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samedi 12 avril 2014

La question de la RASD connaîtra une «phase décisive» en 2015

 Conseil de sécurité

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Al Watan, 12/4/2014

 
La question du Sahara occidental pourrait entrer  dans une «phase décisive» au Conseil de sécurité en 2015, a déclaré, hier, à l'APS, le représentant du Front Polisario à l’ONU, Ahmed Boukhari, en réaction au nouveau rapport du secrétaire général de l’ONU sur la question sahraouie.

Dans ce rapport qu'il présentera jeudi prochain au Conseil de sécurité,  le chef de l’ONU a indiqué que le Conseil devrait se réunir en octobre 2014 pour une première évaluation de la démarche de l'envoyé personnel pour le Sahara occidental, Christopher Ross, entreprise dans le cadre du processus de négociations, basé sur des consultations bilatérales et des navettes diplomatiques, comme il a invité les deux parties au conflit à «s'engager sérieusement» sur deux questions fondamentales que sont «le contenu de la solution politique et la  forme de l'autodétermination» pour le dossier sahraoui.
Mais si aucun progrès ne se réalisera avant avril 2015, Ban Ki-moon  a avancé que les membres du Conseil de sécurité devraient alors procéder à une «révision totale» du cadre du processus des négociations entre le Front Polisario  et le Maroc. Selon M. Boukhari, cela signifierait que «le chef de l’ONU ferait assumer au Conseil de sécurité à une lourde responsabilité, et ce, soit pour aller de  l'avant et á résoudre définitivement le dossier sahraoui, dernier cas de colonialisme  en Afrique, soit jeter l’éponge et ouvrir, par conséquent, les portes à l'inconnu  dans une région qui a besoin de paix, de stabilité et de certitude pour son  avenir». «Ban Ki-moon a dit, d'une manière explicite, qu'il pourrait alors engager  le Conseil de sécurité à réviser le cadre des négociations que cet organe de  décision de l’ONU avait défini en 2007 à travers sa résolution 1754»,  selon  le représentant sahraoui. En conséquence, commente M. Boukhari, la question du Sahara occidental pourrait alors entrer dans une «phase décisive» au Conseil de sécurité dès avril 2015.

Colonisation / décolonisation : indépendance. Sahara Occidental - Côte d'Ivoire


Colonisation / décolonisation : indépendance. 

Sahara Occidental - Côte d'Ivoire

Conférence / débat dans le cadre de la 2ème université Citoyenne et Solidaire de l'Est Lyonnais
Colonisation / décolonisation : indépendance
Sahara Occidental - Côte d'Ivoire
Samedi 19 avril
10h-21h
Espace Frachon, 3 av Maurice Thorez
69 Vaulx en Velin 
 Affiche et programme ci-dessous

Jaafar, Sahraoui torturé de manière ignoble à El AAIUN dans la nuit du 9 au 10/4/2014



Par Claude Mangin, recueilli par Crisrina Martinez Benitez de Lugo 10/4/2014


 Jaafar Carcoub Hmad, Sahraoui, a été arrêté à minuit dans la nuit du 9 au 10 avril 2014, quand il se promenait dans le port de El Aaiun, près d’un magasin de sardines.



Jaafar est neveu de l’activiste des droits de l’homme, Hmad Hammad, très connu. Hmad connaît bien les tortures marocaines et la persécution systématique. Encore aujourd’hui, il traîne les séquelles des tortures qu’on lui infligea. Il a été opéré des vertèbres, il a de terribles douleurs. Être neveu de Hmad n’est pas une bonne carte de visite.



Jaafar fut attrapé par cinq ou six gendarmes marocains. Ils disaient qu’il essayait de brûler les magasins. Ils sentirent ses mains et dirent qu’elles sentaient l’essence.



Ils l’emmenèrent au Commissariat de la plage. Tout de suite arrivés, ils l’assommèrent avec une brique sur la tête, et il perdit connaissance. Ensuite il l’enfermèrent dans des toilettes répugnantes. Là, il fut rossé de coups et de coups de pied. Ce fut un assaut organisé, collectif. On le battit sur le visage avec des tennis. On lui asséna des coups de pied sur la tête avec la pointe des bottes et on marcha sur sa tête. Ils le mirent par terre et ils sautaient sur son dos comme s’ils étaient sur un matelas. Ils se relayaient. Ensuite, quelqu’un donna l’ordre de le retourner, et ils continuèrent à sauter sur sa poitrine. Il avait des menottes aux mains et aux pieds. Il était couvert de sang. Il déféqua dans sa culotte. Ils n’accédèrent pas à le changer ni à lui donner de l’eau.



Il hurlait. “tu peux y aller, personne ne t’entend”. Une personne avec une moustache lui dit: “Sais-tu que de nombreuses personnes qui ont été ici, dans ce cachot, n’ont plus donné signe de vie? Certains ont réussi à sortir, mais, malheureusement, pas tous”.



Quand il fut arrêté, il y avait une personne avec lui qui put fuir et prévenir la famille. Sa tante se rendit au commissariat. Ils lui dirent que ce n’était rien, que c’était une bagarre. Sa tante savait très bien de quoi il en était. Quand elle partit, le gendarme de dire: “Ces natifs, ce sont des ignares. Ils croient tout”.



On le battit pendant toute la nuit. On le laissait un peu et ils recommençaient. Ils s’amusaient avec lui. À 5h. ils le laissèrent par terre et s’en furent prendre une collation.



Ils l’appelaient séparatiste, ils l’insultaient, ils lui crachaient dessus.



Jaafar saignait des yeux. Il ne pouvait se protéger la figure. On lui cassa le nez et un sourcil. Il a mal partout, les coudes, les genoux, la tête, le dos, surtout le dos. Il ne peut pas bouger.



Jaafar raconte ce qu’il éprouvait. Il fut surpris de l’énorme cruauté des gendarmes qui donnaient ces coups pleins de haine, de méchanceté. Ils n’ont pas peur. Ils savent qu’ils sont couverts.



On l’interrogeait. Mais avant qu’il ne pût répondre, on le battait de nouveau. Question – coup. On lui demandait à propos de personnes qu’il ne connaissait pas, ce qu’il faisait à El Aaiún (Jaafar y est depuis trois mois seulement), quelle était sa relation avec son oncle Hmad.



Jaafar leur dit: “attendez, il ne reste pas longtemps pour l’élargissement de la MINURSO”. “Tiens Minurso” et ils le battaient davantage.


Jaafar leur dit qu’il n’était pas séparatiste, que pour se séparer de quelque chose il faut avoir été uni auparavant. Et que le Sahara n’avait jamais appartenu au Maroc.



Ces réponses de Jaafar aux gendarmes peuvent surprendre dans une situation si dure, mais Jaafar me dit que c’était une injustice si absurde que tout lui était égal. Il voulait mourir. Il ne supportait plus la douleur dans la poitrine, l’estomac, le dos, la figure. Il voulait combattre la violence avec la vérité, avec la raison.

“Moi, je suis contre la spoliation”. Davantage de coups. Le mot spoliation -qui se dit “nahb” en arabe- est un mot tabou au Maroc. Il est défendu.


On lui fit signer des papiers dont il ne connaissait pas le contenu. On lui mit l’empreinte sur le papier. Lui essayait de tacher la déclaration, mais on le battait toujours.

On l’emmena à l’hôpital pour lui coudre les blessures de la tête. Et ils le retournèrent au cachot. Là ils demandèrent que la famille lui amène des vêtements pour qu’il se présente devant le juge dans un autre état.


Le rapport médical : dans une page d’un bloc, un gendarme note “un coup sur la tête, un coup sur le sourcil” et il le garde dans sa poche.

Le matin, le groupe fut relayé. Ces nouveaux gendarmes avait l’air sympathique et jovial.”Qui t’a fait ça?” “Vos camarades”. “Non, tu ne dois pas dire ça. Ça ne va servir à rien”. On lui disait : “Il faut abandonner la politique. La politique est menée par quelques uns et ensuite c’est les pauvres gens qui payez les pots cassés”.

On insista une et mille fois pour qu’il ne dise pas au juge ce qu’on lui avait fait ou il y trouverait son compte. Un policier avec beaucoup de galons lui dit : “Si tu te mets du côté des activistes, il y aura des conséquences. Ton oncle sait bien de quoi je parle”. Il le lui répéta en marquant bien ses mots, comme pour lui laisser réfléchir sur toutes les possibilités de représailles. “Je te l’ai dit trois fois et je ne le redirai pas”.



Devant le juge, Jaafar raconta tout. Le juge ne voulait pas l’écouter. “Je ne te crois pas, ça ne va pas figurer”. Jaafar, malgré son état, insistait devant le juge “on ne m’a pas informé de mes droits, et maintenant que je suis devant le juge, il ne veut pas m’écouter”.


Le juge fut net. “Si tu veux que tout se passe bien, ne dis pas que c’est la Gendarmerie qui t’a tabassé”. Il le menaça de la Prison Noire. Plus tard, il changea un peu et lui dit: “Écoute, tu vas être acquitté, mais tu ne dois pas dire qu’on t’a frappé au commissariat”.



On venait de lui faire cadeau d’un bon portable. À la gendarmerie on lui rendit ses deux portables cassés, écrasés avec des bottes. Il confisquèrent ses deux cartes mémoire. Quelques jours auparavant son e-mail avait été bloqué.



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 Ce genre d’épisodes se produit régulièrement au Sahara Occidental occupé.

À cinq jours du renouvellement du mandat de la MINURSO, le gouvernement marocain continue de torturer. Ils se savent à l’abri. Les Nations Unies renouvelleront une autre fois le mandat sans l’élargir à la surveillance des droits humains, avec un petit mot demandant au Maroc de mieux se tenir. On voit bien que le Maroc a tout ficelé et bien ficelé.

Tous les pays des Nations Unies savent ce qui se passe au Maroc où l’on torture les Sahraouis pour s’exprimer. Mais c’est honteux qu’un organisme supranational qui dit défendre les méthodes pacifiques appuie sans gêne un Maroc qui torture et qui occupe une nation, pour servir les intérêts économiques ou stratégiques de certains pays.

Quelle honte.





recueilli par Crisrina Martinez Benitez de Lugo

Le 10 avril 2014.


Le Président du sénat de la République du Rwanda reçoit l’ambassadeur sahraoui à Kigali


Kigali (Rwanda), 09 avr 2014 (SPS) L’ambassadeur de la République sahraouie Habib boukhreis a été reçu mardi en audience par l’honorable Dr. Ntawukuliryayo jean Damscene, Président du sénat de la République du Rwanda.
Les entretiens ont porté sur les derniers développements de la situation du conflit du Sahara occidental et la question de violation des droits de l’homme par le Maroc dans les territoires sahraouis occupés et la nécessité de doter la Minurso d’un mécanisme pour surveiller les droits de l'homme dans ces territoires sous occupation marocaines.
Dr. Ntawukuliryayo a fortement dénoncé ces pratiques d’un autre âge perpétrées par le Maroc contre des manifestants pacifiques revendiquant leurs droits à la liberté et à l’indépendance.
Il a en outre réitéré le soutien de son pays à la juste cause du peuple sahraoui, exprimant sa sympathie avec les victimes sahraouies de la répression marocaine.
"La République sahraouie sera victorieuse. C’est le sens de l’histoire" a-t-il conclut. (SPS)

Droit de l’Homme au Sahara occidental : le Maroc va recevoir le Haut-commissaire Navi Pillay




















Navi Pillay, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme.

Le renouvellement du mandat de la Minurso au Sahara occidental approche. A cet effet, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Navi Pillay, sera en visite au Maroc durant le mois de mai.

Le représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, Omar Hilale, a annoncé ce mardi, durant le Forum MAP, la visite au Maroc au mois de mai de Navi Pillay, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme. Cette visite intervient à l’approche du renouvellement du mandat de la Minurso au Sahara occidental.
Omar Hilale a par ailleurs indiqué que d’autres responsables onusiens se rendront au royaume en 2014 et 2015. « Des concertations sont en cours avec les rapporteurs spéciaux chargés de la question des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et de la question de la violence à l’égard des femmes », a-t-il déclaré.
Le représentant du Maroc a profité de l’occasion pour lancer une nouvelle pique au voisin algérien, sans toutefois le citer : « les allégations colportées par certains milieux hostiles à l’intégrité territoriale du royaume sur le fait que le Maroc ne permettrait pas aux délégations étrangères de se rendre dans ses provinces du sud ».
Une « visite de suivi » sera organisée à l’intention du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Juan Mendes.

EM : Liberté d’expression et ses conséquences en territoires occupés

Equipe Media, 10/4/2014





Mercredi 26 mars 2014, dans le quartier "les appartements rouges" prés de la rue Essmara, à El Aaiun, territoires occupés du Sahara Occidental, plus de 300 sahraouis se sont rassemblés dans une manifestation pacifique. Ils ont brandi les drapeaux de la RASD et chanté des slogans pour l'autodétermination et l'indépendance du Sahara Occidental.

La manifestation s'est élargie pour inclure la rue Essmara, le rue Mezouar, le quartier El Fath, la rue Tan Tan et le quartier Lhchicha. Les nombres des participants ont dépassé 700.



Le lendemain, à 5h45 du matin  dans le quartier "les appartements rouges", plus de 40 véhicules de police et forces auxiliaires ont encerclé la maison d'El Moujahid Mayara, un jeune activiste et ex-prisonnier politique sahraoui pour l'arrêter.

Ce groupe d'intervention dirigé par un commando est venu spécialement aux territoires occupés pour le mois d'avril. Ce groupe a pris d'assaut la maison et détruit porte et mobilier avant d'arrêter Mayara et un autre jeune activiste, Hajoub Hmaidi.

Les deux jeunes sont restés 72 heures au poste de police où ils ont été interrogés et torturés.

Moujahid Mayara a été blessé, il a du être hospitalisé, et 27 points de suture ont été nécessaires pour recoudre les blessures ouvertes qu'il avait au ventre.

Les deux militants ont comparu le 1er avril devant la cour de première instance pour les chefs d'accusation  possession de drogue et d'armes blanche, désobéissance aux autorités.


Les prisonniers sont entrés dans la salle d'audience en chantant des slogans en faveur de l'autodétermination et l'indépendance du Sahara Occidental. Les policiers avaient empêché Moujahid Mayara de porter le Dar’aa, habit traditionnel  des hommes sahraouis. Le tribunal était sous haute surveillance, le quartier cerné de 10 véhicules de police. La cour a reporté le procès au 7 avril, à la demande de la défense.



Lundi 7 avril, arrivé au poste du 4ème arrondissement de la police à El Aaiun à 10h45 pour demander un certificat de casier judiciaire, Mohamed Lamin Al Idrissi, journaliste du centre sahraoui des medias et de la communication a été retenu pendant 4 heures.

Le commissaire d’arrondissement  l'a en effet informé qu'il était impliqué dans une affaire de " bagarre avec une personne " et l’a fait attendre. Le jeune journaliste a ensuite été amené à préfecture de police dans une Renault 19 banalisée.

Al Idrissi a été interrogé par un officier sur son nom, le nom de son père et sa mère, puis laissé seul dans le bureau pendant plus d’une heure. 

Un autre officier est ensuite venu l’informer qu'il n' y avait aucun problème sauf avec ses engagements militants. L’officier a demandé à Mohamed Lamin Al Idrissi d'arrêter ses activités de journaliste et de défenseur des droits des Sahraouis.



EM, El Aaun occupé
Le 9 avril 2014
Pour suivre l'Equipe Média : https://www.facebook.com/EquipeMedia2010?fref=ts ou http://emsahara.com

Rappel, jeudi 10 avril "Enfants des nuages, la dernière colonie"



Communiqué

«  Exclusivité, avant première le jeudi 10 avril au Café des Images : Javier BARDEM »

Voici en exclusivité au Café des images à Hérouville Saint Clair (Calvados)  pour une séance unique et en avant première, dans le cadre des 26èmes rencontres du cinéma ibérique et latino-américain,
le jeudi 10 avril 2014 à 20h30

la projection du prix Goya 2013 du meilleur film documentaire

Enfants des nuages, la dernière colonie,

(Espagne - 2012 - 1h21, VO français, anglais, espagnol, arabe, sous-titres français)

avec
Javier Bardem, Aminatou Haidar,
Roland Dumas, Paul Nahon, Felipe González,
Jorge Moragas, Jean-François Poncet...

produit par

Javier Bardem,
Álvaro Longoria et Lilly Hartley

Avec la voix de
Victoria Abril
pour la narration en français
- - -
Festivals de Berlin, Toronto, San Sebastián...
Vous pouvez découvrir la bande annonce sur  http://vlb.r.mailjet.com/redirects/dvfyhrvgw7yhrr550hhp7z/www.youtube.com/watch?v=NOq__iS82eI&feature=youtu.beou
et ou voir l'interview du 20/02 au Grand Journal de Canal + de J. Bardem, V. Abril et Longoria ! Un petit événement dans les médias français...

A cette occasion, deux bas normands, Nina CHARLIER et Philippe DENOLLE,  témoigneront de leur visite dans les camps de réfugiés sahraouis en février dernier, à l’occasion de la 14ème édition du marathon du Sahara occidental ; et l' exposition d'Anthony JEAN "Sahara occidental: le campement de la dignité" -prix découverte 2011 au festival  de photo-reportage amateur de Perpignan accompagnera cette projection exceptionnelle !

En partenariat avec :
 le Comité des cheminots de la SNCF de Normandie;
 le CCFD-Terre solidaire ;
 La FSGT ;
 la Ligue des droits de l’homme ;
 le Mouvement de la paix ;
 l’Association des Amis de la RASD…
contact : Mireille BRUN 0678901024

Sahara Occidental : l'élargissement de la Minurso aux droits de l'homme, une "urgence juridique et humanitaire" (CNASPS)

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Par Sahara occidental, CNASPS, 7/4/2014

L'élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental (Minurso) à la protection et au respect des droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc est une "urgence juridique et humanitaire", a relevé le Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS) dans un communiqué publié lundi.
Le CNASPS a souligné que l'élargissement du mandat de la Minurso aux droits de l'homme permettra de "porter secours à un peuple en danger face à la répression sauvage, à la torture, à la détention arbitraire, aux parodies de procès, aux disparitions forcées et aux exécutions extrajudiciaires".
Il a rappelé que des "violations quotidiennes ont été et sont toujours signalées par plusieurs organisations locales et internationales, ainsi que par plusieurs institutions tels que le Parlement européen, le département d'Etat américain et le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture".
"La communauté internationale ne peut plus rester silencieuse devant cette situation inacceptable, vérifiée et dûment documentée. La communauté internationale doit agir, sans tarder, pour protéger la population sahraouie, qui manifeste pacifiquement contre l'occupation et pour son droit reconnu à l'autodétermination", a indiqué le CNASPS.
Il a saisit cette occasion pour saluer les membres du Sénat italien, qui "demandent à leur gouvernement d'agir, en ce sens, auprès du Conseil de sécurité des Nations unies" et pour rendre hommage aux "efforts méritoires de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross, dans sa recherche inlassable d'une solution juste et équitable, conforme au droit international".
A cet égard, le CNASPS a souligné dans son communiqué que la solution recherchée sera celle qui "permettra au peuple sahraoui de choisir librement son destin, tel que le stipulent toutes les recommandations de la 4e Commission, toutes les résolutions pertinentes de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies".
  http://www.letempsdz.com/content/view/118877/1/-----------------------------------------------------------------------------

les
Although Moroccan King Mohammed VI took steps to initiate reforms at the onset of the so-called Arab Spring movements, these reforms have failed to achieve a true democracy, and opposition members say protests will continue.


Bien que le roi du Maroc Mohammed VI ait pris des mesures pour initier des réformes au début des mouvements du soi-disant printemps arabe, ces réformes n'ont pas réussi à atteindre une véritable démocratie, et les membres de l'opposition diront que les protestations se poursuivront.
(Traduit par Bing)


La rage au Maroc



Cette première semaine d’avril ressemble à un poisson d’avril au Maroc. C’était une semaine cauchemardesque pour les pions de la France colonialiste. Ils ont vu comment le chef de la diplomatie de la plus grande puissance du monde passait la nuit pour la première fois dans le pays qui défend les droits du peuple du Sahara Occidental. Le pays jaloux de ses richesses et de ses principes, l’Algérie.

Au palais royal du Maroc, ils enragent de voir que l’Algérie a recouvré sa stabilité et est redevenue une puissance régionale militaire, diplomatique et économique au moment où les critiques pleuvent sur le régime despotique de Mohammed VI. Au moment où le prince (...) Hicham Alaoui, s’apprête à publier son livre pour dénoncer les mensonges véhiculés par le Makhzen et ses alliés de la France sur la « démocratie sanguinaire » établie au Maroc.

Pour le régime de Mohammed VI, y a-t-il pire que la sortie de son cousin  qualifiant son règne de «rendez-vous raté avec l'histoire» au moment où les pressions s’accumulent sur le Maroc et sur la question des droits de l’homme au Sahara Occidental ? 

(...)

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Après la déclaration sur la torture qui n'existe pas au Maroc et le procès contre l'ACAT c'est 
l'Appel au démantèlement des camps de Tindouf. 
 

 Le secrétaire général du Mouvement populaire (MP), Mohand Laenser, a appelé le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, ainsi que la communauté internationale, à œuvrer pour le démantèlement des camps de Tindouf, afin de libérer les populations séquestrées. 
 
Pour lui, l'Algérie qualifie cette population de “réfugiée” sans pour autant lui appliquer les dispositions de la convention de Genève de 1951, “puisque la population en question n'est ni identifiée, ni recensée, malgré les différents et nombreux appels du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) et des Nations unies”. Il déplore le fait que “cette population ne jouit d'aucune liberté de mouvement, ni même des droits humains les plus élémentaires telle que la liberté d'expression”.
 M. Laenser a, à cet égard, appelé l'ONU et la communauté internationale à faire appliquer la Convention de Genève de 1951 en matière de droit des réfugiés dans la zone du conflit. M. Laenser souligne également la nécessité de mettre la lumière sur les exactions commises dans les camps de Tindouf, notamment “les déportations des enfants pour des fins d'endoctrinement, le détournement des aides humanitaires, la torture des prisonniers, les violations des droits élémentaires des populations séquestrées”.    Aufaitmaroc

John Kerry, bouche-cousue sur le Sahara



h24info.ma 4/4/2014
John Kerry et Mohammed VI à Casablanca.
John Kerry et Mohammed VI à Casablanca. ©AFP
John Kerry, qui a rencontré le roi Mohammed VI ce vendredi, a salué le rôle du Maroc, facteur de "sécurité et de prospérité" régionales. Mais s'il a signalé les défis sociaux du pays, il a été muet sur le Sahara.
"Le Maroc joue un rôle de moteur important, et les États-Unis se tiendront au côté (du Maroc) sur cette voie", a déclaré John Kerry lors de la 2e session du "Dialogue stratégique" qu'il coprésidait avec Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères.

"Les 18 accords signés par le Maroc avec le Mali montrent que le royaume amène une plus grande sécurité et une plus grande prospérité dans la région", a précisé le secrétaire d'État américain en référence à la récente tournée du roi en Afrique subsaharienne.
John Kerry, qui a rencontré Mohammed VI en fin d'après-midi avant de regagner les États-Unis, a exprimé le soutien de son pays au processus de réformes engagé dans le sillage du Printemps arabe.

Les "défis" du Maroc: sa jeunesse et le chômage
Il a cependant relevé que "Le défi pour tout gouvernement est de fournir du travail et un horizon aux jeunes", rappelant que "60% des habitants du pays ont moins de 30 ans".
Si le taux de chômage au Maroc, pays de 35 millions d'habitants, est officiellement compris entre 9% et 10%, il atteint près de 30% chez les jeunes selon la Banque mondiale.
Revenant à la sécurité, John Kerry a mis en avant le rôle "proactif" du royaume dans la "lutte contre le terrorisme", et abordé la question de la coopération militaire en évoquant l'exercice conjoint en cours près d'Agadir (sud).

John Kerry "muet" sur le Sahara
Cet exercice annuel avait été annulé l'an dernier à la même époque par le Maroc, en réaction à un projet de résolution américain au Conseil de sécurité, visant à élargir le mandat de la mission des Nations unies au Sahara (Minurso) à la question des droits de l'Homme. La relation bilatérale avait retrouvé un cours normal avec l'abandon de ce projet.

Alors qu'un nouveau vote sur la reconduction de la Minurso, présente sur place depuis 1991, doit intervenir d'ici la fin du mois à l'ONU, John Kerry ne s'est pas exprimé publiquement sur le sujet.

Gdim Izik, le CNDH et la loi sur la justice militaire
En novembre, à l'occasion de la visite de Mohammed VI à Washington, la Maison Blanche avait réaffirmé que le plan marocain d'autonomie pour le Sahara était "sérieux et réaliste". Le président Barack Obama avait aussi salué "l'engagement du roi à mettre fin aux pratiques de procès de civils devant la justice militaire".

Le mois dernier, le Maroc a effectivement adopté en conseil des ministres d'un projet de loi relatif à la justice militaire, qui stipule que les civils ne peuvent être jugés par un tribunal militaire. Lors du même Conseil, l'Exécutif s'était également engagé à "répondre efficacement" et "rapidement" aux -nombreuses- plaintes recueillies par le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), en particulier au Sahara.

Maroc : Après Alger, John Kerry à Rabat


Jamais les relations entre Washington et Rabat n’ont été aussi tendues, et ce, parce que le Président Barack Obama s’est dit publiquement favorable à la proposition algérienne d’étendre les fonctions de la surveillance de la Minurso (NDLR : mission onusienne pour la surveillance et la résolution de la question du Sahara occidental) aux droits de l’Homme et leur respect dans le Sahara occidental actuellement occupé par le Maroc. Plus encore, le Maroc, depuis plusieurs mois, refuse pratiquement de recevoir Christopher Ross, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, trahissant une nervosité de voir son plan de «large autonomie» rejetée par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Le département d’Etat américain a confirmé l’arrivée avant-hier dans la soirée du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, dans la capitale marocaine. Cette escale maghrébine est la dernière d’une tournée de plusieurs semaines qui l’a menée en Europe et au Moyen-Orient. Le chef de la diplomatie américaine a eu l’occasion de rencontrer le roi Mohammed VI et son homologue marocain Salaheddine Mezouar.
Quelques heures à peine après sont départ d’Alger où il était en visite mercredi et jeudi derniers, John Kerry est arrivé jeudi, en début de soirée, dans la capitale marocaine, à Rabat, afin de co-présider l’initiative de dialogue stratégique entre les Etats-Unis et le Maroc, tout comme il l’a fait à Alger auparavant. Le chef de la diplomatie américaine a quitté Rabat hier soir pour rejoindre Washington, achevant ainsi une tournée de plusieurs semaines entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
 La venue de John Kerry intervient dans un contexte très particulier. Jamais les relations entre Washington et Rabat n’ont été aussi tendues, et ce, parce que le Président Barack Obama s’est dit publiquement favorable à la proposition algérienne d’étendre les fonctions de la surveillance de la Minurso (NDLR : mission onusienne pour le référendum au Sahara Occidental ) aux droits de l’Homme et leur respect dans le Sahara occidental actuellement occupé par le Maroc. Plus encore, le Maroc, depuis plusieurs mois, refuse pratiquement de recevoir Christopher Ross, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, trahissant une nervosité de voir son plan de «large autonomie» rejetée par le Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie est traditionnellement une féroce opposante à ce plan, en partie par soutien à Alger. Mais maintenant, même Washington remet en cause ce plan et les médias marocains ont fait état à maintes reprises de l’inquiétude des autorités marocaines qui voient d’un très mauvais œil, le rapprochement entre Alger et Washington.
Allié stratégique
Le Maroc est historiquement l’allié stratégique le plus stable et le plus fiable pour les puissances occidentales et, mis à part les récents froids diplomatiques avec Washington et Paris, qui sont, sommes toutes, circonstanciels, le Maroc représente encore le partenaire des Occidentaux. Dans une telle configuration, la venue de John Kerry s’inscrit dans le cadre du raffermissement des liens entre les Etats-Unis et le Maroc qui ont d’ailleurs, depuis 2007, mis en place un accord de Libre-échange entre leurs deux pays. Si la question du Sahara occidental risque de fâcher les officiels marocains, John Kerry sera contraint de l’évoquer dans la mesure où le Président américain Barack Obama a plusieurs fois fait montre de sa volonté d’accélérer le processus visant au règlement de cette question dans le cadre de l’ONU. D’ailleurs, cette visite intervient à un mois seulement du vote qui devraient normalement reconduire la Minurso dans ses fonctions et, vraisemblablement, devraient étendre ses compétences aux droits de l’Homme. En outre, Rabat représente également un pôle important de lutte antiterroriste au regard des Occidentaux qui ont largement participé au soutien de la course à l’armement effréné dans laquelle Rabat s’était lancée pour rivaliser avec Alger, sans succès. Les États-Unis, pour leur part, espèrent voir les deux meilleurs ennemis du Maghreb enfin mettre leurs différends de côté afin de pouvoir travailler ensemble sur la protection du Sahel et l’éradication de la menace terroriste dans la région. Précisément, pour apaiser la relation entre l’Algérie et le Maroc, qui a toujours été tendue, la diplomatie américaine compte sur le règlement rapide de la question du Sahara occidental, laquelle émaille particulièrement la mise en place d’un axe Alger-Rabat. D’ailleurs, les visites de John Kerry à Alger et Rabat devaient initialement avoir lieu en décembre dernier, après une nouvelle escalade entre les deux pays, avant d’être reportée en raison du sommet de Genève sur le nucléaire iranien, organisé à la dernière minute.
Reporters, 05/04/2014

Au Maroc, le sit-in des habitants d'Imider contre l'exploitation de la mine


 Par Ilhem Rachidi, 18/2/2014
 
Depuis deux ans et demi, les habitants de la commune d’Imider, au sud-est du Maroc, observent un sit-in permanent contre l’exploitation d’une mine d’argent appartenant au holding de la famille royale. Aujourd'hui mardi, deux jeunes militants, arrêtés dans des circonstances obscures fin décembre, ont été condamnés à 10 et 18 mois de prison ferme. 

 Maroc, correspondance
Depuis deux ans et demi, les habitants d’Imider, au sud-est du Maroc, observent un sit-in permanent contre l’exploitation d’une mine d’argent, située à deux kilomètres de la commune, par la Société métallurgique d’Imider (SMI), une filiale du groupe minier Managem, du holding royal SNI. À 1 400 m d’altitude, au sommet du mont Alebban dans le Haut-Atlas, ils se relaient pour surveiller la vanne qu’ils ont fermée le 23 août 2011 pour couper l’alimentation en eau du principal forage vers la mine, après avoir constaté une baisse considérable du débit en eau dans les villages. Depuis, les niveaux d’eau sont remontés, d'après les habitants.
En août 2013, à ImiderEn août 2013, à Imider
Les habitants accusent la société métallurgique de pomper leurs réserves d’eau et de polluer la nappe phréatique. Ils estiment aussi que leur commune doit bénéficier de ses ressources naturelles et que la SMI doit employer davantage de population locale dans la mine. Cette mine est le septième producteur mondial d’argent. Son chiffre d’affaires, en hausse l’année dernière, s’élevait en 2011 à 75 millions d’euros et ses bénéfices à 32 millions d’euros.
En face, la population locale vit dans la pauvreté, dans une région où les infrastructures sont quasi inexistantes, l’État y étant totalement absent. Les dirigeants de la SMI soutiennent ne pas être responsables de cette situation et qu’au contraire, ils compensent autant que possible ce retard de développement de la commune (fournitures et transport scolaire, médecin pour le dispensaire, systèmes d'irrigation).
Mais les militants du mouvement n’en démordent pas. Ils continent à s’opposer non seulement à la SMI, mais aussi à une politique d’État qui, d'après eux, a laissé cette région à l’abandon. Depuis le début de ce mouvement, troisième du genre, baptisé le Mouvement sur la voie de 96 – en référence à un mouvement de 48 jours dispersé par la force en 1996 –, plus d’une douzaine de militants ont été incarcérés. Le plus connu, Mustapha Ouchtoubane, qui travaillait dans une des usines sous-traitantes de la SMI, a été arrêté le 5 octobre 2011 puis condamné à quatre ans de prison pour vol : 18 g d’argent avaient été retrouvés dans son véhicule de fonction. Mardi 13 février, Ichou Hamdane et Hamid Berka, arrêtés dans des circonstances obscures fin décembre, ont été condamnés à 10 et 18 mois de prison ferme pour « coups et blessures ».
Hamid Berka et Mustupha OuchtoubaneHamid Berka et Mustupha Ouchtoubane © DR
Brahim Udawd a rejoint ce qui deviendra un mouvement de contestation unique dès août 2011, alors que son village natal est en proie aux manifestations. À 27 ans, cet aide-mécanicien, qui n’a aucune expérience militante, décide de se consacrer pleinement à la lutte pour les droits économiques et sociaux des habitants d’une région pourtant riche en ressources naturelles. Pour lui, ces « procès fabriqués », ces arrestations et les pressions des autorités pour mettre un terme au sit-in n’ont pas affaibli la mobilisation des habitants, déterminés à arracher leurs droits malgré l’échec des négociations avec la SMI.

Cela fait maintenant plus de deux ans et demi que vous observez un sit-in permanent au mont Alebban. Comment cela a-t-il commencé ?

1er août 2011. Sur les bidons, des slogans font référence à la pénurie d'eau potable.1er août 2011. Sur les bidons, des slogans font référence à la pénurie d'eau potable. © DR
Le mouvement a commencé à la fin de la période de travail saisonnier. Seule la moitié des étudiants (35 sur 70) a été recrutée. À chaque fin de saison, les élus promettent pourtant des postes chez les sous-traitants mais ils embauchent uniquement leurs proches. Les étudiants, ignorés par les responsables de la commune rurale, ont décidé de protester pour attirer l'attention sur leur problème. Après l’absence de réaction des responsables de la commune à une première manifestation, une marche a eu lieu le 1er août 2011. Les chômeurs se sont rendus au siège de la commune dans la matinée pour faire pression. Les femmes, de leur côté, ont préparé des bidons sur lesquels étaient inscrits des slogans faisant référence à la pénurie d'eau potable dans les villages depuis le printemps. On a organisé des manifestations de sensibilisation dans tous les villages alentour pour faire comprendre aux gens ce que nous revendiquons. Et le mouvement a commencé à prendre de l’ampleur.

Comment êtes-vous passés de ces manifestations au sit-in permanent ?
Les femmes, les vieux et même les enfants ont rejoint le mouvement. Ce n'était plus uniquement les étudiants et les chômeurs qui protestaient. On a tenu un sit-in devant le siège de la commune pendant dix-neuf jours, avec des marches vers la mine et tous les villages. Le 19 août 2011, pour réagir au silence des responsables locaux et provinciaux, la population a décidé au terme d'une discussion collective de porter la lutte à un autre niveau : c'était la naissance du sit-in permanent au sommet d'Alebban.

Dans la commune, qui participe à ce sit-in permanent ? Comment vous organisez-vous ?
La majorité de la population de la commune participe au sit-in pendant la journée. Le soir, les femmes, les vieux et les enfants rentrent dans leurs villages et les jeunes restent la nuit pour surveiller la vanne. Nous avons construit des cabanes en terre, en pierre, sur le mont Alebban pour nous protéger des conditions climatiques difficiles. La nuit, un service de sécurité surveille. Comme le sit-in se maintient depuis longtemps maintenant, nous ne pouvons pas tous être présents sur le mont. Il y a un membre de chaque famille qui est là. Moi, je reste à Alebban 14 jours sur 15. Je suis célibataire, je vis chez ma mère et j'y retourne une fois tous les 15 jours. Ma mère aussi vient 6 jours sur 7 à Alebban.

Brahim Udawd
Brahim Udawd © RI
Pourquoi avez-vous décidé de vous impliquer dans ce mouvement ?

Avant la reprise de la lutte Occupy Imider (la région a connu d’autres mouvements, en 1996, notamment - ndlr), je travaillais comme aide-mécanicien dans un garage à Boumalne Dadès. Mais après avoir appris ce qui se passait dans mon village natal, je n'ai pas hésité à rejoindre le mouvement le 3 août 2011. J’ai laissé tomber mon travail – qui ne répondait pas non plus à mes qualifications, car j’ai un diplôme de technicien. La commune doit en passer par ce genre de manifestations. Les habitants souffrent. Ce jour-là, nous avons constitué le comité d'organisation et le comité de dialogue. Je me suis présenté avec mes amis devant les gens dans l'Agraw (l’assemblée générale). Ce mouvement est important pour moi car les responsables politiques et industriels, à travers une politique systématique de discrimination et de marginalisation, ont retardé le développement de cette commune, qui est l'une des plus anciennes. Je veux que cela s'arrête et que l'on corrige toutes ces erreurs commises dans cette région.

Le sit-in a lieu depuis plus de deux ans et demi. La mobilisation a-t-elle baissé ?
Nous sommes toujours en sit-in, et malgré les arrestations, la désinformation et le black-out médiatique, nous résistons. Nous maintenons en permanence la surveillance sur le mot Alebban et nous organisons des marches avec le même nombre de personnes qu'au début.

Quelle a été la réaction des autorités lorsque vous vous êtes installés au mont Alebban ? Ont-elles tenté de vous déloger ?
Des représentants des autorités viennent souvent sur le mont. En septembre 2011, la SMI a déposé une plainte contre les membres du comité de dialogue qu’elle accuse d'entraver son travail par la fermeture de la vanne. On a reçu des convocations mais on ne s'est pas rendus au poste de la gendarmerie de Tinghir. Du coup, le 20 septembre 2011, quatre jeunes et moi avons été arrêtés puis libérés le jour même, après une marche gigantesque. En novembre, les autorités ont essayé de disperser une assemblée générale en faisant survoler le mont par un hélicoptère.

Depuis le début du sit-in qu’avez-vous obtenu ? Où en est le dialogue avec la SMI ?

On a eu 16 rounds de dialogue mais, visiblement, il y a un manque de responsabilité et de sérieux de la part des représentants de la mine et une claire absence de neutralité du gouverneur, qui est en faveur de la SMI. Ils ne veulent pas réellement résoudre le problème. La situation à Imider est le résultat d'une politique d’État visant à dépouiller l'être humain de sa dignité. La SMI, quant à elle, mène une guerre chimique contre la population, à travers la pollution de l'air avec des produits hautement toxiques (cyanure, mercure) et l’assèchement des nappes phréatiques d'une commune rurale déjà connue pour son climat aride.

Les responsables de la SMI affirment que des études environnementales ont démontré qu’il ny a aucun danger résultant directement de l’exploitation de la mine. Ils disent aussi que la SMI n’est pas responsable de la baisse du débit d’eau et qu’il n’y a aucun lien entre la nappe qui alimente la mine et les réseaux d’irrigation utilisés par les habitants.
Ce n'est pas crédible. Dans un pays comme le nôtre, tout se marchande. Je vis près de l'usine, je vois des fumées multicolores chaque matin. L'usine est entourée de montagnes de déchets. Des métaux lourds sont aussi utilisés pour le traitement de l'argent. Les surfaces irriguées ont dangereusement chuté. Les vents emportent toutes sortes de substances toxiques en direction des terres agricoles. Ajoutons à cela l'infiltration d’une quantité considérable d'eau polluée dans les nappes souterraines en l'absence d'une gestion stricte de ces déchets dangereux.

Pour la SMI, vos revendications en termes d’emploi sont irréalisables. 
Premièrement, concernant l’emploi chez les sous-traitants, ce n'est pas nous qui disons cela mais le cahier des charges des sous-traitants qui octroie la priorité à la population locale. Concernant l'embauche dans la société mère, la population locale, ce sont les sept villages d’Imider. Actuellement, 14 % de la main-d’œuvre affectée à la mine vient de la commune d'Imider. Le reste, de partout au Maroc. Nous demandons que 75 % des postes de travail à venir à la SMI soient accordés à la population locale. La SMI est d’accord uniquement pour 20 %. Les dernières négociations ont eu lieu le 22 novembre 2013 mais il n'y a pas de progrès.

Avez-vous des revendications politiques ? 
Notre mouvement sest constitué pour défendre des droits socio-économiques. C’est un mouvement apolitique, indépendant de toute institution politique. Il a comme référence la loi nationale et internationale.
Ci-dessous, les manifestations au fil des mois