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samedi 4 août 2012

Un pouvoir marocain inquiet mais qui ne lâche rien

Par Sahara Info n°32 -- Juillet 2012

Ce 11 juillet 2012, autour de la Cour d'Appel marocaine à El Aïoun, 60 véhicules de police et une soixantaine d'agents, pour empêcher  tout "débordement", alors que deux jeunes Sahraouis étaient jugés  pour avoir fêté le 20 Mai dernier, l'anniversaire du Front  Polisario.En prison depuis cette date, prison que les militants  sahraouis, nomment la "prison noire", maltraités, pratiquement au  secret, Mustapha Boudani et Mohamed N'Dour ont été condamné à 8 mois de prison. 

Telle est la situation au Sahara occidental, l'impossible liberté d'expression pour tous ceux qui manifestent publiquement leur attachement au Front Polisario et à leur histoire, et un déploiement  sécuritaire constant et démesuré qui témoigne des inquiétudes marocaines face à des réactions qui peuvent devenir explosives.

 Inquiétude partagée par la population marocaine, manipulée depuis 35 ans par une propagande nationaliste, qui peut conduire aux pires  excès! Ainsi le 8 juillet dernier, les deux enfants d'Aminatou  Haïdar, présidente du CODESA (Collectif des défenseurs des droits de l'homme), Mohamed et Khayat, ont été agressés, dans le bus qui les  ramenait d'Agadir à El Aïoun, blessés au visage et insultés comme  "séparatistes" par des voyageurs présents dans le bus. Que penser d'une société qui s'en prend aux enfants au prétexte que  leur mère est une femme engagée ?
  Ce pouvoir inquiet qui ne veut rien lâcher, nous le connaissons  aussi en France. Plusieurs de nos initiatives ont été l'objet de  pressions et de tentatives d'empêchement !

 Le pouvoir marocain à la recherche constante d'un satisfecit démocratique, auprès de ses partenaires d'Europe, ne se contente  plus d'interdire toute liberté d'expression au Sahara occidental  mais" tente sa chance" en France, en essayant d'empêcher les débats démocratiques sur la question du Sahara occidental. En même temps le Maroc n'est jamais à court d'idée pour "faire  croire" à sa souveraineté sur le Sahara occidental! 

Ainsi à Brest  aux grandes fêtes maritimes "Tonnerres de Brest" le Maroc était  présent avec deux bateaux et trois ports représentés: Safi, El > Hoceïma et ....Dakhla, dans le "Maroc saharien".

Une seule réponse dans toutes ces situations : l'engagement du  Conseil de sécurité et des ses principaux membres, comme notre pays,  qui passe d'abord par l'élargissement du mandat de la MINURSO au  contrôle du respect des droits de l'homme, qui rendra davantage  possible la liberté d'expression et favorisera les conditions propices à de réelles négociations, entre le Maroc et le Front Polisario, sans préalable. 

 Association des Amis de la RASD ?356 rue de Vaugirard 75015 Paris www.sahara-info.org /  www.ecrirepourlesliberer.com

vendredi 3 août 2012

Action d'Amnesty International : L’Irak prévoit d’exécuter 196 prisonniers

Quelque 196 prisonniers risquent d’être exécutés sous peu en Irak. Le ministère de l’Intérieur a annoncé que leurs sentences en étaient à la dernière étape et qu’elles devraient bientôt être appliquées. 

 Les nouvelles publiées sur le site du ministère de l’Intérieur ne donnaient aucune information au sujet des 196 individus concernés, pas même leurs noms ou les infractions dont ils sont inculpés. 

 Depuis le début de l’année, au moins 70 personnes ont été mises à mort en Irak. La peine capitale a été suspendue pendant un certain temps à la suite de l’invasion du pays conduite par les États-Unis, mais elle a été rétablie en août 2004. Depuis, plusieurs centaines de personnes ont été condamnées à mort et de nombreuses exécutions ont eu lieu. 

 Amnesty International considère la peine capitale comme une violation du droit à la vie et comme le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit. 

Pour lire la suite et agir -> 

 Très important : merci de transférer cet appel par email à un maximum de personnes susceptibles d'être intéressées. 
Publier cette action sur Facebook ->

Urgent :Arrestation de militants M20F à Meknès, manifestation à Casa

Samira Kinani a publié dans Association Marocaine des Droits Humains 3/8/2012

 RÉPRESSION DE JEUNES DU 20 FEV MEKNÈS QUI DISTRIBUAIENT UN TRACT APPELANT A LA JOURNEE DE PROTESTATION 11 AOUT

 LE PRÉSIDENT DE LA SECTION AMDH A ÉTÉ PRIS POUR CIBLE AINSI QUE D AUTRES MILITANTS. LE LOCAL DU PSU OU ILS SE SONT RÉFUGIES EST CERNE.
DEUX MILITANTS RACHID ET ADIL MANQUENT A L APPEL
ON ATTEND D AUTRES NOUVELLES

  - Casablanca le 2 Août 2012:
 Le Rassemblement de la gauche démocratique, RGD (ANNAHJ ADDIMOCRATI, PADS, PSU, CNI) qui a organisé avec succès un sit in de protestation contre la répression qui s'abat sur les miltantEs du MVT20FEVRIER....et ce l 2 août 2012 devant la Wilaya du grand Casablanca.

Beni Mellal : Arrestation de 4 personnes mangeant en public, en plein jour du Ramadan. Bonjour l'accueil des touristes !!!

par Larbi Amine - Emarrakech, 1/8/2012 Beni Mellal

 : Il étaient 4 jeunes hommes et 2 jeunes femmes, presque nues, entrain de prendre un repas en plein jour sur la voie publique. Quatre jeunes hommes accompagnés de deux jeunes femmes, tous à moitié nues, étaient à même le sol sous un arbre, en plein jour du ramadan, mangeant et fumant le narguilé, alors que leurs deux véhicules, immatriculés en Espagne étaient stationnés à coté d’eux. 

Ainsi ils étaient, jusqu’à ce qu’ils soient détectés par un agriculteur, remarquant la scène se déroulant à proximité de son champ dans la région d’Oulad Drid, environs de Béni Mellal.

 L’agriculteur fit appel à la police qui débarqua sur les lieux, et y écroua les fêtards, aidée par des jeunes du douar voisin. Deux jeunes hommes parmi les six, réussissent à prendre la fuite, alors que les quatre autres, garçons et filles, furent arrêtés et embarqués dans le véhicule de la police, alors que fusaient les insultes des badauds attroupés. Leurs deux voitures furent confisquées, en attendant que les quatre prévenus soient déférés devant un tribunal. --------------------------------------------------------------------------
Commentaires sur facebook 
Par Ahmed Benani , Déclaration Citoyenne@
Malika Filali Malika écrit fort à propos "A moitié nus, comme une photo de ce jeune homme atteste... de quoi ameuter les foules en effet!!!! (à moitié nues, dit l'article, donc les filles, c'était tellement pire qu'ils n'ont pads osé prendre la photo ! ndlr) Cet épisode est à vomir: c'est l'incitation à la délation, à l'intrusion dans la vie privée des autres, à dénonciation! Si c'est ça, la religion, alors que le Ciel me préserve de cette salissure!" 

Filali Greta, je reprends ton commentaire ci-dessus et je me sens pareille à ces jeunes: il faut continuer à s'étonner d'une pareille répression, il faut continuer à s'opposer à ces diktats, protester, provoquer et ne jamais se résigner! Ce n'est que comme ça que nous arriverons à imposer un nouvel ordre et les bases d'une nouvelle société fondée sur le respect de l'individu et non le bloc du clan et de la confrérie des croyants! 

Pèle- mêle quelques commentaires relevés sous l'article : 

Et s'ils sont pas Musulmans ?. Bonjour les droits de l'homme ! Les douanes marocaines, les offices de tourisme, toutes les autorités travaillant avec des étrangers devraient prévenir de ce qu'il en coûte de ne pas respecter la charia ! Mais leurs véhicules sont immatriculés en ESPAGNE !! se sont probablement des étrangers !! Ils viennent visiter le pays en été, ma3lihoum mabihoum, et nous, qu'est ce qu'on fait? On les accuse de ne pas respecter la chariaa ! Donc ce que vous êtes entrain de dire, c'est que les étranger devraient jeter en prison les musulmans habitant dans leur pays, et qui égorgent des moutons le jour de l'aid , pour torture d'animaux et pratique de rituels sauvages. C'est ça? Bienvenu au Moyen Âge ! 

 Tagué: : masayminch, non jeunêurs, ramadan

jeudi 2 août 2012

Majidi business : cas d’école de la corruption au Maroc The Majidigate: a textbook case of corruption in Morocco - أعمال الماجيدي : مثال نموذجي للفساد في المغرب

ENQUETE EXCLUSIVE. Comment une compagnie publique marocaine prévoit de dépenser l’argent du contribuable dans un projet privé du secrétaire particulier du roi… avec la bénédiction du gouvernement. Lire ici
EXCLUSIVE INVESTIGATION. How a Moroccan public company planned to spend taxpayer money in a private business owned by the king’s secretary and his American partner... with the government's blessing! Read here
تحقيق: كيف يمكن لشركة عمومية مغربية أن تخطط لإنفاق أموال دافعي الضرائب في مشروع يخص السكرتير الخاص بالملك.... وكل ذلك بمباركة الحكومة 

Procès du militant M20 Saïid Ziani, arrêté à Tanger, fixé au 15 août

Par  Younes Derraz | Hicham Derraz, FB, 30/7/2012

 Arrestation de Said Ziani, militant M20 à Tanger, et ça continue !!!! Jusqu'à quand ?? Jusqu'à combien ??

L'activiste tangérois SAID ZIANI a été présenté devant le tribunal après avoir été enlevé par 4 personnes en civil ! On va très probablement l'accuser de trafic de drogue comme le blogueur Mohammed Sokrat.
Le régime makhzénien qui est impliqué dans le trafic de drogue au plus haut niveau est un spécialiste de ce genre de dossiers montés.
(report du procès au 15 août)

Maroc: Benkirane n'amuse plus le roi

Par ,


Après des débuts prometteurs, la cohabitation se tend entre Mohammed VI et son Premier ministre, l'islamiste Abdelilah Benkirane. Le gouvernement est contesté dans la rue aussi, sur fond de crise économique. 
Maroc: Benkirane n'amuse plus le roi
Midelt, Maroc- Le 29 novembre 2011, le roi Mohammed VI reçoit Abdelilah Benkirane, dont le parti vient de remporter les élections législatives, afin de le nommer Premier ministre. AFP/Azzouz Boukallouch
Un peu plus de six mois après sa nomination, le gouvernement de coalition dirigé par l'islamiste Abdelilah Benkirane connaît ses premiers déboires. C'était prévisible : un contexte économique marqué par la crise, des révolutions arabes qui s'éternisent et font planer le risque d'une reprise de la contestation dans la rue, une monarchie soucieuse de préserver son capital sympathie et de ne pas être associée à l'échec éventuel du gouvernement sont autant de facteurs qui expliquent ces difficultés. 
Tout avait plutôt bien commencé. Déjouant les pronostics de ceux qui prédisaient une cohabitation tendue entre le roi et le Parti de la justice et du développement (PJD), vainqueur dans les urnes, le chef du gouvernement s'était rapidement forgé une image de boute-en-train, fort en thème, blaguant devant un Mohammed VI apparemment complice. Cerné par un protocole pesant et des courtisans aussi empressés qu'intéressés, le roi paraissait assez séduit par ce parler-vrai rafraîchissant. Les plus optimistes espéraient même que le rééquilibrage des pouvoirs au sein de l'exécutif, inscrit dans la nouvelle Constitution, serait bel et bien appliqué et que le roi se délesterait d'une partie de ses prérogatives au profit de son Premier ministre.  

Volonté de rompre avec les anciennes pratiques

D'entrée de jeu, Abdelilah Benkirane et son équipe ont affiché leur volonté de rompre avec certaines pratiques. Première mission: partir en croisade contre la corruption et l'économie de rente, qui gangrènent la société marocaine. Le ministre de l'Equipement et des transports, Abdelaziz Rabbah, a été l'un des premiers à faire parler de lui en dévoilant la liste, jusque-là non publique, des bénéficiaires des autorisations de transport de voyageurs, les "grimates". L'opacité qui entoure l'attribution de très nombreux agréments (pas seulement dans le domaine des transports) a souvent été dénoncée au Maroc. Ce système des grimates est même considéré comme un maillon essentiel du contrôle des populations par le Makhzen, l'administration royale. Ainsi, dans le sillage des manifestations qui ont agité le royaume pendant les premiers mois de l'année 2011, moqadem et caïds - les agents de l'administration locale - ont parcouru bourgs et villages pour y distribuer de précieux avantages, en échange d'une allégeance renouvelée. Ce discours anticorruption s'est cependant assez vite essoufflé, la lutte contre l'économie de rente se limitant à des effets d'annonce et à la publication de quelques noms. Le PJD est revenu aux fondamentaux de l'idéologie islamo-conservatrice, au risque de déplaire à la fraction moderniste de la société... et au souverain. 
Le premier faux pas est venu de la seule femme du gouvernement, Bassima Hakkaoui, après le suicide, au mois de mars, d'une adolescente mariée de force à son violeur présumé. Le drame avait suscité une forte émotion dans le royaume et à l'étranger. De nombreuses associations de femmes avaient alors demandé que soit abrogé l'article 475 du Code pénal marocain, qui permet à un homme coupable de viol sur mineure d'échapper à sa peine en épousant sa victime. Affirmant que "parfois le mariage de la violée à son violeur ne lui porte pas un réel préjudice", Bassima Hakkaoui leur avait opposé une fin de non-recevoir en se déclarant opposée à l'abrogation de l'article incriminé "sous la pression de l'opinion publique internationale".  

Des propos malvenus du ministre de la Justice

Autre ministre, autre bévue: le tonitruant détenteur du portefeuille de la Justice, Mustapha Ramid, ancien avocat de détenus salafistes, pointait, lors d'une visite à Marrakech, l'attitude selon lui "dépravée" des étrangers, accusés de "passer beaucoup de temps à commettre des péchés et s'éloigner de Dieu" lors de leurs séjours dans la capitale du sud du royaume. Des propos malvenus, alors même que, un an après l'attentat qui a secoué le café Argana, la ville ocre mise plus que jamais sur le retour des touristes. Au cours de cette même visite, Ramid a également eu un entretien très médiatisé avec une figure controversée de la scène religieuse marocaine, le cheikh Maghraoui, connu pour avoir, en 2008, émis une fatwa autorisant le mariage d'une fillette de 9 ans... 
Dans un premier temps, la monarchie est restée sur la réserve, tout en engageant discrètement une véritable course aux nominations. Avant même l'arrivée d'Abdelilah Benkirane à la primature, après avoir musclé son cabinet en y introduisant de nouveaux conseillers, dont son ami Fouad Ali el-Himma et l'ancien ministre des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri, Mohammed VI avait nommé une série d'ambassadeurs. Le mouvement préfectoral du mois de mai dernier a de nouveau été piloté presque entièrement par le Palais. C'est le roi qui a choisi la plupart des nouveaux walis (préfets) et gouverneurs, le chef du gouvernement jouant les figurants. Dans la même veine, quelques jours avant, Mohammed VI avait créé une nouvelle commission - chargée de la réforme de la justice, celle-là -, dont les membres ont tous été nommés par décret royal.  
Il aura fallu que le ministre de la Communication, Mustapha el-Khalfi, annonce la mise en application des nouveaux cahiers des charges de l'audiovisuel public, pour que le Palais sorte de sa réserve et entame la deuxième phase de son bras de fer avec le PJD. Mustapha el-Khalfi proposait en substance que les chaînes de télévision marocaines (Al Aoula et 2M) retransmettent tous les appels à la prière de la journée, accordent une plus grande place à l'arabe et à l'amazigh (au détriment des langues étrangères que sont le français et l'espagnol), s'interdisent de diffuser de la publicité pour les jeux de hasard... Ces mesures n'ont pas manqué de susciter l'ire des patrons de chaînes. Réputés proches du Palais, ces derniers se sont épanchés dans les médias sur leur désaccord avec leur ministre de tutelle. Le différend a pris un tour nouveau quand le roi en personne a convoqué Abdelilah Benkirane et Mustapha el-Khalfi. Avant de rendre un verdict sans appel: les dispositions de ce texte ne correspondent pas à l'esprit de la nouvelle Constitution, qui se veut pluraliste. En l'état, il ne sera pas adopté. 

Fin de la lune de miel

C'est le premier vrai revers enregistré par le gouvernement. Les dirigeants du PJD n'en continuent pas moins de mettre en avant le soutien que leur accorde toujours le roi, mais ces contre-feux ne trompent personne: la lune de miel entre Abdelilah Benkirane et Mohammed VI semble terminée. Un malheur n'arrivant jamais seul, l'opposition parlementaire, comme enhardie par ce désaveu, n'a pas tardé pas à prendre le relais. Cette fois, ce sont les augmentations de prix décidées par le gouvernement qui ont mis le feu aux poudres.  
L'avenir de la Caisse de compensation, un fonds mis en place par l'Etat sous Hassan II pour subventionner les produits de première nécessité, fait l'objet d'un débat récurrent au Maroc. Dans un contexte budgétaire difficile pour le royaume, confronté à l'envolée des prix du pétrole et à la facture des subventions accordées pour maintenir la paix sociale l'an dernier, le gouvernement a pris une décision impopulaire, il y a quelques semaines, en annonçant une augmentation du prix de l'essence et en laissant entendre que d'autres hausses pourraient suivre. 

Le roi plane au-dessus de la mêlée, dans un rôle d'arbitre

Les syndicats proches de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), aujourd'hui dans l'opposition, se sont saisis de cette décision pour faire descendre leurs partisans dans la rue. Le dimanche 27 mai, plusieurs milliers de personnes ont donc manifesté à Casablanca, la capitale économique du pays, et scandé des slogans hostiles au gouvernement. Après les derniers échecs des appels à manifester lancés par le Mouvement du 20 février, fer de lance du mouvement protestataire de l'an dernier, ce rassemblement a surpris par son ampleur. L'état de grâce est bel et bien terminé pour le gouvernement emmené par le PJD, désormais sous le feu des critiques. 
Paradoxalement, la manifestation de Casablanca couronne de succès la gestion royale du "printemps arabe" marocain. Si la rue a pu sembler, un temps, être tentée par des slogans antimonarchiques, c'est aujourd'hui le gouvernement d'Abdelilah Benkirane qui est en première ligne. Alors même qu'il n'a rien perdu de son pouvoir réel, le roi plane désormais au-dessus de la mêlée, dans un rôle d'arbitre, à la fois recours des modernistes et alibi des islamistes. Reste les problèmes de fond de l'économie marocaine. Sortie indemne du "printemps arabe" et de la "marée verte" qui a suivi, la monarchie est aujourd'hui, comme l'ensemble du royaume, confrontée au vent de la crise qui souffle d'Europe. 

Imider : une mobilisation sans précédant...



Par, Lhoussain Azergui,1/8/2012
 
Imider : une mobilisation sans précédant...
Un an après, rien n’a pu entammer la détermination des populations décidées à en découdre avec ceux qui exploitent leur Terre.
Au sommet du mont d’Aleban, à deux kilomètres d’Imider, une localité située à quelque 200 km au nord-est d’Ouarzazat, des habitants en colère organisent un sit-in depuis déjà une année. Ils protestent contre l’exploitation d’une mine d’argent sur leurs terres depuis 1969 par la Société métallurgique d’Imider (SMI), une filiale du groupe minier Managem géré par la Société nationale d’Investissement (SNI) appelée aussi "Maroc SA", une propriété du roi du Maroc. Si cette entreprise a généré en 2010 un chiffre d’affaires de 74 millions d’euros, ce qui la place parmi les plus importantes mines d’argent en Afrique, les habitants, eux, vivent à l’âge de pierre, dans l’indigence et la pauvreté. Ils n’ont ni routes, ni dispensaires, ni écoles, ni réseau Internet. L’hôpital le plus proche est situé à 200 km.

Pire encore. La surexploitation de la mine a provoqué la pollution de leur environnement immédiat au cyanure et au mercure, deux produits chimiques que la SMI utilise pour le traitement du minerai. C’est la faiblesse et l’interruption par la suite du débit d’eau dans les puits et dans les robinets des habitants qui ont enclenché le mouvement de colère. La baisse du débit en eau atteint plus de 60 %.

En réaction à ces injustices, les habitants commencent par manifester pacifiquement leur colère devant la mine, mais face au silence méprisant de l’entreprise, ils changent radicalement de méthode. Ils coupent l’alimentation en eau de la mine. Leurs revendications sont claires. Ils exigent de partager les profits matériels de la SMI. Ils revendiquent aussi que 75 % des recrutements soient réservés aux habitants de la région touchée par la sécheresse et le chômage et exigent la participation au développement économique et sociale de la région, considérée comme l’une des plus pauvres au Maroc.

Déterminés à lutter pour leurs droits, plusieurs milliers d’hommes, de femmes et d’enfants construisent des abris de fortune au sommet du mont d’Aleban, à 1400 mètres d’altitude, en dépit des conditions climatiques rudes et des intimidations des autorités.

Répression et intimidation :

Face au mouvement de protestation, les autorités ont tenté vainement de corrompre certains habitants en leur promettant des emplois et des privilèges matériels. Mais ils ne sont plus dupes. Ils connaissent le vrai visage des autorités. Déjà en 1996, quelques mois après être entamée, une manifestation similaire a été dispersée par la force. Bilan : un mort et plusieurs dizaines de militants condamnés à de lourdes peines de prison.

Quelques mois seulement après le début de ce sit-in en août 2011, le gouverneur de Tinghir a menacé de "brûler les manifestants" et d’utiliser la force contre eux. Mais, face à leur détermination, les autorités passent de l’intimidation à la répression ouverte. Elles tentent de les discréditer et commencent par arrêter un jeune militant, Mustapha Ouchtobane, en novembre 2011. Il sera condamné à quatre ans de prison ferme par le tribunal d’Ouarzazat, dans un procès expéditif digne des plus terribles des dictatures. Le 12 juillet 2012, cinq autres militants sont également arrêtés par les gendarmes à Tinghir. Le dossier semble monté de toute pièce. Un entrepreneur, connu pour ses liens avec les autorités, les accuse d’avoir vandalisé un projet de rénovation d’une maison des jeunes à Imider. Ils risquent de lourdes peines de prison.

Les autorités jouent "le pourrissement" :

Enfermées dans une impasse sécuritaire, les autorités risquent à nouveau d’user de la force pour déloger les manifestants du mont d’Aleban, au lieu de négocier une issue à cette situation. Les procès intentés aux militants du Mouvement sur la voie de 96 et la lourde peine infligée à Mustapha Ouchtobane n’étaient qu’un prélude. Dans un pays ou seul l’arbitraire est roi, une réaction brutale des autorités contre les manifestants n’est pas à exclure. La vigilance doit être de mise.

Il semble que les autorités et l’administration de la SMI jouaient le "pourrissement". Elles comptaient sur l’essoufflement du mouvement de protestation et la démobilisation des habitants. Peine perdue. Le mouvement continue à gagner du terrain. Les habitants sont plus que jamais déterminés à arracher leurs droits à l’entreprise et à vivre dignement sur leur propre terre. Même les enfants n’ont pas échappé au mouvement. Ils ont manifesté fréquemment à Tinghir et près de la mine, ils ont boycotté l’école et ont observé une année blanche.


Le silence des hautes autorités de l’État et la répression qui frappe les militants du
Mouvement sur la voie de 96, une année après le début de ce sit-in, est une infamie et une insulte aux habitants de cette région. Ce silence est synonyme de mépris.

Que faire alors ?

Bien que la spontanéité des rassemblements et l’aspect festif de la lutte des habitants d’Imider ait certains côtés positifs, elle a souvent des inconvénients. Les "sit-inneurs" sont certes déterminés à arracher leurs droits. Mais, la détermination, suffit-elle à elle seule pour faire fléchir une entreprise de la taille de la SMI ? La réponse est bien sûr non. Le combat est loin d’être gagné.

Il est alors urgent que de nouvelles pistes soient explorées afin d’exercer plus de pressions sur cette entreprise et, par ricochet, sur les autorités. L’absence de planification de nouvelles actions laissera au hasard des choix cruciaux, ce qui pourrait avoir des résultats désastreux.

mercredi 1 août 2012

Mustapha Ramid : « Il n’y a pas de détenu politique au Maroc »

Par Mamfakinch, 1/7/2012
[Nous publions dans ce qui suit un article apparu sur Yabiladi.com dans lequel Ramid nierait l'existence de détenus politiques au Maroc, au moment même où l'AMDH publie un rapport répertoriant 48 prisonniers politiques.] 

Mustapha Ramid nie catégoriquement l’existence de cas de détention politique au Maroc. L’AMDH parle, en revanche, de 40 personnes qu’elle classe dans cette catégorie. En presque huit mois au gouvernement, l’ancien président du Forum de la Dignité a complètement révisé ses positions. « Il n’y a pas de détenu politique au Maroc parmi les 65 mille prisonniers».

 Les propos ne remontent pas à l’époque des années de plomb mais juste à hier. Ils sont de Mustapha Ramid, le ministre de la Justice et des libertés, lors d’un entretien avec la chaine Al Mayadine, basée au Liban, la concurrente d’Al Jazeera. Le responsable gouvernemental a même affirmé que les prisons marocaines « ne comptent que des détenus de droit commun et non ceux d’opinion ».

 Ramid a également évoqué les mis en cause dans des affaires de terrorisme, précisant qu’il y a un travail pour les convaincre de réviser leurs positions initiales. Visiblement gêné par la question du journaliste qui est revenu à la charge, Mustapha Ramid a répliqué que « pour le moment aucun cas de détention politique ne me revient en mémoire ». 
Mais qu’en est-il des membres du Mouvement du 20 février arrêtés lors des marches et autres manifestations ? Le trou de mémoire du ministre de la Justice et des Libertés est, apparemment, la raison de cet oubli. 

L’AMDH contredit les propos du ministre  
Justement, le même jour du passage de Ramid à la chaine Al Mayadine, l’AMDH vient de publier un rapport, non encore exhaustif, sur les violations des droits de l’Homme qu’auraient subi les militants du M20F. C’est le bilan de plus de quatorze mois de recherche et de travail, et ce, depuis l’émergence de ce mouvement sur la scène politico-sociale au Maroc.
 Le document commence par énoncer le nombre de personnes tuées et la date de leurs décès, toutes sont victimes d’interventions des forces de l’ordre. Selon l’AMDH, elles seraient au nombre de onze : cinq à Al Hoceima, deux à Safi, et un respectivement à Sefrou, Berkane, Taza et Béni Bouyache. Contrairement aux propos du ministre de la Justice et des Libertés assurant qu’ « il n’y a pas de détenus politique au Maroc », le rapport élaboré par les services de l’ONG présidée par Khadija Riyadi a cité les noms de 40 personnes classées dans cette catégorie. Un bilan qui ne mentionne pas les arrestations et les condamnations qui se sont produits après le 17 avril 2012. 

Dans l’ensemble, le document énumère quelques 645 cas de violations des droits de l’Homme réparties entre « répression psychique et physique » qu’auraient subi les manifestants du M20 F dans plusieurs villes du royaume durant la période comprise entre le 20 février 2011 et le 17 avril dernier.
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Aziz Enhaili Du Bled du Makhzenistan: 
Finalement, «il n'y a pas de prisonniers politiques» au Maroc... C'est dans ces termes que s'est prononcé le ministre marocain de la justice et des libertés. Ces propos ''négationnistes'' de l'islamiste Mostapha Ramid me rappellent celles d'un autre ''négationniste'', mais d'un autre calibre. Au faîte de son pouvoir absolutiste, Hassan II a nié à maintes reprises l'existence au Maroc des prisonniers politiques et du mouroir Tazmamart. Nous connaissons la suite...

Zakaria Boualem vit terré chez lui...

Par Réda Allali, TelQuel, 1/8/2012

Nom : Boualem Prénom : Zakaria Né en :1976 à Guercif. Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque 

Salam alikoum les amis, un Zakaria Boualem fatigué vous salue. J’espère que vous allez bien, hamdoullah lui ça va, ça va, un peu dur les premiers jours mais bon, ensuite on s’habitue, vous savez comment ça se passe. Globalement, on peut dire que les choses se déroulent comme prévu. Mieux que prévu, même… un ramadan qui tombe pendant le mois huit, avouez que ça aurait pu faire peur. Merci au correcteur de ne pas toucher la phrase précédente : il s’agit bien du mois huit, aucune autre appellation ne saurait être homologuée dans cette page.

 ça aurait pu faire peur, donc, disions-nous… Les effets cumulés du jeûne, de la chaleur et de l’oisiveté du Marocain en vacances auraient pu provoquer une catastrophe humanitaire ou deux, par jour s’entend. Mais pas du tout, on peut même dire que ça se passe bien. La télévision propose cette année des programmes plutôt inspirés, même si Zakaria Boualem n’a pas pris le risque de regarder nos chaînes pour vérifier. Ben oui, un petit mot gentil ça coute rien (de toute façon il ne les regardera pas, donc autant être sympa). 

Il paraît aussi que les gens dans la rue sont largement moins excités que les autres années, mais encore une fois, le Guercifi n’en sait rien, puisqu’il vit terré chez lui depuis le premier jour du ramadan. De temps en temps, il lit Le Matin du Sahara, ça lui fait du bien, même s’il se demande si c’est licite en plein ramadan, c’est un produit anesthésiant puissant, après tout… 

Le plus bel édito de cette semaine est consacré à notre gestion du Printemps arabe. Avec peu de calories dans le sang et encore moins d’heures de sommeil, c’est une lecture psychédélique : “…un pays où le pluralisme politique et syndical est enraciné, et où le débat contradictoire a quelques lettres de noblesse…des systèmes sociaux de médiation, traditionnels et modernes, convergeant et agissant, rodés à la gestion de la conflictualité, une gestion créative qui est, il est utile de le souligner, un des traits culturels et identitaires de la marocanité…” Ya salaaaam… C’est un festival de psychédélisme, Woodstock est supplanté. Un peu plus loin dans le même papier, l’éditorialiste fustige “quelques persiffleurs habituels de notre système politique - auxquels, par ailleurs, on s’est accommodé - qui ont élevé le dénigrement à un niveau de mauvaise foi jamais égalé”. Eh oui, cet éditorialiste donne des leçons de bonne foi, n’est-ce pas formidable ?... 

Zakaria Boualem a donc décidé de suivre ce conseil et d’appuyer de bonne foi la demande de nos vaillants parlementaires de voir leurs émoluments augmenter de 4500 dirhams par mois. Très bon timing, très bonne idée, c’est une revendication légitime et raisonnable. 

Zakaria Boualem soutient également avec une bonne foi la remarquable décision du gouvernement de rendre l’université publique payante. Excellente initiative, il est vrai qu’un enseignement d’une telle qualité, dispensé dans un environnement aussi soigné et épanouissant, mériterait qu’on mette la main à la poche. Il était temps de rectifier cette anomalie de la gratuité, c’est fait, et merci. 

En toute bonne foi, Zakaria Boualem vous annonce qu’il ne croit pas un instant que notre athlète se soit dopée, c’est parfaitement impossible, c’est un complot. Aucun athlète marocain ne s’est jamais dopé, rappelons-le… 

Il y a plein d’autres choses que Zakaria Boualem voudrait vous dire avec sa nouvelle bonne foi mais c’est l’heure de la soupe, désolé. Fin de transmission soudaine.

 PS : Au fait, tous ceux qui geignent sur la baisse de productivité des Marocains pendant le ramadan devraient être contents cette année. En effet, il est d’usage que nous glandions deux mois dans l’année : le mois huit et le ramadan. Il faut aussi compter, pour certaines professions, le mois qui suit l’Aïd le grand, mais c’est un autre sujet. La superposition de deux mois d’ordinaire improductifs donne, au final sur l’année, un temps d’improductivité moins grand, c’est mathématique. Il faut préciser que Zakaria Boualem, de son côté, ne se plaint jamais du manque de productivité, il s’en fout un peu, de la productivité, et merci.

mardi 31 juillet 2012

Maroc : Campagne de répression contre les militants du Mouvement du 20 Février

 Par le Bureau Chilly-Mazarin du CAFCDM, 31/7/2012

 Le Collectif des Amazighs de France pour le Changement Démocratique au Maroc (CAFCDM) tient à dénoncer la réactivation de la campagne de répression du régime marocain dans laquelle plusieurs actes de violence physique et d’arrestations arbitraires se sont produits les 22 et 23 Juillet 2012 dans différentes villes du Maroc. Ces atteintes aux Droits Humains ont ciblé des militants du Mouvement du 20 février sans distinction aucune, de façon délibérée et dans l’aveuglement total. 

 Plutôt que d’engager un processus démocratique digne de ce nom et de prendre en considération les revendications du peuple marocain, le régime préfère réprimer de simples citoyens sortis dans la rue pour clamer haut et fort leur indignation et exiger la dignité.

 Le CAFCDM rappelle que la répression, la violence physique, les jugements injustes et disproportionnés, ne sauraient venir à bout d’un mouvement pacifique dont les revendications sont parfaitement légitimes et compréhensible et que l’Etat marocain peine à noyer par un calcul à court terme qui ne fait que rajouter à la violence. 
 
 L’Etat marocain se doit sérieusement d’écouter et prendre en compte les doléances légitimes portées par les manifestants pacifiques et ne jamais sous-estimer l’aspiration démocratique qui s’exprime au travers de ces rassemblements car le peuple SEUL est détenteur de l’autorité. Le Mouvement du 20 Février maintiendra ses actions tant que les injustices faites aux Marocains, sans distinction aucune, perdureront. 

 En tant qu’association qui entend prendre une part active au débat politique et social au Maroc, le CAFCDM dénonce la violence de l’Etat marocain, exige la libération de tous les prisonniers politiques sans distinction aucune, réaffirme son attachement aux revendications du Mouvement 20 février et appelle au respect de la liberté d’expression et d’opinion au Maroc. 

 Il en est du devoir de toute association de dénoncer tous les obstacles à une véritable démocratisation. Il y va de la citoyenneté active, pleine et entière au Maroc. 

 URL courte: http://www.demainonline.com/?p=19982

MAROC : ESCALADE DE LA RÉPRESSION

EUROPE : COMMUNIQUE DE SOLIDARITÉ /
 DÉTENUS POLITIQUES & ACTIVISTES DU MVT 20 FEV.
 par Mounaim Ouhti, 31 /7/ 2012 

Des jeunes et des moins jeunes toutes couches sociales, convictions et appartenances politiques, syndicales, associatives, personnelles confondues descendent régulièrement dans les rues de plusieurs villes du Maroc. C'est toujours de manière pacifique qu'ils expriment leur désir de liberté, de dignité et de démocratie. Ils ne veulent rien lâcher pour que l’avenir de leur pays profite à sa jeunesse, pour que soit éradiqué tout signe de soumission et de mépris des peuples. 

  Le pouvoir marocain, après avoir créé l’amalgame, instrumentalisé les convictions de chacun, utilise de manière progressive sa politique de répression par l'intermédiaire au début des baltagias et actuellement par une répression directe des forces de l'ordre de manière quasi systématique : hier à Tanger ou Fès, un autre jour à Rabat, aujourd'hui à Casablanca et dans différents villages, arrêtant des citoyens, des jeunes à la veille de leurs examens de baccalauréat, poursuivant des militants politiques ou de droits humains, les tabassant et laissant les marques de blessures et de violence que montre nettement un nombre important de vidéos circulant sur la toile.

 Une série de procès sont planifiés, des procès iniques organisés à la va vite pour incarcérer des jeunes. Au delà du mouvement du 20 février, ce sont des attaques sauvages contre des populations de village qui vivent dans la quasi indifférence des pouvoirs publics. Exploitant une situation internationale de violence innommable, le régime marocain procède dans le silence des opinions nationale et internationale à une répression ciblée par moments et généralisée à d'autres. 

 Ces derniers jours, à la manifestation du 22 juillet 2012 dans le quartier populaire de Casablanca à Sidi Elbernoussi, cette violence s'est accélérée : des dizaines d'arrestations et de blessés, le quartier a été quadrillé par les forces de répression. D’autres villes ont connu la même escalade de violence comme c’est le cas à El Jadida. Le mois dernier, les 16 et 17 juin 2012 : encore une fois, parce que les habitants de Chlihat s'étaient mobilisés contre l’oubli, le délaissement et les investissements étrangers qui les ont abandonnés, les forces de l’ordre arrivent en force ont envahi ce village, traqué et arrêté des jeunes, bousculé des femmes… Près de 32 citoyens étaient jugés ce 24 juillet 2012. 

 Face à ces attaques et cette répression à répétition que l’on a toujours tenté d’occulter on ne peut plus dire aujourd’hui, grâce aux nouvelles formes de communication, « on ne le savait pas ». Face à cette recrudescence de la répression, la solidarité avec ses victimes est indispensable de même que la condamnation des attaques sauvages et des arrestations de jeunes du mouvement du 20 février. Le principe d'universalité des droits humains nécessite de chaque personne éprise de liberté et de droit à dénoncer les atteintes à la liberté d'expression dans chaque région du monde où celle-ci est remise en cause. 

SOLIDARITÉ AVEC TOUTES LES VICTIMES 
DE LA RÉPRESSION
 EXIGEONS LEUR LIBÉRATION IMMÉDIATE 

 Premiers signataires : PADS-Europe-, ANNAHJ ADDIMOCRATI-Europe-, FTCR, AMF, ATMF, ASDHOM, FCSME, CRLDHT, FMVJ-France-, Union syndicale Solidaire, PCF. 
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 Par  Younes Derraz | Hicham Derraz, FB, 30/7/2012

 Arrestation de Said Ziani, militant M20 à Tanger, et ça continue !!!! Jusqu'à quand ?? Jusqu'à combien ?? 

lundi 30 juillet 2012

Le rappeur marocain Mouad Belghouat condamné en appel à un an de prison

Par Anne Bernas, RFI,  28/7/2012 -

 Devant la cour d'appel ce 27 juillet, la défense de Mouad Belghouat a réitéré que le poème de ce dernier était une « création artistique qu'il ne faut pas punir ».

 Devant la cour d'appel ce 27 juillet, la défense de Mouad Belghouat a réitéré que le poème de ce dernier était une « création artistique qu'il ne faut pas punir ». Facebook/DR 
 La sentence est tombée ce vendredi 27 juillet. La cour d’appel de Casablanca a confirmé la peine d’un an de prison pour le jeune rappeur marocain Mouad Belghouat. Agé de 24 ans, il s’est fait connaître pour ses chansons critiques vis-à-vis de la monarchie. Il a été arrêté le 28 mars dernier et condamné par le tribunal de première instance de la capitale économique marocaine en mai 2012. 
 La raison de cette condamnation à un an de prison et à une amende de 1 000 dirhams (90 euros) ? Pour la justice marocaine, un outrage à la police suite à la diffusion d’une vidéo sur YouTube dans laquelle chante Mouad Belghouat et où apparaissent des policiers marocains.
 La chanson polémique « Les chiens de l'Etat »: 
  La chanson s’intitule Les chiens de l’Etat et circule sur la Toile depuis 2008. Les paroles racontent une banale arrestation par les forces de l’ordre. Le clip est un montage photos où un policier a la tête d’un âne et où ses collègues tabassent violemment des manifestants. Le jeune condamné a nié tout lien avec cette vidéo, arguant que des inconnus avaient fait le montage des photos et de la musique. Rien n’y a fait. D’autant plus que le jeune magasinier devenu chanteur n’en était pas à ses premiers faits d’armes avec les autorités makhzeniennes. 
 Et Mouad devint « le rancunier » Mouad Belghouat a en effet déjà eu un démêlé avec les autorités marocaines. Le 9 septembre 2011, il est interpellé par la police pour avoir agressé et frappé un militant royaliste dans la rue, ce que démentent de nombreux témoins de la scène pour qui cette arrestation n’était rien d’autre qu’une entrave à la liberté d’expression. 
Après quatre mois de détention, Mouad Belghouat est libéré, mais toujours coupable aux yeux de la justice qui l’a condamné à quatre mois de prison, peine effectuée lors de sa détention provisoire de… quatre mois à la prison d’Oukacha, à Casablanca. 
 Moments partagés avant sa première arrestation en 2011.  
Devenu « al-haqed », « le rancunier » en arabe, Mouad Belghouat ne lâche rien malgré des mois passés derrière les barreaux. Il promet à ses fidèles admirateurs qu’il ne compte pas se taire.
 « Je vais continuer à faire du rap, je suis engagé pour le peuple, et pour me faire l’écho de ses problèmes. Il y a un nouveau gouvernement, mais ils n’ont pas encore jugé ceux qui ont volé dans l’ancien. Il faut changer tout cela, on ne lâchera pas » ,
 s’exclame-t-il le 12 janvier à sa sortie de prison. 
 Un militant des droits de l'homme de la première heure S'exprimant essentiellement en darija, le dialecte marocain, Mouad Belghouat est un militant des droits de l'homme de la première heure au Maroc. Il est comparé au rappeur engagé tunisien El Général et a été décrit comme « le Gavroche de la révolution marocaine », « représentant de la voix des opprimés » et le « troubadour des temps modernes ». Plusieurs de ses titres sont ainsi nés lors des protestations de 2011. Protestations dues en grande partie au Mouvement du 20 février, né il y a un an et demi et auquel fait partie al-Haqed. Le M20 est une coalition d'activistes, d'étudiants et de travailleurs réclamant plus de libertés et de justice sociale pour le peuple marocain, dans un pays où les injustices sont criantes et où certaines méthodes sont dignes d’un Etat policier. Le M20 a joué un rôle non négligeable dans les réformes du royaume. 
D’ailleurs, le nouveau gouvernement d’Abdelillah Benkirane l’a appelé au dialogue, mais le M20 s’y refuse, sans doute dans la crainte d'une manipulation. 
 Quoi qu’il en soit, le mouvement de contestation a brisé de nombreux tabous et permis de libérer la parole. Mais avec des limites à ne pas franchir dont Mouad Belghouat est le symbole. 
La liberté d’expression mise à mal 
Depuis le début de « l’affaire al-Haqed », de nombreuses voix se font entendre pour dénoncer son arrestation et la mobilisation s’organise pour dénoncer son cas. Un groupe Facebook a été ouvert rapidement après sa première arrestation, des comptes Twitter suivent leur « défenseur » des droits. Mouad Belghouat est admiré parce qu’il dénonce sans peur la corruption et les erreurs du roi. 
  Vidéo où apparaît l'une des images controversées. 
 Mais pour le procureur du roi, avec ses chansons très critiques, le rappeur est un danger potentiel pour l’ordre public. Une aberration, selon l’un de ses avocats, Me Hatim Begard. 
 « Il a été arrêté pour une chanson ! Franchement, dites-moi si une chanson peut être néfaste ou nuisible à un Etat ou à l’ordre public ! C’est vraiment fâcheux, c’est vraiment malheureux que l’on en soit arrivé là, ici au Maroc, avec une nouvelle Constitution qui stipule très clairement que toute personne a le droit d’être créatif au niveau artistique ! » 
 En effet, des associations de défense des droits de l’homme et de nombreux artistes déplorent, eux aussi, une insulte à la liberté artistique pourtant nouvellement garantie par l’article 25 de la Constitution. Devant la cour d'appel ce 27 juillet, la défense de Mouad Belghouat a réitéré que le poème de ce dernier était une « création artistique qu'il ne faut pas punir ». Pour un autre de ses avocats, Me Omar Benjelloun, « Il s'agit d'un procès contre la liberté d'expression ». L'ONG Human Rights Watch a plusieurs fois demandé aux autorités marocaines d’annuler les accusations contre le contestataire et de le libérer, jugeant que 
  « cette affaire est tout simplement une affaire de liberté d'expression. Chaque jour que le rappeur passe en prison rappelle la distance entre les lois du Maroc et sa pratique, ainsi que les droits garantis par sa nouvelle Constitution ».
  La liberté d’expression dans le royaume bute sur trois lignes rouges : le roi, l’islam et l’unité territoriale. Et le nouveau gouvernement semble ne pas vouloir faire bouger ces lignes. 

Vides les caisses de l'Etat ? ..Pas pour tout le monde !

Par Aziz Enhaili , fb, 29/7/2012

Peut-être que je suis une nullité en calcul. Peut-être que je ne comprends rien à rien. Qui sait...

Vous êtes au courant que le Maroc est confronté à une rude crise économique conjuguée à un accroissement du taux de chômage, notamment des jeunes. Vous savez sans doute aussi que le gouvernement de ''Le Monsieur 3afa Allah 3ama salaf de corrompus et de voleur de l'argent du public'' répète à longueur de journées que les caisses de l'État sont vides.

Figurez-vous que notre État a payé 2 milliards pour que Raja affronte Barca hier, et aujourd'hui il a annoncé avoir affecté plus de 2 autres milliards aux festivités dans les ambassades marocaines à travers le monde pour célébrer la ''Fête du trône''.

Pensez-vous que l'état de notre économie permet aujourd'hui de telles dépenses folles? Pensez-vous que ce gaspillage cadre avec la saine gestion de l'argent du contribuable marocain?

Plus de 2 milliards de centimes vont être consacrés aux célébrations dans le monde de ''la fête du trône''.




Une année après...

Par Ali Fkir, 30/7/2012



Le ramadan de 2011. Après une année, la plupart des victimes de la spéculation foncière et de la répression makhzenienne, errent toujours dans la nature sans domicile fixe.
Vidéos enregistrées par Ali Fkir au lendemain du tsunami makhz
enien.
Nous sommes à plus de 20 km de la ville de Mohammedia. 

http://www.youtube.com/watch?v=wcfaHjKEuVM


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Reçu aujourd'hui sur le blog d'un retraité des FAR 

(les données personnelles ont été supprimées, à disposition pour ceux qui voudraient l'aider)

-abdelkader a.
-né le : . .61 à M.
-marié et père de 2 enfants
-retraité des forces armées royales comme : ancien combattant
-23 ans de services en zone sud pendant les années de guerre.
-ma pension de retraite est de : 1490dhs par mois - (149 euros)
-pas de logement pour moi sauf location avec : 650dhs par mois +eau+eléctricité ect ...
-mes enfants ne peuvent pas continuer leurs études à cause de la pauvreté.
-mon fils est malade dans sa main en jouant au foot ball, en 2009 malgré pas d.argent pour voir un médecin pour consultation, la mutuelle existe mais l.argent pour mouvement rien maintenant sa main est handicapée.
          -MON PROBLEME EST :
-j.ai un credit avec EQDOM somme : 18500dhs prélèvement de 500dhs par mois sur ma pension il ne me reste rien.
-j.ai un credit avec BANK CHAABI somme : 14000dhs je ne peux pas le traiter compte  CE DOSSIER  EST EN JUGEMENT DU 1è INSTANCE DE MIDELT CONTRE MOI.
             -je vous demande pour m.aider s.il est possible nous sommes dans la rue et sauver mes enfants dans cette situation la plus difficile pour nous.
-et merci à tous qui m.aident pendant ce moi de ramadan
-ramadan karim à notre roi et sa famille.
-ramadan karim à tous les marocains.
-merci à tous AL MOUHSININES
Combien de telles détresses pourraient être soulagées avec les deux milliards de centimes dilapidés pour fêter l'égo monstrueux de "notre roi et sa famille" ?

Ce que j’ai vu à Bernoussi

 العفاريت والتماسيح والمخلوقات التي لا يعرف أحد أين Par Larbi, 24/7/ 2012

 Sommes-nous en démocratie ? Non, nous sommes au Maroc.

 Faut-il vous le confesser comme si on confessait un horrible crime ? 

Hier j’étais dans la manifestation du mouvement 20 février dans le quartier Bernoussi à Casablanca. Certes le cœur n’y est plus depuis un moment, mais je me fais un devoir d’assister au moins une fois par mois à une manifestation du mouvement. Parce que contrairement à ce que dit ce clown triste et personnage insignifiant faisant office de chef de gouvernement, la demande de réformes politiques est toujours présente et il faut être sourd et aveugle pour l’ignorer. 

Parce que des militants du mouvement dorment toujours derrière les barreaux pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Et parce que le mouvement 20 février, c’est un peu la famille, on n’arrive pas à s’en séparer et il faudrait bien se retrouver de temps en temps pour ne pas laisser la flamme vaciller. 

 Dimanche soir donc, un impressionnant comité d’accueil composé de diverses unités policières était massé au point de départ et attendait les irréductibles du mouvement. A croire que les forces d’ordre n’ont rien d’autres à faire qu’intimider les manifestants. Dans la même journée à Derb Kebir des trafiquants de drogue ont semé la terreur et attaqué les policiers et il faut croire que ces derniers sont venus se rattraper auprès des manifestants. Forts avec les faibles, faibles avec les forts telle est leur ligne de conduite lâche et nauséabonde.

 La manifestation est arrivée à démarrer à la faveur d’un changement de point de départ de dernière minute, prenant les bataillons de force de l’ordre de court. Pendant une heure, on a volé quelques moments de manifestation qu’on savait précaire. Voici Hamza Haddi, jeune du mouvement, sorti de prison il y a à peine trois jours, qui reprenait déjà service et donnait le ton avec abnégation et courage. Pendant une heure on a un peu retrouvé le mouvement qui milite pour un idéal : la dignité et la justice pour tous. Et s’en tient à une ligne de conduite : les actions pacifiques.
 Avec détermination, quand beaucoup d’autres ont renoncé. Avec courage, quand beaucoup d’autres se sont réfugiés dans la lâcheté et le silence. Pour de nobles idéaux, quand beaucoup d’autres ont choisi la médiocrité et la servilité.

 Et soudain les chiens sont lâchés. On n’est jamais préparé à une attaque de police, c’est lâche et soudain une attaque de police, d’autant plus que cette dernière a accumulé une longue expérience répressive. Il y a eu les motards qui essayaient d’écraser des manifestants avec leurs engins rappelant des scènes horribles de chiens lâchés sans laisse. Il y a eu les matraques qui pleuvaient pour chasser les manifestants faisant plusieurs blessés. 

C’est toujours spécial quand des policiers marocains matraquent des manifestants, ils se mettent à la tâche avec ardeur et à bras le corps, comme s’ils avaient un compte personnel à régler avec chaque manifestant. Quelqu’un m’a dit un jour qu’on les laissait toute la journée, exprès, sans repas pour qu’au moment du passage à l’acte ils le fassent avec la rage des affamés. Je me demande si dimanche soir on n’a pas fait exprès de ne pas les laisser rompre le jeune du ramadan. 

 Il y a eu les violents coups de pieds, qui paradoxalement passaient pour un moindre mal. Il y a eu des passants et des vendeurs qui prenaient eux aussi des coups parce qu’ils se trouvaient, là, sur le chemin d’un policier en rage qui a besoin d’atteindre son quota de matraqués.

 Puis il y a ce moment, peu glorieux où l’on se déteste. Ce moment où face aux matraques on commence à courir et à fuir pour ne pas prendre un coup, pour ne pas être interpellé, pour ne pas donner l’occasion à un médiocre élément des forces de l’ordre, ne sachant parler qu’en injures, de nous faire humilier. Ce moment où l’on se déteste parce qu’on se dit, après coup, qu’on aurait pu rester regroupé, résistant aux coups, accueillant les matraques avec dignité. Il y a eu ce moment où on commence à faire le compte, à chercher qui manque à l’appel et à déduire qui a été interpellé et qui est en train d’être ramené en ce moment dans un obscure poste de la police, subir l’arbitraire de la justice. Ce moment où l’on s’appelle pour se rassurer, prendre des nouvelles des disparus, chercher des infos…. 

Il y a eu enfin ce moment où l’on regarde les passants, les yeux dans les yeux. Où l’on lit la peur dans leurs yeux, elle se lit très bien la peur dans le regard des gens, et l’on se dit que ceux-là ils ne sortiront jamais manifester après avoir assisté à cette leçon de la politique de la peur. Ainsi apprend-on aux foules à bien se tenir. Ce que j’ai vu à Bernoussi, je ne l’oublierai pas. Il se rajoutera ce que j’ai vu avant à Rabat, à Sbata, à divers moments et endroits pendant un an et demi de manifs.

 Ce que j’ai vu à Bernoussi est révoltant, triste et abject. Et quand on échappe de cette épreuve sans blessure dans le corps, on garde fondamentalement des blessures dans le cœur. Mon dieu, ça en fait des séquelles ! 

 Beaucoup de ceux qui étaient présents hier vous le diront : par une alchimie mystérieuse, et assez paradoxale, on sort de ce genre d’épreuves encore plus fort et encore plus déterminé. Alors oui, à la prochaine manifestation pacifique du mouvement 20 février je sortirai dans la rue sans haine et sans crainte. Et si on est encore réprimé, tant pis, on sortira la fois suivante. Quelque chose est définitivement cassée dans le pays et ce n’est pas la répression qui va la réparer. 

Ils sont sortis manifester pacifiquement, ils ont été jetés en prison
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Un Journaliste tabassé par la police lors de la manifestation du M20F Casa à Bernoussi

Conférence de presse du M20
http://youtu.be/qI9pVhI6Kq0

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dimanche 29 juillet 2012

La « Bei3a » ou la reddition infamante

208040927_2026c30c22.jpg par Salah Elayoubi, 18/7/2012

  Il y a comme cela, des images qui vous font remonter le temps, pour vous téléporter brutalement au Moyen-âge, vous font sérieusement douter du moment que vous êtes en train de vivre et vous donnent la nausée. Celles de l’allégeance, communément appelée « Bei3a » font résolument partie de cette catégorie. 

 Le temps d’une cérémonie, le roi a tombé le costume à plusieurs milliers d’Euros pour se travestir en « Amir al Mouminine ». Il a également troqué le roadster allemand et le rock ou le blues endiablé de sa puissante sono, pour un arabe barbe et la musique de la garde royale. Autour de lui, s’activent une garde rapprochée pléthorique et des intimes triés sur le volet. Le tout fait penser à un essaim d'abeilles autour de la reine. Le tintamarre alentour, est digne d’une fête foraine. 

 Le roi reçoit, ce jour, l’allégeance de tout ce que compte le pays comme élites civiles ou politiques et hauts fonctionnaires. Ainsi, le peuple, à travers ses représentants, est supposé témoigner « son indéfectible attachement au trône alaouite », selon l’expression consacrée. La cérémonie a quelque chose d’ubuesque pour le roi, en même temps qu’elle est empreinte d’une cruauté sans nom pour ceux qui, pourtant, lui témoignent leur allégeance. L’Islam recommande au chef d’épargner l’amour-propre et la dignité de ses administrés. Le roi marque ostensiblement son indifférence pour cette recommandation, en même temps qu’il affiche un mépris souverain pour ceux venus lui prêter obédience et s’incliner devant lui.

 Vêtus de la lourde tenue traditionnelle marocaine avec séroual, tunique à manches longues et gilet, le tout enveloppé dans un burnous, capuchon rabattu sur la tête, les participants gouttent d’abord sous un soleil de plomb, au plaisir de l’attente interminable, que leur a concoctée le protocole du palais.

 La cérémonie entamée, par trois fois, ils doivent s’incliner par groupe d’une cinquantaine, en prononçant la formule consacrée « Allah ibarek fi 3oumr sidi ». Puis ils sont poussés, sans aucun ménagement, à dégager l’esplanade, au pas de gymnastique, par une cohorte d’esclaves du Palais, pendant que le roi avance de quelques pas sur sa monture, en direction du prochain groupe.

 Au cours de ce sprint au goût de ridicule, qui fait ressembler nos compatriotes à quelques bipèdes d’une espèce inconnue ou encore à des pingouins malhabiles, désappointés de se retrouver là, par des températures infernales, il n’est pas rare de voir ceux qui ont commis l’erreur de chausser les fameuses babouches traditionnelles en perdre une, voire les deux, dans la confusion générale et se retrouver en chaussettes. Plus tard, la cérémonie terminée, les nettoyeurs les récupéreront comme autant de trophées risibles, après la bataille et que personne, par décence, ne s’abaissera à venir réclamer. 

 Aussi incroyable que cela puisse paraître, bon nombre de participants à cette cérémonie infâmante et dégradante, ont déployé des trésors de ruse et de persuasion, pour que leur nom soit couché sur la liste de ses récipiendaires. Tout ce petit monde qui compte jusqu’à plusieurs milliers d’individus, obéit à une convocation, à laquelle nul ne peut plus se soustraire, une fois qu’elle est émise, sous peine de crime de lèse-majesté. 

 Détail sordide, mais qui a son importance, aucune commodité n’ayant été prévue sur l’esplanade du Palais, ceux qui craignent une incontinence ont, pour les plus prudents d’entre eux, choisi de sauter un, voire plusieurs repas. Les autres portent des couches-culottes où ils sont déterminés à se soulager en toute quiétude, si le besoin s’en faisait sentir. 

 Sur une tribune dressée face à l’esplanade, quelques « privilégiés », ponctuent chaque sprint par un tonnerre d’applaudissements et apprécient d’autant ce spectacle d’un autre âge, qu’il leur aura été épargné, pour un temps, de figurer dans cette arène de l’infamie, où les élites de la nation viennent singer la reddition d’un peuple vaincu, avant même qu’il n’ait livré bataille. 

 Quelle obscure jouissance procure au despote le sadisme de cette avanie et son anachronisme ? Pense-t-il se grandir, le temps de cette humiliation suprême infligée à ses contemporains ? Quant à ces hommes investis de la mission de représenter le peuple marocain, quelle image espèrent-ils dispenser d’eux-mêmes ? Quel signal pensent-ils envoyer à leur famille, leur épouse et leur progéniture, dans ces moments où ils ont ravalé toute fierté et bu toute honte, à se soumettre au caprice d’un seul homme ? Et nous, aurions-nous combattu le colonialisme pour remettre en selle cette monarchie schyzophrénique, capituler face à son despotisme et lui rendre armes et couleurs sans conditions ? Est-ce dans cet « à-plat-ventriste » qu’il nous sied de voir nos représentants ? Avons-nous à ce point perdu tout honneur et toute dignité, pour supporter, sans sourciller, que nos élus donnent ainsi le spectacle de leur veulerie ? 

 Tel un flibustier méprisant et hautain pour ceux qu’il vient de vaincre, le roi, dans cette production grandeur nature, exclusivement dédiée à son égo disproportionné, se retrouve un peu plus absolutiste que quelques heures auparavant. Satisfait, il regagne ses quartiers, pour y retrouver son clan et fêter dignement l’évènement. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, et il se pourrait bien qu’un jour, par un juste retournement dont l’histoire a le secret, « notre ami » se retrouve, à son tour, en posture de perdre un peu plus qu’une simple paire de babouches.
http://youtu.be/KAM4k-t3lso
La couverture de TelQuel est de 2006 ...