle tranquille de notre Europe. Cette façon impitoyable de tronquer l’information est une formidable aubaine pour l’extrême droite. Le Pen, fameuse figure de cette dernière, parle déjà du « tsunami migratoire ». En s’emparant des images brutes de Subsahariens hagards escaladant les frontières de Ceuta et Melilla, il enchérit dans le même sens que ces médias : « Ces deux villes sont assiégées par une mer migratoire arrivant de Guinée et du Niger... ». Et dès lors, Le Pen et ses sbires s’autorisent aisément à étaler le traditionnel discours anti-immigré dont l’obsession est d’ « endiguer efficacement l’immigration massive du Tiers-Monde avec ses conséquences : l’appauvrissement, le chômage, l’insécurité, la peur ». Mais Le Pen, en exploitant l’événement, stigmatise rapidement « l’immense majorité des immigrés en France » qui « est de mouvance islamique » et prévient que « l’Islam, en tous les cas celui de notre temps, ne nous met pas à l’abri de sa tentation totalitaire et de sa pratique de conquête ». 

Ainsi l’amalgame règne en toute impunité, nous mettant tous dans la marmite islamiste. Ce discours s’enracine bel et bien dans une solidarité objective entre certains médias, la gestion déficiente par l’UE de ce dossier (migrants ; réfugiés ; clandestins ; asile, etc.) et le discours haineux et xénophobe de l’extrême droite raciste en Europe et au Maroc. Car en effet une certaine presse marocaine a poussé, elle aussi, le zèle raciste jusqu’à traiter ces êtres humains en grand titre et photo de Subsahariens à l’appui, de « criquets venant ravager le pays » ! 

Devant l’ampleur du désastre, le Commissaire européen Frattini en charge de l’immigration et d’obédience Forza Italia (parti anti-immigrés et xénophobe), ne semble pas vouloir rectifier le tir. Bien au contraire, pour lui, les morts subsahariens importent peu : « Ce n’est pas le moment de pointer du doigt » les responsabilités. Ce qui importe c’est d’ « aider l’Espagne et le Maroc à trouver une solution ». C’est ainsi que l’UE débloque la somme de 40 millions d’euros en faveur du Maroc, comme pour le récompenser pour ses bonnes œuvres : répression, déportation au désert, torture et tires sur les Subsahariens. A juste titre, ce que certains médias ont qualifié d’ « assaut » contre Ceuta et Melilla sans autres repères informatifs, plonge ses racines dans une piteuse gestion du flux migratoire au Maroc. C’est que ces femmes, hommes et parfois enfants, sont acculés au désespoir et poussés au pied du mur par un climat délétère méconnue à ce jour dans ce pays. C’est que ces réfugiés se voient exposés aux pires traitements dégradants : privés de transport (les autorités marocaines ont donné l’ordre aux professionnels de la route, sous peine d’amende, de ne transporter que les détenteurs d’un récépissé fourni par le HCR !!!) ; privés également d’habitations décentes (interdiction aux propriétaires de louer à ces noirs africains). 

Le Maroc se noie dans un racisme virulent et honteux. Et le ridicule est que nombreux sont les Marocains de couleur, jetés dans le même panier de la suspicion et de l’ostracisme... Les Subsahariens, traqués partout, à la fois par des bandes de voyous (vol, viol, coups et blessures...) et par les autorités pour être renvoyés en Algérie, Mauritanie ou Mali, élisent domicile dans la forêt inhospitalière du Nord (les camps de Gourougou et de Belyounech) où ils continuent à être harcelés... 

Franchir les barbelés aux frontières de Ceuta et Melilla devient alors pour eux synonyme de « libération », « havre de paix » pour manger, boire et se faire soigner !

 L’utilisation du Maroc par l’UE en tant que garant sécuritaire, n’est-elle pas un facteur de semer le désordre et de condamner ce pays à peine sorti de 40 ans de tyrannie, à retrouver ses vieux démons, ses vieux réflexes ? Serait-ce une vocation irrévocable, pour l’UE et l’Occident, de soutenir les dictatures et de torpiller toute tentative aux ouvertures démocratiques ? La question est à l’ordre du jour ! Nous en avons marre de cette incompétence, de ce désordre, de ces inégalités criantes Nord/Sud, de ces amalgames répétitifs, de ces racismes. 

L’Europe doit renouer avec ses valeurs et développer une autre politique visionnaire. Notre modernité ne peut être régie par l’égoïsme et les seuls paramètres économiques. Elle exige une vision réellement humaine marquée par la responsabilité morale, par l’éthique du partage et du vivre ensemble sur notre belle et riche planète. 

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Dans la peau d'un noir au Maroc

Il n’est pas toujours simple d’être noir au royaume chérifien. Mépris, insultes, agressivité et humiliations quotidiennes sont bien souvent le lot des Subsahariens. Un journaliste de l’hebdomadaire marocain Actuel, le Sénégalais Bassirou Bâ, témoigne. 
 A Actuel, nous avons souvent travaillé avec des journalistes subsahariens. Et en parlant avec eux, nous avons été frappés de découvrir l’ostracisme dont ils sont l’objet. Le mépris du peuple, comme des élites, pour les Noirs est une constante de la société marocaine. Une réalité trop souvent tue ou minorée. Alors, nous avons demandé à Bassirou de raconter son quotidien, des situations vues, parfois vécues, des humiliations subies, des violences sans fin. C’est un témoignage brut, sans fioritures qui nous renvoie une image guère flatteuse mais qu’il faut néanmoins regarder en face. 

Oui, de nombreux Marocains sont racistes. Le sujet est tabou. Mais le débat doit s’ouvrir. «On m’a souvent posé la question de savoir si les Marocains étaient racistes ou si, en tant que Noir, j’avais été victime ou témoin d’actes ou de comportements assimilables à du racisme. A chaque fois, cette question m’a mis dans l’embarras, et à chaque fois, j’ai répondu par une pirouette. Les rarissimes occasions où j’ai ouvert mon cœur sur la question, c’était entre amis ou collègues. Et j’ai été surpris de découvrir à quel point des amis marocains étaient abasourdis d’apprendre jusqu’où certains de leurs compatriotes pouvaient aller dans le déni de l’Autre.  Scandalisés, ces derniers m’ont convaincu de surmonter cette gêne qui m’empêchait d’en parler publiquement. 

Voilà pourquoi j’ai décidé de briser la glace, en espérant contribuer à susciter le débat et aider à lutter contre ce mal qui, malheureusement, n’épargne aucun pays, aucun corps social.

 Drôle d’accueil 

 Je suis arrivé au Maroc le 17 septembre 2000 pour entamer mes études supérieures, en compagnie d’une centaine d’autres camarades boursiers comme moi. Je n’avais aucune appréhension en atterrissant à l’aéroport Mohammed V, le Royaume étant dans l’imaginaire collectif des Sénégalais une sorte de prolongement naturel de leur pays et vice versa. 

Mais j’ai commencé à déchanter... deux jours seulement après mon arrivée. Durant ces douze années, comme la plupart de mes "congénères", j’ai souvent été confronté à des situations tragi-comiques. Comme ce matin du 19 septembre lorsque, avec un groupe d’étudiants, nous nous rendions au marché de J5, dans un quartier situé à quelques encablures de la résidence universitaire, à Rabat. En chemin, nous avons essuyé des jets de pierre de la part de gamins qui devaient avoir entre douze et quatorze ans, et qui criaient à tue-tête : "Cannibales! Cannibales!" 

Pour notre troisième jour au Maroc, c’était un drôle d’accueil, une rebuffade que j’ai toujours du mal à oublier. J’apprendrai, quelques années plus tard, qu’un journal arabophone avait rapporté que des "migrants clandestins" subsahariens auraient mangé un nourrisson dans le quartier populaire de Takkadoum à Rabat. La publication en question aurait démenti plus tard cette information, mais le mal était fait: aux yeux de certains Marocains, nous n’étions que des cannibales, des mangeurs d’hommes. 

«Elle n’est qu’une esclave!»

 Deux ans après cette mésaventure, un nouveau "choc." Cela s’est passé dans un bus. Une vieille dame, qui tenait à peine sur ses pieds, venait de monter à bord. Toutes les places assises étant déjà occupées, une jeune étudiante subsaharienne s’est donc empressée de céder son siège à la "mamie" eu égard à son âge. Et alors qu’elle s’attendait à un mot aimable, voire à une bénédiction, la jeune fille a eu droit à un terrible: "De toute façon, elle n’est qu’une esclave et donc elle devait céder sa place à n’importe quel Marocain dans ce bus!" Incrédules pendant un moment car ne parlant pas la darija [ndlr: arabe dialectal marocain], nous avons été abasourdis après qu’une Mauritanienne, noire elle aussi, nous eut traduit la phrase. C’était d’autant plus choquant qu’il ne s’agissait pas là de gamins comme à J5, mais bien d’une personne du troisième âge qui, à travers ce comportement, venait par ailleurs de porter un sacré coup à l’un des piliers de l’éducation africaine: le respect des personnes âgées. En effet, suite à cet incident, certains étudiants ont décidé de se passer le mot : désormais, on ne cède plus sa place à qui que ce soit, fût-t-il mourant! 

«Un fils d’esclave, qui me fait l’aumône» 

 Comment peut-on être mendiante et avoir ce sentiment de supériorité propre à tous les racistes du monde? La scène s’est déroulée à Rabat quand j’y étais encore étudiant. Un ami comorien au teint de jais, qui venait de percevoir sa bourse, s’est arrêté devant une femme d’un âge avancé qui lui tendait la sébile et lui a remis une pièce de dix dirhams. Alors qu’il continuait son chemin, il entendit la mendiante dire en arabe: "Oh mon Dieu, qu’ai-je fait pour mériter un tel sort : un Noir, un fils d’esclave, qui me fait l’aumône?!" Le bienfaiteur n’en croyait pas ses oreilles. Revenant sur ses pas, il dit à la femme, en lui tendant un billet de vingt dirhams: "Excusez-moi, c’est vingt dirhams que je voulais vous donner et non dix." Quand elle lui a rendu la pièce de dix, le jeune étudiant l’a remise dans sa poche... avec son billet de vingt dirhams! Il a alors assené à la mendiante, en arabe classique (les Comoriens sont aussi arabophones): "Puisque votre dieu entend bien vos complaintes, demandez-lui donc de l’argent!" 

 «La prochaine fois, on te tue!» 

 Flâner aux alentours de la résidence universitaire à Rabat, quand j’y vivais encore, relevait d’une aventure dangereuse. De nombreux étudiants subsahariens y ont été victimes d’agressions atroces, certaines ayant même abouti à des hospitalisations. Je me souviens de Sacko, un étudiant malien, et de Kromah, un Libérien, pour ne citer qu’eux. Le premier avait été sauvagement roué de coups juste à l’entrée du campus, ses bourreaux lui crachaient dessus et le traitaient de "qird" (singe), de "k’hal" (Noir) de "`abd" (esclave)… Et n’eût été l’intervention des gardiens alertés par ses cris stridents, il serait mort. Finalement, il s’en est sorti avec plusieurs mois d’indisponibilité médicale, et a dû manquer la période des examens. 
 Kromah, lui, s’était pris un violent coup de couteau au niveau de l’abdomen. A la vue d’un groupe d’étudiants qui passait par là et qui était plus important en nombre, ses agresseurs ont pris la fuite, mais pas sans lui lancer cette menace: "La prochaine fois, on te tue! Et c’est valable pour tous tes camarades, transmets-leur le message. Compris, sale nègre?" L’étudiant libérien, qui saignait abondamment et qui se tordait de douleur, n’a pu répondre que par un acquiescement de la tête. Sacko et Kromah ne sont ni les premières ni les dernières victimes d’agressions anti-Noirs dans les environs de la cité, mais leur mésaventure a été la goutte d’eau de trop: les étudiants subsahariens étaient alors descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol et appeler les autorités à prendre les mesures qui s’imposaient. 

Depuis, le phénomène a certes perdu de l’ampleur mais il persiste. Même les professeurs s’y mettent Et pendant que de jeunes Marocains à la "chasse" au Noir semaient la terreur dans les environs immédiats du campus, dans les salles de classe, certains professeurs, pourtant censés véhiculer des valeurs telles que le respect de la dignité humaine, se sont montrés tout simplement indignes de l’une de leur mission. C’est le cas de cette professeure qui, en plein cours, ne s’est pas gênée pour traiter une Gabonaise de "négresse". Je me souviens que nous nous étions tous regardés avant de baisser la tête un certain moment. Alice –c’est son prénom–, qui était assise juste à côté de moi, m’a lancé un regard qui me hante encore aujourd’hui et m’a dit: "J’ai suffisamment entendu ce genre de propos désobligeants dans la rue et dans les transports en commun pour m’en accommoder, car je les ai jusque-là mis sur le compte de l’ignorance; mais venant d’une prof’…" L’enseignante dont il est question est aujourd’hui à la retraite, je l’ai croisée une ou deux fois dans des conférences.

 «Quelle heure est-il?» 

  Il s’agit là d’un classique! Au début, je ne comprenais pas pourquoi le "quelle heure est-il?" était accompagné d’un sourire narquois dès que je regardais ma montre pour y répondre. Les aînés m’ont expliqué par la suite que c’était pour me signifier: "Regarde ton poignet et rappelle-toi que tu es noir!" Désormais, dès qu’on me demande "ch’hal essa`a" (quelle heure est-il ?), je préfère prendre mon téléphone portable pour répondre… 

L’autre Maroc 

  Faut-il mettre pour autant tous les Marocains dans le même sac? Assurément non! Car si j’ai pu rester plus de douze ans dans le Royaume, c’est parce qu’à côté de cette frange ignorante –le racisme est une des métastases de l’ignorance– et intolérante, il y a l’autre Maroc, celui qui ne chosifie pas les Noirs, le Maroc ouvert. C’est celui-là qui m’a permis de minimiser l’impact de ceux qui me traitent de "`azzi", de "hayawan" ou encore de "khanzir". Ce Maroc, je l’aime, je le fais mien. Par ailleurs, autant j’ai pu mesurer tous les efforts consentis par les autorités marocaines pour raffermir davantage les relations politiques, économiques et culturelles avec le continent, autant je remarque que malgré tout l’Afrique subsaharienne reste inconnue de nombre de Marocains. Car ces derniers tendent à surestimer la vocation européenne du Royaume ou ses solidarités culturelles avec d’autres aires (monde arabe). Il est sans doute temps de recadrer cette vision.

 Enfin, il ne faut pas ignorer le fait que le racisme existe… au Maroc aussi. Il faut même oser en débattre ouvertement. Mais il faudrait au préalable que l’éducation de base, celle inculquée par les parents et celle apprise à l’école, joue pleinement son rôle. Le racisme expliqué à ma fille (Seuil, 1998) de Tahar Benjelloun est vivement conseillé dans ce sens. Pour qu’on ne me rappelle pas sans cesse mon apparence mais qu’on se souvienne d’abord de ce que je suis, c’est-à-dire un humain.» 


mardi 26 juin 2012

La grande corruption règne en maître au Maroc

par Ahmed Benchemsi أحمد بن شمسي, chercheur à l'université Stanford (USA), ex-directeur du magazine marocain "TelQuel",  Le Monde.fr, 25/6/2012


Vers
ión española: La corrupción reina en Marruecos con poder absoluto

 Imaginez que le chef de l'Etat français soit aussi, dans le même temps, propriétaire de la plus grosse holding privée du pays. Difficile à envisager ? Attendez, cela ne fait que commencer. Imaginez aussi que le secrétaire général de l'Elysée soit le PDG de cette holding. Imaginez que cet homme, ainsi devenu l'homme d'affaires le plus puissant de la République, possède par ailleurs une ribambelle d'entreprises en son nom propre, qui décrochent des concessions ou marchés publics à tour de bras. Inconcevable, dites vous ? Ce n'est pas fini. Imaginez maintenant que le premier ministre prévoie, par décret officiel, d'investir des millions d'euros d'argent public dans une société privée appartenant au secrétaire général de l'Elysée... Et enfin, le coup de grâce : imaginez que la société en question soit une entreprise fantôme sans locaux ni personnel et qui présente le pompon de faux chiffres en guide de plan d'affaires ! 

Si seulement le dixième de tout cela était vrai, le président français tomberait immédiatement, entraînant le gouvernement, voire la cinquième République dans sa chute. Mais ce qui n'est pour la France qu'une fiction invraisemblable est la réalité crue du Maroc, un pays ami et allié.


Le roi Mohamed VI, alias M6

 Pour ceux qui l'ignorent encore, le roi Mohammed VI est en effet l'actionnaire majoritaire du groupe SNI, qui comprend entre autres la plus grosse banque privée, le plus gros opérateur minier et la plus grosse chaine de distribution du royaume. L'homme qui dirige ce conglomérat tentaculaire, dont le chiffre d'affaires équivalait il y a quelques années à 8% du PIB, s'appelle Mounir Majidi, et il occupe en même temps la fonction de secrétaire particulier de Mohammed VI.


Mohamed Mounir Majidi, alias 3M

 A ce titre, il est le plus proche collaborateur du souverain puisqu'il aménage son agenda, organise ses rencontres, filtre les informations qu'il reçoit, etc. Cette double casquette fait de M. Majidi l'homme le plus détesté par les milieux d'affaires marocains. Forcément : il leur livre, au nom du roi, une concurrence aussi impitoyable que déloyale, vu son influence démesurée sur des organismes financiers comme la Caisse de dépôt et de gestion, le ministère des finances, l'administration des impôts, etc. 

Mais l'homme d'affaires de la monarchie n'oublie pas ses propres intérêts. Egalement propriétaire de plusieurs entreprises opérant dans divers secteurs, M. Majidi n'hésite pas, pour défendre ses affaires personnelles, à tirer sur les leviers étatiques dont il dispose. 

Révélée il y a deux semaines sur le blog de l'auteur de ces lignes, l'affaire BaySys illustre jusqu'à la caricature la mécanique implacable du "Majidi business", aujourd'hui au cœur de la corruption d'Etat au Maroc. Ce qu'il faut en retenir : en 2010, le secrétaire particulier de Mohammed VI entre en contact avec BaySys, un équipementier aéronautique américain à la recherche d'un partenaire financier pour le tirer d'une mauvaise passe. Plutôt que sortir son propre chéquier (il en a pourtant les moyens), M. Majidi oriente l'équipementier américain vers Royal Air Maroc (RAM). C'est donc la compagnie aérienne publique qui devra débourser les quelque 25 millions d'Euros dont BaySys avait besoin, en ponctionnant l'argent du contribuable... mais non sans que M. Majidi n'en profite au passage. A cet effet, le Secrétaire particulier du roi crée en août 2010 BaySys Morocco, une coquille vide sans locaux ni personnel qu'il contrôle à 100% via deux sociétés écrans. Quelques mois plus tard, un décret officiel du Premier ministre marocain Abbas El Fassi autorise la RAM à prendre des parts dans BaySys Morocco. Mieux encore : les prévisions qui justifient cet investissement sont particulièrement fantasques. Il est ainsi prévu que la société de M. Majidi réalise un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros et un bénéfice net de 4,3 millions d'euros... dès sa première année d'exercice, et sans qu'aucune hypothèse de calcul n'étaye ces chiffres incroyables ! Le plus aberrant est que ces prévisions peu crédibles ont traversé, sans changement, cinq niveaux de vérification supérieurs de l'Etat marocain : la RAM elle-même, puis le ministère des Finances, la Primature, le Secrétariat général du gouvernement et enfin la Banque Centrale, qui a publié les mêmes chiffres quelques mois plus tard, tels quels, dans un document interne. 


Les hauts fonctionnaires marocains seraient-ils tous incompétents ? Bien sûr que non. Seulement, à partir du moment où le tout-puissant Secrétaire particulier du roi est impliqué dans une procédure, les commis de l'Etat, aussi haut placés soient-ils, signent ce qu'on leur demande de signer sans poser de questions. 

 Au final, l'investissement n'a pas eu lieu car l'affaire a capoté pour des raisons qui restent à éclaircir (malgré de multiples relances, les responsables de BaySys International sont restés muets). 
   
Abbas El Fassi et...                                ...son fils Fihr

La manière dont tout cela a été goupillé, néanmoins, renseigne sur la nature réelle du régime marocain : un système où les conflits d'intérêts règnent et où le trafic d'influence bat son plein, au plus haut niveau de l'Etat et avec la complicité des autorités élues. Abbas El Fassi, chef d'un parti politique et ancien premier ministre qui a signé le décret BaySys, est aussi, incidemment, le père de Fihr El Fassi, ancien DG de l'une des sociétés de M. Majidi. La société en question, FC Com, domine le marché de l'affichage au Maroc grâce aux conditions extrêmement avantageuses accordées par les municipalités et offices publics. Salaheddine Mezouar, autre chef de parti et ancien ministre des Finances qui a cosigné le décret BaySys, est aussi un des obligés de l'entourage royal. Il a récemment été épinglé pour s'être accordé des primes mirobolantes, au prix d'un échange de faveurs avec Noureddine Bensouda, actuel trésorier général du royaume, ancien directeur des impôts et autre membre de la Cour. Et ainsi de suite...

Noureddine Bensouda 
Salaheddine Mezouar

L'année dernière, pourtant, le Maroc avait lui aussi vécu son "printemps arabe". Confronté à des manifestants réclamant la démocratie, Mohammed VI avait fait promulguer une nouvelle Constitution sensée instaurer la "bonne gouvernance" et la "reddition des comptes". Une réforme qualifiée alors d'"exemplaire" par Nicolas Sarkozy et d'"historique" par Alain Juppé. Jugez plutôt : l'article 36 du nouveau texte fondamental interdit expressément... le trafic d'influence ! un délit par ailleurs puni de 2 à 5 ans de prison par l'article 250 du code pénal marocain. 

Mais au Maroc, la théorie est une chose et la pratique en est une autre. Quel procureur serait assez fou pour enclencher des poursuites contre Mounir Majidi, ou en général contre les membres d'une clique couverte par le roi en personne ? 


Jaafar Hassoun, un juge qui s'était essayé à titiller des proches du monarque, s'est retrouvé en 2011 radié de la magistrature, interdit de se reconvertir dans le barreau et harcelé pour abandonner toute velléité de se lancer en politique. 

 En l'absence de contre-pouvoirs fonctionnels, la grande corruption s'épanouit librement au Maroc, face à l'apathie grandissante d'une opinion publique désabusée par tant de duplicité. Naguère rugissante, la presse indépendante n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était, vaincue par une décennie de harcèlement judiciaire et économique. M. Majidi, également le premier annonceur publicitaire du pays, a démontré sa capacité à boycotter des journaux jusqu'à les acculer à la faillite. Aujourd'hui, les titres de presse les plus courageux peuvent encore épingler des seconds couteaux comme MM. Mezouar ou Bensouda. Mais dès qu'on approche du premier cercle royal, silence général. Il est révélateur que l'affaire BaySys, alors même qu'elle "buzzait" intensément sur Internet et les réseaux sociaux (elle a même engendré le hashtag #MajidiGate sur Twitter)... n'ait pas été mentionnée par un seul journal marocain.

 Quant au gouvernement islamiste de Abdelilah Benkirane, élu sur la promesse de lutter contre la corruption, il est tout aussi silencieux. Et pour tout dire, simplement hors sujet. 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/25/la-grande-corruption-regne-en-maitre-au-maroc_1724410_3232.html

Le procès en appel du rappeur "Lhaqed" une fois de plus reporté (au 9 juillet)

Par Au fait Maroc, 25/6/2012 
Le procès en appel du rappeur contestataire Mouad Belghouat, poursuivi pour outrage à la police et condamné en 1ère instance à un an de prison ferme, a été reporté au 9 juillet. 
 “Le président de la cour d'Appel de Casablanca a reporté le procès au 9 (juillet) et a refusé notre demande de liberté provisoire pour Mouad”, qui a comparu lundi mais “sans faire de déclaration”, a déclaré à l'AFP Omar Bendjelloun, l'avocat du rappeur, après l'audience de lundi. 

Arrêté le 28 mars dernier, le chanteur de 24 ans, surnommé “Lhaqed” (le rancunier, NDLR) a aussi écopé d'une amende de 1.000 dirhams. “Le juge a également refusé de convoquer un représentant légal de la police marocaine. Il n'y a eu aucune déclaration de l'institution plaignante.” Me Bendjelloun. 

Le rappeur est accusé “d'outrage à un officier public dans le cadre de ses fonctions et à un corps constitué” sur la base d'une vidéo diffusée sur le réseau social Youtube, où apparaissent des policiers sur fond d'une chanson du jeune rappeur. Mais ce dernier a toujours affirmé qu'il n'avait pas diffusé cette vidéo et que sur Youtube, “n'importe qui peut diffuser n'importe quoi”. 

 L'ONG Human Rights Watch (HRW) avait pour sa part demandé aux autorités d'“annuler les accusations” contre le rappeur et le libérer.

lundi 25 juin 2012

Non, le printemps marocain n'est pas plus mort que les autres "printemps arabes"!

            Le coup de gueule du jour d'Ahmed Benani

    "Les médias européens notamment, ne cessent de nous rebattre les oreilles avec la fin du Printemps arabe, qui serait mort de sa plus belle mort, depuis les victoires électorales du PJD au Maroc, d’Ennahda en Tunisie ou des Frères Musulmans en Egypte.

    L’analyse politique qui en ressort est d’une indigence abyssale : Le clivage politico-idéologique central qui existerait dans l’espace arabe, qui va de l’Atlantique au Golfe et qui concerne 375 millions de citoyens, n’opposerait que les dictatures ou États patrimoniaux et autoritaires aux islamistes de tous poils, salafistes, djidadistes, membres d’Al Quaïda…. 


Oubliés les démocrates, les femmes, les jeunes, les intellectuels, les créateurs artistiques, les laïques croyants ou incroyants qui existent par centaines de milliers et qui manifestent sans discontinuer dans les espaces publics depuis décembre 2010, à la fois contre les États prédateurs, cyniques et dictatoriaux et les obscurantistes de l’islam avec leurs armadas de gestionnaires du sacré et de techniciens de l’au-delà"
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Le M20 de Casa dans les rues à Derb El Fina le 24 juin
Facebook, 24/6/2012
 Par Mohammed Belmaïzi
 
 llahhh in3al dinn mouha dawla! In3al din bouk ya makhzen !! 
 و الله و الله ما ساكتين...تا ينتصر المسكين عام و نص و حنا خارجين...و غا نبقاو ديما خارجين ما بايعين ما شاريين... الدولة الحكارة...كتحمي الشفارة...و كتقمع الف... Waaaaaaaaaaaaalou Mamfakkinch! Est-ce qu'on sort du Hammam comme on y rentre? Le Prédateur et l'Etat voyou sont voués à la disparition.... 
   شوف المخزن اش داير مع 20 فبراير
 مسيرة البيضاء 24 06 2012 
 Par Samira Lahlou 
Nous ne vous laisserons plus nous abêtir par la télévision, nous tromper... Ce régime d'un roi prédateur, qui pille le peuple déjà trop pauvre... L'Occident est complice, avec les USA mondialistes,  du roi prédateur...
 Oui Mohammed Belmaïzi, tu à raison ! Le Prédateur et l'Etat voyou sont voués à la disparition, par la force des choses, le climat actuel nous le confirme chaque jour ...

dimanche 24 juin 2012

l’ensemble Jossour de Marrakech offre sa musique aux enfants de Dar Tifl à Bab Ghmat.

Par Stéphanie Jacob  , 21/6/2012

  FÊTE DE LA MUSIQUE 

L’ensemble Jossour de Marrakech, la musique au coeurAlors que certains fêtent la musique, ce 21 juin, de matière traditionnelle, d’autres préfèrent y rajouter une touche sociale, humaine, pour donner encore plus de poids à cette journée, qui est à la fois le premier jour de l’été et la célébration d’un art qui rassemble.  

Fidèle à la qualité de cœur propre au peuple marocain, et particulièrement aux habitants de la ville ocre, l’ensemble Jossour de Marrakech a décidé d’offrir sa musique aux enfants de Dar Tifl à Bab Ghmat. L’établissement accueille quelque 400 enfants abandonnés ou issus de familles en situation de grande précarité. En soutien de leurs engagements et pour mettre en lumière le travail des bénévoles, ce concert sera avant tout l’occasion d’égayer une soirée de ces petits résidents. 
 Dar Tifl organise samedi 23 juin une opération Portes Ouvertes, en collaboration avec la Fondation Janelly & Jean-René Fourtou et l’Association Sidi Belabbas. Dès 14 heures, les enfants participent à des ateliers artistiques, qui seront donc suivis par le concert bénévole de l’Ensemble Jossour. Un groupe qui œuvre pour la valorisation du patrimoine musical arabe et maroco-andalou. A sa tête, Youssef Kassimi Jamal, talentueux instrumentiste et compositeur, qui a reçu un premier prix de oud au concours national du conservatoire de Rabat. Leur musique authentique puise ses racines dans le répertoire arabe classique, oriental et maghrébin. Une formation qui regroupe quatorze choristes et six musiciens pour une musique réinventée. Avec comme objectif de créer des ponts (jossour) entre ces différents styles musicaux. 

L’ensemble se produit partout au Maroc, avec également des participations remarquées aux éditions du festival Nuits d’Orient à Dijon, des ateliers d’échange avec l’ensemble baroque Concert de l’Hostel Dieu de Lyon, ou Alala du conservatoire de Dijon. Des créations croisées qui aident au rapprochement des cultures. Entre chants, percussions, oud, qanoun et violon, les enfants de Dar Tifl fêteront aussi la musique.