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samedi 25 janvier 2014

Information aux lecteurs de solidmar :
Pendant quelques semaines, voire plusieurs mois, les articles  sur solidmar seront plus clairsemés : opération, hospitalisation... Je vous invite à compléter vos informations en vous adressant à Ziad Baroudi et sa 
 
"LETTRE DU MAROC
 
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Procès des auteurs du meurtre d'une petite bonne à Agadir.


Une Marocaine écope de 20 ans de prison pour avoir tué sa petite bonne à Agadir
Une Marocaine écope de 20 ans de prison pour avoir tué sa petite bonne à Agadir
Une institutrice accusée d'avoir tué sa petite bonne à Agadir, a été condamnée à 20 ans de prison ferme par la Cour d'appel d'Agadir. Fatem, âgée d’environ 14 ans, est morte des suites de blessures infligées par son employeuse.

Pour environ 30 euro par mois vous pouvez obtenir les services d'une enfant-esclave « Taillable et corvéable à merci » au pays du Roi des pauvres. Elles s'appellent Khadija, Zineb, Fatima. Elles ont un point en commun : ce sont des petites bonnes torturées par leurs bourreaux, leurs employeurs. Les plus chanceuses entres elles vivotent encore.
C'est à nous tous qu'il incombe de remédier aux causes profondes de l'esclavage, d'aider et de protéger ses victimes et de veiller à punir ceux qui perpétuent cette pratique.

Et en silence. Quant aux autres, elles sont sous la terre, comme c'est le cas d'une mineure de 14 ans à Agadir qui travaillait chez un couple : un gendarme et une institutrice. L'affaire remonte au 24 mars 2013: Fatima succombe à des brûlures à l'Hôpital Hassan II d'Agadir où elle a été admise dans un état critique. La victime souffrait de brûlures au deuxième et au troisième degré sur différentes parties du corps, notamment au niveau du visage et des mains.
Procès des auteurs du meurtre de la petite bonne assassinée par ses employeurs à AgadirPlusieurs enquêtes ont montré que les enfants à un âge très jeune sont souvent mis au travail et que peu d'employeurs respectent les conditions d'emploi prévues dans les textes. En 2011, de nouvelles lois ont été promulguées, mais vont-elles pouvoir être appliquées ? 
Le rapporteur spécial de l'ONU sur la traite des êtres humains, Joy Ngozi Ezeilo, avait exhorté en juin dernier les autorités marocaines à "s'attaquer aux racines du fléau, dont l'exclusion sociale, la pauvreté, les inégalités et la discrimination".
Procès des auteurs du meurtre de la petite bonne assassinée par ses employeurs à Agadir
Le bilan du Maroc en termes de lutte contre la traite d'êtres humains n'est pas brillant. Le Maroc est loin de combattre efficacement la traite des êtres humains, et de protéger ses victimes les plus vulnérables, les femmes et les enfants.


30 millions d’esclaves dans le monde :
 le Maroc classé 93ème
Selon une étude réalisée par l'ONG américaine Walk Free, l’esclavage moderne touche 30 millions de personnes à travers le monde. Le Maroc est classé 93ème sur 162 pays et compterait 50.000 esclaves.
Maroc : Petites bonnes, l’enfance volée par Fédoua Tounassi
Liège : conférence-Débat : « Maroc : Vers de réelles avancées vis-à-vis du travail des enfants ? au CCAPL
Le Centre Culturel Arabe en Pays de Liège vous invite à participer à la…
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Effrayant : la grossesse et l’accouchement des adolescentes sont la cause de 70 000 cas de décès par an au Maroc.

Par Najat Faïssal, 21/1/2014
 Le mariage des mineures représente 12% des unions contractées au Maroc
mariage mineures Maroc UNFM UNFPA

Le phénomène du mariage précoce persiste et même a tendance à augmenter au Maroc

Le phénomène du mariage précoce persiste et même a tendance à augmenter au Maroc. C’est ce qui a été affirmé lors d’une rencontre organisée, samedi 18 janvier à Tanger, sous le thème «La mère-enfant, face aux défis de la grossesse chez l’adolescente».
Présidée par Cherifa Lalla Oum Kaltoum, présidente déléguée de l’Association de l’Union nationale des femmes du Maroc (UNFM), cette manifestation -qui a été initiée par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au Maroc en étroite collaboration avec la section régionale de l’UNFM-Tanger Médina et le soutien de l’ambassade du Canada au Maroc- «vise à plaider pour mettre fin aux grossesses chez les adolescentes et au mariage d’enfants au Maroc. Cette rencontre fait partie d’une série d’activités programmées dans plusieurs villes du Royaume, et ce, en vue de sensibiliser l’opinion publique et les acteurs du développement au niveau local aux dangers résultant de ces pratiques», indique Mieko Yabuta, représentante de l’UNFPA au Maroc.
L’intervenante tient à rappeler que malgré les progrès accomplis par le Maroc dans ce domaine grâce, entre autres, à l’adoption de la nouvelle Constitution et le code de la famille, le phénomène du mariage des mineures prend des proportions inquiétantes. Juste après le mariage, «ces filles sont souvent soumises à de fortes pressions pour avoir un enfant, bien qu’elles soient, elle-mêmes encore des enfants. En témoigne le taux de fécondité des adolescentes, âgées entre 15 et 19 ans, qui demeure élevé au Maroc», précise Mme Yabuta.
Selon les statistiques émises lors de cette rencontre, le nombre de mariages des mineures au Maroc est passé de 33.253 en 2009 à 34.777 en 2010 pour atteindre plus de 39.000 en 2011. «12% des filles, âgées entre 15 et 24 ans, qui ont eu des rapports sexuels ont eu des grossesses non désirées», explique Hind Jalal, spécialiste du programme à l’UNFPA au Maroc.
Les intervenantes à cette rencontre sont convenues que les grossesses interrompent l’éducation des filles, limitent leurs opportunités économiques et leurs chances d’être autonomes. Elles ont souligné l’importance de faciliter l’accès à l’information et aux services de santé sexuelle et reproductive adaptés à leur âge qui est une condition clé pour qu’ils réalisent leurs potentiels.
«La prévention des grossesses non désirées chez l’adolescente ainsi que la résolution des problèmes qui y sont associés exigent l’application d’approches holistiques et multisectorielles», souligne Mme Jalal.
Il est à noter que les travaux de cette manifestation ont débuté par le vernissage d’une exposition de photos sous le thème «Trop jeune pour le mariage». Cette exposition de 15 jours qui traite des différents thèmes de cette rencontre, dont la grossesse et l’accouchement des adolescentes qui sont la cause de 70 mille cas de décès par an. Cette journée a aussi été marquée par la projection du film «Malak» du cinéaste marocain Abdeslam Kelai, qui traite de la grossesse chez l’adolescente.

«L’article 475 ne concerne pas le viol»

 Par  Amanda Chapon, h24info.ma, 13/01/2014
La juriste Michèle Zirari est spécialiste du droit pénal marocain.©DR
Michèle Zirari-Devif "On ne peut que se féliciter de la suppression d'un alinéa qui conduisait à de telles décisions. Mais il est douteux que cela change beaucoup de choses." © Photomontage ( DR )
Ça y est, le controversé article 475 du Code pénal a été amendé. Une bonne nouvelle, même s’il n’était absolument pas coupable du drame de la jeune Amina Filali, explique la spécialiste du droit pénal Michèle Zirari-Devif.
Mercredi dernier (le 8 janvier), la commission de la Justice à la Chambre des représentants a supprimé une partie du controversé article 475 du Code pénal sur le détournement de mineur.

Une abrogation accueillie avec un grand soulagement par les médias, les associations des droits de l’homme et les militants qui voyaient en cet article du Code pénal le responsable de la mort de la jeune Amina Filali qui se serait suicidée après avoir été mariée à son violeur.

Mais pour Michèle Zirari-Devif, juriste, spécialiste du système pénal marocain et secrétaire-générale adjointe de Transparency Maroc l’article 475 est un bouc émissaire (il traite du détournement de mineure, non du viol) et son amendement est loin de suffire à protéger d’autres jeunes filles.

H24info: L'article 475 est-il le "grand méchant" responsable du drame d'Amina Filali et avant elle, d'autres jeunes filles?

Michèle Zirari-Devif: Non bien sûr! L'article 475 concernait l'hypothèse où une mineure avait été séduite, sans violence, ni menaces selon les termes du code et avait épousé son séducteur. Et c'est parce que le mariage existait que la loi posait  un obstacle à des poursuites pénales: elles ne pouvaient avoir lieu que si les parents demandaient l'annulation du mariage et si celui-ci était effectivement annulé par la justice.

L'article 475 ne concernait pas une hypothèse de viol  et c'est une interprétation erronée de ce texte qui conduisait à forcer une mineure violée à épouser son séducteur.
Je ne défends cependant pas l'article 475 du code pénal, recopié du droit français et dont la rédaction initiale date de 1810; comme d'autres articles de notre code, il aurait dû d'être supprimé depuis longtemps.

Le deuxième alinéa de l'article 475 vient d'être abrogé par la commission de la Justice à la Chambre des représentants. Que pensez-vous de cet amendement? 
On ne peut que se féliciter de la suppression d'un alinéa qui conduisait à de telles décisions. Mais il est douteux que cela change beaucoup de choses.
Il arrive assez fréquemment  que des viols soient requalifiés en relations sexuelles hors mariage car le tribunal a refusé de croire à la contrainte subie par la femme. Cette dernière, de victime devient coupable, puisque les relations sexuelles hors mariage sont une infraction sanctionnée d'une peine d'un mois à un an d'emprisonnement.

Il arrive également, en cas de relations sexuelles hors mariage, que le ministère public  abandonne la poursuite si les deux personnes acceptent de se marier. Cela veut dire que le parquet -et s'il s'agit d'une mineure, son père et le juge de la famille qui intervient obligatoirement pour autoriser le mariage d'une mineure (art. 220 du code de la famille)- sont d'accord pour favoriser ou mettre en œuvre une pratique qui n'est en rien conforme à la loi.

Quelles mesures seraient plus efficaces, pour une meilleure prise en charge des femmes et des jeunes filles victimes de viol et d'agressions sexuelles?
Ce n'est pas un changement législatif mais une évolution des mentalités qui permettra une meilleure prise en charge des femmes victimes d'agressions sexuelles, et d'une manière plus générale une attitude plus rationnelle en face des infractions touchant de près ou de loin au sexe.

On a vu récemment deux adolescents être prévenus d'outrage public à la pudeur  pour avoir publié sur Facebook une photo où ils s'embrassaient!!! Cela nous montre qu'on est encore loin du compte!!!
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Comité de Soutien à la scolarisation des Filles rurales- CSSF

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Comité de Soutien à la scolarisation des Filles rurales- CSSF sera l’invité de l’émission ‘’Bidoun Haraj Takafoule’’ diffusée sur la chaîne MEDI1 TV qui ne cesse de soutenir les causes sociales.
Nous vous invitons à suivre l’édition spéciale solidarité ‘’Bidoun Haraj Takafoule’’, en partenariat avec le Comité de Soutien à la Scolarisation des Filles rurales, le lundi 27 janvier à partir de 21h20.

Dans son premier numéro de 2014, ‘’Bidoun Haraj Takafoule’’ dédie son antenne à la question de la scolarisation des jeunes filles dans le monde rural. Pour en débattre, l’émission accueillera comme partenaire social, le Comité de Soutien à la Scolarisation des Filles rurales- CSSF, une association nationale créée en 1998 et reconnue d’utilité publique depuis 2007. Le CSSF œuvre à l’échelle nationale pour la promotion de la pleine scolarisation des filles dans le milieu rurale, en favorisant l’accès à l’enseignement et la rétention.

Le système éducatif marocain a beaucoup progressé ces dernières années sur le plan de l’élargissement de l’accès à la scolarité, mais des inégalités demeurent en matière d’équité et selon le milieu géographique. 
 Les statistiques 2012 du Ministère de l’Education Nationale révèlent que le taux net de scolarisation dans le premier cycle secondaire, atteint 79,3 % pour les garçons des villes mais seulement 27,2 % pour les filles des campagnes.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette situation : 
les contraintes économiques de prise en charge par les familles du coût à l’éducation face aux faibles revenus en milieu rural, la fragilité des infrastructures scolaires rurales ou leur éloignement du point de résidence et le frein culturel.

Quelles sont les mesures prises pour faire face à cette situation ? 
Comment assurer durablement l’égalité des chances et l’accès à l’éducation pour les filles des communautés rurales ? Comment s’organise l’action citoyenne en ce sens et quels sont les résultats des efforts déployés?

Face à l’enjeu de l’éducation, levier majeur dans l’insertion économique et sociale dans notre pays, ‘’Bidoun Haraj Takafoule’’ ouvre le débat sur la problématique de la scolarisation des filles en milieu rural et mettra en perspective certaines solutions d’appui menées par la société civile.

Cette édition sera également l’occasion de lancer un appel aux dons en faveur de l’action menée par le Comité de Soutien de Scolarisation des Filles rurales dans la mise à disposition de foyers d’accueil pour les collégiennes issues de régions fortement enclavées ou exemptes de collèges.

Les dons peuvent être effectués en envoyant le mot « HIBA » par SMS au 9779, ou encore par virement bancaire au numéro de compte de l’association: 225810015102837651032338.

Ne manquez pas le nouveau numéro de l’émission solidaire ‘’Bidoun Haraj Takafoule’’, le lundi 27 janvier à partir de 21h20 sur MEDI1TV.

Rabat, des centaines d'enseignant-es expriment leur solidarité avec leurs 9 camarades arbitrairement incarcérés


  •                 Par Ali Fkir, 24/1/2014
    Aujourd'hui, le 24 janvier 2014, devant le tribunal de première instance de Rabat, des centaines d'enseignant-es expriment leur solidarité avec leurs 9 camarades arbitrairement incarcérés, et présentés devant les "juges".
 Ces centaines d'enseignant-es protestent aussi contre la répression qui s'abat sur eux/elles, eux et elles qui luttent pour des légitimes revendications.
LA SOLIDARITÉ NOUS INTERPELLE.
Ali Fkir, le 24 janvier 2014


    Aujourd'hui, le 24 janvier 2014, devant le tribunal de première instance de Rabat, des centaines d'enseignant-es expriment leur solidarité avec leurs 9 camarades arbitrairement incarcérés, et présentés devant les "juges".
     Ces centaines d'enseignant-es protestent aussi contre la répression qui s'abat sur eux/elles, eux et elles qui luttent pour des légitimes revendications.

     LA SOLIDARITÉ NOUS INTERPELLE.

Deux anciens militaires ont eu le courage de dénoncer la corruption au sein de l'armée et les lourdes peines qui en ont résulté


Par Moha Oukziz, coordinateur du Comité de Soutien en France aux Détenus Politiques au Maroc.

 Mesdames et Messieurs,

 Nous avons été contactés par l'AMDH( l'association marocaine des droits de l'Homme) à Oujda au Maroc, au sujet d'Ibrahim Jalti, ancien détenu et ancien soldat actuellement en sit- in près d'Oujda à la frontière Algerie-Maroc, réclamant sa réintégration et son droit au travail. 

Nous vous prions de faire connaitre son dossier et de le publier mais aussi d'interroger le Maroc à son sujet. Les destinataires de ce courriel sont quelques amis, la presse et les associations des droits de l'homme comme le souhaitent l’intéressé et les  militants de l'AMDH à Oujda.

Parce que Ibrahim Jalti et son camarade de métier, Jamal Zaim, ont dénoncé la corruption au sein de l'armée marocaine et surtout parmi ses généraux, ils ont été condamnés à des peines respectivement  de 7 et 8 ans de prison ferme.
  Ibrahim Jalti a réalisé un rapport de 29 pages, Lire le document d'Ibrahim Jalti
  Il sollicite la presse, les associations de droit de l'Homme, tous ceux qui sont attachés aux droits de l'Homme et du citoyen au Maroc, de le soutenir et de publier son rapport.
 Ses demandes auprès du roi, chef suprême de l'armée, sont restées vaines.
 Il se définit comme citoyen écœuré par la corruption au sein de l'armée royale. Il accuse les généraux de cette même armée  d'entretenir , encourager et bénéficier des retombées de ce trafic, corruption qui traverse les hautes administrations des treillis étoilés royaux. Il dit n'appartenir à aucune formation politique de gauche ou de droite, il est simple citoyen croyant.
 Ibrahim Jalti et Jamal Zaim ont réalisé un document de 110 pages, photos à l'appui plus une vidéo au sujet des trafics des responsables militaires au long des frontières Algérie-Maroc.

Extrait de son rapport:
 "Nombre de journaux ont récemment reçu leur lettre. Ils sont deux. Deux sergents en poste dans la caserne du premier bataillon de la cavalerie des Forces Armées Royales d’Oujda. Condamnés par le tribunal militaire le 21 mai 2002 respectivement à 7 et 8ans de prison ferme, ils ont été incarcérés le jour même dans le complexe pénitentiaire de Salé, celui-là même où le capitaine Adib a passé 2 ans et demi.
 Durant leurs années de service, Ibrahim Jalti et Jamal Zïm, deux sergents des Forces Armées Royales, constatent l’implication de certains militaires dans des trafics le long des frontières maroco-algériennes et à l’intérieur des casernes de la zone. Que faire ? Se taire et cautionner ces agissements délictueux ou relever le défi ? Ils cèdent à l’insistance de leur conscience, mais prennent tout de même le temps d'assurer leurs arrières.
 Les deux « mutins » prennent l’affaire en main. Ils jouent aux détectives pendant quelques mois et constituent leur dossier d’inculpation. Au total, une bande vidéo de 60 minutes où son filmées les tractations sur les frontières, une douzaine de photos, et un registre où ils relatent les détails des multiples opérations de trafic et autres agissements illégaux de militaires de différents grades et de différentes casernes. Au total, 110 pages assemblées sous le titre « quelques dépassements de responsables militaires ».
 Les pièces à conviction réunies, ils leur faut trouver un moyen pour faire parvenir les conclusions de leurs investigations au chef suprême des forces armées Royales, le Roi Mohammed VI. Mission impossible. La hiérarchie est très lourde et les intermédiaires trop nombreux."

 Cordialement
 Moha Oukziz
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Lire aussi :
http://www.telquel-online.com/archives/333/maroc3_333.shtmlhttp://www.telquel-online.com/archives/333/maroc3_333.shtml
Extrait :
Profil. L’homme qui en savait trop

L’histoire de Brahim Jalti est digne d’un film hollywoodien. Ce natif d'Oujda, en 1977, a rejoint l’armée à l'âge de 20 ans. À peine sa vie sous les drapeaux entamée, il découvre la corruption et les abus qui seraient, d’après lui, monnaie courante au sein de la Grande muette. Il décide alors d’en rendre compte au chef suprême des armées, le roi lui-même. Avec un autre sous-officier, Jamal Zaïm, il tourne un film de 60 minutes “avec une caméra louée à la journée” et écrit un manuscrit de 110 pages, dans lesquels il relate ces accusations. Pour pouvoir arriver jusqu’au roi, le 14 mars 2002, il prend en otages, toujours avec Zaïm, un colonel et un capitaine dans la caserne d’Oujda. Aux négociateurs, il fixe un ultimatum : “On ne les libèrera pas tant qu’on n’aura pas vu le roi”. La prise d’otages ne dure finalement que deux heures et demie. Zaïm est maîtrisé, alors que Jalti finit par se rendre. Après une enquête qui durera trente jours, les deux soldats sont présentés, le 21 mai 2002, au Tribunal militaire de Rabat, qui expédie l’affaire dans la journée. Verdict : 7 ans de prison ferme pour Jalti et 8 ans pour Zaïm.

Reportage. L'éternel sit-in d'Imider

  • Par : Hicham Oulmouddane, TelQuel, 22/1/2014

Crédit photo : Hicham Oulmouddane
Reportage. L'éternel sit-in d'ImiderDepuis plus de deux ans, les habitants de la bourgade protestent contre la SMI qui exploite la mine d’argent. Si l’issue du bras de fer 
se fait attendre, la population n’a rien perdu de sa détermination.
Les habitants d’Imider ne désarment pas. Depuis août 2011, il ne se passe pas un jour sans que la population de cette localité de la région de Ouarzazate n’organise un sit-in. Les protestataires se réunissent au bord de la nationale 10, à l’endroit même où la Société métallurgique d’Imiter (SMI) a creusé un puits pour fournir de l’eau à la mine d’argent, située 2 kilomètres plus loin. 
En ce début d’après-midi ensoleillé, la température ne dépasse pas les cinq degrés. Mais ce n’est pas pour décourager les manifestants qui forment un cercle avec les hommes d’un côté  et les femmes de l’autre. Au centre, un encadrant, mégaphone à la main, répartit le temps de parole entre les participants. « Chaque famille doit mettre à disposition une personne pour assurer la permanence et assister aux sit-in », nous lance Ahmed Agraouli, membre du comité d’organisation. Après deux heures de débats sur l’avancement des négociations avec la SMI, la foule marche en direction des trois grands hameaux qui forment la bourgade d’Imider.
Pour comprendre les sources de ce conflit, il faut remonter à 2004, quand la SMI décide de procéder à une série de forages pour pomper l’eau et l’acheminer vers la mine. Durant le mois de ramadan 2011, le débit d’eau s’affaiblit au point qu’elle n’est disponible au robinet que 30 minutes par jour. Les habitants décident alors de réagir et coupent l’alimentation du principal forage qui fournit la mine en eau. Depuis, ils campent à proximité du château d’eau, situé sur les hauteurs du mont Alebban, à 1400 mètres d’altitude, pour éviter que cette vanne soit rouverte. Avec le temps, les militants ont fini par construire de petites cabanes de fortune. La surveillance du château d’eau mobilise une soixantaine de personnes qui passent la nuit sur place. « Chacun participe à l’achat du thé, du pain et d’autres denrées de première nécessité », souligne Ahmed Daoudi, membre du comité d’organisation de la contestation. Sur les murs du château d’eau, les habitants ont peint une fresque en hommage à Mustafa Ouchtoban. Employé de la mine, ce jeune homme de 27 ans a été condamné en 2012 à quatre ans de prison ferme pour le vol d’une pépite de 18 grammes. « Le jour il travaillait dans la mine et le soir il venait soutenir le sit-in. Suite à un contrôle de son véhicule, les gardiens ont trouvé un morceau de minerai qu’il aurait volé. Nous pensons qu’il s’agit d’une machination pour faire peur aux habitants et briser la contestation. Il a écopé de la peine maximale », raconte Ahmed Daoudi.

Le village fait grise mine
Outre la problématique de l’eau, la population évoque la présence de certains polluants comme le cyanure, utilisé en masse pour extraire l’argent, et le mercure, un des résidus libérés par le minerai lors de son 
incinération pour obtenir l’argent pur. « Le cyanure et le mercure ont provoqué des dégâts environnementaux. Nous n’avons pas les moyens de prouver cela par une étude scientifique, mais nous constatons les conséquences sur la faune et la mort mystérieuse du bétail des nomades de la région », explique Mohamed Agraouli.
A la porte de la mine, les entrées et sorties du personnel sont soigneusement surveillées et tout le monde, sans distinction, est passé au détecteur de métaux. Pour surveiller la mine, qui produit chaque année 300 tonnes d’argent, une antenne de la gendarmerie et des Forces auxiliaires a été installée à proximité. Et pour cause, pendant plusieurs années, le minerai était pillé par des bandes organisées qui s’introduisaient dans la mine la nuit pour subtiliser le précieux métal. Il y a trois ans, des malfrats, profitant du manque d’effectif des surveillants, se sont attaqués au coffre de la mine et ont subtilisé une tonne d’argent. Depuis, la sécurité a été renforcée et aucune infraction n’a été commise. Mais ces vols à répétition ont installé un climat de suspicion et empoisonné les relations entre la SMI et les habitants d’Imider.

La SMI rassure
La société minière réfute les arguments des manifestants. « Nos études du bassin hydrique sont pointues et démontrent de façon irréfutable qu’il n’existe aucun impact de nos forages sur le niveau d’eau du village », assure Ahmed El Maliki, responsable des forages d’eau. Le directeur général de la branche métaux précieux de Managem (groupe qui chapeaute la SMI, appartenant au holding royal SNI), Youssef El Hajjam, nous accompagne pour une visite de la mine. Il nous explique le développement de procédés pour extraire le minerai en utilisant moins d’eau grâce au recyclage des ressources hydriques. Nous arrivons dans un pavillon où sont installés les incinérateurs et où le minerai purifié est traité pour extraire l’argent. A côté, des dizaines de bidons de cyanure sont entreposés. Dans les incinérateurs, plusieurs quantités de mercure sont récupérées après l’opération. « Le cyanure est un produit essentiel pour isoler l’argent et le mercure est collecté pour ne pas s’évaporer ou s’échapper dans les nappes phréatiques. Nous disposons des certifications d’un cabinet international, qui atteste que nous prenons toutes les précautions pour protéger l’environnement », souligne Youssef El Hajjam.

La couleur de l’argent
Malgré les multiples contacts entre l’administration de la SMI, les élus locaux et les représentants des populations, les négociations sont toujours au point mort. Pour obtenir réparation, les révoltés d’Imider exigent que la SMI  leur réserve 75% des postes en cas d’embauche. Une condition que l’administration minière considère comme un moyen de bloquer la négociation. « Les 1150 personnes qui constituent le personnel de la mine sont réparties entre les travailleurs de la SMI et les sous-traitants. Les ouvriers originaires d’Imider représentent 30 %. Si l’on ajoute ceux issus de la région, nous arrivons à  un total de 76 % », avance Youssef El Hajjam. Faux, selon les militants locaux. « Les habitants d’Imider ne représentent pas plus de 14% du personnel. Avec un quota de 75 %, la SMI réparerait tous les dommages causés à la population depuis le début de l’exploitation en 1969 », explique Mohamed Agraouli, qui accuse dans la foulée la CDT, le syndicat le plus représenté au sein du personnel de la SMI. « La CDT a négocié avec l’administration le droit pour les enfants de mineurs d’hériter du poste de leurs parents. Mais vu que les ouvriers originaires d’Imider sont une minorité, nous resterons toujours sous-représentés », souligne-t-il.
Pourtant, la SMI a financé une série de projets pour soutenir l’infrastructure locale, comme le renforcement des khattarates, ces canaux sous-terrains d’eau, la mise à disposition d’un médecin et d’une ambulance, mais rien ne semble convaincre les habitants. « Toutes ces actions dont la SMI revendique la paternité font partie des programmes étatiques comme l’INDH», souligne Ahmed Daoudi. « Nous savons que la mine a une durée de vie limitée. Mais nous y travaillons tout de même pour permettre à nos enfants de faire des études et leur ouvrir d’autres perspectives d’emplois», poursuit-il, avant de rejoindre ses camarades pour assurer la surveillance du château d’eau. La nuit s’annonce très longue et glaciale, mais le moral des troupes est intact.


IMIDER : symbole de la lutte, un militant avec le drapeau berbère ...


Un militant avec le drapeau berbère . Les manifestants ont occupé une colline au-dessus d'une mine d'argent depuis plus de deux ans . Leila Alaoui pour le New York Times. (On remarque la nappe de boue polluée au pied de la colline. ndlr)
Imider , Maroc - Au sommet d'une colline de près de 5000 pieds de haut dans les montagnes de l'Atlas ici , un petit avant-poste a pris forme au cours des deux dernières années . Les petits bâtiments en pierre sont décorées gaiement avec des graffitis , une vraie  galerie à ciel ouvert . Beaucoup de portes portent des inscriptions inspirées de gens comme le révérend Martin Luther King Jr. et Mère Teresa . Sur le mur d'un réservoir à proximité , quelqu'un a peint le visage d'un militant local , Mustapha Ouchtoubane, actuellement en prison pour ce que les gens considèrent comme de fausses accusations .

C'est un endroit peu habituel pour un règlement de conflit, mais il a été établi avec un but : pour protester contre l' exploitation par une entreprise minière de la précieuse ressource en eau , ainsi que contre la pollution qui en résulte  .
Les habitants sont issus des communes voisines d' Imider , 6000 personnes réparties sur sept villages et voisins de la mine d'argent la plus productive en Afrique .
Mais tandis que la zone est riche en argent , elle est le domaine d'une population  parmi les plus pauvres du Maroc 
The people of Imider (pronounced ee-me-DER) say they have grown to resent the mine because they get nothing from it except pollutants. So two years ago, some of them climbed up the hill and cut the water supply to the mine. Since then, they have occupied the hill as they continue to fight the Imiter Mettalurgic Company and, by extension, the king of Morocco, its principal owner.(...)

Ces prières rogatoires qui font honte à l’Islam

Par Salah Elayoubi, 23/1/2014


Benkirane

Un communiqué rendu public après une réunion du gouvernement marocain, jeudi 23 janvier. informe les marocains que Abdelilah Benkirane a rendu « grâce à Dieu, Tout-puissant pour les pluies abondantes sur notre pays. » avant d’ajouter que le Chef du gouvernement «  a remercié le roi pour avoir ordonné l’organisation des prières de rogations pour la pluie dans tout le royaume dans divers humilité. »
Avec de telles déclarations, Benkirane franchit un nouveau palier dans l’obséquiosité dont il gratifie le roi, depuis ,son arrivée au pouvoir, pour autant qu’on puisse parler de pouvoir. Aucun des premiers ministres qui l’avaient précédé, n’avait, jusque là, osé pousser la servilité au point de remercier le roi pour l’organisation de cette fête à l’hypocrisie et cette escroquerie que sont les prières rogatoires.
Et comme de coutume, il ne se trouvera pas un seul homme politique, pas un représentant de la vie civile,  pas un de ces islamistes qui font honte à l’Islam et dont le Maroc s’est fait une spécialité,  pour se fendre d’un communiqué, protester ou monter au créneau pour dénoncer cette arnaque à laquelle même le petit peuple a depuis longtemps, cessé de croire.
Au XXI° siècle, à l’heure où la science a depuis longtemps remplacé les sornettes et la météorologie, les conjectures,  il se trouve encore des dirigeants indignes au point de tenter de faire avaler à leur population des saillies dignes du Moyen-âge.
Alors, disons le haut et clair, cette cérémonie fait la honte de l’Islam et des musulmans et déshonore ceux qui l’initient et la pratiquent. Mais on savait que « chez ces gens-là », on a depuis longtemps renoncé à tout honneur et bu toute forme de honte !

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=29427

Une synagogue dans une mosquée





synagogue mosquee Une synagogue dans une mosquée
Dans le Bronx à New York, chaque vendredi soir pour le service du Shabat, des juifs du quartier se rendent à leur synagogue. Petit détail, la synagogue se trouve au sein même d’une mosquée.
La communauté musulmane a mis à la disposition des juifs une partie de la mosquée qu’ils utilisent comme synagogue.
Cette entraide est le fruit d’une relation ancienne de plusieurs années. La communauté juive, qui possédait une synagogue sur Virginia Avenue, collectait des vêtements pour les familles nécessiteuses dont une partie allait au Cheikh Moussa Drammeh et sa communauté musulmane. Depuis, les liens d’amitiés entre les deux lieux de cultes se sont créés.
En 2003, suite à une baisse démographique de juifs, les cadres de la communauté ont été forcées de vendre la synagogue. Selon le « Jewish Community Relation Chair », il y avait jadis 630 000 juifs dans le Bronx et en  2002 ce chiffre avait chuté à 45100. Suite à cela, un local a été loué jusqu’en 2007. Un espace qu’ils ont dû abandonner par manque d’argent. La communauté est composée en grande partie de personnes âgées dont les revenus sont très limités.
Dès 2006, le Cheikh Moussa Drammeh, au courant de cette situation, s’est immédiatement porté volontaire pour accueillir la communauté juive au centre islamique, gratuitement.  Selon le Cheikh, c’était à son tour d’aider le peuple qui l’avait aidé autrefois, lui et sa communauté.
Au départ, les fidèles juifs tenaient les services du shabbat dans le bureau de l’imam. Après six mois, la  pièce est devenue exiguë, de plus en plus de personnes assistaient aux offices bien qu’elles aient eu lieu dans une mosquée. L’imam leur proposa une salle, suffisamment grande pour que les juifs l’aménagent convenablement pour leur culte.
La cohabitation dure depuis 2007. Une fidèle juive raconte à Tabletmag qu’elle apprécie le centre accueillant la synagogue «  Ce sont des gens très doux »
Dès lors qu’on parle de musulmans et de juifs, on est souvent amené à penser au conflit Israélo-palestinienne. Cette incroyable histoire pourra être partagée par les deux communautés afin de prouver qu’elles ne sont pas ennemies.

crédit photo et source : TabletMag

Maroc : l’austérité pour le peuple, pas pour le Palais



Entretien avec Omar Radi, militant d’ATTAC/CADTM Maroc, journaliste à l’hebdomadaire marocain TelQuel, 19/1/2014

Les députés marocains ont adopté le budget 2014. Peux-tu nous dire ce qu’implique ce budget pour la population marocaine ?
Le projet de budget 2014 s’inscrit dans la continuité des lois de finances précédentes. Il s’attaque au niveau de vie de la majorité des Marocain-e-s, à leur pouvoir d’achat (par exemple via la hausse de la TVA de 7 à 10% et de 14 à 20%, inclus les produits de 1ère nécessité) tandis qu’il offre de nouvelles exonérations fiscales au patronat - autour de 30 milliards de dirhams (2,67 milliards d’euros). Le budget du Palais Royal a de nouveau augmenté. Le roi coûte à la population marocaine près de 700 000 euros par jour. Les budgets de la Défense, du Ministère de l’Intérieur et des Services de Renseignement restent les plus élevés, et on s’attend à une nouvelle augmentation du budget de la Défense, l’armement étant la priorité n°1 de l’État marocain alors que les hôpitaux sont mal équipés, qu’il y a une place d’université pour quatre étudiants... On est dans une dynamique d’austérité comme en Europe.

Peux-tu revenir sur le projet de TGV Casablanca-Tanger qui a fait l’objet de contestations ? Y-a-t-il d’autres « grands projets inutiles et imposés » en cours au Maroc ?
En 2007, comme le Maroc comptait sur le soutien de la France face à l’Algérie sur la question du Sahara au sein du Conseil de Sécurité des Nations unies, le roi a signé un accord avec la France, lors d’une visite de Sarkozy au Maroc, pour la réalisation de la ligne TGV exclusivement auprès de groupes français. Les multinationales qui profitent du projet sont Alstom et la SNCF. Et ce sans qu’il n’y ait d’appels d’offres tel que le prévoit la législation et les règles de concurrence européennes. Cela a conduit la BEI (Banque européenne d’investissement), alors sous présidence allemande, à refuser d’accorder un prêt au Maroc pour l’achat des rames de TGV, l’Allemagne et son entreprise nationale Siemens voulant aussi vendre des TGV...
Le gouvernement et le parlement marocains n’ont pas été consultés, ce qui a provoqué un grand mécontentement. L’opposition au TGV était un appel à ce qu’il y ait un débat national. Casablanca-Tanger est le trajet le plus couvert par les routes, il y a déjà un train, tandis que certains endroits ne sont desservis ni par route ni par train. Par exemple, alors que nous contestions le TGV, 70 personnes sont mortes dans un accident sur une route de montagne dangereuse entre Marrakech et Ouarzazate. Depuis plus de 10 ans, les habitants réclament un tunnel pour rendre la circulation plus sûre. Ce scandale n’a pas mis en échec le projet de TGV dont l’argent aurait pu servir à des aménagements plus prioritaires. La vie d’un-e Marocain-e n’a aucune valeur pour l’État et ceux qui décident. A ce jour, on est devant le fait accompli : les rails sont en place et 50% du chantier est réalisé. Cela va coûter quelque 5 milliards d’euros, soit, à titre de comparaison, 900 universités.
Si la ligne Casablanca-Tanger est emblématique des « grands projets inutiles et imposés », on peut également citer le projet de centrale solaire de Ouarzazate dans le cadre de Desertec (qui vise à exploiter le potentiel en énergies renouvelables des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord afin de couvrir les besoins en électricité en Europe), pour lequel l’État marocain s’est beaucoup endetté. L’énergie solaire est donc destinée à l’exportation et non à l’usage local. Le projet a l’air de se casser la figure. La question des débouchés n’est pas claire (quels pays acheteurs ? quels prix ?). En outre, ces centrales solaires doivent être refroidies et pour cela on va recourir aux nappes phréatiques de Ouarzazate, déjà très rares. Cela présage un désastre écologique dans la région que l’État essaie de dissimuler.

Quel est l’état des résistances aujourd’hui ? Le mouvement du 20 février |1| est-il toujours actif ?
Le mouvement du 20 février s’est affaibli, voire s’est dissous, pour plusieurs raisons. La répression policière et l’emprisonnement de militant-e-s a cassé le mouvement. Le régime applique une stratégie sélective et près de 200 personnes, chevilles ouvrières du mouvement, sont en prison. Les médias cachent la réalité de la rue marocaine et n’ont pas relayé les actions menées par le 20F. Dans un même temps, le mouvement souffrait de contradictions internes, de conflits entre plusieurs de ses composantes, parfois même d’autocensure - on aurait parfois pu aller plus loin dans le bras de fer avec le régime -, et enfin, de l’absence d’alternatives : on exprime une colère mais on ne formule pas de véritables alternatives, de solutions concrètes, face au régime politique actuel.
Après trois années mouvementées, nous sommes dans une période assez molle. Les gens se sentent épuisés, il y a peu de motivations. On se retrouve avec des luttes sociales sporadiques et éparses : luttes pour la libération des prisonniers, ouvriers qui mènent des grèves, font un mouvement d’occupation, luttes des diplômés chômeurs, luttes des femmes contre le microcrédit. Il y a des appels à se re-mobiliser, à construire quelque chose en faisant le bilan des forces et faiblesses du mouvement. On est un peu en « mi-temps », les gens essaient de regagner des forces.

Notes

|1| Le mouvement du 20 février est né en février 2011, dans le sillage du printemps arabe après la fuite de Ben Ali et le retrait de Moubarak.

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Lettre d’Ali Aarrass sur l'injuste distribution des vêtements à la prison : « les plus pauvres ne reçoivent rien… »


2122 Jours de détention




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Lettre postée le 19/1/2014


« Les autorités utilisent-t-ils mon action humanitaire à des fins politiques et personnelles ? »  se demande Ali Aarrass dans  une  lettre  du 11 janvier 2014 sur la distribution des vêtements aux prisonniers à Salé II .

vêtements Ali Aarrass Farida Luk"Après ma première lettre (voir http://www.freeali.eu/?p=5106 ) où j’avais décrit la manière cruelle avec laquelle on m’a empêché (durant 3 mois) de faire aboutir un projet humanitaire visant à améliorer les conditions de vie des prisonniers et les sortir de leur isolement... je vous écris cette deuxième lettre pour vous mettre au courant des derniers rebondissements au cours des trois derniers jours et ainsi vous transmettre une image complète du déséquilibre flagrant de la politique de réinsertion et de réhabilitation dans les prisons en général et celle de Salé II en particulier.
Après avoir interdit l’accès aux différents sacs (de vêtements, chaussures et le nécessaire de toilette ) aux prisonniers pendant trois mois, la prison leur a enfin ouvert ses portes, mais dans des circonstances mystérieuses puisque la direction a bien permis à l’Observatoire Marocain des Prisons (OMP) d’assister à l’entrée des sacs mais pas à la distribution de leur contenu aux prisonniers.
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Ce qui fait planer une ombre sur cette distribution qui s’est faite donc sans aucune garantie ni aucun contrôle à part une promesse de la direction de transmettre un procès verbal détaillé.
Selon une source fiable, la distribution a exclu d’office les prisonniers de nationalité marocaine alors qu’ils font partie de la tranche la plus pauvre. On a donc privilégié les autres nationalités alors que la plupart d’entre eux n’en ont pas besoin. (Des africains emprisonnés dans le cadre d’affaires de drogues dures et des européens condamnés dans des affaires de drogues et autres)
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Je tiens à préciser que les lignes précédentes n’ont aucune connotation xénophobe mais la distribution devrait avoir lieu sur base de critères objectifs et non politiques.
Ce qui est encore plus étrange est que la direction a filmé la distribution, ce qui pose de multiples questions sur le but de cet enregistrement puisque cela ne fait pas partie des procédures légales, surtout en plein débat national sur l’immigration des sub-sahariens.
Il est aussi à noter qu’on ne m’a pas informé de l’entrée des sacs et de leur distribution (alors que je suis à l’origine de cette action) mais l’information m’est parvenue de personnes extérieures.
Cette distribution injuste a provoqué l’indignation chez les prisonniers pauvres qui continuent à jouer au football pieds nus ou avec des sandales déchirées. En plus de la pauvreté et de l’éloignement de leur famille, ils viennent de subir une injustice supplémentaire en voyant cette aide tant attendue leur passer sous le nez sans qu’ils puissent rien y faire.
D’une autre part, certains ensembles et quelques belles paires de chaussures n’ont pas été distribués mais dérobés par les fonctionnaires qui ont procédé à la distribution (selon une source proche de la direction).
SAMSUNGEt dans une mesure de transparence, cette même source explique que le directeur de prison et le (président de détention) n’étaient pas présents lors de cette distribution.
Un des prisonniers qui ont bénéficié de cette action, nous a cité les noms des fonctionnaires qui ont géré cette distribution :
- Fouad Zamrani 
- Abdellah Hibbi 
- Hamid El Allali, l’infirmier dans l’enceinte de prison ;
- Bouazza El Onki, adjoint du directeur.
J’avais d’ailleurs déposé plainte contre les deux derniers auprès de Monsieur Juan Mendes rapporteur spécial de l’ONU.
Il reste plusieurs zones d’ombre autour de cette affaire, notamment pourquoi avoir exclu les détenus pauvres (tous marocains) de bénéficier de telles initiatives caritatives? Et jusqu’à quand allons nous donner l’image d’une diplomatie propre sur le dos de l’être humain ?
Le meilleur moyen d’illustrer la crise de réhabilitation et l’injustice sociale répandue dans le milieu carcéral est bien l’augmentation des comportements irresponsables qui détruisent automatiquement toute ambition visant à aider ces détenus au lieu de marcher d’un pas certain vers le changement.
SAMSUNGEn attendant le changement de ce genre de comportements contraires à la logique sociale, la question de la réinsertion reste d’actualité face à une réalité régie par les intérêts personnels."
Fait le 11/01/2014
Prison Salé II
Ali Aarrass