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samedi 20 septembre 2014

Des prisonniers sahraouis maltraités? Le Maroc dément comme d'habitude



20/9/2014

Des prisonniers sahraouis maltraités? Le Maroc démentSept prisonniers, arrêtés en début d’année lors de manifestations à Laâyoune, au Sahara, ont entamé une grève de la faim pour protester contre des « mauvais traitements », a annoncé vendredi 19 septembre, Amnesty International, une affirmation rejetée en bloc par les autorités marocaines.

Selon l’ONG londonienne, qui cite des « sources locales », ces détenus ont été « frappés violemment mercredi » par du personnel pénitentiaire et ont fait l’objet d’injures.  »Des témoins ont rapporté qu’ils souffraient de sévères contusions et de blessures aux poignets« , a ajouté dans son communiqué Amnesty, d’après qui plusieurs d’entre eux avaient déjà dénoncé des mauvais traitements ces derniers mois sans que les autorités judiciaires ne réagissent.
Contacté par l’AFP, le préfet de Laâyoune a rejeté en bloc des « allégations absurdes ».  »Les intéressés ont refusé de s’adapter aux normes pénitentiaires. Ils ont agressé avec des morceaux de verre quatre gardiens, qui ont été blessés« , a affirmé Yahdih Bouchaab, assurant disposer « de vidéos pour le prouver ».  »Tous les prisonniers s’alimentent normalement« , avait déclaré peu auparavant le directeur de la maison d’arrêt de Laâyoune, Abdelilah Zenfouni.
D’après Amnesty, les sept détenus ont été arrêtés au cours du premier semestre 2014 à l’occasion de manifestations à Laâyoune. Ils ont été condamnés pour « constitution d’une bande criminelle », « dégradation de biens publics », « violences contre des agents de sécurité » ou encore « rassemblement armé », selon l’ONG.
Amnesty rappelle avoir appelé, à plusieurs reprises, à l’élargissement aux droits de l’Homme du mandat de la mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso), ce que Rabat refuse catégoriquement. La Minurso est essentiellement chargée de surveiller le cessez-le-feu depuis 1991. Ce texte d’Amnesty intervient alors qu’une délégation de l’ONG effectue une visite au Maroc, un des cinq pays cibles de sa campagne internationale contre la torture: plusieurs dizaines de personnes ont effectué jeudi soir un sit-in devant le parlement de Rabat à l’appel de l’ONG.
Les autorités marocaines reconnaissent l’existence de « cas isolés » de torture mais assurent qu’il n’existe plus de « pratique systématique ».« Le Maroc avance et nous sommes ouverts aux remarques des ONG« , a déclaré jeudi à la presse M. Ramid, notant qu’un jugement avait récemment été annulé à Agadir après que des actes de torture contre un prévenu eurent été prouvés. Une circulaire a été transmise aux parquets, réclamant l’ouverture d’enquêtes pour chaque plainte de mauvais traitements, a-t-il ajouté.

Malek Chebel : « rien n’oblige les musulmanes à porter un voile »


Pour l’anthropologue spécialiste de l’islam Malek Chebel, rien dans le Coran n’oblige les musulmanes à porter le foulard. Selon lui, il s’agit là d’une question d’interprétation de deux versets du Coran qui demeurent flous dans leur formulation. Rien ne permettrait ainsi d’en déduire une prescription formelle du voile islamique.
Pour Malek Chebel, défenseur d’un « islam des Lumières », l’islam contient en lui-même la possibilité de réforme. Il revient dans cet entretien sur différents sujets d’actualité tels que la notion de djihad, le rôle des femmes, l’islamophobie en France et dans les sociétés occidentales.

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A Ris, les Roms organisent une fête des voisins



J.H.LeParisien.fr 19/9/2014
(DR.)

(DR.)

« Afin de nous présenter, de faire connaissance et de vous écouter, ce sera un plaisir et un grand honneur pour nous de vous recevoir et de partager en toute simplicité une boisson et quelques spécialités préparées pour l’occasion ». C’est une invitation un peu à part qu’ont reçue les habitants de Ris-Orangis dans leurs boîtes aux lettres, pour une fête entre voisins ce samedi à 16 h 30.
Les organisateurs sont les Roms installés depuis la mi-août sur un bidonville situé rue de Fromont. « Notre présence peut susciter de l’inquiétude, d’autant qu’une triste réputation nous précède. Tout comme vous, nous aspirons à vivre dans la propreté et à voir nos enfants se rendre à l’école », écrivent les Roms de Ris.

Sahara Occidental : La répression continue sous le regard passif de l’ONU

Sept prisonniers politiques sahraouis ont suspendu leur grève de la faim à la prison noire, à El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental, après que le directeur de la prison se soit engagé à satisfaire toutes leurs revendications, selon un communiqué du ministère des Territoires occupés et des communautés sahraouies établies à l'étranger. Les prisonniers sahraouis sont Mahmoud Alheisen, Serir Abdulmutallab, Bochalga Abdel Krim, Loumadi Abdeslam, Abdel Fattah Dalal, Baber Mohammed et El Moussaoui Aliyen. Les prisonniers cités ont longtemps souffert dans des conditions inhumaines pour revendiquer l’amélioration des conditions de leur emprisonnement.
Dans le même contexte, trois journalistes, Mahmoud Haddi, Mohamed Khouna Lembarki et Mohamed Saleh Zerouali ont été arrêtés par la police marocaine à cause de leurs positions par rapport à la question du Sahara Occidental et leur défense du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ainsi que leurs activités pour assurer une couverture constante des différentes manifestations pacifiques à El Aaiun occupée. Il est à rappeler que ces manifestations ont été organisées pour revendiquer l'élargissement de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) pour y inclure la surveillance des droits de l'homme au Sahara occidental. 
D’autre part, une manifestation pacifique a été violemment réprimée lundi soir dans la ville d’El Aaiun, aux alentours de l’au Sahara Occidental occupé les autorités d’occupation marocaines ont «violemment» réprimé lundi soir aux alentours de l’Avenue de Smara. D’autres concentrations organisées dans les rues avoisinantes ont connu le même sort. Le même jour, une autre manifestation a été sauvagement réprimée à Boujdour. Le but de ces manifestations était d'exiger que la MINURSO se charge de la surveillance des droits de l'homme au Sahara Occidental, la libération des prisonniers politiques sahraouis ainsi que le droit à l'autodétermination.


Ces actes de répression coïncident avec la célébration de la Journée internationale de la démocratie (15 septembre).

Appel des musulmans de France


Nous, responsables musulmans de France, signataires du présent appel, nous condamnons fermement les exactions commises par l’organisation «Daesh», connue sous l’appellation «Etat Islamique» (EIL), à l’encontre des civils en Irak et en Syrie parmi les chrétiens, les Yézidis, les kurdes, les turcomans, les musulmans chiites ou sunnites, les humanitaires, les journalistes et les reporters.
Nous considérons que cette organisation, en dépit de son appellation usurpée, n’a rien ni d’Etat ni d’islamique. 
 Ses actions criminelles et barbares, dont les décapitations macabres des deux journalistes américains James Foley et Steven Sotloff et de l’humanitaire britannique David Haines, d’une cruauté et d’une violence insoutenables, sont en totale contradiction avec les principes élémentaires de la religion musulmane.
Nous saluons la réaction spontanée, responsable et unanime des musulmans de France et de leurs imams qui ont condamné fermement les actes abjects du groupe terroriste «Daesh».
Nous saluons la position des autorités Chrétiennes, qui tout en condamnant les exactions perpétrées contre les chrétiens d’Irak et de Syrie, refusent toute instrumentalisation de cette tragédie et soulignent que les musulmans sont également victimes de cette organisation terroriste.
Nous appelons tous les citoyens épris de paix et de justice quelle que soit leur religion ou leur conviction à afficher, aujourd’hui plus que jamais, leur unité face au terrorisme et à la barbarie et à œuvrer sans relâche pour que le dialogue et la solidarité entre eux puissent faire barrage aux adeptes de la prétendue «guerre des civilisations».
Nous réitérons notre appel aux jeunes musulmans de France qui seraient tentés d’aller combattre aux côtés de ces terroristes, de prendre conscience de l’ampleur de la gravité des crimes dont ils pourraient se rendre complices, ainsi que de la lourde responsabilité, devant Dieu et devant l’Humanité, d’une telle complicité.
Face à l’ampleur des crimes commis par «Daesh» et l’importance des moyens matériels dont elle dispose, nous appelons la communauté internationale à diligenter une enquête afin que soient déterminés les responsabilités des soutiens de cette organisation terroriste ainsi que l’origine de ses moyens.
Nous demandons aux musulmans de France d’apporter leur aide aux exilés notamment à ceux présents en France, d’élever des prières, tous les vendredis, pour le repos des âmes de toutes les victimes et implorer le Très Miséricordieux afin qu’Il accorde Son Aide et Son Soutien à ceux qui souffrent des actes de cette organisation terroriste.
 http://www.relations-catholiques-musulmans.cef.fr/2014/09/16/appel-des-musulmans-de-france/

Le Conseil des droits de l’homme tient un débat général sur les situations relatives aux droits de l’homme dans différents pays


Extraits concernant  Maroc et Algérie

GENÈVE, 17 septembre 2014 / PRN Africa / 

— Le Conseil des droits de l'homme a tenu cet après-midi un débat général consacré aux situations relatives aux droits de l'homme qui requièrent son attention.
De nombreuses délégations* d'États membres et observateurs, ainsi qu'une trentaine d'organisations non gouvernementales ont dénoncé des violations des droits de l'homme dans un grand nombre de pays, la situation en République arabe syrienne étant de nouveau mentionnée à plusieurs reprises suite à la présentation ce matin du dernier rapport de la Commission internationale indépendante d'enquête sur ce pays. Des préoccupations ont été exprimées s'agissant de la situation des droits de l'homme dans plusieurs pays appartenant à toutes les régions du monde, notamment des pays qui font l'objet d'un examen par une procédure spéciale du Conseil. Plusieurs délégations ont toutefois réaffirmé leur opposition à l'exercice qui consiste à pointer du doigt certains pays en particulier, soulignant que les délégations qui ont l'habitude d'adresser des critiques à d'autres sont loin de respecter pleinement les droits de l'homme, en particulier s'agissant de la discrimination raciale, le traitement des migrants, les exécutions extrajudiciaires par les drones.
Par ailleurs, les délégations suivantes ont exercé le droit de réponse s'agissant de déclarations faites au cours de la séance: Venezuela, Arabie saoudite, Algérie, Soudan du Sud, Égypte, Ouzbékistan, Maroc, Palestine, Maldives, Arménie, Thaïlande, Éthiopie, Bahreïn, Niger, Japon, Azerbaïdjan et Érythrée.
Le Conseil doit entendre les dernières organisations non gouvernementales dans le cadre du débat général sur les situations relatives aux droits de l'homme qui requièrent son attention, avant d'examiner deux rapports préparés par son Comité consultatif et qui portent, respectivement, sur l'idéal olympique dans la promotion des droits de l'homme et sur la promotion et la protection des droits de l'homme dans les situations consécutives à une catastrophe ou à un conflit. La présentation de ces rapports sera suivie d'un débat général sur les organismes et mécanismes de protection des droits de l'homme.
Situations relatives aux droits de l'homme qui requièrent l'attention du Conseil
Débat général :

Extraits concernant  Maroc et Algérie


L'Algérie a attiré l'attention du Conseil sur la situation au Sahara occidental, résultant de la non-application du droit à l'autodétermination. Il est urgent que le Conseil se saisisse de cette situation pour le respect de toutes les libertés fondamentales, y compris celles du peuple sahraoui. L'Algérie est convaincue que l'élargissement du mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) à la surveillance des droits de l'homme est justifié.
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Le Maroc a rejeté la déclaration de l'Algérie sur le Sahara marocain. Le Maroc rappelle qu'il a soumis à l'ONU une initiative pour solder définitivement ce différend. La situation des droits de l'homme en Algérie, au détriment des Kabyles et des Mozabites et dans les camps de Tindouf, préoccupe beaucoup le Maroc.
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L'Algérie a constaté que le Maroc était pris régulièrement en flagrant délit de violation des droits de l'homme, en particulier dans un territoire qu'il occupe illégalement depuis 1975. Malheureusement, le Maroc crie régulièrement à la manipulation et à la calomnie, déversant sa verve hargneuse contre l'Algérie. S'agissant des camps de Tindouf que le Maroc a mentionnés dans son intervention, l'Algérie rappelle qu'il s'agit de camps de réfugiés. Les fonctionnaires du Haut-Commissariat pour les réfugiés et de la Mission des Nations unies pour la supervision d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) n'y ont jamais constaté de problèmes particuliers. Le Maroc devrait expliquer pour quelle raison il maintient tout un peuple sous sa férule, en opposition à la volonté de la communauté internationale.
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Le Maroc a accusé l'Algérie de «faire une fixation» sur le Sahara. L'attitude tendancieuse de l'Algérie est en contradiction avec son statut d'observateur dans ce différend. L'Algérie, qui prétend se préoccuper des droits de l'homme au Sahara, ne s'en préoccupe pas sur son propre sol. Le Maroc craint que son voisin n'ait adopté des réflexes coloniaux, alors même que le peuple kabyle réclame depuis longtemps le respect de son droit à l'autodétermination.
...................

L'Algérie a rejeté «avec mépris» les allégations concernant son pays faites par le Maroc, cette puissance coloniale. Le Maroc ne peut pas fournir de document des Nations Unies à l'appui de telles allégations. Le Maroc ne peut en outre pas fournir un seul document attestant que la «marocanité du Sahara occidental», dont le Maroc ne cesse de se prévaloir.
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Le Maroc a affirmé que l'Algérie est le pays qui détient le record de refus de visites des procédures spéciales, dont le Groupe de travail sur détention arbitraire ou le Groupe de travail sur les disparitions forcées.

Lire le texte entier :

Maroc: nouveaux appels à l'abandon des poursuites contre le journaliste Anouzla

©AFP / 17/9/ 2014


Rabat - Le comité de soutien d'Ali Anouzla ainsi que 12 ONG tunisiennes ont de nouveau réclamé mercredi l'abandon des poursuites à l'encontre de ce journaliste marocain notamment poursuivi pour aide au terrorisme, à l'occasion du premier anniversaire de son interpellation.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le comité de soutien de M. Anouzla demande aux autorités d'annuler les poursuites et de clore ce dossier.

Il réclame également la levée de la censure arbitraire de son site d'information Lakome, afin que le journaliste reprenne son activité professionnelle en toute indépendance et à l'abri de toute pression.

Ali Anouzla est la cible, depuis septembre 2013, d'un harcèlement judiciaire et politique visant à l'intimider et à étouffer sa voix, ont pour leur part estimé 12 ONG tunisiennes dans un communiqué conjoint. 

Il s'agit d'un des journalistes arabes les plus respectueux des règles et de l'éthique de la profession, ont-elles ajouté, appelant là aussi à la fin des poursuites.

M. Anouzla avait été arrêté le 17 septembre 2013 après la publication sur la version arabophone de Lakome d'un lien vers une vidéo d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) consacré au Maroc, dans le cadre d'un article sur le sujet.

Inculpé pour aide matérielle, apologie et incitation au terrorisme, le journaliste, connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir, avait été remis en liberté provisoire un mois plus tard, à la suite d'une mobilisation au Maroc et à l'étranger.

A ce jour, il reste toutefois poursuivi et risque jusqu'à 20 ans de prison: la dernière audition devant le juge d'instruction, prévue en mai, a été reportée sine die.

Le site Lakome (en arabe et en français) n'est par ailleurs plus accessible depuis une demande de fermeture provisoire formulée par M. Anouzla, alors qu'il se trouvait en prison. Depuis sa sortie, il affirme avoir sollicité à plusieurs reprises sa réouverture, sans succès.

De leur côté, les autorités marocaines font valoir que le dossier est entre les mains de la justice.

Les détracteurs d'Ali Anouzla lui reprochent d'offrir une tribune à Aqmi, dont la vidéo appelait au jihad. Ses soutiens font, eux, valoir que Lakome prévenait d'emblée qu'il s'agissait d'une vidéo de propagande.

Amnesty International, Human Rights Watch et Reporters sans frontières ont également appelé à l'abandon des poursuites contre M. Anouzla.

Ali Anouzla, un an plus tard


Par Ali Anouzla
Interprété de l’arabe par Salah Elayoubi

anouzla

Le souvenir du 17 Septembre 2013, avec ces intrus investissant, au petit matin, mon minuscule appartement, me hantera à tout jamais. L’écho de cette sonnette insistante, résonne encore dans mes oreilles et n’en finit plus de réveiller le petit garçon qui sommeille en moi, me transportant en cette nuit cauchemardesque, lorsque des éléments de la police militaire étaient venus tambouriner à la porte métallique du domicile familial, sous les aboiements furieux de mon chien « Frini », pour nous annoncer la mort de mon père, tombé au champ d’honneur de cette mère-patrie, qui fait de moi, aujourd’hui, son prisonnier.
Depuis cette tragique soirée, mes nuits ne furent plus jamais les mêmes, faites de veille vigilante et de sommeil superficiel. Dans la cellule que mes geôliers m’avaient assignée, alors que le silence prenait possession de la prison et que mes compagnons d’infortune cherchaient dans quelques heures de sommeil, le moyen d’oublier leur misérable condition, le cauchemar revenait me hanter. Je croyais alors, reconnaître, dans les cris de détresse de quelques codétenus, le claquement des lourdes portes de métal ou le jappement lointain d’un chien, la tragédie qui frappa, cette nuit-là, ma famille.
Étendu sur ma couche d’infortune, je ressassais inlassablement ces questions : Pourquoi suis-je ici ? Quelle ignoble infamie ai-je commis, pour qu’on me place, trente jours durant, à l’isolement, privé de mes lectures et de ma dignité ? Serais-je un dangereux ennemi public, pour mériter cet acharnement policier, judiciaire et médiatique ? Faudra-t-il qu’on me livre en pâture aux chiens et que mon sang coule dans le caniveau, pour que cessent les éructations pitoyables, des thuriféraires de la tyrannie, à mon égard ?
J’étais entré en journalisme comme on entre en sacerdoce, convaincu de la mission qui m’incombait. Plus qu’un métier, j’en avais fait un engagement à défendre le faible et à me faire gardien de l’intérêt général. J’y ai croisé tant d’opportunisme, de cupidité, et de plumes aux ordres, mais aussi quelques justes, qui me rendirent l’espoir et renforcèrent ma détermination à rendre compte de la vérité, toute la vérité, rien que la vérité !
Mes lectures philosophiques m’apprirent que le scepticisme était le meilleur chemin vers la certitude. J’appris très tôt, à m’affranchir des vérités toutes faites, et à m’imposer le doute comme vertu, n’hésitant jamais à franchir les prétendues lignes rouges et poser les questions les plus dérangeantes, dans ma quête de la vérité.
Mes lectures vernaculaires me firent privilégier l’opinion, plutôt que le courage des plus braves. Je me fis la promesse de ne jamais me taire, face à l’injustice, ni craindre de dire la vérité, dussé-je affronter solitude et traversée du désert.
De désert, il en fut précisément question, une année durant, avec l’épée de Damoclès que l’on sait. Il fut le pire de tous les déserts, non pas en raison de la fermeture injuste de mon unique gagne-pain, ayant appris depuis longtemps, à me contenter de peu, ni en raison de l’interdiction qui m’a été signifiée, dans l’illégalité absolue, de quitter le territoire marocain, et son prolongement, la drôle de liberté qui m’est imposée, mais parce que je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse, un jour, confier aux plus lâches et aux plus misérables, le soin de m’infliger, autant d’injustices, de peines et de mépris à la fois.
Je repense à ces moments d’infinie solitude, lorsque je découvrais, stupéfié, que dans ce pays qui se disait celui du droit, mon sort ne tenait qu’à un fil et à l’humeur d’un seul homme, juge de mon destin. Je fis connaissance avec la vengeance aveugle et vis comment la haine et la colère s’étaient liguées, pour vider mes contempteurs de toute humanité. Je réalisais avec anéantissement, à quel point, nous étions tous, confinés dans une immense salle d’attente, en liberté surveillée.
Pourtant même dans les moments les plus sombres, jamais je ne cédai au désespoir ou à la colère, puisant mon énergie dans ce vieux poème arabe :
«  Jamais la haine n’atteint le cœur altier, ni ne grandit celui qu’elle imprègne »
J’ai consacré ma vie à défendre les valeurs de liberté, de justice, de dignité et de démocratie, me promettant de ne jamais changer d’un iota, ma ligne éditoriale, ni faire l’économie d’une seule bataille contre la corruption et la tyrannie, quel qu’en fut le prix à payer.
Je suis redevable à cette épreuve que je traverse, de m’avoir révélé l’affection que me vouent ces femmes et ces hommes libres, et jusqu’à mes geôliers, pour leur bonté à mon égard. Je serais, à tout jamais, reconnaissant à ces militants, ces amis, ces collègues, ces confrères et ces citoyens anonymes, enfants de mon pays, qui prirent, plusieurs fois de suite, possession de la rue, au péril de leur propre existence, pour exiger ma libération. Ils furent simplement merveilleux !
Ma reconnaissance éternelle va également à ma famille, ainsi qu’à tous ces justes, des militants d’organisations internationales et des journalistes, du monde entier. Que serait-il advenu de moi, sans leur soutien ?
A tous, je ne saurais jamais vous restituer un peu de ce que vous m’avez donné, sinon en poursuivant la mission que je me suis fixée, de prêter la plume aux opprimés, aux exclus et aux sans-voix ! Amen !
Ali Anouzla

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vendredi 19 septembre 2014

Ne pas confondre antisémitisme et antisionisme

Manuel Valls importe le "conflit" israélo-palestinien en France ! Provocateur irresponsable.

Participant hier à une cérémonie du nouvel an juif, Manuel Valls a eu ces mots incroyables, tenez-vous bien :" Il y a un nouvel antisémitisme qu'il faut combattre, sur fond d'antisionisme qui propage la haine du juif. Se dire antisioniste.(...) pour éviter l'accusation d'antisémitisme n'est pas possible." 
Volontairement Valls mélange les termes. Le sionisme est une idéologie. L'antisémitisme un délit. 
 On peut être pour ou contre le premier. C'est un droit. Même en Israël. On ne peut accepter le second. C'est un délit. Ce mélange des genres est très hautement dangereux. Ou Valls n'y connait rien et alors qu'il se taise. Ou bien il fait du sionisme - qui est aujourd'hui d'interprétations diverses - l'idéologie de l'Etat français. Et non seulement, mais une idéologie avec laquelle on doit être d'accord sous peine de recevoir les foudres de la loi. C'est inacceptable ! Pas d'idéologie d'Etat ! Et pas d'antisémitisme qu'il nourrit évidemment avec ces propos d'un autre temps. Valls tu déchires la République.

Une délégation française entame une visite de solidarité aux camps de réfugiés sahraouis

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 Une délégation de la commission parlementaire française de solidarité avec le peuple sahraoui entame une visite de solidarité à partir de ce jeudi aux camps de réfugiés sahraouis, selon une déclaration de ministère de l'information
La délégation française se réunira jeudi soir avec le ministre de la coopération et le président du Comité des relations extérieures au Conseil national sahraoui (parlement).
Selon le programme de la visite, la délégation  visitera la wilaya de Smara où elle recevra par le Conseil régional de cette wilaya .
Elle aura des rencontres avec de hauts responsables sahraouis dont le ministre des Affaires étrangères, puis des entretiens avec le coordinateur sahraoui avec la MINURSO ,selon la même source
La délégation française visitera le musée de la Résistance nationale et l'association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA) , suivie d'une rencontre avec le président de la république SG de front Polisario et un dîner offert avec le président du conseil national sahraoui , selon l'ordre du jour de la visite .
allafrica

Accord de pêche UE-Maroc immoral : les Néerlandais ouvrent la pêche




Accord de pêche UE-Maroc immoral : les Néerlandais ouvrent la pêche
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Pour la première fois en près de trois ans, un navire de pêche d’un État membre de l'UE a été détecté dans les eaux du Sahara Occidental occupé.

Mis à jour le: 17/9/2014 
Le Franziska, un chalutier d’une capacité de 6900t, a été repéré en mer au sud-ouest de Dakhla en pêche depuis le dernier week-end. Le navire est détenu et exploité par la société néerlandaise W. van der Zwan & Zn B.V., qui fait partie de la Pelagic Freezer-trawler Association (PFA).

Depuis près de trois ans, le Franziska est le premier des navires battant pavillon UE à pêcher dans les eaux au large du Sahara Occidental, un territoire en grande partie occupé par le Maroc depuis 1975. La souveraineté autoproclamée du Maroc sur le Sahara Occidental n'a été reconnue par aucun gouvernement dans le monde, et le conseiller juridique du Conseil de Sécurité de l'ONU a déclaré que les ressources naturelles du territoire ne peuvent être exploitées sans le consentement et le profit du peuple sahraoui.

Ce n'est pas la première fois qu'un navire appartenant à W. van der Zwan est actif au Sahara Occidental occupé. Interrogé par les membres hollandais de WSRW en 2010, le PFA a répondu, abandonnant toute responsabilité sur la Commission européenne.

En décembre 2011, le Parlement Européen a rejeté une proposition de prolongation de l'accord de partenariat UE-Maroc dans le domaine de la pêche, à la suite des rapports sur son impact écologique néfaste, la perte financière à l'Union et des doutes sur sa compatibilité avec le droit international pour avoir omis d'exclure le Sahara Occidental de son champ d’application. En conséquence, la pêche de l'UE au Maroc et au Sahara Occidental avait cessé.

Mais un nouvel accord – ayant revu les dépenses supportées par l’UE sans résoudre les obstacles écologiques et juridiques - a été approuvé par le Parlement Européen en décembre 2013. Le roi du Maroc a ratifié la convention en juillet de cette année.

Plusieurs navires espagnols ont passé récemment le processus de contrôle technique du Maroc, leur permettant de reprendre la pêche. L'Espagne a été le principal moteur de lu nouvel accord, et reçoit la part du lion des permis de pêche accordés au titre de l'accord.

Le peuple sahraoui, ironiquement autrefois considéré comme des citoyens espagnols lors de la colonisation de leurs terres par l'Espagne, n'a jamais été consulté sur l'accord de pêche UE-Maroc, et a toujours exprimé son opposition à l'accord. Plusieurs Sahraouis ont été blessés par la police marocaine alors qu’ils protestaient contre la décision du Parlement Européen d'approuver le protocole de pêche pour leurs eaux occupées.

Des mineurs étrangers sans toit à Paris dans le 20e : est-ce possible ? Signer la pétition !


 18/9/2014

Comment est-il possible que, en France, et dans le 20e arrondissement en particulier, des lycéens encore mineurs ou fraîchement majeurs puissent ne pas avoir de toit pour dormir ?
EREALe collectif MIE 20e (Mineurs Isolés Etrangers du 20e arrondissement), créé début juillet et qui rassemble des membres de RESF (Réseau Education Sans Frontière) du 20e, de la Ligue des Droits de l’Homme du 20e, de l’union locale de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves) du 20e ainsi que des citoyens engagés, souhaite interpeller les pouvoirs publics sur la situation indigne de ces jeunes.
Ils sont une dizaine de jeunes étrangers scolarisés dans des lycées du 20e à essuyer le refus d’assistance de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), organisme sensé apporter des solutions d’hébergement à ces adolescents.
Certes, l’ASE n’a semble-t-il pas les moyens de répondre à toutes les situations de détresse. Il n’empêche que, il y a urgence à trouver une issue digne pour ces jeunes laissés pour compte. Tel est le sens de l’appel lancé par le collectif MIE 20e qui a adressé au 75020.fr un communiqué qui témoigne de la gravité de la situation de ces jeunes.
Lire le communiqué du collectif MIE20 
Plusieurs actions ont déjà été initiées par le collectif MIE20. La mairie du 20e a également apporté son soutien en adressant une lettre à l’hôtel de ville pour sensibiliser la mairie de Paris sur ce sujet.
Une pétition a été mise en ligne sur le site de RESF fin juin pour soutenir l’action du collectif MIE 20e : http://resf.info/P2775

20-Février : L’7aqed sort de prison


20-Février : L’7aqed sort de prison
 
aufait/AFP, 18/9/2014 
 
Après avoir purgé sa peine, L’7aqed sort enfin de prison !

En effet, le rappeur Mouad Belghouat, considéré comme le chanteur du mouvement du 20-Février, est sorti ce jeudi de prison après avoir purgé une peine de quatre mois pour « atteinte à agents des forces de l’ordre », a indiqué son entourage.
Âgé de 26 ans, « L7aqed » (« le rancunier », son surnom) est sorti en fin de matinée d’une prison de Casablanca devant laquelle l’attendaient des proches.
« Je suis très content de revoir ma famille et mes amis, et de pouvoir retourner au studio pour faire de la musique », a déclaré le jeune homme, joint par téléphone par l’AFP.  »Je continue à croire dans la procédure en appel car je tiens à prouver mon innocence. »
Le jugement en appel doit être rendu le 13 octobre, selon son avocat.
Mouad Belghouat avait été arrêté en mai dernier en marge d’une rencontre de football à Casablanca puis condamné à quatre mois de prison pour « ébriété sur la voie publique » et « atteinte à agents des forces de l’ordre ». Ses avocats s’étaient retirés pour protester contre les conditions dans lesquelles se déroulait le procès.
Dans un communiqué, Human Rights Watch (HRW) avait dit craindre un jugement « inéquitable » et à caractère « politique ». « Un procès en appel devra, s’il a lieu, étudier de manière équitable l’ensemble des preuves et entendre tous les témoins », avait estimé l’ONG.
Rappelons que L’7aqed a reçu le « prix de l’intégrité » pour l’année 2012 décerné par Transparency Maroc.
Le rappeur avait déjà purgé deux autres peines de prison dans un passé récent, la précédente de mars 2012 à mars 2013 pour « outrage à la police », à la suite d’un clip diffusé sur YouTube.
aufait/AFP

jeudi 18 septembre 2014

Torture. Amnesty remet une pétition au ministre de l’intérieur et organise un sit-in devant le parlement.



  « Stop à la torture au Maroc ». 


 

Amnesty remet une pétition contre la torture à Ramid et organise un sit-in devant le parlement



manif rabat

« Stop à la torture au Maroc ». C’est jeudi 18 septembre en fin d’après-midi qu’Amnesty international organise à Rabat un sit-in  devant le parlement pour dire non à la torture en terre marocaine. Amnesty international qui est en train d’élaborer un rapport  sur la torture au Maroc doit remettre ce mercredi 17 septembre au ministre de la justice et des libertés une copie d’une pétition internationale concernant plusieurs pays

« Stop à la torture au Maroc ». C’est jeudi 18 septembre en fin d’après-midi qu’Amnesty international organise à Rabat un sit-in  devant le parlement pour dire non à la torture en terre marocaine. La section marocaine d’Amnesty ainsi que les représentants des sections belge, danoise, espagnole, américaine d’A.I seront aux premières lignes de cette manifestation aux côtés également d’une délégation du secrétariat international de l’Organisation venue tout droit de Londres. Depuis hier mercredi 17 septembre cette délégation d’activistes des sections de Belgique, d’Espagne, de Danemark et  des Etats-Unis multiplie les contacts avec les diplomates en poste à Rabat et officiels d’ici. La mobilisation contre la torture prend plusieurs formes : de la pétition citoyenne au sit-in de protestation mais aussi élaboration de rapport. Amnesty international est en train d’élaborer un rapport  sur la torture au Maroc. Il sera rendu public en février 2015.
Le voyage marocain de ces défenseurs des droits humains s’inscrit dans le cadre d’une campagne mondiale de lutte contre la torture menée par Amnesty International  qui s’achèvera en 2016 et dont le Maroc est un des pays prioritaires. Lancée en mai 2014,  une telle campagne vise également le Mexique, le Nigéria, les Philippines et l’Ouzbékistan.  
Chez nous, Amnesty s’est mobilisée pour défendre le cas emblématique de  Ali Aarrass-détenu à la prison de Salé après avoir été condamné à 12 ans de prison pour faits de terrorisme qu’il a toujours niés- mais aussi toute victime de la torture. Une pétition mondiale exhortant le gouvernement Benkirane à garantir la justice à Ali AArass et aussi à toutes les victimes de la torture et procéder a l’ouverture d’enquêtes indépendantes et impartiales sur toute allégation de torture ou de mauvais traitement ». 215 000 signatures ont été recueillies de par le monde. La délégation d’Amnesty International présente à Rabat doit remettre ce mercredi 17 septembre au ministre de la justice et des libertés, Mostafa Ramid, une copie de cette pétition, résultat de cette mobilisation internationale.

A.I demande l’ouverture d’enquêtes impartiales
Auparavant, ces défenseurs des droits de l’Homme ont tenu une rencontre avec les ambassadeurs de Danemark, de Finlande, des Etats-Unis, de Belgique et plus de celui de l’Union Européenne. Les discussions ont surtout porté sur les engagements pris par le Royaume en termes de respect des droits humains et des libertés. « Nous avons évoqué les cas de torture au Maroc et demandé l’ouverture d’enquêtes à ce sujet. Nous avons également parlé des tracasseries subies par la section marocaine d’A.I et de la récente interdiction de son camp de jeunesse qu’elle devait organiser. Le Maroc a un partenariat important avec l’Union Européenne. Le pays jouit même d’un statut avancé.  Nous avons rappelé à nos interlocuteurs qu’un tel statut est conditionné par le respect des droits humains.  », explique un activiste d’Amnesty International participant à cette mission de l’ONG.
Faut-il y voir un signal fort ou de l’ironie, cette forme polie du désespoir ? Il y a quelques jours, à la 27ème session du conseil onusien des droits de l’Homme, le Maroc a été choisi comme porte-parole d’un groupe de travail composé du Chili, du Danemark et de l’Indonésie, en charge d’’encourager les pays réfractaires à signer la convention internationale de lutte contre la torture.
A la fin du mois de novembre prochain, Marrakech accueille le congrès mondial des défenseurs des droits humains. Près de 5000 activistes y sont attendus. Ce qui n’empêche pas le gouvernement Benkirane de multiplier les signaux négatifs en direction du respect des droits humains. Entre  des acquis  fortement menacés et une liste des reculs n’en finissant pas de s’allonger,  la crainte du retour des vieux démons des années de braise est dans toutes les têtes.