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samedi 27 juillet 2013

Comme si la patrie n’était qu’une rumeur !




Une veille femme du village d’Imider avait dit « Je jure sur celui qui a créé la terre et le ciel que nous ne quitterons pas ce camp tant  que   nous n’avons pas obtenu nos droits et  vaincu l’injustice et le mépris que nous subissons depuis des décennies, ou  devenir cendre que le vent se chargera de dissiper sur cette montagne après que nos bourreaux nous ont brûlés comme ils nous l’ont bien fait savoir. Nous ne sommes pas à vendre ni à acheter, nous sommes libres et notre terre est tout ce que nous possédons, en plus de notre dignité. Abbane est notre terre, et nous sommes prêts à mourir pour elle. »
            Avec ces mots qui raisonnent dans ma tête comme un hurlement du désespoir, j’ai commencé à penser à ce qui semblait être ma patrie, d’après ce qu’on m’avait enseigné sur les bancs de l’école. A vrai dire, j’ai essayé de m’en inventer une correspondant à mon idéal. Malheureusement, je ne vais pas parler d’idéal car je n’en ai pas. Si ce n’est cette obsession m’habitant gâchant mon sommeil. Mon pays, ce rêve lointain, avais-je répliqué à quelqu’un un jour. Maintenant que je vois tout ce temps passé à essayer de me trouver des explications pour ce tas de contrastes et de paradoxes dans lesquelles ce pays traîne sans se rendre compte de l’ampleur de sa propre déchéance.
lmskine (2)            Je ne parlerais pas de choses que je ne connais pas, d’autres le feront à ma place s’ils en ont envie bien sûr. Beaucoup auront déjà à me dire que je n’ai rien compris de la vie, que je ne connais pas mon propre pays, et qu’il n’y a qu’eux qui l’aiment et qui connaissent sa juste valeur. Ils pourront toujours me sortir et régurgiter ces tonnes d’exploits, d’avancées démocratiques, de justice, d’ouverture, du bon vivre, et un peuple qui danse et sourit sans même connaître la raison. Moi je leur dis de venir passer le temps d’un hiver sur cette montagne qui est la mienne : sans chauffage, ni nourriture à volonté, ni médecin, ni, ni….ni vie tout court.
photo choqueTout ce que je sais, c’est que j’ai ouvert les yeux quelque part au milieu des montagnes de l’Atlas. L’autre Maroc si je puis l’appeler ainsi. A vrai dire, pendant toute notre enfance, nous avons cru que le monde se limitait à ces quelques villages qui entouraient ma vallée. Les gens ne se posaient pas trop de questions sur la vie. On dirait qu’ils ont appris à vivre avec leur destin comme si, au fond d’eux, ils ont compris que cela ne sert à rien de compter sur des illusions révolues d’appartenir à une patrie qui ce soucie de leur sort.
           L’un des souvenirs qui se sont incrustés dans mon esprit à ce jour, est celui du référendum du 1989 (si mes souvenirs et la date sont bons). J’étais encore enfant à cette époque. Mon père (Dieu ait son âme) est rentré à la maison en tenant un ramassis de bulletins de votes (bleus si mes souvenirs sont encore bons) marqués par la mention « Non » (en arabe). Mon père, qui semblait avoir pris la peine d’aller voter au nom de toute la famille (dont les tantes et les oncles appariement), a pris le soin d’aller mettre ces bulletins marqués « Non » dans un coin bien en sécurité. J’ai grandi depuis, et avec un peu de recul, je comprends aujourd’hui le but de son geste. C’était pour le seul moyen de prouver qu’il avait bien voté  « Oui » et pouvait toujours appuyer ses dires en montrant ces bulletins « Non ». Par la « naïveté de son geste », mon père ne savait pas que les responsables des bureaux de votes se sont déjà chargés du bon «déroulement» de l’opération, la preuve -s’il en fallait une- c’est qu’il avait encore le droit de rentrer chez lui. Le contraire était de mise s’il avait déposé les « mauvais » bulletins dans l’urne.
            Durant ce temps-là,  la patrie pour moi était mon petit village, je ne connaissais même pas qu’il existait un autre monde hors de ma montagne. Sauf, qu’il y avait un événement annuel qui nous faisait croire qu’il y en avait bien un  quelque part loin d’ici mais qui nous surveille. A l’époque, la fête du trône (l’ancienne sous le règne du roi Hassan 2) représentait pour nous l’occasion pour sortir des classes (si on peut appeler ces murs sans fenêtres des classes), aller chanter au nom de choses dont nous ne comprenons même pas le sens. Il faut savoir que les chants et les pièces de théâtres qu’on jouait se faisaient en arabe, alors que nous venons à peine d’apprendre quelques mots de cette langue (tout le monde ne connaissait que le berbère avant d’aller à l’école). Je me rappelle que j’avais joué le personnage d’un soit disant résistant palestinien dont le nom est « Ahmad al3arabi ». Le comble de la chose, c’est que je récitais ce que j’avais appris, faisant un long monologue  au nom d’Ahmad al3arabi, alors que je ne comprenais pas un mot de ce que je disais. Peu importe, c’était l’occasion toufoulapour Hassan le berbère de s’oublier un peu au gré des exigences et les circonstances du moment pour aller libérer la Palestine avec des slogans et des hurlements. Ma réplique était de clamer aux yeux du monde, que malgré le blocus et l’oppression israélienne le corps d’Ahmad Al3arabi sera le bouclier qui aura à protéger sa terre contre le colonisateur. J’avais très bien joué Ahmad al3arabi d’après le témoignage de mon instituteur. Les officiels (cheikhs, Mouqadem,  maire de la commune, etc.) étaient tous là à applaudir, les bouches grandes ouvertes dans leurs habits de clowns et qui faisaient terroriser la foule qui a traversé des kilomètres pour assister à la célébration. Des « Mkhazni » étaient là aussi, pour « maintenir » l’ordre. Le souvenir d’un d’entre eux, que beaucoup connaissaient, me revient. Il lui suffisait de retirer sa ceinture pour que le silence gagne l’espace. C’est dire que les gens de ces contrés ont été conditionné à un tel comportement pavlovien depuis le règne du Pacha Elglawi puis la période dites « des années du plomb » qui a fini par tuer le peu de fierté qui restait dans leurs âmes avachies.
            Mon monde, et celui de tous les enfants de cette montagne, se limitait à ce cycle absurde. Nous étions les jouets d’un système dont on ne comprenait rien. On chantait des gloires et des causes qui ont été construites et inventées sur notre propre tragédie. Je chantais le drame d’Ahmed al3arabi alors que j’avais besoin que quelqu’un puisse chanter ma propre tragédie et la déchéance de ma montagne. On dansait alors que nos corps saignaient de misère. On se mettait à sourire quand on nous demandait de le faire pour montrer à cette lointaine capitale que le peuple d’ici est bien heureux sous la bienveillance des saints et des cieux.
tarhhlate
J’ai toujours vu les drapeaux rouges flottaient devant les portes des maisons en pierre ou en terre battus. Le Mouqadem du village faisait des tournées plusieurs fois par jours pour s’assurer que chaque maison a bien mis un drapeau devant sa porte. Les gens avaient une peur insupportable que les autorités débarquent et les accusèrent de la pire des choses…..Ce qui est incroyable dans l’histoire, c’est que tout ce monde subissait  la tutelle sur sa propre existence et même sur ses propres rêves s’il en avait.
            Le fait que le Mouqadem se voyait obligé de sillonner le village de bout en bout, confirme que les villageois n’ont jamais compris l’utilité de ce genre de choses, vu que cela ne faisait que les handicaper dans leur combat pour la survie de tous les jours.  Il suffisait que l’hiver frappe aux portes de leurs villages pour qu’ils tombent dans l’oubli, encore et encore. Le temps qu’il faudra au vent et au froid  pour enterrer des âmes, avorter des ventres, faire danser la mort sur le corps d’enfants, de femmes et d’hommes qui n’ont de merci que les prières qui remplissent l’horizon sans que personne semble les entendre. On reviendra l’année d’après pour s’assurer qu’ils sont toujours au taquet pour chanter, danser pour des causes, des cérémonies et des exploits qui ne les concernent ni du près ni de loin. Cela dit, Ils n’ont rien de traîtres ou d’ennemies de la patrie, mais ils ont juste d’autres préoccupations plus urgentes dans leur quotidiens que de planter des drapeaux ou chanter pour des gloires qui ne les concernent pas, à savoir : lutter pour la vie, affronter le froid et la faim…
ilhade Le hasard de la vie et les circonstances m’ont amené à partir vers les terres du nord pour y poursuivre mes études. Mais ce sentiment frustrant d’appartenir à une patrie qui semble ne pas nous porter le même sentiment me poursuit. Tout au long de mon périple, j’ai toujours regardé ces citoyens du monde être fiers de leurs pays et de leurs patries.  C’est vrai qu’ils ont de quoi être fiers. J’ai toujours essayé de passer ce sujet sous silence le plus longtemps possible, car je n’avais rien d’intéressant à leur raconter sur ce qui semblait être ma « patrie ». Heureusement que la plupart de ces gens connaissaient Marrakech et Agadir et les sables dorés. Donc, avec un sourire jaune, je leur faisais croire qu’ils connaissaient ce qui semblait être chez moi mieux que moi. Ça flattait leurs égos, et moi ça m’épargnait le fait de m’aventurer dans des monologues interminables et surtout stériles. 

J’ai toujours marché à la marge de cette pensée. Me dire que je suis toujours étranger partout. Me rassurer par l’illusion que je suis un citoyen du monde. Mais cette illusion s’effondre à chaque fois que je m’apprête à passer les frontières, car on me rappelle que je ne suis pas le fils du monde……mais le fils de ce nulle part qu’on situe sur la carte comme un machin qui s’appelle « Maroc ». Des moments de faiblesse me submergeant de temps à autres. Pourquoi ce sentiment douloureux de ne pas avoir une patrie (même pour ceux et celles qui y habitent)… ? Pourquoi cette haine du soi et de cette histoire absurde qu’on nous a servie depuis notre enfance… ? Pourquoi j’ai le sentiment que mon pays ne m’a jamais laissé l’occasion de l’aimer ? Pourquoi à chaque fois qu’on essaye d’oublier, une blessure resurgit de nulle part pour nous rappeler que ce pays n’appartient qu’à une poignée de personnes qui s’assure -au jour le jour- que le reste puisse s’éteindre dans le silence sans avoir le droit de vomir sa douleur ?… J’ai fini par comprendre que ma patrie ne peut être qu’une rumeur….et malgré tout ça je continue à y croire.
 http://oumada.wordpress.com/2013/06/18/comme-si-la-patrie-nest-quune-rumeur/fb_comment_id=fbc_290424441059560_1261637_29059107437620#f

Rapport annuel sur la situation des droits humains au Maroc en 2012

Rapport annuel

sur la situation des droits humains au Maroc en 2012
Images intégrées 1
INTRODUCTION
La situation des droits humains au Maroc durant l’année 2012, telle qu’elle a été suivie par le bureau central et les sections de l’AMDH, est caractérisée par une nette régression et une persistance des violations. Concernant le droit le plus sacré, le droit à la vie, la confusion plane toujours sur la vérité des décès des activistes du Mouvement du 20 février pendant 2011 ; à cela s’ajoutent deux cas de décès observés dans le rapport de 2012.  Pour ce qui est du droit à l’intégrité physique, à la sécurité personnelle et l’abus du pouvoir, les pratiques les enfreignant sont monnaies courantes par la violence des autorités publiques à l’encontre des manifestants et des passants, ou par la torture lors des interrogatoires dans les postes de police. Si la violence exercée par les forces de police à l’encontre des activistes de l’Association Marocaines des Droits Humains est courante, en 2012 les activistes d’Amnesty International ont été sujets, à leur tour, de la répression, de la provocation et du harcèlement par des agents de sécurité lors d’un sit-in devant le Parlement.
Quant au dossier de la détention politique, il reste toujours ouvert ; en dépit de la libération de quelques détenus politiques, leur situation n’a toujours pas été réglée ; en outre, de nombreux détenus politiques ont été incarcérés, et notamment les activistes du Mouvement du 20 février, les étudiants militant au sein de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM), les détenus en rapport avec le dossier de « la lutte anti-terroriste », les activistes sahraouis… Le plus grave, c’est que ces détenus sont poursuivis par des chefs d’accusation de droit commun et ce afin de dissimuler la nature politique des procès qui tiennent compte des procès-verbaux de la police judiciaire sans vérifier la véracité des accusations que les détenus rejettent.
En outre, cette année, trois cas d’enlèvement ont été enregistrés sans que les auteurs de ces enlèvements ne répondent de leurs actes et ne sont pas poursuivis pour la torture subie par les activistes du Mouvement du 20 février à Casablanca et dans d’autres villes en 2012, par les militants de l’UNEM à Kénitra et dans d’autres villes et pour la violence exercée lors de nombreux sit-in pacifiques dans différentes régions telles Taza, Aït Bouayache, Chlihate et dans d’autres villes. Lors de sa visite au Maroc, le rapporteur spécial onusien chargé de la torture au Maroc a confirmé ces pratiques.
Concernant la situation dans les prisons, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est inquiétante, voir catastrophique ; le rapport a enregistré des taux de surnombre dans 34 établissements pénitentiaires qui vont de 4% à 168,14%. Une situation aggravée par l’absence des conditions de l’hygiène personnelle, la mauvaise alimentation et l’insuffisante de médication ; ce qui entraîne la propagation des maladies et les décès. Mais, ce qui dramatise plus la situation, c’est la torture des détenus ; l’Association Marocaines des Droits Humains a reçu des plaintes de la part des détenus et de leurs familles sur la torture physique et psychique.
De même, la situation des libertés publiques a régressé durant l’année que couvre ce rapport ; ainsi, l’interdiction a concerné les activités de différentes instances dont l’une assume la présidence du Gouvernement (la Jeunesse du Parti Justice et Développement), les activités des instances des droits humains (trois activités organisées par l’Association Marocaine des Droits Humains), la réunion du Conseil national du parti Badil Hadari ; des journalistes ont été sujets d’agressions physiques, de poursuites et l’un d’eux a été condamné à la prison avec sursis ; d’autres journalistes ont subi des interrogatoires, ou se sont vus retirer l’accréditation, interdits de photographier des émissions, privés de la carte d’accréditation ; en plus, la maison d’Ali Lamrabet a été attaquée à Tétouan. L’interdiction a aussi concerné plusieurs manifestations dispersées par la répression comme c’est le cas des protestations sociales ; les libertés syndicales ont connu de nombreuses violations.
De nombreux procès ont connu des violations pour être qualifiés inéquitables ; les cas notoires sont le procès d’El Haked, artiste du Mouvement du 20 février, du résistant Ibrahim Nouhi, des poursuivis suite à l’appel au boycott des élections, des détenus dudit Salafiyya Jihadiyya, des syndicalistes, des militants de l’UNEM et des détenus de Gdim Izik.
Pour ce qui est de la peine de mort dont l’abolition prend de plus en plus d’envergure à l’échelle internationale, le rapport a enregistré la prononciation de six nouvelles condamnations en 2012. Cependant, ce que le rapport relève de plus important, c’est l’abstention du Maroc de voter le projet de la recommandation onusienne préconisant l’arrêt de l’exécution de la peine de mort.
L’augmentation des protestations a eu des répercussions négatives sur la situation des défenseurs des droits humains qui ont été souvent sujets aux violations de leur intégrité physique, leur sécurité personnelle et la restriction de leurs mouvements dans de nombreuses régions et particulièrement à Ifni où des responsables du bureau de la section de l’Association Marocaine des Droits Humains ont écopé jusqu’à dix mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende.
Les droits économiques, sociaux et culturels n’ont pas dérogé à la règle cette année ; le chômage parmi les diplômés s’est accru ; de nombreux secteurs économiques et sociaux ont connu des grèves ; les codes de travail ont été violés dans tous les secteurs et surtout l’ampleur acquise par le phénomène de l’emploi des enfants. Quant au logement, il a enregistré une diminution ayant atteint 10,1 pour cent par rapport à 2011 alors que le nombre des familles résidant dans les bidonvilles a augmenté de 29 pour cent par rapport à 2004. Les anciens quartiers de Casablanca ont connu aussi des démolitions ayant causé la mort de huit citoyens ; des décès ont eu lieu dans d’autres villes à cause du recours à l’usage de la force pour évacuer des citoyens de maisons menaçant ruine ou de logements bâtis sans autorisation. L’application du droit à la santé n’est pas encore de mise pour plusieurs raisons parmi lesquelles celles relevées dans ce rapport et notamment, la faiblesse du financement public de la santé, l’augmentation de la part des dépenses personnelles réservées à la santé et qui représente 58 pour cent de leurs dépenses totales, l’échec du régime d’assistance médicale pour les personnes à revenu limité (RAMED), en plus de la faiblesse de l’infrastructure et son insuffisance par rapport à la croissance des besoins en soins des citoyens, le déficit épouvantable dans les ressources humaines avec un médecin pour 1630 citoyens et un infirmier pour 1109 citoyens. Ce qui rend la situation plus tendue, c’est la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion des ressources disponibles.
La situation dans le secteur de l’éducation n’est pas meilleure ; l’échec du plan d’urgence est officiellement reconnu et l’enregistrement d’un manque important concernant les cadres administratifs et éducatifs ; le surnombre des élèves et les revendications matérielles et morales de la famille de l’enseignement n’ont pas été satisfaites.
Pour leur part, les droits linguistiques et culturels amazighs ont souffert du retard de l’opérationnalisation de leur reconnaissance constitutionnelle, le refus des noms amazighs, la prohibition de l’usage de la langue amazighe au sein de l’enceinte du Parlement, la discrimination dont souffre la chaîne amazighe par rapport aux autres chaînes, la langue amazighe n’est plus enseignée dans de nombreux établissements et ne constitue qu’une matière facultative, non généralisée et non sanctionnée par une note à l’examen.
La situation de la femme n’a pas connu de progrès significatifs par rapport à l’année précédente ; 41098 demandes concernant le mariage de filles mineures ont été accordées ce qui constitue 92,9 pour cent de l’ensemble des demandes. Les femmes meurent toujours lors de l’accouchement à cause de la négligence et certaines d’entre elles se refusent même l’accès à l’hôpital et accouchent dans la voie publique ; les salariées souffrent aussi de la discrimination quant aux salaires et aux heures de travail.
Concernant la situation des droits de l’enfant, ce qui a le plus caractérisé l’année 2012, c’est le non-respect de l’Etat marocain de ses promesses en matière des droits de l’enfant ; les intérêts suprêmes de l’enfant ne sont pas tenus en compte lors de l’élaboration des politiques publiques, l’exclusion de la société civile lors de la formulation de plans et de programmes pour la promotion de la situation de l’enfance ; en parallèle, des violations graves ont retenti touchant le droit à la vie, à un nom, à l’éducation, à la santé, ainsi que la torture, les mauvais traitements et les agressions sexuelles.
Ce rapport a aussi relevé la persistance des violations des droits environnementaux des citoyens ce qui se répercute sur l’état des ressources environnementales d’une part et sur la vie des citoyens de l’autre ; il soulève aussi les souffrances et les violations dont sont victimes les migrants africains subsahariens et leur privation de leurs droits tels le droit à la santé, à l’eau et l’alimentation, au logement, à l’éducation, au travail … Les sections de l’AMDH ont suivi et relevé à ce sujet des actes racistes, des violences policières et des refoulements hors des frontières marocaines, contrairement aux engagements du Maroc en matière des droits humains en général et  des droits des  migrants en particulier.
En émettant ce rapport annuel sur la situation des droits humains au Maroc en 2012, l’Association Marocaine des Droits Humains s’est fixée comme objectifs de donner une image sur la situation de ces droits, formuler des recommandations en vue de leur protection et leur promotion, dévoiler les violations afin qu’un terme soit mis à leur répétition et pour que les parties les violant assument leur responsabilité dans leur persistance.
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Salutations militantes,
Hasnae CHAMI
Pour le bureau de l'AMDH-Paris/IDF
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L'AMDH dévoile son rapport annuel 2012 : une "nette régression" des droits humains au Maroc 

par Lakome, 23/7/2013


Présentation du rapport annuel 2012 de l'AMDH. Mardi 23 juillet 2013.


Le bureau central de l'AMDH a présenté son rapport annuel 2012 ce mardi à Rabat. L'association détaille les violations survenues l'année dernières et estime qu'en «dépit de ses engagements nationaux et internationaux, l’État manque de volonté politique effective pour le respect des droits et des libertés».

Dans son rapport 2012 l'AMDH affirme que la situation des droits humains au Maroc durant l'année 2012, «telle qu'elle a été suivie par le bureau central st les sections de l'AMDH, est caractérisée par une nette régression et une persistance des violations. Concernant le droit le plus sacré, le droit à la vie, la confusion plane toujours sur la vérité des décès des activistes du Mouvement du 20 février pendant 2011 ; à cela s'ajoutent deux cas de décès observés dans le rapport de 2012».
L'association dénonce également les détentions politiques, les cas de torture et de disparitions forcées, la répression de manifestations pacifiques, l'interdiction illégale d'associations et de partis politiques.

Droit des travailleurs et libertés syndicales
Sur le volet des droits sociaux, l'AMDH souligne que les principaux indicateurs n'ont connu «aucune amélioration sensible». Avec les diplômés chômeurs, «l'État use tantôt du dialogue et souvent de la répression sévère et recourt de plus en plus aux arrestations et aux procès».
L'association constate par ailleurs que l'Etat n'a toujours pas ratifié les conventions internationales sur les libertés syndicales et que le code du travail n'est toujours pas respecté. «Les droits de travail les plus élémentaires ne sont toujours pas garantis (la carte de travail et de paie, l'adhésion à la Caisse nationale de sécurité sociale, la détermination des heures de travail, les congés hebdomadaires et annuels ...). Les licenciements arbitraires des ouvriers et collectifs et les fermetures illégales des établissements de production continuent et l'exercice des droits et des libertés syndicales est incriminé et particulièrement dans le secteur privé».
Le constat de l'association est similaire dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Le rapport souligne par ailleurs les violations liées aux droits de la femme, de l'enfant, des personnes handicapées ou encore des migrants et demandeurs d'asile.

«Essence despotique» de la constitution
Sur le plan législatif, l'AMDH estime d'une part que la nouvelle constitution, de par ses dispositions floues et contradictoires, ne garantit pas la primauté du droit international, ni l'égalité homme-femme ni une réelle séparation des pouvoirs. «Son essence despotique est préservé et reste loin des composantes d'une constitution démocratique», note le rapport.
D'autre part, l'association estime que les quelques nouveautés apportées par la constitution n'ont toujours pas été mises en œuvre, notamment en ce qui concerne la reconnaissance constitutionnelle de l'amazigh.
En conclusion, l'AMDH indique que «les violations relevées dans ce rapport sont suffisantes pour juger l'orientation générale caractérisant la politique publique en la matière et reflètent qu'en dépit de ses engagements nationaux et internationaux, l'État manque de volonté politique effective pour le respect des droits et des libertés».


Urgent ! Lettre ouverte du Collectif Pour la Dénonciation de la Dictature au Maroc, aux parents des enfants de Betz

Par le Collectif Pour la Dénonciation de la Dictature au Maroc, Paris , 26/7/2013


Lettre ouverte du Collectif Pour la Dénonciation de la Dictature au Maroc, aux parents des enfants de Betz envoyés passer des vacances au Maroc aux frais des  appauvris au Maroc par le roi Mohamed 6.

Parents et autres habitants de Betz,
savez-vous que votre commune héberge un grand dictateur, prédateur et criminel ?
Il s’appelle Mohamed 6 et il occupe le poste de responsabilité du roi du Maroc. Cette responsabilité lui a permis de s’accaparer de toutes les richesses du Maroc, en réduisant les résidents du Maroc en de vilains appauvris, pouvant se livrer au pire pour venir clandestinement en France, ou s’immoler par le feu surplace pour dénoncer ses injustices.
Savez vous aussi que ce Mohamed 6 est un roi qui continue de cumuler des biens mal acquis partout dans le monde, exactement comme d’autres chefs d’états africains tels que Ali Bongo (du Gabon), Denis Sassou Nguesso (du Congo-Brazzaville) et Teodoro Obiang (de la Guinée Equatoriale) ainsi que leurs familles, pour lesquels la France, et après les avoir longuement reçus avec des tapis rouges déroulés, a enfin procéder au gel des biens volés à leurs peuples ?
Savez-vous également qu’en envoyant vos enfants passer des vacances au Maroc au frais de ce prédateur, vous les envoyez en réalité aux frais d’enfants marocains appauvris par ce même dictateur ? Ce dieu-sur-terre affame les enfants au Maroc, les meurtrit, les prive de scolarisation, du droit d’accès aux soins, et les laisse mourir de froid et de chaleur ? On ne parlera jamais et tant qu’il est au pouvoir, de vacance pour ces millions de petits Marocains ; car le mot « voyage » pour eux est purement de la science fiction.
Voulez vous que vos enfants, une fois grands, vous reprochent de les avoir envoyés profiter inhumainement de l’argent de ces enfants marocains ? Ou alors vous considérez vos enfants supérieurs ou différents des autres enfants, au point qu’ils puissent utiliser les biens des autres enfants marocains, ou autres africains, sans conscience ni scrupule ?
Réveillez vous messieurs dames, pensez à la conscience de vos enfants avant de ne penser au bien être des enfants marocains ou africains car on constate malheureusement que ces derniers sont le dernier de vos soucis.
Ne vous cachez pas derrière l’alibi du « je ne savais pas ». Jetez un coup d’œil sur Internet. Tapez des mots de recherche comme « roi Maroc prédateur, dictateur Mohamed 6, immolé(e)s Maroc, détenus arbitraire Maroc 2013, 2012, 2011 (ou toute autre année), injustice, corruption, crimes, 20 février, AMDH, Amnesty International, Transparency International, Human Rights Watch, etc. » vous verrez l’ampleur du mal que vivent les indigènes de l’eldorado où vous avez envoyé vos petits innocents.
A bientôt.

Fait à Paris le 26/07/2013
Collectif Pour la Dénonciation de la Dictature au Maroc.


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Immigration : Plusieurs centaines de Subsahariens raflés au nord du Maroc

Un récit qui rappelle certaines rafles...
 

Hier, mardi 24 juillet, la police et les militaires marocains ont raflé des centaines d’hommes et de femmes subsahariens dans les villes du nord du pays pour les expulser. Hommes, femmes enceintes, enfants et blessés ont été indifféremment embarqués dans des bus à destination d’Oujda. Un Congolais de 40 ans, grièvement blessé est peut être mort après avoir été propulsé hors d'un bus lancé à pleine vitesse.














« Ce genre de chose est monnaie courante, mais hier c’était vraiment exceptionnel : ils ont cassé toutes les maisons des Africains », raconte Mohamadou*, encore sous le choc, alors que son épouse gémit derrière lui. « Les policiers ont frappé ma femme et depuis ce matin elle n’arrête pas de vomir, elle est sous le choc », explique-t-il. 
Hier, mercredi 24 juillet, à l’aube, la police marocaine a effectué des rafles dans les quartiers où habitent les Subsahariens à Tanger, mais aussi « Nador, El Hoceima, Taourirt et Ksar El Kebir », précise Saïd Tbel, membre de l’AMDH. Selon Mohamadou, 700 personnes ont été interpelées dans le seul quartier de Boukhalef à Tanger.

Mohamadou raconte que les policiers ont défoncé sa porte et lui ont demandé de se lever, avec sa femme, immédiatement « en donnant un coup de pied dans le lit », se rappelle-t-il. Les hommes voulaient inspecter la chambre et leur ont demandé d’aller au salon. « Je leur ai dit de me dire ce qu’ils cherchaient et que je leur donnerai, mais ils n’ont pas voulu. Ils nous ont frappé et nous ont tirés dans le salon pendant qu’ils fouillaient la chambre. Ils ont trouvé la cachette où l’on plaçait nos objets de valeurs et notre argent, ils ont tout pris, même l’alliance de ma femme », dit-il excédé. Sans demander s’ils étaient en situation régulière, ils les ont obligés à descendre dans la rue. Là, le couple a découvert des dizaines d’habitants du quartier expulsés eux aussi par la force et prêts à être emmenés par la police.

« Il est passé par la fenêtre »
L’opération était vaste et bien organisée. « Des bus attendaient les gens en bas de leurs quartiers. Tout le monde était embarqué : les femmes, les enfants, les blessés », ajoute Aminata Tagni, chargée de suivi juridique au GADEM, association de défense des droits des migrants. « Quand on a compris que le bus ne nous emmenait pas au commissariat, mais que nous allions à Oujda, alors nous nous sommes énervés violemment. Il y avait des femmes enceintes et deux petites jumelles. La police et les militaires ont arrêté le bus, on est sorti, on se battait contre les militaires. Ils nous ont frappés et certains ont pu s’échapper », raconte Haïdara*. La jeune femme a profité de la bagarre pour s’enfuir avec d’autres. « Nous étions dans un petit village, on se savait pas où l’on était », explique-t-elle. Puis, ils ont pu héler un taxi et sont finalement revenus à Tanger.

Prévenus dès le début des rafles les associations ont pu intervenir dans certains cas. « Près de Fès, Nous avons fait descendre les femmes et les 3 mineurs de l’un des bus en provenance de Tanger et à destination d’Oujda », précise Saïd Tbel. De la même façon, un groupe de 14 Congolais et de Sénégalais, interpelé à Tanger a été emmené en bus banalisé en direction d’Oujda. « Ils nous ont frappés pour nous faire entrer dans le bus », indique Moussa*, l’un des Congolais. Pendant le trajet, les immigrés furieux se révoltent et des coups sont échangés avec les policiers. « Pendant la bagarre, sur l’autoroute au niveau d’Asilah, un policier est venu à côté d’un Congolais et l’a poussé, il est passé par la fenêtre et il est tombé sur la route alors que le bus roulait à pleine vitesse ! », raconte-t-il. Le conducteur ne voulait pas s’arrêté « mais on s’est mis à crier et un Sénégalais a glissé son pied sur le frein. Nous avons vu notre frère : du sang lui sortait des oreilles, des yeux de la bouche. »
Finalement, ce Congolais, 40 ans, père de deux enfants, détenteur d’une carte de résidence en règle, habitant à Rabat, est transporté à l’hôpital Mohammed V de Rabat en ambulance et ses compagnons prennent la fuite. Moussa et ses amis ont pu le voir aujourd’hui, dans un état critique aux soins intensifs mais ne sont pas sûrs de croire les médecins, ils pensent que l’homme est mort. Selon Moussa, il était venu à Tanger pour aider un ami malade et sans argent, il avait prévu de repartir à Rabat, hier, le jour du drame.

Représailles ?
« Nous ne savons pas encore pourquoi le ministère de l’Intérieur a subitement décidé cette vaste opération d’arrestation, mais il est facile de faire le lien avec les centaines de migrants Subsahariens qui ont tenté de franchir la frontière de Mélilia, en début de semaine », note Aminata Tagni. Hier, déjà, le secrétaire d’Etat espagnol à l’Intérieur, Francisco Martinez, a annoncé des investissements immédiats sur les frontières de Sebta et Mélilia pour résister aux tentatives de passages massives des migrants. Il a affirmé nécessaire « d'agir avec une grande prudence, en attaquant le phénomène de la traite des êtres humains en étroite coopération avec le Maroc. » Les rafles sont-elles la réponse par anticipation du Maroc à l’appel de l’Espagne à une collaboration toujours plus intense en la matière ?

« Nous souffrons trop. Il y a des gens qui sont en train de fuir Tanger, soupire Mohamadou. Je suis un père de famille, est-ce qu’ils vont me frapper comme un enfant ? Est-ce que je vais pleurer devant ma fille ? » « Nous acceptons que les migrants en situation irrégulière soient expulsés, mais pas de cette façon. Il faut respecter le droit : chacun d’eux doit passer devant le procureur qui prendra une décision. Il est impossible de les renvoyer à la frontière par bus entier », assure Saïd Tbel. 

« Nous acceptons que l’on fouille nos maisons. S’ils trouvent des moteurs, des rames ou des zodiacs, alors, oui, ils peuvent les emporter, mais ils ne peuvent pas nous voler notre argent, ils ne peuvent pas nous frapper. Les Marocains en Afrique Subsaharienne sont respectés ! », s’indigne Mohamadou.

* les noms ont été changés
 http://www.yabiladi.com/articles/details/18671/immigration-plusieurs-centaines-subsahariens-rafles.html

Yalla Maroc : permettre l’accès à l’eau

Par LNT le 2 Minutes

Yalla Maroc, jeune association spécialisée dans l’accès universel à l’eau au Maroc, vient de voir le jour. L’association est née suite à une première opération réalisée, durant le mois de juillet, en faveur des habitants de “Tajelt”, située à Iminetanout (province de Chichaoua & région de Marrakech Tensift El Haouz). 

 Motivés par le succès de cette opération qui a permis à 300 habitants de Tajelt d’avoir accès à l’eau, les fondateurs ont souhaité continuer sur cette voie. Ils comptent assurer le forage de 100 puits à l’horizon 2020. Motivée, Yalla-Maroc.com a procédé en juillet 2013 au forage d’un puits au profit des 300 habitants. L’association ambitionne de rendre l’eau accessible pour tous grâce à l’exploitation des ressources souterraines. «Pour rendre cet objectif du domaine du possible, nous devrons capitaliser sur l’élan de solidarité de nos concitoyens, des entreprises et de la coopération internationale», estiment les membres de l’association. L’intérêt pour l’eau est un choix stratégique pour la jeune association : « La ressource en eau constitue un enjeu transversal pour la santé, la protection de l’environnement, la sécurité alimentaire, l’éducation, l’énergie, le développement économique et l’aménagement du territoire». Ainsi, les populations des zones enclavées sont les premières concernées par l’aide de Yalla-maroc.com, qui veut mettre à la disposition de cette communauté ses compétences, ses expériences, ses réseaux et son engagement bénévole pour le forage de puits.

 A l’horizon 2020, l’équipe Yalla Maroc ambitionne de réussir le forage de 100 puits à travers les différentes régions du Maroc. Un objectif certes ambitieux, mais parfaitement réalisable selon les fondateurs. Le modèle économique de “Yalla Maroc” est basé sur : la levée de fonds auprès de bailleurs de fonds nationaux et internationaux, l’appel à la générosité du grand public, l’implication effective des populations des zones enclavées et les experts bénévoles. Pour la bonne gouvernance de l’opération 2020, toutes les transactions financières en termes de levée de fonds, de financement et de budgétisation des différents chantiers de “Yalla Maroc” seront soumis à un audit externe par un cabinet spécialisé et indépendant. Ainsi, dans une perspective de travail collaboratif, l’Association “Yalla Maroc” lance un appel à projets pour identifier les zones enclavées à travers le Maroc qui sont éligibles au forage de puits.   LNT

vendredi 26 juillet 2013

Tunisie : manifestations et accusations après l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi

par Le Monde.fr avec AFP et Reuters |



Capture d'écran de Mohamed Brahmi lors d'une interview avec Radio CAP FM en Tunisie.

Mohamed Brahmi, député de gauche et opposant, a été assassiné par balles, jeudi 25 juillet, devant son domicile dans le secteur d'Ariana à Tunis. D'après des témoins, M. Brahmi a été tué par deux hommes à moto devant chez lui alors qu'il descendait de sa voiture.

La chaîne de télévision Watanya a précisé qu'il avait reçu onze balles, tirées à bout portant. Des voisins évoquent plutôt 5 coups de feu. "Son corps a été criblé de balles devant son épouse et ses enfants", a déclaré, en pleurs, Mohsen Nabti, membre du bureau politique du Mouvement populaire, petit parti de gauche dont Brahmi était le fondateur.
Après l'annonce de sa mort, un cortège d'environ 500 personnes s'est spontanément constitué devant le siège de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) avant de rejoindre l'avenue Habib-Bourguiba, où se trouve le ministère de l'intérieur. Parmi eux, la veuve de Chokri Belaïd, autre opposant de gauche tué par balle en début d'année. Devant le ministère, la foule a scandé "Ministère de l'intérieur, ministère terroriste", selon le site d'information Nawaat.
Le correspondant de France 24, David Thomson, rapporte que de nombreuses personnes se sont également réunies devant l'hôpital où a été conduit le corps de Brahmi.
Selon Nawaat plusieurs personnalités étaient notamment présentes : Mohamed Jmour, du parti Watad, Mehdhi Ben Gharbia, de la coalition démocratique, le député Brahim Kassas, l'avocate Leila Ben Debba, l'avocate Saida Garrach et la syndicaliste Thouraya Krichen.
Le corps de l'homme politique a été sorti de l'hôpital, juché sur les épaules de manifestants et suivi par un long cortège jusqu'à la cité El-Ghazala, le quartier de la banlieue nord de Tunis où vivait M. Brahmi, au 10 rue de la réconciliation, selon Nawaat.

COLÈRE CONTRE LE PARTI ENNAHDA
Dans le même temps, les partis démocratiques se sont réunis à 17 heures au siège du Front populaire, qui a appelé à la désobéissance civile, à la chute du gouvernement, à la dissolution de l'Assemblée constituante, à la création d'un gouvernement de salut public et à la grève générale le jour de l'enterrement de M. Brahmi. L'UGTT a appelé à la grève générale pour la journée de vendredi 26 juillet.
Des manifestations ont également éclaté à Sidi Bouzid, ville natale de Brahmi, où des centaines de personnes ont laissé éclaté leur colère, avant de mettre le feu au siège local du parti islamiste Ennahda, selon un habitant cité par Reuters.
La famille de Mohamed Brahmi a accusé Ennahda d'être responsable du meurtre. "Notre famille avait le sentiment que Mohamed allait connaître le même sort que Chokri Belaïd", a déclaré en pleurs Chhiba Brahmi, la sœur du défunt.


L'avocate tunisienne Leila Ben Debba crie sa colère devant un hôpital de Tunis après l'annonce de la mort de Mohamed Brahmi, tué de onze balles devant son domicile, jeudi 25 juillet.
 
CHOKRI BELAÏD, ÉGALEMENT TUÉ DEVANT CHEZ LUI
Sous la dictature, Mohamed Brahmi militait dans le Mouvement des étudiants arabes progressistes et unionistes. En 2005, il crée, dans la clandestinité, le Mouvement unioniste nassériste. C'est après la chute du président Ben Ali qu'il crée le Mouvement du peuple, dont il a été écarté le 7 juillet en raison de son adhésion au Front populaire. Le député avait récemment créé le Mouvement populaire (Attayar Echaab), dont il était le coordinateur général.
Elu à l'Assemblée nationale constituante (ANC), Mohamed Brahmi, âgé de 58 ans, n'avait pas ménagé ses critiques envers le parti islamiste Ennahda au pouvoir. Le président de l'ANC, Mustapha Ben Djaafar, a déclaré que vendredi serait "un jour de deuil national".
L'assassinat de Mohamed Brahmi est le deuxième du genre en Tunisie depuis la chute de Ben Ali. En février,  Chokri Belaïd, critique virulent du parti islamiste Ennahda, avait également été tué par balle devant son domicile. Cet assassinat avait alors choqué et provoqué une profonde crise politique dans le pays, qui avait mené à la démission, à la fin de février, du gouvernement du premier ministre Hamadi Jebali.

LES ISLAMISTES DÉNONCENT "UN MEURTRE CONTRE L'ETAT TUNISIEN"
Le président de la République tunisienne a condamné cet assassinat, appelant les Tunisiens à "ne pas tomber dans le piège de la violence". Il souligne le fait que ce "crime [a été] réalisé le jour de l'anniversaire de la République", cinquante-six ans après la proclamation de la République tunisienne, le 25 juillet 1957.
François Hollande a condamné cet assassinat dans un communiqué "avec la plus grande fermeté", demandant que "la lumière soit faite au plus vite sur ce meurtre". Rached Ghannouchi, leader d'Ennahda appelé à la démission par les manifestants, a demandé publiquement "la mise en place d'une coalition nationale contre la violence".
"C'est un meurtre contre l'Etat tunisien et la démocratie. On cherche à travers ça à mettre la Tunisie dans l'instabilité et pousser les Tunisiens à s'accuser les uns et les autres. La révolution tunisienne était pacifique, on cherche à la rendre sanguinaire alors que nous sommes en train de finir la Constitution et de mettre en place les institutions qui vont mener le pays vers des élections libres."
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Déclaration du Conseil d'administration d'Attac-France

Mohamed Brahmi, militant Tunisien, élu député à l'Assemblée Constituante et membre dirigeant du Front Populaire a été assassiné ce jour.

Cet acte lâche, 5 mois après le meurtre d'un autre dirigeant du Front Populaire, Chokri Belaïd, s'attaque directement à celles et ceux qui oeuvrent pour la défense des libertés et des droits fondamentaux des Tunisien.ne.s, et ne peut avoir qu'un seul objectif : remettre en cause le processus de transition politique, en faisant le pari d'un durcissement du régime.

Attac France affirme son soutien à l'ensemble des forces démocratiques tunisiennes, qui luttent pour que la démocratie l'emporte contre la violence politique et les tentations autoritaires. 

Attac, le 25 juillet 2013

Tunisie - Pour un autre soulèvement... L'Autre Révolution !

Mohammed Belmaïziar Mohammed Belmaïzi, 25/7/2013




Gens de Tunisie, mes sincères condoléances pour la perte de Mohamed Brahimi, assassiné lâchement aujourd'hui par les barbares obscurantistes.

Peuple de Tunisie, ne laisse pas tes femmes (Amina est déjà en prison pour délit d'opinion) et tes hommes des Lumières partir l'un après l'autre. Hier c'était Chokri Belaïd, aujourd'hui c'est Mohamed Brahimi... et demain ce sera... Non je n'ose le croire!

Demain c'est l'insoumission, le Tammarroud pour faire dégager toute cette clique de criminels et instaurer un pays où il fera bon vivre. Un pays démocratique où l’État de Droit garantit la justice et la liberté.

Gens de Tunis, vous remettrez le pays à l'endroit. Notre solidarité et nos soutiens de partout!

Emel Mathlouthi - My Word is Free أمل مثلوثي - كلمتي حرة [Translated]
Tunisian girl signing a beautiful song while demonstration is going on in the back!

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Par Ali Fkir, 26/7/2013

  La dynamique qui s'est déclenchée dans le monde arabe ne peut et ne doit pas s'arrêter. Le processus connaîtra certes des hauts et des bas, quelques pas en arrières et plusieurs en avant, mais c'est un processus révolutionnaire à trend ascendant. Les masses populaires ne doivent en aucun laisser du "temps mort" qui profitera aux forces réactionnaires de bâtir des Etats théocratiques (islamistes) étouffants ou des Etats militaires tyranniques. 
Ce qui se passe en Tunisie et en Egypte est une référence pour les autres peuples. Pas de répit pour les forces réactionnaires , qu'elles soient religieuses ou militaires. L'erreur mortelle, c'est de laisser du temps aux forces réactionnaires de s'emparer des principaux rênes du pouvoir. L'Egypte et la Tunisie vivent la crise révolutionnaire telle qu'elle a été définie par Lénine, l'absence du "maestro" (le parti révolutionnaire), fait malheureusement défaut. C'est dans la rue, c'est dans le brasier des luttes, que le parti révolutionnaire se forge. Demander aux gens de ne pas sortir, de ne pas manifester est une pure bêtise.
Quant à nous autres Marocains, au lieu de cultiver de l'attentisme (avec des slogans biscornus tel celui de la monarchie parlementaire , des élections....), unissons nous, retroussons nos manches et avançons, coude à coude, contre le makhzen.
Pour nous autres progressistes marocains, notre ennemi est le makhzen, le représentant du bloc des classes dominantes. Les véritables opposants islamistes, sont des "concurrents", l'avenir est à celui qui bossera le mieux.