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samedi 5 octobre 2013

La nouvelle "affaire" marocaine : Deux ados en prison pour s'être embrassés !

Par Le Monde, 5/10/2013

Un couple d'adolescents a été arrêté par la police à Nador, dans le nord-est du Maroc, après avoir publié sur Facebook une photo les montrant en train de s'embrasser devant leur lycée.

Un couple d'adolescents a été arrêté par la police à Nador, dans le nord-est du Maroc, après avoir publié sur Facebook une photo les montrant en train de s'embrasser devant leur lycée.

"Il s'agit d'un adolescent et de sa petite amie. Ils ont été arrêtés jeudi, pour atteinte à la pudeur publique, après avoir posté une photo les montrant en train de s'embrasser", a expliqué Chakib Al Khayari, président de l'Association Rif des droits humains, basée à Nador. Selon la même source, les deux adolescents "sont toujours au centre de détention pour mineurs à Nador" et un sit-in a été organisé dans la ville pour demander leur libération. D'après M. Al Khayari, les deux adolescents devraient être "présentés devant un juge pour mineurs vendredi prochain".
Cette affaire a aussitôt enflammé les réseaux sociaux, plusieurs jeunes couples marocains publiant des photos similaires sur leurs comptes.

 http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/10/05/maroc-deux-adolescents-arretes-pour-une-photo-sur-facebook_3490600_3212.html

Demain dimanche 6 octobre, un kiss-in de solidarité à Paris, devant l’ambassade du Maroc.



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Mon Maroc,
Tu as libéré un pédophile. J’ai été révolté, choqué, et mis plusieurs jours avant d’accepter que cela soit réel. J’ai voulu te couper de moi, tout comme le cordon ombilical qui lie l’enfant à sa mère. Que je trouve une sorte d’indépendance, loin de tout attachement de toi.
Je ne me suis pas prononcé, pourtant j’ai voulu pleurer les victimes. Et cracher ma haine envers ta justice.
Tu as arrêté un journaliste, parce qu’il a fait un travail d’investigation. Parce qu’il a osé publier une vidéo. Une vidéo que même une personne normale aurait pu trouver sur internet. Les accusations étaient d’un ridicule. Fausses mais lui couteraient sa vie, des années de sa vie.
Hormis une photo publiée pendant quelques jours, je ne me suis pas prononcé. Parce que je ne veux plus crier ma rage après chaque faute, chaque injustice, chaque bêtise que tu commets. Et Dieu sait le nombre de bêtises que tu es en train de commettre chaque année.
Puis hier, je me réveille en lisant ta nouvelle connerie. Deux adolescents arrêtés après avoir partagé un baiser, sur une photo, dans une place publique. Le comble de l’absurdité : la personne ayant pris la photo est arrêtée aussi.
J’ai envie de me demander : dans quelle ville vivons-nous ?
Ce sont deux jeunes personnes. Encore lycéens. Ils se sont embrassés. C’est TOUT !
Quelle est cette frustration que tu es allé installer chez tes citoyens, au point où, un baiser devient une affaire d’Etat ? Qu’est-ce que tu aspires devenir ? Un Marokistan ? Un concurrent direct de l’Iran ? Tu vas troquer tes Cheikhates avec des Cheikhs ? Tes jupes avec des Burqa ? Tes artistes avec des Mollahs ?
Je trouve cela quand même assez drôle. Il y a quelques années je me suis fait agresser par 4 personnes armées. Deux de mes amis aussi, dans la même semaine, même ville. Nous avons tous porté plainte. Mais jusqu’à ce jour, personne ne nous a contactés, ces agresseurs n’ont certainement pas été arrêtés. Et doivent continuer à bien travailler.
Et pourtant, quand deux jeunes adolescents s’embrassent, ils se font arrêter sur le champ. La même chose pour un journaliste. Même chose pour un manifestant qui demande ses droits.
Un pédophile a eu le temps d’aller voir ailleurs, récupérer son passeport, voyager au nord du Maroc, pour rejoindre l’Espagne par la suite. 2 jours. Personne n’a pu l’arrêter. Il est passé à côté de ce Nador, où ces jeunes se sont embrassés. Mais la police de cette région ne l’a pas arrêté. Mr. Faissal Sissi (NDLR : La personne ayant porté plainte contre les 2 ados) était où ?
Est-ce cela le message que tu comptes faire passer ?
Il faut violer pour baiser. Voler pour vivre. Lécher les bottes pour réussir ?
Parce qu’il faut l’avouer, en mettant les choses dans leur contexte :
  • L’association pour la protection de l’enfance, Matqisch Weldi, avait bien justifié la libération du pédophile qui avait violé plusieurs « Weldi » que cette association défend.
  • Des journalistes ont aussi justifié l’arrestation d’Anzoula.
  • L’Association de Défense des Droits de l’Homme et des Libertés Générales s’assure de porter plainte contre 3 adolescents, dont le seul crime est qu’ils ne se sont pas imaginés qu’en partageant un baiser, un signe d’amour, ils se retrouveraient en prison, pour l’acte, et pour avoir pris une photo de l’acte.
 Si pour réussir chez toi, il faut caresser le chat dans le sens du poil. Je ne veux pas de ton chat !
Maroc,
Es-tu assez mature pour reconnaitre les vrais criminels ? Avec ton rythme, ta justice est en train de devenir le plus grand criminel. Oseras-tu changer ? Voir clairement. Penser sagement. Agir maturément ? Au vu de ces dernières années, j’ai comme un doute.
Connais-tu les vrais criminels ? Ceux qui violent, pas que les enfants, mais les vrais lois aussi ? Ceux qui assassinent. Tous ceux qui encouragent aux crimes.
Connais-tu les vrais criminels ? Si l’on suit ton raisonnement, je suis un criminel.
Connais-tu l’amour ? Le vrai ? Parce que là, tout ce que tu nous fais comprendre c’est qu’il n’y a pas lieu pour la liberté, ou l’amour.
Continue, car tu es dans la bonne voie. Avec ce rythme-là, dans 5 ans, tu deviendras l’idole de l’Iran. La nouvelle Mecque pour les terroristes.
Maroc,
Dis-moi une chose maintenant. Que vas-tu gagner en arrêtant ces adolescents qui ne voient rien dans le fait de montrer leur amour ?
Leurs études seront fichues. Leur avenir, qui est TON avenir, est fichu.
L’image des ados (et surtout la fille), dans un pays, et surtout, une région réputée pour sa sévérité et ses traditions. Sa misogynie. Leur image est saccagée. Pourquoi ? Parce que tout un peuple est en train de présumer, à cause de son éducation, sa frustration, et son manque d’empathie, pense qu’embrasser est un crime.
Ces enfants n’ont pas commis d’erreur. Et admettons que dans ta religion, que tu sembles sortir en tant que prétexte dans les sauces qui t’arrangent, cela soit une erreur. Qui n’en a pas commis à cet âge ?
Ne serait-il pas plus juste de porter plainte contre ce Sissi, pour avoir gâché la vie de ces jeunes ? Et pour mauvaise compréhension du travail premier d’une Association qui vise à défendre les Droits de l’Homme, et des Libertés ?
Maroc,
Je ne t’embrasse pas
Parce que ce soir, si je le fais, je risque d’aller en prison.
Hicham T.
منبت الأحرار
مشرق الأنوار
Benkissing
 
 http://hichamtahir.net/2013/10/04/maroc-embrasse-moi-si-tu-peux/

"Le baiser de Nador", un Kiss-in de solidarité organisé à Paris

Par Bouthaina Azami le 04/10/2013 
Kiss-in
© Copyright : DR

Dimanche 6 octobre, un kiss-in de solidarité pour les deux adolescents de Nador aura lieu à Paris, devant l’ambassade du Maroc.
Les deux jeunes adolescents de Nador qui ont été placés dans un centre pour mineurs suite à une photo qui a circulé sur la Toile et où ils apparaissaient s’embrassant, continue de créer l’émoi sur les réseaux sociaux où est né un véritable mouvement de solidarité appelant à présent à l’action. Pour un simple baiser, ces jeunes gens ont en effet vu leur vie basculer du jour au lendemain. Ils sont placés depuis deux jours par le parquet dans des centres de protection pour mineurs. De plus, la poursuite d'un troisième adolescent, à savoir celui qui a pris les photos, a été confirmée. 
Les trois mineurs passeront devant le juge le 11 octobre. L'association par laquelle le scandale est arrivé une un ONG prônant... les libertés individuelles ! A savoir : l'organisation unie pour les droits de l'homme et les libertés individuelles qui, d'ailleurs, revient aujourd'hui sur sa plainte et demande la libération des trois jeunes auxquels, déclare-t-elle, elle apportera désormais son soutien. Son président, Fayçal el Marsi, assure en effet que le but n'était pas d'inquiéter ces jeunes gens mais de s'assurer que la photo ne provenait pas d'un réseau pédophile. Il semblerait que le mouvement d'indignation qui enflamme la Toile ait fait réfléchir les responsables de l'interpellation de ces adolescents. Un mouvement d'indignation qui a largement débordé les frontières.

Kiss-in de solidarité en janvier dernier
Cette histoire n’est pas sans rappeler l’affaire du baiser qui avait mené à l’arrestation d’un couple en Tunisie et bouleversé, en janvier, la société civile qui avait organisé un kiss-in de soutien aux jeunes gens condamnés à deux mois de prison pour s’être embrassés dans la rue : "C'est avec l'amour que l'on construit une société saine et équilibrée et c'est avec les interdits et les tabous que l'on crée la haine et l'intolérance. Alors le samedi 12 janvier sera la journée des embrassades; une journée où l'on cultive l'amour; alors embrassez-vous tous, pouvait-on lire alors sur la page Facebook consacrée à l’événement organisé par "Tous pour une Tunisie laïque".

Dimanche 6 octobre, c’est un Kiss-in de solidarité pour les deux adolescents de Nador qui aura lieu à Paris, devant l’ambassade du Maroc. "La police marocaine a arrêté tous les malfrats, voleurs, fraudeurs, terroristes de ce pays, la sûreté au Maroc est totale. Il ne reste plus que le danger que représentent deux gamins qui s'embrassent ... ", peut-on lire sur la page Facebook d’appel à ce "Kiss-in géant".



http://hichamtahir.net/2013/10/04/maroc-embrasse-moi-si-tu-peux/

A mon ami Anouzla



Cher ami,
Tu savais et nous savions que la meute ne tarderait pas à être lâchée.
Tu savais et nous savions que la horde sauvage piaffait d'impatience.
Tu savais et nous savions que la curée ne saurait tarder.
Tu savais et nous savions que tu étais dans leur viseur.
Leur restait à trouver un prétexte.

Khalid Jamai
Tu savais et nous savions qu'ils préparaient leur harka contre toi en mobilisant leurs officines nauséabondes spécialisées dans le mensonge, le dénigrement, la diffamation, l'infamie, la fausse rumeur. Officines animées par des plumitifs mercenaires à la solde du makhzen.
Rien ne te fut épargné.
Tu fus calomnié, vilipendé, insulté, trainé dans la boue.
Tu savais et nous savions que ceux qui te harcelaient, te persécutaient, qui s'étaient jurés de te faire la peau étaient les avortons de ce makhzen allergique à la liberté d'expression, d'opinion, à la démocratie, à toute idée de citoyenneté. Nostalgiques et fervents admirateurs de l'ère hassanienne, de son système totalitaire animé par des tortionnaires sanguinaires sans foi ni loi.
Continuité dans le changement !!!!

Cher ami,
Tu savais et nous savions que nous autres journalistes n'étions que des prisonniers en liberté provisoire.
Ce qui nous faisait dire : « nta sabaq ouhna lahkine !!! »(1).
Tu savais et nous savions qu'ils ont à leur disposition tous les moyens pour nous faire taire, pour nous jeter derrière les barreaux.
Tu savais et nous savions que la justice était à leurs bottes, docile, soumise, obéissante, oubliant juste que s'ils peuvent nous mettre en prison, jamais ils ne pourront mettre la prison dans nos têtes, que s'ils peuvent occire le messager, jamais ils ne tueront le message, que jamais, ils ne pourront mettre les fers aux mots et encore moins aux idée !!

Cher ami,
Ils t'accusent de terrorisme pour nous terroriser, pour que les mots de liberté, de vérité, de justice ne sortent plus de nos gorges et que nos mains ne les écrivent plus.
Ces mots ils les veulent crucifiés à jamais.
Ils t'accusent de terrorisme afin que règnent leurs fausses vérités, leurs fausses paroles, afin de nous mettre dans les camisoles de silence.

Cher ami,
Tu savais et nous savions que très nombreux sont les Torquemada qui ont érigé les instances politiques de leurs partis en véritables tribunaux d'inquisition où ils s'octroyèrent les rôles et de « mogharrek »et de juges.
Exit la présomption d'innocence, exit les impératifs de tout procès équitable.
Ce faisant ils ont dévoilé leurs vrais visages hideux de fascistes, ennemis jurés de toute réelle démocratie, de toute forme de tolérance.

Cher ami,
Tu savais et nous savions que tu as commis les « pires crimes » :
- Exiger que ceux qui exercent le pouvoir à quelque échelon que ce soit, soient comptables de leurs décisions, de leurs actes,
- Dévoiler les magouilles et trafics du makhzen économique,
- Dénoncer les prédateurs de notre économie qui se prévalent de leur proximité du pouvoir,
- Divulguer les véritables identités de ceux que le présupposé premier ministre appelle « les tamasihs »(2) et les « afarites »(3).
Ces « crimes » , nous les assumons pleinement aussi.

Cher ami,
Grâce à tes écrits, à tes prises de positions, le mythe du changement s'écroule. Preuve aussi que « darou lokmane ma zalat 3la haliha » (4).

Cher ami,
Tu savais et nous savions qu'à travers toi c'est le site de Lakome qui est visé, un site qui les a mis sous haute surveillance, un site qui grâce à eux a acquis une stature internationale et qui a fait de toi un symbole, de par le monde, de la liberté d'expression.

Cher ami,
Quant à klab al gourna, laisse les aboyer et souviens toi des sages paroles de al imam achafii3i : « Si les chiens peuvent bien danser sur les cadavres des lions, il n'en demeure pas moins que les lions resteront des lions et les chiens des chiens ».
Khalid Jamai, Rabat le 4/10/2013
1- Au suivant
2- Crocodiles
3-Les démons
4-Rien n'a changé dans la maison de « Lokman »


http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/1449-a-mon-ami-anouzla

Communiqué de la défense d'Ali Anouzla

Communiqué de la défense d'Ali Anouzla


Ali Anouzla


La défense d'Ali Anouzla réagi suite à la publication ce vendredi par un quotidien de l'USFP d'informations selon lesquelles des «documents secrets» auraient été retrouvés chez Ali Anouzla et pourraient valoir au journaliste un procès devant un tribunal militaire pour atteinte à la sécurité de l'Etat.

Communication des avocats de la défense M. Ali Anouzla :

Alerte contre la fabrication de fausses vérités en vue de manipuler l'opinion publique
M. Ali Anouzla est actuellement détenu au sein de la prison de Salé 2, poursuivi pour apologie de terrorisme et d'assistance au terrorisme, après la publication d'un lien sur le journal numérique arabophone Lakome.com dont il est le directeur. Il est clair qu'il est détenu et poursuivi pour avoir fait son travail de journaliste, qui consiste à diffuser l'information, au service du droit à l'opinion et à l'expression.
Depuis son arrestation, les tenants de la fausse propagande s'évertuent, à travers leurs médias, à publier des diffamations qui portent atteinte à sa dignité et à son intégrité, au point de laisser entendre son probable jugement par un tribunal militaire, pour cause de possession de documents secrets de nature sécuritaire.
Les avocats de la défense confirment à l'opinion publique nationale et internationale que conformément à tous les standards internationaux, M. Ali Anouzla est un détenu d'opinion, que les chefs d'accusation portés contre lui lors de l'enquête préliminaire sont relatives à ce qui a été qualifié d'« apologie et assistance au terrorisme », accusations qu'Ali Anouzla a rejeté complètement en refusant de signer le procès-verbal de cette enquête préliminaire. 
De plus, l'enquête détaillée n'a pas encore démarré. Les avocats n'ont pas pu, à ce jour, avoir accès aux documents du dossier remis au juge d'instruction, hormis les procès verbaux des interrogatoires de l'enquête préliminaire.

La défense considère que la diffusion de rumeurs concernant l'éventualité que M. Anouzla soit déféré devant la juridiction militaire sur fond d'accusations graves, n'est qu'une partie d'une manigance globale qui vise à liquider M. Anouzla sur les plans professionnel, médiatique et celui des droits humains, et dont les auteurs cherchent à manipuler l'opinion publique, en réaction à l'immense indignation mondiale soulevée par son arrestation et son inculpation, et à la solidarité nationale et internationale grâce à laquelle ont été mis en évidence les motivations politiques de ce dossier mal ficelé. M. Anouzla et sa défense demeurent toutefois prêts à toutes les éventualités, et feront face avec toute la vigueur requise aux stratagèmes qui cherchent à salir son honneur en évoquant des accusations lourdes et en utilisant les plus vils moyens.
Face à cette situation, la défense met en garde toutes les parties qui violent la présomption d'innocence de M. Anouzla, qui manipulent les médias, falsifient les faits ou organisent des fuites d'éléments du dossier (dont le caractère confidentiel est garanti par la loi), et ce pour tenter d'influencer l'instruction et la justice.
La défense estime que le fait d'agiter le spectre de poursuites éventuelles relève de la pression psychologique et de l'intimidation qui ne sauraient sortir du cadre d'un plan de nature policière, qui va échouer. En effet, M. Anouzla n'est aucunement concerné par quelque document secret ou sécuritaire que ce soit et ne sait pas comment ces prétendus documents, s'ils existent, auraient été versés au dossier.
La défense saisit l'occasion pour rappeler que M. Anouzla a le droit de recevoir en prison les journaux et les livres. La privation de liberté dont il est victime aujourd'hui ne saurait aller jusqu'à l'incarcération de ses idées et la violation de ses droits.

Rabat, le 4 octobre 2013
Les avocats de la défense d'Ali Anouzla:
·        Le Bâtonnier Abderrahmane Benameur
·        Le Bâtonnier Abderrahim Jamai
·        Maitre Khalid Soufiani
·        Maitre Naima El Guellaf

Entretien. “Ali paie pour le DanielGate”


Propos recueillis par Jules Crétois, TelQuel, 4/10/2013



Entretien. “Ali paie pour le DanielGate”
Aboubakr Jamaï (Aicpress)
L’arrestation du directeur de Lakome a remis sur les devants de la scène Aboubakr Jamaï, le fondateur du défunt Journal Hebdomadaire et actuel  directeur de la version francophone du site. Depuis l’Espagne, où il vit depuis plusieurs années, il multiplie les contacts à l’international pour plaider la cause de son collègue. Entretien.

Comment avez-vous appris l’arrestation de Ali Anouzla ?
Étant en contact constant avec la rédaction de Lakome, j’ai reçu un coup de fil d’un des journalistes qui m’a dit “Ils ont arrêté Ali, ils sont dans la rédaction…“ Cela m’a rappelé des épisodes douloureux du Journal Hebdomadaire. 

Quelle a été votre réaction ?
L’indignation. Ali est une personne honnête et courageuse. Je suis un privilégié de travailler avec lui. Le fait qu’une personne aussi droite se retrouve  aujourd’hui en prison en dit long sur la nature du régime…

Quelle lecture faites-vous de cette arrestation ?
La question est très compliquée. Il y a certainement une logique derrière cette arrestation, peut-être plusieurs. On peut spéculer sur la ou les personnes qui ont pris cette décision. Le ministre de la Justice, Mustafa Ramid, a beau affirmer que cette arrestation est de son ressort, je n’en suis pas totalement convaincu. Il faut rappeler que le simple retour du mot “terrorisme” dans le champ médiatique est le bienvenu pour certains sécuritaires, de nouveau légitimés. Dans l’état des choses, il est difficile de dire qui est derrière cette décision. Une chose est sûre : c’est un test pour la société civile et la presse indépendante, la mobilisation est donc importante.

Êtes-vous déçu par l’attitude du ministre de la Justice du PJD ?
Le PJD est un parti qui vit une sorte de complexe vis-à-vis de tout ce qui est lié au terrorisme. Il ne veut pas apparaître comme “soft” ou laxiste sur la question. Il faut se souvenir qu’en 2003, il a failli être interdit au lendemain des attentats de Casablanca. J’ai aussi l’impression que le PJD répète l’erreur de l’USFP à l’époque où il était au gouvernement : tonner contre la presse pour prouver son envergure de parti dirigeant.

Que pensez-vous du motif de l’arrestation de Ali Anouzla ?
Lakome et Ali paient pour l’enquête sur les carrières de sable, pour le Danielgate… Souvent, les motifs de poursuite officiels ne sont pas les vraies raisons. Les journalistes sont souvent punis pour une accumulation d’articles qui ont déplu mais qui ne justifieraient pas, ou du moins difficilement, une arrestation ou des poursuites.

Mais vous ne vous doutiez pas que publier une vidéo d’AQMI pourrait justement légitimer une arrestation ?
Je l’avoue, j’ai peut-être péché par naïveté : je ne m’y attendais pas. A l’international, tout le monde le dit : selon les standards du journalisme, nous avons juste fait notre travail. Des associations américaines qu’on ne saurait soupçonner de laxisme envers le terrorisme soutiennent Anouzla. Et puis, Lakome est absolument insoupçonnable de ce côté : comment croire que nous pourrions encourager le terrorisme quand on lit le site régulièrement ? Comment croire que Anouzla – qui est à mon sens un progressiste, attaché aux libertés individuelles, laïque – puisse soutenir le jihadisme ?   

Quel est votre statut à Lakome ?
Je suis cofondateur du groupe et, comme c’est inscrit sur le site, directeur de publication de la version francophone. Je donne le feu vert pour les publications. Je suis donc celui qui a publié la vidéo, alors que Ali n’a publié qu’un lien. Aujourd’hui, au vu de la situation, je gère pratiquement la totalité du site.

Donc vous pourriez aussi être attaqué en justice ?
Je l’ai déjà dit et je vous le répète : je suis à la disposition de la justice. Un appel et je me présente.

Le ton de Lakome est très libre. Liez-vous cela à la “libération de la parole” qu’aurait engendrée le Mouvement du 20 février ou à l’outil Internet ?
Effectivement, le 20-Février a changé bien des choses sur ce plan-là. Quant à la presse en ligne, il faut faire attention. Les gens qui pensent que la presse papier indépendante peut mourir et que la presse en ligne prendra le relais se trompent. Il ne faut pas se faire d’illusions : Lakome survit. Grâce à des ONG internationales, entre autres, et parce que nous sommes tous mal payés ou pas payés du tout. Mais il est essentiel que la presse indépendante continue à vivre.

L’existence de Lakome est-elle compromise ?
Nous tiendrons. Encore une fois, nous avons des coûts tellement bas que nous pouvons continuer à vivoter.

Qu’en est-il de la rumeur reliant Lakome à Moulay Hicham ?
Le site n’a aucune relation directe ou indirecte avec le prince et personne ne reçoit un centime de sa part.

Qu’attendez-vous du Code de la presse numérique ?
Honnêtement, je n’en attends rien. Mon travail, aujourd’hui, c’est de toujours penser à comment être le plus indépendant possible de tout cela, tout en prouvant mon sens de l’éthique et ma crédibilité. De nombreux journaux touchent de l’argent public et publient n’importe quoi. Moi, je ne touche rien des Marocains, mais je me dois d’adopter un comportement exemplaire.

Certains vous reprochent, à vous comme à Lakome, d’être dans l’opposition de principe.  
Je ne suis pas d’accord, mais je comprends ce point de vue. Je ne prétends pas à l’objectivité. Je la cherche, mais je ne dis pas que je la trouve. En revanche, je suis dans l’honnêteté et je ne transige pas avec. Là, je défie quiconque de prouver le contraire. Il reste que nous avons une ligne éditoriale. Nous pensons par exemple que le référendum pour la Constitution de juillet 2011 ne représente pas un véritable effort de démocratisation.

La presse est-elle à vos yeux un contre-pouvoir ?
De tout temps et en tout lieux, le sujet le plus important dans la presse a été cette question : qui a le pouvoir et comment il le gère ? Le problème que nous vivons au Maroc, c’est le conformisme de la presse malgré l’illusion de pluralisme quantitatif. Il nous faut un vrai pluralisme qualitatif, un pluralisme de points de vue.

Pensez-vous rentrer au Maroc pour suivre la mobilisation ?
Pour être honnête, c’est un dilemme : rentrer ou pas ? Pour le moment, j’ai pris le parti de rester à l’étranger, de gérer la rédaction de Lakome à distance. Je m’occupe aussi de mobiliser à l’international. Dans une quinzaine de jours, je suis invité aux Etats-Unis et je compte bien en profiter pour communiquer à propos de l’affaire. Je continue aussi à travailler en tant que journaliste sur le sujet. J’étais justement en train d’éplucher des documents de l’ONU et du CCDH, critiques vis-à-vis de la loi antiterroriste et du danger qu’elle représente pour la presse.

Lire aussi :
Libérez Ali Anouzla !
Poursuites. Une loi qui terrorise
Médias & Pouvoirs. La chasse aux sorcières
 http://www.telquel-online.com/content/entretien-%E2%80%9Cali-paie-pour-le-danielgate%E2%80%9D#.Uk_MsdUohNs.facebook

Ali Anouzla : dix-huitième jour !




Logo_SNJ-CGT

 600 000 adhérents de la SNJ-CGT avec la FIJ et le SNPM :

 Liberté pour le journaliste  marocain Ali Anouzla

 Publié le , par Redaction


Communiqué de presse : 

Le SNJ-CGT est vivement préoccupé par le sort de notre confrère marocain Ali Anouzla, directeur du journal en ligne Lakome, qui a été arrêté à Casablanca pour avoir publié un lien  vers un article du quotidien espagnol El Pais, qui lui-même renvoyait vers une vidéo attribuée  au groupe Al-Qaeda au Magreb islamique (Aqmi).

Le procureur général du royaume a indiqué que la vidéo « représente une incitation directe et  sans équivoque à commettre les actes de terrorisme au Maroc ». Les charges retenues contre notre confrère sont lourdes et graves puisqu’il est accusé,   notamment, d’assistance matérielle et apologie de crime terroriste.
Le SNJ-CGT, avec la FIJ (Fédération internationale des journalistes ; 600 000 adhérents dans  le monde) et le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), réclament la libération  immédiate d’Anouzla et la restitution des ordinateurs et dossiers saisis par la police dans les locaux de la rédaction.
« La décision prise par les autorités d’entendre Anouzla en détention est manifestement illégale et le journaliste devrait être relâché sans plus tarder. Il y a des lois qui régissent les violations du code de la presse mais le recours au code pénal et à la législation anti-terroriste est une attaque flagrante contre la liberté de la presse, que la FIJ condamne sans réserve », a déclaré le président de la FIJ, Jim Boumelha.
Le SNJ-CGT apporte toute sa solidarité à notre confrère emprisonné et à la lutte du SNPM.
Le SNJ-CGT soutient et salue les initiatives en France qui aideront à la mobilisation pour que  Ali Anouzla recouvre sa liberté et puisse exercer son métier.
Montreuil, le 1er octobre 2013

Mohammed VI doit s’expliquer sur l’arrestation du journaliste Ali Anouzla

L'incarcération du journaliste Ali Anouzla le 17 septembre 2013 et son inculpation à Rabat par le procureur du roi dans le cadre de la loi anti-terroriste soulève de sérieux doutes sur la capacité de la monarchie marocaine à accepter la liberté de la presse et l'expression d'opinions indépendantes et critiques à l'égard du roi et de son entourage.

Youssef Bellal
Que reproche la justice marocaine à Ali Anouzla? La publication d'un lien vers une vidéo d'Al-Qaida sur le site d'information Lakome.com qui équivaudrait à une « aide matérielle, apologie, et incitation au terrorisme ». En réalité, c'est dans son travail de journaliste libre -et non dans une prétendue apologie du terrorisme- qu'il faut chercher le véritable motif de son inculpation dans cette mascarade de procès politique. Ali Anouzla est connu pour ses articles pointant du doigt l'autoritarisme du roi, la corruption sévissant au plus haut niveau du régime ou encore l'affairisme de la monarchie.
A travers le site Lakome.com, Ali Anouzla a joué un rôle de premier plan dans le « Daniel Gate » (août 2013) en révélant aux Marocains le scandale de l'amnistie royale dont a bénéficié le pédophile espagnol dont le sort est aujourd'hui entre les mains de la justice ibérique. En suscitant une vague d'indignation au Maroc et des manifestations mettant en cause directement une décision royale, le « Daniel Gate » avait obligé Mohammed VI à se déjuger sous la pression du mouvement contestataire, et ce, pour la première fois depuis le début de son règne en 1999. Ali Anouzla paie donc, avant tout, le prix de sa couverture de cette affaire, qui a constitué un tournant dans le rejet du pouvoir autoritaire du roi.
Au-delà du cas d'Ali Anouzla, la monarchie cherche de nouveau à intimider toutes les voix critiques qui pourraient s'élever et mettre en cause l'autoritarisme royal. Car quelques semaines à peine après le « Daniel Gate », on a vu, là aussi pour la première fois dans le règne de Mohammed VI, des députés de partis pourtant acquis au régime critiquer ouvertement le caractère servile de la cérémonie annuelle de renouvellement de l'allégeance au roi. Le régime entend donc signifier à tous ceux qui, à l'avenir, critiqueraient ouvertement le monarque que le sort d'Ali Anouzla les attend.
Comme dans le « Daniel Gate », l'affaire Anouzla montre que le système judiciaire est entièrement aux ordres de la monarchie. Plutôt que d'être les protecteurs des libertés, de nombreux juges au service du régime en sont les fossoyeurs. L'arsenal législatif permet à la monarchie de jeter en prison des individus pour leur simple opinion (Sahraouis militant pour le droit à l'autodétermination du Sahara, les membres des différents mouvements islamiques) en toute « légalité ».
L'affaire Anouzla intervient également dans un contexte régional que la monarchie cherche à exploiter à son avantage. Le coup d'état contre le président égyptien Mohammed Morsi, et la répression sanglante des Frères musulmans se sont déroulés sans craintes sérieuses pour le régime militaire qui a fait un large usage de l'accusation de terrorisme pour éliminer le mouvement islamique. En ayant à l'esprit l'exemple des militaires égyptiens qui n'ont été inquiétés ni sur le plan intérieur, ni dans leur relation avec les puissances occidentales, et en exploitant également le prétexte du terrorisme, les dirigeants de l'Etat marocain croient donc prendre peu de risques. Pour le régime de Mohammed VI qui se prévaut d'avoir absorbé la contestation en ayant recours à une révision de la Constitution et à des élections anticipées, le putsch d'Egypte signifie un coup d'arrêt durable aux espoirs de démocratisation suscités par la chute, en 2011, des dictateurs Ben Ali et Moubarak, et un regain d'assurance dans la répression du mouvement démocratique.
Une nouvelle fois, le Parti de la justice et du développement (PJD) qui dirige le gouvernement marocain depuis les élections législatives de novembre 2011 et détient le portefeuille de la Justice, a été mis devant le fait accompli par le Palais. Mais au lieu de se désolidariser d'une décision qu'ils n'ont jamais prise, les dirigeants du PJD ont fait le choix de la défendre par la voix du porte-parole du gouvernement. Cette situation est d'autant plus paradoxale que la loi anti-terroriste qui sert de cadre légal aux poursuites judiciaires contre Ali Anouzla, avait été dénoncée par les mêmes dirigeants pour son caractère liberticide au moment de son adoption en 2003. Le PJD avait également pris fait et cause pour plusieurs centaines de détenus « salafistes » incarcérés et condamnés abusivement pour terrorisme.
Toutefois, le cœur du problème n'est pas la responsabilité du PJD dans l'affaire Anouzla mais bien celle des réels détenteurs du pouvoir. Car si l'incarcération d'Ali Anouzla a été décidée par le pouvoir marocain, il est légitime de se demander qui exactement est derrière cette décision? Un conseiller du roi qui n'a aucune existence constitutionnelle ? Avec l'aval de Mohammed VI ? Dans un système politique où la justice est, de fait, aux ordres du Palais, et où selon l'article 107 de la Constitution, le roi est censé être le garant « de l'indépendance du pouvoir judiciaire » et non son fossoyeur, c'est à Mohammed VI de s'expliquer sur cette affaire.


Cynisme marocain





La réputation des agents du Makhzen de pratiquer systématiquement la torture sur les détenus sahraouis aurait suffi à disqualifier le Maroc dans sa compétition avec l’Algérie pour obtenir ce siège.

Maroc. – Libérer un pédophile condamné à trente ans de prison, après seulement deux ans passés derrière les barreaux, et emprisonner un journaliste pour avoir rempli sa mission d’informer, seul le Maroc pouvait être capable de cet «exploit» et ensuite prétendre siéger au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. 
La réputation des agents du Makhzen de pratiquer systématiquement la torture sur les détenus sahraouis aurait suffi à disqualifier le Maroc dans sa compétition avec l’Algérie pour obtenir ce siège. Notre voisin de l’ouest fait peu de cas des droits humains et il n’est pas en mesure de changer d’attitude. Au contraire. 
La situation dégradée de l’économie marocaine, attestée par un rapport du FMI, conduit le Maroc à prendre des mesures dont les conséquences directes n’ont rien de conformes aux droits de l’Homme. Rappelons le marché qu’il a passé avec l’Arabie Saoudite pour l’exportation d’une main d’œuvre féminine destinée à faire le ménage chez les dignitaires saoudiens, un pays connu pour le traitement humiliant réservé aux femmes. Les Marocaines, recrutées comme domestiques par de pseudo-agences saoudiennes spécialisées, seront considérées en Arabie Saoudite comme des sous-êtres. 
Le Maroc, pays se prêtant à une transaction qui destine une partie de ses propres ressortissants à une vie inhumaine, peut-il être membre d’une instance internationale chargée de contribuer à améliorer la situation des droits de l’Homme dans le monde ? Assurément pas. Autre fait incompatible avec la philosophie des droits de l’Homme : le trafic de drogue dans le monde prend sa source, dans une grande proportion – pour 72%, précisément –, dans le royaume chérifien et on envisage sérieusement, au Makhzen, de légaliser le cannabis pour en faire un produit d’exportation et remédier à la baisse catastrophique des recettes extérieures. Avec un dossier aussi lourd, le régime despotique et inégalitaire marocain peut-il encore ambitionner avoir sa place dans une instance qui réprouve sa conduite arbitraire et immorale ?

 http://diasporasaharaui.blogspot.fr/2013/10/cynisme-marocain.html

Maroc : Washington plaide pour la libération du journaliste Ali Anouzla




















Jonh Kerry, secrétaire d’État des États-Unis

L’administration Obama prend officiellement position dans l’affaire Ali Anouzla. Elle demande la libération du journaliste marocain, arrêté pour "apologie du terrorisme".

De l’administration Obama au Washington Post, la cause pour la libération du journaliste Ali Anouzla prend une nouvelle tournure. Alors que la France et l’Espagne gardent le silence à ce sujet, ce sont les Etats-Unis, par la voix du secrétaire d’Etat John Kerry, qui prennent la parole. Lors d’un point de presse organisé ce mercredi à Washington, le porte-parole du département d’Etat a exprimé les « préoccupations » des Etats-Unis suite à la « décision du gouvernement marocain de poursuivre Ali Anouzla ». « Nous soutenons la liberté d’expression, la liberté de la presse et les droits universels », a ajouté John Kerry.
Les signaux envoyés par la diplomatie américaine sont sans ambiguïtés. « Sur ce dossier, nous invitons les autorités marocaines à agir avec transparence et justice, conformément à la loi marocaine et les engagements marocains », a-t-elle indiqué avant d’annoncer que « des négociations franches avec le gouvernement marocain » sont menées.

John Kerry et le Maroc, des relations compliquées
Les relations entre les autorités marocaines et le nouveau secrétaire d’Etat ne sont pas aussi fluides qu’elles ne l’étaient avec Hillary Clinton. John Kerry l’a d’ailleurs prouvé en avril dernier, lorsqu’il a demandé l’introduction formelle d’une enquête sur les droits de l’Homme dans le mandat de l’ONU au Sahara occidental (Minurso). Une demande qui a bien failli coûter l’annulation des manœuvres militaires conjointes entre le Maroc et les Etats-Unis, l’African Lion 2013, si Washington n’était pas revenu sur sa proposition. Un exercice annuel pour lequel les Etats-Unis, qui avaient engagé 1 400 soldats américains à Benguerir et à Agadir, ne pouvaient se permettre de rater, afin de sauvegarder d’une part ses relations avec le Maroc et d’autre part ses positions à un endroit stratégique du continent africain. C’était d’ailleurs la carte stratégique qu’a abattu le Maroc pour faire plier Washington.
John Kerry n’adressait plus la parole à son homologue marocain Saâdeddine El Otmani jusqu’à ce qu’il accepte de recevoir une délégation marocaine.

La presse américaine s’en mêle
Le célèbre tabloïd américain The Washington Post marque son soutien au journaliste de Lakome. Dans un édito consacré à cette affaire, le journal réclame la libération d’Ali Anouzla et dénonce des méthodes d’un autre temps. Rappelons qu’Ali Anouzla a été arrêté dans le cadre de la loi antiterroriste de 2003 pour avoir rédigé un article dans lequel figurait le lien d’une vidéo d’Al-Qaïda menaçant le Maroc et son roi, Mohammed VI. Mais en coulisse, il se murmure qu’il s’agit là d’un prétexte pour museler un journaliste qui dérange. C’est la rédaction de Lakome, dirigé par Anouzla, qui a dévoilé la libération du pédophile Daniel Galvan. Une importante mobilisation au Maroc et partout dans le monde avait vu le jour pour exiger la remise en prison du pédophile accusé d’avoir violé onze enfants marocains. L’affaire avait fait trembler le trône, directement visé par les contestataires. Du jamais vu au Maroc. Ajoutons à cela les nombreux dossiers fâcheux dévoilés par Lakome et qui visent directement les autorités.
Aujourd’hui, Ali Anouzla risque plusieurs années de prison pour avoir fait son métier. Cette nouvelle arrestation d’un journaliste marocain confirme la règle selon laquelle la liberté de la presse dans le royaume n’est que partielle, voire inexistante. Au Maroc, la mobilisation pour sa libération se poursuit.








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