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samedi 30 novembre 2013

Point hebdomadaire n°44 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc


Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

Point hebdomadaire n°44 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc, 30/11/2013

On aimerait bien un jour ne vous annoncer que de bonnes nouvelles et des libérations de prisonniers politiques, mais malheureusement, à côté de ces nouvelles, d’autres beaucoup moins joyeuses, viennent ternir ce tableau. C’est ce qui s’est passé la semaine qui vient de s’écouler et c’est exactement à ces informations que s’attelle ce point hebdomadaire que nous livrons aux parrains et aux marraines ainsi qu’à l’opinion publique pour suivre avec nous cette campagne de parrainage que l’ASDHOM a lancée en novembre 2012 en faveur des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc. Laquelle campagne est, nous le rappelons, parrainée par l’écrivain Gilles Perrault.

Groupe UNEM-Fès : Le 20 novembre 2013, douze militants de l’Union Nationale des Étudiants du Maroc (UNEM), dont huit incarcérés à la prison locale Ain Kadous et quatre poursuivis en liberté, ont été traduits devant le tribunal d’appel de Fès pour être fixés sur leur sort. Jaber Rouijel, Mimoun Benziza, Abdennabi Chaoul, Omar Taybi, Mohamed Réda Derkaoui, Oussama Zantar, Salah-Eddine Chafik et Moussa Sammouni ont écopé de 6 mois de prison ferme chacun sachant qu’ils en avaient passé sept mois en détention provisoire. Ils devront tout de même s’acquitter de 4000 Dirhams (400€) d’amende au total. Ils ont donc été libérés à l’issue de ce procès. Les quatre autres qui étaient poursuivis en liberté dont Boubker Haddari et Abdelhaq Bouti ont été innocentés. Leurs familles et leurs camarades étudiants, qui sont venus en nombre les soutenir malgré l’interdiction et la répression des forces de l’ordre aux alentours du tribunal, leur ont réservé un accueil chaleureux sur le campus universitaire Dhar El-Mahraz. Toutes nos félicitations.
Après ce premier accueil, un autre leur a été organisé le 26 novembre à El-Menzel, localité non loin de Fès d’où est originaire Oussama Zantar, l’un des huit prisonniers politiques libérés.
À l’issue de cette cérémonie d’accueil, une de ses camarades, Fatima Zahra El-Malkaoui, militante également de l’UNEM-Fès, a été enlevée à El-Menzel même et devant tous ses camarades par 7 agents de la sureté. Elle a été présentée devant le tribunal d’appel de Fès le jeudi 28 novembre 2013 pour « séquestration de deux salariés de la société de transport City-Bus ». Le juge a décidé de la poursuivre en état de liberté et a fixé son procès au 23 janvier 2014. Les étudiants du campus Dhar El-Mahraz lui ont réservé un accueil chaleureux où elle a pu prendre la parole pour dénoncer son arrestation pour ses engagements politiques au sein de l’UNEM.
Mohamed Ait Rais, incarcéré également à la prison Ain Kadous, ainsi que Brahim El-Haboubi, un autre militant de l’UNEM poursuivi en liberté, ont quant à eux été présentés devant le même tribunal le 21 novembre 2013. L’audience a été reportée au 28 novembre pour une instruction approfondie. Aucune date n’a été fixée pour leur procès. La date du 11 décembre 2013 a, par contre, été retenue pour juger deux autres prisonniers politiques de l’UNEM se trouvant à la même prison d’Ain Kadous. Il s’agit de Mohamed Ghalout et Mohamed Boujnah (voir nos listes).

Groupe UNEM-Meknès : Pour dénoncer leurs conditions de détention et réclamer leur libération, les prisonniers politiques de l’UNEM-Meknès, Hassan Koukou, Mohamed Eloualki, Mounir Ait Khafou, Soufiane Sghéri et hassan Ahamouch, observent une grève de la faim depuis le 5 novembre 2013. Les 25 jours de grève de la faim commencent à peser lourd sur leur santé et surtout quand on sait qu’ils avaient déjà mené, il n’y a pas si longtemps, une autre longue grève qui a durée plus de 110 jours. Nous rappelons que ces prisonniers politiques ont été arrêtés le 17 décembre 2012 et ne sont toujours pas jugés. L’administration pénitentiaire, qui leur avait concédé quelques acquis après leur première grève de la faim, est finalement revenue sur ses promesses pour se venger d’eux après avoir publié un rapport alarmant sur les conditions vie dans la prison Toulal 2 de Meknès où ils se trouvent (voir points précédents).

Groupe UNEM-Marrakech : Le groupe des dix prisonniers politiques de l’UNEM-Marrakech, dit groupe d’Aziz El-Bour (voir listes), a été dispersé sur plusieurs prisons (Tiznit, Ouarzazate, Safi, Kalaât Sraghna, Essaouira et Ait Melloul). Ils mènent tous une grève de la faim depuis le 12 novembre 2013 pour réclamer sinon leur libération et la libération de tous les prisonniers politiques au Maroc, du moins l’amélioration de leurs conditions de détention et leur rapprochement.

Groupe 20-Février-ANDC d’Al-Hoceima : Le prisonnier politique Abdeladim Ben Chouaib,  membre de l’ANDCM, incarcéré à la prison locale d’Al-Hoceima, mène une grève ouverte de la faim depuis le 28 novembre 2013 pour dénoncer les conditions de sa détention et celle de ses camarades. Rappelons qu’il a été condamné à 4 ans de prison ferme après le mouvement de protestation populaire qu’a connu la ville de Béni Bouayach, non loin d’Al-Hoceima, en mars 2012.

Groupe 20-Février à Casablanca : Les trois prisonniers politiques Rabie Homazin, Hamza Haddi et Mouad El-Khalloufi, membre du mouvement du 20-Février observent à leur tour une grève de la faim depuis le 25 novembre 2013 (voir point 43) pour protester contre leur arrestation arbitraire. Leur procès a été reporté encore une fois au 4 décembre 2013.

Groupe 20-Février à Tanger : Le prisonnier politique Said Ziani, arrêté le 20 novembre 2013 à Tanger et placé en détention provisoire à la prison Sept Villages sous le numéro d’écrou 89845 (voir point 43) a publié un communiqué le 27 novembre 2013 pour décrire les violences qu’il a subies lors de son arrestation et dénoncer les accusations relatives à la drogue que la justice essaye de lui coller. Rappelons qu’il avait déjà été condamné à 3 mois de prison ferme en août 2011 pour ses activités au sein du mouvement du 20-Février de Tanger et ses écrits critiques postés sur Internet.
Pratiquement au même moment que Said Ziani retrouve la prison, un de ses anciens codétenus, Mohamed Sokrat, recouvre sa liberté le 29 novembre 2013, après deux ans de prison ferme. Mohamed Sokrat est un bloggeur hors norme, un libre penseur comme son nom l’indique et un défenseur des libertés individuelles. Et comme Said Ziani, Mohamed Sokrat, vendeur de friperie, a été condamné en 2011 pour « trafic de drogue ». Une accusation qu’on colle à tout citoyen qui ose penser librement ou tout simplement être militant du mouvement 20-Février. L’ASDHOM lui présente, ainsi qu’à sa famille et ses soutiens, toutes ses sincères félicitations.

Groupe Sahraouis-Guelmim : Le prisonnier politique sahraoui Mbarek Daoudi, 57 ans, arrêté le 28 septembre 2013 chez lui à Guelmim en compagnie des ses deux fils Hassan (mineur) et Brahim, a été présenté au juge près du tribunal militaire de Rabat le vendredi 29 novembre 2013. Une deuxième audience a été fixée au 30 janvier 2014. Rappelons qu’il a été placé en prison de Salé 1en attendant d’être jugé par un tribunal militaire alors que c’est un civil et que le CNDH avait même présenté, au moment du procès dit de Gdeim Izik, une recommandation pour éviter de juger des civils par un tribunal militaire. Les autorités marocaines n’ont que faire des recommandations, surtout quand on sait que Mbarek Daoudi détient des révélations puisqu’il était témoin oculaire de l’assassinat par l’armée marocaine en 1976 de huit Sahraouis à Amgala et dont les ossements ont été découverts récemment par une équipe de médecins légistes espagnols. Parmi les noms de ces huit Sahraouis, quatre ont été cités par l’Instance Équité et Réconciliation (IER) en tant que disparus mais avec des données fausses concernant les dates et les lieux de disparition.
Hassan Daoudi, son fils mineur, a quant à lui été libéré le jour-même de son arrestation, le 28 septembre 2013, après quelques heures d’interrogatoire, mais reste poursuivi. Brahim Daoudi qui, lui, a été placé en détention à la prison locale d’Inzgane sur ordre du juge d’instruction près du tribunal d’appel d’Agadir, a été condamné le 14 novembre 2013 à deux ans de prison ferme.
Mbarek Daoudi a deux autres fils incarcérés (voir listes). Ammar et Taha, arrêtés le 7 août, sont condamnés à un an de prison ferme. Au total, ce sont 5 membres de la famille sahraouie Daoudi qui sont inquiétés par la justice marocaine.

Groupe Sahraouis-Laâyoune : Les cinq Sahraouis Mohamed Ali Saâdi, Youssef Bouzid, Mohamed Garnit, Yassine Sidati et Aziz Hramech, poursuivis en liberté provisoire (voir points précédents) ont vu leur procès, lors de l’audience tenue le mercredi 27 novembre 2013, reporter au 18 décembre 2013 à la demande de leur défense pour étudier le dossier.
Au même moment, le jeune mineur Elhoucein Bah, qui a assisté en état de liberté également à une audience à hui clos en compagnie de sa mère, a été convoqué à une autre audience fixée au 15 janvier 2014.
Rappelons que les six Sahraouis ont tous fait 5 mois de détention provisoire après avoir été arrêtés le 9 mai 2013 à Laâyoune pour avoir manifesté pacifiquement leur soutien à la thèse d’autodétermination. Le tribunal d’appel de Laâyoune avait décidé le 23 octobre 2013 (voir points précédents) de les poursuivre en état de liberté provisoire.

Le bureau exécutif de l’ASDHOM
Paris, le samedi 30 novembre 2013

A écouter ! Zakaria Moumni raconte les atroces tortures subies par la police du roi.



Video : Rassemblement Vérité et justice pour Zakaria Moumni et les autres...

Samedi 23 Novembre 2013 devant l'Ambassade du Maroc à Paris

Réalisée par Said Laayari 24/11/2013
 
Le jeune champion du monde de boxe Thaï, Zakaria Moumni, ne lâche rien. Le jeune sportif qui avait été enlevé à sa descente d'avion le 27 septembre 2010 à l'aéroport de Rabat, conduit les yeux bandés à l'ancienne prison secrète de la DST à Témara, et torturé pendant plusieurs jours par les boys d'Abdellatif Hammouchi, revient sur le devant de la scène. A l'occasion de la visite du roi Mohamed VI aux Etats-Unis, Moumni a organisé samedi 23 novembre 2013, avec le soutien de plusieurs associations de défense de droits de l’Homme en France dont l’ASDHOM, de l’immigration marocaine ainsi que des partis politiques démocratiques marocains une manifestation en face de l'ambassade du Maroc à Paris.
Zakaria Moumni a choisi le jour où le chef d’État marocain rend visite aux USA, il vient également d'envoyer une lettre au président  Barack Obama dans laquelle il lui rappelle les tortures qu'il a subies à Témara et les raisons qui l'ont amenées à ce haut lieu de la torture qui ne dépend d'aucune structure gouvernementale, étant lié directement avec le Palais royal.





Torture au Maroc : Lettre ouverte au président Barack Obama


A l’Attention de Monsieur Le Président Obama
President Barack Obama
 The White House 
1600 Pennsylvania Avenue NW Washington, DC 20500
 U.S.A. 

Monsieur Le Président,
Je me permets de vous envoyer ce courrier avant votre entretien avec le roi du Maroc, Mohammed VI. Je souhaite en effet évoquer l’injustice extrêmement grave dont j’ai été la victime au Maroc de la part du Palais royal.
Je m’appelle Zakaria Moumni, j’ai 33 ans, je suis Marocain et sportif professionnel: champion du monde de Boxe Thai’landaise lors des Championnats WKA (World Kick Boxing Association) à Malte en 1999. Nous vivons à Paris avec mon épouse depuis plusieurs années.

Le 27 septembre 2010, ma vie a basculé. Ce jour-là, en arrivant à I’aéroport de Rabat venant de Paris, avant même le passage de la douane, j’ai été emmené par des policiers dans un bureau où ils m’ont expliqué que je suis sous surveillance pour « atteinte à la personne sacrée du roi ». J’ai été ensuite emmené par d’autres policiers en civil (la police secrète de la DGED Direction Generale des Etudes et de la Documentation et la Direction de la Surveillance du Tenitoire) dans une voiture banalisée qui m’attendait sur le tarmac de I’aéroport de Rabat. Ils m’ont bandé les yeux, ligoté les mains, m’ont couché à I’arrière de la voiture et m’ont recouvert d’une veste. J’ai été conduit dans un endroit secret, qui s’est avéré être le centre de détention secret de Temara, où j’ai été séquestré et où j’ai subi 4 jours de tortures.
A mon arrivée, ils m’ont mis nu, m’ont ligoté les pieds et les mains. Toujours les yeux bandés, j’ai été électrocuté, suspendu et tabassé avec des barres de fer, selon un procédé qu’ils appellent « l’hélicoptère ». Puis ils m’ont jeté à terre et m’ont frappé sous les pieds pendant de longs moments.
Pendant ces quatre jours, j’ai été privé de nourriture, d’eau et de sommeil . Quand je tombais de fatigue, ils me ligotaient pieds et mains aux barreaux d’une chaise. Je devais leur raconter durant des heures ma vie. En fait, ils voulaient me contraindre par la torture à oublier ma rencontre avec le roi et son secrétaire particulier, M. Mounir Majidi, ainsi que les démarches que j’avais entreprises auprès d’eux pour obtenir ce à quoi a droit tout champion du monde marocain. Ainsi, chaque fois que je parlais du roi, ils cognaient plus fort en me disant « Ce chapitre là, il faut que tu le rayes de ta mémoire ».
Tout au long de ces quatre jours de tortures, ils n’ont cessé de me répéter : « Ici, c’est l’abattoir de Sa Majesté et, nous, on ne dépend ni du ministère de l’Intérieur, ni du ministère de la Justice. Nous, on travaille directement avec le roi. Et ça, c’est les ordres du roi. Ici, on va te découper faire de toi de la viande hachée et tu sortiras dans des boîtes de conserve, les années de plomb, ce n’est pas fini. Tu as beau remuer ciel et terre, tu ne sortiras pas d’ici vivant (...) et comme ça, ça t’apprendra à aller manifester devant chez le roi ».
Au terme de ces terribles quatre journées, j’ai été emmené dans un bureau par 13 policiers en civil. On m’a fait subir un procès expéditif, seul, sans avocat pour me défendre et sans me dire ce qui m’était reproché.
Je me suis donc retrouvé le jeudi 30 septembre dans la nuit en prison. Ni ma famille au Maroc, ni mon épouse à Paris, n’ont su où j’étais durant 4 jours.
Ce n’est que le vendredi 1er octobre qu’un avocat est venu me rendre visite à la prison, Maître Abderrahim JAMAI, avocat saisi pour me retrouver depuis ma disparition (ténor du barreau au Maroc, avocat spécialisé dans la Défense des Droits de l’Homme).
Le lundi 4 octobre, j’ai été condamné à une peine de trois ans de prison ferme pour « escroquerie » après un simulacre de procès sans victimes et des « aveux » que j’ai dû signer sous la torture et les yeux bandés.
Au total, j’ai passé 18 mois en prison suite à une procédure judiciaire arbitraire et un procès inique.
Ces pratiques ont été condamnées unanimement par Human Rights Watch (HRIY), Amnesty International, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de I’Homme (FIDH) et des associations marocaines de défense des Droits de I’Homme ainsi que par le Parlement Européen. J’ai eu également le soutien de plusieurs hommes et femmes politiques français et députés de plusieurs pays. La FIDH a envoyé le 1er décembre 2011 une Lettre ouverte au roi du Maroc.
En réalité, le pouvoir marocain – le Palais royal pour être plus précis – m’a fait payer chèrement le fait d’avoir exprimé publiquement mes revendications et mes griefs à l’égard du Palais royal qui n’a pas respecté les engagements pris envers les sportifs de haut niveau (déSI9tJSELn »l194-66) en date du 9 mars 1967 qui ouvre le droit à chaque sportif de haut niveau titré champion du monde d’obtenir un poste de conseiller sportif au sein du Ministère de la Jeunesse et des Sports, poste qui ne m’a jamais été accordé depuis 1999).
Durant ma détention, j’ai été emmené dans la prison de Roumanni, à 100 km de Rabat, où j’ai vécu dans des conditions inhumaines comme mes camarades de cellule : hygiène catastrophique, entassés à 50 prisonniers dans une cellule de 40 mètres carré, saleté, promiscuité, cafards partout. 2 toilettes dans la cellule pour 50 personnes. Une heure d’eau par jour seulement. Menaces et intimidations de la part de hauts fonctionnaires. Maladies, racket, prostitution, viols…

Mon cas est symbolique de pratiques scandaleuses dans mon pays alors que le roi a affirmé à plusieurs reprises son engagement pour le respect des Droits de I’Homme en signant plusieurs conventions internationales.

En janvier 2012, après que mon épouse eut informé les autorités françaises et européennes et que plusieurs ONG soient intervenues, une personne mandatée par le roi est venue me voir en prison, pour me dire que Mohammed VI n’était pas content de ce qui m’était arrivé et qu’il allait me gracier le jour de mon anniversaire. Et cette personne m’a également demandé de dire à mon épouse de cesser d’alerter les médias et les associations de défense des droits de I’homme. Cette personne s’est même déplacée à Paris pour rencontrer mon épouse et lui expliquer que le roi allait me gracier et me rendre justice.

J’ai donc été gracié le 04 février 2012.
Après ma libération et mon retour à Paris, j’ai demandé audience publiquement au roi pour lui dire ce qui se passe dans son royaume. J’ai alors été contacté par le ministre de I’Intérieur. Après un an et demi d’échanges, on m’a clairement expliqué que le Maroc ne pouvait pas me rendre justice. Pour une raison simple à mes yeux : les seules personnes responsables de l’injustice que j’ai subie sont le roi et son secrétaire particulier Majidi et elles sont intouchables !

Je me sens trahi par mon pays que j’ai toujours aimé et voulu servir. Le Maroc mérite mieux que cette justice-là. J’aime mon pays mais je ne peux fermer les yeux sur ces méthodes d’un autre temps. Et surtout je ne tolère pas que le roi ose dire au peuple marocain que les Droits de I’Homme sont respectés dans son royaume alors qu’il est lui-même à I’origine des tortures qu’un citoyen de son pays a subi et qu’il ferme les yeux sur mille autres pratiques détestables.
Je ne veux pas qu’un autre citoyen Marocain subisse ce que j’ai subi pour avoir osé s’exprimer et pour défendre ses droits légitimes.
J’ai toute confiance en vous Monsieur le Président et dans l’engagement très fort de votre administration en faveur du respect des droits de I’Homme.
Je souhaite votre aide et soutien dans mon combat pour que l′on me rende justice.
Vous remerciant par avance de prêter une bienveillante attention à la présente requête je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma haute considération.
Taline & Zakaria Moumni
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=28141

Rassemblement devant l’Ambassade du Maroc à Paris pour la réhabilitation de Zakaria Moumni




Le jeune marocain Zakaria Moumni, champion du monde de Boxe Thaï, a été enlevé le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat à sa descente de l’avion en provenance de Paris où il vit depuis plusieurs années avec sa femme.

Il a été conduit discrètement, les yeux bandés, au centre de torture de Temara où il a subi les pires sévices.



Sous la torture et les yeux toujours bandés, Zakaria a signé des documents qui vont le faire condamner dans un procès expéditif, tenu le jeudi 30 septembre 2010 sans avocat, ni témoins, dans une salle quasi vide.



Zakaria Moumni a été condamné pour escroquerie à 3 ans d’emprisonnement lors d'un procès monté de toutes pièces. Sous la pression de la FIDH, de Human Rights Watch, d’Amnesty International ainsi que d'un grand nombre d'organisations de défense des droits de l'Homme, regroupées dans un comité de soutien à Paris, Zakaria a vu sa peine passer de deux ans et six mois à 20 mois. Ces organisations avaient demandé sa libération tout en condamnant cette procédure judiciaire arbitraire et les tortures qui lui étaient infligées.

                                                   

Zakaria a finalement été gracié le 04 février 2012 sous la pression des organisations internationales de défense des droits de l'homme et des médias. Il aura passé 18 mois en prison sur la base d'un faux procès et d'une décision arbitraire.



Après sa libération, Zakaria Moumni n’a eu de cesse de réclamer sa réhabilitation et de demander à ce que les responsables de son enlèvement, des tortures qu’il a subies et de sa détention illégale soient traduits devant la justice. Il constate avec amertume que tous les contacts au plus haut niveau qu’il a pu avoir avec les officiels marocains sur ce sujet sont restés vains.



Profitant de la visite du chef de l’État marocain aux USA et soutenu par sa femme et son Comité de soutien parisien, Zakaria Moumni organise un rassemblement devant l’Ambassade du Maroc à Paris pour entamer une nouvelle étape dans son action en vue d’obtenir sa réhabilitation et pour que les responsables de ses souffrances répondent de leurs actes devant la justice.

 



RASSEMBLEMENT DEVANT L’AMBASSADE DU MAROC À PARIS

SAMEDI 23 NOVEMBRE 2013 à 15H

5, rue le Tasse  Paris 16ème

Métro : Trocadéro



Comité de soutien : Famille Moumni, ASDHOM, FMVJ-France, AMDH, VD-Paris, PADS-France, PSU-France, AMF, ATMF


La participation des sportifs sahraouis au rassemblement de soutien à Zakaria Moumni

Devant l’ambassade du Maroc à Paris pour la "réhabilitation" de Zakaria Moumni





24/11/2013


Un rassemblement pour la "réhabilitation totale" du  champion du monde de Kick Boxing, Zakaria Moumni, enlevé en 2010 puis incarcéré  sans jugement au Maroc avant d’être gracié deux ans après, s’est tenu samedi  devant l’ambassade du Royaume à Paris, a-t-on constaté.
Aux cris de "Assez de misère, assez de répression, liberté et démocratie  pour le peuple marocain" et "Libérez les prisonniers politiques et syndicaux  au Maroc", les manifestants ont bravé le froid pour s’en prendre au "régime  du Mekhzen" qu’ils accusent de tous les maux dont "la privation des droits  fondamentaux".
 Devant l’entrée principale de la représentation diplomatique du Maroc,  de larges banderoles ont été déployées et sur lesquelles on pouvait notamment lire "Droits de l’homme au Maroc : jugeons les bourreaux, liberté pour tous  les prisonniers politiques et d’opinion", "Justice pour Zakaria Moumni, torturé  sous les ordres de Mohamed VI" et "kidnappé, séquestré, torturé, emprisonné,  menacé et après?".          Prenant la parole devant l’assistance, le président de l’Association de défense des droits de l’homme au Maroc, Ayad Ahram, a signalé que ce rassemblement  se tient au moment où le roi du Maroc effectue une visite aux Etats-Unis.
Photo"Zakaria Moumni a été certes gracié, mais non encore réhabilité. Parce  qu’il a été incarcéré et torturé sous les ordres du Roi, son épouse et lui ont adressé une lettre au président Obama lui demandant que justice soit faite",  a-t-il indiqué.        

  http://www.elmoudjahid.com/fr/flash-actu/12285

Un grand merci à tous mes amis et mes soutiens venus hier pour être avec moi !! Je ne lâcherai que lorsque ces bourreaux seront EUX derrière les barreaux. Personne n'est intouchable ! Ce n'est que le début du combat. Ils m'ont rendus mille fois plus fort et je ne lâcherai rien ! Un seul objectif : JUSTICE.

Le retour de Zakaria Moumni

Par Badr Soundouss, 21/11/2013

Zakaria Moumni lors d'un combat (Photo DR)
Zakaria Moumni lors d’un combat (Photo DR)

Le jeune champion du monde de boxe Thaï, Zakaria Moumni, ne lâche rien. Le jeune sportif qui avait été enlevé à sa descente d’avion le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat, conduit les yeux bandés à l’ancienne prison secrète de la DST à Témara, et torturé pendant plusieurs jours par les boys d’Abdellatif Hammouchi, revient sur le devant de la scène.A l’occasion de la visite du roi Mohamed VI aux Etats-Unis, Moumni organise samedi prochain, avec le soutien de plusieurs associations de droits de l’homme en France une manifestation en face de l’ambassade du Maroc à Paris.
 Il vient également d’envoyer une lettre au président américain Barack Obama dans laquelle il lui rappelle les tortures qu’il a subies à Témara et les raisons qui l’ont amenées à ce haut lieu de la torture qui ne dépend d’aucune structure gouvernementale, étant lié directement avec le Palais royal. Zakaria Moumni a été kidnappé et passé à la gégène de « Sidi » pour avoir dérangé la quiétude du roi en son château picard, dans le nord de la France. Pour avoir exigé devant l’entrée du château de Betz (département de l’Oise), comme tout citoyen vivant dans un Etat de droit comme le Maroc (ne riez pas !), un droit auquel il pensait avoir droit (tout champion international marocain peut prétendre à un poste de conseiller au ministère des sports selon une circulaire de « Sidna » Senior), il a été puni. Touche pas le repos de « Sidna » junior !
Après un procès expéditif pour une affaire imaginaire (les plaignants ne sont jamais présentés devant la cour !), il avait été condamné à 3 ans d’emprisonnement pour « escroquerie ». Finalement, sous la pression de la FIDH, de Human Rights Watch, d’Amnesty International, ainsi que d’un grand nombre d’organisations de défense des droits de l’Homme, regroupées dans un comité de soutien à Paris, Zakaria Moumni a vu, comme par miracle, sa condamnation passer de deux ans et six mois à 20 mois… avant d’être gracié par celui qui était à l’origine de ses malheurs. A sa sortie de taule, il avait passé 18 mois de détention.

Depuis, il n’a cessé de réclamer sa réhabilitation et de demander à ce que les responsables de son enlèvement, des tortures qu’il a subies et de sa détention illégale soient traduits devant la justice. Il vise concrètement le directeur du cabinet royal et homme à tout faire du roi, Mohamed Mounir Majidi, ainsi que le patron de la DST, Abdellatif Hammouchi.
Selon ce qu’a pu savoir Demain, après un an et demi d’échanges avec le ministre de l’intérieur, mandaté par le roi, on aurait fait comprendre à Zakaria Moumni que « les responsables des actes de torture qu’il a subis ne peuvent être traduits en justice car ils sont intouchables et que ce service (en parlant de la DST) ne dépend pas du gouvernement, il est sous les ordres du roi ! ». Selon la même source, un responsable marocain lui aurait lancé à la figure :« Tu veux quoi ? tu veux qu’on juge le roi ? «  

Ce qui confirme ce que raconte Moumni depuis sa sortie de prison. Alors que les agents de Hammouchi le torturaient, l’un d’eux avait été franc avec lui (si on peut dire!), et lui avait dit : 

« Ici, c’est l’abattoir de Sa Majesté et, nous, on ne dépend ni du ministère de l’Intérieur, ni du ministère de la Justice. Nous, on travaille directement avec le roi. Et ça, c’est les ordres du roi. Ici, on va te découper, faire de toi de la viande hachée et tu sortiras dans des boîtes de conserve.(…) Tu as beau remuer ciel et terre, tu ne sortiras pas d’ici vivant et comme ça, ça t’apprendra à aller manifester devant chez le roi ».

Pourtant, on nous affirmé récemment qu’au Maroc on respectait les droits de l’homme, au sud comme au nord.
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=28128

Film : LA CHAMBRE NOIRE. La torture pendant les années de plomb.


Je viens de visionner le film, c' est tout simplement terrible, j'ai occulté les scènes de tortures, c'est insoutenable. 

Rita

Actuellement les méthodes de la police du royaume n'ont malheureusement pas fondamentalement changé : aveux obtenus sous la torture,  procès politiques , peines  qui peuvent être du même ordre de durée : au procès inéquitable de Gdeim Izik les peines vont de  20 ans à perpétuité. NDLR

Enlèvement en pleine rue de Fès de Fatima

Enlèvement et impunité, telles sont les valeurs des féodaux marocains qui détiennent le pouvoir! Marre, marre, marre!!!


Enlèvement, en pleine rue de Fès de Fatima Zohra Al-Maklaoui... La provocation de cet État voyou, est un scandale terroriste!

Liberté inconditionnelle pour cette étudiante qui a le droit de militer et de contester...Enlèvement et impunité, telles sont les valeurs des féodaux marocains qui détiennent le pouvoir! Marre, marre, marre!!!
Enlèvement, en pleine rue de Fès de Fatima Zohra Al-Maklaoui... 
La provocation de cet État voyou, est un scandale terroriste!

Liberté inconditionnelle pour cette étudiante qui a le droit de militer et de contester...

Libération de Mohammed Sokrat

@[100001219575459:2048:Mohammed Sokrat] est libre! notre ami blogueur iconoclaste a retrouvé aujourd'hui ses amiEs et sa famille après une année et demi de prison (accusation: trafic de drogue!) 
Bienvenu parmi nous du blogueur ennemi n°1 des conventions et du "politiquement correct".Mohammed Sokrat est libre! 

Notre ami blogueur iconoclaste a retrouvé aujourd'hui ses amiEs et sa famille après une année et demi de prison (accusation: trafic de drogue!)
Bienvenu parmi nous du blogueur ennemi n°1 des conventions et du "politiquement correct".

Aujourd'hui 27 procès des 3 jeunes Mouad, Rabie, Hamza


Après plusieurs renvois juridiquement infondés - ou plutôt acharnement du régime absolu au Maroc pour les maintenir derrière les barreaux - les 3 jeunes prisonniers politiques Mouad (membre de l'organisation de la jeunesse du Parti la Voie Démocratique) Rabie et Hamza seront présentés à nouveau aujourd'hui mercredi 27 novembre 2013 devant le tribunal aux ordres de celui qu' on connait...
Liberté pour Mouad, Rabie, Hamza, Saïd Ziani, Chakir EL YAHYAOUI et pour tous les détenus politiques, syndicaux et des mouvements de protestations citoyennes et sociales au Maroc...

SOLIDARITÉ..

Le Comité national pour la liberté d’Ali Anouzla porte à la connaissance de l’opinion publique ce qui suit :


Communiqué de presse

Le Comité national pour la liberté d’Ali Anouzla porte à la connaissance de l’opinion publique ce qui suit :

Poursuites judiciaires contre Ali Anouzla :
En plus de la poursuite pour terrorisme, dont la prochaine audition par le juge d’instruction chargé des affaires terroristes est fixée le 23 décembre 2013, Ali Anouzla fait face à deux autres poursuites judiciaires:

celle de Fès, dont l’audience est prévue le 23 décembre aussi, qui était prévue le 05 novembre et qui a été décalée puisque cette date correspondait au premier Moharram, jour férié.
celle de Rabat, dont l’audience est prévue le 10 décembre (elle concerne les déclarations d’Ali Anouzla à propos du rôle des services secrets dans la campagne de dénigrement que certains sites d’information ont menée à son encontre)
Cette multitude de procès, ainsi que la probabilité d’enlisement des traitements judiciaires constituent des motifs d’inquiétude puisqu’il s’agit en pratique d’une épée de Damoclès qui entrave la liberté d’expression du journaliste et nuit à sa capacité d’exercer son activité en toute indépendance.
Censure arbitraire des sites Lakome arabe et Français :
Le comité est inquiet au sujet de la censure injuste, arbitraire et extrajudiciaire qui continue de frapper les deux sites lakome, arabophone et francophone, et en particulier ce dernier qui n’est nullement concerné par le communiqué diffusé par Anouzla le 14 octobre depuis sa cellule. Ainsi, les autorités continuent de priver injustement l’opinion publique de l’un de ses droits, celui de disposer d’un média crédible, audacieux et qui ne se soumet pas aux lignes rouges dans ses analyses et ses enquêtes.

Rencontre avec l’ambassadeur de l’Union Européenne au Maroc
À la demande du secrétariat du Comité national pour la liberté d’Ali Anouzla, l'Ambassadeur de l’Union Européenne au Maroc, Mr Rupert Joy, a reçu le mardi 26 Novembre 2013, des représentants de ce comité.
Les représentants du comité ont informé le Chef de Délégation de leurs vives préoccupations sur la situation du journaliste Ali Anouzla, en liberté provisoire et encore sujet à des poursuites.
Le Chef de Délégation a précisé que l'Union européenne avait accordé beaucoup d'intérêt à cette affaire, en concertation avec les Etats membres de l'Union Européenne, et qu'il continuerait de suivre de près les prochains développements.
Il a convenu de rester en contact avec le Comité.
Rabat, le 28/11/2013

Micro-crédit, macro-arnaque

  par Lucile Daumas, 22/11/2013
 
Du travail et de l’emploi pour les femmes. Pas des dettes.

Depuis le début de l’année 2011, des femmes principalement, organisées dans l’Association de Protection Populaire pour le Développement Social , et dont le nombre atteint aujourd’hui près de 4500, mènent une lutte à Ouarzazate et toute la vallée du Dadès, dans le Sud du Maroc, contre des institutions de micro-crédit pour abus de confiance et conditions de crédit insoutenables.
Profitant de la crise qui a particulièrement touché le secteur hôtelier de cette région touristique, les organismes de micro-crédits se sont implantées dans la région et ont distribué largement des crédits en ciblant tout particulièrement les femmes. Prévus à l’origine pour financer des micro-projets et des micro-entreprises, ils ont souvent été attribués sans réelles vérifications, à la fois parce que les courtiers sont payés en fonction du nombre de clients qu’ils obtiennent et aussi parce que les Institutions de la Micro finance (IMF) et les Associations de microcrédits (AMC) reçoivent des dons et des subventions (de l’USAID, l’ UE, des Fondations, du PNUD, etc.) en fonction de leur clientèle, dans un contexte de concurrence exacerbée entre les organismes. Et de fait, ces sommes ont été utilisées comme crédit à la consommation, (pour s’acheter une mobylette, assurer la rentrée scolaire des gosses, payer un frigo...) ou pour pallier des services publics devenus payants en ces temps de néolibéralisme et inaccessibles pour les couches les plus pauvres de la population (notamment pour des soins de santé). De surcroit, de nombreux crédits ont été contractés pour payer les précédents.
Or, même si l’argent prêté provient de dons, de subventions ou de prêts à taux réduits, les taux d’intérêts que doivent payer les « bénéficiaires » de ces prêts sont exorbitants. Officiellement entre 14 et 18% (soit disant pour financer des frais de gestion lourds en raison des petites sommes prêtées), mais dans la pratique, les femmes de Ouarzazate citent des taux pouvant aller jusqu’à 40%.
En outre, il n’y a pas de rééchelonnement des dettes. Aucun des évènements pouvant survenir dans la vie des personnes endettées n’est pris en compte. Pire encore, un système de prêts solidaires a été mis en place, un groupe de femmes servant de caution pour chacune d’entre elles et les recouvrements peuvent être violents, pressions, chantages, agressions sont monnaie courante.
Derrière le discours caritatif larmoyant de lutte contre la pauvreté et la précarité des femmes, se cache donc une extrême violence vis-à-vis des pauvres. On profite de leur analphabétisme pour leur faire signer des contrats qu’elles ne peuvent pas lire et ensuite, pas de pitié.

Quel intérêt pour les institutions financières de monter des opérations de micro-crédits ?
Les IMF fonctionnent avec du capital bon marché revendu au prix fort aux catégories les plus pauvres : c’est un grand business ! Tellement juteux que les associations de micro-crédits présentes à l’origine se transforment en Institution de Micro-finance, tandis que les plus grosses banques de la place s’intéressent de plus en plus au secteur. Les pauvres ont bien peu d’argent mais ils sont si nombreux...
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Source FNAM (Fédération nationale des associations de micro-crédit)
La même Fédération prévoit 3 millions de clients en 2020, annonce des taux de 15% à 24 % sur des sommes exonérées d’impôts et provenant de subventions, dons et fonds de la coopération étrangère et constate que les prêts sont globalement bien remboursés. Ainsi pour El Amana, l’une des IMF de la place, le taux de recouvrement avoisine les 99%. |1|
C’est donc déjà en soit une excellente opération.

Bancarisation de nouveaux secteurs
Mais de surcroît cela permet de bancariser de nouveaux secteurs de la population.
« Ce marché constitue un réservoir de croissance très important pour les banques et autres intermédiaires financiers qui souhaitent se diversifier et développer leurs parts de marché. »
« Ce segment de clientèle du secteur privé échappe encore largement aux circuits financiers traditionnels »
« Ces entreprises se trouvent souvent contraintes à se tourner vers des sources de financement informelles (amis, famille, tontines...), voire vers un autofinancement inadapté. » dit l’AFD (Agence Française de Développement) |2|
Ces micro-crédits constituent en outre une forme de « filets sociaux » évoqués dans les accords de partenariat euro-méditerranéen, face à la crainte que la marginalisation et la paupérisation de larges secteurs de la population, induites par la mise en place du libre-échange, n’accentuent la pression migratoire aux portes de l’Europe.
« De par leur structure et leur flexibilité, elles peuvent également être un élément déterminant d’absorption des crises économiques et financières. » (Ibid.)

Pourquoi les femmes sont-elles ciblées en priorité ?
« Fini le temps où le père ramenait la paie au logis et la remettait à la mère pour qu’elle élève ses enfants. La conséquence de l’ajustement structurel a été le chômage massif, la flexibilisation du travail, la précarisation de l’emploi. Face à ces politiques, le père est entré en crise et la femme est sortie dans la rue pour trouver de quoi survivre, donnant par là un nouveau visage à l’économie, à la ville et à la structure même et au sens de la famille. ... C’est toute cette énergie sociale que développent les femmes dans leur lutte pour la survie qui est instrumentalisée et utilisée par la Banque et le système de la micro-finance par le biais du microcrédit. » |3|
Ces propos de Maria Galindo, animatrice de l’association bolivienne Mujeres creando, donne des pistes de réflexion tout à fait intéressantes pour le Maroc. En effet, le néolibéralisme a massivement poussé les femmes à s’insérer dans le marché de l’emploi, notamment dans les secteurs tournés vers l’exportation (zones franches, textile, agriculture sous serre) profitant de leur absence de tradition sur le marché du travail, du manque d’acquis concernant leurs droits, de leur analphabétisme. La crise de la famille élargie et la crise de la famille tout court, exacerbée par un chômage structurel de masse, a transformé les femmes en chefs de foyer et en actrices de premier plan dans la lutte pour la survie.
Ce sont donc ces mêmes caractéristiques qu’exploitent aujourd’hui les IMF, proposant, dans le meilleur des cas des activités génératrices de revenus, ce degré zéro de l’emploi, ni travail, ni emploi, ni salaire, au nom d’un développement-bidon (ce n’est pas ainsi qu’un pays peut se développer) et provoquant des souffrances accrues pour les femmes. Les femmes de Ouarzazate parlent du stress qui est le leur, de leurs angoisses, des saisies, des procès. Aux problèmes de pauvreté vécus précédemment, que l’accès aux micro-crédits n’a pas résolus, s’ajoutent l’endettement et les pressions pour le remboursement qui détruisent les familles, amènent les femmes à la prostitution ou au suicide.
Ce que les femmes de Ouarzazate ont compris c’est que le micro-crédit n’est pas un outil de lutte contre la pauvreté mais un pillage supplémentaire des maigres revenus des familles pauvres. Elles ont aussi compris que l’endettement n’était pas un problème individuel, mais un problème social et collectif qui doit trouver des solutions sociales et collectives, en termes d’accès à des services publics gratuits et de qualité, en termes de création d’emplois, en termes de droit du travail et de droits économiques et sociaux.
Elles ont compris l’intérêt de s’auto-organiser et de lutter ensemble contre ces nouveaux vampires qui avancent masqués derrière un discours d’altruisme et de féminisme. Elles réclament l’annulation de dettes qu’elles ont déjà remboursées.
Amina Mourad y Benasser Ismaini, deux des animateurs du mouvement contre le micro-crédit, sont assignés devant le tribunal de Ouarzazate. Cinq organismes de micro-crédits avaient déposé une plainte contre eux. Quatre d’entre eux ont retiré leur plainte. Il en reste donc une. Mais le véritable procès, c’est celui qu’intentent par leur action, les femmes victimes de la rapacité des organismes de micro-crédits, faisant de la pauvreté un grand business.
Rabat, le 6 septembre 2013
En complément de cet article, voir le film réalisé par Souad Guennoun                            http://youtu.be/lO8EVO2BrjU

Notes

|1| Malgré le peu de risqué pris par les IMF, ells se prémunissent contre le non-remboursement de diverses manières, micro-assurance qui garantit le remboursement en cas d’invalidité ou de décès ; prêts solidaires par groupes ; banques de données commune pour éviter le multi-endettement ; mutualisation des recouvrements par voie judiciaire.
|2| Cf http://www.entreprendre-mediterrane...
|3| La pobreza, un gran negocio. Análisis crítico sobre oenegés, microfinancieras y banca, La paz, Mujeres creando, 201 ?

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