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samedi 7 février 2015

La Zone Franche de Tanger: ZONE DE NON DROIT



Par Souad G.7/2/2015

 Le samedi 22 janvier 2015, Mohammed Charki, un ouvrier et syndicaliste à l’entreprise américaine ECI Maroc située à la Zone Franche de Tanger Automotive (Nord du Maroc) est sauvagement agressé, insulté et tabassé par des agents de la société de sécurité privée Colinco.

Le conflit a éclaté dès que  les ouvrier-es ont constitué un bureau syndical pour défendre leurs droits élémentaires reconnus dans le code du travail : salaire minimum, droit au repos hebdomadaire, conditions de sécurité et respect des travailleurs et travailleuses.

Suite à cela la direction a décidé de licencier 7 ouvriers pour stopper le mouvement. La direction n’hésite à recourir aux menaces, insultes  et aux méthodes de terreur face aux ouvrier-es.

Dans cette zone de non droit, les entreprises n’ont plus besoin de recourir aux forces de l’ordre public, ils ont leurs propres agents de sécurité privés pour affronter toute revendication ouvrière.

Les entreprises bénéficient du soutien de l’État qui offre des terres, des infrastructures, une main d’œuvre jeune, exploitable et corvéable, une législation suffisamment malléable pour attirer de  nouvelles sociétés multinationales.

Un nouvel Eldorado pour le capitalisme qui profite de la zone de libre échange pour faire des profits juteux  avec des  salaires bas, une législation du travail et des charges sociales inexistantes, un taux de chômage élevé.



Le mercredi 4 février 2015, les agents de sécurité interviennent sauvagement pour disperser les ouvrier-es tenant sit-in devant l’usine. Cette intervention fait plusieurs blessés, parmi lesquels  Mohamed Charki, blessé au visage. Voici les témoignages de deux ouvriers de cette usine.

Témoignage de Safaa Bahraoui, ouvrière dans la société américaine ECI Maroc:


ECI, est une société américaine qui fabrique des câbles pour voitures, pour appareils électroniques…La société est la première à usine qui s’est installée dans la nouvelle zone industrielle. Située entre Tétouan et Tanger, à 40 km de Tanger.  Elle emploie environ 260 ouvriers et ouvrières.

7 ouvriers ont été licenciés pour raison syndicale, pour avoir dénoncé les conditions de travail et réclamé l’application du code du travail .

J’ai été menacée par le responsable de la sécurité, insultée puis il m’a fait tomber par terre.  Nous avons tenu un sit in pacifique devant l’usine pour dénoncer le manque de respect de l’agent de sécurité de la société Clinco Service.

Pour cela, 30 ouvriers ont été licenciés, et 30 autres sont menacés.

Nous avons lutté pour leur retour au travail, pour les indemnisations des heures supplémentaires, pour le droit des femmes enceintes.

Maintenant ils menacent de  licencier tous les ouvriers, environ 260 pour embaucher d’autres.

Nous poursuivons notre lutte, pour exiger nos droits, le respect des ouvrières et ouvriers.



Témoignage de Ahmed Charki : ouvrier, syndicaliste


J’ai dix ans d’expérience dans ce secteur. Avec d’autres ouvrières et ouvriers, j’ai dénoncé les conditions de travail exécrables, l’absence de formation pour les nouveaux ouvriers. Tout de suite après, j’ai été convoqué avec une ouvrière. Je me suis retrouvé dans une voiture, menacé, tabassé puis jeté dans la nature. Une ambulance est arrivée plusieurs heures après pour constater mes blessures.

Nos revendications :

-       l’application du code du travail.

-       Notre salaire actuel : 21OO dh pour 8 h de travail, mais ils nous paient 7h30 au lieu de 8h, les 30 mn pour le repos  sont retirées de notre salaire.

-       En ce moment nous sommes en sit in devant l’usine, dans la zone Franche.

-       Cette zone industrielle s’installe sur les terres de culture, les habitants sont menacés d’expulsion.



Solidarité avec notre camarade Mohamed Charki, syndicaliste, militant de l’AMDH et Attac Maroc et tous les ouvrières et ouvriers de l’usine.

ECI MAROC, est la première usine à s’installer dans la nouvelle zone industrielle.

Elle témoigne du nouveau visage du capitalisme sauvage mondialisé, au dessus des lois, du droit. Le pouvoir marocain exproprie les paysans de leurs terres, de leur culture, de leur environnement, s’accapare  leurs terres pour les céder à moindre coût à  des sociétés internationales sans foi ni loi, au dessus du droit local et international.

A qui profite ce type de développement ?

Souad G.

WSRW a aujourd'hui 10 ans.





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Officiellement créé lors d'une réunion à Bruxelles le 5 février 2005, WSRW a aujourd'hui 10 ans.
Mis à jour le: 05.02 -
Le groupe s’est constitué en 2004 en coalition internationale pour la protection des ressources naturelles au Sahara Occidental, avec l’objectif principal d’arrêter Kerr-McGee et TotalFinaElf, les deux compagnies pétrolières qui effectuaient des activités d'exploration sismique au Sahara Occidental à l'époque.

Le réseau s’est formé en réponse à l'entrée des compagnies pétrolières sur le territoire et à l’avis juridique de l'ONU de 2002 qui a qualifié de telles explorations pétrolières de violation du droit international.

Le 5 février 2005, lors d'une réunion à Bruxelles, le groupe a formalisé sa mission et ses revendications, et renommé l’organisation Western Sahara Resource Watch. Beaucoup de militants avaient une expérience internationale dans les mouvements de solidarité au Timor Oriental et anti-apartheid, et ont utilisé leurs compétences organisationnelles et d’informations acquises lors de ces campagnes de solidarité.

Depuis 2006, WSRW a travaillé sur les accords commerciaux UE-Maroc comme axe principal, tout en faisant campagne pour stopper les compagnies pétrolières et de phosphate impliquées dans le pillage illégal du territoire.

L'association compte aujourd'hui un conseil de sept membres, et un secrétariat basé en Belgique.

Vous voudriez soutenir nos campagnes par un don? Rendez vous ici.

  
  


Actualités:
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19.12 - 2014 / 19.12 - 2014Des imports de sel du Sahara Occidental rejetés dus aux droits humains
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22.10 - 2014 / 22.10 - 2014Une famille sahraouie perd sa maison pour une ligne électrique

Emmanuel Todd mal à l'aise avec la "sanctification" de "Charlie Hebdo"

 

Le Point -

L'anthropologue et historien français juge que, dans le contexte actuel en France, blasphémer l'islam revient à humilier les faibles de la société.

Le mouvement "Je suis Charlie" inquiète Emmanuel Todd.
Le mouvement "Je suis Charlie" inquiète Emmanuel Todd. © BALTEL/SIPA
L'anthropologue et historien français Emmanuel Todd a confié au quotidien japonais Nikkei être mal à l'aise avec le mouvement "Je suis Charlie", né en France après l'attentat contre Charlie Hebdo, jugeant que les caricatures de Mahomet humilient les faibles de la société. "Il y a un grand écart entre ce qui se passe actuellement en France et ce que je pense", a déclaré Emmanuel Todd au correspondant du Nikkei à Paris. "En France, si on ne touche pas à une personne en particulier, on considère qu'il est possible de tout caricaturer. Avant l'attentat, je critiquais les dessins satiriques de Charlie Hebdo. Je ne peux donc pas être d'accord avec la sanctification de cet hebdomadaire qui a publié des caricatures obscènes du prophète Mahomet", a-t-il ajouté, selon des propos rapportés en japonais. Selon lui, près de quatre millions de Français qui sont descendus dans la rue le 11 janvier, quatre jours après l'attentat qui a décimé Charlie Hebdo, ne sont pas représentatifs de la société française : "Beaucoup appartiennent à la classe moyenne, mais les jeunes de banlieue (dont beaucoup d'origine immigrée) et les classes ouvrières, eux, n'y étaient pas", insiste Emmanuel Todd, que cette situation inquiète.
Il pointe en outre les inégalités dont sont victimes les immigrés et leurs enfants, "qui ne peuvent recevoir un enseignement suffisant et ne trouvent pas de travail en période actuelle de crise économique. Une partie d'entre eux aspirent ainsi au radicalisme du groupe État islamique". "Ce qu'on voit dans les banlieues de nos grandes villes, c'est la plus récente expression de la crise que doivent affronter les sociétés d'Europe de l'Ouest. Les jeunes musulmans qui vivent dans les banlieues sont des Français nés en Occident. L'absence de perspective d'avenir est une des causes de l'aliénation de ces jeunes. Et l'Europe de l'Ouest ferme les yeux sur son propre problème", souligne encore Emmanuel Todd. "Se moquer de soi-même ou de la religion d'un ancêtre est une chose, mais insulter la religion d'un autre est une histoire différente. L'islam est devenu le support moral des immigrés de banlieue dépourvus de travail. Blasphémer l'islam, c'est humilier les faibles de la société que sont ces immigrants", juge le démographe.
Les propos d'Emmanuel Todd retenus par le Nikkei font largement écho à l'analyse d'une partie de la presse et de la population du Japon qui ont du mal à comprendre pourquoi Charlie Hebdo a publié des caricatures de Mahomet malgré les risques connus, et qui considèrent les inégalités en France comme une cause de la dérive radicale de certains jeunes.

L'excision en Islam / Cette autre barbarie...

Ce salopard de théologien (et je pèse mes mots) Mohamed Hassan, reçu en grandes pompes en Tunisie par Ennahda, justifie honteusement et avec des élucubrations très malhonnêtes, l'excision...
Il faut savoir que ni l'excision, ni la circoncision ne sont mentionnées dans le Coran. Mais cet imbécile va ressourcer l'excision dans des livres d'autres théologiens (hommes bien sûr!!). Il dit que parmi eux, ceux qui disent que c'est obligatoire, et ceux qui disent que ce n'est pas interdit...
Et moi, je lui dis, et je leur dis qu'ils aillent tous au diable, ces théologiens de l'apocalypse avec leur savoir dévergondé et sadique que je jette à la poubelle...
Mon indignation et ma grande compassion avec toutes les femmes excisées dans le monde... et celles, au nom de l'islam !!

Fouille violente à la prison d’Oujda : quatrième jour de grève de la faim des détenus restants dans l’affaire Belliraj !



Détenus en grève de la faim : Bekhti Abdelatif numéro d'écrou 86612,  El Bay Jamal numéro d'écrou 86611, Chegannou Abdelhali numéro d'écrou 86613
Mardi 3 février 2015 à 3h du matin, le Directeur régional, le Directeur de la prison d’Oujda ainsi que 50 gardiens ont surgi avec force dans la cellule de 3 des détenus restant dans l’affaire Belliraj et dans celle des 9 détenus salafistes. Lors de cette fouille inhabituelle et brutale des cellules de ces prisonniers, ils ont fait un usage excessif de la violence physique et psychologique sur ces détenus politiques :
  • Tout a été mis sens dessus dessous, les cellules ont été saccagées, tout a été jeté par terre : les livres, les ustensiles, les produits ;
  • Les détenus dorment par terre par ce temps froid suite au retrait des lits ;
  • Beaucoup de pression morale sur les détenus ;
  • Des insultes, des bousculades ;
  • Plus d’eau chaude ; pas de réchaud
  • Le temps de visite est écourté à 15 minutes…

Un des détenus âgé de 60 ans a fait un malaise, a perdu connaissance suite à cet indicent. Il a été emmené à l’hôpital Farabi à Oujda, il a réintégré la prison le lendemain. Un autre détenu a été blessé à la tête.
Ces détenus dans affaire Belliraj ont mené un long et difficile combat pour avoir des droits, d’être considérés comme des détenus politiques. Avec cette action policière, les conditions de détention se sont détériorées, il y a un véritable recul dans les acquis et les droits de ces détenus.
Les 3 des détenus restant dans l’affaire Belliraj ainsi que 9 autres détenus salafistes ont entamé une grève de la faim depuis mardi 3 février 2015 en guise de protestation contre cette situation difficile qu’ils endurent et le recul de leurs conditions de détention.
La situation est préoccupante c’est pour cela que les détenus et leurs proches attirent l’attention sur leur situation et demandent notre aide.
Ils appellent au soutien des ONG pour les droits de l'homme pour que leurs conditions de détention reviennent à la normale et qu’elles ne s’aggravent.
Les détenus de l’affaire Belliraj se battent depuis leur détention en 2008 pour faire reconnaître leur innocence et réclament une issue juste à leur dossier.
Nous les familles réitérons notre appel pour que nos proches soient enfin libérés !

La famille Bekhti et le Comité des familles des détenus européens au Maroc.


 http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.be/2015/02/fouille-violente-la-prison-doujda.html

vendredi 6 février 2015

Une délégation basque à El Aaiun

par SPS, 4/2/2015
El Aaiun  (territoires sahraouis occupés) 04 fév 2015 (SPS) Le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'homme (CODESA), s’est entretenu  mardi  avec  les membres de la délégation de région de San Sebastián/Donostia (Pays basque, Espagne) dans la ville d’El Aaiun occupée, selon une source de ministre des territoires occupés et des communautés sahraouies établies à l’étranger.

Islamophobie à Bourgoin-Jallieu : 5 enfants enlevés par les services sociaux avec l'aide de la police (vidéo)

Reportage de Chris Den Hond à Bourgoin-Jallieu, Isère, fin janvier 2015
Cinq enfants de la famille Msakni enlevés par la police parce que le père est "soupçonné de rejoindre la Syrie", ce qu'il nie farouchement.


Maroc : Vers une grâce royale au profit des détenus sahraouis de Gdim Izik ?

Par Mohammed Jaabouk, yabiladi, 5/2/2015

 L'épineux dossier des détenus de Gdim Izik serait-il sur la voie de la résolution ? La Haute délégation des prisons a demandé à certains centres de détentions la liste des prisonniers sahraouis, notamment ceux incarcérés à Salé et à Kenitra. C’est la procédure suivie à chaque préparation de mesures de grâce royale.  


Le 16 février 2013, le tribunal militaire de Rabat prononçait de lourdes peines contre 24 Sahraouis -dont un par contumace contre Hassanna Aâlia-, poursuivis pour l’assassinat de dix membres des forces de l’ordre lors du démantèlement du camp de Gdim Izik, près de Laâyoune. Deux ans plus tard, de nouveaux éléments annoncent une possible ouverture sur ce dossier.

jeudi 5 février 2015

Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères du Maroc, exige « le respect et la considération » pour son pays


Cette exigence paraît tout-à-fait naturelle. D’ailleurs, en suivant l’adage selon lequel « qui aime bien châtie bien », on va tâcher de relever, dans les réponses données par le ministre aux questions très précises de Charlotte Bozonnet dans Le Monde du 3 février, les éléments qui apparaissent les plus contestables. (En italiques et entre guillemets, les mots de M. Mezouar)

« Porter atteinte à la dignité et à l’intégrité d’un haut responsable qui a toujours aidé la France était cavalier »
En quoi a-t-il (Abdellatif Hammouchi, Directeur général de la Surveillance du territoire marocain) toujours aidé la France ? C’est bien de l’affirmer, mais ce serait mieux de le montrer. Est-ce que cela exclut qu’il puisse relever de la justice universelle concernant les faits de torture dont il est accusé ?

«  Il n’est pas acceptable que la justice française soit utilisée pour porter atteinte à d’autres »
La justice ne pouvant s’utiliser elle-même, M. Mezouar accuse donc les politiques français d’avoir utilisé la justice. S’il en avait été ainsi, ces politiques se seraient-ils donné la peine d’offrir à Monsieur Hammouchi la possibilité de rentrer tranquillement au Maroc, sans avoir à se rendre à la demande d’audition du juge (car, en fait, contrairement à l’ambassadeur et au personnel de l’ambassade, M. Hammouchi ne peut prétendre bénéficier de l’immunité diplomatique en France…) ? À moins qu’il n’ait été en visite officielle ?)

« On ne peut juger une affaire en France sur des supputations »
C’est justement à la justice de décider s’il s’agit d’accusations auxquelles accorder du crédit ou non. Et c’est pourquoi le juge a demandé à entendre M. Hammouchi, et ne lui a pas signifié un mandat d’amener. Monsieur Mezouar fait semblant de croire que l'impunité, comme l'immunité, peut se demander. Eh non, elle s'impose : c'est bien ce que l'on peut reprocher à certains hauts responsables marocains, des services de renseignements en particulier, qui ne savent pas ce que veut dire "rendre des comptes". Ils sont dans l'impunité totale. Mais il existe aujourd'hui une justice universelle, qui doit pouvoir s'exercer contre les auteurs ou complices de crimes de torture (crimes contre l’humanité) quel que soit le pays où ces crimes ont été commis, et quel que soit le pays où ils se trouvent. Et avant d’être inculpés et jugés, les supposés auteurs ou complices doivent être entendus par un juge d’instruction. Pour cette justice universelle, il n’y a pas de justiciable au-dessus des lois (au détriment certes des « usages » diplomatiques).

Scandaleux : Victimes de la mafia immobilière au Maroc, Shalom Abdelhak et son épouse vont se réfugier en Israël




Finalement expulsés de leur domicile (locataires depuis près de 50 ans) en décembre dernier après un appel vain à la protection du roi, Shalom Abdelhak et son épouse préparent actuellement leurs bagages pour finir leurs jours en Israël. La société civile s’indigne face au traitement réservé à ce vieux couple ainsi qu’à une « centaine de familles musulmanes et juives » du royaume et réitère leur SOS au monarque.
« Le départ pour Israël est prévu demain », jeudi 5 février, confie à Yabiladi Mohamed Moutazaki, membre d’un collectif qui lutte contre la mafia immobilière au Maroc. Voilà donc ce qu’a décidé la famille de Shalom Abdelhak, cet octogénaire expulsé en décembre dernier avec son épouse de leur appartement casablancais qu’ils louaient depuis près de 50 ans. Ce sont leurs neveux résidant en Israël qui sont arrivée au Maroc pour les faire voyager.

La diplomatie marocaine prise au piège du Sahara

Sahara Info n°72 - Février 2015


Monsieur Salahedine Mezouar, Ministre des Affaires étrangères du royaume du Maroc, multiplie depuis plusieurs semaines maladresses et provocations et dirige tout particulièrement sa mauvaise humeur vers la France. 
Son dernier entretien dans le Monde du 4 février 2015 est un modèle du genre. Concernant la question délicate du Sahara occidental, « il pousse le bouchon » un peu loin ! Bien sûr la France est une grande amie du Maroc et les intérêts entre les deux pays sont si importants que les raisons d’Etat, mettent prudemment de côté, en France, le soutien clair à l’autodétermination du peuple sahraoui. Mais de là, à faire de la France, la défenseur de la marocanité du Sahara occidental ! Il faut de suite que les autorités françaises réagissent et que Monsieur Laurent Fabius rappelle l’actuelle position française : « Nous soutenons la recherche d’une solution juste, durable et mutuellement agréée sous l’égide des Nations unies et conformément aux résolutions du Conseil de sécurité » point presse MAE du 14/01/2015 !
Sur d’autres terrains, la diplomatie marocaine est également à la peine ! Christopher Ross, l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, empêché depuis près d’un an d’organiser une mission dans la région, est à nouveau « persona grata » au Maroc comme la directrice de la MINURSO, elle aussi empêchée de rejoindre son poste par les autorités marocaines. La presse marocaine, toujours au service, a tenté de présenter l’affaire comme une victoire ! Personne n’ose dire que Mohamed VI comme Mezouar qui voulaient la chute de l’ambassadeur Ross, trop impartial à leurs yeux, ont perdu.
La diplomatie marocaine est aussi « malmenée » à Addis Abeba, au 24 éme sommet des chefs d’Etat et de gouvernement africains. Le sommet ne s’est pas contenté de rappeler, comme chaque année, le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, il a frappé fort ! Avec des résolutions qui engagent et qui vont gêner très vite le Maroc. Appel au boycott et à l’annulation d’un Forum international, piloté par une association suisse, Crans Montana, que le Maroc souhaitait accueillir en mars à Dahkla en territoire sahraoui occupé, en y déployant une grande ambition africaine.
Le sommet s’est aussi engagé à tenir, dans les territoires libérés du Sahara occidental, des activités de l’Union Africaine ! Au pied du mur de « la honte » marocain, c’est un tabou qui est brisé !
L’Union africaine s’intéresse aussi de très près à ce qui se passe au Sahara occidental occupé depuis que sa Commission de défense des droits de l’homme et des peuples s’est vu refuser son entrée dans ce territoire, de la manière la plus méprisante puisqu’elle n’a jamais reçu de réponse à ses demandes de mission.
Ban Ki Moon, le Secrétaire général de l’ONU, était présent à Addis-Abeba, souhaitons qu’il mette ses pas dans les pas de l’Afrique et crée la surprise, en préparant la réunion du Conseil de sécurité d’avril prochain.
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

Le Sahara Occidental victime de la reprise de la coopération Maroc-France ?

 afriqueinside, La rédaction, 5/2/2015

Le Front Polisario a pris à partie la France en l’accusant de soutenir le Maroc à propos du Sahara Occidental après la reprise de la coopération judiciaire entre Rabat et Paris.
Le Front Polisario n’est pas content et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il l’a fait savoir. Il a accusé Paris de soutenir la colonisation en défendant systématiquement la position du Maroc concernant le Sahara Occidental. C’est par le biais et la possibilité de poser un veto que la France tenterait selon le Polisario d’éviter le référendum d’autodétermination qui aurait du avoir lieu il y a déjà 23 ans et qui n’a toujours pas pu être mis en place. Le Sahara Occidental annexé par le Maroc en 1975 lorsque les espagnols ont quitté le territoire réclame l’indépendance et accuse le Royaume de colonisation. Un terme reconnu par un certain nombre de pays et d’institutions internationales.
(Crédits: Wikimedia Commons)Cette attaque de la part des responsables du Polisario intervient alors que l’on assiste depuis plusieurs jours à un réchauffement diplomatique entre la France et le Maroc après plus d’une année très compliquée. Plusieurs incidents avaient poussé Rabat à rompre la coopération judiciaire entre les deux pays qui pourtant ont toujours été très alliés surtout ces dernières années sous l’impulsion des présidents Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Laurent Fabius s’est rendu il y a peu au Maroc pour tenter de dégeler la situation et de reprendre les relations diplomatiques sur ce front judiciaire puisqu’un certain nombre de sujets doivent absolument être traités de façon conjointe. En échange de cette reprise Rabat a exigé l’immunité pour ses responsables. 

Le Sahara Occidental comme « monnaie d’échange » ?
Si la reprise de la coopération judiciaire est désormais acquise, il n’en reste pas moins qu’elle a été conditionnée. Rabat a certainement demandé à Paris, qui est son allié depuis des décennies sur le sujet du Sahara Occidental, de poursuivre ce soutien qui est nécessaire puisque la pression est de plus en plus forte pour que le référendum puisse être enfin organisé. Plusieurs envoyés de l’ONU ont par ailleurs ces dernières temps condamné les agissement des autorités marocaines présentes sur place dénonçant une violation des droits de l’Homme et des conditions de vie très difficiles pour les habitants.
La France devrait donc poursuivre sa politique vis à vis du Maroc en ce qui concerne ce sujet très épineux que constitue l’indépendance du Sahara Occidental. Pourtant c’était une promesse internationale de faire en sorte que le peuple Sahraoui puisse choisir d’être indépendant ou non. Face au recul de l’organisation du référendum que le Maroc ne veut pas, une autre possibilité de résolution de la situation a émergé. Rabat propose un plan d’autonomie mais sous son contrôle mais son voisin algérien refuse. Pour Alger il est hors de question de laisser le Maroc gouverner un territoire qu’il a conquis en totale contradiction avec le droit international.
Face à l’accord conclu entre Paris et Rabat, le Front Polisario se retrouve aujourd’hui dans la même situation, celle qui prévaut depuis des années. Pour le moment le référendum est toujours repoussé et l’opposition entre l’Algérie et le Maroc reste très forte. De toute évidence, aucun des deux pays n’infléchira sa position. Le Sahara Occidental risque donc de rester encore pendant des années sans statut officiel, si ce n’est celui de territoire colonisé.
La rédaction

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Refuser l’impunité d’Israël, lui opposer le droit


Le gouvernement israélien refuse toute enquête internationale sur les crimes commis cet été à Gaza. Comme en 2009 lors de l’élaboration du rapport Goldstone après l’opération « plomb durci », il a refusé toute coopération avec la commission d’enquête internationale mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU scandaleusement baptisé par son porte-parole « Conseil des droits des terroristes », lui interdisant même l’entrée dans la bande de Gaza. 

Le président de cette commission d’enquête, le Canadien William Schabas, professeur de droit international, attaqué par Israël pour ses supposées sympathies pour la population de Gaza, vient de démissionner pour « ne pas gêner la rédaction du rapport d’enquête, qui doit être publié en mars ». Israël avait violemment mis en cause son impartialité. Comme il l’avait fait précédemment pour le juge Goldstone ou la juriste française Christine Chanet auteur du rapport de mars 2013 sur l’impact de la colonisation sur les droits des Palestiniens.
Qu’Israël persiste dans son refus de toute enquête indépendante ne fait que traduire sa volonté de n’avoir jamais aucun compte à rendre et de préserver sa totale impunité. En l’absence de tout rappel à l’ordre, après une campagne de dénigrement de la Cour Pénale Internationale et la volonté affichée d’obtenir sa dissolution, Israël s’active ouvertement et en toute arrogance à « empêcher la publication de ce rapport ».
En s’abstenant en août dernier lors du vote de la Commission des droits de l’Homme de l’ONU sur la création de la commission d’enquête internationale sur Gaza, en se taisant sur les obstacles mis par Israël à son travail sur le terrain, la France a pris la très lourde responsabilité d’affaiblir cette commission. Elle ne peut continuer sans risque à fermer les yeux sur ce mépris des lois internationales. Continuer à se taire, revient à décerner à Israël un brevet d’impunité permanente. C’est ouvrir la voie à de nouveaux crimes.
La France doit au contraire soutenir pleinement les travaux de la commission internationale d’enquête sur Gaza, exiger qu’elle puisse entrer à Gaza et exprimer sa confiance à son président, tout comme elle doit soutenir la démarche palestinienne auprès de la Cour pénale internationale.
Le Bureau national
Paris, le 04 février 2015
--

http://www.france-palestine.org/Refuser-l-impunite-d-Israel-lui-opposer-le-droit


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