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samedi 3 mai 2014

Tortures au Sahara Occidental : témoignage de Mohame Dihani

Mohamed Dihani, les aveux sous la torture marocaine

Vous trouverez en suivant ce lien la vidéo témoignage de Mohame Dihani, prisonnier politique Sahraoui, disparu et torturé 6 mois, condamné sur des accusations de très très grands projets de banditisme international
http://apsoinfo.blogspot.com/2014/05/temoignage-de-mohamed-dihani-les-aveux.html

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APSO
Amis du Peuple du Sahara Occidental


La torture au Maroc comme politique d’Etat.



La torture au Maroc comme politique d’Etat.

Texte coécrit par : 

  • CHAWQI Lotfi, militant du mouvement du 20 février.
  • EL HANKOURI Ouadie, militant du mouvement du 20 février.
  • JAITE Mohamed, militant du mouvement du 20 février. 
  •  « … Ils m’ont enlevé mes vêtements. Tous mes vêtements. J’étais nu. Toujours les yeux bandés. Menottes derrière. Les pieds ligotés avec les menottes. Ils ont commencé à me taper. Ils m’ont mis par terre.  Ils ont ligotés mes pieds. Il y avait deux mecs. Ils ont sorti une barre de fer sur laquelle ils ont attaché mes jambes. D’autres personnes me frappaient les pieds avec des tuyaux et  des cordes.   J’ai reçu des coups partout. Sur le ventre. Sur le torse. Ils se sont acharnés sur moi en disant tout le temps, sans arrêt, qu’ici c’est l’abattoir des hommes. On va te tuer. On va te découper.  On va faire de toi de la viande hachée. On va te mettre dans des boîtes de conserves et personne n’en saura rien … »
Ceci n’est qu’un extrait[1] de la torture qu’a subit Zakaria Moumni, champion du monde de Kick Boxing (1999). Zakaria a eu la « mauvaise » idée de réclamer ses droits hauts et forts (l’application d’un décret royal donnant droit à une indemnité aux champions du monde marocains). Il a été enlevé le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat à sa descente de l’avion en provenance de Paris où il vit depuis plusieurs années avec sa femme. Il a été conduit secrètement, les yeux bandés, au centre de torture de Temara où il a subi les pires sévices. Le passage cité ci-dessus n’est qu’un exemple  des pratiques en œuvre dans ce lieu de torture selon les différents témoignages des victimes. Le centre de Temara a une mauvaise réputation au point que certaines personnes l’appellent Temara-ntánamo (en référence au camp américain de Guantanamo) et d’autres la surnomment le « Tazmamart »[2]  de « la nouvelle ère ».
Face aux accusations régulières de « peine ou traitement cruel, inhumain ou dégradant » pratiqué par l’Etat marocain, ce dernier a recourt, généralement, à deux stratégies. Nier la torture de manière systématique, ou relativiser les cas révélés qui seraient selon lui « isolés » (En  se référant, par exemple, aux « années de plomb », pour dire que c’était pire avant ! Quand même !).
L’usage de la torture n’est pas spécifique à un lieu particulier. Les marocain(e)s habitué(e)s des commissariats de police ou des postes de gendarmerie (pour militantisme ou autre) connaissent très bien l’accueil qui leur est réservé en général dans ces lieux dits du « Makhzen ». Les témoignages ne manquent pas.
Samir Bradley, militant du mouvement contestataire du 20 février[3], ancien prisonnier politique et d’opinion est arrêté le 23 juillet 2012 et condamné à 6 mois de prison : « J’étais, toujours les yeux bandées, torturé dans la voiture de police ainsi que dans le commissariat ; j’ai reçu des coups  de poings et des coups de pieds, on m’a obligé à dormir par terre pendant deux mois. Jusqu’à aujourd’hui, j’endure les conséquences de la torture ; j’ai une  sciatique. »
Zahra Boudkour, militante de l’Union Nationale des Etudiants Marocains, est arrêtée le 15 mai 2008 et jugée le 19 mars 2009 après 10 mois de détention provisoire. Elle raconte les conditions de son interrogatoire : « … A minuit, on m’a descendu, nue, encore une fois, à la cave. On m’a demandé des noms et des adresses. Quand j’ai refusé de répondre, j’ai reçu une pluie de claques et de coups de pieds. Ce fut la même violence, lorsque qu’ils m’ont accusé d’avoir falsifié mon nom. Lorsque j’ai eu mes règles, on m’a laissé saigner pendant deux jours. Sans vêtements ! …»[4]
Ezedine Erroussi, ancien détenu politique à la prison locale de Taza, militant de l’Union Nationale des Etudiants Marocains (UNEM) est arrêté le 1er décembre 2011 et libéré le 18 avril 2012. Il a mené une longue  grève de la faim pour réclamer sa libération, protester contre ses  conditions de  détention et réaffirmer son combat politique. Dans une lettre, il dit[5] : « ... Alors un des agents a mis encore une fois un pistolet dans ma bouche et sur ma tempe, il m’insultait et me menaçait « je vais t’exploser la tête si tu ne parles pas.. » J’ai quand même gardé le silence. Alors ils ont commencé à arracher mes cheveux à tel point qu’ils arrachèrent mon cuir chevelu ... Ils se sont mis à me provoquer pour m’obliger à parler. Comme ils n’ont pas réussi, ils ont repris la torture. Ils ont mis un torchon plein de boue et d’huile de moteur dans ma bouche. J’ai failli m’étouffer car ils ont continué à me rouer de coups sur la totalité de mon corps, surtout sur les parties sensibles ... »
D’autres exemples encore : en juillet 2002, Mohammed Ait Si Rahal[6] (immigré marocain en France) succombe aux violences subis par le commissaire du commissariat de Marrakech.  Le 17 septembre 2010 ; Foudail Abderkane[7] est mort suite aux blessures sous la torture au commissariat central de Hay Salam à Salé. Récemment, fin janvier 2014, une jeune femme affirme avoir été violée par un policier lors de sa garde à vue dans un commissariat à Rabat. A Marrakech, encore,  début février, un jeune est mort dans le commissariat de police. Une fois encore, durant le mois de février 2014, une autre personne, Salah Eddine Saki, est  décédée lors de sa présence au service régional de la police judiciaire à la ville d’Asfi.
A cela, s’ajoutent les interventions des forces de l’ordre qui entraînent la mort. A titre d’exemples, Karim Chaib (Ville de Séfrou),  Kamal Ammari (Ville de Safi), Mohamed Boudouroua (Ville de Safi), Kamal Hussaini (Ville Aït Bouayach) ont tous trouvé la mort pendant l’année 2011. Respectivement le 20 février, le 29 mai, le 13 octobre et le 27 octobre.
Après sa mission menée du 15 au 22 septembre 2012, le rapporteur spécial des Nations-Unies, Juan Mendes, a rendu public son rapport. Il parle d’un « recours accru aux actes de torture et aux mauvais traitements lors de l'arrestation et pendant la détention »[8]. Il se dit « vivement préoccupé par plusieurs témoignages relatifs au recours à la torture et aux mauvais traitements dans des cas présumés de terrorisme ou de menace contre la sécurité nationale »[9].
On remarque d’ailleurs une similitude dans les méthodes et outils de torture entre des commissariats dans des lieux pourtant  éloignés géographiquement. Il y a un "savoir-faire" (pour emprunter la terminologie de Michèle Alliot-Marie[10])  qui circule entre les tortionnaires. Il est probable que les tortionnaires aient suivi des formations dans le domaine.
Le Maroc est allé plus loin en sous-traitant ses services de professionnels de la torture à la Central Intelligence Agency (CIA).  Binyam Mohamed est emmené, en juillet 2002, « à bord d’un avion affrété par la CIA jusqu’au Maroc, où il est détenu au secret pendant environ dix-huit mois »[11]. Binyam révèlera au journal hebdomadaire anglais The Mail on Sunday [12], les pratiques cruelles et inhumaines qu’il a endurées. Il s’est fait découper la poitrine et les parties génitales à l’aide d’un scalpel. Selon Reprieve[13],  une organisation qui lutte à travers le monde contre la peine de mort, plusieurs responsables seraient impliqués directement dans ces opérations. Comme son prédécesseur Hamidou Laânigri, patron de la DST (de 1999 à 2003) et de la DGSN (jusqu'à 2006), Abdellatif Hammouchi, l'actuel patron de la DST, « qui aurait supervisé les différentes opérations entrant dans ce cadre »[14].
De son côté, l’ambassade du Maroc à Paris serait impliquée dans la préparation d’une entreprise criminelle[15] contre deux Franco-Marocains à la demande de l’industriel Serge Dassault.  Le numéro 2 de l’ambassade à Paris aurait déclaré, selon les révélations de France Inter : « Ces gens-là vous font chanter ? On va s’en occuper Monsieur Dassault !»[16].  D’ailleurs, l’Etat français, quelque soit le parti au pouvoir (UMP comme PS), reste complice de la politique répressive menée par le régime monarchique. Il serait même impliqué dans le « blocage » des dossiers comme celui de l’enlèvement et l’assassinat de Mehdi Ben Barka[17], le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à Paris. Or, ce dossier n’évolue toujours pas au nom de la « raison d’Etat » et par absence de décision politique. Dans le même temps, l’avocat de la famille Ben Barka, Maurice Buttin, est poursuivi devant la justice française certainement pour l’intimider. Il ne sera pas étonnant d’étouffer les plaintes déposées récemment par l’Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture[18] et Maître Joseph Breham, contre le patron de la DST marocain par le pouvoir politique, d’une manière ou d’une autre.
L’impunité des tortionnaires, l’absence d’enquêtes indépendantes, la répétition fréquente d’actes de « peine ou traitement cruel, inhumain ou dégradant » sans poursuite des responsables, le retour à l’enfermement carcéral, dans des conditions inhumaines, pour les voix dissidentes (comme en témoigne la longue liste des prisonniers politiques) appuieraient  l’interprétation que l’Etat marocain a recours systématiquement à la torture. Déjà en 2000-2001, l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) avait publié une liste des noms de responsables[19], certains[20] toujours en poste, pour lesquels l’association dispose de présomptions sur leur implication dans les crimes d'enlèvements, d'assassinats, d'arrestations arbitraires et de torture. L’Etat n’a pas jugé utile de réagir à cette liste. D’ailleurs, nonobstant l’opération de communication qui a accompagné l’annonce de «  la nouvelle ère », largement relayée en Europe, notamment en France, l’État marocain a gardé le même appareil sécuritaire répressif que lors du règne d’Hassan II. Certains même de ceux présentés comme des « nouveaux visages » ont passé des stages de formation chez le ministre de l’Intérieur Idriss Basri, connu pour sa main de fer au service de la dictature d’Hassan II.
Le point commun entre les différents cas de tortures c’est l’impunité. Il faut se battre, parfois des années (cas de Zoubida Aït Si Rahal épouse de Mohammed Ait Si Rahal évoqué plus haut), pour obtenir un jugement contre un des tortionnaires ; puis il faut encore se battre pour que le jugement soit appliqué. La somme importante des cas rapportés permet de douter de la justification officielle selon laquelle ceux-ci seraient des « cas isolés ». La torture touche une large partie des citoyen(ne)s ; passant de simples personnes à des « militant(e)s » de l’Union Nationale des Étudiants du Maroc (UNEM), des « islamistes », des « syndicalistes », des « activistes » des mouvements sociaux, des « défenseur(euses) des droits humains », des « militant(e)s sahraouis », des « militant(e)s du mouvement amazigh », des opposant(e)s politiques, etc.
Tous ces faits mènent à penser que la pratique de la torture au Maroc, par son  caractère systématique, est une politique d’État. Elle est un des maillons d’un système répressif ancré au cœur des mécanismes du pouvoir. Comme le reste des régimes despotiques, malgré une façade démocratique, le pouvoir en place dispose d’un vaste arsenal d’interventions pour contrer les mouvements sociaux et démocratiques qui combattent l’arbitraire policier, la corruption et les politiques anti sociales au service d’une logique de prédation internationale et locale  menée et soutenue au plus haut niveau de l’appareil d’Etat.
En France tout comme au Maroc, intellectuels, médias et partis institutionnels dominants sont totalement muets face à une situation pourtant connue. Sans doute, le rôle que joue le pouvoir marocain comme tête de pont et allié stratégique dans le maintien de la Françafrique, le poids des intérêts des entreprises du CAC 40, la défense de l’Europe forteresse y sont pour beaucoup. Il serait judicieux d’ouvrir une enquête détaillée sur les coopérations sécuritaires, qui loin d’être seulement techniques, aboutissent à transférer un savoir-faire dans « la gestion des débordements sociaux » et à faire face, par tous les moyens, au risque d’un soulèvement populaire. Car le Maroc est loin d’être une exception par rapport aux autres pays de la région, même si le pouvoir « bien conseillé » par les officines impériales a pu maitriser la première vague de contestation. Cette complicité va jusqu’au soutien affiché des initiatives royales pour leur donner un label démocratique avec l’aval de la communauté internationale. Au Maroc, on réprime, on torture, on assassine dans l’impunité totale.. Nous ne pouvons nous résigner à cette situation et il est urgent que se développe un large mouvement de solidarité contre la pratique de la torture et la répression sous toutes ses formes au Maroc, condition pour dessiner un avenir démocratique pour notre peuple mais aussi d’une région où l’exigence d’un changement radical soit portée par des dynamiques progressistes.


[1] Pour écouter le témoignage en intégralité de Zakaria Moumni : http://www.dailymotion.com/video/xoxio9_temoignage-zakaria-moumni-torture_news
[2] Tazmamert était une prison secrète pour prisonniers politiques au Sud-Est du Maroc. Elle est un symbole d’oppression dans l’histoire du Maroc.
[3] Mouvement né en 2011 à la suite de la vague de protestation qui a touché le Maghreb et le Machrek.
[4] Extrait du témoignage de Zahra Boudkour, ancienne prisonnière politique et d’opinion. Cf. http://ar.mideastyouth.com/?p=141
[5] http://www.demainonline.com/2014/02/27/le-journal-de-la-torture-dezedine-erroussi/
[6] http://atmf.org/Communique-de-la-famille-et-amis-d
[7] http://www.larbi.org/post/2010/09/Pour-Fodail-Aberkane-mort-sous-la-torture
[9] A/HRC/22/53/Add.2, « Rapport du Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan E.Méndez », page 6.
[10] Ministre française des affaires étrangères entre le 14 novembre 2010 et le 27 février 2011. Elle avait proposé le « savoir-faire » français pour réprimer le soulèvement tunisien contre le dictateur Ben Ali. Cf. http://www.youtube.com/watch?v=3pHORBsfNR8
[11] http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Securite/Actualites/Binyam-Mohamed-ancien-detenu-de-Guantanamo-demande-reparation-3668
[12] http://www.dailymail.co.uk/news/article-1160238/How-MI5-colluded-torture-Binyam-Mohamed-claims-British-agents-fed-Moroccan-torturers-questions--WORLD-EXCLUSIVE.html
[13] http://www.yabiladi.com/article-societe-3033.html
[14] http://www.yabiladi.com/article-societe-3033.html
[15] http://amdhparis.org/wordpress/?p=937
[16] http://www.franceinter.fr/depeche-corbeil-essonnes-la-connexion-marocaine
[17] Opposant marocain socialiste connu pour ses positions critiques vis-à-vis de la monarchie.
[18] http://www.acatfrance.fr/communiques_presse.php?id=289
[19] https://groups.yahoo.com/neo/groups/arabicinfo/conversations/topics/282
[20] Comme le cas du général Hosni Benslimane, commandant de la gendarmerie royal depuis 1974. Il serait impliqué dans l’enlèvement et le meurtre de Mehdi Ben Barka. Un mandat d’arrêt international est en cours contre lui.
 http://www.legrandsoir.info/la-torture-au-maroc-comme-politique-d-etat.html

HRW : Des responsables politiques dans le déni.


Eric Goldstein
Observateur. Le directeur adjoint de l’ONG internationale Human Rights Watch (HRW) pour la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord fait le point sur la situation des droits de l’homme au Maroc.
Affable, Eric Goldstein pèse chacun de ses mots sans pour autant s’interdire une pointe d’humour. Malgré un point de vue très critique à l’égard du Maroc, ne comptez pas sur lui pour scander des slogans militants. Très rigoureux, il préfère avancer des faits et illustrer ses propos avec des exemples. Diplômé des plus grandes universités américaines, fin connaisseur des relations internationales, Eric Goldstein parle parfaitement français, « un peu l’arabe classique », une langue qu’il a étudiée pendant quatre ans, et, sur le terrain, manie avec aisance les dialectes locaux.

Les autorités marocaines affirment que Human Rights Watch s’acharne contre le Maroc. Que répondez-vous à cela ?
Rare est le gouvernement qui ne prétend pas être la cible de Human Rights Watch. Le Maroc ne s’intéresse qu’à ce qui est dit sur lui et a tendance à oublier qu’on réalise le même travail d’enquête dans 90 pays avec les mêmes critères d’observation. Et puis il ne faut pas oublier que le Maroc s’est engagé à respecter les traités internationaux et qu’il souhaite être évalué selon leurs critères.

Le dernier rapport de HRW sur les conditions des migrants au Maroc a suscité une levée de boucliers de la part des politiques, notamment Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement. Quelle est votre réaction ?
Cela arrive très souvent. Comme certaines réformes ont été mises en œuvre, les responsables auraient aimé qu’on se focalise sur ces améliorations. Seulement, en parallèle, il y a des violations quotidiennes et beaucoup de violences policières, particulièrement à Nador, que nous devons signaler.

Les responsables politiques marocains sont-ils dans le déni ou la mauvaise foi ?
Lorsqu’on leur présente des cas avérés de violences policières, ils sont dans le déni. On se croirait presque à l’époque de la communication de Saddam Hussein où tout n’était que négation et mensonge. D’un autre côté, il y a aussi une volonté de réforme, notamment au niveau de la migration, qui reflète une conscience que la situation n’est pas bonne et mérite d’être améliorée. C’est un peu de la schizophrénie en fait !

Pourtant, quelque temps plus tard, vous avez publié un communiqué de presse pour insister sur les progrès du Maroc en matière de politique migratoire. Que s’est-il passé entre-temps ?
Ce n’était absolument pas une rectification de tir comme l’aurait souhaité le ministre de la Communication, mais une reconnaissance des réformes engagées par le royaume. HRW n’est pas uniquement dans la dénonciation, c’est pourquoi nous avons publié un communiqué pour encourager la volonté du Maroc et souligner qu’il est l’un des rares pays du monde arabe à reconnaître la présence des migrants et leur droit à la protection.

Avez-vous déjà subi des pressions de la part des autorités marocaines ?
Nous n’avons jamais eu le moindre problème pour accéder au pays, mais nous avons subi quelques entraves. En plus d’être suivi par des policiers en civil, on m’a empêché de m’approcher d’une manifestation à Laâyoune en février dernier. Nos sources ne sont pas directement menacées mais on tente parfois de les dissuader de nous parler.

L’indépendance de HRW a souvent été remise en cause. L’ONG est par exemple accusée d’être proche du secrétariat d’Etat américain. Est-ce le cas ?
Il suffit de regarder notre site pour voir à quel point on déplore la politique américaine concernant Guantanamo ou la souplesse des Etats-Unis par rapport à ses alliés, comme Israël ou l’Arabie Saoudite. Si nous trouvons que la politique américaine est bonne, nous la soutenons, mais souvent nous la condamnons et nous arrivons à nos conclusions de manière indépendante. Nous ne sommes pas une association américaine mais globale.

Quel est votre lien avec Moulay Hicham ?
Moulay Hicham est membre du comité de conseillers pour la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), à titre purement consultatif. Au Maroc, il possède un excellent réseau et maîtrise bien la situation du pays. Il lui arrive donc de faciliter les contacts. C’est un membre engagé qui lit d’un œil critique nos travaux et nous aide à les améliorer.

Pouvez-vous comparer l’évolution du Maroc entre le début de votre mandat dans la région en 1989 et aujourd’hui ?
De nombreux chantiers de réformes ont été lancés. Parmi les réussites, il y a eu le travail de lInstance équité et réconciliation, malgré ses limites, et la réforme de la Moudawana. Il y a une véritable volonté de réformer mais, en même temps, le système conserve un caractère répressif : il n’hésite pas à broyer ceux qui dérangent trop. Cela se vérifie par exemple avec la poursuite des arrestations arbitraires, la répression contre les manifestants ou la réforme jamais aboutie de la justice.

Avez-vous observé un changement avec l’élection du gouvernement Benkirane ?
C’est plutôt une continuité, dans le sens où l’arrivée des islamistes au pouvoir n’a pas infléchi  l’évolution du royaume. L’abrogation de l’article 475 du Code pénal est une réussite. Cependant, le gouvernement, qui dispose d’une certaine marge de manœuvre, ne semble pas avoir de véritable volonté politique pour faire plus.

Dorénavant, les tribunaux militaires ne pourront plus juger les civils, qu’en pensez-vous ?
On ne peut qu’applaudir le vote par le Conseil des ministres pour supprimer la juridiction des tribunaux militaires sur les civils. Espérons que l’adoption finale de la loi sera pour bientôt, ainsi qu’une révision des jugements injustes prononcés par les tribunaux militaires, tel que celui des civils sahraouis incarcérés après le procès « Gdeim Izik ». Reste le grand chantier d’asseoir une justice plus indépendante et plus disposée à examiner la crédibilité des procès verbaux établis par la police judiciaire.

Vous affirmez qu’il y a des prisonniers politiques au Maroc. Qui sont-ils et pour quel motif sont-ils en prison ?
C’est un terme qu’on utilise avec précaution et c’est très difficile de donner un chiffre exact. Cela ne concerne pas les personnes condamnées pour des actes de violences. Bien souvent, ce sont des gens condamnés dans des affaires de droit commun mais qui ont eu le tort de s’exprimer sur le régime. Par exemple, Abdeslam Aïdour, le jeune de Taza qui a critiqué le roi dans une vidéo sur YouTube, croupit en prison à cause de ses prises de position. Zakaria Moumni, le boxeur condamné en 2010 à trois ans de prison (il a été gracié en 2012, ndlr), l’a été en réalité pour son activisme contre la monarchie. Il a été victime de torture et son dossier manque de preuves tangibles. Je pense aussi à Chakib El Khyari, le militant rifain, qui a fini par être gracié par le roi en 2011 après trois ans de prison ferme, et à beaucoup de salafistes. C’est un travail de longue haleine, mais HRW compte mener des enquêtes au cas par cas.
 http://www.hrw.org/fr/news/2014/04/07/des-responsables-politiques-marocains-dans-le-deni

PROFIL
1956. Voit le jour à Pittsburgh.
1978. Diplômé de Harvard.
1985. Obtient un master en relations internationales à Columbia University.
1986. Rejoint le Comité de protection des journalistes à New York.
1989. Intègre Human Rights Watch.

L'Association AILES femmes du Maroc dénonce la recrudescence de la répression et le non respect de la liberté d'expression

Ailes Femmes du MarocParis le 02/05/2014

Hind Bhatri a été arrêtée pendant une manifestation pacifique en soutien à des familles réclamant un logement décent.
Elle a été emprisonnée pendant plusieurs semaines et a été condamnée à trois mois de prison ferme dans la ville de Rachidya le 28 Avril 2014.
Hind est une jeune militante des droits humains .C’est une mère de famille de 29 ans qui n’a enfreint aucune loi, elle n’a pas causé de tort à autrui, elle a juste participé à un rassemblement pacifique et autorisé . Elle a été condamné pour outrage à agent car elle a scandé des slogans accusant les autorités de corruption en dénonçant le système des pots de vins.
Ce n’est pas la première fois que des militant-e-s sont arrêtés pendant les manifestations, cela devient un fait courant ! Les arrestations débouchent sur des jours voir des semaines de prison suivies ou pas de condamnations. On cherche à intimider , à faire peur et à détourner les militantes et les militants de la lutte.
L'Association AILES femmes du Maroc dénonce la recrudescence de la répression et le non respect de la liberté d'expression au Maroc. Cette répression intolérable de tout travail associatif et militant touche les femmes au même titre que les hommes. Le 27 Avril, Wafae jeune militante de Tanger a été enlevée à la fin d'une manifestation ouvrière et elle a été séquestrées, torturée et insultée avant d’être abandonnée à 12 Km de la ville tandis que des jeunes sont arrêtés lors d'une manifestations à Casablanca le 6 Avril.
L’association Ailes-femmes du Maroc demande la libération de Hind et de tous les prisonniers d’opinion au Maroc et renouvelle sa solidarité avec les femmes marocaines qui luttent pour la liberté et la justice. Elle appelle toutes les personnes éprises de justice à écrire à l’ambassade du Maroc à Paris pour demander le respect du droit de manifester , réclamer la libération de Hind et la relaxe de tous les prisonniers politiques.
Association Ailes-femmes du Maroc
Ailesfm@gmail.com

"luttes passées et le renouveau de la gauche au Maroc"

‪#‎Association_Autre_Maroc‬ : Très belle rencontre-débat avec Maitre Omar Bendjelloun sur le thème "luttes passées et le renouveau de la gauche au Maroc". En présence de militants progressistes Marocains de différentes sensibilités politiques, idéologiques, et générationnelle. Très riche, malgré un faible effectif dû aux vacances. Merci à tous les présents, c'était un grand moment, et un débat d'un très haut niveau !

"Mehdi Ben Barka à l'heure des mouvements sociaux actuels" Intervention de Maïtre M. BUTTIN

Buttin le sage, Buttin le Juste
"Mehdi Ben Barka à l'heure des mouvements sociaux actuels" 
Intervention de Maître Maurice BUTTIN avant la rencontre du 19/4/2014
 Cette rencontre autour du thème "Mehdi Ben Barka à l'heure des mouvements sociaux actuels" est organisée par l'Association Autre Maroc et la médiathèque Cedidelp.
Interviendront lors du débat:
-- Bachir Ben Barka, Universitaire -- Fils de Mehdi Ben Barka
- Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka
-- Ayad Ahram, Président de l'ASDHOM

Cette rencontre autour du thème "Mehdi Ben Barka à l'heure des mouvements sociaux actuels" est organisée par l'Association Autre Maroc et la médiathèque.
youtube.com
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Maroc : ripostes populaires contre l’injustice sociale

Logo de l’association
Maroc : ripostes populaires contre l’injustice sociale

Ce mois d'avril 2014 a vu se développer différents fronts de luttes au royaume de Mohamed VI. Une actualité riche dans un pays où le corollaire d'une profonde misère sociale est une riposte populaire toute aussi profonde et déterminée.A Casablanca, tout d'abord, le 6 avril, quelques 30 000 personnes manifestaient contre le gouvernement islamiste d'Abdelilah Benkirán. Un gouvernement, qui comme les précédents, poursuit un peu plus encore les coupes sombres, provoquant une dégradation aiguë des conditions de vie de la population : augmentation conséquente du prix de l'essence et des produits alimentaires de première nécessité (pain, semoule, sucre), refus réitérés de répondre aux justes revendications de l'association des « diplômés chômeurs » (ANDCM), nouvelle loi dans le service public ponctionnant désormais les journées de grève des fonctionnaires (ce qui n'était pas le cas avant), et dialogue social avec les syndicats interrompu. 

A noter deux éléments importants de cette mobilisation :
 Si cette manifestation était à l'appel d'une intersyndicale nationale (UMT, FDT, CDT), celle-ci est née surtout de la volonté de secteurs combatifs au sein de ces syndicats qui ont poussé à la convergence et à l'action. Une convergence syndicale, pas évidente à l'origine, tant les appareils de ces mêmes syndicats, pour beaucoup inféodés au système monarchique (Makhzen), ont freiné des quatre fers l'idée d'une telle mobilisation unitaire. En vain, la colère populaire et les bases syndicales ne leur ont pas laissé le choix.
 Une fois de plus, on doit déplorer des arrestations et des violences  policières. Une répression ciblée à l'encontre de militants du Mouvement du 20 février dont le cortège a été attaqué violemment en pleine manifestation. Son tort : avoir scandé des slogans hostiles au gouvernement mais aussi au roi : inacceptable dans un pays où ce dernier est au dessus de tout et inattaquable !
Le Mouvement du 20 février, issu avant tout des secteurs les plus combatifs de la jeunesse marocaine, né il y a trois ans en écho au Printemps arabe, avait perdu ces derniers mois de sa vigueur et retrouve depuis peu un second souffle.

L’ODT organisait une marche le 20 avril et appelle à la grève dans la fonction publique et collectivités locales le 15 mai.

A Beni Tadjit (province de Figuig, à la frontière algérienne, que certain-e-s appellent le Maroc oublié), ensuite, la population a décrété une opération « ville morte » le 15 avril pour s'opposer à ce qu'elle considère comme la marginalisation de celle-ci. Les revendications portent sur des éléments concrets du quotidien d'habitant-e-s exsangues et particulièrement pauvres : la construction d'un hôpital et l'électrification des bidonvilles en marge de la ville.

A Khourigba, encore, les 16 et 17 avril, 600 mineurs de filiales de l'entreprise d'Etat OCP (Office chérifienne du Phosphate) se sont mis en grève en dépit des pressions et des provocations policières. Les revendications de ces ouvriers : le paiement des heures supplémentaires, un salaire uniforme de tous les salariés, une meilleure couverture sociale, l'arrêt des licenciements et la transformation des contrats à durée indéterminée en CDI.

A Tanger, enfin, le 27 avril, une grève sur le mot d'ordre du « respect des droits syndicaux, pour l'union, la solidarité et la lutte » a été massivement suivie par les ouvrier-es des multinationales des zones franches. Depuis quelques années est née dans cette partie du pays une nouvelle classe ouvrière, issue des emplois créés par les nombreuses entreprises européennes qui y ont implanté des sites de production. Une de ces entreprises est française puisqu'il s'agit de Renault qui y a construit une usine ultramoderne, suite à la délocalisation d'une partie de la production des sites de Douai et de Cléon. Le problème pour les ouvriers : non content de payer des salaires de misère, les multinationales (dont Renault) avaient au préalable négocié avec le roi du Maroc une condition à leur implantation : le refus que s'y développe toute expression syndicale. Les ouvrier-es de ces entreprises ne l'entendent pas de cette oreille et l'ont fait savoir.
Vous pouvez retrouver les informations de la commission internationale de Solidaires sur notre site à l'adresse suivante : www.solidaires.org/www.solidaires.org/

Université de Fès : Qui veut démanteler l’université du Maroc et les Basistes ?



Par Moha Oukziz le 1/5/ 2014 (larges extraits)
Depuis des décennies, les forces intégristes cherchent à contrôler des universités au Maroc, elles considèrent que leur présence dans les campus universitaires doit être exercée par la force  des armes et des menaces. Depuis le début, les organisations et partis politiques intégristes au Maroc se sont fixés pour objectif de démanteler l’UNEM en usurpant son histoire, son patrimoine,  et en  liquidant physiquement les militants des mouvances du syndicat des étudiants , leur première cible est la mouvance des Basistes. Cela dit, les partis obscurantistes du Maroc ont fait la preuve de leur nature sanguinaire à Fès et Oujda ; ils ont tué Maati Boumli et Ait Eljide Benissa, deux militants dans les rangs des Basistes. 
Leurs interventions dans les campus universitaires sont toujours accompagnées de menaces, viols et tortures, souhaitées et même soutenues par le régime en place. Le Président du gouvernement actuel avait envoyé sa lettre à l’ancien ministre de l’Intérieur, Idriss El Basri, où il expliquait clairement l’essence de son organisation : « débarrasser les étudiants et la jeunesse marocaine de l’emprise de la gauche et des athées et faire régner les valeurs de l’islam ». 
Depuis les années 90, les intégristes n’ont de but à l’université que de semer la terreur, la violence et la peur dans les rangs des étudiants. Les dépêches des médias et des sites de ces organisations apportent la preuve au grand jour de mes propos. Ces organisations portent la haine contre toute idée progressiste, démocratique et même libérale, la propagande au sein de leurs troupes est manifeste à ce sujet. 
Face à cette offensive politique et médiatique, les partis dits de gauche ont perdu le terrain et sont désorientés politiquement ; ils ont cherché la conversion et le rapprochement politique idéologique avec ce qu’ils appellent le Maghzen. Le régime a même recruté des cadres dans les rangs de la gauche, signe de sa victoire. Une grande crise s’est annoncée sur la scène politique du Maroc depuis le retour des anciens réfugiés et la période dite de « transition démocratique »…
Comment, face à cette situation, des milliers de militants de gauche ( je dis bien gauche pour ne pas entrer dans les détails) travaillent sur le terrain des diverses luttes, et participent à remonter la pente et concrétiser le projet de changement au Maroc?
Dans ce contexte de recul de la quasi-totalité des forces et idées progressistes, les Basistes , quant à eux,  ont continué à travailler et ont  mieux résisté à toute tentative de récupération, de négation de l’histoire de la gauche et de l’avenir/stratégie  de lutte de classes au Maroc.  Ils accomplissent depuis toujours, sans prêter l’oreille aux appels, au renoncement et aux campagnes médiatiques contre eux, leur travail de militants de l’UNEM et au-delà , ils sont dévoués  au service des étudiants et participent à leur niveau aux questions de la lutte des classes  à l’échelle de tout le pays et contribuent aux luttes quotidiennes aux cotés des masses du peuple marocain.L’histoire politique du Maroc de ces 35 dernières années  témoigne de la participation  et des  efforts politiques, idéologiques  et de luttes de terrain et de culture, bref de l’apport des Basistes  au mouvement révolutionnaire marocain . 
Dans ce contexte et aujourd’hui encore, les militants de l'UNEM ont malheureusement plus d'ennemis que d'amis. Les milices du PJD qui collaborent  avec la police  envahissent l'université de Fès depuis bien avant les derniers affrontements, d’autant plus qu'au cours de cette année universitaire, l'UNEM est très active et mène des grèves et des sit-in depuis des mois et des mois contre les plans antisociaux dans  l’enseignement conseillés au régime par les hautes sphères de FMI, UE et les centres financiers mondiaux.  Des arrestations s’ensuivent, et on ne sait plus qui entre et qui sort de la prison. Ces  étudiants sont en majorité des sympathisants de la voie démocratique basiste, mouvance autonome organisée dans les milieux des étudiants de conception marxiste léniniste. Ce sont ces militants qui mouillent leur chemise dans les actions du M20F. Ils sont indésirables aux yeux du  régime, et les partis politiques dits de gauche manifestent à leur égard une haine politique très profonde. Ils sont la cible de tout le monde. Malgré cela, ces militants  très dynamiques  encadrent des manifs dans les douars, les souks, les lieux de travail etc. Ils sont présents dans tous les milieux associatifs syndicaux etc.
mi-Eddine
Récemment le coupable Hami-Eddine et ses vassaux guerriers  ont monté de toutes pièces la couverture médiatique de leur intervention et offensive contre les étudiants et leurs militants. Ils ont annoncé  l’organisation d’ une conférence dans le campus de l’université de Fès,  et ont commencé  à agir en mercenaires et  miliciens avec des armes blanches à la main dans tout le campus. Ils n'en sont pas à leurs premières provocations et interventions. Bien avant leur attaque organisée militairement, ils se sont introduits dans le campus de Fès, avec provocations, insultes, menaces de viol contre  les étudiantes, de mort pour les autres etc. Ceci plusieurs jours avant leur offensive, armés jusqu'aux dents avec haches, gourdins etc.
 Rappel : c’est dans le même campus universitaire que Hami Eddine et ses vassaux et  mercenaires roturiers  ont organisé des attaques, armes à la main dans les années 90 et ont tué Ait Eljide Benissa. Ce même personnage Hami-Eddine, cadre du parti au gouvernement, professeur universitaire, dirigeant une association dite  des « droits de l’homme »,  est invité aux débats publics  auxquels participent les figures de la gauche, hommes et femmes de renommée nationale et internationale,  ceux et celles qui occupent les écrans au nom de la défense des valeurs progressistes et  démocratiques ( voir réunion du O6 avril à Rabat organisée par le forum pour la démocratie , voir aussi rencontres organisées à l’institut Abderrahim Bouâbid…).
L'UNEM avait prévu et appelé à une assemblée générale dans tout le campus pour  faire le point sur leurs activités dans l'université et ailleurs et envisager les suites à donner aux luttes engagées( voir communiqué Unem ). C'est ce jour-là que les milices et mercenaires de Hami-Eddine et son parti  déjà présents sur les lieux, ont encerclé des étudiants du campus, les ont attaqués, venus des quatre coins du pays, y compris de Meknes d’où est originaire la victime décédée à l'hôpital dans des circonstances inconnues  puisque les infirmiers et le corps médical affirmaient que son état n'était pas préoccupant, alors que le lendemain un communiqué de la police a déclaré la mort de celui qui est venu d'ailleurs pour mener sa « guerre sainte »  dans le campus universitaire de Fès contre les Basistes, ces athées, ces mécréants... 
Aujourd’hui encore le sujet est national et international. Lors de la séance de l'Assemblée Nationale du Maroc, le ministre de l’enseignement a pris la parole sans rougir, sans rien dire de sérieux et sans démissionner par respect à son métier de premier responsable de l’Éducation et de l’Enseignement au pays.  Il a tenu un langage de menaces contre les étudiants et leurs militants de toujours, les militants de la Voie Démocratique Basiste. Le ministre a pris la défense des siens, les intégristes, et a nié en bloc que des  étudiants auparavant ont été assassinés par les intégristes de son parti et d’autres et l’implication des forces de l’ordre dans la mort des étudiants  du même campus universitaire à Fès suite à leurs interventions musclées( voir les communiqués de l’UNEM, les vidéos et photos sur le net, les communiqués de l’Amdh ) Il avait l’air d’un chef mal à l’aise qui soutenait les crimes de ses compagnons. 
Des formations de gauche ont condamné les militants de l'UNEM quelques instants seulement  après la diffusion de l'information du décès de l’étudiant venu de Meknès, par la police de Fès et le communiqué des intégristes du PJD, ceux-là même qui ont envahi le campus. Le mensonge, la couverture médiatique et le prétexte utilisé pour commettre leurs offensives  barbares sur le campus de  Fès est celui d’une conférence au sujet des alliances entre les intégristes et les gauchistes. Le tour est joué : sur le terrain, les mercenaires armés  pour recommencer leurs usurpations et crimes des années 90 et de l’autre côté une couverture médiatique bien organisée et de l’autre côté encore, malheureusement, des alliés démocratiques et progressistes contre l’UNEM et sa mouvance les Basistes. Le scenario est bien  ficelé et il ne restait que la mise en scène. Cependant  les Basistes, les sympathisants, les étudiants ont refusé ce fait accompli et ce complot médiatique et politique d’envergure. Les étudiants de Fès et d’ailleurs , Meknes, Marrakech, Kenitra, Agadir, Errachidia et j’en passe,  ( voir les communiqués de l’UNEM de ses universités) ont dénoncé et  condamné les offensives barbares de ces organisations contre le campus de Fès. Quant aux étudiants de Fès et leurs militants de toujours, les Basistes , ils   n’avaient d’autres choix que se défendre comme ils ont pu contre les mercenaires de Hami-Eddine et de son parti, comme au début des années 90 dans les mêmes campus universitaires, où les milices composées de roturiers venues « libérer les universités du communisme », des « ennemis de dieu », ont tué Maati Boumli à Oujda et Benissa à Fes.

Aujourd’hui encore les milices du PJD sillonnent la ville de Fès  en compagnie de policiers civils, et sèment la terreur dans le rang des étudiants alors que depuis des mois et des mois  le campus est coupé du monde par les forces de l'ordre qui organisent des arrestations des cadres de l'UNEM, des militants et des sympathisants des Basistes. Ces arrestations se produisent même en dehors de la ville de Fès (voir communiqué UNEM).

Tout cela pour expliquer que les étudiants de l'université de  Fès, leurs militants et les cadres de l'UNEM étaient déjà dans la ligne de mire des forces policières. Le  régime souhaite démanteler le campus, arrêter ses militants et tirer un trait sur l’UNEM et les Basistes.

Des voix se sont levées de partout pour condamner avant l'heure ces courageux  militants  de l’UNEM  qui bravent les menaces, la torture, la prison et même la mort car elle est survenue dans leurs rangs et personne n'en parle. Je lève ma voix pour  dire (...) : « Vous avez choisi le camp du régime  et  l’Histoire politique de notre peuple sera marquée à jamais par votre renoncement aux luttes de l’UNEM contre l’obscurantisme et à travers cela, des tout un peuple pour son émancipation. Je lève ma voix pour dire à tous ceux qui ont préparé le terrain politique et accordé aide morale intellectuelle à Hami-Eddine et à son parti et à travers lui les intégristesque vous êtes responsables au même titre que lui de la violence commise contre les étudiants à Fès. Vous êtes responsables de vouloir à tout prix des boucs émissaires ».(...)
Reste à conclure que le régime mène une campagne de ratissage des quartiers  à la recherche des militants de l’UNEM, ceci  avec une violence inouïe (communiqué et dépêches et vidéo  de l’UNEM). Des arrestations ont  lieu au sein des militants les Basistes. Ce ratissage et cette violence faite aux étudiants et à leurs militants s’opère dans un silence total des composantes de gauche qui occupent les écrans pour prêcher la démocratie, les luttes etc. 

Pour avoir le texte complet : mohaoukziz@yahoo.fr

Caravane microcrédits : Bras de fer entre Attac et le ministère de l’Intérieur du Maroc



Hassan Bentaleb, Libé Maroc, 30/4/2014


Les autorités locales contraignent les activistes de l’ONG à passer la nuit à la belle étoile à Errich

Bras de fer entre Attac et le ministère de l’Intérieur


Le bras de fer entre Attac Maroc et le ministère de l’Intérieur perdure. 

Pas plus tard que samedi dernier, les autorités locales de la ville d’Errich ont interdit aux militants de cette organisation internationale de passer la nuit dans l’un des hôtels de la ville censé héberger les participants de la Caravane internationale en solidarité avec les victimes des microcrédits.
 Les activistes ont dû passer la nuit à la belle étoile devant le commissariat de la ville et sous l’œil bienveillant des forces de l’ordre.  

« Nous sommes arrivés à Errich vers minuit après des heures d’un  voyage pénible. L’ensemble des participants venus du Maroc et d’autres pays n’avaient qu’une seule envie : dormir. Le hic, c’est que l’hôtel a été fermé et son propriétaire était aux abonnés absents», nous a raconté Salaheddine Lemaizi, militant d’Attac Maroc, avant d’ajouter : « Contacté par l’un de nos militants, ce propriétaire nous a révélé qu’il avait subi des pressions de la part des autorités locales».
Une position jugée provocante et inacceptable par les participants à cette caravane organisée du 24 au 27 avril 2014 par Attac/CADTM Maroc et l’Association de protection populaire pour le développement social; lesquels ont décidé d’organiser une marche de protestation qui a parcouru les rues désertes de la ville avant de s’arrêter devant le commissariat de police vers trois heures du matin. «A Errich, il n’y avait pas d’interlocuteurs officiels. Il n’y avait que la police. Le commissaire  de police de cette ville nous a indiqué que la décision de fermeture de l’hôtel a été prise par le gouverneur de Midelt. Pire, il nous a signifié sur un ton menaçant que c’est à nous de nous débrouiller sinon la police trouvera une solution pour nous», nous a confié notre source. 
Des menaces qui ne semblent pas avoir fait trembler les militants d’Attac Maroc qui ont décidé de passer la nuit devant le commissariat dans le froid, encerclés par des agents des forces de l’ordre et des éléments de la DGST.      
Pourtant, l’incident de la ville d’Errich n’a pas été le seul dans la série de provocations et de restrictions menées contre la Caravane internationale de solidarité avec les victimes du microcrédit. Les militants d’Attac se sont vu interdire, dès le lancement de leur caravane, l’accès à une salle de conférence à Ouarzazate.
 Une interdiction que les responsables de la commune de Kelaat Magouna réitèreront le samedi 26 avril.  Ces militants se sont également vu interdire la réservation des autocars et ont été obligés de se déplacer en grands taxis. 
« Pourquoi les autorités sont-elles sur le qui-vive alors qu’il s’agit d’une simple caravane destinée à rencontrer les victimes du  microcrédit, à les soutenir et à manifester sa solidarité avec leur combat? On se savait pas qu’Attac Maroc dérangeait à ce point les pouvoirs publics », a conclu notre source.  

La caravane microcrédits Ouarzazate indésirable pour le makhzen

Photo de Salaheddine Lemaizi.La nuit du 26-27 avril, nous avons dormi devant le commissariat de Errich. Le génie de notre makhzen (gouverneur de midelt himself à sidi) a décidé de nous interdire l'accès à l'hôtel où devaient être hébergés les participants de la caravane internationale en solidarité avec les victimes des micro-crédits. Lutte sous les étoiles !
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Maroc : Caravane internationale de solidarité avec la lutte des femmes contre le microcrédit

 

Depuis plus de trois ans, dans la région de Ouarzazate, des hommes et des femmes, surtout, luttent contre les institutions de microcrédit, qui loin de leur permettre de sortir de la misère, comme on le leur avait promis, les ont enfermés dans une spirale d’endettement dont ils ne parviennent plus à sortir, et ont aggravé leurs souffrances et leur pauvreté.
Ayant prêté des sommes dérisoires à des taux usuriers à des populations n’ayant même pas le minimum vital, ces mêmes institutions multiplient, avec l’aval des autorités, les pressions, les menaces, les agressions, les procès pour obtenir sans délais le remboursement de leurs prêts, intérêts et principal, et pour faire taire les défenseurs de leurs victimes. C’est ainsi que Amina Morad et Nasser Bensmaïni, coordinateurs du Mouvement de soutien aux victimes du microcrédit ont été condamné à un an de prison ferme et de lourdes amendes dans le but évident d’intimider les victimes et de briser leurs luttes et leur résistance.
C’est dans ce contexte qu’ATTAC/CADTM Maroc et l’Association de protection populaire pour le Développement Social organisent du 24 au 27 avril 2014 une caravane internationale de solidarité avec les femmes en lutte contre l’avidité et l’exploitation que leur font subir les organismes de microcrédit.
Cette caravane se déroulera selon le programme suivant :
- jeudi 24 avril : Ouarzazate : Lancement de la caravane
- vendredi 25 avril : Agdz et la vallée du Draa
- Samedi 26 avril : El Kalaa d’Mgouna et la vallée du Dadès
- Dimance 27 avril : Rich et la vallée du Ziz
Chaque étape dans une zone de forte concentration des victimes du microcrédit sera l’occasion de les rencontrer, les soutenir et manifester notre solidarité avec leur combat.
Soyons nombreuses et nombreux, de différents pays du monde et de toutes les régions du pays à rejoindre la caravane de solidarité avec les femmes de Ouarzazate et sa région, afin de briser l’étau qui les enserre et l’isolement de leurs luttes.
Vive la lutte internationale des femmes !
Association de protection populaire pour le Développement Social ATTAC/CADTM Maroc

 obtenir davantage d’informations : Tel : 00 212 618109599 Mail : caravane.ouarzazat@gmail.com