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samedi 6 avril 2013

Abdelhak Serhane : « Soyez vigilant, M. le Président ! » .



                                  
 L'écrivain marocain interpelle François Hollande à l'occasion de sa visite au Maroc. Il estime qu'il est « urgent que les responsables français cessent de se compromettre avec nos dirigeants ».
Abdelhak Serhane
 
Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, Président de la République française

« Toutes les dictatures reposent sur un mensonge fondamental : elles n'ont d'autre objet que le pouvoir pour le pouvoir et le détournement de l'intérêt général au profit des intérêts sordides de quelques uns. Gouverner se transforme dès lors en exercice permanent de dissimulation » Denis Jeambar
« Les républiques finissent par le luxe ; les monarchies par la pauvreté. » Montesquieu

Monsieur le Président,

Au mois de mai 2012, le peuple français a porté son choix sur vous. Le peuple qui trime et qui souffre. Les Français d'en haut, ceux qui profitent du capitalisme sauvage, choisissent des domiciliations à l'étranger pour payer le moins d'impôts possible à leur pays, bénéficiant tout de même des avantages médicaux de la République. Cette race-là, déroutée par votre victoire, tremble pour ses sous et ses privilèges, imperméable à la solidarité nationale. Estomaqués de voir leur Président bling-bling dégagé de la scène politique par la volonté des urnes, les riches vous en veulent de chercher à les taxer pour redistribuer leurs richesses. La défaite de Sarkozy est l'échec d'une droite sournoise, mythomane, cynique, affairiste, appelant à la haine raciale et au rejet de l'autre. Ayant fait le choix de défendre les nantis et de s'acoquiner avec la monarchie marocaine, Sarkozy a misé sur une interdépendance à géométrie variable. Accommodant les grosses fortunes en France, conciliant et même complaisant vis-à-vis des despotes arabes qu'il a soutenus (Ben Ali, Moubarak) et même honorés(Kadhafi) dans l'avilissement de la République, il a montré une bienveillance outrée pour notre système, fermant les yeux sur ses violations, ses prédations, ses manquements, ses désordres chroniques, ses atteintes répétées aux droits les plus élémentaires des citoyens. A l'annonce de la réforme constitutionnelle marocaine en mars 2011 sous la pression du Mouvement du 20 février, Sarkozy a applaudi l'attitude d'un «roi visionnaire» et Alain Juppé a estimé que par «cette démarche résolue et attentive aux aspirations de son peuple, le roi Mohammed VI montre la voie d'une transformation pacifique et moderne des institutions et de la société marocaines.» Le journal Le Figaro a écrit : «ce que propose Mohammed VI pourrait être comparé à un système présidentiel à la française.» C'est ça la voix de la droite sans vertu, sans conscience et qui se trompe de mots et d'époque.
 Vous-même, malheureusement, avez « salué le processus de réforme démocratique, économique et sociale en cours dans le royaume à l'initiative du roi » avant de conclure à l'intention de Mohammed VI : «Je tiens à exprimer à nouveau à Votre Majesté les sentiments de haute estime que m'inspire l'œuvre qu'elle accomplit. Je lui souhaite plein succès dans la mise en œuvre des réformes qu'elle a décidées.» La conscience de tout démocrate est chagrinée par ces déclarations tonitruantes qui font de certains Français les complices d'un régime qui se maintient uniquement par sa tyrannie, génère pauvreté et ignorance, ne respectant même pas l'esprit de Sa Constitution infligée au peuple et taillée sur mesure pour la conservation du despotisme royal. Vous n'êtes pas sans ignorer que les Marocains sont descendus dans la rue pendant une année depuis le 20 février 2011.
Evitez-nous donc, Monsieur le Président, les désagréments d'une indulgence vipérine ! Notre réforme constitutionnelle , manœuvre en trompe l'œil, est un contrat malhonnête qui confirme la prééminence absolue du roi sur les institutions de l'Etat. Sarkozy, l'habitué de Marrakech, le sait. Sa trivialité grossière lui a fait dire : « aidons ce pays et ce système qui nous le rendent si bien. » 
La nature du régime marocain repose sur des conflits d'intérêts et le trafic d'influence au plus haut sommet de l'Etat. Les affaires scandaleuses ne manquent pas. Des Français y sont mêlés de très près. Mais le Quai d'Orsay, on le sait, spécule toujours sur notre sort, défendant sa concupiscence, faisant du tort au combat des démocrates qui aspirent à vivre dans un Maroc nouveau, un Maroc où règne non pas la confusion, mais une réelle justice sociale. Ce Maroc-là est possible. Nous de le bâtirons hors de tout totalitarisme néfaste, loin du paternalisme occidental de mauvais aloi.
J'espère, Monsieur le Président, que vous n'aurez jamais la faiblesse de Sarkozy pour tout ce qui brille, l'opulence des satrapes, l'ostentation des fortunés, l'éclat des yachts, la splendeur des palaces, la somptuosité des riads et le faste des palais. Ne versez pas dans la vénération du luxe et ne venez pas passer vos vacances et les fêtes de fin d'année à Marrakech, soit à la Mamounia, au Royal Mansour ni ailleurs, ou y construire une résidence secondaire comme votre prédécesseur. N'acceptez point de largesses de la part de nos dirigeants. Le feriez-vous, vous accepteriez la compromission avec un régime qui sait s'y prendre avec les grimaciers de tout bord, droite et gauche confondues ; il sait contenter les frustrations des uns, combler les complexes des autres et assouvir les fantasmes de tous. Les Français qui acceptent nos privilèges bafouent les valeurs de la République, commercent avec la servitude et le despotisme. Ces Français-là, malheureusement, sont légion.
Notre roi des pauvres a fait un don d'un montant de 15 millions d'Euros au musée du Louvre, l'équivalent de près de 17 milliards de centimes. Une association de Blois a reçu de lui quelques millions d'euros pour achever la construction de sa mosquée. Ces sommes, petite partie visible de l'iceberg, viennent des caisses d'un pays sous-développé, en proie à des difficultés économiques et à une gigantesque grogne sociale. Bien utilisé, cet argent aurait pu éviter le drame de Casablanca qui a fait six morts et plusieurs blessés à Sidi Fateh le 17 mai 2012 où l'ancienne médina menace de s'effondrer sur 96% de ses habitants. Dans d'autres villes, foyers et mosquées engloutissent des humains sous leurs décombres. Ces millions d'Euros ajoutés aux dépenses irrationnelles et annuelles du festival Mawazine de Rabat, pourraient servir à construire des logements adaptés à une population qui vit la vie des cafards. Cet argent qui part en fumée dans des opérations de markéting caricatural et vain pourrait servir à édifier ou équiper les hôpitaux publics démunis d'où nos femmes enceintes sont expulsées pour accoucher seules comme la bête dans un couloir de dispensaire ou dans la rue. Ces milliards gâchés, pourraient servir à améliorer nos infrastructures, construire des entreprises et créer de l'emploi aux milliers de diplômés-chômeurs. Experts dans l'art de lustrer la vitrine, nos responsables ne savent s'adresser aux étrangers qu'à coups d'offrandes, négligeant de montrer une telle générosité vis-à-vis de leur peuple. Chaque sou que vous acceptez de nos dirigeants, c'est un peu de la sueur du peuple marocain, de sa souffrance et de son sang que vous prenez. Un pays développé comme le vôtre devrait refuser l'argent des indigents ! « Quelle époque terrible, disait W. Shakespeare, que celle où les idiots dirigent des aveugles. »
Au nom des intérêts économiques de votre nation, n'essayez pas de nous fourguer une petite centrale nucléaire, un sous-marin, quelques Rafales ou tout autre gadget comme Sarkozy l'a fait avec son TGV. Un pays pauvre dont la notion de la durée reste aléatoire ne peut mettre à profit l'économie du temps par un train à grande vitesse. Même si le gros de l'investissement provient de l'étranger, il fallait penser à l'efficacité, au rendement, à l'amortissement et à l'entretien d'un tel gouffre de dépenses qui ne répond en rien aux priorités pressantes du pays. Avec 25 milliards de dirhams que ce projet insensé va engloutir, on pourrait financer 10 mille médiathèques, 25 milles écoles et améliorer la qualité de l'enseignement car le Maroc souffre d'une carence endémique en matière scolaire. On créerait également 16 mille kilomètres de routes pour désenclaver des régions vivant au siècle des ténèbres. 25 milliards de dirhams auraient pu éradiquer nos bidonvilles pour offrir un toit aux millions de démunis... Le pays a des défis à relever et des priorités ; des cohortes de mendiants à nourrir, d'enfants à sauver de la rue, de familles à sortir de la précarité, de diplômés chômeurs à faire travailler, d'hôpitaux à équiper... Un long chemin social nous attend avant d'arriver au TGV.
Soyez vigilant, Monsieur le Président, quant à certains responsables français aux mœurs légères qui viennent à Marrakech ou ailleurs souiller nos enfants et tout faire pour étouffer les scandales aussitôt projetés sur la scène publique. L'affaire DSK a défrayé la chronique car le gros-socialiste-caviar a eu le malheur d'exercer sa pathologie libidinale sur une femme de chambre noire aux Etats-Unis. Luc Ferry accuse à la télévision un ancien ministre français de « se taper des petits garçons à Marrakech » sans que ce crime soit instruit réellement et sans que le nom du coupable soit connu du public. Dans le même ordre de perversion, un autre ministre français, invité à la Mamounia, est surpris par sa femme avec un garçon. La noble dame provoque un esclandre, saccage tout dans la Suite sans que cela porte le moindre préjudice à la République et sans que personne ne s'en offusque. Le pitoyable ministre est rapatrié sur le champ et l'affaire étouffée grâce à l'intervention de l'ambassadeur de votre pays à Rabat. Le Palais royal, dit-on, a réglé la note salée des dégâts occasionnés par le couple hautement civilisé.
 La vérité qui blesse la voici ; le Maroc s'accommode des frasques de ces tristes individus car il a besoin de leur influence pour l'aide économique européenne et sur le dossier du Sahara. Du côté français, le Maroc est un allié sûr dans la lutte contre le terrorisme et contre l'immigration clandestine. Pour certains, c'est une terre bénie pour y faire des affaires et assouvir ses déviances. Un havre de paix et de profit à deux heures et demie de Paris.
 Concernant l'immigration, certains responsables français disent que la France n'est pas la poubelle du monde. Au Maroc plusieurs voix s'élèvent pour dire que leur pays n'est pas le bordel des Français qui viennent exploiter la misère d'une population aux abois, prête à se vendre pour quelques Euros. Gandhi avait raison : « la pauvreté est la pire forme de violence. » L'ignorance en est une autre.

Monsieur le Président, ne consacrez plus la Légion d'honneur et autres distinctions républicaines aux voix fausses du Maroc ; minables lobbyistes pro-monarchiques, artistes ratés ou frauduleux, intellectuels vains ou farineux, politiciens véreux, tortionnaires ou hommes d'affaires douteux... pour faire plaisir aux zélateurs amis de la France. Les Marocains honorés sous Sarkozy, Chirac ou Giscard d'Estaing sont des sous-fifres, des troncs creux à la solde de la futilité, remplis de suffisance médiocre, faisant corps contre les créateurs engagés, contre la vérité, la justice, ne s'engageant jamais pour quelque cause qu'une fois le danger écarté. 
Les artistes et intellectuels marocains authentiques ne lèchent pas les pâquerettes pour une médaille ou une reconnaissance. Ceux-là cherchent à vivre dans la dignité d'un Etat de droit où la démocratie est une réelle synergie entre l'Etat et le peuple, un Maroc debout, décomplexé, sous aucune tutelle. Leur combat ne se soucie guère de notoriété dérisoire ni de ces signes vaniteux. Leur discours franc et sincère fait d'eux des êtres dangereux, marginalisés, labellisés infréquentables car politiquement incorrect mais fiers de défendre des idéaux. La plupart des Encensés de la France sont comme leurs Maîtres, ils vivent dans l'illusion d'un pouvoir usurpé. La Légion d'honneur doit être le sacre de ceux qui le méritent et non l'occasion de montrer combien la France préfère les nains, les invertébrés, les ouistitis, les perroquets et les béni oui-oui d'un système archaïque. « Le meilleur des princes, dit la sagesse persane, est celui qui fréquente le savant ; le pire des savants est celui qui fréquente le prince ! »
N'acceptez pas et ne permettrez à aucun de vos ministres de recevoir quelques hectares dans la palmeraie de Marrakech ou ailleurs, offerts par le Pouvoir marocain pour acheter votre silence, votre connivence et votre conscience. Comment la Vème République, héritière des Lumières et de la révolution de 1789 accepte-t-elle que certains de ses hauts fonctionnaires se laissent corrompre de la sorte ? Rachida Dati s'est prêtée à notre petit jeu, entraînant son ancien patron dans la noce. La droite politicienne y est passée dans sa presque totalité. Une frange importante de la gauche-caviar aussi. Les plus incorruptibles finissent par succomber au chant de nos mauvaises sirènes. J'ai bien peur que votre ministre des Affaires étrangères soit déjà en piste pour la danse du ventre lui qui considère que la démocratie au Maroc est « un exemple pour la région ». Ne vous étonnez pas alors si nous essayons de vous soumettre à notre sport national. Nous allons le faire, assurément. Un premier pas royal a été réalisé dans ce sens au lendemain même de votre élection. Notre maillon fort dans votre gouvernement s'appelle Najat Belkacem. Même si elle ne siège plus au CCME (Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger), organisme de lobbysme pro-monarchique, elle est tout indiquée pour nous ouvrir la voie. Elle a montré patte blanche en déclarant à un journal marocain que le CCME « s'expliquera d'abord sur les sujets dont (il) sera saisi par Sa Majesté ». Ne minimisez pas notre aptitude à coopter ceux qui peuvent nous servir. Nous savons y faire et nous y mettons le prix qu'il faut. C'est notre force, l'unique langage que nous savons si bien manier. En tant que corrupteurs professionnels, notre impératif est de vous contaminer. Votre devoir est de repousser ce que vous appelez « les règles illégitimes de la corruption. »
Deux livres publiés à Paris cette année, Le Roi prédateur et Paris-Marrakech expliquent pourquoi je vous interpelle ; il est urgent que les responsables français cessent de se compromettre avec nos dirigeants dans les affaires ou en acceptant terrains, demeures ou séjours de luxe au Maroc aux frais de la princesse. Les hommes d'influence perdent toute indépendance vis-à-vis de leurs donateurs, protecteurs ou associés dès lors qu'ils investissent le champ économique car les relations personnelles parasitent les intérêts généraux. Le Maroc ne peut être une nouvelle aventure coloniale du protectorat, ni Marrakech devenir l'eldorado sexuel de certains Français. Si le droit international était appliqué au Maroc et si la justice n'était pas aux ordres (comme le gouvernement, les partis politiques, les deux chambres des représentants), les prisons seraient remplies d'hommes d'affaires des deux bords.
Votre visite officielle au Maroc du 3 au 4 avril 2013 est une épreuve risquée. Nos dirigeants vous feront vivre leur Maroc à eux, celui du faste, du fric et de l'hypocrisie. Ils ne manqueront pas d'ingéniosité pour faire de vous un DSK, un BHL, un Sarkozy... Ils ne vous révéleront pas le secret de leurs centres de torture ni ne deviseront devant vous sur le tabasse des manifestants pacifiques dès lors qu'ils protestent contre la cérémonie d'allégeance, contre la Liste civile du roi ou uniquement quand ils revendiquent justice et démocratie. Ils ne vous montreront pas les bidonvilles de la déchéance, ne vous entretiendront pas sur les dizaines de jeunes immolés par le feu de désespoir sous le regard des badauds (*)... Ils feront briller leur vitrine de mille éclats pour vous et vous verrez miroiter dans leur regard sournois et prédateur le plus beau pays du monde.
 La rue marocaine gronde. Les hommes intègres mettent en garde le système. Certains journalistes ont perdu leur travail ou sont allés en prison... Personne ne veut entendre les voix de la vérité. La réalité quotidienne du peuple marocain est faite de boue, de pauvreté, de larmes, de sang et de souffrance.
Que peut attendre quelqu'un comme moi d'un président tel que vous? Je ne suis pas Français ni ne vis en France. J'ai assisté au printemps arabe dans mon pays. J'ai marché avec les gens et j'ai entendu leurs slogans. Les hommes honnis par la rue sont toujours là, au cœur du Pouvoir. Galéjade ou obstination ? C'est à ce titre que le printemps marocain n'est pas mort. Il reviendra inévitablement car les promesses constitutionnelles de façade ne changent rien aux conditions difficiles des populations. Vous n'êtes pas le président d'une république bananière, mais l'homme de cette grande nation dont nous vivons les valeurs républicaines par procuration, même en temps de crise.
 J'attends de vous de ne pas vous comporter avec mon pays comme l'a fait votre prédécesseur. La droite française au pouvoir, c'est le Maroc sous tutelle et l'Hexagone sous influence. Mon souhait le plus farouche, vous l'avez déclaré le soir même de votre triomphe aux élections présidentielles : « Président de la République, il me reviendra de porter les aspirations qui ont toujours été celles du peuple de France, la paix, la liberté, le respect, la capacité de donner aux peuples le droit aussi de s'émanciper de dictatures ou d'échapper aux règles illégitimes de la corruption. Eh bien oui, tout ce que je ferai sera aussi au nom des valeurs de la République partout dans le monde. »
J'espère que vous mettrez en pratique ces belles paroles et que vous respecterez vos promesses. « L'homme supérieur, disait Confucius, c'est celui qui d'abord met ses paroles en pratique, et ensuite parle conformément à ses actions » Vous donnez de vous l'image d'un président honnête et normal. Ces deux qualités exigent de vous une probité républicaine sans faille. Ne soyez pas aveugle ni sourd aux malheurs des peuples. Ne laissez pas la corruption vous atteindre et soyez du côté de la justice et du droit. L'Histoire dira alors de vous que vous avez été un grand Chef d'Etat !
Abdelhak SERHANE, écrivain marocain
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(*) Entre 1995 et 2010 on estime à 1 million le nombre de Marocains, qualifiés pour la plupart, qui ont quitté le pays. Pas à cause d'une guerre civile, mais à cause d'une machine de guerre mise en service par le système contre les esprits libres et les intelligences nobles pour ne conserver que les invertébrés, les incapables, les déplorables... tous ceux dont l'aptitude naturelle à la servitude soutient le makhzen dans ses archaïsmes les plus haïssables.

François Hollande s'auto-censure devant le Parlement marocain





Le président français a « zappé » une phrase sur le respect des droits de l'homme au Maroc, pourtant contenue dans le texte original de son discours distribué aux journalistes.

Le président français s'est adressé aujourd'hui aux représentants et conseillers de la nation, réunis au Parlement à Rabat. François Hollande a réitéré le soutien de la France au plan d'autonomie marocain pour le Sahara et a appelé de ses vœux la relance de l'intégration maghrébine.
Il n'a en revanche pas pipé mot sur les atteintes aux droits de l'Homme au Maroc, malgré les appels émanant de la société civile comme cette lettre ouverte de l'écrivain marocain Abdelhak Serhane ou celle de l'ONG Human Rights Watch.
Lors de son discours devant le Parlement marocain, François Hollande s'est contenté de dire qu'il y a au Maroc « des impatiences à apaiser et des inégalités à réduire ».
Or, selon le texte du discours distribué peu avant par les services de l'Elysée aux journalistes français, et auquel Lakome a eu accès, une deuxième phrase venait s'ajouter aux propos cités ci-dessus :
« Et des réformes à poursuivre dans le sens du respect des droits humains. »
François Hollande ne l'a pas prononcé. Pourquoi ? Le texte distribué sous embargo aux journalistes précise que « seul le prononcé fait foi »...

François Hollande équilibriste entre soutien au plan d'autonomie et en même temps au projet de référendum d'autodétermination


 François Hollande et Mohamed VI lors de la visite du chef d'Etat français les 3 et 4 avril
Par

François Hollande en visite de deux jours au Maroc a renouvelé devant le parlement marocain l’appui français à l’option de l’autonomie défendue par le royaume contre la légalité internationale et l’ONU qui prévoient l’organisation d’un référendum d’auto-détermination pour régler la question territoriale.

François Hollande et Mohamed VI

Selon la correspondante de RFI et de France 24, les parlementaires ont littéralement ovationné le président français à ces paroles. « Soulagés », d’après la journaliste, qu’ils étaient par ce soutien exprimé.
Il faut dire qu’un temps, l’état Marocain a pu craindre les conséquences de l’élection d’un socialiste français. On se souvient des divergences qui se sont exprimés au sein du PS. D’un côté, un Jean-Marc Ayrault très légaliste et usant de mots  peu habituels quand on évoque le conflit du Sahara occidental en France, dans une lettre adressée à l’association des Amis de la République arabe sahraouie démocratique (voir l’article posté sur ce site). De l’autre, une Martine Aubry, alors première secrétaire du PS chargée par le candidat Hollande d’aller rassurer le Maroc en pleine campagne électorale et rappelant avec force à la télévision même que le PS n’avait toujours défendu que l’autonomie comme seule solution crédible à cette histoire.
A quelques jours ou semaines du vote du Conseil de sécurité de l’ONU sur le renouvellement du mandat de la Minurso (la mission présente sur place), cette fidélité à la « position historique de la France » laisse entrevoir un nouveau refus à toute demande d’extension du mandat de cette dernière pour pouvoir surveiller, comme le font généralement les missions onusiennes à travers le monde, le respect des droits humains.
Mais, sans doute peut-on y voir une nouveauté, qui sait une audace politique, quand François Hollande a relevé que « l’impasse actuelle (NDLR-dans la résolution du conflit) était préjudiciable à tous, aux familles séparées, aux réfugiés des camps, aux tensions entre les pays du Maghreb« .
Signe d’une certaine clairvoyance, le président français a jouté que « la crise au Maghreb rendait encore plus urgente la nécessité de mettre fin à cette situation« . (applaudissements polis)
« La France, a-t-il encore précisé, soutient les démarches du secrétaire général des Nations unies pour parvenir à un règlement politique mutuellement acceptable sur la base des résolutions du Conseil de sécurité. Le plan présenté en 2007 par le Maroc prévoit un statut de large autonomie pour la population du Sahara occidental. Je le redis ici : c’est une base sérieuse et crédible en vue d’une solution négociée » (standing ovation) « Mais, d’ici là, tout doit être fait pour améliorer les conditions de vie pour la population de cette région« , a-t-il conclu sur le sujet.
L’intervention de François Hollande devant le parlement du Maroc
(passage sur le Sahara occidental à partir de la 26ème mn)
URL Source (Vidéo visible à partir du site) : http://www.nouvellesdusahara.fr/visite-de-francois-hollande-pas-de-surprise-sur-le-sahara-occidental/
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 François Hollande, dans un discours au Parlement marocain.
Par Said Rabia,El Watan :A la une International, 6/4/2013

Il s’est exprimé devant le Parlement marocain

Hollande appuie le «plan de large autonomie» du roi

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Le président français, François Hollande, a souligné une «amitié d’une qualité rare pour ne pas dire exceptionnelle» entre la France et le Maroc. Il appelle les entreprises franco-marocaines à s’associer dans cette démarche d’aller développer l’Afrique, pour être utile et en même temps servir les intérêts des deux pays.

Mercredi dans la soirée, les forces de sécurité marocaines ont investi la capitale du royaume pour préparer la deuxième journée de la visite du chef de l’Etat français, François Hollande, qui est arrivé dans l’après-midi à Casablanca. Ce n’est que le lendemain matin, jeudi, qu’il a rejoint Rabat, où une séance conjointe des deux chambres du Parlement marocain a été convoquée en son honneur. C’est à 11h30 que le président français rejoint le pupitre pour prononcer un discours attendu par le gouvernement et l’opposition. Il soulignera, pour introduire son intervention, d’abord une «amitié d’une qualité rare pour ne pas dire exceptionnelle entre les deux pays».
D’emblée, François Hollande apporte son onction aux réformes lancées par le roi du Maroc, Mohammed VI, en décrivant un Parlement marocain issu de suffrages universels, témoignant de la vitalité de la démocratie marocaine. Comme pour faire un clin d’œil à Alger, l’orateur dira toute sa «fierté de l’amitié de la France avec le Maroc». Sous un tonnerre d’applaudissements, l’invité du roi mentionnera l’inexistence de conflit de mémoire entre les deux pays avant de décliner «l’affection que les Français ont pour le Maroc». Un Maroc fait, selon lui, «d’identités multiples». La France, insiste-t-il, «a confiance en le Maroc». Pour preuve ! Pas moins de 800 entreprises françaises y sont présentes dans divers domaines.
«La France a confiance en le Maroc»
Elles ont investi plus de 6 milliards d’euros ces dix dernières années et employant 100 000 personnes. Cela va de la construction automobile à l’aéronautique, dont une centaine d’entreprises basées à Casablanca, en passant par les eaux et l’agro-industrie. Plus que cela, les deux pays ont concentré leur coopération sur la formation. Le lycée français, à lui seul, a formé 650 000 étudiants. L’institut français en accueille 65 000 dans ses classes. «Mais tout ne va pas aussi vite que certains le souhaitent», concède François Hollande en retenant tout de même que le royaume est «un pays de stabilité».
Standing ovation pour «l’ami» Hollande
Il prendra d’ailleurs à témoin le chef du gouvernement, l’islamiste du PJD, Abdelilah Benkirane, qui se retrouve aujourd’hui au pouvoir après «avoir passé dix ans dans l’opposition». «L’alternance est un processus irréversible», poursuit le chef de l’Etat français. Brossant un tableau idyllique du royaume chérifien, il ne manquera pas de vanter la Constitution votée en 2011, en cela, dit-il, qu’elle «garantit la tolérance et reconnaît le caractère multiple de l’identité marocaine». Enumérant les partenariats entre les deux pays, l’orateur fera également remarquer que la France est «le premier client du Maroc – mais plus son premier fournisseur – dans des échanges d’une valeur de huit milliards d’euros».
François Hollande défend ainsi le principe de «la colocalisation» en lançant à l’adresse d’une assistance toute ouïe : «Ce qui est bon pour le Maroc est bon pour la France.» Au-delà de la coopération dans divers domaines, le président français soulignera ce qu’il pense être comme «responsabilité commune» des deux pays, «compte tenu de leur situation géographique, notamment celle du Maroc». «Nous pourrions coordonner nos actions, converger dans nos réalisations pour investir largement autour de la Méditerranée et en Afrique», préconise l’invité du Maroc qui appelle les entreprises des deux pays à s’associer dans cette démarche d’aller développer l’Afrique, grand continent, pour être utile et en même temps servir les intérêts des deux pays.
Mais plus que le business et les intérêts économiques, François Hollande place le royaume chérifien et son pays au centre de grands enjeux géostratégiques dans la région. Il précise : «Ce qui se passe dans le Sahel est une menace pour toute l’Afrique et pour l’Europe.» «C’est la raison, dit-il, pour laquelle elle a pris ses responsabilités au Mali.»
Ne manquant pas de mettre l’accent sur le soutien du roi, du gouvernement et du Parlement marocains, le président français lâche le morceau en soulignant la position géographique du Maroc. «Vous êtes un pays saharien, riverain du Sahel, et vous savez mieux que d’autres ce qui est en jeu», lance-t-il devant les représentants des deux Chambres. «L’action que nous menons ensemble, Français et Marocains, dans cette région, s’inscrit dans un cadre qui est la Méditerranée», ajoute l’orateur en parlant «d’impasse» due au blocage induit par la question du Sahara occidental. Une impasse, dit-il, qui est «préjudiciable à tous ; aux familles séparées, aux réfugiés des camps, aux relations entre les pays du Maghreb».
Contrairement à ce que François Hollande avait déclaré dans son discours d’Alger, il apporte son soutien aux propositions marocaines.
Il a affirmé que la France apporte son soutien à la démarche du secrétaire général de l’ONU pour parvenir à un règlement politique mutuellement acceptable sur la base des résolutions du Conseil de sécurité. Cependant, le président français affirme aussi que «le plan présenté en 2007 par le Maroc, qui prévoit un statut d’une large autonomie pour la population du Sahara occidental, est une base sérieuse et crédible en vue d’une solution négociée».
Tout le Parlement se lève pour saluer le soutien de l’«ami» français qui préconise une vision politique commune pour la Méditerranée, pour l’Afrique et pour qui rien ne sera grand sans que le Maroc et la France y contribuent».
Said Rabia


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Sahara Occidental : Hollande et Ross sur la même longueur d’onde

ross-hollandeCertes, le président François Hollande est accusé de jouer la carte de l’équilibrisme dans la question du Sahara Occidental pour éviter les susceptibilités au Maroc et en Algérie. Cependant, tant à Alger comme à Rabat, le discours du président français est resté cohérent même s’il dû ajouter la formule de « plan d’autonomie sérieux et crédible », condition sine qua non des marocains pour toute relation avec la France.
En dehors de ce geste purement protocolaire, le discours de Hollande sur le conflit du Sahara Occidental n’a pas changé d’un iota. « L’ONU, rien que l’ONU, et toutes les résolutions de l’ONU », disait-il lors de son déplacement à Alger en ajoutant « le règlement de ce conflit doit s’exercer dans le cadre des Nations unies à travers une solution politique, négociée et mutuellement acceptable ».
« La France soutient les démarches du SG des Nations Unies pour parvenir à un règlement politique mutuellement acceptable sur la base des résolutions du Conseil de Sécurité », martelait-il à Rabat.
Et, à l’instar de l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, il a rappelé que « la crise au Sahel rend encore plus urgente la nécessité de mettre fin à cette situation ».
L’argument de la crise sahélienne et l’attachement de la France aux résolutions du Conseil de Sécurité situent Hollande et Ross sur la même longueur d’onde. C’est un changement évident dans la position de Paris que Rabat s’efforce à dissimuler.

URL Source : http://westernsahara.fr/?p=7969
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Sahara Occidental : Le Makhzen aux abois

Au Maroc, la visite du président français, François Hollande, a été présenté comme une réaffirmation de la politique de soutien au Makhzen adoptée par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy dans le conflit du Sahara Occidental. Mais, selon le professeur Carlos Ruiz Miguel, une lecture minutieuse du discours de Hollande révèle que la réalité peut être très différente.

Selon Ruiz Miguel, dans les paroles du président français il y a un soutien implicite à Christopher Ross. Deux phrases l'indiquent : 

- "La France soutient les démarches du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies" (et Ross est l'Envoyé personnel du Secrétaire général)

- "la crise au Sahel rend encore plus urgente la nécessité de mettre fin à cette situation."

Ruiz Miguel signale que cette dernière phrase est particulièrement significative, car elle suit, presque textuellement, les déclarations de Ross. Lors de sa visite dans la région, après sa réception par le Président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika, Ross avait insisté le 2 Avril que "la situation dangereuse dans la région du Sahel et son voisinage rendent la solution (au conflit du Sahara Occidental) plus urgente que jamais".

Pour le professeur de l'Université de Sint-Jacques de Compostèle, si Hollande considère que le plan de pseudo-autonomie marocain est une "une base pour parvenir à une solution", c'est parce qu'il reconnaît qu'il y en a d'autres, puisque la France a déjà voté pour des résolutions du Conseil de sécurité qui ont adopté le Plan de règlement et les Accords de Houston et de la résolution qui a avalé le «plan Baker» comme «solution politique optimale". 

Par conséquent, ajoute Ruiz Miguel, Hollande a évité de soutenir la proposition autonomiste marocaine au moment où il a dit que c'est une "base" sans prétendre qu'elle soit la seule base de négociation. 

Contrairement à ce qu'il a dit dans une phrase précédente: "La France soutient les démarches du Secrétaire général», en parlant du plan marocain il n'a pas dit "la France soutient" le plan marocain, conclue-t-il.

URL Source : http://plan-paix-onu.blogspot.be/2013/04/hollande-esquive-les-pieges-marocains.html

Prisons au Maroc : 1000 nouveaux détenus par mois

La population carcérale ne cesse d’augmenter, 1000 nouveaux détenus arrivent chaque mois. C’est le principal constat du rapport de l’Observatoire Marocain des Prisons. Hafid Benhachem, le patron de l’administration des centres pénitenciers, renvoie la balle au gouvernement Benkirane qui n’a pas répondu favorablement à sa demande de renforcer son équipe de 1600 nouvelles recrues en 2013.
 
 La situation des prisons du royaume est toujours si préoccupante. Les ONG des droits de l’Homme sont unanimes à sonner le tocsin. Le rapport présenté, hier, par l’Observatoire marocain des prisons n’a point dérogé à cette règle. L’OMP pointe du doigt le surpeuplement dans les 73 centres pénitenciers que compte le pays. Fin septembre 2012, le nombre des détenus a atteint les 70.675 contre 64.833 une année auparavant. L’association estime que la population carcérale se renforce mensuellement par l’arrivée de 1000 personnes.
Selon le document de l’Observatoire, cette promiscuité n’épargne aucune prison. L’OMP a établi un classement des centres qui connaissent un surpeuplement : le haut du podium est occupée par le pénitencier de Marrakech avec 168,14% de plus de sa capacité autorisée, la seconde position est revenue  au centre de Tiznit et ses 121,43% alors que la troisième place est attribuée au tristement célèbre prison d’Ain Kadouss de Fès avec 103,20%. L’OMP constate, également, que 68% des détenus sont âgés entre 21 et 50 ans, 8% entre 13 et 20 ans et 6% ont dépassé la cinquantaine.

Les propositions de l’OMP
Le surpeuplement est un fait. En vue de limiter son impact, l’Observatoire marocain des prisons proposent quelques solutions, en voici quelques exemples : la réduction de l'année carcérale à dix mois seulement, au calcul de l'incarcération nocturne en tant que demi-journée d'emprisonnement, la rationalisation de la détention provisoire (plus de 46% des détenus), réduire sa durée, de mettre en œuvre le contrôle judiciaire, d'œuvrer à abolir les peines d'emprisonnement pour certains délits dont notamment les petits et de les remplacer, comme cela est en vigueur sous d’autres cieux, par des travaux d’intérêt général pour la société, également une sanction pénale.

La réponse de Benhachem
Au Salon du Livre de Casablanca, le patron de la délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion, , a profité d’un point presse pour répondre aux critiques de l’Observatoire marocain des prisons. Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte que Hafid Benhachem a porté la responsabilité du surpeuplement au gouvernement Benkirane. Selon cet ancien collaborateur de Driss Basri, le personnel actuel dont il dispose n'est pas suffisant. Et de rappeler que sa Délégation avait demandé 1.500 postes budgétaires au titre de l'exercice 2013, mais elle n'en a obtenu que 600. Dans sa plaidoirie, Benhachem a invité le ministère de la justice et des libertés à une révision du procédé de détention provisoire.
La délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion est placée sous la tutelle du chef de gouvernement.
URL Source : http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/04/que-peut-hollande
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Prisons : 1/3 des détenus condamnés à de longues peines sont des malades mentaux


"Dortoir" de prison marocaine


Le président de l'OMDH a fait ce constat lors d'un colloque organisé ce vendredi sur la justice et la santé mentale.

Mohamed Nachnach, président de l'OMDH (Organisation Marocaine des Droits de l'Homme) a affirmé qu'au Maroc, le tiers des prisonniers condamnés à de longues peines ainsi que les condamnés à mort souffrent de déséquilibres psychologiques et mentaux. Il estime nécessaire que les organes de la justice soient assistés par un médecin spécialisé en expertises médicales, lors des différents stades de la poursuite pénale, dès les premières heures chez la police judiciaire jusqu'à l'emprisonnement, en passant par la détention provisoire et les séances au tribunal.
Lors de son intervention à un colloque sur le thème «Responsabilité pénale,  expertise médicale et psychologique et procès équitable », tenu ce vendredi, Mohamed Nachnach a déclaré : "Nous aspirons à la création d'une future commission indépendante, avec le pouvoir d'effectuer des visites aux lieux de détention, pour assurer la prévention contre la torture et s'assurer du respect du droit des prisonniers et des détenus », tout en rappelant que l'organisation qu'il préside a contribué aux ateliers organisés par le Ministère de la justice et des libertés pour réformer le système judiciaire.
Pour sa part, le secrétaire général du Conseil national pour les droits de l'homme, Mohammed Sebbar, a évoqué les rapports thématiques, dont une étude sur l'état de la médecine légale au Maroc, qui sera publiée dans les prochains jours.
Sebbar a rappelé que le CNDH a publié les résultats d'une étude sur le terrain, dont un chapitre a concerné la question de la relation entre la justice et la santé mentale, qui a révélé la situation désastreuse des malades mentaux qui sont exemptés de toute responsabilité pénale, et a noté que l'on continue à emprisonner les malades mentaux auteurs de crimes. Le CNDH a observé également que les périodes passées en cours de traitement n'étaient pas déduites de la durée d'emprisonnement dans les cas de la responsabilité partielle de l'auteur du crime.
URL Source : http://fr.lakome.com/index.php/societe/607-prisons-1-3-des-detenus-condamnes-a-de-longues-peines-sont-des-malades-mentaux

URGENT : Alsace : Le 7 avril 2013 un référendum a eu lieu : victoire du non







Nous créons un « collectif national pour le « non » ou le boycott du référendum en Alsace ». Nous invitons les organisations politiques, syndicales, associatives qui partagent les raisons de notre combat à nous rejoindre dans ce collectif qui leur est ouvert. Ensemble nous pouvons agir pour mettre en échec ce mauvais coup porté contre la République.

 

Par le Collectif national pour le non ou le boycott du référendum en Alsace
Le 7 avril 2013 un référendum aura lieu en Alsace. La question posée sera : « Approuvez-vous le projet de création, en Alsace, d’une ‘‘Collectivité Territoriale d’Alsace’’, par fusion du Conseil Régional d’Alsace, du Conseil Général du Bas-Rhin et du Conseil Général du Haut-Rhin. »
L’enjeu est considérable pour la population qui vit en Alsace et pour tous les Français. Pourtant les grands médias nationaux gardent le silence sur ce référendum. Ils font comme si la question n’était que régionale, et qu’il n’y aurait donc pas lieu d’organiser un débat national. C’est une faute grave car ce référendum a une portée éminemment nationale.
Ce que veulent les dirigeants de l’UMP et du PS, en plein accord avec le grand patronat et l’Union européenne, c’est reconfigurer l’organisation administrative et politique de la France. Et ceci en fonction des impératifs de la globalisation financière et de la construction d’une Europe supranationale affranchie de toute souveraineté populaire pour créer des territoires prétendument « compétitifs ». 

 Il s’agit d’une attaque de nature politique extrêmement violente contre les principes d’égalité, d’unité et d’indivisibilité de la République, et contre les droits sociaux. Elle préfigure le démantèlement de l’État, du territoire national et de l’idée même de peuple français. L’objectif est bien de supprimer les communes, terreau de la démocratie, et de les remplacer par des « territoires de vie » technocratisés et bureaucratisés. L’objectif est de continuer à démanteler le pouvoir des parlements nationaux, par en haut avec les traités de l’Union européenne, et par en bas avec la création d’euro-régions. C’est la démocratie et la République qui sont remis en cause.

Si le oui l’emportait, l’Alsace serait rayée de la carte et diluée dans un espace à dimension européenne qui l’absorbera. En intégrant la collectivité territoriale d’Alsace à l’espace rhénan, la première euro-région verrait ainsi le jour. Elle ferait voler en éclat le cadre national et les garanties d’égalité entre citoyens qui lui sont attachées. Le droit du travail serait « adapté » afin de placer les travailleurs français au même niveau de précarité que les frontaliers suisses et allemands. L’Alsace – ou ce qui en restera – sera dans l’orbite de l’économie allemande, comme un vulgaire satellite.

Évidemment rien n’est dit de ce but réel : dénationaliser des territoires et les mettre en concurrence avec tous les autres, sous le contrôle direct de l’Union européenne.
Ainsi, les raisons données officiellement par les dirigeants UMP de la région Alsace pour justifier la fusion du conseil régional et des deux conseils généraux se présentent comme du bon sens. Qui pourrait, en effet, à première vue, être contre leurs arguments : simplification, efficacité, transparence, réalisation d’économies, performance et rayonnement régional, etc. ? En réalité, la création de la Collectivité territoriale d’Alsace aboutirait exactement au contraire des ambitions proclamées. Une immense usine à gaz verrait le jour, lourde, centralisée et inefficace, bureaucratisée, loin des citoyens et de leurs besoins, opaque, diluant l’Alsace dans une euro-région constituée du Bade-Wurtemberg et du nord de la Suisse.

Derrière les arguments indigents affichés pour justifier la fusion, il s’agit en fait d’utiliser l’Alsace comme un laboratoire pour faire éclater la République. Puis de poursuivre la même entreprise de démolition dans d’autres territoires français dans les mois et années à venir.
Tous les citoyens français sont concernés, aux côtés et solidaires des Alsaciens.

Nous disons « non » ou nous appelons à voter blanc, nul ou à nous abstenir parce que nous refusons de mettre le doigt dans un engrenage qui va broyer la démocratie française et la République, remettre en cause le principe de l’égalité des citoyens, éliminer la souveraineté populaire et nationale, créer de grandes régions appelées « euro-régions » contournant l’État-nation et directement branchées sur les oligarques de Bruxelles. Non, parce que nous refusons de livrer les citoyens et les territoires au marché.
Nous créons un « collectif national pour le « non » ou le boycott du référendum en Alsace ». Nous invitons les organisations politiques, syndicales, associatives qui partagent les raisons de notre combat à nous rejoindre dans ce collectif qui leur est ouvert. Ensemble nous pouvons agir pour mettre en échec ce mauvais coup porté contre la République.

 Pour signer et autres infos :
http://www.m-pep.org/spip.php?article3229#outil_sommaire_1
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Dernière minute :
 MANIPULATIONS ÉLECTORALES EN ALSACE POUR ÉVITER LE DÉBAT DE FOND
 
Par le Mouvement politique d'émancipation populaire (M'PEP).
 
Le 6 avril 2013.

A la veille du référendum qui doit se tenir dimanche en Alsace pour fusionner les deux conseils généraux et le conseil régional pour donner naissance à la "collectivité territoriale d'Alsace", les électeurs doivent être alertés, une nouvelle fois, sur les manœuvres et les véritables enjeux de cette consultation.

  • Le matériel électoral reçu par les électeurs ne contient que les arguments en faveur du "oui" !

Cette manoeuvre s'inscrit dans l'offensive libérale qui vise à briser la souveraineté nationale et populaire au profit de l'Europe des régions.

Après la révolution néolibérale du tournant des années 70-80 qui a servi à rediscipliner le salariat en réorganisant le travail à l'échelle planétaire, voilà la révolution régionaliste du tournant des années 2010 qui vise à casser les nations pour laisser le terrain définitivement libre aux classes dirigeantes et aux marchés !

Si le oui l'emportait en Alsace le 7 avril, ce serait ensuite le tour de la Bretagne, de la Lorraine, de la Savoie et de la Haute-Savoie, etc. de subir le même sort, portant par là un coup fatal à la République et à l'unicité et donc à l'efficacité de la souveraineté populaire, vendue ainsi "à la découpe".
 

  • Donnons un coup d'arrêt à la machine de guerre eurolibérale !

LE 7 AVRIL, VOTEZ "NON" ET FAITES VOTER "NON" !
 

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