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samedi 26 janvier 2013

ATTAC MAROC dénonce l’offensive répressive généralisée

                                                                                                      

ATTAC CADTM MAROC                                                                                                                   



Communiqué

ATTAC MAROC dénonce l’offensive répressive généralisée


Dans ce début de l’année 2013, on assiste au Maroc à une escalade de la répression contre toutes les formes de protestations sociales.

Ceci se manifeste par des interventions sauvages contre les manifestations et sit-in, l’incarcération et les poursuites judiciaires contre des militants actifs, des intimidations de toutes sortes à leur encontre. L’Etat essaye d’instaurer un climat de terreur et de criminaliser les résistances. Parmi elles, celles du  Mouvement du 20 février (M20F) qui réclame démocratie et justice sociale, les luttes syndicales pour la défense des acquis dans le secteur public (enseignement, santé, justice, …) et privé (mines, textile, hôtellerie,  agriculture,…), les diplômés chômeurs pour leur droit au travail (leurs actions quotidiennes  se poursuivent à Rabat malgré la répression féroce). Les contestations pour défendre les services publics, le droit au logement et contre la cherté de la vie dans les villes subissent le même sort. Dans les zones rurales, les populations réclament des infrastructures de base qui manquent terriblement dans les régions enclavées. Les femmes victimes des effets désastreux du système du micro-crédit et les migrants subsahariens subissant la répression des autorités et le racisme sont également mobilisés et subissent également répression, incarcérations et procès iniques.

L’ensemble de ces mobilisations reflète l’échec des politiques néolibérales et l’offensive répressive de l’Etat montre sa détermination à faire supporter le fardeau de la crise aux masses populaires, sans hésiter à bafouer la liberté d’expression et d’opinion  et les droits humains.



Faillite des choix néolibéraux dans un contexte de crise mondiale du capitalisme

 La crise mondiale a accentué l’échec des choix néolibéraux dictés par les Institutions financières et commerciales internationales. La dépendance de notre pays envers les grandes puissances est le symptôme de cet échec. En effet, la valeur de nos exportations ne couvre que 47% de nos importations. L’année 2012 s’est terminée  avec un déficit commercial de 200 milliards de DH (24% du PIB). Les politiques d’ouverture visant à attirer les investissements directs étrangers (IDE) et les Accords de libre-échange détruisent le tissu productif national déjà faible, entraînent des licenciements et des pressions sur les salaires et réduisent les recettes douanières. La privatisation des grandes entreprises publiques rentables et la délégation de la gestion des services publics au capital privé contribuent à la sortie des devises sous forme de dividendes. Résultat : les finances publiques sont asséchées et l’Etat se tourne vers un  recours récurrent à la dette.



Spirale de l’endettement et austérité

La dette publique (interne et externe) du Maroc a atteint 583 milliards de DH (environ 70% du PIB) en septembre 2012. Son service est de 108 milliards de DH. Si l’on compare  le poids annuel de la dette avec le budget de l’Education (51 milliards de DH), la Santé (12 milliards de DH) ou les investissements publics (59 milliards de DH), on se rend à l’évidence qu’aucun développement économique ou humain n’est possible sans l’annulation de la dette. Et c’est bien notre revendication.

Hélas, l’Etat fait entrer notre pays de  plain-pied dans la spirale infernale de l’endettement. L’emprunt de 1 milliards d’euros en 2010 et de 1,5 milliards de dollars en décembre 2012 confirme cette tendance. Pendant ce temps, le FMI, grâce à sa nouvelle Ligne de précaution et de liquidité (LPL) dotée de 6,2 milliards de dollars, nous a fixés les termes du plan d’austérité à suivre. Au menu : gel des salaires, baisse de la dépense publique dans les secteurs sociaux, démantèlement du système de subventions des produits de base et du  système des retraites.

Ce sont donc les masses populaires qui payeront la crise. Les impôts représentent plus de 63% des recettes de l’Etat dans la Loi de finances de 2013 et seront supportés essentiellement par les consommateurs et les salariés, tandis que la participation des entreprises privées et des ménages riches restera faible, car elles bénéficient d’exonérations fiscales, de subventions et  d’un accès au foncier à des prix dérisoires. 

L’Etat essaye d’anticiper sur les résistances populaires et ouvrières qui se développent sur tous les fronts par une répression féroce, et un acharnement sur toutes les structures combatives organisées  ou non organisées: M20F, syndicats, associations des diplômés chômeurs, défenseurs Droits de l’Homme, victimes du système du micro-crédit, les militant-e-s d’ATTAC, etc. 


Dans ce contexte, notre association ATTAC CADTM Maroc :

-        Condamne fermement cette vague de répression, et exprime toute sa solidarité avec ses victimes

-        Exige la libération de tous les prisonniers politiques et apporte sa solidarité à leurs familles

-        Appelle à une rupture radicale avec les choix néolibéraux en cours afin d’atteindre un vrai développement économique et social centré sur la satisfaction des besoins essentiels des classes populaires et de garantir notre souveraineté alimentaire

-        Renouvelle sa revendication d’annuler la dette publique marocaine. Une décision qui permettra de dégager des ressources conséquentes pour les injecter dans les secteurs sociaux et de se libérer de la dépendance à l’égard des puissances impérialistes et récupérer notre souveraineté.

Secrétariat National.

 Rabat le 15 janvier 2013



                                                                                     

Maroc - Fermeture de l'hebdomadaire Actuel

  Un vrai signal d'alarme !

Par Slate 22/1/2013
L'hebdomadaire marocain francophone Actuel publiait son dernier numéro le 5 janvier 2013. Jeune Afrique revient sur cet évènement, un «signal d'alerte» pour nombre de journaux du Royaume chérifien.
  «Le contexte économique marocain particulièrement difficile, en 2012, a conduit les principaux annonceurs à couper dans leurs budgets publicitaires au point de mettre certains titres de presse en difficulté», rapporte Yabiladi.
Selon Yabiladi, l’hebdomadaire a été lancé en 2009 pour concurrencer l'autre magazine francophone Tel Quel. La fermeture d'Actuel est pourtant bien un "Signal d'alarme" selon l'éditorialiste de Tel Quel, qui s'adresse autant à la presse qu'aux lecteurs.
Avec une circulation totale des journaux qui stagne depuis 2008 selon l'Organisme de la justification de la diffusion du Maroc, la diffusion moyenne est de trois exemplaires par an et par habitant.  Un chiffre bien moins élevé que celui de l'Algérie, rapporte Jeune Afrique.
En effet, le développement des sites web d'infos gratuits vient perturber la diffusion de la presse payante, et son financement par la publicité, plus attirée par le web.
Mais le problème vient aussi de ce que ces journaux sont francophones, dans un pays très majoritairement arabophone, relève Jeune Afrique.
Pour Aziz Boucetta, éditeur du site Panoramaroc «depuis le Printemps arabe, l'argument qui consistait à cibler, via l'utilisation de la langue française, les cadres et les professions supérieures (ndlr) fonctionne de moins en moins».
Pour Karim Boukhari, éditorialiste de Tel Quel, au-delà du magazine Actuel et du papier, c'est l'indépendance de la presse marocaine qui est en jeu.
«Le Maroc, qui a eu tant de mal à enfanter une presse indépendante digne de ce nom, est évidemment concerné
Mais l'avènement du web et de la gratuité dans une certaine mesure, ont permis aussi de redonner, selon Tel Quel, une certaine liberté au lecteur, qui impose de plus en plus ses choix.
Et dans ce contexte, «si la presse papier perd en vente, elle gagne, en revanche, en influence et en impact, en recrutant dans le même temps des lecteurs nouveaux, supplémentaires», conclut l'éditorialiste.
 http://www.slateafrique.com/102175/maroc-lhebdomadaire-actuel-cest-deja-du-passe

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Solidarité avec Ezedine Rouissi pourchassé par les forces du Makhzen

Par Fouzia Ejjawi , fb
Solidarité avec Azzedine Roussi, poursuivi en ces moments par les forces du Makhzen dans les environs de Taza. Déjà torturé en prison, il y avait passé 5 mois et y a engagé l'une des plus longues grèves de la faim, pour protester contre les mauvais traitements subis, avant d’être relâché. Aujourd’hui, il semblerait que l’acharnement du Makhzen contre cet étudiant (gauchiste) et militant du 20 février, est toujours d’actualité
Ezedine le dernier jour  de sa grève de la faim
Solidarité avec Azzedine (Ezedine) Roussi, poursuivi en ces moments par les forces du Makhzen dans les environs de Taza. Déjà torturé en prison, il y avait passé 5 mois et y a engagé l'une des plus longues grèves de la faim (135 jours), pour protester contre les mauvais traitements subis, avant d’être relâché à la fin de sa peine.
 Aujourd’hui, il semble que l’acharnement du Makhzen contre cet étudiant (gauchiste) et militant du 20 février, est toujours d’actualité
  • -----------------------------------------------------------------
    De Moha Oukziz, du Comité de soutien aux prisonniers grévistes, 26/1/2013
    Effectivement, Ezedine est pourchassé par les forces de police et de gendarmerie qui ont encerclé la maison de ses parents. Il a réussi à prendre la fuite , la chasse à l'homme a continué dans les environs du domicile de ses parents; les policiers étaient accompagnés par un député de sa région appartenant à l'USFP. 
    Aucune autre nouvelle pour le moment. 
    Le comité continue.
    -----------------------------------------------------------------------
     
    Quelqu'un aurait-il eu des nouvelles de Azzeddine Errouissi après l'encerclement de son domicile à Taza ?!

Urgent le 26 janvier : Soutien aux prisonniers de GDIM EZIK en FRANCE


Par amirouche mehidi, 22/1/2013

  Sahara Occidental: 

en France : Soutien aux prisonniers de 

GDIM EZIK 

le samedi 26 janvier à 15 heures 

sur le parvis du Trocadéro.

81474155_q.jpgL'association des réfugiés sahraouis en FRANCE (A-R-S-F) organise un rassemblement de soutien aux prisonniers de GDIM EZIK.
  Soyez nombreux à soutenir le combat pacifique du peuple saharoui.

Hicham



ET je reviens de Tanger
abattue
triste à en mourir...
Hicham enterré..
c'est contre nature quelque part
d'assister aux funérailles d'un ami
beaucoup plus jeune que soi...
surtout parti soudainement
sans aucune alerte..
c'est en fait la seule vérité absolue
la mort..
elle remet les pendules à l'heure..
elle nous oblige à nous poser des questions
auxquelles souvent on n'a pas de réponse
ou alors des réponses toutes faites
pour nous consoler de notre désarroi...
Hicham est parti
et les discussions lors de son enterrement
entre ses camarades
ceux qui ne le sont plus
sur ces gueguerres intestines
qui détruisent
ce qui est beau en nous..
sur ces différences d'opinion
qui font de nous des ennemis..
et au lieu
d'agir ensemble
pour que tout un chacun
puisse vivre ce petit laps de temps
dignement
on s’entre tue
bêtement
mesquinement...
Elles/Ils étaient tous là
a pleurer
à regretter
tout le temps qu'on perd parfois/souvent
à juger...
parfois les intentions
l'inquisition est en nous aussi...
et ces moments
ou un de nous part..
nous bouscule
nous interpelle
est ce que certaines" guerres"
valaient la peine?
Adieu Hicham

— avec Med M'Barki et 6 autres personnes.
ET je reviens de @[100002461925479:2048:Tanger]
abattue
triste à en mourir...
Hicham enterré..
c'est contre nature quelque part
d'assister aux funérailles d'un ami
beaucoup plus jeune que soi...
surtout parti soudainement
sans aucune alerte..
c'est en fait la seule vérité absolue
la mort..
elle remet les pendules à l'heure..
elle nous oblige à nous poser des questions
auxquelles souvent on n'a pas de réponse
ou alors des réponses toutes faites
pour nous consoler de notre désarroi...
Hicham est parti
et les discussions lors de son enterrement
entre ses camarades
ceux qui ne le sont plus
sur ces gueguerres intestines
qui détruisent
ce qui est beau en nous..
sur ces différences d'opinion
qui font de nous des ennemis..
et au lieu
d'agir ensemble 
pour que tout un chacun
puisse vivre ce petit laps de temps
dignement
on s’entre tue
bêtement
mesquinement...
Elles/Ils étaient tous là
a pleurer
à regretter
tout le temps qu'on perd parfois/souvent
à juger...
parfois les intentions
l'inquisition est en nous aussi...
et ces moments
ou un de nous part..
nous bouscule
nous interpelle
est ceque certaines" guerres"
valaient la peine?
Adieu hicham

  • Par Ahmed Touzani  

    Le pouvoir ne connait que le langage de la violence, de la mort... une jeunesse brillante intelligente créative solidaire pacifiste, face au pouvoir de l’archaïsme délabré, la stérilité de l'obscurantisme totalitaire qui ne peut produire des projets féconds pour notre jeunesse si ce n'est que la violence
    La vie est un langage!
    La violence n'est pas un langage!
    La violence c'est la fin du langage où commence celle de la bestialité.
    Mes condoléances à la famille, mon cœur, mes pensées les plus sincères puissent accompagner Hicham
    Dans la plénitude de la nuit Hicham nous parlera
    Dans les étoiles du ciel il brillera
    Quand le soleil se lèvera se dressera un autre pilier parmi nos martyrs. Repose en Paix.

Le Makhzen expulse Oussama El Khlifi du PAM

Par Salah Elayoubi, demainonline
Oussama El Khlifi
Oussama El Khlifi
La commission de discipline du Parti authenticité et modernité (PAM), a décidé de l’exclusion définitive d’Oussama El Khlifi des rangs du parti.
La mesure est intervenue après plusieurs avertissements adressés à l’intéressé auquel il est reproché, selon la substance de la décision, « des actes contraires à l’éthique et des initiatives personnelles déplacées répétées ». Des termes savamment choisis pour ne pas dire « esclandres », « altercations » répétées, et « arrestations » après des beuveries effrénées.
Oussama El Khlifi, qui avait même tenté de se faire élire secrétaire général de la jeunesse du parti, avant de se retirer, faute de soutiens, avait également été déclaré  « Persona non grata », par le Mouvement du 20 février, pour son reniement des principes du mouvement et son ralliement au PAM, le parti inspiré par le palais.
El Khlifi semble avoir de sérieuses difficultés à se départir du même opportunisme et du même égotisme qui l’avaient  incité à s’attribuer la paternité de l’appel du Mouvement du 20 février, concocté par un comité restreint de militants de la première heure, avant qu’il ne s’en empare pour damer le pion à ses camarades.
Moralité, la trahison a rattrapé le traître.

Renault moins cher au Maroc...



Renault joue les pionniers du «bas coût» au Maroc

Le constructeur exploite près de Tanger une usine ultramoderne pour sa marque Dacia. Le roi Mohammed VI attire les entreprises étrangères par des zones franches.
Une centaine de bobines de tôle brute, certaines hautes comme un homme, sont entreposées à même le sol. «C’est là qu’une belle histoire commence, explique Paul Carvalho, chef des fabrications.On part du matériau nu pour aboutir, au fond de ce bâtiment, dans 7 à 8 heures, à un véhicule formé, puis complètement équipé et prêt à prendre la route en moins de deux jours.»
L’usine du groupe Renault, la onzième hors de France, ressemble a priori à toutes les autres. Sauf qu’elle se situe au Maroc, pays pas vraiment réputé pour sa tradition de construction automobile, comme le sont la République tchèque, l’Inde, voire la Chine, pour citer les pays à la mode pour produire bon marché avec des normes de qualité exigées par les clients européens.

Formé de bâtiments blancs étirés sur un petit kilomètre, le site en cuvette, où Renault a invité une trentaine de journalistes européens, est entouré de collines arides au sommet desquelles pointent une trentaine d’éoliennes. Rien ne prédestinait cet endroit à l’intérieur des terres, Melloussa, dans la province de Fahs Anjra, à 30 km de Tanger, à accueillir le dernier fleuron industriel du groupe Renault qui produit une partie de ses modèles Dacia à bas prix.
Le choix du site est le résultat d’un «partenariat stratégique» avec la monarchie constitutionnelle marocaine, selon l’expression du groupe automobile français. Un protocole d’intention, conclu en septembre 2007, a débouché sur un accord formel en juillet 2009. Après plus de deux ans de travaux, l’usine est inaugurée en février 2012 en présence du roi Mohammed VI et de Carlos Ghosn, patron de Renault.
Un modèle Lodgy brun, tagué d’une centaine de signatures d’ouvriers, placé dans le hall d’entrée du bâtiment administratif, atteste cette journée. «Voyez, là sur le capot, on peut lire la signature du roi et celle de Carlos Ghosn», signale fièrement une employée en salopette marquée du losange «Renault», en confirmant qu’il s’agit bien de la première voiture sortie de la chaîne.
Cette inauguration avait provoqué une vague de protestations des syndicats en France, touchée en ce moment par des suppressions d’emplois massives dans le secteur automobile. Les représentants des travailleurs ont crié à la délocalisation et à la politique salariale «à ultra faible coût».
L’usine de Tanger est conçue comme complémentaire à celle de Pitesti en Roumanie. Tunç Basegmez, directeur de l’usine marocaine, ne s’en cache pas : «Le salaire mensuel est, ici, 2,5 fois plus avantageux qu’en Roumanie.» Jacques Prost, directeur de Renault Maroc, ne l’affirme pas officiellement, mais il est quasi certain que l’usine de Tanger, lorsqu’elle tournera à pleine puissance et aura surmonté quelques légers ratés au démarrage, sera nettement plus rentable que celle de Roumanie. Et au moins au même niveau de coût que l’usine techniquement sœur de Nissan à Chennai en Inde.
Le salaire mensuel d’un ouvrier à Melloussa est d’un peu plus de 3.000 dirhams, soit l’équivalent de 280 euros. «Nous offrons un supplément de 15% comparé au salaire minimum marocain, pour 44 heures de travail hebdomadaire effectif, pauses pour la prière musulmane décomptées», souligne Paul Carvalho.
L’usine marocaine offre plus de 4.000 emplois directs aujourd’hui. L’objectif est de passer progressivement à 6.000 collaborateurs lorsque la chaîne aura atteint le rythme de 60 véhicules à l’heure envisagé dans le courant de cette année.
Si le site, qui dépend de la demande européenne actuellement en chute libre, atteint sa pleine capacité de 400.000 véhicules par an, contre 170.000 à fin 2012, elle générera quelque 30.000 emplois indirects. Une perspective bienvenue au Maroc qui affiche un taux de chômage de 14% en zone urbaine.
Dans une partie de l’usine, un jet d’étincelles est soudain projeté au sol. Un ouvrier, protégé de la tête aux pieds, est aux commandes d’un énorme pistolet soudeur de 80 kilos muni d’un contrepoids. La scène a un côté anachronique sur une chaîne de montage dernier cri conçue pour placer 4.200 points de soudure-fusion sur une seule «caisse», comme on désigne le véhicule en formation.
Sur la chaîne de montage, construite pour assembler 2.500 pièces à raison de 2 minutes par «opérateur», selon la terminologie de Renault, les robots automatiques, omniprésents dans les usines européennes ou américaines, sont en effet quasiment absents. Seuls 21 robots ont été installés, ce qui représente un faible taux d’automatisation de 6%. «Ici, un robot ne remplace l’homme que s’il en va d’une opération cruciale pour la sécurité du véhicule, ou lorsque le taux d’erreur humaine ne peut pas être réduit par une formation ad hoc», confirme le responsable des ateliers.
Le lieu d’implantation du site de Melloussa est particulier. A l’entrée, en plus des grilles traditionnelles, se dresse un second barrage constitué d’un poste de douane et d’une installation de «radiographie» des camions de livraison.
Le site de 300 hectares est une zone franche, créée par le Maroc pour Renault afin d’exempter le constructeur de la TVA. Le site est en effet destiné à l’exportation vers les pays européens des modèles Dacia Lodgy, Dokker, et bientôt de la nouvelle Sandero. Cette stratégie de zones franches constitue l’un des piliers de développement économique du Maroc. Cela ressemble, en termes d’avantages offerts aux investisseurs étrangers, aux zones économiques chinoises.
Le royaume marocain n’a pas lésiné sur les moyens pour séduire Renault. Le tapis rouge a été déroulé sous forme de lourdes dépenses d’infrastructure, de cofinancement du projet qui a nécessité un investissement de 1,1 milliard d’euros, de rabais fiscaux, et de soutien financier à la formation.
«Le Royaume était demandeur et nous a fourni de nombreuses facilités, mais nous n’avons pas choisi l’emplacement, confirme Jacques Prost. Nous aurions voulu être au bord de la mer, à proximité immédiate du nouveau port Tanger Med.» Les autorités marocaines, dans une stratégie de désenclavement industriel de Casablanca et de développement du nord du pays, ont désigné un site à l’intérieur des terres, à une vingtaine de kilomètres de Tanger Med, port de très grande capacité, lui aussi entouré d’une zone franche, qui ouvre sur le détroit de Gibraltar. Renault y dispose d’une zone portuaire propre de 13 hectares reliée au rail, utilisée comme pôle «africain» d’exportation.
En compensation de l’éloignement de Melloussa de la côte, le Maroc a construit, à grands frais, pour les besoins de l’usine Dacia, une ligne de chemin de fer à voie unique. Les rails se faufilent jusqu’au port entre les collines bardées de viaducs.
Outre l’exemption de TVA, Renault ne paie pas d’impôt sur le bénéfice (23% pour les entreprises autochtones) durant cinq ans, et a obtenu un taux réduit à 8% durant les quinze années suivantes.
Les autorités, pour favoriser la formation et l’emploi, ont construit, à leurs frais pour 8 millions d’euros, une école professionnelle installée sur le site de Renault. Dans un premier temps elle est uniquement utilisée pour la formation des employés et cadres marocains embauchés pour la chaîne de production de véhicules à bas prix. Plus de 750.000 heures de formation ont été dispensées.
Les autorités marocaines versent au groupe automobile entre 2.000 et 6.000 euros par personne formée. «Cela couvre très largement les frais de formation, mais on s’engage, en contrepartie, à partager notre savoir-faire et à ouvrir, à terme, le centre à d’autres industriels de l’automobile», explique un cadre de l’usine. «Contrairement à d’autres pays, il n’y a pas de tradition de construction automobile au Maroc, mais le niveau scolaire est bon», confie Tunç Basegmez.
L’usine nord-africaine, qui recourt en partie à du courant éolien, a gagné, avant même la sortie de la première voiture de la chaîne de production, le Prix européen de l’énergie durable. Les émissions de CO2 sont réduites de 98%, et les ressources en eau diminuées de 70% comparé au processus industriel habituel. «Nous utilisons notamment des noyaux d’olives pour la production d’énergie thermique», explique le directeur de l’usine.
L’expérience, concluante, donne des idées aux autorités marocaines qui «travaillent à l’installation d’un deuxième constructeur automobile mondial», selon Abdelkader Amara, ministre de l’Industrie.
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Renault au Maroc: les dégâts de la délocalisation

 Par Julie de la Brosse - publié le 08/02/2012 à 18:18, mis à jour le 09/02/2012 à 09:23

Alors que Renault inaugure ce jeudi son usine géante au Maroc, le débat sur la délocalisation automobile rebondit. Neuf chiffres pour comprendre l'ampleur réelle du phénomène en France.

Des employés d'Avtovaz, dans une usine en Russie.
Des employés d'Avtovaz, dans une usine en Russie.
Denis Sinyakov / Reuters
Après la Roumanie, le Maroc... Ce jeudi, Renault va ouvrir les portes de son usine géante à Tanger : 314 hectares de terrain pour 1,1 milliard d'euros d'investissements. Objectif, y construire les futurs véhicules low cost du groupe, alors que les capacités de productions de l'usine roumaine du constructeur sont désormais saturées. Mais chez certains, cette inauguration en grande pompe, avec le roi Mohammed VI et Carlos Ghosn, fait grincer des dents. En plein débat sur la désindustrialisation de la France, et alors que le chômage atteint des niveaux records, le moment est au minimum mal choisi. L'occasion de faire le point sur l'état des délocalisations automobiles en France.
1,1 million de véhicules de moins produits en France en 6 ans
En clair la production automobile en France a chuté de près de 40% entre 2005 et 2011. Au total, 1,7 million de véhicules (sur les 3,6 millions de PSA et Renault) ont donc été fabriqués en France en 2011 contre 2,8 millions en 2005, selon les chiffres publiés ce mercredi par les Echos. Une chute vertigineuse qui ne s'explique pas par la chute de la demande, loin de là. Sur cette période les immatriculations en France ont même légèrement progressé pour passer de 2,1 millions de véhicules en France en 2005 à 2,2 millions de véhicules l'année dernière.
531.267 véhicules produits en plus par les constructeurs français en 5 ans
Ce n'est pas non plus la production mondiale des constructeurs français qui a baissé. Celle-ci est en effet passée de 5,9 millions à 6,5 millions de véhicules en l'espace de 5 ans, selon les chiffres du CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles).
Un tiers de la production mondiale de PSA et Renault est française
Aujourd'hui, seules environ 31% des voitures produites par PSA et Renault le sont donc en France, alors que pour les deux constructeurs tricolores, l'Hexagone reste leur principal marché. Renault, qui est pourtant moins dépendant de l'Europe que PSA, y réalise par exemple 33% de son chiffre d'affaires.
5 milliards d'euros de déficit commercial dans le secteur
En 2011 la France a importé pour 46,8 milliards d'euros de véhicules, contre 41,6 milliards exportés, ce qui représente environ 10% du déficit commercial de la France. C'est en 2008 que la branche est devenue déficitaire pour la première. En 2003, l'excédent commercial de la branche automobile était même de 12,6 milliards d'euros...
101.000 suppressions d'emplois en 10 ans
Toujours d'après les chiffres du CCFA, l'industrie automobile française a supprimé un peu plus de 100.000 postes en 10 ans, soit une baisse de 30% des effectifs environ. La filière employait en effet 321.000 personnes en 2000, contre 220 000 en 2010. Dans le détail, les constructeurs d'autos emploient aujourd'hui 137 000 salariés, contre 187 000 il y a 10 ans. Les équipementiers, eux, font actuellement travailler 60 000 personnes contre 113 000 auparavant.
Environ 50% des effectifs des constructeurs sont en France
Contrairement à ce qu'affirment les responsables politiques, la différence entre PSA et Renault concernant le pourcentage d'effectif travaillant en France n'est pas si importante. En 2010, 44% des effectifs de Renault étaient Français (54.263), contre 50% pour PSA (98.945). C'est donc loin des deux-tiers, un tiers régulièrement mis en avant par le chef de l'Etat.
PSA produit 3 fois plus en France que Renault
Toutefois, la différence entre les deux constructeurs existe bel et bien au niveau de la production. Selon les chiffres du CCFA, PSA produit trois fois plus en France que Renault, et cela a tendance se confirmer dans le temps. En 2011, PSA a monté 1,23 million de voitures dans ses usines françaises, soit une hausse de 3,6% sur un an, alors que seulement 444.862 véhicules (-6,4%) sont sortis des sites français de Renault. A l'inverse, le nombre de voitures assemblées hors de l'Hexagone par PSA a diminué de 4,7% à 1,93 million, tandis qu'il a augmenté pour Renault de 4% à 2 millions. La firme au losange, détenue à 15 % par l'Etat français, fabrique par ailleurs 29 % de ses moteurs en France, contre 85% pour PSA. Dans les véhicules utilitaires en revanche, la tendance est inverse puisque Renault produit plus en France que son éternel rival.
240 euros, le salaire mensuel d'un ouvrier à Tanger
Et une ribambelle d'aides étatiques bien entendu... il n'en fallait pas plus à Renault pour convaincre ses actionnaires d'aller installer une usine à quelques kilomètres à peine des côtes européennes. Mais en France, un tel chiffre a de quoi donner le vertige lorsque l'on sait qu'en moyenne un ouvrier français dans l'automobile est payé 1800 euros bruts par mois après 10 ans d'ancienneté. Or cette fois, personne n'est dupe : l'ouverture d'une nouvelle usine Renault à Tanger n'a pas seulement pour vocation d'alimenter le marché international, mais bien l'Europe, et notamment la France.
400.000 unités, objectif de production de l'usine de Renault au Maroc
Or aujourd'hui les ambitions de Renault concernant cette usine sont immenses. Le constructeur prévoit d'y produire entre 150 et 170.000 véhicules dans un premier, mais pourrait bien accélérer la cadence dès 2013, pour atteindre un niveau de production de 400.000 unités. Depuis longtemps, aucun site français n'a plus eu cette chance. En 2005 le site de Douai (Renault) produisait 418.100 unités contre 177.000 aujourd'hui. En Turquie et en Roumanie au contraire, les deux sites de Renault ont pratiquement doublé de taille sur cette période.
 http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/renault-au-maroc-les-degats-de-la-delocalisation_282098.htmlrenault