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samedi 4 mai 2013

5 mai : Faisons beau dimanche ! Préparons la 6ème République !



Chaîne officielle du Parti de Gauche, retrouvez toutes les vidéos de la Télé de Gauche ici: http://www.lepartidegauche.fr/lateledegauche
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LA MARCHE POUR LA VI ème REPUBLIQUE


Pas de 6ème république sans l’égalité civile et civique de toutes et tous


L’émancipation et l’égalité sont des piliers de la 6ème République sociale à laquelle nous aspirons.
Il n’y aura pas de 6ème République sociale sans l’égalité civile et civique, pleine et entière, de toutes et tous, des femmes et des hommes, des Français-es et des étranger-es, quels que soient l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’état de santé, et sans la réduction des situations de handicap auxquelles peuvent être confronté chacune ou chacun.
Le combat politique pour l’égalité des droits civils et civiques et celui pour l’égalité des droits sociaux sont liés.
L’article 1er de l’actuelle Constitution proclame certes déjà, parmi les principes essentiels de la République, l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans discrimination d’origine, de race ou de religion et le respect de toutes les croyances dans le cadre de la laïcité… mais la Constitution de notre 6ème République sociale devra proclamer que l’égalité des personnes devant la loi s’étend aussi sans distinction de sexe, d’orientation sexuelle, d’identité de genre ou d’état de santé.
La parité femmes/hommes aux fonctions électives dans notre pays doit être généralisée à toutes les élections, avec notamment le scrutin sur listes proportionnelles partout, mais cette revendication institutionnelle ne saurait résumer à elle seule toute politique d’égalité réelle entre les femmes et les hommes. La République ne doit pas s’arrêter à la porte des entreprises. La 6ème République sociale doit notamment s’attaquer au monde du travail et à la lutte contre les inégalités professionnelles. Cela passe par la lutte contre les stéréotypes de genre à la base du patriarcat, et contre toutes les discriminations dès l’école maternelle, afin de faire sauter les plafonds de verre qui bloquent par préjugés certaines personnes dans leur évolution professionnelle et la prise de responsabilités, et qui relèguent les femmes et d’autres catégories de personnes discriminées à des métiers moins valorisés. La 6ème république doit également s’attaquer à toutes les formes de violences induites par le patriarcat et mettre en place les moyens éducatifs, juridiques et financiers afin d’y mettre fin !
Cela passe aussi par la lutte contre les politiques d’austérité menées actuellement en France et dans toute l’Union européenne. Elles s’accompagnent de la casse des droits du travail et de l’aggravation de la précarité au travail qui touche  aujourd’hui prioritairement massivement les femmes. Lutter contre les politiques d’austérité permet aussi de donner les moyens financiers aux services publics d’accomplir concrètement leur mission, que ce soit à l’Education nationale mais aussi envers le monde du travail. Il s’agit notamment, en conservant à la loi de la République son rôle de norme garante de l’ordre public social, de renforcer les inspections du travail et les droits des salariés et des syndicats dans l’entreprise, pour justement faire appliquer les lois et lutter efficacement sur le lieu de travail contre le sexisme, le racisme, l’homophobie et la transphobie, ou les discriminations en raison de l’état de santé ou celles qui aggravent les situations de handicap. Lutter contre les politiques d’austérité, c’est aussi participer à la pleine citoyenneté sociale des personnes quel que soit leur état de santé et c’est réduire leurs situations de handicap en garantissant l’accessibilité universelle de tous les bâtiments et des espaces publics, et en œuvrant pour l’accessibilité universelle à un système de santé de qualité (fin des franchises médicales, secteur public hospitalier, pôles publics ou socialisés de soins de ville et du médicament).
Dans notre 6ème République sociale, les genres, les amours, les sexualités et les familles sont égales en dignité et en droit, à l’opposé du projet de société réactionnaire de la droite et de l’extrême-droite qui convergent pour défendre une même vision essentialiste des genres, traditionaliste de la famille et naturaliste de la parenté.  Les rapprochements idéologiques entre la droite et l’extrême droite sont déjà anciens pour enraciner le patriarcat et remettre en cause, au nom de ce qu’elles estiment être l’ordre moral, les droits à la contraception et à l’IVG. Notre 6ème République sociale consacrera le droit à disposer de son corps, notamment pour les femmes devant l’aptitude à la procréation (droit de toutes les femmes d’accès effectif à la contraception, à l’IVG, à la procréation médicalement assistée), le droit de toutes et tous à disposer de son genre (droit à la liberté de genre par le changement d’état-civil libre et gratuit) et le droit de tous à disposer de sa mort (droit de mourir dans la dignité). Au-delà du « mariage pour tous » discuté au Parlement depuis plusieurs mois déjà, notre 6èmeRépublique sociale garantira l’égalité pleine et entière de toutes les familles, en fondant la filiation socialement sur l’engagement parental déclaré publiquement, et en améliorant les droits des couples non mariés et des familles dites recomposées.
Dans notre 6ème République, l’égalité des droits s’énonce clairement : même sol, mêmes droits. Tous les résident-e-s, français-e-s ou étranger-e-s, auront le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales sur le territoire national. Afin de lutter contre les discriminations liées à l’origine, les concours des trois fonctions publiques seront enfin ouverts aux résident-e-s étranger-e-s comme aux français (hormis fonctions régaliennes de l’Etat). L’égalité en dignité et en droits implique notamment le droit à l’entrée et au séjour et à l’asile, et donc une refonte du code du CESEDA et une politique de régularisation des sans-papiers, familles, jeunes majeurs, travailleur-euse-s, personnes malades… : celles et ceux qui vivent et travaillent ici, resteront ici ! Il faut mettre fin à la politique indigne commencée sous Sarkozy et poursuivie sous Hollande-Valls de chasse et d’expulsion des personnes sans papiers et de destructions et expulsions des bidonvilles des Roms. Les centres de rétentions seront fermés et le délit de séjour irrégulier abrogé. Les Roms seront enfin reconnus pour ce qu’ils sont, des ressortissant-e-s européen-ne-s qui doivent avoir les mêmes droits et ne plus subir des mesures transitoires qui les discriminent dans l’accès à l’emploi. Afin de mettre un terme à la précarité des statuts administratifs et à la surexploitation de travailleur-e-s sans droits, un titre de séjour unique, carte de 10 ans sera institué.
Et on est citoyen-ne français-e de plein droit, indépendamment de son apparence physique ou de sa religion ! Afin de lutter concrètement contre les discriminations dans l’espace public et en finir avec les contrôles au faciès, un reçu co-signé, daté, localisé et motivé sera instauré lors des contrôles d’identité. Enfin, la laïcité de nos institutions doit être le garant de l’égalité entre toutes et tous, et ne saurait être utilisée, comme c’est le cas aujourd’hui à droite et à l’extrême-droite, pour stigmatiser une religion parmi les autres, l’Islam.
Nous voyons aujourd’hui avec inquiétude la recrudescence délétère dans notre pays des manifestations de haines et notamment d’homophobie et de racisme, alors que l’on voit au même  moment, partout au sein de l’Union européenne, la progression et la convergence des forces conservatrices, réactionnaires et des droites extrêmes. On voit même des Etats sombrer dans des dérives fascisantes comme la Hongrie, ou des partis politiques néo-nazis avoir pignon sur rue comme en Grèce.
Nous appelons les militantes et militants des mouvements féministes, LGBT, pour les droits des étranger-e-s et des migrant-e-s, pour les droits des malades et pour la citoyenneté des personnes en situations de handicap, ou pour les droits humains en général, et qui se reconnaissent dans l’exigence de 6ème République sociale pour sortir notre pays de l’impasse, à la résistance citoyenne et à rejoindre le cortège « pour l’Egalité civile et civique » lors de la Marche du 5 mai à Paris, pour la 6ème République.
Je souhaite participer en tant qu’organisation ou à titre individuel au cortège « Pour l’Egalité civile et civique » lors de la Marche citoyenne du 5 mai pour la 6ème République.
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Tout sur la marche citoyenne du 5 mai pour une VIème République



Alors que le gouvernement est déterminé à maintenir le cap sur l’austérité et face à la crise crise politique ouverte par l’affaire Cahuzac, le Front de gauche se mobilise et propose à toutes les forces et les personnes qui ont voulu le changement en mai 2012 et plus largement au peuple, contre la finance et l'austérité, de participer à une grande marche citoyenne pour la 6ème République le 5 mai à Paris, place de la Bastille.


  • Appels, témoignages, analyses... 
Retrouvez notre dossier : Le 5 mai pour une VIème République

  • Comment venir à Paris, où dormir ?
Le site www.marchepourla6eme.fr recense tous les cars et trains afretés pour se rendre à Paris ce jour là. Vous pouvez aussi y signaler les vôtres.
Les fédérations du Parti communiste organisent aussi les transports pour Paris ou peuvent vous renseigner. Pour contacter la fédération de votre département : http://www.pcf.fr/7511
Consulter le forum dédié aux offres d’hébergement et de covoiturage.

  • La marche citoyenne sur les réseaux sociaux :
Sur Facebook : L'événement La page
Sur Twitter :
- hashtags #5mai #6eRepublique
- compte @5mai2013


  • Vidéo de soutien :
http://youtu.be/bYz3D_vPZcg

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LE 1er MAI, PIERRE LAURENT ET JEAN-LUC MÉLENCHON ONT DONNÉ RENDEZ-VOUS LE 5 MAI POUR UNE MARCHE CITOYENNE

La manifestation de dimanche, à l’appel du Front de gauche « contre l’austérité et pour une VIe République » était au coeur des discussions du 1er mai. « Notre objectif est de montrer qu’il existe toujours une gauche pour se battre dans la rue aux côtés des salariés, et que cette gauche, ce n’est pas celle qui est au gouvernement », explique Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche. « C’est une remobilisation contre l’austérité », pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, qui compte « remettre en marche et rassembler les forces de changement qui proposent des solutions ».


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LE 5 MAI, LE M’PEP SERA PRÉSENT À LA MANIFESTATION POUR ÉXIGER LA SOUVERAINETÉ DE LA FRANCE

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 1er mai 2013.

Résumé

Le M’PEP sera présent à la manifestation du 5 mai aux côtés des sympathisants du Front de gauche, mais avec ses propres mots d’ordre. La situation que connaît actuellement la France impose en effet, plus que jamais, qu’elle recouvre sa souveraineté dans tous les domaines. Telle est la question principale, car un peuple ne disposant pas de son entière souveraineté ne peut s’engager à bâtir une nouvelle constitution. La souveraineté nationale, en outre, est la condition nécessaire de la sortie de crise, même si elle n’est pas suffisante. À cet égard, la sortie de l’Union européenne et de l’euro sont les mesures les plus décisives qu’il convient de prendre. C’est pour cette raison, essentielle aux yeux du M’PEP, qu’il convient de manifester, dans l’union la plus large, bien au-delà des seules forces qui se qualifient de « gauche de gauche ». Manifester pour « la 6e République » sans évoquer la nécessité de reconquérir la souveraineté nationale ni combattre nommément la politique du gouvernement ne semble pas adapté à la situation. Le M’PEP participera donc à cette manifestation, mais avec ses propres mots d’ordre.

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A lire et relire absolument ! Ali Aarrass, ce belge oublié de tous et sa Madone : rappels de monstrueuses injustices ...

Par Salah Elayoubi, demainonline


Opinion.- Foulard ton sari, yeux noisette et visage de Madone, Farida Aarras aurait, à coup sûr, inspiré Léonard De Vinci.  Il y a, d’ailleurs, quelque chose de Mona Lisa dans les traits de cette belle jeune femme qui a hérité, de ses origines rifaines, courage et dignité et de son passage chez les nonnes espagnoles de « La Divina infantita », discrétion et retenue. C’est elle qui mène depuis plus de quatre ans, le combat contre la machine qui broie son frère et anéantit le reste de la famille.
De leur éducation chez les religieuses à Melilla, de leur départ en Belgique, pour rejoindre leur mère, après son divorce, et de la vie d’émigrés qui allait s’ensuivre,  Farida et Ali, en ont conçu une solidarité et une complicité qui ne se sont jamais démenties avec le temps. Leurs photos d’enfance sont autant de témoignages de l’affection et de l’amour qui ont toujours uni la fratrie.  Autant de facteurs qui autorisent la sœur à contester, avec sérénité, l’éventualité évoquée par un journaliste, que son frère « pourrait avoir été un terroriste à l’insu de la famille ».
« Tout peut être fait à l’insu de l’autre ! Mais moi je dis ce que je sais sur lui ! Je pense que je suis la personne qui a été la plus proche de Ali. Je ne pense pas qu’il m’aurait caché une telle chose, si ça avait été le cas ! »,  répond Farida, avant de rejeter fermement l’hypothèse. « Je suis pour que l’on punisse les coupables, pas qu’on s’acharne sur des innocents et qu’on invente des preuves. » ajoute-t-elle
Un autre personnage vient compléter le tableau de cette tragédie. Une autre femme, tout droit sortie d’une de ces représentations des « Ahlou Al Kitab », « les gens du livre »,  les yeux rougis d’avoir tant pleuré, le visage inondé de larmes, la mère, tout de blanc vêtue, comme si elle portait le deuil de ce fils qu’on lui a pris : «  Je n’ai plus rien ! » se lamente-t-elle
Ravagée par la douleur, elle interpelle ses vis-à-vis, avec cette incompréhension et cette simplicité propres aux honnêtes gens, lorsque les frappe l’injustice : «  Je n’ai jamais eu de problèmes avec mes enfants ! Pourquoi nous traite-t-on ainsi ? Pourquoi doit-il rester en prison, lui qui n’a jamais fait de mal à personne ? Pourquoi doit-on subir tout ça ? »

Farida, de tous les combats, lors d’une manifestation de soutien à la Palestine

Chronologie d’une injustice
Retour sur l’évènement :
Nous sommes le 3 novembre 2006. Premier coup de tonnerre, dans une famille, jusque là, sans histoires.
Après la faillite de la librairie papeterie qu’il tenait dans la capitale belge,  Ali Aarrass, à la recherche d’un nouvel avenir, retourne à Melilla, sa ville natale, qu’il avait quittée à l’âge de quinze ans. Il y est alors arrêté, à la stupéfaction générale, pour une sombre affaire de terrorisme, au Maroc, un pays qu’il ne connaît pas, dont il parle tout juste la langue et qu’il n’a visité qu’à deux reprises, lorsqu’il s’est agi de présenter son épouse à une tante paternelle, à Nador.
L’homme est libéré sous caution, au terme d’une garde à vue de quatre jours. Fin du premier acte.

Le second débute le 1er avril 2008. Il tient du cauchemar.
Nouvelle arrestation. Ali est placé en isolement sensoriel, comprenez par là, qu’il n’a plus droit à ce qui distingue un être humain d’une bête féroce, enfermée dans une cage : privation de visites, de promenade, de lecture, de nourriture à heure fixe, de colis, d’échanges avec les gardiens et les co-détenus. Des méthodes héritées de Guantanamo et auxquelles les américains ont donné le doux nom de « torture blanche ».
Au terme d’une longue et minutieuse enquête, en mars 2009,  l’impitoyable juge Baltasar Garzon, dont on se souvient qu’il fut le pourfendeur de l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, de l’organisation basque ETA ou encore du trafiquant d’armes international Monser Al Kassar, conclut à l’innocence du prévenu.
Contre toute attente, l’Espagne qui a pourtant signé maints accords internationaux maintient Ali  en détention, dans l’illégalité absolue. Beaucoup plus grave, les autorités espagnoles examinent, avec le plus grand sérieux, une demande d’extradition émanant du  Maroc.
Dehors, « la Madone », flanquée de sa mère,  est de tous les combats, pour extirper son frère  du sort abominable qui l’attend. C’est que le Maroc a la réputation d’abriter de redoutables tortionnaires, dans les rangs de ses services de police, connus pour ne s’embarrasser ni de préliminaires, ni de scrupules, lorsqu’il s’agit de mener un interrogatoire, même si celui-ci ne concerne que du droit commun. On peut aisément,  imaginer ce qu’il peut en être lorsqu’il est affaire de terrorisme.
Farida mobilise autour d’elles  quelques consciences, sollicite les politiciens de tous bords. Elle constitue un comité de défense. Elle bat le pavé à Bruxelles, à Melillia. Elle est partout. Elle créé un blog,  confectionne les affiches, enchaîne les réunions de sensibilisation, les cellules de veille,  les interviews, interpelle le  gouvernement belge, le gouvernement espagnol, l’ONU et les organisations des droits de l’homme.

Une extradition furtive
Peine perdue ! Comme le commente si bien, le journaliste de l’émission « INDICES » sur RTL/TVI (1), du 23 février 2011,  le « belge oublié de tous », sera extradé vers le Maroc, le 14 décembre 2010, dans le secret absolu.
Détail particulièrement ignoble, le consulat belge, informé par la justice espagnole, quelques heures avant, ne jugera pas utile de prévenir la famille qui l’apprendra par les médias, deux jours plus tard.
Autre détail, cocasse, celui-là. Le seul, probablement, susceptible d’arracher un sourire dans cette tragique affaire, les autorités espagnoles se seraient contentées d’une vague promesse des marocains que Ali ne serait pas torturé.
Quelques jours avant que n’intervienne l’extradition, Abdelkader Belliraj, le chef présumé du réseau terroriste qui porte désormais son nom, celui à qui la police marocaine avait extorqué de prétendus aveux, au bout de six semaines de tortures abominables, avait, lors d’une interview donnée depuis sa cellule de la prison de Salé, donné un début d’explication et fait la chronique annoncée de ce qui attendait Ali :
« Laffaire Aarrass, tout comme l’affaire Belliraj est l’œuvre de milices hors-la-loi, dénommées services de sécurité, qui usent à la fois de tortures et de sous-traitance de la torture, comme moyen unique d’accéder à la vérité, en opposition totale avec la législation de ce pays. L’extradition de Monsieur Aarrass le mènera directement à la torture. Les tortionnaires brandiront, en fin de compte, la preuve de son inculpation, après avoir obtenu ce qu’ils ont voulu entendre, par le biais de pratiques barbares, même s’il n’y avait aucun élément à charge contre lui. »

Tortures, abominations & co
La suite,  c’est le détenu lui-même qui la raconte, lorsqu’il émerge de l’enfer où l’ont expédié les espagnols.
Le récit qu’il fait de son calvaire,  rappelle, en tous points, celui de Bouchta Charef, de Zakaria Moumni et de tant d’autres. Une procédure qui semble avoir été rodée et codifiée, au service de l’une des polices les plus brutales du monde.
Conduit en voiture,  encagoulé et menotté dans un lieu tenu secret, le prisonnier est, sauvagement battu, en plein air, dès sa descente de voiture. Une méthode éprouvée, déjà, par Oufkir et ses hommes de main,  pour distiller immédiatement la terreur, dans l’esprit de la victime et « l’attendrir », comme se plaisait à ordonner le défunt général.

Qui a dit que les années de plomb étaient derrière nous ?
Puis les bourreaux enchaînent les abominations qui ont bâti leur réputation : gégène et coups de bâtons sur les parties génitales, viol à la bouteille, suspension au plafond des heures durant par les poignées ou les chevilles, coups sur la plante des pieds, sur les tibias ou le fessier, simulation de noyade, simulacre d’exécution,  injections de produits chimiques.
Au bout de quelques jours de ce traitement moyenâgeux, Ali avoue ce qu’on veut l’entendre avouer.
Ils veulent une cache d’armes ?  Il donne la seule adresse qu’il connaît au Maroc, celle de sa malheureuse tante à Nador. Les bourreaux l’y conduisent, sous bonne escorte, saccagent la maison, terrorisent ses habitants et ravagent les terrains avoisinants. Rien. Et pour cause, Ali n’a jamais eu besoin de cacher quoi que ce soit. Il n’y a donc de cache ni ici, ni ailleurs.
Fous furieux, les tortionnaires traînent leur victime entravée,  dans le bois tout proche, l’arrosant copieusement d’insultes,  dégainent leurs armes, font ostensiblement jouer les culasses ou les barillets et annoncent au prisonnier qu’à défaut de révélations dignes de ce nom, il sera abattu séance tenante. Mais l’homme qui n’a rien sur la conscience, ne peut rien avouer.

Aveux extorqués, procès-verbal truqué et procès inique
Ramené à Rabat, il est de nouveau torturé, pour lui extorquer des aveux écrits. Il paraphe les procès-verbaux, sans les lire, ni les signer. Les bourreaux les signent pour lui…….en arabe.
Lourde erreur : Ali ne sait ni lire ni écrire l’arabe.
La suite est un long tissu d’absurdités et la preuve des approximations coupables des enquêteurs marocains, qui auraient, sans doute,  fait l’économie de cette tragédie en forme d’erreur judiciaire, s’ils avaient eu l’honnêteté, la présence d’esprit ou la modestie de réclamer simplement au juge Garzon, son fond de dossier.
Jugez plutôt :
« Soupçonné de complicité dans les attentats de Casablanca de 1983, l’homme se trouvait, au mois de mai de la même année,  « en plein déménagement d’un appartement à un autre », comme le souligne sa soeur.
« Accusé d’avoir financé un mouvement de « Moudjahiddines », Ali, était, à la période incriminée, en faillite, avec des difficultés notoires à faire vivre sa propre famille.
« Accusé d’avoir fait partie en 1982, des « Moudjahiddines du Maghreb », Ali était, à l’époque, intégré dans l’armée belge,  pour y accomplir son service militaire.
« Il ne pouvait se diviser en deux, avec une partie en Belgique et une autre  au Maroc ! » lance le père sarcastique.

http://youtu.be/dywDOzTi-Nk

http://youtu.be/vBRgBASCK6c
Farida et son père, avant l’extradition de Ali vers le Maroc

En réalité, toute la procédure est fondée sur les prétendus aveux de Abdelkader Bellirej, enlevé à Marrakech et torturé pendant plus de six semaines par les mêmes services, ceux de la DST de Témara. Sans doute connaissait-il le nom de Ali et qu’il l’a livré pour un moment de répit !
Malgré toutes ces incohérences et la plainte pour torture déposée par Ali contre les services de police, le tribunal de l’a condamné, en première instance, à quinze ans d’emprisonnement. Rarement, la justice marocaine contredit la police et ses procès-verbaux truqués et arrachés par les moyens que l’on sait.
Tous les criminologues et les profileurs vous le confirmeront.  On ne s’improvise ni terroriste, ni gangster, ni trafiquant d’armes à quarante ans passés. Les statistiques sont nulles, lorsque l’individu  a, jusque là mené une vie d’honnête homme et qu’il est, de surcroît,  un chef de famille exemplaire. Le portrait même d’Ali Aarrass !

La trilogie de l’ignominie
Dans cette affaire, ce qui interpelle c’est avant tout cette sorte de trilogie qui s’est mise en place, pour l’accomplissement d’une ignominie, une sorte de tri-gouvernementale de l’injustice. Une entreprise menée en totale contradiction avec les règles les plus élémentaires du droit humain universel.
Incriminé en premier lieu, le silence assourdissant des autorités belges, qui en aura fait les complices objectives de ce procès politique mené par « le Maroc qui veut montrer qu’il est un Etat fort,  en terrorisant ses populations » comme le résume l’un des avocat de Ali, Christophe Marchand.
Le calvaire de Ali, est sa peine de n’être belge qu’à moitié. Son autre moitié, sa marocanité, il devra la porter comme une croix. Dire que nous sommes en présence d’un racisme d’Etat,  relève de l’euphémisme ou de l’indulgence dans le langage.
La Belgique prétend avoir obéi à la règle qu’elle s’est imposée de ne jamais intervenir, lorsqu’un de ses citoyens à la double nationalité est aux prises avec la justice du pays de sa seconde nationalité. Je veux bien le croire, mais la tragédie qui se déroule à Salé, concerne, un citoyen belge ayant, jusque là,  mené une vie exemplaire, payant ses impôts, participant à la vie de la cité et accomplissant son service militaire. Pas un chien errant !
Ni visite consulaire, ni observateur du ministère de la justice belge au procès, ni la moindre question ou protestation adressée au Maroc, pour les allégations de tortures subies par le prisonnier. Ce procès qui broie un innocent et les siens n’aurait jamais du se tenir.
Il restera celui de la honte pour la Belgique et le miroir de son indignité.
L’Espagne, ensuite, signataire de multiples accords sur les droits de l’homme aura extradé Ali Aarrass, alors même que le comité des droits de l’homme de l’ONU siégeant à Genève avait émis un avis négatif et ordonné des mesures provisoires. A la même période où Ali était extradé, un certain Mohamed El Bay sur lequel pesaient les mêmes soupçons, était innocenté et rendu la liberté. L’homme doit son salut et sa liberté à la nationalité espagnole.
L’Espagne n’a pas, non plus, fini d’enterrer ses vieux démons ! Les dénonciations qui pleuvent sur son compte, en sont les témoins éloquents.
Elle devra bientôt faire face à la plainte déposée contre elle par les défenseurs de Ali Aarrass.
Enfin, concernant le Maroc, ce « plus beau pays du monde », comme l’appellent ceux qui y ont tout confisqué, nul article, nul livre, nulle émission et nul discours ne pourra jamais quantifier les souffrances abominables  et les injustices innombrables qu’il aura infligées aux siens.
Il est, pour le moins étrange, que ce pays qui avait tout fait pour pousser les rifains à s’exiler, sous peine de mourir de misère, déploie, à présent, des trésors de diplomatie internationale et de coopération judiciaire,  pour y faire revenir leur descendance, manu militari, à coups de dossiers vides et lui faire subir les traitements tels que celui qui a été réservé à Ali.
Ce dernier ne connaissait rien de son pays d’origine. Il en fait désormais partie intégrante, à son corps défendant. Cette année,  il aura fêté trois anniversaires, entre les murs de sa prison.
Les dernières lignes de ce papier seront les siens. Il les a livrés à sa sœur, l’infatigable et si courageuse « Madone », lors de sa dernière visite : 
« Je côtoie des horreurs et des injustices qu’aucun homme ne pourrait jamais imaginer !  Le nombre de personnes torturées dans des centres comme celui de Temara, avant d’être amenés en prison, est impressionnant ! Nombre de prisonniers n’ont ni avocats, ni famille pour s’inquiéter de leur sort ! Certains d’entre eux ont été torturés des mois durant. Si Le Seigneur a voulu mettre l’innocent que je suis à l’épreuve, c’est, sans doute, pour que tant de mes compagnons de misère sortent un jour, de l’ombre et de l’oubli ! »

Violation des droits de l’homme au Sahara occidental :Le Maroc tente encore la diversion

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Par Zine Cherfaoui, El Watan, 4/5/2013

L’AMDH a soutenu la nécessité de mettre en place un mécanisme onusien pour surveiller et rendre compte de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental.

Les organisations non gouvernementales (ONG) internationales de défense des droits humains ne sont plus les seules à dénoncer la situation de non-droit qui prévaut dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc. Dans son rapport sur les manifestations réprimées dans le sang, organisées le 26 avril dernier par des citoyens sahraouis dans la ville occupée d’El Ayoun pour revendiquer leur droit à l’autodétermination, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a exprimé aussi mercredi sa préoccupation face aux atteintes massives aux droits de l’homme au Sahara occidental. Pour arrêter la répression à laquelle recourent de façon systématique les forces d’occupation marocaines pour étouffer les revendications des Sahraouis, l’AMDH a soutenu la nécessité de mettre en place «un mécanisme onusien pour surveiller et rendre compte sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental».
Ce mécanisme s’impose d’autant, insistent les animateurs de l’AMDH, que «les forces marocaines font usage d’une force excessive et d’une violence rare». Dans son rapport, l’Association marocaine des droits humains rapporte en outre que «les forces marocaines empêchent, par la force, les citoyens sahraouis d’exercer leur droit légitime à manifester pacifiquement garanti par les chartes internationales des droits de l’homme».

Ainsi qu’il fallait s’y attendre, le rapport de l’AMDH a fait sortir la monarchie marocaine de ses gonds. Dans un communiqué rendu public le 1er mai 2013, le ministère marocain de l’Intérieur a accusé les responsables de l’AMDH de chercher à «dévaloriser l’action des forces de l’ordre et de les accuser d’actes abominables, tout en leur attribuant l’entière responsabilité de ce qui s’est passé à El Ayoun». Pour se dédouaner des atteintes aux droits de l’homme enregistrées au Sahara occidental, les autorités marocaines ont, par ailleurs, accusé des «parties étrangères» d’avoir instrumentalisé les manifestants. Bien évidemment, Rabat faisait allusion à l’Algérie, pays auquel elle reproche régulièrement de soutenir les indépendantistes sahraouis. La provocation ne s’arrêtera pas là.

Une provocation en cache une autre

Le secrétaire général du parti marocain Al Istiqlal, Hamid Chebat, y a aussi rajouté du sien en appelant le même jour à la «reconquête» de plusieurs régions frontalières algériennes. Intervenant au cours d’un meeting animé à Rabat, il a en effet «exigé» de l’Algérie qu’elle se retire notamment de Tindouf, Al Qanadsa et Hassi Beïdha, des régions qu’il considère comme étant marocaines. Tout en réitérant aussi la «marocanité des territoires sahraouis», M. Chebat n’a ainsi pas manqué de critiquer l’Algérie pour son soutien à la cause sahraouie. Selon de nombreux observateurs, le discours belliqueux et provocateur employé par cet homme politique connu pour sa grande proximité avec le roi Mohammed VI est, en partie, destiné à détourner l’attention d’une opinion marocaine frappée durement par la crise économique et excédée par la politique d’austérité du gouvernement.
Preuve du caractère délicat du contexte économique et social dans lequel se trouve actuellement le Maroc, un round du dialogue social prévu pour aujourd’hui a été annulé à la suite du refus de plusieurs centrales syndicales d’y participer. Plusieurs milliers de personnes ont par ailleurs manifesté le 1er mai dans le centre de Rabat à l’occasion de la Fête du travail pour «dénoncer vivement la politique du gouvernement». Parmi eux figuraient des diplômés au chômage et des fonctionnaires réclamant de meilleures conditions de travail. Ceux-ci ont promis de battre à nouveau le pavé en cas où leurs revendications ne seraient pas prises en charge. Face à cette donne sociale difficile, le makhzen n’a rien trouvé de mieux pour faire diversion que d’ouvrir un «front» avec l’Algérie. Non disposée à laisser passer une telle «ineptie», l’Algérie a tenu à réagir à la sortie du ministère marocain de l’Intérieur. Un haut responsable algérien a ainsi qualifié les accusations marocaines de «réflexe obsessionnel qui consiste à diriger un doigt accusateur vers l’Algérie à chaque convulsion au Sahara occidental». Un réflexe qui, ajoute-t-on, a «montré son inanité». 
Comme prévisible à chaque soubresaut que connaîtront les territoires sahraouis occupés en raison de la violation des droits élémentaires de ses occupants légitimes comme le droit de manifester pacifiquement, d’aucuns au Maroc seront prompts à crier au «complot ourdi par l’Algérie en croyant peut-être que la communauté internationale va se laisser berner», affirme-t-on encore à Alger sur un ton de lassitude.

Rabat appelle les lobbies sionistes à la rescousse

A ce propos, la même source ajoute que «même des pays réputés alliés du Maroc et qui ont contribué à l’échec de l’initiative américaine portant sur la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés ont clairement regretté les dernières violences qui ont suivi un rassemblement pacifique à El Ayoun en rappelant leur attachement au droit à manifester pacifiquement et en reconnaissant par là même qu’il y a un problème en matière de protection des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés». Non content également de la manière avec laquelle Rabat gère le dossier sahraoui, Washington a dernièrement claqué la porte au nez à certains responsables marocains. Fassi Fihri, un des conseillers du roi Mohammed VI, a ainsi dû faire le pied de grue pendant 15 jours dans la capitale fédérale américaine avant d’être reçu par John Kerry.
La rencontre qui aurait finalement eu lieu, selon la MAP, le 30 avril dernier, se serait déroulée en l’absence du ministre des Affaires étrangères, Saâdeddine El Othmani.  Taïeb Fassi Fihri aurait été accompagné par Youssef Amrani, ministre délégué aux Affaires étrangères, Mohamed Yassine Mansouri, patron de la DGED, et Rachad Bouhlal, ambassadeur de Rabat à Washington. Il est tout de même à signaler que le planning officiel de John Kerry pour les journées du 29 et du 30 mai ne fait aucune mention de la rencontre avec la délégation marocaine. Habituellement, toutes les rencontres du secrétaire d’Etat sont annoncées sur le site web du State Department avec photo de l’audience. Chagriné de ne pas avoir reçu un mot de remerciements de la part du président Obama à la suite de son message de condoléances pour les attentats de Boston, le roi Mohammed VI a ainsi dû être rassuré de voir enfin ses envoyés spéciaux reçus au département d’Etat américain. Néanmoins, cette petite réunion ne semble pas avoir complètement dissipé ses angoisses.
Le nouveau secrétaire d’Etat John Kerry a amorcé un mouvement de rééquilibrage en faveur de l’Algérie. Et la grande appréhension des Marocains provient du fait justement que le département d’Etat donne désormais la préférence à l’Algérie en termes de partenariat stratégique.
Et cela a commencé avant même l’épisode du Conseil de sécurité. Pour tenter de renverser la vapeur, Fassi Fihri a d’ailleurs, semble-t-il, mis à profit son séjour à Washington pour mobiliser les réseaux traditionnellement acquis au Maroc. Bien entendu, il n’a pas omis d’appeler les lobbies sionistes à la rescousse...

Réponse du porte-parole du MAE à Hamid Chebat d’Al Istiqlal :

«Les propos attribués par les médias marocains au secrétaire général du parti Al Istiqlal sont particulièrement graves et inacceptables. Ils constituent une dérive dangereuse et irresponsable que nous condamnons avec la plus grande force. La souveraineté, l’intégrité territoriale et l’intangibilité des frontières de l’Algérie ne sauraient, en aucune manière et sous aucun prétexte, faire l’objet de manœuvres partisanes ou politiciennes irréfléchies qui minent le bon voisinage.
Ce responsable, qui a déjà tenu des propos similaires dans un passé récent, serait bien avisé de ne pas persévérer dans la provocation et l’aventurisme qui consistent à contester la convention relative au tracé de la frontière d’Etat établie entre la République algérienne démocratique et populaire et le royaume du Maroc, signée le 15 juin 1972, qui comporte des cartes annexées à la convention et qui a fait l’objet d’enregistrement auprès du secrétariat général des Nations unies.»
http://www.elwatan.com//international/le-maroc-tente-encore-la-diversion-04-05-2013-212481_112.php
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Depuis le 26 avril, au lendemain du vote par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution concernant la mission onusienne au Sahara occidental, des manifestations sahraouies sont réprimées violemment par les forces marocaines.
La communauté Sahraouie a réagi dès le vote par l’ONU d’une résolution renouvelant le mandat de la Minurso et a exprimé son désarroi devant le texte très loin des espoirs qu’une initiative américaine avait suscités mi-avril.
Sultana Khaya et les forces de l'ordre à Boujdour, selon une capture d'écran publiée le 3 mai par le site d'informations Lakome

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Selon plusieurs témoignages et media (notamment RFI), des manifestations ont lieu dans les villes de Laayoune et Boujdour. Celle de vendredi 26 après-midi a réuni une centaine de personnes, selon le correspondant de l’AFP cité par plusieurs media. « Sirine Rached, une responsable de cette ONG, a indiqué à l’AFP que la manifestation se déroulait « dans le calme »« , peut-on lire dans le journal L’Humanité.
Sur le site d’informations marocain Lakome, « La manifestation, sur l’une des artères principales de la ville, se déroulait « dans le calme », mais la police « a eu recours à la force de manière excessive », a déclaré de son côté Sirine Rached, une responsable de l’ONG Amnesty International, dont une équipe est actuellement à Laâyoune. Plusieurs scènes montrant des forces de l’ordre frappant des manifestant(e)s ont été filmées à l’aide de téléphone portables. »
D’après la préfecture de Laâyoune, le rassemblement n’avait pas été autorisé et la police a dispersé le cortège, qui bloquait la voie publique, après « les sommations d’usage », précise encore Lakome.
Selon les autorités marocaines, huit membres des forces de l’ordre ont été blessés et transportés à l’hôpital militaire de ville.
Une trentaine ou une quarantaine, selon les sources, de blessés sont à déplorer du côté des civils sahraouis.
D’autre part, une militante sahraouie, Sultana Khaya, affirme avoir subi des violences mardi 30 avril. L’article et des vidéos montrant l’intervention des forces de l’ordre marocaines ici.
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L'AMDH est favorable à l’inclusion des droits de l’homme dans le mandat de la Minurso.



Khadija Ryadi, présidente de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), explique pourquoi son organisation est favorable à l’inclusion des droits de l’homme dans le mandat de la Minurso.

*Comment expliquez-vous que l’AMDH soit la seule organisation marocaine à soutenir le fait d’inclure les droits de l’homme dans la mission de l’ONU au Sahara occidental?

-Khadija Ryadi : Le congrès de l’AMDH, qui vient de se tenir, nous a permis d’approfondir et de clarifier notre position sur cette question. Pour nous, et le congrès l’a réaffirmé à l’unanimité, il s’agit d’une question de principe. Nous sommes pour que l’ONU inclue parmi ses mécanismes de supervision de la situation le respect des droits de l’homme, pas seulement au Sahara occidental mais aussi à Tindouf.

*Donc, il ne s’agit pas d’une position nouvelle, comme l’ont écrit certains médias marocains ?

Khadija Ryadi : Non, elle date de 2008, quand Human Rights Watch et Amnesty International avaient recommandé que l’ONU prenne en charge la question des droits de l’homme au Sahara occidental. Des journaux marocains semblent avoir découvert notre position. Certains ont écrit que l’AMDH avait changé d’avis ! Je rappelle qu’en 2010, lors de l’affaire du camp de Gdeim Izik, l’AMDH a mené sa propre enquête. Le rapport a été présenté à la presse. Nous avions proposé de nouveau que le respect des droits de l’homme soit pris en charge par l’ONU. Et notre dernier congrès a chargé la nouvelle direction de poursuivre dans ce sens.

*Il n’empêche que vous êtes la seule ONG marocaine à aller à contre-courant sur une question aussi sensible ?

-Khadija Ryadi : Notre démarche se réfère aux principes universels de respect des droits de l’homme et des libertés. Et dans ce cadre, l’AMDH s’est toujours retrouvée seule. Les autres ONG marocaines ont un autre point de vue: elles se réfèrent aux spécificités internes marocaines. Nous, c’est clair, nous assumons car nous sommes dans un pays qui ne reconnaît pas les droits de l’homme.

*En assumant seule une telle position,ne craignez-vous pas de vous attirer des ennuis ?

Khadija Ryadi : Des ennuis ? Non. Bien que cinq ONG marocaines aient écrit à Ban Ki-moon contre la position que va adopter l’ONU, nous ne craignons rien. On nous accuse d’être liés à un parti. On nous diabolise. Reste que le Maroc est signataire de conventions internationales en matière de respect des droits de l’homme et des libertés, nous estimons qu’il doit s’y conformer.

*Le Maroc n’est quand même pas le seul pays au Maghreb à ne pas respecter les droits humains ?


-Khadija Ryadi : Sur les droits de l’homme au Maroc, on entend beaucoup de discours. On présente le Maroc comme un modèle unique de progrès dans la région. Mais dans la pratique, on ne voit rien venir. Le Maroc traverse même une phase de régression. Il y a plus d’une centaine de prisonniers politiques, dont certains condamnés à de très lourdes peines. La torture continue d’être pratiquée. La liberté de la presse a régressé au point que le Maroc est classé derrière la Libye. Même concernant l’égalité entre les femmes et les hommes, le Maroc est mal classé. Vous voyez bien !

Entretien réalisé par Hassane Zerrouky, L'Humanité 23 Avril, 2013
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Par Ali Fkir
Comment  se fait-il qu'un État puisse accepter sur un territoire qu'il considère sien des militaires onusiens et refuse un " droit de regard" sur la situation des droits humains dans ce même territoire ? La seule réponse possible, c'est que cet État y piétine les droits humains.
Les marocains disent: كنعرفوا خروب بلادنا . Ceux qui défendent la position du makhzen et qui se déclarent démocrates, doivent avoir honte, car ils savent bien que, ce soit au Maroc ou au Sahara occidental, le respect des droits humains n'était, n'est, ne sera jamais dans l'agenda de l'Etat makhzenien, car par nature c'est un État despotique. Sa seule légitime reste la mosquée et la matraque.
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