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samedi 21 septembre 2013

Plus de 50 organisations internationales demandent la libération d'Ali Anouzla




C'est un mouvement de soutien à l'échelle mondiale qui se développe en faveur de la libération d'Ali Anouzla après la publication par le réseau IFEX d'une pétition commune réunissant les signatures des plus grandes ONG et associations professionnelles internationales. 

Initiée jeudi en urgence par le «Committee to Protect Journalists» (CJP), la pétition commune de soutien pour demander la libération d'Ali Anouzla a été adressée à l'ensemble des organisations internationales membres du réseau IFEX (The Global network defending and promoting free expression). Certaines comme le "Commettee to Protect Journalists" (CPJ), Human Rights Watch (HRW) ou Reporters Sans Frontières (RSF) avaient déjà publié leur propre communiqué sur l'affaire.
Des Etats-Unis au Cambodge, en passant par la Norvège et la Tunisie, plus de 50 organisations internationales ont répondu à l'appel en 24h. Une mobilisation impressionnante par sa rapidité et l'unanimité des plus grandes organisations internationales (dont Freedom House, WAN-IFRA, Article 19, Pen International), pour apposer leur signature à ce texte commun qui rappelle aux autorités marocaines quelques standards internationaux en matière de respect de la liberté d'expression et de la presse.
«La restriction du droit à la liberté d'expression pour des raisons de sécurité nationale, y compris avec la législation anti-terroriste, doit rencontrer certaines conditions», expliquent notamment les signataires. Selon les principes de Johannesburg (1995) et le «three part test» développé par le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU, l'expression ne peut être considérée comme une menace à la sécurité nationale qu'à trois conditions : si le gouvernement peut démontrer que cette expression vise à inciter à la violence imminente ; qu'elle incite probablement à une telle violence ; et qu'il y a un lien clair et direct entre l'expression et la probabilité ou l'occurrence d'une telle violence.
Or, dans le cas d'Ali Anouzla, les organisations signataires estiment que la sécurité nationale est utilisée «comme prétexte pour imposer des limitations vagues ou arbitraires» à la liberté d'expression.
Après avoir rappelé le travail effectué par Ali Anouzla pour couvrir les abus et la corruption au Maroc depuis le lancement de Lakome en 2010, ainsi que les pressions qu'il a déjà subies, les organisations signataires demandent au gouvernement marocain sa libération immédiate. Elles demandent également à Rabat de laisser les médias participer au débat sur les sujets d'intérêt public qui touchent le Maroc.
Liste des signataires :
Africa Freedom of Information Centre
Aliansi Jurnalis Independen/Alliance of Independent Journalists
Arabic Network for Human Rights Information
ARTICLE 19
Association of Caribbean Media Workers
Bahrain Center for Human Rights
Cambodian Center for Human Rights
Canadian Journalists for Free Expression
Cartoonists Rights Network International
Center for Media Freedom and Responsibility
Committee to Protect Journalists
Egyptian Organization for Human Rights
Electronic Frontier Foundation
Espacio Público
Foundation for Press Freedom - FLIP
Freedom House
Globe International
Independent Journalism Center - Moldova
Index on Censorship
Initiative for Freedom of Expression - Turkey
Institute for the Studies on Free Flow of Information
Instituto Prensa y Sociedad de Venezuela
International Press Institute
International Publishers Association
Journaliste en danger
Maharat Foundation
Media, Entertainment and Arts Alliance
Media Rights Agenda
Norwegian PEN
Pacific Islands News Association
PEN International
Public Association "Journalists"
South East European Network for Professionalization of Media
West African Journalists Association
World Association of Newspapers and News Publishers
World Press Freedom Committee
International Media Support (IMS)
Adala (Justice) Association, Morocco
Centre for Law and Democracy (CLD)
Citizens Assembly, Morocco
Community Media Solutions
Free Press Unlimited
Front Line Defenders
Gulf Center for Human Rights (GCHR)
Media Legal Defence Initiative (MLDI)
Moroccan Association for Investigative Journalism
Nawaat.org
Regional Center for Training and Development of Civil Society, Sudan
Tunis Center for Press Freedom
Tunisian League to Defend Human Rights
Tunisian Association of Democratic Women
Vigilance Association for Democracy and the Civic State 


 http://fr.lakome.com/index.php/maroc/1378-plus-de-50-organisations-internationales-demandent-la-liberation-d-ali-anouzla

Au Maroc / On interdit, on punit, on emprisonne... !

Au Maroc / On interdit, on punit, on emprisonne... !

Mohammed Belmaïzi
20/09/2013


L’État marocain ne sait gouverner qu'à coup de revanche et de punition. Aucun projet d'édification. Aucune vision de l'avenir. Aucun contrat social. Nul respect pour la citoyenneté. Cet État se refuse à promouvoir le débat d'idée. Il bâillonne les forces de proposition. Il est instauré par la force et la violence.

Personne n'a élu le roi. Il est là, selon les thuriféraires du régime,  par la force de je ne sais quelle légitimité historique. Le gouvernement actuel est élu dans une fraude et manipulation sordides. La Constitution falsifiée et verrouillée. Les partis politiques officiels déshonorent la responsabilité et l'éthique. Ils ne savent que prosterner, remplir la panse et déféquer.

L'opinion piétinée et humiliée... Jusqu'au moment où le peuple crie haut et fort à la face du roi qui a cru gracier le pédophile Daniel selon son bon plaisir et à son irrévocable guise : Assez, Assez, Assez!!

C'est ainsi que le roi et sa clique ont été ébranlés et ont vacillé de leurs fauteuils mous et dodus...  La sacralité a perdu sa couronne dorée! Le roi est nu !

Alors il fallait reprendre le dessus et rétablir la puissance et le despotisme, ces gouvernails traditionnels de l’État marocain, qui ne connait que la coercition et la provocation.

Oui, l’État marocain provoque la société civile et invente des thématiques qu'il croit rendre vigueur, sacralité, stabilité à son pouvoir. Il crache et rugit contre l'affront qu'il a subi pour la bourde grâce du pédophile...

C'est ainsi que la victime expiatoire était toute désignée : le journaliste Ali Anouzla, que l’État de la coercition décide d'ajouter au nombre considérable de prisonniers militants qui combattent pour une société démocratique et pour un État de Droit.. où le mot "Citoyenneté" rime avec paix, dignité et prospérité.

La déliquescence de cet État n'est plus à prouver! Répondre du tac au tac pour enfoncer et ligoter la société civile, est une manœuvre sans avenir... C'est-à-dire que cette gouvernance entachée d'arrogance et pataugeant dans la mauvaise foi, est appelée logiquement à disparaître.

Car l'abolition du Makhzen despote est inscrite dans ses propres gênes !



Mobilisation au Maroc pour le journaliste Ali Anouzla


Blog Le Monde, 21/9/2013

Manifestation de soutien à Ali Anouzla, le 18 septembre à Casablanca. PHOTO : Chafik Arich/AFP

Peut-on parler d'Al-Qaida au Maroc sans fâcher ? Pour avoir rendu compte, comme d'autres média marocains et internationaux, dont Le Monde, d'une récente vidéo de propagande d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) qui cible le Maroc et le roi Mohammed VI, et renvoyer vers un lien sur ladite vidéo, Ali Anouzla, directeur de la version arabophone du site électronique d'information Lakome.com, risque gros.

Interpellé à son domicile par la police tôt le matin, mardi 17 septembre, sur instruction du procureur du roi auprès de la cour d'appel de Rabat, ce journaliste connu et respecté pour son indépendance a été, depuis, placé en garde à vue, son ordinateur portable saisi, ainsi que huit autres dans les locaux de Lakome. Amnesty International, Reporters sans Frontières et Human Rights Watch dénoncent cette arrestation, tandis que des journalistes et des responsables associatifs se mobilisent en organisant des sit-in de protestation au Maroc.
Les avocats d'Ali Anouzla, qui n'avaient toujours pas été autorisés à voir leur client jeudi, s'inquiètent de possibles poursuites engagées contre lui, notamment pour "apologie du terrorisme", dans le cadre des lois antiterroristes qui autorisent une garde à vue de quatre jours sans accès à ses conseils. Et, parmi les soutiens d'Ali Anouzla, nombreux sont ceux qui soupçonnent les autorités marocaines d'avoir vivement réagi en raison des écrits sans concession du journaliste, auteur, entre autre, d'un éditorial critique sur le "Danielgate", l'affaire du pédophile espagnol Daniel Galvàn, bénéficiaire cet été, avant que le roi ne revienne sur sa décision, d'une grâce royale.
Ancien directeur du quotidien Al-Jarida Al-Oula, Ali Anouzla avait été poursuivi en justice en 2009 pour un article jugé calomnieux sur la santé de Mohammed VI. Après l'arrêt de la parution du journal, il a cofondé en 2010 le site Lakome.com, dont il dirige la version arabophone.
Or la version francophone de Lakome, qui a publié les mêmes informations sur la vidéo d'AQMI, n'a pas été inquiétée. "On ne regrette pas d'avoir diffusé cette vidéo, nous l'avons décrite comme une vidéo de propagande et nous avons fait notre travail d'information, souligne Aboubakr Jamaï, son directeur. Et pour ma part, je n'ai même pas été contacté." "Quand les autorités confondent journalisme et soutien, elles font peur à tous les autres journalistes qui écrivent en toute légitimité sur de telles organisations", affirme Joe Stork, directeur pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord de Human Rights Watch.
Rabat a également annoncé son intention de poursuivre le site du quotidien espagnol El Pais pour avoir inséré la vidéo d'AQMI dans un article sur l'organisation djihadiste, lien vers lequel renvoyait Lakome.com.
Hasard du calendrier, le parquet de Paris a décidé pour la première fois, jeudi 19 septembre, d'ouvrir une information judiciaire pour "apologie d'actes de terrorisme" contre un Français converti accusé de propager les idées d'Al-Qaida sur Internet, "au nom de la nécessité impérieuse de lutter contre le djihad médiatique", selon les termes employés par le procureur de Paris. L'homme, âgé de 26 ans, était le traducteur d'Inspire, une revue créée en 2010 par Al-Qaida dans la péninsule Arabique, et gérait le site francophone Ansar Al-Haqq sous le pseudonyme d'Abou Siyad Al-Normandy.
On est donc bien loin d'Ali Anouzla et du site Lakome, sauf à vouloir introduire une confusion dangereuse entre journalisme et propagande.

 http://maghreb.blog.lemonde.fr/2013/09/19/mobilisation-au-maroc-pour-le-journaliste-ali-anouzla/

vendredi 20 septembre 2013

Point hebdomadaire n°34 spécial sur Ali Anouzla dans la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc





Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre




Nous nous attendions à ce que ce mois de septembre soit chaud en termes d’actualités juridiques et de procès politiques au Maroc, mais pas à ce point-là. Nous nous sommes inquiétés dans les deux points précédents de la multiplication de ces procès au cours de ce mois-ci. L’arrestation et le placement en garde-à-vue du journaliste Ali Anouzla, ce mardi 17 septembre, nous donnent malheureusement raison.

Ce point sera, en partie, consacré à cette arrestation car Ali Anouzla figurait déjà dans nos listes parmi les candidats (voir listes) au parrainage puisqu’il fait l’objet de poursuites judiciaires en état de liberté depuis sa convocation le 17 juin 2013 par le procureur du roi de Fès. Son procès initialement prévu pour le 26 juillet a été ajourné à la fin de ce mois de septembre. Dans cette affaire, on lui reproche d’avoir publié sur son site arabophone Lakome de fausses informations relatives à une rixe tribale ayant fait des victimes dans un quartier de Fès. Ali Anouzla qui, après vérification, a aussitôt retiré l’article incriminé, s’estime « victime d’une campagne de harcèlement et d’acharnement judiciaire ». Plus grave encore, le voici maintenant entre les mains de la brigade de la police judiciaire de Casablanca, chargée des affaires de terrorisme, après son arrestation sur ordre du parquet général à Rabat. Le communiqué du procureur général du roi près la Cour d’appel de Rabat ne laisse aucun doute sur la gravité de l’accusation portée à l’encontre d’Ali Anouzla. Aux yeux du parquet, il est coupable d’avoir publié une vidéo d’AQMI qui « comprend un appel clair et une incitation directe à commettre des actes terroristes dans la Royaume » et de ce fait il tombe sous la loi 03-03 dite antiterroriste, promulguée en 2003 après les attentats terroristes de Casablanca. Ses avocats qui n’étaient pas autorisés à le voir avant le 20 septembre s’inquiètent de le voir déjà condamné avant même son éventuel procès. Cette arrestation a soulevé une vague de protestation. Des rassemblements ont été organisés pour soutenir Ali Anouzla. Les ONG nationales et internationales des droits de l’Homme ont publié des communiqués protestant contre cette arrestation et demandant la libération immédiate du journaliste.

L’ASDHOM se joint à cet élan de solidarité et à ce mouvement de protestation et réclame la relaxe d’Ali Anouzla et l’arrêt de toutes les poursuites à son encontre. Elle réitère sa demande d’abrogation de la loi antiterroriste qui ne cesse de faire des victimes et qui bafoue tous les droits et les règles élémentaires de la défense.

L’ASDHOM rappelle qu’elle mène depuis novembre 2012 une campagne internationale de parrainage de prisonniers politiques incarcérés dans les geôles marocaines. Ali Anouzla figure dans nos listes depuis juin dernier avec l’affaire de Fès car nous considérons que les autorités marocaines veulent plutôt lui faire payer sa liberté d’opinion et le ton de ses articles critiques vis-à-vis d’elles. Ces listes ne comportent malheureusement pas que lui. Ils sont au nombre de 213, après la mise à jour faite la semaine dernière à l’occasion de la fête de l’Humanité (13-14-15 septembre 2013), répartis sur onze groupes. Nous continuons d’appeler à les parrainer et nous ne manquerons aucune occasion de le faire car, à nos yeux, c’est l’un des moyens concrets et efficaces pour les soutenir et maintenir la pression sur les autorités marocaines en vue de leur libération.

Cette campagne, parrainée par Gilles Perrault, a démarré avec 172 cas recensés le 17 novembre 2012. Certains (50) ont pu recouvrer leur liberté après avoir purgé leur peine, d’autres, plus nombreux (90 environ), sont soit arrêtés et emprisonnés, soit poursuivis en état de liberté. Ce point traitera, après celui d’Ali Anouzla, quelques groupes dont l’ASDHOM a reçu des éléments d’information.



Groupe UNEM-Meknès : Ce groupe, composé de sept militants de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM) dont cinq sont incarcérés depuis décembre 2012 à la prison Toulal 2 de Meknès, va être enfin traduit devant un tribunal le 23 septembre 2013. Les cinq prisonniers politiques Hassan Ahmouch, Soufiane Sghéri, Mohamed Eloualki, Hassan Koukou et Mounir Aït Khafou avaient entamé une grève de la faim à partir du 11 mars pour réclamer l’amélioration de leurs conditions carcérales et la tenue de leur procès dans les meilleurs délais. L’Administration avait répondu favorablement en partie à leurs doléances ce qui les a poussés à suspendre momentanément après 105 jours leur grève de la faim en juillet dernier. Mais en ce début du mois de septembre, l’administration est revenue sur tous leurs acquis (visite, soins, étude, hygiène, etc.), c’est alors que trois d’entre eux (Hassan Ahmouch, Soufiane Sghéri et Mohamed Eloualki) ont décidé de reprendre leur grève de la faim à compter du 4 septembre 2013.



Groupe UNEM-Fès : Une vague d’arrestation (déjà signalée au point n°24) avait été opérée au sein des militant-e-s de l’UNEM après un mouvement de protestation au campus Dhar El-Mahraz à Fès à partir du 15 avril 2013. Vingt-deux militant-e-s dont deux femmes ont été arrêté-e-s. Certains ont déjà été jugés à quelques mois de prison ferme, d’autres, dix au total, attendent toujours d’être fixés sur leur sort. Il s’agit de Oussama Zantar, Rida Derkaoui, Moussa Sammouni, Salah Eddine Chafik, Mimoun Ben Ziza, Mohamed Ghalout, Mohamed Boujnah, Jaber Rouijel, Omar Taybi et Abdennabi Chaoul. Pour réclamer de meilleurs conditions (visites, soins médicaux, nourriture, études, etc.) et sinon leur libération, du moins la tenue rapide sans aucun report de leur procès qu’ils veulent ouvert à leurs familles et leurs camarades étudiants, ils entament une grève de la faim de 25 jours à partir du 17 septembre 2013. Dans un communiqué publié à l’occasion, ils menacent de continuer ce mouvement sous d’autres formes au-delà des 25 jours si les autorités marocaines ne répondent pas favorablement à leurs revendications.



Groupe Liberté d’expression, liberté de la presse, avocats (nouveau) : Comme nous l’avons annoncé au point n° 32, aujourd’hui, 20 septembre, s’ouvre à Casablanca le procès de l’avocat Me Mohamed El-Massaoudi. Ce dernier est membre de la section AMDH de Casablanca. Il est surtout connu pour avoir toujours défendu les prisonniers politiques. La justice lui reproche « le manque de respect dû aux magistrats et perturbation du déroulement de l’audience » lorsqu’il s’est mis, par manque de place, près du procureur du roi lors d’un procès tenu en 2011 pour défendre un groupe de prisonniers politiques sahraouis. La section de l’AMDH à Casablanca a appelé à un rassemblement devant le tribunal pour lui apporter son soutien.



Groupe 20-Février : Nabil El-Yasmini, jeune militant du mouvement 20-Février à Kenitra, avait été arrêté et relâché la nuit de la manifestation organisée le vendredi 2 août 2013 à Rabat, contre la grâce royale accordée au pédophile récidiviste, l’espagnol Daniel Galvan. Grâce retirée depuis, après la pression de la rue. Nabil El-Yasmini continue d’être inquiété par rapport à sa participation à cette vague de protestation. Il a reçu lundi 16 septembre une convocation de la police judiciaire de Rabat qui entend approfondir son enquête dans le cadre de cette affaire.

Mohamed Adli, un autre jeune du même mouvement et ancien prisonnier politique, a, quant à lui, été mis en prison à Ain Kadous de Fès sous le numéro d’écrou 84871 après avoir été enlevé de son lieu de travail pendant les vacances (voir point n° 32). Il attend toujours son procès.



Groupe Sahraouis : L’étudiant sahraoui Ali Abdedayem, 24 ans, arrêté le 4 septembre 2013 à Guelmim et transféré à la prison locale Salé 1 en attendant son procès, entame une grève de la faim à partir du 13 septembre 2013. Il proteste contre ses conditions de détention déplorables et demande à rejoindre la cellule où se trouvent ses camarades étudiants.               

Quinze autres prisonniers politiques sahraouis, incarcérés à la prison locale d’Aït Melloul, ont entamé le 9 septembre une grève de la faim de 48 heures pour se solidariser avec un codétenu politique, Issa Bouda, qui mène une grève ouverte de la faim depuis le 27 août 2013. Celui-ci dénonce les tortures qu’il a subies et son transfert forcé de la cellule où il était avec son camarade Cheik Amaïdan. L’état de santé d’Issa Bouda s’est sérieusement détérioré et sa famille demande l’intervention urgente de l’administration pénitentiaire pour éviter tout drame dont elle serait la seule responsable.

Pour ne pas allonger encore plus ce point hebdomadaire, déjà chargé, nous reviendrons dans les prochains sur plusieurs arrestations et procès dont étaient victimes des citoyens sahraouis depuis avril 2013 en lien avec les manifestations relatives à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui a prolongé le mandat de la MINURSO sans l’étendre à l’observation des droits de l’Homme dans la région.



Une seule chose sur laquelle nous insistons pour finir ce point : Mobilisons-nous encore plus pour pouvoir parrainer toutes celles et tous ceux qui sont sur les listes du parrainage. Nous avons du pain sur la planche et les événements récents ne nous rassurent pas. Alors faisons de cet acte de parrainage un devoir moral auquel nul démocrate ne doit se dérober comme l’a souligné Gilles Perrault au lancement de cette campagne internationale.

Vous trouverez tout ce qu’il faut pour accomplir cet acte valeureux sur le site de l’ASDHOM (rubrique Campagne de parrainage).



Le bureau exécutif de l’ASDHOM

Paris, le vendredi 20 septembre 2013   

  




Affaire Anouzla : Le procureur général espagnol refuse d'ouvrir une enquête contre El País


Le procureur général de l’Etat espagnol a refusé l’ouverture d’une enquête contre le journal El Pais après la diffusion en version arabophone de la vidéo d’Aqmi menaçant le Maroc, a-t-on appris d’Alifpost. « Les conditions d’une accusation ne sont pas encore réunies », d’après le procureur qui attendra ce que le Maroc présentera comme preuve.

« Les lois espagnoles contre le terrorisme sont très sophistiquées en raison de la présence de groupes terroristes comme l’ETA  et des attentats de Madrid de 2004 », a-t-il indiqué. « L'article 578 du droit pénal sur l'incitation au terrorisme ne s’appliquera pas à l'El Pais et aux autres médias parce que le lien d'Al Qaïda ne constitue pas un délit d'incitation au terrorisme », précise la même source. « La décision de la justice espagnole sur ce sujet a été prise depuis que les experts ont discuté de la couverture par les médias des propagandes des terroristes de l’ETA ».

« L’ouverture d’une enquête contre El Pais serait donc la source d’autres procédures contre plusieurs médias espagnols », a-t-il précisé. Toutefois, la requête du Maroc serait étudiée dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux pays, mais le dossier devrait être rapidement clos en l’absence d’éléments incitant au crime.

http://www.yabiladi.com/articles/details/19767/affaire-anouzla-procureur-general-espagnol.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

Affaire Anouzla : Après quatre jours, la défense s’est réunie avec le journaliste


Après l’Istiqlal, le RNI et le MP qui ont salué, en chœur, l’arrestation de Ali Anouzla, voilà qu’ils sont rejoints par les anciens communistes du PPS de Nabil Benabdellah. Il ne manque à la chorale que le PJD. Aujourd'hui, la défense a pu, enfin, se réunir avec le journaliste.
Le bureau politique du PPS a réservé une partie de sa réunion, de la soirée de mercredi dernier, à l’interpellation de Ali Anouzla. Sans surprise, les camarades de Benabdellah ont exprimé leur « ferme refus à la diffusion de la vidéo » d’Aqmi consacrée au roi Mohammed VI. Ils la considèrent comme une « incitation claire et directe au terrorisme, visant la sécurité de la patrie, sa stabilité et portant atteinte aux intérêts de notre pays et de notre peuple », comme l’indique le communiqué du bureau politique du PPS. Le parti du Livre estime que l’arrestation du directeur de Lakome « n’a aucun lien avec la liberté d’expression, laquelle doit être exercée dans le respect des normes de la loi et la déontologie de la profession », précise la même source.

Silence au PJD mais Ramid et El Khalfi ont parlé à sa place
En déclinant officiellement sa position, force est de constater que toutes les formations de la majorité sont sur la même longueur d’onde sur cette affaire. Il ne manque que le PJD pour compléter la chorale. A moins de considérer l’arrestation, elle-même, d’Anouzla, comme une bénédiction de cet acte par le parti de la Lampe. Sachant que le ministère public est encore sous l’autorité de Mustapha Ramid.
De son côté, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi a indiqué, dans une réponse écrite au quotidien Le Monde, que la vidéo d'AQMI « traduit une incitation claire à la violence et à la perpétration d'actes terroristes condamnés et refusés par toutes les composantes de la société marocaine » et « une tentative d'atteinte au modèle marocain ». Mais cette interpellation d’Anouzla a été condamné par certaines figures du PJD, c’est le cas notamment des députés Abdelaziz Aftati et Abdessamad Idrissi.

Après quatre jours, la défense a pu rencontrer Ali Anouzla
Aujourd’hui, les avocats ont pu se réunir, au siège de la Brigade nationale de police judiciaire à Casablanca, avec Ali Anouzla. Me Abderrahmane Ben Ameur a déclaré au site Lakome que « l’entrevue a duré une trentaine de minutes », ajoutant que demain se décidera si « la garde à vue se prolongerait de 96 heures supplémentaires ou non ».
De son côté, Naïma Kellaf, également membre à la défense, a confié à Lakome que Ali Anouzla « est bien et salue tous ceux qui se sont solidarisés avec lui ». C’est la première rencontre entre le journaliste et ses avocats.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/19757/affaire-anouzla-apres-quatre-jours.html

Par Thomas CLUZEL


Depuis deux jours, l'opinion publique marocaine est chamboulée par l'arrestation d'un journaliste de renom, Ali Anouzla, directeur du site d'information LAKOME, dans sa version arabophone. Ce dernier est accusé d’apologie du terrorisme, après avoir publié sur son site la vidéo d'un groupe terroriste d'AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique), contenant des menaces contre le Maroc et des incitations à y commettre des actes terroristes.
  
Aussitôt, précise le portail d'information AU FAIT MAROC, associations des droits de l’Homme, journalistes et citoyens lambda ont unanimement condamné cette arrestation. Tous expriment leur solidarité avec le journaliste et se disent inquiets quant à cette nouvelle tentative de l'Etat de frapper de plein fouet la presse indépendante, soucieux également de la confiscation de la voix et des plumes libres qui représente une restriction de la liberté d'expression. Seulement voilà, alors que les voix de ceux qui appellent à libérer Ali Anouzla ne cessent de s'accroître, précise l'article, nos partis politiques, eux, sont clairement dans le camp opposé. Et ils enfoncent même le clou, en accusant sur un ton virulent Ali Anouzla d’être au service de l'ennemi ou encore d’incitation au terrorisme.

Il faut dire que le film incriminé est clairement un contenu de communication marketing de la cellule terroriste, incitant les Marocains à renverser la monarchie et à s’engager dans le jihad. En clair, afficher une telle vidéo reviendrait finalement à distribuer des centaines de milliers de tracts, appelant au jihad guerrier contre l’Occident, à la destruction de la monarchie, de la bourgeoisie marocaine et de tous ceux qui s’opposent à l’application de la charia.


Dès lors, la question qui se pose est celle-ci : peut-on en parler pour informer le public et faire notre travail de journaliste, sans pour autant transformer nos médias en tribunes au service des terroristes ? Pour sa défense, le site LAKOME rappelle ce matin que dès le départ, il a pris soin de préciser qu'il s'agissait là d'une vidéo de propagande et qu'à aucun moment, bien entendu, il n'avait pris partie pour les terroristes. Et d'ailleurs, dit-il, le fait même de diffuser une vidéo d'AQMI est une pratique constatée couramment dans les médias internationaux.
 
Autrement dit, avec ce raisonnement, les locaux d’Al Jazeera devraient être saisis, les journalistes de la BBC arrêtés et le directeur de CNN limogé. Tous ces médias ont diffusé à plusieurs occasions des messages et enregistrements émanant d’Al Qaïda ou d’autres organisations terroristes. Car informer n’a jamais été synonyme de galvanisation et d’incitation au terrorisme, sauf, sauf visiblement au plus beau pays du monde, comprenez : le Maroc.
 
Et c'est d'ailleurs encore le cas aujourd'hui, puisque le site américain, Site Intelligence Group, qui publie, chaque jour, des dizaines de communiqués et de vidéos émanant de jihadistes radicaux, vient à son tour de publier sur sa principale page, la vidéo d’AQMI, celle là même qui a valu au journaliste Ali Anouzla une arrestation fulgurante et son incarcération sous le coup de la loi anti-terroriste. Idem pour le quotidien madrilène EL PAIS. Au point, d'ailleurs, que pour faire bonne figure, peut-on lire sur le site DEMAIN ONLINE, le ministre marocain de l’injustice et du peu de libertés a décidé de poursuivre en justice le quotidien espagnol. Et maintenant, que va-t-il faire interroge le journaliste ? Va-t-il également appeler son homologue américain ? Et pourquoi pas aussi donner un petit coup de fil à sa collègue française, Christiane Taubira, puisque le site français Dailymotion n’a pas censuré la vidéo d’AQMI ?

Certainement pas, car comme le précise toujours l'article, si le ministre marocain insiste à poursuivre aujourd'hui uniquement EL PAIS, c’est parce que les autorités en veulent au correspondant de ce journal au Maghreb, bête noire du régime marocain. Et c'est d'ailleurs aussi la raison pour laquelle Ali Anouzla, journaliste jugé trop irrévérencieux et incontrôlable a été arrêté. Cette affaire est une manipulation sournoise pour le faire taire, éclipser le site d’informations LAKOME et aviser les autres journalistes qui oseraient s’attaquer au vrai centre du pouvoir : la monarchie.

Il est clair, écrit encore ce matin LE QUOTIDIEN D'ORAN, que la justice marocaine, sur ordre, a trouvé là un prétexte pour s'attaquer au directeur d'un site indépendant, qui tranche avec la flagornerie ambiante de la presse marocaine. Et d'ajouter, Ali Anouzla est devenu une bête noire du pouvoir parce qu'il ne s'interdit aucun sujet, pas même «l'absentéisme» du roi. Autrement dit, il est clair que ce journaliste engagé pour la démocratisation de son pays était dans le collimateur du Palais. Tout comme l'a été et l'est toujours d'ailleurs son homologue Aboubakr Jamaï, dont on a fermé le Journal Hebdo.
 
Et le site LAKOME d'en conclure ce matin : oui, Anouzla est un terroriste. Un terroriste qui puise sa plume dans l’encrier de la dignité, pour dénoncer le vrai terrorisme pratiqué par l’Etat à l’égard de ses « sujets ». Appauvrir les marocains, les distraire avec des politicards, dilapider leurs deniers publics et mener des politiques désastreuses tout au long des dernières années. C’est cela le terrorisme. Bref, libérez Ali.

Maroc : Ali Anouzla, un journaliste qui dérange



Ali Anouzla, directeur de la version arabophone de Lakome.  
Ali Anouzla, directeur de la version arabophone de Lakome. © DR
 
Ali Anouzla, le directeur de la version arabophone du site d'information Lakome, est en garde à vue depuis le 17 septembre pour avoir diffusé une vidéo d'Aqmi. Ce journaliste, qui a révélé plusieurs affaires sensibles par le passé, a déjà eu maille à partir avec les autorités marocaines.
Mardi 17 septembre, au petit matin, Ali Anouzla est à son domicile de Rabat. Une vingtaine de policiers en civil débarquent, saisissent ordinateur, livres et documents et emmènent le directeur de la version arabophone de Lakome dans les locaux du site d'information. Sur place, les forces de l'ordre confisquent les disques durs des autres journalistes. Ali Anouzla, lui, est conduit au siège de la police judiciaire à Casablanca. Il y est placé en garde en vue, sur ordre du procureur général du roi qui avait auparavant annoncé, dans un communiqué, qu'un mandat d'arrêt avait été lancé à l'encontre du "responsable" de Lakome "suite à la diffusion par le journal électronique d'une vidéo attribuée à Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique, NDLR), comprenant un appel clair et une incitation directe à commettre des actes terroristes" au Maroc.
Intitulée "Maroc : le royaume de la corruption et du despotisme", cette vidéo de 41 minutes avait été relayée le week-end précédent par Lakome. À travers un lien dans un article sur la version arabophone, et directement sur le site pour la version francophone. Dans les deux cas, la rédaction avait pris soin de mentionner qu'il s'agissait d'un document de propagande jihadiste.
Poursuivi dans le cadre de la loi antiterroriste, Ali Anouzla a été placé en garde en vue pour 96 heures, reconductible deux fois. Son avocate, Me Naïma Elgallaf, nous a indiqué que le procureur l’avait autorisée à rencontrer son client vendredi matin, "pour une durée maximale de trente minutes".

Daniel Gate
À 49 ans, ce journaliste n'en est pas à son premier accroc avec les autorités marocaines. Au fil des ans et des rédactions par lesquelles il est passé – bureau marocain d'Al Sharq al Awsat, Al Massar, Al Jarida al Oula… -, il a révélé plusieurs informations sensibles. Certains articles, notamment sur le Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH) en 2008 ou la santé du roi Mohammed VI en 2009, lui ont valu des procès ou des auditions policières.
"Il a des sources très bien informées au sommet de l'État, dans l'entourage du roi", décrit Ahmed Najim, rédacteur en chef du site d'information Goud.ma, qui a longtemps travaillé avec lui. Décrit par ses proches comme un homme calme, Anouzla est originaire de Guelmim, au Sahara. Un profil qui lui vaut d'être régulièrement taxé de porte-parole du Front Polisario par ses adversaires.
Fin 2010, le journaliste lance Lakome. En plein Printemps arabe, son ambition est de créer un site d'informations indépendant et engagé au Maroc. D'abord arabophone, Lakome se double un an plus tard d'une version francophone, aujourd'hui dirigée par Aboubakr Jamaï, un ancien du Journal Hebdomadaire
"Ali a commis une erreur avec cette histoire d'Aqmi, parce que la loi antiterroriste est très claire dans ce genre de cas, analyse Ahmed Najim. Mais s'il a été interpellé, ce n'est pas uniquement à cause de cette vidéo..." Début août, Lakome s'était notamment distingué en révélant le "Daniel Gate", l'affaire du pédophile espagnol Daniel Galván, gracié par erreur par le roi Mohammed VI. Un scoop signé Ali Anouzla, qui avait suscité une telle polémique autour du palais royal que la grâce avait été annulée et le pédophile à nouveau arrêté.
 http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130919165724/maroc-medias-terrorisme-aqmimaroc-ali-anouzla-un-journaliste-qui-derange.html
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Demain, nous irons en pèlerinage, sur la terre des ancêtres de Ali Anouzla !

Demain, nous irons en pèlerinage, sur la terre des ancêtres de Ali Anouzla !

Mardi 17 septembre 2013 restera gravé dans nos mémoires, comme un autre jour, frappé du sceau de l’infamie.
 L’arrestation de notre confrère Ali Anouzla, au saut du lit, par une escouade d’agents de la brigade anti-terroriste, la perquisition de son domicile, puis des bureaux de LAKOME et  la saisie des unités centrales de notre journal, confirment bien que le régime marocain refuse obstinément de se départir de ses méthodes de répression des libertés, contrairement à ce qu’osent encore affirmer ses défenseurs.
Si d’aventure, on devait ne retenir qu’une seule image de cette énième exaction, commise à l’encontre d’un seul homme, ce serait bien celle de son transfert, dans les locaux de la brigade de police judiciaire de Casablanca, supposée protéger les honnêtes gens, contre les criminels de tous bords. Un mélange des genres, insupportable qui distille l’idée puante que les monstres et les démocrates seraient apparentés et que la protection de la société passe inexorablement par celle de la tyrannie.
Et de savoir Ali « entrepris » par les mêmes tortionnaires ayant sévi, durant les années de plomb, gardé à vue, dans ces locaux qui ont vu torturer tant de nos démocrates ou encore de l’imaginer couché sur ce même bat-flanc, infectés du sang, des larmes, des soupirs et de l’agonie de tant d’entre eux, conforte le sentiment que nous vivons bien sous la même tyrannie qu’hier. Un «  Tyrannistan » qui puise ses racines dans la protection des bourreaux et des assassins et l’impunité des corrompus et des prédateurs, émargeant au trésor public et aux richesses de notre pays.
Ali paie aujourd’hui le prix de son courage. Un courage exceptionnel. Physique d’abord, avant d’être intellectuel. L’homme avait choisi d’exercer son métier, à un jet de pierre de la préfecture de police de Rabat, prenant ses repas, dans les mêmes cafés où se restaurait le gotha de la maréchaussée. Il avait catégoriquement refusé que l’on ébruite, dans la presse étrangère, ou auprès des instances internationales de protection des journalistes ou des droits de l’homme, les assiduités dont il faisait l’objet de la part du régime et de sa justice aux ordres. En patriote sincère, Il considérait tout cela comme affaire domestique et par pudeur ou modestie, comme affaires strictement personnelles. Çà ne s’invente pas.
Il paie au prix fort ses articles où l’intelligence le dispute à la pertinence et à la clairvoyance politiques. Les adeptes de la servitude volontaire et les inconditionnels de la sacralité ne lui ont jamais pardonné l’évocation pêle-mêle et chaque fois que l’actualité l’exigeait, du Sahara, du train de vie de la monarchie, de l’absentéisme royal, du « DanielGate », de la prétendue nouvelle constitution,  de la trahison des élites et de tous ces autres sujets que les tyrans rêvent de passer sous silence.
Imputer à Ali l’apologie du terrorisme relève de la même aberration que si les Etats-Unis s’en étaient pris à CNN, pour une improbable complicité, dans les attentats aériens des « Twin Towers », parce que la chaîne avait diffusé les vidéos de Ben Laden ou si la France avaient poursuivi France24, BFMTV ou d’autres, pour leur implication dans l’invasion du Mali par les islamistes et les exactions criminelles qui ont suivi, parce qu’elles avaient diffusé les cassettes vidéos des terroristes appelant au Jihad.
Aux dernières nouvelles, le Maroc qui n’en finit plus de se ridiculiser, compte poursuivre le journal espagnol « El Pais »,  pour diffusion de la même vidéo qui doit à Ali son emprisonnement. Preuve supplémentaire que le pays est devenu fou, livré aux mains de gouvernants qui, non contents de s’illustrer par leur incompétence désormais proverbiale, ont pour projet immédiat, de dilapider les deniers publics, comme ils ont pris le pli de le faire, en procédures pénales, avec le risque assuré d’essuyer un nouveau camouflet, qui nous couvrirait de ridicule et d’opprobre aux yeux de la communauté internationale et particulièrement de l’Espagne. Un voisin, dont je rappelle que nous avons éclaboussé son chef de l’Etat,  il y a quelques semaines, lorsque nous avions, par excès de zèle et d’obséquiosité envers ce dernier, qui n’en demandait pas tant, libéré un dangereux pédophile et plusieurs autres criminels espagnols ! Il s’en est fallu de peu que Juan Carlos ne les ramène à Madrid, dans son propre avion. Il s’en est fallu de peu également que Daniel Galvan, le pédophile en question gracié par Mohammed VI, n’échappe définitivement à la justice, si Lakome n’avait donné l’alerte.
Et dans l’aveuglement et le suivisme général qui caractérise tant nos institutions, Il ne s’est pas trouvé un seul juriste compétent, ou une seule voix discordante, pour attirer l’attention des responsables marocains qui comptent s’attaquer au journal espagnol, sur cette jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, datée du 2 octobre 2008, qui a libéré un certain Denis LEROY, caricaturiste occasionnel du journal politique de gauche « Ekaitza », et anti-américaniste confirmé, de l’accusation de complicité d’apologie du terrorisme. Une affaire qui avait commencé par un dessin de l’intéressé, le 11 septembre 2001, sur les attentats terroristes qui ont endeuillé la ville de New-York,  et qui se concluait par ces mots : « Nous en avons tous rêvé……..le Hamas l’a fait ».
Condamné une première fois le 8 janvier 2002, par le tribunal correctionnel de Bayonne, l’homme fut condamné à 1 500 euros et aux frais de procédure, assortis de la contrainte par corps, jugement confirmé, le 22 septembre 2002, par la cour d’appel de Pau. La cour de cassation ayant opposé une fin de non-recevoir, le caricaturiste s’était, alors, adressé à la Cour européenne, qui l’a libéré des charges qui pesaient sur lui.  Dans sa requête, le dessinateur dont le moins que l’on puisse dire est qu’il avait tout de même applaudi à un acte terroriste qui avait coûté environ trois mille morts,  alléguait entre autres affirmations que sa condamnation pour complicité d’apologie du terrorisme, portait atteinte à sa liberté d’expression  et d’opinion garantie par les articles 9 et 10 de la Convention et se plaignait de n’avoir pas eu droit à un procès équitable, devant la Cour de Cassation, en violation de l’article 6, alinéas 1 de la Convention.
Au Maroc, on est bien loin de cette conception des Droits de l’homme et l’histoire nous dira si notre pays osera pousser le ridicule, jusqu’à traîner en justice les autres médias internationaux qui ont osé publier la vidéo d’AQMI et les millions d’Anouzla que nous sommes qui avons osé la partager. Plus rien n’étonne, venant de Rabat !
Et puisque le parquet semble tout particulièrement exceller dans la célérité à s’en prendre à un journaliste dans l’exercice de ses fonctions et à communiquer à ce sujet, peut-être serait-il enfin, disposé à nous informer sur la suite qu’il a cru devoir donner  à l’enquête sur les « Cinq carbonisés d’Al Hoceïma »,  Jamal Salmi, Nabil Jaafar, Jaouad Benkaddour, Sami El Bouazzaoui, Imad Oulkadi ? Cinq jeunes gens dont tout porte à croire qu’ils ont été torturés à mort, avant d’être jetés dans les flammes. Tout comme on livre à l’incinérateur des chiens enragés, après les avoir euthanasiés.
Peut-être le Procureur du roi consentirait-il également, à déférer devant les tribunaux, les assassins présumés des autres militants du « Mouvement du Vingt-février », Karim Chaib, Kamal Ammari, Mohamed Boudouroua et Kamal Hussaini et nous expliquer pour quelles obscures raisons, le Conseil des Oulémas, continue d’échapper à ce jour,  à toutes poursuites judiciaires, après sa fatwa, appelant à tuer les apostats et pourquoi Mustapha Ramid, représentant d’un parti islamiste au pouvoir, continue d’occuper le portefeuille de la Justice et des libertés, après avoir qualifié de lieu de débauche universellement réputé, la ville de Marrakech, risquant de livrer celle-ci à la vindicte éventuelle de quelques illuminés ou quelques obscurantistes ?
Autant de dysfonctionnements et d’injustices qui n’ont guère dissuadé les suppôts de l’indéfendable d’enfoncer une porte ouverte en s’en prenant à Ali, aux première heures de son arrestation. Cruauté supplémentaire inutile et chargée des relents pestilentiels de lâcheté. Elle sonne comme l’hallali, précédant la curée. S’acharner sur un homme à terre, particulièrement lorsque ce dernier est innocent  n’a jamais grandi personne. Mais rien qui étonne pour un pays dont les élites, à quelques rares exceptions près, ont préféré rendre les armes à la dictature  et lui apporter aide et assistance, plutôt qu’aider les leurs à construire la démocratie dont ils rêvent. Après la gauche, les islamistes de Sa majesté, oubliant ces promesses de lutter contre la corruption et la tyrannie qui les avaient propulsés au pouvoir s’improvisent, à leur tour,  bras séculier de la tyrannie, pour réduire au silence les voix discordantes de la liberté. Ali est assurément l’une d’entre elles. Je me souviens avoir évoqué avec lui et les autres, cette poignée d’amoureux de la liberté que sont les journalistes de Lakome, cet instant dont nous avions, tous, la quasi certitude qu’il arriverait.
-       « 3adia ! Rien que de plus normal ! » Avait-il répondu, avant d’ajouter, dans ce merveilleux sourire qui illumine si bien son visage et fait rire ses grands yeux noirs:
-       «  De tout ce que la tyrannie continue de m’infliger,  je ne retiens qu’une seule chose, le cadeau qu’elle m’a offert, de vous avoir rencontrés ! »
Mon Ami, mon merveilleux Ami, Ali, le plus beau des cadeaux,  serait que tu puisses un jour, vivre libre et en paix, dans ce pays que tu chéris par-dessus tout. Ce jour-là, ensemble, nous pourrons, enfin, dans la sérénité retrouvée, accomplir ensemble, ce pèlerinage que tu m’as promis, sur la terre de tes ancêtres ! Ce sera sans doute, l’une des rares fois, où j’accepterai, avec un plaisir non dissimulé, de me laisser conduire là où,  je n’ai pas, moi-même, choisi d’aller !

Ramid va-t-il faire arrêter le journaliste espagnol Ignacio Cembrero au Maroc ?


Par demainonline, 20/9/2013

 Ignacio Cembrero (Photo DR)Le ministre marocain de l’injustice et du peu de libertés, El Mostafa Ramid, va-t-il ordonner à la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ), dont il est le patron, l’arrestation du journaliste espagnol Ignacio Cembrero, correspondant pour le Maghreb du quotidien espagnol El Pais ?

Selon des sources dignes de foi, Cembrero devrait arriver aujourd’hui à l’aéroport de Casablanca. Il doit participer demain, 21 septembre 2013, à un colloque organisé par l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI), qui se tiendra à l’hôtel Ibis-Agdal de Rabat.
Pour rappel, Ignacio Cembrero est poursuivi pénalement en Espagne par le gouvernement marocain pour avoir diffusé sur son blog du quotidien El Pais une vidéo d’AQMI. Le gouvernement islamiste d’Abdelilah Benkirane (en fait ceux qui le manipulent…), considère que cette vidéo est « un appel clair et une incitation directe à commettre des actes terroristes » au Maroc.
Le journaliste Ali Anouzla, directeur du site arabophone Lakome, est en prison depuis mardi dernier, pour avoir publié un lien vers l’article de Cembrero. Il est sous le coup de la loi anti-terroriste.

Demain
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=27371
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 Par Mustapha Adib fb
L'heure de vérité devrait sonner aujourd'hui: Le ministre (volontaire rappelons le) des injustices Monsieur Ramid va-t-il faire arrêter le journaliste espagnol Ignacio Cembrero qui arriverait aujourd'hui au Maroc ?
Si on suit le raisonnement irrationnel du parquet de Sa Majetski M6, les publications sur internet ne devraient pas répondre au critère de la territorialité. C'est à dire que ce sont des crimes qui peuvent être poursuivis partout où les publications faites sur Internet sont accessibles.
Comme ce qu'a publié le journaliste Ignacio Cembrero, a été accessible au Maroc, il faudrait l'auditionner comme l'ont fait au journaliste marocain Ali Anouzla non?
On t'apportera des oranges Monsieur Ignacio Cembrero au cas où ce gouvernement pèterait les plombs

AMDH Belgique : Ce samedi, marche pour réclamer la libération du journaliste Ali ANOUZLA



  • L’Association Marocaine des Droits Humains section de Belgique (AMDH-Belgique) 

     appelle à une marche 
     pour réclamer  
    la libération du journaliste Ali ANOUZLA 
    directeur du site d’information Lakome.com, arrêté ce mardi 17 septembre, 
    et tous les prisonniers politiques au Maroc,
     ce samedi 21 septembre
    à ManiFiesta qui se tient au Centre Staf Versluys – Kapelstraat, 76 – 8450 Bredene, 
    (À 4 km d’Ostende- Belgique).
    Le départ sera donné à 15h30 à partir du stand de l’AMDH-Belgique. 

     Et nous sillonnerons les ruelles de la « Fête de Solidarité ».
Kapelstraat, 8450 Bredene-Aan-Zee, West-Vlaanderen, Belgium