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samedi 2 février 2013

Procès du groupe Gdaym Izik reporté au 8/2, le Maroc cafouille encore

par 2 /2/2013
Vendredi 1er  février 2013 vers 08.30, suite à un appel des familles des prisonniers politiques du « groupe Gdaim Izik », plus de 100 personnes ont participé à une manifestation en solidarité avec les prisonniers devant la cour martiale de Rabat, la capitale marocaine.
Les autorités marocaines ont déployé l'armée et la police en addition des effectifs des  renseignements généraux aux alentours de la cour avant de fermer le boulevard de " Ennaser" du quartier Agdal menant à la cour.
15 min après le début de cette manifestation sahraouie,  plus de 50 marocains habillés en vêtements traditionnels sahraoui s ont mené une manifestation parallèle, brandissant des drapeaux marocains et des photos du camp de Gdaim Izik après sa destruction par l'armée marocaine. Ils demandaient par leurs pancartes l'exécution des accusés.
Au tribunal, les autorités marocaines ont laissé entrer les familles des prisonniers dans la salle d'audience et en ont interdit l’accès aux militants des droits de l'homme.
La cour a reporté le procès au 8 février suite à la demande de la défense. Celle-ci  a souhaiter écouter des responsables marocains  comme le ministre de l'intérieur, la député au parlement marocain Gajmoula ment Abbi , le gouverneur de la ville de El Aaiun occupée et d'autres témoins .
La cour a refusé d'inviter les responsables et a accepté d'inviter 4 témoins dont l'activiste sahraoui Lehsan Dalil.
Le procès écourté s’est tenu en présence d’observateurs, juristes et journalistes étrangers.
A El Aaiun occupée, malgré le blocus sécuritaire impose par les autorités d'occupations, des dizaines des sahraouis sont sortis de chez eux pour manifester leur solidarité avec les prisonniers de Gdaim Izik.
4 manifestations d’une cinquantaine de personnes ont été dispersées par la violence, selon les méthodes usuelles des forces d'occupation, sans ménager ni les femmes ni les enfants.
Les violences généralisées et des agressions privées ont eu lieu à cette occasion.
Par exemple, Momna Chomad, dont le mari est emprisonné sans charge depuis le 6 novembre 2012 a été violement giflée par un policier en civil alors qu’elle sortait pour manifester. Cette femme fière qui ne cède à aucune intimidation a nommé son enfant Ahmed Ben Bella (de l’ancien président algérien) pour affirmer sa résistance à l’occupant.
L'activiste des droits de l'homme et ancien porté disparu Mustapha Dah a lui été agressé directement par le Pacha, vice gouverneur de El Aaiun occupée  Mohamed Ennachti.
De nombreux manifestants dont M. Dah ont déclaré  que ces réactions violentes n’arrêteront pas la résistance civile qui parviendra à briser l'embargo et à dévoiler les crimes commis par l'état marocain au Sahara Occidental.
EM, El Aaiun, Sahara Occidental occupé

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Sahara Occidental: Médi1 reste au service du Makhzen

Par Demainonline, 2/2/2013
Une émission de grande valeur intellectuelle sur Médi1 (Photo DR)
Une émission culturelle de grande portée sur Médi1 (Photo DR)

Le journalisme français aux ordres se porte bien. Hier, vendredi 1er février, premier jour du procès des 24 indépendantistes sahraouis accusés du massacre de Gdeim Izik, il y a plus de deux ans, les auditeurs de Médi1 s’attendaient à de l’information contrastée pour savoir ce qui s’est passé ce jour de 2010 quand 10 membres des forces de l’ordre marocaines, un ambulancier et deux sahraouis ont perdu la vie dans des circosntances tragiques.
Au lieu de cela, Médi1, qui appartient à un consortium public franco-marocain, a fait montre d’un journalisme digne des années de plomb. Et pour une fois, ce ne sont pas des journalistes marocains qui en ont été les protagonistes, mais deux journalistes français.
Au lieu de parler du procès, la journaliste française qui présentait le journal de 12h30 a préféré évoquer le « ralliement de 300 militants du Polisario » à AQMI, le mouvement terroriste maghrébin. Ajoutant, pour conforter son « information », que c’est « un chercheur tunisien, un spécialiste des mouvements terroristes » qui le rapporte.
Mais qui est-il ce spécialiste tunisien ?  Son nom ? Silence radio. On n’en saura rien. Tout au plus elle assène ses auditeurs avec un « ce chercheur tunisien a recoupé le constat de plusieurs thinks tank américains ».
La parole est alors donnée à Claude Porsella, correspondant à Washington de Médi1 (Jean-Louis Pourtet pour RFI). Et là on se serait cru à la bonne époque de la vieille RTM (Radio télévision marocaine), la télé et la radio publiques, figées et archaïques, de l’ère Hassan II.
Le Polisario serait l’allié d’AQMI, nous dit Porsella en se basant sur les déclarations d’un analyste américain, Yonah Alexander, qui répète ces assertions depuis plusieurs années sans que le Département d’Etat américain, qui veille au grain pour savoir qui est avec qui dans la grande mouvance jihadiste, ne lui fasse cas. Yonah Alexander a visité le Maroc et le Sahara en janvier 2011 à l’invitation des autorités marocaines.
Puis le vieux journaliste franco-américain, qui a quitté la Voix de l’Amérique il y a quelques années parce qu’il s’estimait « censuré », reprend des termes qui sont généralement utilisés par la presse marocaine pour traiter le conflit du Sahara. Le Polisario aurait signé un « partenariat » avec AQMI, les camps de réfugiés de Tindouf seraient en réalité des « camps de séquestrés » (même si l’ONU dit le contraire!), et les indépendantistes seraient des « séparatistes », etc…
Qu’un journaliste marocain débite ces formules et ces adjectifs, c’est dans l’ordre des choses. Le journalisme au Maroc est patriotique avant d’être informatif. Mais que des journalistes professionnels français singent verbalement leurs confrères marocains, c’est assez inhabituel. Sauf sur Médi1 bien sûr.
Le Polisario allié d’AQMI, on en rêve à Rabat. Mais pour le moment c’est un non-sens total que même le plus débile des analystes des mouvements terroristes islamistes rejeterait sans la moindre discussion.
Une alliance du Polisario avec AQMi serait un suicide en bonne et due forme de ce mouvement indépendantiste dont la survie économique, politique et diplomatique dépend du bon vouloir de l’Etat algérien. AQMI est l’ennemi mortel de l’Etat algérien ; et qui finance et porte à bout de bras le Polisario sinon l’Etat algérien.
Le Polisario allié avec les terroristes d’AQMI on voudrait bien, comme ça on demandera à l’armée française de François Hollande de nous en débarrasser. Mais pour le moment c’est plus un désir qu’une réalité.
Au fait, une information qui n’a pas été relevée par les journalistes français de Médi1 : le procès des 24 Sahraouis a été reporté au 8 février. 

Le poète Muha Bnsayn chante pour les montagnards de l'Atlas






    Asafar Lihi
 Le rythme me rappelle un peu Ijoud, le chanteur de Dades. Sinon le ton s'harmonise bel et bien avec les paroles à la fois douces et dénonciatrices. Merci pour cet hymne à la misère . ..

Le 3 février 2013, à Bruxelles contre les détentions arbitraires

Par FARIDA AARRASS, 30/2/2013:
Appel à toute personne souhaitant nous rejoindre dans cette démarche !

Ce dimanche 3 février 2013, nous serons comme chaque premier dimanche du mois, tous réunis, familles, proches, amis et sympathisants des prisonniers politiques au Maroc, à l'Av de Stalingrad (niveau grande corne) entre 12h00 et 14h00.

Nous nous y retrouvons pour dénoncer l'abandon et le j'm'en foutisme de la Belgique à leur égard !

Parce que nous ne voulons pas que nos proches tombent dans l'oubli !

Parce que nous exigeons qu'ils puissent jouir de leurs droits et d'un jugement équitable !

Parce que nous n'avons pas l'intention de les abandonner face au silence des autorités qui ont préféré s'en laver les mains en gardant la conscience tranquille !

Parce que nous sommes plus déterminés que jamais à combattre les injustices qui touchent ces détentions arbitraires !

Parce que s'ils sont accusés à tort, nous savons que les vrais torts sont actuellement commis par ceux qui nous gouvernent !

Nos proches sont innocents !

Nous ne lâcherons rien !

Marseille, 11/2, défense de l’information indépendante

Si cette lettre d'information ne s'affiche pas correctement, merci de cliquer ici.
MEDIAPART - L'INFO PART DE LÀMediapart, Marsactu et Le Ravi vous invitent à une soirée exceptionnelle

Le lundi 11 février 2013 à la criée-théâtre national de Marseille,
à partir de 20h00

"Contre l'affairisme, pour la démocratie, libérons la presse !"
Bernard Tapie, avec le soutien de Philippe Hersant, exilé en Suisse, a donc mis la main sur les principaux quotidiens du sud-Est de la France : Nice-Matin, Corse-Matin, Var-Matin et le grand quotidien marseillais La Provence et fait ainsi son retour à Marseille, à quinze mois des élections municipales.
Dans cette ville, l’information, sa diversité, son pluralisme, sa rigueur constituent un enjeu particulier.
Bernard Tapie en « rédacteur en chef » de Marseille et en propriétaire de La Provence, c’est une menace pour ce droit intangible des citoyens à une information libre et indépendante.

Pour ces raisons, trois médias indépendants, Marsactu, Le Ravi et Mediapart, organisent une soirée exceptionnelle en défense de l’information indépendante et de la liberté du débat public à la criée-théâtre national de Marseille.

Pierre Boucaud, de Marsactu, Michel Gairaud, pour Le Ravi, et Edwy Plenel, de Mediapart, interviendront sur les enjeux d’une information locale et nationale indépendante.

Laurent Mauduit, qui a révélé le scandale Tapie et les conditions aujourd’hui contestées de l’indemnisation reçue, dressera l’état des lieux de cette affaire d’Etat qui vaut à Christine Lagarde d’être visée par la Cour de justice de la République. Plusieurs personnalités marseillaises interviendront ainsi que des représentants d’associations. Le détail du programme vous sera communiqué dans les jours qui viennent.

Soyez nombreux à participer à cette grande soirée citoyenne !


Le lundi 11 février 2013 à partir de 20h00


Theatre de la Criée
La criée-théâtre national de Marseille.
30, quai de Rive Neuve 13007 Marseille
Entrée libre

Tanger ville toujours rebelle : Ramid envoie la police casser du syndicat de la justice

Demainonline, 2/2/2013

  http://youtu.be/ypyoRcxhEGw

Photomontage de Mohamed Selmaoui & Texte de T.A.
Photomontage de Mohamed Selmaoui & Texte de T.A.
Des activistes de l’antenne tangéroise du Syndicat démocratique de la justice, qui représente les petits fonctionnaires du ministère de la Justice et des libertés (sic!), ont été vivement malmenés par la police aujourd’hui lors d’un sit-in pacifique (ils ne portaient pas de mitrailleuses ni de couteaux…) dans la grande cité du Détroit de Gibraltar.
Pourtant le ministre des « libertés » a réitéré à plusieurs reprises qu’il n’était pour rien dans le tabassage de ses fonctionnaires.
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=24970
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 Mohammed Belmaïzi
La Révolution marocaine est toujours en marche. Sans détour vers notre dignité et notre liberté!

Nadir Dendoune en prison. Nombreux appels à sa libération






 

 

 

COMMUNIQUÉ

  
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Liberté pour Nadir Dendoune


  Jean Luc Mélenchon

                                                            Crédit Photo: Bondy Blog
Je tiens à exprimer ma plus vive inquiétude concernant l’incarcération depuis 9 jours en Irak de notre compatriote le journaliste Nadir Dendoune.
La plus grande solidarité s’impose avec ce professionnel connu en France et au-delà de nos frontières pour sa défense de la liberté, de la paix et des droits humains.
Il est inacceptable qu’un de nos concitoyens présent de manière légale en Irak avec un visa de journaliste ait pu être arrêté et maintenu aussi longtemps en détention sans qu’aucune raison officielle n’ait été fournie aux autorités françaises.
J’appelle le gouvernement à tout faire pour qu’un contact puisse être établi avec lui, qu’il puisse faire valoir ses droits et être libéré dans les plus brefs délais.
Jean Luc Mélenchon

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Nadir D. : Le "tocard" en danger qui n'intéresse pas la France !
par Karim R'Bati, mardi 29 janvier 2013


Nadir Dendoune est un journaliste et écrivain franco-algéro-australien. Il est l'auteur de Journal de guerre d'un pacifiste et de Lettre ouverte à un fils d'immigré et il s’est rendu célèbre, en 2001, en effectuant un tour du monde à vélo, en solo, sous le parrainage de la Croix-Rouge australienne, pour, disait-il, « faire plus du bruit contre le sida ». En 2008, il atteint le sommet de l'Everest et publia, dans la foulée, un récit sur son aventure hors du commun : Un tocard sur le toit du monde.

La chaîne Canal + l’invita le 24 septembre 2012 à l'émission "Le Grand journal" pour commenter la disparition récente d'alpinistes en Himalaya. Ce jour-là, il portait un tee-shirt sur lequel était inscrit "Palestine" ainsi qu'une inscription en arabe, ce qui lui avait valu une censure insidieuse de la part d'un des caméramans qui, contrairement aux autres invités, l'avait filmé en plans rapprochés.

Aujourd’hui, Nadir Dendoune est en danger : depuis à peu près d'une semaine, il est détenu en Irak et, à l’heure où j'écris ces lignes, on ne sait pas s’il bénéficie ou pas d’une assistance diplomatique de l’un des trois pays dont il est citoyen. Ce dont on peut être certain, c’est que l'homme n’est pas un criminel et contrairement à Florence Cassez, il n’a jamais été impliqué dans aucun trafic. Certes, il est d’origine algérienne et, de plus, il a eu l’audace de militer ouvertement pour la cause palestinienne, mais est-ce une raison suffisante pour subir l’ostracisme des médias français ?

Ses origines "bougnoulesques" (!) ou ses sympathies palestiniennes justifient-elles le silence des responsables politiques français ? Honnêtement, on préfèrerait ne pas le penser et on espère juste que médias et politiques, en France, feront en sorte de s'éviter quelque soupçon de vilénie, en faisant bénéficier à M. Dendoune un traitement aussi favorable que ceux qu'ils ont l'habitude de consacrer aux Français en difficulté dans le monde.

Selon une dépêche de France 24, tombée il y a quelques heures, Nadir Dendoune officiait en tant que journaliste non déclaré aux autorités irakiennes. D’après une source consulaire française, requérant l’anonymat, le journaliste français effectuait, à Bagdad, un reportage « sur le 10e anniversaire de l'invasion du pays », pour le mensuel "Le Monde Diplomatique". Son arrestation est intervenue la semaine dernière alors qu’il prenait des photos, sans autorisation préalable, d’une usine de traitement des eaux. 

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Libérez Nadir Dendoune !

Jeudi 31 janvier 2013 | Posté par Claire Diao | Partager
ILS FILMENT LA BANLIEUE. Nadir Dendoune, 40 ans, est un journaliste et documentariste de L'Ile-Saint-Denis. Parti en Irak pour Le Monde Diplomatique et Le Courrier de l'Atlas, il est incarcéré depuis le 23 janvier dans une prison de Bagdad.
Nadir Dendoune, c’est l’écrivain emmerdeur, le tocard majestueux, le sportif bourlingueur. Celui qui n’a peur ni des mots, ni des actes : acquérir la nationalité australienne (2001), faire le tour du monde à vélo (2001-2002), devenir bouclier humain en Irak (2003), publier un journal de guerre pacifique (2005) puis une lettre ouverte à Sarkozy (2007), gravir l’Everest (2008), publier le récit de son ascension (2010), réaliser un documentaire sur la Palestine (2011), subir la « censure » de Canal Plus pour avoir porté un T-shirt de ce même pays (2012) et être incarcéré pour un reportage effectué à Bagdad (2013). Pourtant, nous déclarait-il en novembre, « j’ai 40 ans et je galère encore à trouver du taf à mon âge avec trois livres, trois passeports et plein d’expériences ».
Né en 1972 à Saint-Denis dans une famille kabyle de neuf enfants, Nadir connaît une scolarité normale dans une école « arc-en-ciel de mixité sociale ». Au collège, du fait de la carte scolaire, il ne se retrouve qu’« avec des fils de prolos » dont certains ont cinq ans de plus que lui et beaucoup de problèmes : « Il suffit qu’il y en ait huit ou dix qui foutent la merde dans la classe, ça baisse un peu le niveau ».
Au lycée et malgré des facilités, Nadir connaît « les affres de la délinquance juvénile avec un petit passage par Fleury-Mérogis – je n’en ai pas honte – en mandat de dépôt : t’es pas encore jugé et on te met quand même en taule ». Il y passe deux semaines et considère qu’en y restant plus longtemps, il serait peut-être devenu « méga caillera ». « Les gens de droite pensent que la prison est une thérapie de choc. C’est vachement plus de choc et pas du tout de thérapie : en deux semaines là-bas, j’avais croisé une cinquantaine de mecs qui m’avaient mis sur des plans en sortant si je voulais ». Considérant que la prison ne « rime à rien », Nadir affirme que l’enfermement « ne résout pas du tout le problème, au contraire, ça l’empire ».
Sa porte de Salut, il la trouve grâce à un dénommé Salah, Bac+5 « à l’époque, ça vaut un Bac+40 maintenant », qui travaillait comme animateur dans une salle de jeunes de L’Ile-Saint-Denis, « un havre de paix » où Nadir vit encore aujourd’hui, « par choix » mais aussi « parce que si tout le monde se barre, c’est là qu’on crée le ghetto ». Dans un quartier « avec un désert culturel » et des parents analphabètes, Nadir découvre le sport et la culture. Salah est le premier à l’emmener au musée.
Après avoir obtenu un Bac Sciences-Eco en candidat libre à l’université, Nadir galère « au pied des tours », tombe sur une émission d’Ushuaïa consacrée à l’Australie et part à 20 ans faire un raid à vélo entre Cairn et Sydney. Là-bas, il réalise être français et jouit surtout « d’un statut exotique ». « En France, il y a les bons et les mauvais immigrés : les Noirs et les Arabes sont ceux qui grattent le pain des Français, c’est l’Islam, ceux qui frappent leurs femmes… Toutes ces images négatives quand t’es gamin te donnent une image de toi désastreuse, mais ça, personne ne l’a compris ». Au final, Nadir passe sept ans en Australie, acquiert la nationalité et ressort avec une image de lui-même « plus belle et apaisée ».
« On n’a pas le réseau et la gueule qu’il faut »
En 2001, il entame un tour du monde à vélo avec la Croix-Rouge australienne. Le 21 avril 2002, il est en Allemagne de l’Est lorsqu’il voit apparaître le visage de Jean-Marie Le Pen. Les larmes coulent et Nadir accélère son retour en France pour voter au second tour des élections présidentielles. Prévoyant de ne rester que quelques mois, il passe finalement un CAP Cuisine dont il sort diplômé en 2003, année de la guerre en Irak.
Participant à des manifestations, Nadir se rend à Bagdad où il sert de bouclier humain pendant cinq semaines tout en envoyant des mails à son entourage et à la mairie de L’Ile-Saint-Denis. Le maire adjoint apprécie sa plume (« on ne m’avait jamais dit qu’il y avait un truc ») et Nadir organise une expo photo sur Bagdad avant de publier en 2005 son premier livre, Journal de guerre d’un pacifiste, aux éditions CFD. S’enchaînent alors deux ans de formation au Centre de Formation de Journalistes (CFJ) qui le réconcilient « avec ce pays , même s’il est le « seul fils de prolo » de sa promotion : « Ce qui manque aux habitants des quartiers impopulaires c’est le réseau. On n’a pas le réseau et pas la gueule qui faut pour plaire aux DRH ».
Diplômé en 2006, Nadir pige pour Le Parisien et France 3 puis publie aux éditions La Martinière uneLettre ouverte à un fils d’immigrés (2007) à une époque où encore peu de gens critiquaient Nicolas Sarkozy. La presse lui déroule un tapis rouge et Nadir avance dans son cheminement : « Ça m’a permis d’être plus clair avec ma propre identité. J’avais une sorte de malaise à assumer ma double culture, alors qu’aujourd’hui, je suis fier du parcours de mes parents qui pour moi sont des vrais héros de France ».
En 2008, Nadir décide de tenter l’ascension de l’Everest, sans expérience mais avec le contact d’un guide népalais hébergé à Paris. Seul Français embarqué avec onze hommes aguerris, Nadir fait partie des quatre personnes qui atteignent le sommet de l’Everest le 25 mai 2008. « J’ai pleuré de rage, de fierté, j’ai pensé à mes parents, à tes parents, à tous les prolos, à tous les campagnards, à tous les sans-réseaux, à tous les sans-grades, ça a été une revanche pour tout le monde ». Le chef d’expédition – qui ne lui parlait plus depuis qu’il avait appris son mensonge – aurait alors glissé à d’autres : « Je ne pensais pas que ce tocard aurait pu le faire ». En sort le titre d’un livre, Un tocard sur le toit du monde, publié aux éditions Lattès en 2010 et bientôt adapté au cinéma par la société de production De l’autre Côté du Périph’ (DACP).
« Mon parcours et ma vie parlent pour moi »
Après cinq séjours en Palestine, Nadir s’y rend en 2011 avec dix Français et une Française de confession juive pour réaliser son premier documentaire, Palestine . Projeté plus de trente fois, le film suscite de l’intérêt mais aussi des mises en garde (« Une collègue influente m’a dit un jour :  »J’adore ton engagement mais sur la Palestine, tu devrais faire gaffe » »). Demander à Nadir de se taire ? Impossible ! « Mon parcours et ma vie parlent pour moi. J’ai aussi fait ce film pour dire qu’on a le droit de traiter de tous les sujets. Il y a une certaine frilosité à parler de ce sujet qui m’insupporte ». La preuve, le 24 septembre 2012, Nadir intervient sur le plateau du Grand Journal avec un T-shirt Palestine qui crée un malaise sur le plateau. L’équipe veut lui mettre une veste, Jean-François Copé, également invité, semble agacé mais Nicolas Escoulan, rédacteur en chef, se défend sur Leplus du NouvelObs: « Il y avait une inscription juste en-dessous, en arabe. Or, je ne comprends pas l’arabe ».
Depuis, la vie a continué. Nadir a présenté son film de-ci, de-là, continué d’envoyer des vannes sur Facebook et pris l’avion pour Bagdad. Il y a vu la zone verte, des check-points, la police et l’armée, rencontré des féministes irakiennes, publié quatre chroniques dans Le Courrier de l’Atlas. Et puis plus rien. Sauf un SOS diffusé sur sa page Facebook : « Le Tocard est actuellement en prison à Bagdad ». Sa famille et ses amis se sont mobilisés, un comité de soutien s’est constitué et des contacts ont été pris avec le Ministère des affaires étrangères et européennes français car Nadir voyageait avec un visa presse et s’est fait arrêter dans l’exercice de ses fonctions.
Lui qui voyait peu de films au ciné étant enfant et qui s’arme aujourd’hui d’une carte illimitée « pour deux personnes », est fan de Ken Loach, Kubrick, La Haine ou Un prophète. La banlieue, certes, il ne l’a pas filmée sauf avec une télé, à la volée, depuis une voiture et ne s’en est pas remis (« j’ai pas dormi de la nuit, j’ai vomi »). Alors, il l’exporte, à sa manière, hors de nos frontières, pour qu’on en soit fiers. S’il devait la filmer, comme la Palestine, Nadir la filmerait « à mon rythme, pas de façon caricaturale », parce qu’il aime « prendre le temps d’expliquer ». Dans sa prison de Bagdad, le temps c’est sûr qu’il en a. Mais pour nous expliquer… il lui faut sa liberté.
Claire Diao
Projection de Palestine le jeudi 31 janvier à 18h30 à l’Institut du Monde Arabe (IMA) de Paris, 1 rue des Fossés Saint-Bernard 75005 Paris – Métro ligne 7 arrêt Jussieu
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«Libérez Nadir Dendoune» : l'opinion publique se mobilise

L'opinion publique se mobilise autour de Nadir , journaliste français emprisonné à Bagdad sans inculpation, depuis maintenant plus d'une semaine, pour avoir pris des photos sans autorisation. Alors que les politiques, tels que Jean-Luc Mélenchon ont clairement affiché leur soutien au journaliste, une pétition est en ligne pour le soutenir. Un rassemblement de soutien est prévu ce vendredi 1er février à 17H30 à la Fontaine des Innocents, dans le quartier de Châtelet-Les Halles à Paris. 
Un comité de soutien à Nadir Dendoune a été créé «par sa famille et ses proches». Sur sa page Facebook, on trouve la déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères: «Nous suivons avec la plus grande attention la situation de M. Nadir Dendoune, aussi bien à Paris, où les services du ministère des Affaires étrangères sont mobilisés, que sur place, à travers notre ambassade à Bagdad.» «L'organisation d'une visite consulaire sur son lieu de détention a été demandée par notre ambassade dès son arrestation connue».  
Côté politique, Nadir Dendoune peut compter sur le soutien de Noël Mamère ou encore Jean-Luc Mélenchon qui a publié ce vendredi un communiqué sur son blog: «Je tiens à exprimer ma plus vive inquiétude concernant l'incarcération depuis neuf jours en Irak de notre compatriote le journaliste Nadir Dendoune. La plus grande solidarité s'impose avec ce professionnel connu en France et au-delà de nos frontières pour sa défense de la liberté, de la paix et des droits humains.» L'ancien candidat du Front gauche à la présidentielle de 2012 dénonce cette situation «inacceptable" et «appelle le gouvernement à tout faire pour qu'un contact puisse être établi avec lui, qu'il puisse faire valoir ses droits et être libéré dans les plus brefs délais.» RFI rapporte que Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste a écrit à l'ambassadeur d'Irak tandis que le député socialiste Pouria Amirshahi, espère sa libération prochaine. 
Les journalistes se mobilisent également pour soutenir leur confrère. Ainsi, Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité et député européen, a écrit à l'ambassadeur d'Irak pour protester fermement contre cette arrestation. Il a demandé sa «libération immédiate». Reporters sans frontières (RSF) et son organisation partenaire en Irak, le Journalistic Freedoms Observatory, ont adressé un courrier, mercredi 30 janvier, au Premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, «afin de demander davantage d’informations sur les circonstances de l’arrestation du journaliste et sur les charges qui pèsent actuellement à son encontre. Le courrier a été remis en mains propres aux autorités irakiennes à Bagdad». 
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Liberté pour Nadir Dendoune !

Le journaliste franco-algérien Nadir Dendoune a été arrêté en Irak le 23 janvier. Il y est détenu depuis, sans explication et sans que les autorités consulaires françaises aient pu lui rendre visite. Il est en Irak avec un visa de journaliste et une accréditation du Monde diplomatique. Nadir s’était déjà rendu dans ce pays en 2003 pour servir de « bouclier humain » face à la menace de guerre. Selon des informations non confirmées, on lui reprocherait d’avoir pris sans autorisation des photos d’une usine de traitement des eaux. Cette arrestation est scandaleuse.
Le Syndicat national des journalistes irakiens a déclaré le 29 janvier :« Nous disons aux forces de sécurité d’arrêter d’empêcher nos journalistes de travailler, même quand ils utilisent un appareil photo, qui sert simplement à montrer la vie quotidienne des gens, et qui sert également à fonder les bases solides de la démocratie. Le journaliste sert aussi au respect de la loi, des libertés. Un appareil photo n’est pas un bâton de dynamite ou une mine artisanale, mais une arme qui sert à crier la vérité. C’est l’œil de la vérité. »
Nadir a publié plusieurs livres, dont Lettre ouverte à un fils d’immigré(Danger public, Paris, 2007), en forme d’autobiographie.
Un comité de soutien pour sa libération s’est créé sur Facebook.
Une conférence de presse sur son cas se tiendra le jeudi 31 janvier à 17 heures à l’Institut du monde arabe (IMA), où est prévue, à 18 h 30, la première projection de son film Palestine.
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Liberté pour Nadir Dendoune!

Jeunes Communistes de France

le 30 janvier 2013
Le journaliste Nadir Dendoune est emprisonné depuis maintenant une semaine en Irak. Il a été interpellé dans l’exercice de son métier, puisqu’il disposait d’un visa presse. En reportage pour le Monde diplomatique et Le Courrier de l’Atlas, il était en train de prendre des photos dans le quartier de Dora, dans le sud ouest de Bagdad. Il effectuait un reportage dans ce pays pour décrire la situation sociale et pays dix ans après l'intervention américaine.
Nadir Dendoune n’a pas le profil des journalistes que l’on croise régulièrement sur les grandes chaînes de télévision. Journaliste indépendant, collaborateur régulier de plusieurs journaux comme ceux cités plus haut ou encore l’Humanité, il fait partie de ces citoyens qui s’engagent et ne se fixent aucune limite dans l'exercice de leur métier.
Après avoir effectué le tour de l’Australie en vélo, il a également gravi l’Everest sans aucune préparation et servi de bouclier humain lors de son premier séjour en Irak en 2003. Il en a tiré plusieurs ouvrages, notamment « Un tocard sur le toit du monde », surnom qu’il a gardé depuis cette époque.
Il est surtout un homme engagé pour la paix et la justice en Palestine à travers ses actions au sein de son association avec laquelle il a réalisé un film intitulé« Palestine ». Il fut également très engagé pour la libération de Salah Hamouri, jeune franco-palestinien, emprisonné injustement pendant plus de 7 ans en prison. À l'automne dernier, il fit un passage télé remarqué sur ce même thème: arborant un t-shirt Palestine, la chaîne qui l'accueillait avait délibérément masqué son message.
La liberté de parole et d’information est aujourd’hui bafouée. Nous exigeons donc des autorités françaises qu’elles agissent rapidement pour que Nadir Dendoune retrouve la liberté au plus vite.
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et beaucoup d'autres...